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La conception liturgique pseudo-millénariste de Mgr Arthur Roche, préfet de la Congrégation pour le culte divin, anticipation vaticandeuse luciférienne d'une nouvelle économie de salut (2)

 
 
 
        (Pour mémoire, je mets ici le lien de la 1ère partie de mon article, à lire évidemment avant cette présente partie deuxième & dernière : 
 
 
 
La conception liturgique pseudo-millénariste
de Mgr Arthur Roche,
Préfet de la Congrégation pour le culte divin,
anticipation vaticandeuse luciférienne
d'une nouvelle économie de salut
(2)
 
           
        Après avoir vu le ciel à l'envers, ce qui assombrit et enténèbre péniblement et même dangereusement l'âme, il convient maintenant de voir le Ciel à l'endroit, pour épanouir l'âme dans la liberté surnaturelle des enfants de Dieu, et l'en faire vivre pour son salut.
 
        Le pseudo-millénarisme dont s'entretiennent lucifériennement les modernes, et qui a hélas occupé toute la première partie de mon article, ce sont les ténèbres. Mais le vrai millénarisme, c'est-à-dire la doctrine du Millenium, c'est la Lumière de Dieu dans la Gloire du Christ, bien faite pour illuminer surnaturellement les âmes des simples fidèles.
           
        Alors, qu'en est-il donc bien de la vraie théologie du Millenium ?
           
        Dans les années 1992, j'ai écrit tout un livre, 500 pages, un historique apologétique sur le Millenium, intitulé Bientôt le Règne millénaire, sous le pseudonyme Louis de Boanergès (l'ouvrage est toujours disponible, on peut le commander à : Éditions D.F.T. - BP 47033 - 35370 Argentré-du-Plessis, au prix de 29,90 € port compris). Il n'est pas question pour moi évidemment, dans ce qui n'est ici qu'un article, de reproduire tout le raisonnement théologique que j'y faisais pour bien asseoir cette grande doctrine divine qui, avant les Prophètes, est déjà connue des Patriarches, je n'en reprendrai ici que les aspects qui concernent notre problématique du moment, autour du novus ordo. Je ne vais donc faire ici qu'une brève incursion sur le sujet.
           
        ... Mais tout d'abord, me dira-t-on, mais d'où savez-vous et qui vous a dit qu'une nouvelle économie de salut pleine de la Gloire de Dieu et délivrée des effets du péché originel, doit avoir lieu après la Parousie ?
           
        Mais, mais, chers amis, c'est Dieu Lui-même en Personne qui me le dit formellement et bien entendu infailliblement. Il me le dit par ses prophètes vétérotestamentaires puis par le grand prophète néotestamentaire, saint Jean, dans son Apocalypse. La vérité du Millenium en est par-là même, sûre, doctrinale au sens orthodoxe du terme, et même dogmatique, comme l'ont pensé la majorité des premiers chrétiens pendant les trois premiers siècles de notre ère (c'est une période qui s'étale presque, prenons-en bien conscience, de la Révolution jusqu'à nos jours !). Nous ne saurions d'ailleurs nous montrer surpris de trouver le Millenium dans la sainte-Écriture, car ce que Dieu se propose de faire, et Il se propose de donner l'ère du Millenium un jour futur à Sa discrétion, Il le révèle par le Saint-Esprit en avance aux hommes, par ses prophètes : "Le Seigneur ne fait rien sans révéler son secret à ses serviteurs les prophètes" (Am III, 7). Et la vérité, c'est qu'Il révèle si fort, si clairement, si nettement, son intention de faire suivre la Parousie et l'économie de salut qui la précède, par une autre économie de salut pleine de la Gloire divine, que, bien étudiée la question en passant humblement sous les fourches caudines du Saint-Esprit, on se demande vraiment s'il y a une doctrine divine qui est plus clairement et plus fortement révélée dans toute la sainte-Écriture, que... le Millenium !!   
           
        Les scolastiques agnostiques quant à la Prophétie millénariste depuis les saints Jérôme et Augustin, c'est-à-dire dès le Vème siècle, ont voulu dire que tout ce qui est dit sur le Royaume, dans la prophétie vétérotestamentaire et dans l'Apocalypse, concerne, soit l'Église du Temps des nations et de Rome son centre, c'est-à-dire les Temps du Nouveau-Testament qui se déroulent avant la Parousie, soit le Ciel éternel. Or, ce n'est pas du tout ce que je lis, par exemple, dans l'Apocalypse, au sens obvie des mots extrêmement clairs et dénués de toute ambigüité dont saint Jean s'est servi pour dire la Prophétie de Dieu. Il y a une véritable et incroyable tricherie de la part des scolastiques (... dont beaucoup sont sur les autels !), et certains, non des moindres, se rendent même ridicules en voulant donner à toutes forces, au forcing et aux forceps, le sens de l'Église ou du Ciel éternel aux versets clairement chiliastes, millénaristes, de l'Apocalypse par exemple.
           
        Voyons cela ensemble, et commençons par l'avant-dernier ch. de l'Apocalypse, le XXIème, là où, visiblement, saint Jean, inspiré, termine dans l'apothéose sublime. Alors, les scolastiques, de dire : "Là, saint Jean finit en beauté sur une vision du Ciel éternel". Voilà qui est totalement erroné, complètement faux, saint Jean nous parlant très-clairement, dans les deux derniers chapitres de l'Apocalypse... du Millenium, c'est-à-dire d'un Temps terrestre certes tout pénétré de la Gloire de Dieu et qui est un peu comme l'antichambre du Ciel éternel, un vrai sas intermédiaire entre la terre et le Ciel éternel, mais... qui n'est pas le Ciel éternel, qui est toujours la terre. Il suffit de lire les mots de saint Jean avec simplicité, cette simplicité que le Christ recommande à l'âme fidèle, lorsqu'Il dit : "Si ton œil est simple, tout ton corps sera lumineux" (Matth VI, 22), pour le bien comprendre. Faisons-le ensemble, amis lecteurs : "Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'existait plus. Et moi, Jean, je vis la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du Ciel, d'auprès de Dieu, prête comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis une voix forte venant du trône, qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et Il habitera avec eux ; et ils seront Son peuple, et Dieu Lui-même sera avec eux, comme leur Dieu. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n'existera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui était autrefois a disparu. Alors Celui qui était assis sur le trône dit : Voici, Je vais faire toutes choses nouvelles. Et Il me dit : Écris, car ces paroles sont très sûres et vraies. Et Il me dit : C'est fait. Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, Je donnerai gratuitement de la source d'eau vive. Celui qui vaincra possédera ces choses, et Je serai son Dieu, et il sera Mon fils" (Apoc XXI, 1-7).
           
        Quelle belle prophétie du Millenium ! Comme l'union intime d'Amour vécue sur la terre entre Dieu et les hommes, émouvante, y est bien marquée ! Il s'agit bel et bien, en effet, du Millenium, dans ce ch. XXI, pour au moins deux raisons. Premièrement, il est à peine besoin de faire remarquer que dans le Ciel éternel, il n'y aura pas d'hommes (... pas de femmes non plus Mahomet, non, non, désolé, absolument désolé !...), terme à la consonance terrestre et temporelle indiscutable. "Voici le Tabernacle de Dieu avec les hommes" décrit bien un Temps terrestre. Deuxièmement, s'il était question dans ce ch. XXI d'un descriptif du Ciel éternel comme l'affirment mensongèrement les scolastiques de tout poil, alors, la Jérusalem nouvelle n'aurait pas besoin d'y descendre d'auprès de Dieu, comme le décrit fort bien saint Jean... puisqu'elle y serait déjà, dans ce Ciel éternel ! Elle n'aurait juste qu'à rester là où elle est, à savoir dans le Ciel éternel d'en-Haut, auprès de Dieu ! Or donc, son point de départ étant Dieu et le Ciel éternel, où voulez-vous donc bien qu'elle descende d'auprès de Dieu, la Jérusalem nouvelle, sinon, évidemment, sur la terre et la temporalité d'ici-bas ! On remarquera que saint Jean s'est déjà servi de cette formule non-équivoque, au sens millénariste certain, quelques versets plus avant : "Alors un des sept Anges qui avaient eu les sept coupes pleines des sept dernières plaies, vint à moi, et me parla en disant : Viens et je te montrerai l'épouse, la femme de l'Agneau. Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du Ciel, d'auprès de Dieu. Elle avait la gloire de Dieu, etc." (Apoc XI, 9-11). Ce ch. XXI décrit donc merveilleusement bien le Millenium, comme une magnifique noce d'Amour sur la terre entre le Ciel et la terre...
           
        Et c'est cette temporalité nouvelle et glorieuse que saint Jean décrit chronologiquement très-clairement dans le ch. précédent, le célèbre ch. XX : "Et je vis descendre du Ciel un Ange qui avait la clef de l'abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, l'antique serpent, qui est le diable et satan, et il le lia pour mille ans. Et il le jeta dans l'abîme, qu'il ferma et scella sur lui, pour qu'il ne séduisît plus les nations jusqu'à ce que les mille ans fussent écoulés ; après cela il doit être délié pour un peu de temps. Et je vis des trônes, et ils s'assirent dessus, et il leur fut donné de juger. Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient point adoré la bête, ni son image, et qui n'avaient pas pris sa marque sur leur front ni sur leurs mains ; et ils vécurent, et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent pas à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent écoulés. C'est là la première résurrection. Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n'a pas de pouvoir, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils règneront avec Lui pendant mille ans" (Apoc XX, 1-6). Remarquons bien au passage la grande logique de saint Jean : l'Ange puissant qui enchaîne le dragon sur la terre, descend du Ciel, lui aussi. Et où voulez-vous qu'ils descende bien, sinon sur la terre ? Saint Jean ici, ne parle donc pas, dans ces passages, du Ciel éternel, et nous allons voir tout-de-suite qu'il ne parle pas non plus de l'Église : il ne peut donc nous parler que du Millenium.
           
        Mais, je continue un peu ma démonstration succincte sur le fait que le Millenium est formellement annoncé par les prophètes de Dieu inspirés par le Saint-Esprit. Nous venons donc de le voir avec saint Jean, prophète du Nouveau-Testament. Or, et cela ne peut surprendre c'est le contraire qui surprendrait, les prophètes de l'Ancien-Testament ont exactement le même langage inspiré que lui pour nous décrire un Royaume de Dieu qui ne sera ni l'Église dans son économie du Temps des nations ni non plus le Ciel éternel, et qui ne peut donc être que le Millenium. Prenons par exemple le prophète Daniel. Que nous enseigne-t-il sur le sujet ? Lisons-le : "Il [l'Antéchrist-personne] proférera des paroles contre le Très-Haut, il écrasera les saints du Très-Haut, et il pensera qu'il pourra changer les temps et les lois ; et ils seront livrés entre ses mains pendant un temps et des temps, et la moitié d'un temps. Alors le jugement se tiendra [par le Déluge de feu puis par la Parousie], afin que la puissance lui soit enlevée, qu'il soit détruit et qu'il disparaisse à jamais, et que le royaume, la puissance et la grandeur du royaume qui est sous tout le ciel, soient donnés au peuple des saints du Très-Haut ; son royaume est un royaume éternel, et tous les rois Le serviront et Lui obéiront" (Dan VII, 25-27). Il n'est pas difficile de remarquer que Daniel parle d'un Royaume "sous tout le Ciel", autrement dit sur cette terre, dans une synonymie parfaite avec la formule de saint Jean qui nous le décrit comme "descendant du Ciel d'auprès de Dieu" ! Ce n'est pas tout d'ailleurs, avec saint Jean, quant à nous décrire le Royaume du Christ comme étant temporel et concernant toute la Création et pas seulement l'Église. Ne nous dit-il pas : "Le septième Ange sonna de la trompette, et des voix fortes se firent entendre dans le Ciel ; elles disaient : L'empire de ce monde a été remis à notre Seigneur et à Son Christ, et Il règnera dans les siècles des siècles. Amen" (Apoc XI, 15). Or, "l'empire de ce monde", formule forte au sens très-précis, n'a rien à voir avec l'Église ni non plus avec le Ciel éternel, saint Jean nous décrit bien là, une fois de plus, le Millenium.
           
        Mais revenons au prophète Daniel qui nous a parlé du Royaume devant avoir lieu "sous tout le ciel", c'est-à-dire, on l'a compris, dans l'ici-bas terrestre. Même son de cloche quelques versets avant, quand le prophète de Yahweh nous dit : "Je regardais donc dans cette vision nocturne, et voici, quelqu'un, semblable au Fils de l'homme, venait avec les nuées du ciel, et Il s'avança jusqu'à l'Ancien des jours. Ils Le présentèrent devant lui, et Il Lui donna la puissance, l'honneur et le royaume, et tous les peuples, les tribus et les langues Le servirent ; Sa puissance est une puissance éternelle qui ne Lui sera point ôtée, et Son royaume ne sera jamais détruit" (Dan VII, 13-14). Le v. 14 où il est dit que le Royaume s'exercera sur des peuples, des tribus et des langues, toutes choses qui, évidemment, n'existeront plus au Ciel éternel, confirme bien la logique du descriptif de Daniel lorsqu'il nous enseigne que le Royaume aura lieu "sous tout le ciel". Le prophète infaillible de Yahweh nous annonce donc, pour notre ici-bas terrestre, une nouvelle économie de salut après le Temps des nations et de l'Église romaine mourant sous la main de l'Antéchrist-personne, la chronologie de Daniel est là aussi on ne peut plus claire, comme celle du ch. XX de l'Apocalypse de saint Jean. Notre Temps des nations et de Rome son centre n'est donc pas du tout la dernière économie de salut christique, ce que saura très-bien l'Antéchrist-personne... plus catholique en cela que lesdits glosateurs scolastiques néo-pharisiens ! Non seulement en effet, il fera mourir le Temps des nations et de l'Église romaine, mais, à la fois et dans le même acte, il prétendra instaurer lui-même l'économie de salut qui, de par Dieu, et il le sait, doit la suivre, à savoir celle du Millenium. Et si Daniel précise dans le v. 27 que ce Royaume du Millenium est "éternel", c'est tout simplement parce que Celui qui l'exercera ici-bas par l'entremise "des saints du Très-Haut", sera le Christ-Dieu Lui-même, et que bien sûr le Christ-Dieu est éternel, sans préjudice cependant que cedit Royaume glorieux d'essence éternelle s'exercera... "sous tout le ciel" (c'est dans le même sens que l'ange Gabriel dit à Marie, lors de l'Annonciation, parlant pourtant du trône temporel du roy David : "Il [Jésus] sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David Son père, et Il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et Son règne n'aura pas de fin" ― Lc I, 32-33).
           
        Il y a ici, donc, pour qui a des yeux pour voir, une affirmation scripturaire du Millenium, une de plus, tel que le prêchera de son côté saint Jean dans l'Apocalypse (... et tel qu'il le prêchait ainsi aux premiers chrétiens, on en a la preuve formelle par le fait historique que là où la doctrine millénariste a été le plus crue dans le tout premier christianisme, est là où saint Jean l'Apôtre avait prêché, dans l'Asie mineure, dans les cercles voisins d'Éphèse...).
           
        Dans  le cadre de mon article, je finirai ma démonstration exégétique forcément succincte pour prouver la réalité du Millenium dans l'économie universelle du Plan de salut divin pour les hommes, par une dernière citation scripturaire. Le Millenium est donc un Temps qui vient après la grande Tribulation de la fin des temps et la Parousie qui la finit. Or, Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans le discours eschatologique de Matth XXIV, 22, enseigne qu'il y aura un temps terrestre après la fin des temps, par un terme non-équivoque : "Car il y aura alors une grande tribulation, telle qu'il n'y en a pas eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. Et si ces jours n'avaient été abrégés, nulle chair n'aurait été sauvée". Or, si la fin des temps devait terminer l'existence de ce monde, comme veulent le croire les scolastiques, alors, Jésus n'aurait pas précisé que ces jours de tribulation seront abrégés pour permettre à la chair d'être sauvée ; car la chair, c'est la situation de l'homme dans sa condition terrestre, ce qui suppose, la chair pouvant être sauvée de la grande tribulation selon que le prophétise Notre-Seigneur, qu'il y aura un temps terrestre après la fin des temps, après la grande tribulation. Si en effet, la fin des temps devait terminer l'existence de ce monde, alors Jésus aurait prophétisé que ces jours de grande tribulation seraient abrégés pour permettre à l'âme, et non à la chair, d'être sauvée. Ici, dans ce passage eschatologique, Jésus, donc, confirme divinement la chronologie millénariste qu'établit saint Jean dans le ch. XX de l'Apoc.
           
        ... Que d'autres passages scripturaires, tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, seraient à évoquer, que je ne peux évidemment pas continuer à rapporter ici, dans le cadre restreint de cet article, comme prouvant que le Millenium fait bel et bien partie du Plan divin !
           
        Comment donc se fait-il que les scolastiques, voire les plus saints d'entr'iceux, ont menti honteusement sur le sens millénariste formel de ces passages scripturaires absolument limpides, clairs, simples, sans équivoque ni ambiguïté aucunes, trompant ainsi fort gravement les âmes...?!? Mais, sur cette pénible et irritante question, je termine là mon apologie du Millenium, cet aspect important du dogme catholique qui n'aurait jamais dû être mis sous le boisseau dans l'Église, comme il l'a cependant été hélas, depuis les scolastiques, depuis le Ve siècle des saints Augustin et Jérôme.
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
           
        Mais, pourrait-on objecter, les descriptifs scripturaires prophétiques des chapitres XXI de saint Jean & VII de Daniel, s'ils ne concernent pas le Ciel éternel comme vous l'avez bien établi, concernent peut-être l'Église dans son économie du Nouveau-Testament ou Temps des nations et de Rome son centre ?
           
        La réponse est que c'est théologiquement impossible. Car les prophètes de Dieu, comme on l'a vu par les quelques passages que j'ai cités (et il y en a bien d'autres), ne font pas que révéler l'existence du Millenium, ils révèlent aussi la théologie de l'économie de salut spécifique du Millenium. Or, le fondement théologique spécifique de l'économie de salut du Millenium, qu'ils décrivent scripturairement à grands traits, s'avère être absolument antinomique, radicalement, avec celui spécifique de l'économie de salut de l'Église du Temps des nations, la nôtre. Ces prophéties du Royaume ne peuvent donc pas concerner l'Église du Temps des nations. Et puisqu'elles ne peuvent concerner ni le Ciel éternel ni l'Église du Temps des nations, elles ne peuvent donc que concerner le Millenium.
           
        Et, ô lecteur attentif, nous allons retomber soudain dans le cœur du problème soulevé hérétiquement par les modernes quant à la liturgie. Qu'est-ce qui caractérise essentiellement, en effet, l'économie de salut de l'Église du Temps des nations ? C'est d'avoir une structure hiérarchique, c'est-à-dire qu'il y a des "membres enseignants" et des "membres enseignés", ce qui s'applique à tous les niveaux, que ce soit pour l'enseignement doctrinal ou pour la confection des sacrements, la liturgie, ou encore pour la désignation du Souverain pontife actuel (dont la légitimité n'est pas du tout laissée au jugement et à la libre appréciation des simples fidèles, comme le croient à tort, par exemple, les sédévacantistes), etc. ; c'est justement la raison pour laquelle il existe non pas seulement un degré entre le sacerdoce royal des fidèles de l'épître pétrinienne et le sacerdoce ministériel des prêtres, sacramentel, mais une différence de nature, essentielle. Parce que les prêtres, par un ordre sacré, hieros - arkè, sont hiérarchiquement séparés et au-dessus des fidèles qu'ils "enseignent" au sens théologique fort. L'étymologie du mot hiérarchie le révèle très-bien, tiré des vocables grec hieros («sacré») et archos («commencement», ou «ce qui est premier») ou plus certainement arkhê («pouvoir», ou «commandement»). Et il est absolument subversif et radicalement destructeur de la Constitution divine de l'Église du Temps des nations de néantiser cette différence essentielle entre les prêtres et les laïcs... ce que précisément tâchent de faire les modernes en voulant promouvoir une "participation active" des simples fidèles dans la liturgie, et comme on a vu le pape Paul VI  lui-même y souscrire dans la première partie de son allocution du 29 juin 1972.
           
        Or, voici comment Jérémie décrit le fondement théologique de l'économie de salut spécifique du Millenium : "Je mettrai Ma loi dans leurs entrailles, et Je l'écrirai dans leur cœur, et Je serai leur Dieu, et ils seront Mon peuple ; et personne n'enseignera plus son prochain et son frère, en disant : Connais le Seigneur ! ; car tous Me connaîtront, depuis le plus petit d'entre eux jusqu'au plus grand, dit le Seigneur ; car Je leur pardonnerai leur iniquité, et Je ne Me souviendrai plus de leurs péchés" (Jér XXXI, 33-34). Il n'est pas besoin d'être grand'clerc en théologie pour comprendre que le prophète de Yahweh nous fait là un descriptif précis du fondement théologique de l'économie de salut qui aura lieu dans le Royaume, comme étant spécifiquement... non-hiérarchique. Ce qui signifie que ces passages prophétisant sur les temps du Royaume ne sauraient concerner l'Église du Temps des nations et de Rome son centre, dont le fondement essentiel est justement d'être... hiérarchique. Il y a antinomie formelle entre ce que nous dit Jérémie et le fondement hiérarchique de la Constitution divine de l'Église du Temps des nations et de Rome son centre. C'est tout simplement parce que le prophète de Yahweh nous décrit là le Millenium.
           
        Théologiquement en effet, le fondement de l'économie de salut du Millenium est d'être une grande égalité «démocratique», je l'écris avec de sérieux et gros guillemets en rouge parce que, loin de trouver son fondement dans les hommes, cette démocratie participative qui sera l'essence du Millenium trouve son fondement en Dieu, et exclusivement en Dieu seul (soit dit en passant, la démocratie politique post-révolutionnaire actuelle est, là encore, et depuis plus de deux siècles, une anticipation luciférienne des conditions du Millenium, mais elle fonctionne sataniquement à l'envers, en partant du bas, et non en partant du haut). Sans jouer paradoxalement sur les mots, on pourrait tout-à-fait la baptiser : "Théocratie démocratique".  Mais, depuis la Révolution, nous vivons tellement sous la "puissance des ténèbres", nous sommes tellement imbibés d'une démocratie qui fonctionne par le bas, que nous ne pouvons même pas comprendre qu'il pourrait exister une Démocratie qui fonctionne par le haut, ou plutôt, pour exactement parler, par le Très-Haut. Or, cette "démocratie divine" sera le fondement de tous les aspects de cette nouvelle économie de salut du Millenium, y compris, bien sûr, celui... liturgique. Et l'on voit par-là l'anticipation luciférienne des modernes qui veulent déjà vivre cette nouvelle économie du Millenium, tant quant à la chose politique qu'à celle religieuse, alors que Dieu ne l'a pas encore instaurée...
           
        Mais voici une autre spécificité de l'économie de salut du Millenium, qui ne peut concerner l'Église du Temps des nationsIsaïe nous décrit cette connaissance de Dieu par tout fidèle vivant l'économie spécifique du Millenium, ainsi : "On ne fera point de mal et on ne détruira plus sur toute ma montagne sainte [par ce terme, le prophète décrit Jérusalem glorifiée dans les temps du Millenium, comme ayant subi une très-grande élévation physique, elle sera la plus haute montagne sur toute la terre d'alors, complètement remodelée ; mais encore, par extension et dans un second sens, la "montagne sainte" décrit aussi ce que sera devenu toute la terre ― Après la destruction de tous les empires historiques représentés par le colosse aux pieds d'argile, Daniel, lui aussi, voit le Millenium sous la figure d'une montagne :  "La pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre" ― Dan II, 35] ; car le pays sera rempli de la connaissance de Yahweh comme le fond des mers par les eaux qui le recouvrent" (Is XI, 9). Cette prophétie est si importante, que le Saint-Esprit la fait redire par le prophète Habacuc (II, 14). Cela signifie, comme l'image le dit très-clairement, le fond de la mer étant parfaitement recouvert de l'eau de la mer sans qu'il n'y ait aucun endroit, aucun interstice même très-petit, où il n'est pas recouvert par elle, que tout homme sera pénétré d'une connaissance mystique de Dieu, délivrée radicalement de toute ignorance invincible (ce qui, soit dit en passant, le rendra beaucoup plus responsable moralement devant Dieu), et non plus ascétique, avec des tas d'ignorances invincibles de la Vérité de Dieu, comme cela ne caractérise que trop la connaissance de Dieu dans notre économie de salut du Temps des nations. Deuxième aspect du Millenium qui ne peut, donc, pas plus que le premier, concerner l'économie spécifique de l'Église du Temps des nations... C'est pourquoi, l'homme du Millenium, ayant une parfaite connaissance de Dieu, au surplus une connaissance mystique, sera "roi et prêtre", comme nous le dit on ne peut plus clairement saint Jean dans son Apocalypse : "Et Vous nous avez faits rois et prêtres pour notre Dieu, et nous règnerons sur la terre" (Apoc V, 10) ; et encore : "Et qui [Lui, le Christ] a fait de nous Son royaume et des prêtres pour Dieu Son Père ; à Lui la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen" (Apoc I, 6).
           
        Je viens donc d'établir, sommairement certes, que les prophéties scripturaires du Royaume ne regardant ni le Ciel éternel, ni non plus l'Église dans son économie de salut du Temps des nations, ne peuvent donc avoir comme objet formel que le Millenium.
 
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
           
        Or, mon lecteur l'a déjà compris, c'est tout cela, toute cette virtus propre aux seuls temps à venir du Millenium, que les modernes, par anticipation luciférienne impure et orgueilleuse, sans aucun respect de la Geste divine à venir, veulent absolument et à toutes forces actualiser dans notre Temps des nations (et, illuminés de leur gnose, plus les temps vont avancer vers le règne de l'Antéchrist-personne, plus ils vont devenir de plus en plus furieux pour l'actualiser dans l'Église, écoutant de moins en moins ce qui pourrait les ramener à un peu plus d'orthodoxie, comme Mgr Arthur Roche ne nous le montre bougrement que trop bien, en vrai bogomile). D'où, par exemple, la nouvelle définition de la Messe : elle n'est plus le Sacrifice du Christ, mais "l'assemblée solennelle de la communauté chrétienne", comme s'il n'y avait plus, déjà, que des rois et des prêtres dans ladite communauté chrétienne, nouvelle définition professée, comme on sait, dans l'Introduction du novus ordo missae en 1969, mais... qui était déjà la définition d'un Directoire pour la pastorale des sacrements, adoptée par l'assemblée plénière de l'épiscopat pour les diocèses de France, en... 1951, quasi quinze ans avant le concile moderne, comme en témoigne un exemplaire dudit Directoire que j'ai en archive !
           
        Donc, dans l'Église moderne, anticipation luciférienne du Millenium sur le plan liturgique, certes, mais pas que. Car en fait, les modernes veulent mettre tout, dans l'Église, au diapason de leur pseudo-millénarisme, rien ne doit plus y échapper... Le délire synodal auquel on assiste actuellement dans l'Église moderne procède lui aussi de cette anticipation luciférienne des conditions "démocratiques divines" du Millenium, où tout fidèle, tel qu'il est, sera plein de la connaissance de Dieu, et donc doit être écouté, et non plus seulement entendu, même s'il s'agit d'un fidèle... gay. Parce que lui aussi est désormais roi et prêtre. Et c'est bien pourquoi le pape François, par exemple, guide sa théologie morale non plus sur des règles garde-fous précises (on s'en est bien rendu compte avec Amoris Laetitia), mais sur la situation morale actuelle où se situent les... rois et prêtres qu'il veut désormais voir en face de lui dans tous les simples fidèles indistinctement ; c'est donc forcément devenu une théologie morale en situation, puisqu'il veut se croire en présence de rois et de prêtres comme inhabités de Dieu !
           
        Cette perversion pseudo-millénariste va très-loin chez le pape François, elle va jusqu'à lui faire revoir la définition de la papauté. Il y a quelque temps, on l'a vu tenir des propos bizarres, étranges, sur la fonction pontificale suprême, qu'il s'agirait soi-disant de reconsidérer dans son fondement même. C'était dans le cadre d'un discours sur ce qu'est le synode dans l'Église : "La nécessité et l’urgence d’une conversion de la papauté ― «Une Église synodale est une Église de l’écoute, de la conscience qu’écouter c’est plus qu’entendre». Tout finit au niveau du Pape, «appelé à se prononcer comme pasteur et docteur de tous les chrétiens», «non à partir de ses propres convictions mais comme témoin suprême». La manière dont le Pape exerce son ministère au sein de l’Église s’apparente donc à une «pyramide renversée où le sommet se trouve sous la base» [!!!]. Une position qui souligne le service que doit le Pape à tous. «Hier, aujourd’hui et toujours, l’unique autorité est l’autorité du service, l’unique pouvoir est le pouvoir de la croix». Le pape François souligne «la nécessité et l’urgence de penser à une conversion de la papauté», expliquant que le Pape n’est pas au-dessus de l’Église mais à l’intérieur, en tant que premier serviteur" (cf. http://fr.aleteia.org/2015/10/19/francois-appelle-leglise-a-plus-de-decentralisation/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=topnews_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr-Oct%2019,%202015%2002:37%20pm). Le pape serait alors conçu, non plus comme "le serviteur des serviteurs de Dieu", Servus servorum Dei entendu à la manière très-orthodoxe du pape saint Grégoire-le-Grand (540-604), mais seulement comme l'expression de tout le peuple de Dieu composé de "rois et de prêtres", qui sont devenus ses égaux, qui tous ensemble sont le pape, et qu'il ne ferait que manifester passivement dans et par sa fonction et sa personne. Ce qui est hétérodoxe au plus haut point, est-il besoin de le dire, dans notre économie de salut du Temps des nations. Mais on est là en plein raisonnement pseudo-millénariste...
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
            
        Mais je quitte le ciel à l'envers pour respirer à nouveau à pleins poumons avec le Ciel à l'endroit. Pendant le Millenium, la condition de l'homme sera très-élevée, autant dans l'ordre surnaturel que dans celui purement naturel. Au point que, comme nous dit saint Irénée de Lyon, "cette vivante synthèse du christianisme tout entier au IIème siècle" (Daniel-Rops) et significativement grand docteur du millénarisme, dans le ch. V de son Contra Haereses, "l'homme renouvelé sera mûr pour l'incorruptibilité au point de ne plus pouvoir vieillir" (36.1 ― ch. V qu'il consacre tout entier à une apologie du Millenium et qui pourfend si bien tous les raisonnements anti-millénaristes, que les scolastiques, complètement impuissants à le réfuter, l'ont, le plus malhonnêtement et honteusement du monde, carrément... supprimé dans les éditions ultérieures de Contra Haereses, pendant plus de mille ans, ... millenium eschatologiquement maudit s'il en fut !, du Vème au XVIème siècle, où il fut retrouvé, presque par hasard, par un religieux au nom prédestiné, le Père cordelier Feuardent... ça ne s'invente pas !).
           
        Tout homme en effet, vivant dans le Millenium, pourra, par les mérites obtenus par la sainteté de sa vie (car ce sera le spirituel qui gouvernera le temporel, les choses étant revenues dans l'ordre), avoir la grâce de vivre tout le temps imparti au Millenium, soit... mille ans. Et c'est bien pourquoi d'ailleurs, Isaïe, nous entretenant sur ce temps du Millenium délivré des effets du péché originel, nous apprend que "il n'y aura plus là d'enfant né pour peu de jours, ni de vieillards qui n'accomplisse pas le nombre de ses jours, car ce sera mourir jeune que de mourir centenaire, et c'est à cent ans que la malédiction atteindra le pécheur" (Is LXV, 20). Car en effet, il ne faudrait pas s'imaginer la condition spirituelle très-élevée propre au Millenium comme une confirmation en grâce, c'est-à-dire que l'homme ne pourrait plus pécher, l'homme du Millenium, quoique très-haut dans l'ordre de la grâce, sera toujours dans la possibilité de pécher, ce qui fut aussi le cas, rappelons-nous hélas !, d'Adam, qui, bien que placé dans un ordre spirituel très-élevé, n'en commit pas moins... le premier péché.
           
        Mais l'élévation de la nature corporelle de l'homme, pendant le Millenium, n'est rien si on la compare à l'élévation spirituelle de son âme, de la vie de la grâce en lui. Saint Irénée nous dit que, dans le Millenium, "l'homme nouveau conversera avec Dieu d'une manière toujours nouvelle" (ch. V, 36.1). N'est-ce pas cette vision des choses que semble évoquer Paul VI, lorsqu'il nous dit que "les fidèles qui sont appelés à être fils de Dieu (...) doivent exercer ce dialogue, cette conversation avec Dieu dans la religion, dans le culte liturgique, dans le culte privé. Ils doivent étendre le sens du sacré également à leurs actes. (...) Le chrétien (...) peut apporter quelque chose de nouveau, éclairer, sacraliser également les choses temporelles, extérieures, passagères, profanes" (revoir supra). Malheureusement, ce n'est pas du tout en notre Temps des nations, appelé par saint Paul "l'âge mauvais" (Eph V, 16), que cela est possible, mais seulement dans le Millenium, par la grâce toute-puissante du Saint-Esprit descendue sur tout l'univers et singulièrement dans les âmes de tous les hommes. Encore un coup, vouloir que les conditions du Millenium puissent être actualisées dans une économie de salut inférieure et antérieure qui n'est pas le Millenium, c'est une anticipation luciférienne peccamineuse, comme je l'exprime dans le titre de mon présent article.
           
        "L'homme nouveau conversera avec Dieu d'une manière toujours nouvelle". Dans mon livre Bientôt le Règne millénaire, j'évoquais la figure de Joachim de Flore (1135-1202), qui, quoique prophète fort imparfait du Millenium que d'ailleurs il n'appelait pas ainsi, n'en donnait pas moins un prodigieux éclairage sur cette phrase de saint Irénée. Pour Joachim de Flore en effet, ce qui caractérise essentiellement le Millenium, c'est que l'homme qui y vivra aura une parfaite et plénière illumination de la sainte-Écriture des deux premiers Testaments, l'Ancien et le Nouveau, ce qui rejoint soit dit en passant ce que prophétise Isaïe et Habacuc, lorsqu'ils nous apprennent que dans le Millenium "le pays sera rempli de la connaissance de Yahweh comme le fond des mers par les eaux qui le recouvrent".
           
        C'est pourquoi, pour Joachim de Flore, qui était moine et fondateur d'un grand mouvement monastique dans son XIIème siècle, il baptisait le Millenium, l'aetas monachorum, l'état monacal au plus haut sommet (le but spirituel ultime de la vie monastique en effet, est de vivre parfaitement le Christ par la sainte-Écriture). Mais comprenons bien que l'homme parfaitement illuminé de la connaissance de la sainte-Écriture, c'est ni plus ni moins "l'homme spirituel" dont nous parle saint Paul (I Cor II, 15), comme étant inhabité du Christ à la fois Dieu et Homme parfait. La sainte-Écriture parfaitement entendue, en effet, c'est le Verbe de Dieu Lui-même. Les auteurs appellent une Parole de Dieu, une parole substantielle, c'est-à-dire qu'elle crée un monde, un cosmos, rien que par le fait même d'être prononcée, elle ne fait pas que dire une forme, elle la crée. Mais si l'homme donc, comme le sera tout homme vivant dans le Millenium, a connaissance plénière et parfaite du Verbe de Dieu exprimé dans la sainte-Écriture, il a en quelque sorte communication avec la Divinité. L'intelligence parfaite de la sainte-Parole de Dieu dans l'Écriture lui donne en effet cette communication ineffable, qui lui donne un très-grand pouvoir. C'est ce que Jésus tâche de faire comprendre à ses disciples, lorsqu'Il leur dit : "En vérité, Je vous le dis, si vous aviez de la Foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici, là, et elle s'y transporterait ; et rien ne vous serait impossible" (Matth XVII, 19). C'est précisément la grâce suréminente dont le Saint-Esprit investira tout homme dans le Millenium. L'homme du Millenium sera dans la condition d'Adam avant le péché originel, il est en quelque sorte inhabité de Dieu, Dieu fait sa demeure en lui par l'illumination de son Verbe. On pourrait prendre la comparaison avec l'état des Apôtres le jour de la Pentecôte où l'Esprit de Dieu, faisant soudain irruption dans leur nature humaine, les inhabite de la Vertu de Dieu, les surélève radicalement au-dessus d'eux-mêmes sans qu'ils n'aient eu aucun effort à faire pour cela, c'est un Don de Dieu.
           
        Et c'est par ce Don de Dieu dans l'homme du Millenium, qu'il sera apte à tout vrai sacerdoce dans l'Église et toute vraie royauté sur la Création, l'intelligence parfaite de la Parole, du Verbe, par la sainte-Écriture, mettant l'homme dans l'état de co-créateur et de co-sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédech. C'est pourquoi d'ailleurs, Joachim de Flore appelait le Millenium, "tempus sub spiritali intellectu" ou encore "mysticus intellectus" (alors que notre économie de salut actuelle est appelée par lui "tempus sub littera evangeli"). Et le Millenium n'adviendra nullement pour abolir notre Temps des nations et de Rome son centre, quand la vérité est qu'il l'accomplira dans la Gloire divine.
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
           
        Il me semble que je peux aborder maintenant la question du culte liturgique dans le Millenium, qui est au cœur du sujet de mon article puisque je dénonce chez les modernes et Mgr Arthur Roche, d'en faire une anticipation luciférienne dans notre présente économie de salutOr, le culte liturgique du Millenium sera un culte de soi dévolu, évidemment, à tout homme, seul ou avec ses semblables. Il n'y aura plus aucune différence de nature sacerdotale entre le prêtre et le simple fidèle, pour la très-bonne et excellentissime raison que l'un sera l'autre et l'autre sera l'un. De plus, non seulement l'homme du Millenium sera prêtre sacerdotal, mais on peut penser qu'il pourra être lui-même "hostie" pour ses frères, par dérivation de la grande Hostie, celle du Christ. Voici comment j'exprimais la chose il y a trente ans dans une page de mon livre Bientôt le Règne millénaire, après avoir exposé la pensée de Joachim de Flore :
           
        "L'on peut, avec toute la prudence qui s'impose en un tel domaine sacré, émettre quelques idées j'espère pas trop imparfaites : dans le 1er Testament, il y avait un agneau figuratif qui ne contenait en rien le Corps de Jésus-Christ Notre-Sauveur (qui seul nous sauve dans toutes les économies particulières de salut qui se succèdent dans tous les Temps du monde du début jusqu'à la fin, mais de façon différente). Dans le 2ème Testament, celui de l'Église du Temps des nations et de Rome son centre, Notre-Seigneur donne son Corps Lui-même aux chrétiens. Et pourquoi ne pas penser que ce Corps divin nourrissant ses fidèles tout au long du IIème Testament, permettrait la Régénération du IIIème Testament ou Millenium, c'est-à-dire qu'il serait donné au fidèle nourri de l'Hostie divine pendant tout le IIème Âge d'être finalement, par le Sacerdoce du Saint-Esprit, prêtre et peut-être même hostie lui-même, médiatement, indirectement, par le Christ-Hostie (et non pas, bien entendu, immédiatement, directement) ?... Mais le Bon Dieu nous révèlera à son Heure, ce que nous devons entendre exactement de l'Écriture quand elle nous révèle que ceux qui participeront au Millenium seront «les prêtres du Très-Haut». L'important en telle matière si sacrée, est évidemment l'esprit de piété et d'Amour de Dieu ; ce qui n'équivaut pas à un esprit de pusillanimité, de timidité excessive, voire de pudibonderie spirituelle, qui pourrait précisément nous faire refuser ce que Dieu veut nous donner, comme ce qui est arrivé aux juifs lorsque Jésus leur annonça l'Eucharistie de son Corps.
           
        "Rouvrons en effet l'Évangile. Jésus-Christ qui venait instaurer la IIème économie de salut avait, en face de Lui, des juifs tout pénétrés de celle de l'Ancien-Testament : pour eux, l'Agneau devait être toujours figuratif. Or, après les avoir préparés patiemment à la révélation supérieure du IIème Testament, voici qu'un jour Notre-Seigneur enlève le voile et leur dit clairement qu'il faut, maintenant, manger la chair elle-même du Messie pour être sauvé... De la chair d'un animal consacré figurant le Messie, les juifs étaient désormais conviés à se nourrir de la Chair elle-même du Messie ! Terrible révélation pour ceux qui n'étaient pas véritablement pieux, qui vivaient de l'écorce de la Religion...! Pour ceux-là, le choc fut trop grand, aussi bien l'Évangile nous apprend qu'en ce jour, la défection fut grande chez les juifs et jusque dans les rangs des disciples du Christ (cf. Jn VI, 47-72). C'est à méditer. Car le palier cultuel et liturgique du IIème Testament au IIIème Testament ou Millenium, sera sûrement aussi grand à franchir que celui des juifs au temps du Christ" (p. 146). Dans un manuel de piété des plus classiques, Précieux recueil de spiritualité, d'A. Ponthaud, on trouve une révélation faite par Notre-Seigneur à une âme mystique, qui conforte le sens que je viens d'exposer : "À une sainte Religieuse hospitalière. ― Cette source divine [de la grâce surnaturelle] qui est en toi grossit à chaque Communion ; mais tu n'es pas assez pénétrée de ma Présence en toi, et de cette vérité, que c'est bien à la Nature divine que tu communies, que tu participes à l'Essence divine... Comme il ne reste plus du pain et du vin que les apparences, il faut qu'il ne reste, en toi, rien de naturel et de corrompu ; il faut que tout soit divin" (fin de citation). 
           
        Je suis parvenu maintenant à la fin de mon article. Entre la poire et le fromage, je ne peux manquer de dire que le transhumanisme des initiés mondialistes actuels menés par Klaus Schwab est aussi une anticipation des plus satanistes du Millenium, plus encore que luciférienne, anticipation qui n'est qu'un monstrueux et diabolique plagiat de l'assomption de l'homme dans le Millenium. Ces possédés-là (de véritables monstres d'impiété et d'iniquité qui auraient été mis sans procès ni jugement sur le bûcher au Moyen-Âge !), dont l'inspirateur est par trop visiblement Satan lui-même, ont pour projet de détruire radicalement la nature humaine telle qu'elle a été créée par Dieu pour prétendument... construire leur homme nouveau, par une symbiose diabolique entre la matière et la nature humaine !! Comme s'il était possible d'élever la condition de l'homme en commençant par... détruire l'homme dans son fondement ontologique !!! Mais ces maudits-là sont tellement satanisés dans leur âme qu'ils ne sont même plus capables, tel Hitler (... avec lequel le père de Klaus Schwab avait des accointances...), de conscientiser leur folie. Avec le transhumanisme, on est là en plein satanisme nazi, mais notons bien qu'il s'agit pour nos satanistes de vouloir créer un homme nouveau dans un ordo nouveau du monde, en imitation satanique du Millenium, par une soi-disant "quatrième révolution industrielle"...
           
        Il me semble nécessaire maintenant de donner deux définitions.
           
        Certains entendent à faux le terme "millénarisme" comme d'une période messianique initiée par l'homme à l'intérieur de l'Histoire, tel le IIIème Reich d'Hitler par exemple, qui devait durer mille ans. Mais il ne s'agit là que d'un FAUX millénarisme, non d'un vrai, et pour deux raisons. Le vrai millénarisme, c'est le Millenium après et non avant la Parousie, à l'extérieur de l'Histoire donc, radicalement post-historique, et de plus, et pour cette raison même, il est initié exclusivement par Dieu, l'homme n'y ayant aucune part.
           
        Il me semble nécessaire aussi de bien définir ce que j'entends en qualifiant le projet pseudo-millénariste liturgique des modernes de luciférien, car certains pourraient trouver excessif ce qualificatif. Être luciférien, c'est adorer l'idée de Dieu au mépris du Dieu réel, et non Dieu Lui-même. Quand je qualifie de luciférien le projet pseudo-millénariste liturgique des modernes, c'est à cela que je fais allusion. Je ne soupçonne évidemment nullement les modernes à commencer par Mgr Roche d'être les adeptes d'un culte extérieur conscient à Lucifer, comme les satanistes le font de Satan dans leurs sabbats, mais je dénonce en eux un culte luciférien intime et implicite : s'illuminer intellectuellement l'âme de l'idée millénariste et vouloir humainement mettre en oeuvre le Millenium au point de ne plus prendre aucunement en compte que Dieu n'a pas réellement fait advenir le Millenium, c'est être luciférien ou à tout le moins avoir une pratique luciférienne.
 
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
           
        Comment finir sans rappeler qu'à Fatima, en 1917, il y a eu une prodigieuse révélation du Millenium... que personne n'a remarqué... comme toujours en pareille occurrence !! Qui, en effet, parmi les innombrables auteurs et les dizaines de milliers de pages qui ont été écrites sur Fatima depuis 1917, a remarqué que l'extraordinaire miracle du soleil... n'est pas... le miracle du soleil, c'est le miracle du soleil... ET de l'arc-en-ciel ? Et pas l'un sans l'autre ? Personne, à ma connaissance, je veux dire en tirant l'enseignement millénariste formel que le Ciel a donné à ce prodigieux double-miracle. Or, comme je vais l'établir tout-de-suite, l'arc-en-ciel est symbole et signe non seulement de l'Éden passé, mais encore du Millenium à venir, futur, véritable Éden redivivus. Mais on passe à pieds joints, sans même y faire attention, sur l'éclatante signification millénariste du miracle de l'arc-en-ciel qui accompagne au plus près le miracle du soleil, et qui, les relations des témoins le montrent, est aussi grand que lui. Le sens profond du miracle du soleil ET de l'arc-en-ciel qui a lieu à Fatima est cependant extrêmement clair : le soleil est symbole du Christ en Gloire revenant à la Parousie pour juger le monde actuel ; et l'arc-en-ciel qui en est comme une émanation essentielle et très-topique est symbole du Millenium ou Règne de la Gloire du Christ, qui suit très-immédiatement la Parousie même, et qui est généré par elle.
           
        Ainsi donc, les hommes sont si aveuglés sur le Millenium, qu'ils n'en voient pas les signes les plus forts, les plus évidents, même quand ils leur crèvent les yeux. Il y a vraiment là un mystère d'obscurcissement presque incroyable, durant tout le Temps des nations et de Rome son centre, sur la révélation du Millenium...
           
        Avant de donner les assises scripturaires et théologiques sur la signification millénariste de l'arc-en-ciel, je crois bon de commencer par relater cet extraordinaire miracle du soleil ET de l'arc-en-ciel de Fatima.
           
        "... Or, ce 13 octobre 1917, chacun sait que, après une pluie dense, le ciel soudain se dégagea, et les 70 000 témoins purent regarder, sans que leurs yeux soient blessés, un soleil insolite, ayant l'apparence «d'une rondelle de matière polie, comme découpée dans la nacre d'une coquille»" (Toute la vérité sur Fatima, fr. Michel de la Sainte-Trinité, t. I, p. 326). Et puis, subitement, c'est le miracle extraordinaire du soleil... ET de l'arc-en-ciel. "Soudain, écrit le fr. Michel, synthétisant tous les témoignages, l'astre se mit à trembler, à se secouer avec des mouvements brusques, pour finalement tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, en lançant des gerbes de lumière de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel" (ibid., p. 327).
           
        Mais, pour une appréciation parfaite du double-miracle, ce qui est très-important parce que fort peu perçu même par les fatimistes les plus engagés, lisons ensemble les relations d'époque, les témoignages de ceux qui ont vu : "Il [le soleil] tournait comme une roue de feu d'artifice, en prenant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel" (ibid., p. 327). "Durant le phénomène solaire, que je viens de décrire en détail [tremblement, puis danse, puis chute en zig-zag, etc.], il y eut dans l'atmosphère des colorations variées. Tandis que je fixais le soleil, je remarquais que tout s'obscurcissait autour de moi. Je regardais près de moi, je jetai mes regards au loin, jusqu'à l'extrémité de l'horizon, et je vis que tout était couleur d'améthyste [violet]. Les objets, le ciel, l'atmosphère avaient la même couleur. Un chêne violet, qui se dressait en face de moi, projetait sur la terre, une ombre foncée... En continuant à regarder le soleil, je remarquai que tout s'éclaircissait. Bientôt, j'entendis un paysan, près de moi, dire avec stupéfaction "Cette dame est toute jaune !" De fait, tout avait changé, de près et de loin, et avait pris le ton de vieux damas jaune. Les gens paraissaient atteints de jaunisse (...). Ma main avait le même ton jaune" (ibid., pp. 327-328). Remarquons bien que rien n'échappe au miracle, et que tout est baigné, selon ce témoignage, dans le violet ou le jaune... deux des couleurs de l'arc-en-ciel. "Le soleil produisait différentes couleurs : jaune, bleu, blanc..." (ibid.), rapporte Maria da Capelinha. Maria do Carmo : "Le soleil prenait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Tout prenait les mêmes couleurs : nos visages, nos vêtements, la terre elle-même" (ibid.). "Une lumière dont la couleur varie d'un instant à l'autre, se reflète sur les personnes et les choses" (ibid.), note le Dr Pereira Gens. Ti Marto [le père de la petite Jacinthe] : "Le soleil lançait des faisceaux de lumière et peignait tout de différentes couleurs" (ibid.).
           
        Le fr. Michel rapporte même ce fait formidable : "Un témoin d'Alburitel [petit village juché sur une colline et situé, prenons-en bien conscience pour appréhender l'ampleur du phénomène, à... 18 ou 19 kms de Fatima !!], l'abbé Inacio Lourenço, signale que les objets revêtaient des couleurs diverses, suivant leur emplacement : «Les objets reflétaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. En nous regardant les uns les autres, l'un paraissait bleu, l'autre jaune, l'autre rouge...»" (ibid.) ! À environ vingt kms de Fatima : voilà qui montre bien que le miracle de l'arc-en-ciel est tout aussi phénoménal que celui du soleil...
           
        Évidemment, le miracle du soleil est si saisissant qu'il occulte, pourrait-on dire, celui de l'arc-en-ciel, et les esprits trop pressés s'y sont laissés prendre. Mais supposons un moment que le miracle de l'arc-en-ciel tel qu'il est décrit par tous les témoins se soit produit sans celui du soleil. N'aurait-il pas, à lui tout seul, fait une impression extraordinaire identique à celle que produisit le miracle du soleil ? Or, ce que je suppose là, est arrivé à Fatima le... 13 août 1917, lors de l'apparition "ratée" à cause du bourgmestre athée et anticlérical qui avait enlevé les enfants pour les empêcher d'aller au rendez-vous fixé par la Vierge ce jour-là. Les enfants donc ne purent être au rendez-vous, mais... la Vierge vint, selon que le prouvent les signes visibles habituels qui signalaient sa présence aux pèlerins (un petit nuage blanc planant au-dessus du chêne vert, etc.). Et, ce jour-là, le miracle de l'arc-en-ciel se manifesta sans donc celui du soleil, selon le témoignage qu'en fait Maria Carreira : "En regardant alors autour de nous, nous observâmes une chose étrange, que nous avions déjà vue, la fois précédente [déjà, le 13 juillet, donc], et que nous devions voir encore dans la suite. Les visages des gens avaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : rose, rouge, bleu..."
           
        Ce 13 août 1917, le miracle de l'arc-en-ciel se manifeste donc tout seul, sans celui du soleil. Mais, ô lecteur, il y a une chose bien plus extraordinaire encore qui arrive, ce 13 août : "Les arbres ne paraissaient pas avoir des rameaux et des feuilles, mais seulement des fleurs ; tous paraissaient chargés de fleurs, et chaque feuille paraissait une fleur. Le sol était comme recouvert de carreaux de couleurs différentes. Les vêtements aussi étaient de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Les deux lanternes attachées à l'arceau paraissaient être en or" (ibid., p. 251). Le sens millénariste de ce miracle du 13 août est donc encore plus fort, d'une évidence... si évidente, il semblait vraiment que le Ciel faisait déjà rentrer toute l'humanité dans l'ère du Millenium, mais ce ne fut qu'un éclair fugitif qui dura seulement le temps du miracle. Non seulement, en effet, le phénomène prodigieux de l'arc-en-ciel se manifesta tout seul, mais la terre en fleurs semble se revêtir de la beauté édénique du Millenium, et voilà qui rejoint les prophètes de Yahweh lorsqu'ils décrivent la beauté de la terre régénérée édéniquement dans le Millenium, ou encore ce que dit la Reine des prophètes à La Salette lorsque, pas même dans le Secret donné à Mélanie et dont certains pusillanimes voudraient douter mais dans le Discours public approuvé par l'Église, elle déclare que "S'ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en blé, et les pommes de terre se trouveront ensemencées par les terres" !
           
        À Fatima, on ne peut pas dire que le Ciel n'a vraiment pas fait TOUT ce qu'il fallait faire pour que l'homme, pour que l'Église, comprenne le message prophétique du Millenium à venir...!!
           
        Mais j'en viens maintenant à la symbolique de l'arc-en-ciel. Voici ce que j'écrivais sur le sujet dans Bientôt le Règne millénaire : "L'arc-en-ciel est un mémorial de la Création originelle immaculée. Il y avait avant le Déluge d'eau de Noé un anneau aqueux englobant toute la terre, et le soleil, passant à travers cette eau «au-dessus des cieux» (Gen I, 7), reflétait sur toute la surface du ciel et donc aussi sur la terre, en vagues universelles sans cesse changeantes, les paradisiaques couleurs de l'arc-en-ciel [exactement, donc, comme cela s'est passé en tout petit à Fatima !]" (p. 30).
           
        Or, le Déluge d'eau aux temps de Noé vit s'effondrer sur la terre les eaux au-dessus des cieux générant cet arc-en-ciel universel, et donc il disparut. Mais le Bon Dieu en laissa un vestige dans le ciel en signe de son alliance éternelle avec l'homme et la terre entière : "Voici le signe de l'alliance que J'établis pour jamais entre Moi, et vous, et tous les animaux vivants qui sont avec vous. Je mettrai Mon arc dans les nuées, afin qu'il soit le signe de l'alliance que J'ai faite avec la terre. Et lorsque J'aurai couvert le ciel de nuages, Mon arc paraîtra dans les nuées ; et Je Me souviendrai de l'alliance que J'ai faite avec vous et avec toute âme qui vit et anime la chair ; et il n'y aura plus à l'avenir de déluge qui fasse périr dans ses eaux toute chair qui a vie. Mon arc sera dans les nuées, et en le voyant Je Me ressouviendrai de l'alliance éternelle qui a été faite entre Dieu et toutes les âmes vivantes qui animent toute chair qui est sur la terre. Dieu dit encore à Noé : Ce sera là le signe de l'alliance que J'ai faite avec toute chair qui est sur la terre" (Gn IX, 12-17). Et si le Bon Dieu nous donna ce signe pour marquer son alliance éternelle avec les hommes, c'est évidemment parce qu'un beau jour, appellation qui convient si bien au Millenium, Il a le dessein de remettre la terre dans sa perfection originelle édénique, sous les auspices paradisiaques de l'arc-en-ciel. Et précisément, le Déluge de feu universel devant clore notre fin des temps opèrera ce retour aux conditions édéniques de la terre, en restaurant, par évaporation universelle de toutes les eaux qui étaient tombées sur la terre lors du Déluge de Noé, cet anneau aqueux dans les nuées supérieures, lequel, englobant à nouveau toute la terre, donnera derechef l'arc-en-ciel universel... qui est si bien prophétisé, par les seuls faits et sans parole, dans les apparitions de Fatima ! C'est bien pourquoi d'ailleurs on a lu plus haut dans le ch. XXI de l'Apocalypse que lorsqu'il est donné à saint Jean de voir la terre dans sa condition restaurée du Millenium, il nous apprend que "la mer n'existait plus" (v. 1), il en sera effectivement bien ainsi puisque les eaux de la mer seront, par le Déluge de feu, reparties dans les nuées du ciel...
           
        Car en effet, j'ai écrit que l'arc-en-ciel est mémorial de la Création originelle immaculée, mais il est aussi prophétie que cette Création originelle immaculée revivra... à la fin des temps. L'arc-en-ciel est à la fois mémorial et prophétie. Une particularité essentielle de la langue hébraïque, laissée sous le boisseau, va nous le confirmer. Laissons Joseph Vercruysse-Bruneel nous l'expliquer : "Le verbe être qui joue un si grand rôle dans toutes les langues, est rarement exprimé en hébreux ; on doit l'y suppléer soit au passé, soit au présent ou au futur, et souvent dans deux temps à la fois, quand le temps est historique et qu'il est prophétique en même temps. Qui peut dire si ce n'est pas à cause de ce double point de vue, qu'on trouve continuellement dans l'Écriture l'emploi des verbes au futur avec le «vav conversif» indiquant le prétérit, pour nous faire comprendre que le texte est historique pour le passé et prophétique pour l'avenir (...). N'est-ce point la manie de traduire exclusivement le futur ayant un «vav conversif» par le passé, qui voile le plus le sens prophétique de la Bible ? C'est une erreur qui se fait particulièrement voir dans les Psaumes et dans les Prophéties. Qu'on lise les Psaumes dans le sens du futur, ou du futur passé [temps spécifique à l'hébreu, qui d'ailleurs reproduit cette loi que "la fin des choses se calque sur leurs débuts"], au lieu de les prendre dans le sens du passé, et on aura le plus magnifique et le plus exact tableau des temps à venir et de la Régénération du monde !" (La régénération du monde - Opuscule dédié aux douze tribus d'Israël", 1860, p. 9).
           
        Sur le plan théologique, on pourrait dire très-justement, quant au sens prophétique de l'arc-en-ciel, qu'il est le protévangile du Millenium. C'est le symbole des beautés parfaites de l'Éden qui reviendront habiter la terre dans le Millenium, avec ses sept couleurs harmoniques signifiant la plénitude divino-humaine (3 + 4) des perfection terrestres. La sainte-Écriture d'ailleurs le souligne elle-même : "Vois l'arc-en-ciel, et bénis Celui qui l'a fait ; il est très-beau dans son éclat. Il a fait le tour du ciel dans le cercle de sa gloire ; les mains du Très-Haut l'ont étendu" (Eccl XLIII, 12-13). La beauté et la gloire de Dieu se manifestent par l'arc-en-ciel, c'est du moins ce que voit Ezéchiel dans son descriptif mystérieux du Trône de Dieu, au ch. premier de ses prophéties scripturaires ("Comme l'arc qui paraît dans une nuée en un jour de pluie : tel était l'aspect de la lumière qui brillait tout autour" ― Ez I, 28), description d'ailleurs reprise par saint Jean dans son Apocalypse ("Et Celui qui était assis [sur le trône] avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine ; et un arc-en-ciel était autour du trône, d'un aspect semblable à une émeraude" ― Apoc IV, 3). Manifestement, Dieu se sert de l'arc-en-ciel pour Lui-même comme d'un apparat de beauté...
           
        Si nous ne devions pas revoir un jour une terre renouvelée dans la beauté du Créateur, comme dans l'Éden, Yahweh, après le Déluge de Noé qui vit la destruction de l'arc-en-ciel universel, ne nous aurait jamais donné un vestige de cet arc-en-ciel, ce signe de "l'alliance éternelle", pour nous accompagner tout au long de l'histoire de l'humanité, car nous n'en aurions plus eu besoin. S'Il l'a donné, c'est parce qu'Il veut prophétiser en acte l'avènement d'un temps futur où la terre sera remise dans sa condition édénique originelle... avec l'arc-en-ciel universel. Car tel est le Plan de Dieu.
           
        ... En conclusions sur ce point, je descends dans les bas-fonds actuels. Est-il besoin de rappeler que le symbole de l'arc-en-ciel est pris comme gonfanon de combat par toute la chienlit pseudo-millénariste du New-Âge et des LGBT+, qui s'imaginent trouver dans leurs mœurs les plus déchues et/ou contre-nature une soi-disant liberté absolue et un paradis terrestre ignoble ?
 
 
ViergeAuDeuxGlobes
           
        Mais c'est avec la Vierge de la rue du Bac que je veux mettre le point final à mon article, dont toute l'ambition est de remettre énergiquement et avec une ardeur... Boanergès, le Millenium sur le chandelier de l'Église, parce que c'est l'antidote surnaturel radical et parfait contre les pires et plus graves déviances de notre monde moderne actuel, auxquelles l'Église s'est hélas acoquinée damnablement depuis le fatidique concordat de Pie VII avec Napoléon. On aura bien remarqué que j'ai mis la Vierge au globe d'or de la rue du Bac comme vignette inter-paragraphes de mon article. Pourquoi je l'ai fait ? La réponse est simple.
           
        En 1830, la très-sainte Vierge Marie apparaît, comme tout le monde le sait, à Sœur Catherine Labouré. Mais les moines de Clairval font très-bien de préciser ceci : "Selon la vision décrite par sainte Catherine Labouré, la Vierge de la Médaille Miraculeuse n'avait pas les mains ouvertes tendues vers le bas, mais les mains à la hauteur de l'estomac tenant un globe [d'or] surmonté d'une croix, la Vierge au globe. (...) Sous ses pieds se trouvait un autre globe tel qu'il est représenté sur la Médaille Miraculeuse" (https://www.traditions-monastiques.com/fr/blog/statue-vierge-miraculeuse-globe-rue-bac-medaille-n145).
           
        Or, pour des raisons toutes plus mauvaises voire stupides les unes que les autres, les supérieurs ecclésiastiques de Sœur Catherine ne tinrent pas compte du globe d'or et le supprimèrent carrément (... comme s'ils savaient mieux que la Vierge comment elle devait apparaître !!!). Ils firent frapper la célèbre médaille miraculeuse en faisant graver une Vierge immaculée les bras ouverts, dont les mains répandaient des rayons. Le même raisonnement fut tenu pour la statue qui devait représenter l'Apparition dans la chapelle où elle avait eu lieu, rue du Bac... au grand désappointement de Sœur Catherine qui ne put pas faire exécuter une statue selon la vision exacte qu'elle avait eue, c'est-à-dire avec les deux boules représentant la terre, l'une, en or, dans les mains de la Vierge, l'autre, grise et terreuse, sous ses pieds et enlacée par le serpent. Ce mauvais statu quo dura... plus de quarante ans. Sœur Catherine confia à sa supérieure, Sœur Dufès, quelques mois avant sa mort, en 1876, que toutes les demandes de la Vierge avaient été accomplies, sauf l'érection sur les lieux de l'Apparition d'une statue la représentant avec la boule d'or dans ses mains, et c'était... "le martyre de sa vie" (Les apparitions de la Vierge, Omer Englebert, p. 16). Curieusement, alors que la médaille miraculeuse connut une publicité foudroyante et instantanée (... heureusement, le Ciel ne tint pas compte de la non-conformité de la gravure de la médaille avec l'Apparition, la médaille produisit immédiatement d'innombrables et très-grands miracles...), la Sœur Dufès mit vingt longues années supplémentaires à vaincre les réticences cléricales pour faire aboutir le projet d'érection d'une statue de la Vierge selon la vision authentique de l'Apparition, et la Vierge au globe d'or attendit 1896 et l'approbation du pape Léon XIII pour être installée dans la chapelle de la rue du Bac, soit soixante ans après l'Apparition !!
           
        ... On n'en sera pas surpris quand l'on comprendra que le globe d'or dans les mains de la Vierge représente LA TERRE DANS L'ÉTAT FUTUR DU MILLENIUM. L'or, en effet, est symbole de la Divinité, et une boule terrestre toute en or signifie à l'évidence que la terre, débarrassée des effets du péché originel, est devenue toute entière inhabitée de la Gloire divine, comme dans le Millenium. Il ne faut donc pas s'étonner, puisque la Vierge au globe d'or a une signification millénariste évidente et certaine, que ce seul aspect de l'Apparition ait été cléricalement si combattu et si longtemps, par des prêtres sans doute complètement inconscients d'œuvrer à mal dans le sens anti-millénariste : rien, en effet, n'est plus dur à faire passer dans le monde chrétien, et plus encore dans celui clérical, que la révélation millénariste !!!
           
        C'est en effet la grille de lecture apocalyptique qui donne la signification profonde de la vision exacte de l'Apparition mariale de la rue du Bac. Dans cette vision, il y a deux globes terrestres, l'un, dans une posture humiliée, sous les pieds de la Vierge, gris, terreux, enlacé par le serpent de la Genèse, non-illuminé, et celui-là représente la terre dans son économie de salut actuelle, toute soumise au péché originel et au prince de ce monde ; l'autre, élevé dans les mains immaculées de la Vierge, comme un trésor précieux et de grand prix contemplé par la Reine des Prophètes, représente, tout en or, la terre illuminée de Divinité, comme elle le sera dans le Millenium, lorsque la toute-Puissance divine instaurera après la Parousie une nouvelle économie de salut pour la terre entière, libérée des effets du péché originel. C'est pourquoi il y a dans la vision authentique très-prophétique de la rue du Bac, deux globes, l'un pour le présent, l'autre pour le futur...
           
        Il n'y a pas que l'Apparition mariale de Fatima à dire le Millenium, à le crier même avec une telle force que les hommes ne l'entendent pas, à la rue du Bac, le Ciel le crie aussi, et là encore, c'est toujours pour des sourds (on pourrait aussi évoquer, avec le même sens prophétique millénariste, le cœur tout en or de la Vierge de Beauraing ; et aussi, le gros point d'or final qui termine le message de Pontmain... comme pour montrer ce que deviendra la terre à la fin de l'humanité).
           
ViergeAuDeuxGlobes
 
        Ce que je souhaite beaucoup à Mgr Arthur Roche, actuel préfet de la Congrégation pour le culte divin, c'est de comprendre ce que la Vierge a dit à la Rue du Bac : nous sommes encore présentement avec le globe terrestre enlacé par le serpent, nous ne sommes pas du tout avec le globe d'or tout inhabité et illuminé de la Gloire divine. Il y a donc anticipation luciférienne à vouloir vivre liturgiquement une économie de salut qui corresponde au globe d'or alors que nous sommes toujours dans le globe enlacé par le serpent... et Dieu sait assez si nous y sommes bougrement enlacés, dans nos temps actuels.
           
        Cette méditation serait sûrement très-utile à faire par ce prélat au tempérament passionnel, visiblement très-amoureux du pouvoir ecclésiastique et engagé à fond du donf dans de mauvaises rails. Parce qu'il va être créé cardinal par le pape François dans la fournée du mois d'août prochaincertainement en récompense de ses excellentissimes et très-loyaux services pour la cause liturgique moderne pseudo-millénariste, et certainement aussi pour lui donner encore plus de pouvoir pour... mal faire.
           
        François l'a même mis le tout premier sur sa liste officielle, cf. https://www.vatican.va/content/francesco/fr/angelus/2022/documents/20220529-regina-caeli.html !!, est-ce que ce ne serait pas, par hasard, parce que le pape, âgé et malade, va faire ce qui sera probablement son dernier consistoire de création de cardinaux POUR créer cardinal Mgr Roche ??! Le pape Jean XXIII, rappelons-nous, avait fait de même quelque temps avant de mourir, faisant ce qui fut l'unique consistoire de création de cardinaux de son court pontificat (1958-1963) POUR créer cardinal Mgr Jean-Baptiste Montini futur Paul VI, afin qu'il puisse devenir pape à sa mort... ce qui arriva.
           
        ... Et si celui qui deviendra donc dans deux mois le cardinal Arthur Roche, 71 ans, était élu pape, à la mort de François...???
           
        Alors, nous n'aurions pas encore l'Antéchrist-personne sur le Siège de Pierre, mais nous y serions AU PLUS PRÈS.
           
        Je dédis cet article au Sacré-Cœur de Jésus qui nous sauve par Amour.
 
En la fête du Sacré-Cœur de Jésus,
ce 24 juin 2022.
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
         PS, ce 1er septembre 2022 : Je me rends compte, surpris de mon oubli, que j'ai omis de préciser que le 27 juin 2022, quelques jours après avoir rédigé mon article, je l'ai adressé sur papier à Mgr Arthur Roche, Dicastero per il Culto Divino e la Disciplina dei Sacramenti ― 00120 Città del Vaticano, avec la petite lettre d'accompagnement suivante :
 
Argentré-du-Plessis,                                                                      Ce 27 juin 2022.
(Petite-Bretagne ― France)
 
        Révérendissime Mgr Arthur Roche,
 
        C'est en tant que tout petit prophète laïc du Seigneur que je vous envoie cet article que je viens d'écrire, et qui vous concerne au premier chef.
        Cependant, si je suis tout petit, et même parfaitement inexistant aux yeux du monde et de l'Église, ce que je dis est très-grand (car cela ne vient pas de moi).
        Et c'est pour vous, Mgr Roche. Per charitas, croyez-le bien.
        Chacun a son chemin de conversion. Vous trouverez le vôtre dans mon article.
        Je vous prie, Monseigneur, d'avoir la très-grande bonté d'excuser la langue française employée dans cet article et dans cette lettre, je ne connais ni l'anglais ni l'italien.  
        Avec tout le respect et la prière d'un tout petit prophète du Seigneur, Révérendissime Mgr Arthur Roche.           
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
http://www.eglise-la-crise.fr/
 
 
 
24-06-2022 20:11:00
 

La conception liturgique pseudo-millénariste de Mgr Arthur Roche, préfet de la Congrégation pour le culte divin, anticipation vaticandeuse luciférienne d'une nouvelle économie de salut (1)

 

La Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie : une demande désormais obsolète, dépassée ? À laquelle la paresse spirituelle des chrétiens continue à croire, papes modernes y compris ? (2)

 
 
 
 
 
La Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie :
Une demande désormais obsolète, dépassée ?
À laquelle la paresse spirituelle des chrétiens continue à croire,
papes modernes y compris ?
(2)
 
       
           
        [Mais, après une percée jusqu'en 1952, reprenons à présent le fil chronologique de l'Histoire, et profitons-en pour faire le point. La première période de la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie demandée par Notre-Dame de Fatima, qui se déroule de 1917 jusqu'en 1945, fin de la deuxième guerre mondiale, est maintenant définitivement close. Elle se subdivise en trois parties, 1917-1929, 1929-1939, 1939-1945, et toutes les trois ont pour cadre la deuxième guerre mondiale comme seul objet formel de la Consécration : de 1917 jusqu'à 1939, c'est pour l'"empêcher", puis, une fois déclenchée en 1939, c'est, jusqu'en 1945, pour la raccourcir.
           
        [Nous allons maintenant rentrer dans la période suivante, étudier ensemble une toute autre période où la Consécration demandée n'a plus du tout pour objet d'empêcher ou de raccourcir la deuxième guerre mondiale, puisqu'aussi bien elle est désormais passée et trépassée, mais de sauver la Russie et, subséquemment, le monde entier derrière elle. C'est la période qui s'étale de 1945 jusqu'en 1989, c'est-à-dire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'à la chute du mur de Berlin qui voit l'effondrement de l'URSS soviétique, viscéralement marxiste-léniniste, période dite de la guerre froide].
           
 
        Pendant cette période 1945-1989, et seulement pendant cette période, se vérifient les avertissements de Notre-Dame de Fatima, concernant les erreurs non plus nazies cette fois-ci, mais communistes, "répandues à travers le monde". La Russie, ou plutôt l'URSS, est certes bien, durant cette période 1945-1989, le péril immédiat et dangereux pour le salut des âmes et la paix du monde. Il s'agit donc de la convertir.
           
        ... Mais cette conversion voulue par Notre-Dame de Fatima et par le Ciel n'est pas du tout ce que les petit-bourgeois occidentaux qui s'entretiennent et se conjouissent entre eux dans la Foi domestique se sont imaginés, et que trop de feuilles chroniqueuses populacières, de méprisables feuilles de choux bondieusardes et hélas souvent cléricales, ont trop relayé pendant des décennies et des décennies de tromperie des âmes occidentales, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'à nos jours, à savoir : il y a les bons d'un côté, qui, eux, n'ont pas besoin de conversion étant des justes devant le Seigneur, et c'est nous bien sûr, vive nous !, tous les peuples démocrates de l'Ouest, USA comprise, les fameux "Alliés", ... nous on est les jam bons, pardon, les gens bons !, et puis, de l'autre côté, il y a le méchant à convertir, en fait le seul et unique méchant de toute la planète, qui est la Russie devenue URSS...
           
        Or, la vérité spirituelle vraie de la situation est complètement aux antipodes, à l'opposé : l'URSS en effet, n'est jamais rien d'autre que l'extériorisation du péché collectif post-révolutionnaire mondial de TOUTES les nations occidentales, vivant désormais, comme je viens de l'expliquer plus haut, dans des sociétés de l'homme excluant Dieu comme Principe, à la fois fondateur et quotidiennement vivifiant des sociétés. Après la Révolution, TOUT LE MONDE, POLITIQUEMENT, EST À CONVERTIR. ET, AVANT, BIEN AVANT LA RUSSIE DEVENUE URSS, CELA COMMENCE PAR LA CONVERSION DES NATIONS OCCIDENTALES, ET CELA SE CONTINUE PAR LA CONVERSION DE LA ROME DES PAPES MODERNES, qui, au lieu d'être encore et toujours la locomotive surnaturelle du monde tirant tous les wagons-nations, s'est transformée depuis la Révolution en dernier wagon humaniste tamponne-cul, derrière toutes les démocraties du monde qui, ensemble, quant à elles, sont devenues une locomotive luciférienne complètement folle filant à toute vapeur vers l'enfer éternel, comme dans la vision de Franz Jägerstätter ! Qu'est-ce que l'URSS en effet ? Les politologues définissent sa constitution politique comme "un capitalisme d'État", fonctionnant donc en opposition radicale et au rebours complet du capitalisme individuel qui meut, peu ou prou, toutes les sociétés démocrates de l'homme occidentales. Et si l'on regarde comment elle fut fondée en 1917, il est bien connu que ce sont les banques anglo-saxonnes et judéo-maçonnes occidentales qui ont financé la révolution russe de 1917, ayant ainsi permis l'érection politique de l'URSS qui, sans ce financement, n'aurait jamais pu avoir lieu. Ainsi donc, il n'est que trop vrai de dire que l'URSS est le produit national fabriqué par le péché politique collectif post-révolutionnaire de TOUTES les nations de l'Occident. L'URSS, c'est NOTRE péché à tous, nous les Occidentaux post-révolutionnaires. On ne saurait donc parler de la conversion de la Russie-URSS sans parler de notre propre conversion, nous les occidentaux.
           
        On pourra se demander ici pourquoi les sociétés politiques occidentales post-révolutionnaires basées sur les "droits de l'homme" athées antichrists, ont éprouvé le besoin de se créer un contre-pouvoir au niveau d'une nation, qui, donc, fut la Russie ? La réponse est d'ordre eschatologique, je l'ai déjà exprimée en finale de mon dernier article, dans son Addenda que je recopie ici : "Lorsqu'un Grand-Oeuvre est dans la main de Satan et de ses séides déchus comme lui, il se construit toujours par le moyen d'un jeu dialectique, avec deux forces qui vont dans la même direction mais en double-inversé, s'entendant au for interne mais s'opposant au for externe, Gog et Magog" (cf. http://eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/reflexions-sur-le-nazisme-universel-contemporain-encore-dit-democratie-universelle?Itemid=577). Magog a besoin de Gog pour exister (et vice-versa) : le capitalisme apatride, judéo-maçon autant qu'anglo-saxon, a besoin d'un "capitalisme d'État" comme le sera l'URSS, pour exister, ou, plus exactement dit, pour continuer d'exister.
           
        Les nations occidentales apostates et la Russie soviétique, c'est le mystère de Gog et Magog. Approfondissons un peu cela. "GOG. ― Le nom de Gog est surtout fameux par les écrits apocalyptiques, admis ou non au Canon. Ezéchiel le donne au chef des puissances mauvaises engagées dans un ultime combat contre Dieu et son peuple. Ce Gog est dit «du pays de Magog», «souverain de Mèchek et de Toubal» [on trouve ces deux noms légèrement transformés, soit dit en passant, dans les appellations de certaines régions de la Russie actuelle]. Après avoir semé la terreur et les pires désordres, il sera vaincu et éliminé avec tous ceux qui l'auront rallié ; alors s'établira le Règne définitif de Yahvé. Évoquant le même thème, l'Apocalypse de saint Jean fait de Gog et de Magog deux personnages symétriques, représentant les «nations» perverties par Satan, et par lui conduites aux derniers jours, contre «le camp des saints et la Ville bien-aimée», c'est-à-dire «le camp» des chrétiens et la Jérusalem nouvelle qu'est déjà l'Église ; pour le prophète de Nouveau-Testament comme pour celui de l'Ancien, la défaite des ennemis du peuple de Dieu est assurée". (...) "MAGOG. ― Ce nom apparaît d'abord dans la Table des peuples de la Genèse, parmi ceux des «fils de Japhet», représentant des ethnies non-sémitiques. (...) Enfin, comme de nombreux écrits rabbiniques, l'Apocalypse fait de Magog un personnage symbolique, symétrique de Gog : avec celui-ci, il figure les nations païennes «des quatre coins de la terre», mobilisées autour de Satan pour l'ultime combat contre la nouvelle Cité de Dieu. Gog et Magog seront alors «dévorés par le feu du ciel» tandis que le diable, leur séducteur, sera précipité avec tous les mauvais dans l'éternel «étang de feu et de soufre»" ((Dictionnaire de la Bible, André-Marie Gérard, respectivement, p. 446, col. 1, art. Gog & p. 838, col. 2, art. Magog).
           
        Si l'Ancien-Testament ne révèle pas le dédoublement de Gog et Magog en deux entités de même nature, la révélation en est par contre bien faite dans l'Apocalypse, qui les décrit comme "deux personnages symétriques, représentant les «nations» perverties par Satan". Par ailleurs, il nous est révélé que Magog est fils de Japhet, non-sémitique, ce qui cible en plein les peuples occidentaux, Magog étant "un personnage symbolique, symétrique de Gog". Tout cela est très-clair, nous sommes bel et bien en présence de Gog et Magog, depuis l'apostasie collective des nations occidentales autrefois chrétiennes lors de la Révolution, et l'érection subséquente dans le monde politique de l'URSS quelqu'un siècle et demi plus tard.
           
        Il semble, cependant, que les nations occidentales apostates actuelles et la Russie soviétique soient seulement figures de Gog et Magog. Car sinon, Notre-Dame de Fatima n'aurait pas demandé la Consécration de la Russie, qui figure Gog, par laquelle elle doit lui donner la grâce de la conversion, et pas plus n'aurait-elle demandé la conversion-réparation des nations occidentales, qui figurent Magog, par la dévotion des cinq premiers samedis du mois, car en tant que Reine des prophètes, elle sait fort bien ce que vient de nous rappeler André-Marie Gérard, à savoir que Gog et Magog sont prédestinés à ne pas se convertir et à finir dans l'enfer éternel.
           
        Les nations occidentales apostates et la Russie soviétique en sont néanmoins une figure des plus représentatives, étant bel et bien constitutionnellement impies et dialectiquement opposés au for externe entre elles, comme deux "personnages symétriques" évoluant ensemble dans le mysterium iniquitatis.
           
        Puisque donc Notre-Dame de Fatima voit possible la conversion de la figure de Gog qu'est la Russie soviétisée, c'est que donc la conversion de la figure de Magog, ces fils de Japhet que sont tous les peuples occidentaux apostats depuis la Révolution, est elle aussi possible, et c'est bien pourquoi elle confectionne pour eux la dévotion des cinq premiers samedis du mois pour opérer leur conversion.
           
        Comme la Russie soviétisée n'est que l'effet second du péché collectif des sociétés de l'homme occidentales (métapolitiquement, ce n'est pas la Russie en effet qui se diabolise elle-même, ce sont les nations occidentales qui la diabolisent), la première conversion à opérer n'est donc pas celle de la Russie, mais bel et bien celle de toutes les sociétés occidentales, de Rome et des anglo-saxons, en ce compris ceux US outre-Atlantique. C'est D'ABORD eux qui doivent se convertir, pour que la grâce de la conversion de la Russie puisse lui être donnée au moyen de la Consécration. Ce point est capital à bien saisir dans l'économie du Plan de salut révélé par Notre-Dame de Fatima.
           
        Cet aspect de la question est fort bien révélé dans le message de Fatima qui, ...  enfin !, satisfait à la bonne logique qui réjouit l'esprit. Quand bien même en effet, dans la proto-prophétie du 13 juillet 1917 qui fonde toute cette économie, la Consécration de la Russie est demandée avant la dévotion réparatrice (= "Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois"), dans les faits concrets, le Ciel va chronologiquement demander à Sœur Lucie de révéler au monde la dévotion réparatrice en 1925-26, quasi quatre ans AVANT de demander en 1929 au pape qu'il fasse la Consécration de la Russie. C'était on ne peut mieux bien indiquer que la conversion des nations occidentales, opérée par cette dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois, devait avoir lieu avant celle de la Russie, laquelle ne pourrait avoir lieu, quant à elle, que si la conversion des nations occidentales était opérée. En fait, le moteur spirituel de la conversion générale du monde est tout entier dans la main des nations occidentales, ce sont elles qui ont la main de décision devant le Ciel : si elles décident de se convertir, alors la conversion de la Russie pourra être opérée et suivra ; mais si elles rejettent leur propre conversion, alors la conversion de la Russie ne pourra être opérée...
  
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        J'ai été obligé de critiquer Sœur Lucie plus haut, je suis bien aise ici de pouvoir dire que la révélation qu'elle a en 1925 quant à la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois à Pontevedra, elle n'a alors que dix-huit ans, est de toute beauté mystique. La voici, texto (elle se met à la troisième personne, par humilité) :
           
        "Le 10 décembre 1925, la Très-Sainte Vierge lui apparut, et, à côté d'elle, porté par une nuée lumineuse, l'Enfant-Jésus. La Très-Sainte Vierge mit la main sur son épaule et lui montra, en même temps, un Cœur entouré d'épines qu'elle tenait dans l'autre main. Au même moment, l'Enfant lui dit : «Aie compassion du Cœur de ta très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu'il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer». Ensuite, la Très-Sainte Vierge lui dit : «Vois, ma fille, mon Cœur entouré d'épines que les hommes ingrats m'enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler, et dit que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l'heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme»" (Toute la vérité sur Fatima, t. II, pp. 154-155).
           
        Le fr. Michel, commentant cette révélation, est tout-à-fait fondé à écrire : "Il y a beaucoup plus encore dans cette promesse [que le seul salut individuel de l'âme qui satisfait à la dévotion des cinq premiers samedis du mois], car la pensée missionnaire est partout présente dans la spiritualité de Fatima. La dévotion réparatrice nous est proposée aussi comme un moyen de convertir les pécheurs qui sont en plus grand danger de se perdre et comme une intercession très-efficace pour obtenir du Cœur Immaculé de Marie la paix du monde" (ibid., p. 160). Il y a tellement plus, en effet, qu'en fait cette dévotion est présentée par Notre-Dame de Fatima POUR OBTENIR LA CONVERSION DES ÂMES DES NATIONS OCCIDENTALES, AUX FINS, PAR-LÀ, DE POUVOIR OBTENIR LA CONVERSION DE LA RUSSIE ET DONC CELLE DU MONDE ENTIER.
           
        Cette dévotion est de plus la fleur et le fruit issus d'une longue tradition pieuse dans l'Église. Le fr. Michel fait bien de rappeler l'antique et immémoriale dévotion des quinze samedis pratiquée par les membres des confréries du très-saint Rosaire, que Léon XIII indulgencia en 1889. Plus loin dans le temps, une autre dévotion mariale similaire, celle des douze premiers samedis du mois fut également indulgenciée par Pie X, en 1905 ; "le 13 juin 1912, enfin, saint Pie X concédait de nouvelles indulgences à des pratiques qui annoncent presque exactement les demandes de Pontevedra. (...) Et le 13 novembre 1920, le pape Benoît XV accordait de nouvelles indulgences à cette même pratique accomplie le premier samedi de huit mois consécutifs" (ibid., p. 161).
           
        L'abbé Pivert, dans son commentaire indigné de la récente Consécration insuffisante de la Russie par le pape François (... pas plus insuffisante, cependant, que celle de Pie XII en 1952, s'il lit ces lignes, j'invite l'abbé Pivert à bien vouloir relire, crayon à la main, Sacro vergente anno, il y verra exactement les mêmes manques graves et "sacrilèges" que ceux qu'ils fustigent d'importance, certes à fort juste titre, dans la Consécration de François...), a très-bien discerné et compris cette ordonnance de la conversion, d'abord, des nations occidentales apostates, puis ensuite, une fois celle-ci opérée rendant possible la conversion de la Russie, celle de la nation russe. Il note fort bien, par exemple que "Il n’y a aucune réparation [dans le texte de la Consécration de François]. La situation actuelle est pourtant bien le résultat de révoltes de plus en plus ouvertes contre Dieu. Si le pape veut se consacrer, qu’il se convertisse ! Aucune promesse d’encourager la communion réparatrice des premiers samedis du mois. La consécration apparaît au contraire comme une bénédiction des armes du «bien» occidentales contre les armes du «mal» russes [Rien de plus vrai : on est là dans l'optique petit-bourgeois occidental qui voit la paille dans l'œil russe mais qui refuse de voir la poutre dans son œil occidental à lui... et qui refuse plus encore de voir carrément toute une toiture de charpente dans l'œil du Siège de Pierre !].
           
        "Par la suite, notamment après les huit actes faits par les papes Pie XII, Paul VI et Jean-Paul II, Sœur Lucie a de nombreuses fois répété ces demandes de Notre-Seigneur et Notre-Dame. En conséquence l’acte demandé au pape est : 1/ une consécration ; 2/ de la Russie ; 3/ au Cœur Immaculé de Marie ; 4/ en union avec tous les évêques du monde ; 5/ avec un acte de réparation ; 6/ et la promesse d’approuver et de recommander la communion réparatrice des premiers samedis du mois.           
           
        "Premiers samedis du mois. ― Il n’est jamais fait mention de la communion réparatrice des premiers samedis du mois [dans toutes les Consécrations de la Russie des papes modernes, veut sans doute dire l'abbé Pivert]. Or cette demande est particulièrement importante et ne peut être omise pour les raisons suivantes : 1re raison ― Le but principal des apparitions de Fatima est le salut des pécheurs par l’établissement dans le monde de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. C’est une volonté de Dieu Lui-même que Notre-Dame a confié aux petits voyants. Le 13 juin 1917, elle leur a dit : «Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut. Ces âmes seront chéries de Dieu comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône». La demande fut répétée presque mot pour mot le 13 juillet 1917 : «Pour sauver les âmes, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix». 2e raison ― La Sainte Vierge a dit le 13 juillet 1917 : «Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé ET la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute MES demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix» et non pas «MA demande». Cela signifie que si toutes ses demandes ne sont pas respectées, la Russie ne se convertira pas et l’on n’aura pas la paix. 3e raison ― Sur les deux demandes énoncées le 13 juillet, la Sainte Vierge est venue demander d’abord la communion réparatrice des premiers samedis du mois. En effet, elle l’a demandé le 10 décembre 1925 à Pontevedra, demande répétée le 15 février 1926, soit trois ans avant de demander la consécration de la Russie. La première demande est nécessairement plus importante que la seconde" (La consécration d'hier : un odieux sacrilège, 26 mars 2022, abbé François Pivert).
           
        L'abbé Pivert a tout-à-fait raison dans son édifiant exposé (contrairement à Jeanne Smits qui, sur son blog, ose faire des raisonnements honteusement superficiels, mondains et petit-bourgeois, comme quoi les graves omissions de François dans sa Consécration du 25 mars dernier, quant à la dévotion réparatrice qu'il ne mentionne pas, quant à l'absence de l'union formelle des évêques du monde entier avec lui, etc., ne seraient que des... "questions bien secondaires" !! ; à sa place, j'essayerai de casser ma plume, avant d'écrire de pareilles énormités scandaleuses, qui montrent une inintelligence complète du mystère salvateur de Fatima et un grave lâchage de la vraie Foi).
           
        Conclusion. Sœur Lucie a fort bien précisé que non seulement la Consécration de la Russie devait faire l'objet d'un acte solennel de la part du pape, mais également que la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie devait être approuvée et propagée par lui, pape, dans tout le monde catholique occidental. Relisons sa lettre au P. Gonçalves : "Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie [au Cœur Immaculé de Marie ; et non pas aux saints Cœurs de Jésus et Marie, comme l'écrit Sœur Lucie dans un pénible lapsus calami...], et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus [les cinq premiers samedis du mois]". Les deux devaient en effet faire l'objet d'une proclamation pontificale universelle près le peuple chrétien, l'une devant opérer la conversion des occidentaux, l'autre celle de la Russie, la première devant précéder la seconde, dans l'ordre de la conversion générale du monde...
           
        On peut dire que les papes ont à peu près pris conscience d'avoir à faire la Consécration de la Russie pour obtenir sa conversion, dans cette seconde période 1945-1989 qui nous occupe dans ce chapitre, mais pas du tout d'avoir à propager la dévotion réparatrice auprès des peuples occidentaux pour obtenir leur conversion. Or, puisque c'était la conversion des occidentaux qui devait précéder et actionner celle de la Russie, sinon rien, cela rendait impossible, par le fait même, la conversion de la Russie.
           
        Ne faisant pas un historique suivi sur Fatima dans mon présent article, déjà long, je n'en dirai pas plus sur cette longue période qui s'étend de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'en 1989.
  
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        Je passe maintenant à la période suivante, celle qui nous concerne tous bougrement, qui court de 1989 jusqu'à nos sinistres jours de 2022...
           
        Après 1989 et l'écroulement de la Russie soviétique, la prophétie de la Consécration de la Russie n'a plus cours, elle devient obsolète, périmée, dépassée. Après 1989 en effet, la Russie, comme, avant elle, l'Allemagne après 1945, n'est plus possédée par un démon, ni l'une ni l'autre nation ne sont plus ni soviétisée ni nazifiée. La Consécration de la Russie devient donc sans objet. Remettons-nous bien devant les yeux en effet, que si la très-sainte Vierge demande dans la proto-prophétie du 13 juillet 1917 la Consécration de la Russie, c'est uniquement parce que si on ne la fait pas, alors, elle va répandre ses erreurs à travers le monde. Ce qui présuppose donc qu'elle est mauvaise. Et c'est parce qu'elle est mauvaise, possédée par le démon communiste, que la Reine des prophètes veut qu'elle soit consacrée à son Cœur Immaculé. Mais si le démon communiste la quitte, elle n'est plus mauvaise, ou du moins pas plus que toutes les autres nations du monde dont les constitutions politiques sont post-révolutionnaires et basées sur "les droits de l'homme", elle n'a subséquemment plus d'erreurs à répandre à travers le monde, et donc elle n'a pas plus besoin d'être le sujet d'une Consécration au Cœur Immaculé de Marie, spéciale et particulière, qu'une autre nation. Ce qui signifie qu'à partir de 1989, chute du mur de Berlin et de l'écroulement sur pied de l'empire soviétique, et, petit à petit, de l'évanouissement de la constitution politique communiste de l'URSS, la Consécration de la Russie devient donc caduque, sans objet.
           
        Un fait d'Histoire confirme étonnamment, assez extraordinairement (au point que certains veulent y voir carrément le triomphe du Cœur Immaculée de Marie, à la fin, c'est-à-dire, quant à la Russie, en 1989-1991, période qui voit la fin du communisme soviétique), cet évanouissement complet et définitif du démon communiste en Russie. Mais je laisse le chroniqueur d'Eecho, de qui je tire le fait, le dire : "Il faut revenir en 1991, à la tentative de putsch contre le président de l’URSS Gorbatchev et indirectement aussi contre celui de la Fédération de Russie, Boris Eltsine. Privé de toute radio ou télévision vu que Ostankino [Tour-antenne sise à Moscou où étaient centralisés tous les médias radio-télévisés de l’URSS] était occupé par les putschistes, Eltsine eut recours à l’émetteur radio pirate FM qu’un russe orthodoxe de Moscou venait de lancer (sans permission, comme on l’a fait en France fin des années 70) ; il se rendit chez lui et appela les Moscovites à venir le soutenir au Parlement. Il retourna ainsi la situation. C'était le 21 août 1991. Plus tard, Eltsine revit ce jeune russe orthodoxe, qui lui expliqua que tout avait été annoncé par la Vierge Marie avant la révolution bolchevique (laquelle eut lieu en novembre 1917 de notre calendrier). C’est alors que le Président de la Russie décida une grande émission radio-télévisée pour le 13 octobre suivant, consacrée à Fatima. Ainsi, une journée radio et TV fut consacrée à la Vierge Marie de Fatima, en duplex entre Moscou (par la tour Ostankino) et la radio-télévision portugaise (bien entendu, personne n’en rendit compte sur les TV occidentales en dehors du Portugal). Les peuples soviétiques furent donc informés des événements de Fatima, l’émission atteignant les millions de personnes de l’empire soviétique qui existait encore sur papier (la tour Ostankino arrosait encore toutes les Républiques qui en étaient membres, ou l’avaient été). Deux mois plus tard, le jour de Noël 1991, Gorbatchev annonçait la fin officielle de l’URSS. «À la fin, mon Cœur immaculé triomphera»" (bulletin n° 95 d'avril 2022, d'Eecho ― https://www.eecho.fr/).
           
        De plus, il est extrêmement important de prendre conscience que, dans cette période nouvelle post-1989, les papes actuels sont de plus en plus inconvertissables. Ils ne sont pas plus convertissables que les anciens de la nation juive et les grands-prêtres dont Jésus, au temps qui précède immédiatement sa Passion, prédit qu'ils vont le mettre à mort ("Dès lors Jésus commença à montrer à Ses disciples qu'il fallait qu'Il allât à Jérusalem, qu'Il souffrît beaucoup de la part des anciens, et des scribes, et des princes des prêtres, et qu'Il fût mis à mort, et qu'Il ressuscitât le troisième jour" ― Matth XVI, 21). Jésus ne suppose pas un seul instant que les chefs spirituels de la nation juive puissent se convertir et abandonner leur mauvais projet de le tuer, non, Il prend acte que leur non-conversion est définitive, et l'évènement, est-il besoin de le préciser, Lui donna raison. Mais si les papes modernes actuels, à l'instar des grand-prêtres du temps de Jésus, ne peuvent plus se convertir de leur gnose chrétienne-laïque formellement opposée au moyen chrétien-sacral non seulement de la Consécration de la Russie mais encore de la Dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois censée convertir transcendentalement, par la grâce divine, les âmes individuelles, et d'abord celles occidentales, alors, puisqu'il n'y a plus de possibilité de conversion, cela veut dire qu'il ne peut plus y avoir ce que Notre-Dame de Fatima annonce devoir suivre la conversion générale, à savoir "un certain temps de paix" accordé au monde avant l'Antéchrist et son règne d'enfer, maintenant à nos portes, comme chacun sait, avec le great reset...
           
        ... Mais, mais, mais, que faites-vous donc de la proto-prophétie du 13 juillet 1917 faite par Notre-Dame de Fatima, Épouse parfaite du Saint-Esprit qui ne peut ni se tromper ni nous tromper, que vous avez rapportée avec soin en commençant votre article...?! En finale, ne prophétise-t-elle pas très-clairement que "Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix" !?
           
        Mais, mais, mais, l'Épouse du Saint-Esprit qu'est Notre-Dame de Fatima ne peut pas parler contre le Saint-Esprit son Époux. Or, le Saint-Esprit parle le plus ordinairement et le plus simplement aux âmes, à toutes les âmes d'une génération humaine donnée, mêmes celles les moins favorisées des dons de l'intelligence, par les évènements du temps présent, par l'évidence des choses contemporaines. Ces évènements qui arrivent dans notre monde pour marquer chaque époque ne tardent pas à devenir eux-mêmes faits d'Histoire indéniables et très-sûrs pour montrer à toute l'humanité la Vérité et la Vie de Dieu, ou du moins par quelle Voie y accéder. Un exemple tout simple nous en est donné dans l'Évangile : Joseph et Marie habitaient Nazareth ; or le Messie devait naître à Bethléem selon le Plan divin ; impossible donc, humainement parlant, que Jésus naisse à Bethléem ; or, voilà-t-il pas que le recensement de l'empereur romain oblige Joseph à faire le déplacement à Bethléem ! Et c'est ainsi que l'évènement providentiel dans l'humanité, inspiré par le Saint-Esprit à l'empereur romain derrière les causes secondes, manifeste le Chemin de Dieu. Et c'est pourquoi j'ai rappelé plus haut que Melchior Canus, dominicain si éclairé dans la doctrine que les auteurs le rangent juste derrière saint Thomas d'Aquin, donnait la note d'un lieu théologique à l'Histoire, qui consigne tous les chemins montrés par Dieu dans l'humanité, pour accéder à la Vérité et à la Vie de Dieu.
           
        Or, que me montre le Saint-Esprit d'une manière si évidente de nos jours, que refuser cette évidence serait gravement pécher contre Lui (ce qui n'est pas très conseillé, pour parler par antiphrase, dans l'Évangile) ? Quels faits majeurs, qui ne tarderont pas à devenir Histoire, me montre-t-Il ? Le Saint-Esprit me montre que, en 1989, le péril du communisme marxiste-léniniste, soviétique, s'est écroulé sur pied, d'un seul coup d'un seul, aussi radicalement et définitivement que, plus tard, les tours du World Trade Center le feront, c'est-à-dire sans retour possible à l'état antécédent, sans qu'il n'en reste désormais plus rien dans le monde, que de la poudre. Il lui est arrivé ce que le Saint-Esprit prophétise qu'il arrivera à l'Antéchrist-personne : "J'ai vu l'impie grandement exalté, et élevé comme les cèdres du Liban. Et j'ai passé, et déjà il n'était plus ; et je l'ai cherché, mais on n'a pu trouver sa place" (Ps XXXVI, 35-36). Depuis 1989, le fameux péril communiste dont se sont gargarisés tous les petit-bourgeois de la Foi domestique occidentaux pendant des décennies et des décennies depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, juste avant de prendre leur petit-déjeuner, s'empêchant par-là vicieusement, avec grande malice, de voir LEUR péché à eux, le péché démocrate chrétien-laïc barbotant joyeusement dans le péché capitaliste et les sociétés politiques excluant Dieu constitutionnellement, ce fameux péril communiste disais-je, N'EXISTE PLUS, "on ne peut plus trouver sa place". Oh, bien sûr !, il y a bien encore, ça et là sur la planète, quelques gouvernements attardés (mentaux) qui se nourrissent encore du vieux levain de la guerre froide, et notamment dans la Chine (mais d'une manière bien étrange, car le communisme chinois s'hybride de capitalisme d'une façon incompréhensible pour les esprit occidentaux), mais le péril pour les âmes, actuellement, ne se situe plus du tout dans le communisme étatique marxiste-léniniste tellement incarné dans l'URSS. C'est tout simplement une évidence du Saint-Esprit, contre laquelle, je le redis, il n'est pas vraiment conseillé de pécher dans l'Évangile.
           
        Le Saint-Esprit montre en effet que, après 1989, le péril est complètement ailleurs, et non seulement il s'est transformé du tout au tout mais il s'est prodigieusement aggravé, par châtiment divin de la non-conversion des peuples occidentaux, de Rome, et donc aussi de l'URSS, tous méprisant et ne tenant aucun compte du Plan de salut qui devait s'opérer durant cette période 1945-1989. Car, depuis 1989, les démocraties occidentales-Magog, ne trouvant plus l'URSS-Gog, c'est-à-dire ne trouvant plus à s'appuyer dialectiquement contre un ennemi symétrique contre qui lutter au for externe, se sont alors abominablement et orgueilleusement gonflées dans leur propre iniquité, elles ont de plus en plus grossi leur péché, pour aboutir à se transmuer affreusement en sociétés de plus en plus NAZIFIÉES. La crise covidienne de 2020, sq. a montré tout soudain et très-brutalement où on en était rendu de cette affreuse transmutation qui s'est opérée très-occultement et très-sournoisement depuis 1989, elle a montré à tous regards que les sociétés démocratiques de l'homme, qui n'ont jamais voulu se convertir, très-mal dirigées en cela par les papes modernes qui n'ont rien fait d'autre que de les caresser impurement dans leur péché (Pie XII est un modèle du genre...), SE SONT UNIVERSELLEMENT NAZIFIÉES, comme je l'ai expliqué dans mon dernier article Réflexions sur le nazisme universel contemporain, encore dit démocratie universelle. Comme une traînée de poudre depuis 1989, les "erreurs" du nazisme, et non pas celles du communisme, se sont répandues dans tous les gouvernements du monde entier, peu ou prou. Et c'est pourquoi nous arrivons à une sorte de 666 de moins en moins voilé, avec, entre autres, l'identité numérique et le pass vaccinal. Voilà désormais, depuis 1989, le vrai péril, les vraies erreurs, pour le salut des âmes, et elles sont nazies. Tout ce qui s'appelle démocratie est désormais, en 2022, devenu démonazie. Or, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'une fois que le nazisme a conquis tous les gouvernements de la planète, ce qui est pratiquement notre cas, il n'y a plus de retour possible en arrière, tout est devenu totalitariste, il ne peut absolument plus y avoir "un certain temps de paix" ordonné à l'Ordre naturel et surnaturel, il ne peut plus y avoir que l'affreux épanouissement du nazisme universel enfantant son enfant de malédiction suprême, à savoir le règne de l'Antéchrist-personne, ce qu'annonce d'ailleurs très-clairement cette histoire de great reset, qui pend de plus en plus sur nos têtes comme épée de Damoclès par trop prête à tomber.
           
        Par ailleurs, une conversion de la Russie par la Consécration est devenue, depuis 1989, complètement hors-sujet, anachronique, sans fondement : puisque nous avons désormais affaire au démon nazi et non plus à celui communiste, une conversion de la Russie, ... qui n'est même plus communiste !, ne pourrait de toutes façons pas amener la conversion... des gouvernements nazis de la planète entière chapeautés par les instances mondialistes onusiennes et eurocratiques, qui sont devenus le seul vrai et grand péril pour tout le monde ! La conversion de la Russie, de ses erreurs communistes... qu'elle ne professe plus !, est donc devenue complètement obsolète, périmée, dépassée, comme je le disais dans le titre de mon présent article. Voir la Russie comme "le méchant", en 2022, est exactement le contraire de la vérité, Poutine dénonçant la dégénérescence morale des Occidentaux alliés aux USA, étant au contraire "le bon" dans la situation politique actuelle, le gouvernement poutinien ressemble en effet à celui hongrois de Viktor Orban, conservateur et proche du réel politique ; et, s'ils ne sont évidemment pas sans défaut, ces deux-là sont actuellement peut-être les gouvernements les plus proches de l'ordre naturel sur toute la planète ! Comme le disait avec un grand bon sens un internaute sur la toile : "Ce qui serait vraiment prophétique, actuellement, ce serait de consacrer les USA au Cœur Immaculé de Marie, pour les empêcher de répandre de par le monde leurs erreurs !" Des erreurs de mœurs abominables, notamment, que ne connaissent pas les peuples russes actuels, comme par exemple d'enseigner la théorie du gender dans les écoles primaires, permettre l'avortement des bébés venus presque à terme, etc. ...!
           
        Certes, je ne serais pas complet si je ne précisais pas que Poutine a, en arrière-plan, un projet bien réel de nouvel ordre mondial illibéral, en opposition à celui libéral des démocraties occidentales, mais qui oserai-dire sans rire que son ordre mondial eurasien est plus mauvais que celui des démocraties occidentales et des USA ? En fait, nous sommes actuellement en présence, comme je le disais déjà dans l'Addenda final de mon précédent article, de deux nouveaux ordres mondiaux différents et opposés, et c'est assez dire à quel point une conversion de la Russie par Consécration, une Russie qui n'est désormais, depuis 1989, pas plus diabolisée que toutes les autres nations du monde si pas moins, ne saurait amener "un certain temps de paix au monde".
           
        Donc, pour conclure, le Saint-Esprit montre à l'évidence, en 2022, que cette prophétie "Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix", comme si le salut du monde ne dépendait que de la Russie, est absolument et complètement fausse, dans toutes ses parties, elle n'a plus aucun sens, ni queue ni tête, de nos jours, comme appartenant à une économie de salut et de châtiment périmée.
  
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        Ne me demandez surtout pas comment il se fait bien qu'elle puisse être une fausse prophétie, je vous répondrais que je n'en sais absolument et fichtrement RIEN (... sauf, toutefois, que Notre-Dame de Fatima ne peut absolument pas être en cause !), et que, à vrai dire, ce n'est pas mon problème. Sœur Lucie aurait-elle mal compris, aurait-elle affabulé, pour la finale de la proto-prophétie de 1917 ? Je vous répète que je n'en sais RIEN, et à la limite, ça ne m'intéresse pas d'en savoir quelque chose. Ce que je sais par contre très-bien et ce que je dois savoir par devoir de Foi, de par le Saint-Esprit qui me le dit et qui le dit à toute âme n'ayant pas abdiqué l'intelligence de la Foi, c'est que cette dite prophétie se révèle être, en 2022, absolument et complètement FAUSSE. Il ne peut strictement plus y avoir de conversion de la Russie qui amène de soi la paix au monde, attendu que la Russie est actuellement peut-être la nation la moins à devoir être convertie, par comparaison avec n'importe quelle autre nation du monde !! Cette proto-prophétie finale n'aurait pu avoir une réalisation que seulement dans la période 1945-1989, dite de la guerre froide, si, et seulement si, les peuples occidentaux et les papes modernes s'étaient convertis par la "petite" pratique de réparation des cinq premiers samedis du mois universellement répandue et pratiquée dans toutes les paroisses de l'univers occidental, dans une sainte émulation générale entre paroissiens, branchant ainsi toutes les âmes sur le chanel surnaturellement salvateur du Cœur Immaculé de Marie. Quel triomphe de conversion cela aurait été !! Les âmes occidentales auraient compris soudainement, de par la grâce toute-puissante du Cœur Immaculé de Marie, à quel point elles faisaient politiquement fausse route, par leur mœurs démocrates athées insanes, et elles auraient remis Dieu dans leur vie politique, comme cela s'est un peu passé dans le Portugal de Salazar des années 1940. Las ! Cette conversion des nations occidentales n'a pas eu lieu, on ne le sait que trop, et tout le monde à commencer par les papes modernes en est responsable, mais puisqu'elle n'a pas eu lieu, elle n'a pas pu obtenir subséquemment la conversion de la Russie avant 1989, date butoir à partir de laquelle une autre économie de salut, et aussi, hélas, une autre économie de châtiment, prend cours...
           
        Pour le châtiment du monde entier, le Saint-Esprit a changé ses Plans : Il a fait disparaître d'un seul coup d'un seul le péril communiste pour le remplacer par le péril nazi, et cette fois-ci, ce nouveau péril nazi n'est pas, comme dans la version 1.0, confiné dans une seule nation, à charge pour elle de conquérir toutes les autres nations du monde entier à "ses erreurs" (ce que le nazisme hitlérien 1.0 n'a pas réussi à faire), le péril nazi 2.0 actuel est né adulte, il est déjà UNIVERSEL, il n'a pas besoin de conquérir, il a déjà tout conquis, toutes les nations pécheresses sont à sa botte, Dieu lui a mis d'un seul coup la gouvernance mondiale clef en main, il n'a plus qu'à tourner la clef de contact dans le moteur, c'est-à-dire enfanter le règne de l'Antéchrist-personne. Après avoir méprisé tous les Plans divins de salut, notamment celui de Fatima centré sur le péril communiste, Dieu nous punit, nous sommes désormais devant un péril imminent infiniment plus grave, nous sommes à l'heure du châtiment suprême du règne de l'Antéchrist-personne, mérité par nos mépris incessants des Plans de salut du Ciel, depuis celui révélé à sainte Marguerite-Marie par le Sacré-Cœur de Jésus jusqu'à celui du Cœur Immaculé de Marie révélé à Fatima...
  
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        ... Mais alors, si la finale de la proto-prophétie "Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix" est fausse, cela ne voudrait-il pas dire que TOUT Fatima est faux...?!? À Dieu ne plaise !, certainement pas !! Et je n'écris pas cet article pour le faire croire, s'il est besoin de le dire !!! J'ai beaucoup de dévotion et d'amour pour Fatima, surtout pour son message spirituel principal qui consiste dans la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, gage de conversion personnelle. La très-sainte Vierge Marie est en effet ce que saint Louis-Marie Grignon de Montfort appelait "notre nouveau paradis terrestre". C'est par elle, et singulièrement par son Cœur Immaculé, que l'on peut vivre en plénitude, chacun d'entre nous, ce que nous sommes nous-même vraiment, et dans une plénitude humaine aboutie et parfaite puisqu'exorcisée de tout mal et de tout péché, plénitude que nous ne saurions atteindre et nous donner à nous-même de par nos propres forces tarées du péché originel sans parler de ceux que nous rajoutons. Mais si nous vivons par le Cœur Immaculé de Marie, alors nous vivons notre être tel qu'il a été créé par Dieu de manière plénière et dans un épanouissement ontologique parfait, comme jamais nous n'aurions pu le vivre si nous avions voulu vivre cette plénitude par nos propres forces, en self-made man. On pourrait dire que la très-sainte Vierge Marie, et c'est ce qu'elle veut profondément nous enseigner à Fatima, est une sorte de Sainte-Humanité du Christ bis. En elle se récapitule toute humanité existante, passée, présente et future, la vôtre, la mienne, elle nous comprend mieux que nous-même nous nous comprenons, précisément parce qu'elle est immaculée, et que notre être ne se comprend bien que lorsque, lui aussi, est mis dans le mode immaculé. Et c'est pourquoi il est si important de vivre par le Cœur Immaculé de Marie, tout simplement pour vivre notre vie d'homme ou de femme en plénitude parfaite, et parfaitement épanouissante, selon le Plan de Dieu pour chacun.
           
        Quant à ma dévotion personnelle, je dirai que ce qui me convainc le plus que Fatima vient de Dieu, ce n'est pas le miracle du soleil et de l'arc-en-ciel, annonciateur non seulement de la prochaine Parousie en gloire du Christ mais encore du Millenium qui suivra la Parousie, miracle pourtant tout ce qu'il y a de plus extraordinaire et spectaculaire, non, ce qui m'assure que Fatima est de Dieu, c'est la prière magnifique d'Espérance et de Miséricorde divines enseignée par l'Ange à Lucie, Jacinthe et François, et qui, à chaque fois que je la récite à la fin de mes dizaines de chapelet, me gonfle l'âme de la vertu d'Espérance et me pénètre de la Bonté infinie de Dieu : "Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péché, préservez-nous du feu de l'enfer, prenez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde". Cette prière nous révèle que si la Vierge de Fatima a montré l'enfer éternel aux enfants, c'est pour qu'il n'y tombe aucune âme ! Cette extraordinaire prière contient toute l'essence de la spiritualité du salut issue du mystère de Fatima. Il s'agit de sauver toutes les âmes, surtout les pires, voilà ce qu'est venu proposer aux hommes la Vierge de Fatima. Elle n'a pas montré l'enfer éternel aux enfants pour vouloir dire qu'il y aura 999 âmes à être damnées sur 1000, mais tout au contraire, pour sauver les mille... si l'on accomplit ses demandes, qui se récapitulent toutes par la dévotion à son Cœur Immaculé. C'est le même sens de salut universel des âmes qu'on trouve dans l'autre prière enseignée par l'Ange du Portugal aux enfants : "Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime ; je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui ne vous aiment pas". Le sens universel de "ceux" est si fort que certains ont instinctivement rajouté : "pour tous ceux qui ne croient pas, etc.". Ici, Fatima est d'une logique impeccable et édifiante, le vouloir missionnaire du salut universel de toutes les âmes ayant à vivre la fin des temps est sans conteste le plus beau et le plus solide côté de l'Apparition. Convenez avec moi que rien n'est plus merveilleux. Si la finale de la proto-prophétie du 13 juillet 1917 est devenue caduque, ces prières, par contre, sont toujours, et de plus en plus, d'actualité...!!
           
        Je remercie le Bon Dieu de m'avoir permis de me rendre à Fatima en pélerinage à deux reprises dans ma vie, en 2010 et 2011. La première fois, ce fut très-pénitentiel, je dormais dans la voiture avec des cartons aux vitres, qu'il fallait réinstaller tous les soirs, je n'avais pas de téléphone portable en cas de pépin c'était stressant, j'avais des ampoules aux pieds qui me faisaient souffrir et boiter, et, cerise sur le gâteau, la voiture faillit me lâcher dans les routes secondaires du Portugal qui sont loin d'être aussi carrossables et bien indiquées qu'en France, elle me lâcha cependant bel et bien lorsque j'arrivai à une station-service d'autoroute ! Les vignettes inter-paragraphes que j'ai glissées dans mon présent article sont tirées de ces deux pélerinages... Je remercie aussi le Bon Dieu de m'avoir donné la grâce de faire les cinq premiers samedis du mois, en 1985, ce qui m'a permis de me rendre compte que cette "petite" dévotion demande un vrai effort spirituel pour qui la pratique, car cela exige de prêter une attention soutenue de cinq mois, pour ne pas oublier un des premiers samedis, on ne peut donc pas la faire sans profondément s'investir et faire un salutaire retour spirituel sur soi-même. 
           
        ... Je vais finir ce grand article un peu tendu, le sujet ne pouvant qu'être vraiment pénétré de cette tension spirituelle du salut du monde entier, par un peu d'humour, pour décompresser, car si Dieu est Amour Il est donc aussi Humour, ce n'est pas très-différent !
           
        Je ne sais pas si cela va être so british, mais voici une photo que j'ai prise à Fatima lors de mon pélé de 2011 (je n'ai pu éviter un effet de flash sur le centre), et qui montre le grand tableau du fond dans la basilique ancienne de Fatima construite sous le pape Pie XII. Le tableau, fait par un "artiste" moderne, est... in-com-pré-hen-si-ble ! Il n'a aucun sens, aucune signification, comme pour bien montrer où en est l'Église et le monde modernes aujourd'hui par rapport au Plan de salut divin proposé à Fatima ! Mais voyez plutôt par vous-même, ô lecteur qui m'avez lu jusqu'ici : 
 
 
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        À l'époque, j'en avais écrit une lettre humoristique à mes coreligionnaires, je fréquentai alors les "ralliés", que voici :             
           
        "Mes chers amis !
           
        "Je paye 1 Kg de prunes à qui pourra me donner une explication du grand tableau placé derrière le maître-autel de la basilique Notre-Dame de Fatima au Portugal, je veux parler de l'ancienne basilique, celle construite sous Pie XII (cf. photo ci-jointe).
           
        "Je suis resté plus d'un/quart d'heure à le regarder, à le scruter, quand j'étais là-bas, avec et sans mes lunettes, me mettant à gauche du maître-autel, puis à droite, puis sur un pied, le gauche puis le droit, puis fermant un œil, le gauche puis le droit, puis enfin ouvrant les deux yeux et même le troisième œil hindou situé au milieu du front, afin d'avoir un meilleur angle de vue et de pouvoir zoomer les détails dudit tableau.
           
        "Éh bien, rien de rien de rien à faire, je n'y comprends goutte...!!
           
        "Je reste donc extrêmement angoissé depuis ce pèlerinage, c'est pénible j'en peux plus, cela tourne au toc (trouble obsessionnel compulsif), au cauchemar permanent. S'il vous plaît, ayez pitié de moi !
           
        "Oui, je confirme : 1 Kg de prunes, pour une explication complète et détaillée, dans son sens obvie, dudit tableau.
           
        "La Religion, actuellement, en est-elle vraiment rendu à ce point, que c'est... la bouteille à l'encre ? Qu'on n'y comprend plus rien, dans un premier temps ? Est-ce que c'est cela que "l'artiste" moderne a voulu dire dans son tableau...?
Vincent Morlier"
 
 
Au Lundi-Saint,
ce 11 avril 2022,
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
 
11-04-2022 18:10:00
 

La Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie : une demande désormais obsolète, dépassée ? À laquelle la paresse spirituelle des chrétiens continue à croire, papes modernes y compris ? (1)

 
 
 
La Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie :
Une demande désormais obsolète, dépassée ?
À laquelle la paresse spirituelle des chrétiens continue à croire,
papes modernes y compris ?
(1)
 
           
        La Consécration de la Russie demandée par Notre-Dame de Fatima, est-elle spirituellement caduque de nos jours, n'a-t-elle plus cours, n'ayant plus aucune valeur près le Ciel, ou bien, au contraire, est-elle toujours d'actualité, et le Ciel la veut-il toujours pour apporter "un certain temps de paix au monde" avant la grande tribulation du règne de l'Antéchrist-personne...?
           
        Cette question, fondamentale, primordiale en avant de toute autre, n'est cependant jamais posée par les chroniqueurs actuels écrivant sur la Consécration, dont on voit la plupart s'agiter fébrilement, passionnellement, dans l'épiphénomène second des choses de l'actualité plus ou moins mondaine, en oubliant le fondement spirituel qui encadre cesdites choses. Et pourtant, la question que j'ai posée en titre est bien la toute première question à laquelle il faut répondre, quand on parle de cette célébrissime Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, c'est par-là qu'il faut commencer.
           
        Je consacrerai donc cet article au commencement des choses de la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, ce que, hélas, personne ne fait, du moins à ma connaissance.
           
        Cette question posée sur la caducité ou bien non de la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, de toutes façons, n'est vraiment pas simple, elle est même assez redoutable. En approfondissant le message de Fatima sur ladite Consécration, on ne peut s'empêcher en effet de discerner comme une "contradiction" dans les demandes mêmes de Notre-Dame de Fatima, puis, au fil du temps, un "brouillard" de plus en plus épais sur cette "contradiction", que Sœur Lucie, la principale voyante, est fort loin de lever, bien au contraire. Évidemment, je suis très-conscient que la Reine des prophètes, de par Dieu, sait les choses de la grande Prophétie mieux que quiconque à commencer par moi-même, ces choses qui doivent nous amener, en traversant le feu de la grande Tribulation, au Millenium. Encore faut-il bien expliquer ce qu'elle a prophétisé à Fatima, pour ne pas faire de son message prophétique une contre-vérité, une pieusarderie obscurantiste mensongère et méprisable, très-préjudiciable à la vraie spiritualité qui doit gouverner les âmes chrétiennes vivant le temps de la fin des fins, temps qui est nôtre.
           
        La Consécration de la Russie est-elle périmée ou est-elle toujours d'actu ? Le discours prophétique de base, la matrice originelle de la prophétie concernant la Consécration, qui fonde toute la prophétie sur le sujet, est évidemment ce que dit la très-sainte Vierge le 13 juillet 1917. Ce que Sœur Lucie en dira par après, en 1929, 1940, 1952, etc., ne peut que secondairement reprendre ou développer ce qui y est dit, sans jamais le contredire. Or, il n'est pas besoin de beaucoup lire ce que j'appellerai la proto-prophétie du 13 juillet 1917 pour comprendre que la Vierge de Fatima demande la Consécration de la Russie UNIQUEMENT POUR ÉVITER AU MONDE LE CHÂTIMENT DE LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE. Cela saute aux yeux, dans le discours de 1917. Avant de lire texto cette prophétie originelle du 13 juillet 1917, il est bon de préciser qu'on ne saurait dire que les petits voyants se sont trompés. Lorsque, après l'Apparition, ils ont fait allusion à la Russie, à mots couverts à leur entourage (car la Vierge leur avait demandé le secret sur ce qu'elle leur avait dit), les trois petits pastoureaux étaient si incultes qu'ils ne savaient pas encore que la Russie était un pays, une nation, ils croyaient que la Vierge se plaignait d'une "grosse méchante dame", et on leur apprit alors qu'il s'agissait d'une nation, comme le Portugal... Il n'y a donc pas erreur sur le mot "Russie", l'objet de la Consécration porte bien sur cette nation parmi les autres nations, ses consœurs.
           
        Lisons bien, justement, le discours prophétique, mot pour mot, de Notre-Dame de Fatima, ce 13 juillet 1917 : "... Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix. La guerre va finir, mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre, pire encore. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne qu'Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l'Église et le Saint-Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi, etc. Cela, ne le dites à personne, sauf à François".
           
        Voilà, c'est la prophétie textuelle de la très-sainte Vierge Marie à Fatima, quant à la Consécration de la Russie. Il s'agit donc pour nous de bien comprendre ce que dit la Reine des prophètes.
           
        Première chose à prendre en considération : le contexte historique. Cette prophétie est faite en 1917, en pleine fin de première guerre mondiale, et elle n'est même pas terminée que Notre-Dame de Fatima en prophétise déjà une autre à venir sous le prochain pontificat, qui sera "pire encore", avec un cortège de maux liés à cette nouvelle guerre à venir. Or, la très-sainte Vierge cible avec une très-grande précision cette nouvelle guerre à venir, en disant qu'elle aura lieu "sous le règne de Pie XI" : il s'agit donc, sans aucune équivoque possible, de la deuxième guerre mondiale 1939-1945. C'est clair, et aucun doute sur cela n'est admissible ni recevable.
  
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        Sortons juste un moment de la Prophétie et rentrons dans l'Histoire, avant de continuer. Cette deuxième guerre mondiale fomentée par les nazis antichrists redoutables, fut en effet accompagnée d'épisodes de famines et de persécutions antireligieuse contre l'Église, surtout en Allemagne, mais l'Histoire et ses faits indiscutables obligent à faire le constat que le Saint-Père de la deuxième guerre mondiale, en l'occurrence Pie XI puis surtout Pie XII, tous les deux furieusement et même hystériquement concordataires avec des États constitutionnellement athées voire antichrists (n'oublions pas qu'un concordat surnaturellement contre-nature fut signé entre Hitler et le cardinal Pacelli mandaté par Pie XI, en 1933, ce qui était ni plus ni moins abominablement réputer à la face du monde entier la validité de l'État nazi, cf. la seconde partie de mon article https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/face-a-l-eglise-romaine-concordatairement-prostituee-au-iiieme-reich-d-adolf-hitler-un-heros-discret?Itemid=154), que le Saint-Père de la deuxième guerre mondiale disais-je, ne fut pas vraiment persécuté par les méchants.
           
        Il n'aurait d'ailleurs pu l'être vraiment, puisque lui-même, Vicaire du Christ dévoyé sur le plan politique constitutionnel, est, au niveau tout ce qu'il y a de plus mondial, partie prenante du mal et des méchants rien que par sa pratique concordataire avec des États constitutionnellement athées et antichrists, pratique par laquelle il transforme abominablement le "Siège de Rome" (Secret de La Salette) en la grande Prostituée de Babylone que saint Jean nous décrit dans l'Apocalypse, quand bien même il ne s'en rend pas compte et n'en a nullement conscience. Certes, Pie XII craignit à un moment donné, en 1942, d'être enlevé par les nazis, au point de préparer canoniquement sa succession avec les cardinaux, mais ce seul fait n'est pas suffisant pour rendre compte de la prophétie de Notre-Dame de Fatima, qui prédit "des persécutions contre l'Église et le Saint-Père", un Saint-Père qui est décrit, dans ce cadre prophétique de la deuxième guerre mondiale, comme ayant "beaucoup à souffrir" (ce qui pose déjà une première interrogation, Pie XII n'ayant été ni persécuté ni ayant eu beaucoup à souffrir, que ce soit de la part de l'Allemagne nazie ou de la Russie soviétique ; c'est juste un simple constat historique qu'on est obligé de faire, par honnêteté d'examen).
  
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        Mais donc, après cette parenthèse, reprenons la question prophétique pure. Une première analyse de la proto-prophétie de 1917 concernant la Consécration de la Russie, montre qu'elle est demandée par Notre-Dame de Fatima DANS LE SEUL BUT D'ÉVITER LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE, avec son cortège de maux et sa persécution anti-ecclésiale. C'est le premier point important à bien comprendre. Ce qui conforte cette conclusion, c'est que la très-sainte Vierge, comme elle l'a annoncé aux voyants dans son discours proto-prophétique ("je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, etc."), vient effectivement la demander en 1929, donc bien avant la deuxième guerre mondiale, c'est-à-dire que, historiquement, on est toujours dans le cadre où la Consécration de la Russie doit être faite pour éviter au monde la deuxième guerre mondiale. Le délai de dix ans donné par le Ciel au pape Pie XI pour la faire, était amplement suffisant. Et ce qui achève de conforter ce contexte exclusif de la deuxième guerre mondiale comme cadre formel de la Consécration de la Russie, c'est l'aurore boréale, qui a lieu en 1938, juste un an avant le déclenchement de ladite deuxième guerre mondiale ; elle est bien "le grand signe que Dieu vous donne qu'Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l'Église et le Saint-Père". Et la Vierge de Fatima dit bien que c'est "pour empêcher cela" qu'elle demande la Consécration de la Russie...
           
        1917, 1929, 1938 : les trois dates confirment on ne peut mieux que la Consécration de la Russie est proto-prophétiquement demandée uniquement "pour empêcher cela", comme dit Notre-Dame de Fatima le 13 juillet 1917 en désignant sans équivoque, par cette formule, la deuxième guerre mondiale.
           
       Il y a cependant, dans cette analyse de la question, une anormalité de taille : pourquoi, si la Consécration en question devait servir uniquement à éviter au monde la deuxième guerre mondiale, est-elle demandée d'une nation... qui n'est pas la mauvaise cause nationale de ladite deuxième guerre mondiale...?? En effet, la Russie, ou plutôt, à l'époque de l'ouverture de la deuxième guerre mondiale, l'URSS, n'est pas, de près ou de loin, cause de la deuxième guerre mondiale, la Nation qui en est à la fois coupable et responsable au premier chef, on ne l'apprendra à personne, c'est l'Allemagne, et l'Allemagne... seule ! Et Dieu sait assez si ce nouvel ordre mondial nazi à partir de la nation allemande a cherché furieusement, par tous les moyens en son pouvoir, pendant de terribles années, à "répandre ses erreurs à travers le monde", à coups de crosses de fusil, de camps de concentration, de chars d'assaut, de sous-marins, de bombardements aériens de grandes villes, et dans des fleuves de sang...! Donc, pardon très-sainte Vierge Marie, vous ne pouvez pas en vouloir à votre enfant de vous parler à cœur ouvert, la logique la plus élémentaire, s'il ne s'agissait que d'éviter au monde la deuxième guerre mondiale, aurait voulu que vous demandassiez la Consécration de... l'Allemagne à votre Cœur immaculé !
           
        Il n'en est rien, la Reine des prophètes demande, de par Dieu, la Consécration de la Russie dès 1917... pour empêcher le châtiment de la deuxième guerre mondiale. Et elle le confirme on ne peut mieux lorsque le 13 juin 1929, dans la révélation mystique de Tuy, elle annonce à Sœur Lucie que c'est l'heure de la faire : "Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen". Ce n'est pas l'Allemagne qui, en 1929, est désignée par la très-sainte Vierge, mais la Russie soviétique... qui, politiquement et militairement péniblement debout à cette époque, n'est pas du tout le danger immédiat devant déclencher la guerre "encore pire", "sous le règne de Pie XI", dont elle a dit que la Consécration devait "l'empêcher" ! Comment expliquer cela, qui semble être d'un illogisme absolu si l'on s'en tient à la proto-prophétie du 13 juillet 1917, à savoir que la Consécration de la Russie est demandée uniquement pour éviter au monde la deuxième guerre mondiale et son cortège de maux...? Et puis, on est obligé de remarquer en outre que dans le message de 1929, la Consécration de la Russie n'est plus demandée pour éviter la deuxième guerre mondiale, mais uniquement pour sauver la Russie, ce qui signifie que le Ciel aurait donc, si l'on s'en tient à ce que dit Sœur Lucie, changé en 1929 l'objet de la Consécration de la Russie révélé en 1917.
           
        ... Avouons que le brouillard est épais, sur le sens spirituel réel de la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie...
           
        La suite, dont le fil d'Ariane est tenu et déroulé non pas seulement par Sœur Lucie mais par l'Histoire indéniable, très-notamment celle des pontificats modernes (ce criterium de l'Histoire que le dominicain Melchior Canus, une des lumières du concile de Trente, voyait comme un lieu théologique pour accéder à la Vérité de Dieu), cette suite disais-je, va obscurcir plus encore la problématique.
  
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        Nous venons de voir que le 13 juin 1929, Notre-Dame de Fatima, remplissant sa promesse et son annonce du 13 juillet 1917, vient demander "officiellement" la Consécration de la Russie au pape, celui-ci étant Pie XI, nommé par la très-sainte Vierge dans son discours proto-prophétique de 1917. Pie XI n'en fit rien. Et le plus probable, malgré les supputations tirées par les cheveux et les affirmations volontaristes et purement gratuites du fr. Michel de la Sainte-Trinité dans son t. II de Toute la vérité sur Fatima, c'est qu'il n'en eût aucune vraie connaissance. Sœur Lucie, dans sa lettre au pape Pie XII du 24 octobre 1940 originelle (celle du 2 décembre n'en est qu'un raccourci revu à la baisse et corrigé par Mgr Da Silva), veut pouvoir s'imaginer que la révélation de Tuy de 1929 demandant au pape de faire la Consécration fut bien certainement portée à la connaissance du pape Pie XI. Mais en vérité, rien ne le prouve, rien n'est moins sûr. "Quelque temps après [la révélation de Tuy] j'ai rendu compte de cela à mon confesseur, qui a pris les moyens de la faire parvenir à la connaissance de Sa Sainteté Pie XI", écrit Sœur Lucie, voulant se persuader, sans preuve, que ces moyens, qu'elles ne connaît d'ailleurs pas, ont abouti. La vérité, ce me semble, c'est que Pie XI n'eut sans doute pas plus connaissance de la demande du Ciel quant à la Consécration de la Russie, que le roy Louis XIV ne fut informé de la révélation de 1689 à sainte Marguerite-Marie d'avoir à faire la Consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus. Ou du moins, si le roy et le pape en ont eu par leurs proches quelque lointaine, éthérée et fugitive connaissance, ce fut sans leur montrer l'importance surnaturellement capitale d'avoir à faire les deux Consécrations, en 1689 et en 1930, pour le salut et la paix du monde.
           
        Pour ce qui est de Fatima, on sait que Mgr Da Silva se décida enfin à écrire directement à Pie XI en 1937, sur le très-tard et quasi in extremis, pour lui signaler la Consécration de la Russie et toutes les autres demandes formulées par le Ciel à Fatima. Sans nul doute, ce qui le décida fut la terrible guerre civile espagnole de 1936, où les erreurs communistes faillirent triompher politiquement dans une nation d'Europe de l'Ouest (mais cela n'arriva pas grâce à Franco, ce qui montre bien que le péril communiste n'est pas tout-puissant puisqu'il ne réussira jamais à s'implanter en Europe occidentale quand bien même la Consécration de la Russie n'était pas faite). Le Portugal se trouva alors fort dangereusement frôlé par l'affreux péril, et il n'est pas douteux que l'évêque de Fatima prit alors peur. Mais, quand on lit sa lettre, on s'aperçoit qu'il remplit presque passivement un devoir, qui lui fut sans doute pénible, il ne se fait pas l'apôtre brûlant des demandes de Notre-Dame de Fatima, et Pie XI, s'il la lut (le Saint-Siège accusa bel et bien réception de sa lettre le 8 avril 1937, mais cela ne prouve pas que Pie XI en prit connaissance), ne put pas être remué par l'importance spirituelle capitale desdites demandes...
           
        En fait, c'est dans la transmission du message salvateur, que se situe la culpabilité collective de la non-connaissance par le roy et par le pape du Plan de salut du Ciel ; car tout le monde est plus ou moins coupable, dans cette affaire. Et c'est bien pourquoi d'ailleurs, ce que ne s'explique pas le fr. Michel, Notre-Seigneur, en 1931, emploie le pluriel lorsqu'Il révèle à Sœur Lucie, en repos à Rianjo, proche de Pontevedra, son mécontentement que la Consécration n'est pas encore faite : "Fais savoir à MES ministreS, étant donné qu'ILS suivent l'exemple du roy de France en retardant l'exécution de ma demande, qu'ILS le suivront dans le malheur". Le vrai, c'est que personne, dans les responsables ecclésiastiques qui forment une longue chaîne de Sœur Lucie à Pie XI, n'est vraiment converti et ne veut se convertir, à commencer par Mgr Da Silva, l'évêque de Sœur Lucie, qui n'arrêtera pas de traîner très-lourdement les pieds pour transmettre les messages successifs qu'elle lui adressait à destination du pape...
           
        Le plus clair de la question, en tous cas, c'est qu'en 1939, dix ans après la révélation de Tuy, Pie XI n'avait pas fait la Consécration demandée, et qu'il ne comptait absolument pas la faire, l'esprit complètement obsédé, possédé serait plus juste, de concordatisme avec les pires gouvernements athées ou antichrists, ce qu'il mit en pratique avec l'URSS, d'une manière éhontée et des plus scandaleuses, par l'Ostpolitik. Il meurt le 10 février 1939, et certain historien, dont le nom ne me revient plus, a écrit qu'il fut la première victime de la deuxième guerre mondiale.
           
        Sœur Lucie, confortée et encouragée par son confesseur le P. Apariçio, va alors, sur ordre de ses directeurs spirituels comme on va le voir plus loin, écrire directement au nouveau pape, Pie XII, le 2 décembre 1940, quelqu'un an et demi après l'élévation de ce dernier au Souverain Pontificat. Avant de lire le curieux passage de sa lettre, qui pose fichtrement question, il est important de noter que cette demande se situe d'ores et déjà tout-à-fait hors-cadre de la proto-prophétie mariale du 13 juillet 1917, puisqu'en décembre 1940, on est en... pleine deuxième guerre mondiale, et que Notre-Dame de Fatima avait bel et bien originellement assigné comme but essentiel de ladite Consécration de la Russie, de... l'"empêcher".
           
        Dans sa lettre au pape Pie XII, on voit Sœur Lucie faire un petit historique de cette demande de Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, puis, elle finit sa requête par ces mots, qui ne lassent pas de beaucoup surprendre : "En diverses communications intimes, Notre-Seigneur n’a pas cessé d’insister sur cette demande, promettant dernièrement que si Votre Sainteté daignait faire la consécration du Monde au Cœur immaculé de Marie, avec mention spéciale de la Russie, et ordonner que, en union avec Votre Sainteté et en même temps, la fassent aussi tous les Évêques du monde, d’abréger les jours de tribulation par lesquels Il a déterminé de punir les nations par la guerre, la famine et diverses persécutions contre la sainte Église et Votre Sainteté".
           
        La demande de Consécration présentée au pape en 1940 n'a donc plus pour objet d'éviter la guerre, puisqu'elle n'a pu être évitée, mais seulement de raccourcir le temps des châtiments. Beaucoup plus étonnant encore, Sœur Lucie parle à Pie XII d'une Consécration "du Monde au Cœur Immaculé de Marie, avec mention spéciale de la Russie"...! Or, lorsque, quelque quarante ans plus tard, le pape Jean-Paul II fera lui aussi une Consécration de la Russie, Sœur Lucie, interrogée sur sa validité par "Mgr Hnilica (= «Ma sœur, hier dans son acte d’offrande, le pape a-t-il vraiment consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie ?»), répondit, en date du 14 mai 1982, le lendemain même de l’acte d’offrande fait par Jean-Paul II lors de son premier pèlerinage à Fatima : «Non, (…) la Russie n’apparaissait pas nettement comme étant l’objet de la consécration». Et elle précisa que Dieu voulait «la consécration de la Russie et uniquement de la Russie, sans aucune adjonction»" (La consécration d'hier : un odieux sacrilège, 26 mars 2022, abbé François Pivert, au lien suivant : https://abbe-pivert.com/la-consecration-dhier-un-odieux-sacrilege/).
           
        ... Alors, Consécration de la Russie seule, ou, comme elle l'écrivit à Pie XII en 1940, du Monde, avec mention spéciale de la Russie...? Une consécration du monde entier, qui du reste avait déjà été faite, mais au Sacré-Cœur de Jésus, par le pape Léon XIII le 11 juin 1899, et que Notre-Seigneur avait demandé dans les années 1935 que le pape la fasse de nouveau mais cette fois-ci au Cœur Immaculé de Marie, par révélations privées à une âme mystique authentique, Alexandrina Maria da Costa, elle aussi portugaise (cf. http://alexandrina.balasar.free.fr/alexandrina_ame_victime.htm) ?
           
        Comme tout le monde le sait, la question de la Consécration de la Russie se complique bougrement et même s'obscurcit étrangement d'une sorte de Plan B de salut. Plan A, primordial : la Consécration de la Russie, seule ; plan B, seulement dans le rétroviseur et comme pour éviter le pire si le Plan A n'est pas actionné : la Consécration du Monde.
           
        On est bien obligé de prendre acte, par ailleurs, que Sœur Lucie prend des libertés illicites dans ses écrits avec les prophéties pourtant formelles de Notre-Dame de Fatima, ce qui surprend beaucoup. Par exemple, on la voit écrire en juin 1930 une longue lettre au P. Gonçalves, où elle dit, en finale : "Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus [les cinq premiers samedis du mois]".
           
        ... Que je sache !!, Notre-Dame de Fatima demandait le 13 juillet 1917 une Consécration de la Russie à son Cœur Immaculé, et le Cœur Immaculé de Marie, ce n'est pas les très-saints Cœurs de Jésus et de Marie !! Pourquoi ce méli-mélo pénible dans la tête de Sœur Lucie, qui connaît pourtant mieux que personne les paroles exactes de Notre-Dame de Fatima...!??
           
        En ce qui la concerne d'ailleurs, on a pire encore. En 1940 on prend Sœur Lucie en flagrant délit de faux mysticisme, sans qu'elle-même ni non plus son entourage clérical ne s'en rende le moindre compte. 1940. On est alors en pleine guerre nazie qui fait rage, feu et sang, sur toute la planète, l'Allemagne, qui "répand ses erreurs à travers le monde", et non pas du tout la Russie, est dans tous les esprits, mais on se rend compte, vraiment étonné, qu'elle est absolument et totalement absente de l'esprit de Sœur Lucie, de son champ de vision spirituel ! Lorsqu'un prêtre allemand, le P. Ludwig Fischer, qui, dévotement, avait tâché de répandre notamment par ses écrits la dévotion à Notre-Dame de Fatima dans son pays tourmenté et possédé, vient rendre visite en 1940 à Sœur Lucie, il ne peut s'empêcher, ... comme on le comprend !, de lui poser ex abrupto la grande question qui lui brûle les lèvres, lui, pauvre malheureux prêtre de son pays diaboliquement nazifié : "Quel sera l'avenir de l'Allemagne ?" Sœur Lucie, entendant la question, est visiblement complètement prise de court, interloquée, on se rend compte que d'elle-même, elle n'a aucune pensée immédiate sur l'Allemagne !, ... en 1940 !!! Alors, pour faire tout-de-même bonne impression et donner une réponse au prêtre allemand, elle va faire oraison devant le Saint-Sacrement pendant plusieurs heures pour obtenir une réponse de Notre-Seigneur, qui, selon elle, finit par lui révéler quel va être l'avenir de l'Allemagne ! Nous sommes là, il est à peine besoin de le faire remarquer, en plein faux mysticisme, où Dieu doit répondre sur commande de l'humain, à ses interrogations. En bonne théologie mystique, cela s'appelle tenter Dieu. La vraie mystique, au contraire, c'est Dieu qui décide de parler à l'humain quand Lui, Dieu, le veut, et sur le sujet qu'Il Lui plaît d'aborder, et non l'inverse : Dieu n'est pas au service de l'humain.
           
        Mais lisons l'épisode rapporté par le fr. Michel dans le t. II de Toute la vérité sur Fatima : "En 1940, l'abbé Ludwig Fischer interrogea la voyante sur l'avenir de son pays. Comme de coutume [...!!], Sœur Lucie chercha la lumière dans une prière plus instante : «Passant quelques heures avec Notre-Seigneur exposé au Très-Saint Sacrement, pendant quelques moments où une union plus intime s'est fait sentir et entendre à mon âme [sic], j'ai prié à plusieurs intentions, et spécialement pour l'Allemagne : "Elle reviendra à Mon bercail, mais ce moment est loin. Il s'approche, il est vrai, mais lentement, très lentement" [...???!!!]. Dans une lettre adressée au Dr Fischer, par charité et pour l'encourager, j'indiquai cette promesse de Notre-Seigneur»" (ibid., t. II, p. 480). Là non plus, il est à peine besoin de faire remarquer que la "réponse" de Notre-Seigneur confine au ridicule et à l'abracadabrantesque : manifestement, nous sommes là en plein faux mysticisme, où la voyante s'invente dans sa tête une communication-réponse de Notre-Seigneur... comme on voit tant de faux mystiques de nos jours, frappés de crétinisme, le faire ! Gageons que le pauvre P. Fischer ne dut pas beaucoup être consolé par cette "réponse allemande" de Notre-Seigneur ! Sœur Lucie s'était comportée là comme Mme Soleil, voyante extra-glucide, consultant sa boule de cristal. Mais personne, dans son entourage clérical, ne se rendit compte de cette tendance au faux mysticisme de Sœur Lucie, elle est au contraire le sujet d'une adulation voire d'une idolâtrie déplorable de la part des prêtres qui l'entourent. Tous les auteurs, souvent prêtres, qui rapportent cet épisode, citent la "réponse" de Notre-Seigneur sur l'Allemagne presque à deux genoux sinon à trois et l'encensoir à la main, à commencer par le fr. Michel, thuriféraire aveugle de Sœur Lucie dans tout son ouvrage partisan et idéologue, primairement anti-communiste, sans strictement aucun esprit critique, prenant pour oracle de sagesse divine et Parole d'Évangile cette "prophétie allemande" qui n'était hélas, en vérité, qu'ineptie déplorable, fruit d'un mysticisme d'illusion. Sœur Lucie me fait penser là à un célèbre apophtegme des anciens Pères du désert. Un jour, le grand saint Antoine, qui patronnait spirituellement toute une communauté d'anachorètes dans le désert, vit entrer en trombe dans sa tente un fr. novice qui, tout excité, lui dit : "Père ! Père Antoine ! Le fr. Exupère est en extase ! Il lévite à un mètre du sol ! Que dois-je faire ?" Et saint Antoine, qui était en train de faire une oraison simple, ascétique, sans même détourner la tête, de lui dire placidement : "Tires-le par les pieds, pour qu'il redescende" !
           
        Pour en revenir et vider la question des deux Consécrations différentes à faire, l'une de la Russie seule, l'autre du Monde entier, on se rend compte également que c'est Sœur Lucie qui embrouille tout, ne clarifiant rien, et que là encore, elle embrouille tout... en s'appuyant, "comme de coutume" dit benoîtement le fr. Michel, sur une prétendue communication-réponse de Notre-Seigneur obtenue soi-disant dans l'oraison ! Il ne faut pas compter sur le fr. Michel pour s'en rendre compte, son adulation aveugle, idéologique et partisane, de Sœur Lucie l'en empêche radicalement. Il prend bien acte que cette question "a été embrouillée à plaisir" (ibid., t. II, p. 464), mais il se garderait bien de dire, ce qui n'est pourtant que la stricte vérité, que c'est Sœur Lucie qui l'embrouille. Alors, faisons le point sur cela, il n'est que grand'temps de pourfendre l'erreur, de mettre de l'ordre dans tout ce fatras indigne du Ciel : tout d'abord, prenons acte que la lettre de Sœur Lucie écrite au pape Pie XII fin 1940 n'est pas de son initiative personnelle ; ce sont ses directeurs spirituels qui lui ordonnent de l'écrire. "Quelles directives précises reçut-elle alors ? Tout d'abord, [d'écrire au pape] la révélation du secret. En rappelant cette lettre où le P. Gonçalves lui «ordonnait d'écrire au Saint-Père», Sœur Lucie précisera : «L'un des points qu'il m'indiquait était la révélation du Secret». On lui ordonnait sûrement aussi d'exposer les apparitions de Pontevedra et de Tuy, mais brièvement ! L'évêque de Gurza avait même précisé : Il faut que tout tienne sur une seule feuille de papier ! Surtout, il indiquait les termes de la demande essentielle : Une consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie avec mention de la Russie. Requête que Sœur Lucie n'aurait jamais formulée d'elle-même puisqu'elle n'en avait pas reçu l'ordre du Ciel, et qui, sûrement la plongea dans une grande perplexité. Mais, comme toujours [...!!], elle recourut à une prière plus instante" (ibid., p. 464). On sait maintenant, hélas, ce que veut dire une prière plus instante, pour Sœur Lucie...
           
        Donc, premier constat quant à l'affaire : ce sont des directeurs spirituels de Sœur Lucie fort mal inspirés, qui se permettent avec une audace sacrilège de mélanger indûment les deux Consécrations qui viennent du Ciel, celle de la Russie seule, celle du monde entier, concoctant humainement un fourre-tout où l'on trouve à la fois l'une et l'autre, d'où la formule adoptée "Consécration du monde, avec mention spéciale de la Russie". Or, évidemment, faire un mélange des deux Consécrations ne vient pas du Ciel, c'était en quelque sorte s'inventer un... Plan C de salut, un troisième Plan inventé par les hommes ! Sœur Lucie aurait dû être la première à le comprendre et à le dire à ses directeurs spirituels très-mal inspirés. Las ! Au lieu de cela, leur obéissant aveuglément, elle va non seulement accepter de demander à Pie XII dans sa lettre qu'il fasse la Consécration "du monde, avec mention spéciale de la Russie", ce qui, pour tout vouloir mettre ensemble, se permettant sacrilègement de toucher à l'intégrité des Plans de salut du Ciel, ne répond en définitive à AUCUNE des deux demandes de Consécrations demandées par le Ciel, mais pire encore, on va la voir encore une fois, une fois de plus, s'appuyer sur une prétendue communication mystique de Notre-Seigneur pour se permettre de le faire, que le fr. Michel ose appeler "la communication divine du 22 octobre 1940" !, et que voici :
           
        "22.X.1940. J'ai reçu une lettre du R.P. José Bernardo Gonçalves et de l'évêque de Gurza m'ordonnant d'écrire à sa Sainteté... Dans ce but, j'ai passé deux heures devant Notre-Seigneur exposé [au Très-Saint Sacrement] : "Prie pour le Saint-Père, sacrifie-toi pour que son cœur ne succombe pas sous l'amertume qui l'oppresse [là encore, je l'ai fait remarqué plus haut, on est en pleine invention et fausseté : pendant la guerre 1939-45, Pie XII est loin de souffrir beaucoup, dans une position de "christ souffrant" la Passion, fausseté qui a trompé bien des âmes, les thèses illuministes de survivance pontificale, surtout celle de Paul VI, s'étant appuyées indûment sur ce mensonge et créant par la suite une fausse thèse de "dernier pape souffrant à la fin des temps" ; on va se rendre compte au contraire que Pie XII, loin de souffrir la mâlemort, s'excite péniblement la cervelle, dans un enthousiasme délirant et impie, sur l'illusion onusienne, dans son Noël 1944 que je vais citer tout-à-l'heure...]. La tribulation continuera et augmentera. Je punirai les nations de leurs crimes, par la guerre, par la famine et par la persécution contre mon Église qui pèsera spécialement sur mon Vicaire sur la terre [prophétie parfaitement fausse encore une fois, les papes modernes, fort loin de souffrir persécution de la part du monde, épousent au contraire sa perversité notamment par la pratique concordataire pontificale avec tout gouvernement, même athée et antichrist radical]. Sa Sainteté obtiendra que ces jours de tribulation soient abrégés s'il obéit à Mes désirs en faisant l'acte de Consécration au Cœur Immaculé de Marie du monde entier avec une mention spéciale de la Russie" (ibid., p. 464)..!!!
           
        Est-il besoin de faire remarquer que nous sommes là en plein faux-mysticisme, une fois de plus, une fois encore, de la part de Sœur Lucie. Quant au fond de la question, ce n'est pas compliqué : qu'il y ait, de par la Volonté du Ciel, deux Plans de salut, un Plan A principal, la Consécration de la Russie seule, et à défaut, un Plan B, la Consécration du monde, soit, placet, c'est tout-à-fait admissible. Il faut d'ailleurs bien remarquer que le Ciel, pour révéler ces deux Plans de salut, choisit DEUX âmes mystiques différentes, ce qui signifie très-clairement que les deux Plans de salut ne doivent pas être mélangés : pour le Plan A, c'est Sœur Lucie et l'Apparition de Fatima, pour le Plan B, c'est Alexandrina Maria da Costa. Mais il est absolument proscrit qu'une des deux âmes mystiques ayant reçu un des deux Plans de salut, crée une sorte de... nouveau "Plan C de salut" de son cru en mélangeant les deux Plans ! De plus, il est quasi blasphématoire que Sœur Lucie fasse "obéir" Notre-Seigneur, dans sa fausse communication mystique du 22 octobre 1940, aux mauvaises inspirations de ses directeurs spirituels inventant cedit "Plan C". C'est un comble, tout-de-même, de supposer cela et, pire encore, que lesdites mauvaises inspirations de ses directeurs spirituels deviennent les... "désirs" de Notre-Seigneur !!! Mais Sœur Lucie n'est pas du tout rebutée de faire "obéir" Notre-Seigneur aux erreurs lamentables de ses directeurs spirituels, de les Lui faire... "désirer", même...!!! Et les prêtres sont si aveuglés par leur adulation de Sœur Lucie, qu'ils gobent à qui mieux mieux... le troisième "Plan C de salut" inventé par les hommes, approuvé par Sœur Lucie, et soi-disant... "désiré" par Notre-Seigneur !!! Voici par exemple ce qu'ose écrire le P. Alonso sur cela : "En octobre 1940, commente le P. Alonso, le Ciel accède aux désirs des supérieurs de Sœur Lucie de voir se réaliser la Consécration du monde avec une mention spéciale de la Russie. Et c'est le Seigneur Lui-même qui suggère un tel acte" (ibid., p. 465) !!! Et le fr. Michel de boire cette explication d'un crétinisme achevé et spirituellement insane, comme du p'tit lait...
           
        Après cela, ô lecteur, comment en vouloir aux papes modernes, de Pie XII à François, de mélanger indûment, dans leurs différentes formules de Consécration, le monde, l'Église, soi-même, la Russie, etc., comme un tiercé dans le désordre et en tous cas pas dans l'ordre !! En vérité, la faute n'en est pas sur eux, les pauvres papes ne pouvaient que tout mélanger, puisque ce mélange était cautionné par la voyante de Fatima elle-même qui disait que c'était "le désir" de Notre-Seigneur de tout mélanger !!!
           
        ... Zut. En tous cas, le brouillard s'épaissit péniblement. Ce n'est même plus le fog londonien à couper au couteau, nous sommes carrément rendus dans la bouteille à l'encre. Nous verrons comment, en finale, débrouiller tout cela...
  
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        Pour l'instant, wait and see, laissons dérouler le fil du temps. La deuxième guerre mondiale se termine, quelques années s'écoulent encore, et, en mai 1952, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Sœur Lucie, au carmel de Coïmbra, pour lui dire : "Fais savoir au Saint-Père que j’attends toujours la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Sans cette consécration, la Russie ne pourra se convertir, ni le monde avoir la paix". La très-sainte Vierge pouvait bien se plaindre d'attendre en effet, car si Pie XII avait fait une Consécration au Cœur Immaculé de Marie le 31 octobre 1942, par radio-message, ce ne fut que... de l'Église et du monde entier, sans nommer aucunement la Russie. Pie XII actionnait le Plan B sans actionner le Plan A, c'était plus facile et ficelle... Pour autant, en 1952, nous avons la certitude que le nouveau message de Sœur Lucie fut bien communiqué à Pie XII en juin, et le 7 juillet 1952 le pape se décidait à publier la lettre apostolique Sacro vergente anno, consacrant la Russie au Cœur Immaculé. Cependant, cette Consécration était loin de remplir les conditions posées par la Vierge de Fatima : elle était faite sans aucune solennité, le pape n'ayant nullement donné l'ordre aux évêques du monde entier de s'unir à lui pour faire cette Consécration, et de plus, sans dire un traître mot de Fatima, Pie XII ne faisait aucune allusion à la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois, qui devait, elle aussi, et même elle en premier comme je vais l'expliquer plus loin, contribuer à obtenir de Dieu le miracle de la conversion de la Russie (... les mêmes manques invalidants, exactement les mêmes, que dans la Consécration du pape François du 25 mars dernier !, on va y revenir). Le fr. Michel est tout-à-fait fondé à commenter : "L'on a la fâcheuse impression que, dans l'esprit de Pie XII, Sacro vergente anno était en quelque sorte un coup d'arrêt" (Toute la vérité sur Fatima, t. II, p. 224). Dès l’automne 1952, Pie XII fit donner des ordres précis à la hiérarchie pour que l’on ne réclame plus cette Consécration de la Russie, qu’il voulut que l’on considérât comme faite.
           
        Sœur Lucie, au fond de son couvent, a vent de cette Consécration, qu'elle commente ainsi : "Je vous remercie également de la coupure de journal qui rapporte la consécration de la Russie. Je suis peinée qu’elle n’ait pas encore été faite comme Notre-Dame l’avait demandée. Patience !… Espérons que Notre-Dame, comme une bonne Mère, daignera l’accepter". Par un interrogatoire secret de Sœur Lucie fait, comme par hasard, juste dans ces mêmes moments par le P. Schweigel, jésuite, commandité expressément par Pie XII, le pape fut certainement mis au courant que la voyante ne considérait pas sa récente Consécration de la Russie comme satisfaisant aux demandes de Notre-Dame de Fatima. Il est certain qu'il en conçut un grand dépit, car il ne voulait pas aller plus loin que ce qu'il avait fait, qui était en vérité une sorte de point d'orgue en fin irrévocable de non-recevoir, et je vais en donner la très-véridique et très-peccamineuse raison dans quelques lignes. Pie XII décide alors de museler Sœur Lucie.
           
        "En 1955, le Pape décida que «seules les personnes qui avaient déjà rencontré sœur Lucie pourraient la voir de nouveau sans autorisation expresse du Saint-Siège». Ainsi surveillée, la voyante fut dès lors presque totalement réduite au silence ; rigueurs qui furent aggravées sous le pontificat des papes suivants, à tel point que même son ancien confesseur et directeur, le Père José Apariçio, un véritable homme de Dieu, ne put obtenir la permission de s’entretenir avec elle, surtout à partir de 1960, date à laquelle le secret aurait dû être révélé au monde. Une de ses lettres, datée du 7 août 1960, en témoigne : «Demain ou plus tard, j’irai à Coïmbra. Je ne pourrai pas parler avec sœur Lucie parce qu’elle est recluse. Par ordre du Saint-Office de Rome, elle ne peut communiquer avec personne. L’évêque juge qu’il n’a pas autorité pour laisser parler la sœur». À son retour au Brésil, le Père Apariçio précisera à un correspondant : «Je n’ai pu parler avec sœur Lucie parce que Mgr l’archevêque ne pouvait pas donner la permission de la rencontrer. Les conditions d’isolement dans lesquelles elle se trouve ont été imposées par le Saint-Siège. Par conséquent, personne ne peut parler avec elle sans une licence de Rome. Mgr. l’archevêque n’a qu’un nombre très limité de ces licences» (Lettre du 24 novembre 1960)" (Apparition du 13 juin 1929 à Tuy : La demande de Notre Seigneur Jésus-Christ – La consécration de la Russie, cf. https://laportelatine.org/spiritualite/apparitions/apparition-du-13-juin-1929-a-tuy-la-demande-de-notre-seigneur-jesus-christ-la-consecration-de-la-russie).
           
        Certes, Pie XII a agi ainsi parce qu'il ne voulait pas que Sœur Lucie puisse le contredire quant à la Consécration de la Russie non-faite par lui selon les demandes de Notre-Dame de Fatima, mais ne peut-on pas supposer que certains supérieurs de Sœur Lucie s'étaient rendus compte de sa tendance au faux mysticisme et avaient fait remonter jusqu'au pape qu'elle pouvait dire des choses fausses et très-préjudiciables pour tout le monde ? L'on peut penser que Pie XII, en imposant à Sœur Lucie une discipline très-sévère sur sa parole, outre le fait qu'il ne voulait pas qu'elle puisse le contredire quant à la Consécration de la Russie mal faite par lui, voulait aussi la protéger contre elle-même et préserver ainsi la dignité de l'Apparition de Fatima.
           
        Quoiqu'il en soit de ce dernier point, la grande question qui se pose maintenant, est la suivante : pourquoi les papes modernes, à commencer par Pie XII, et sûrement aussi, avant lui, Pie XI, ne veulent-ils absolument pas faire la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, en y engageant toute l'Église Universelle avec eux, par l'union dans l'acte avec les évêques du monde entier ?
           
        La réponse est simple, et Dieu sait assez combien je l'ai déjà traitée en long et en large dans beaucoup de mes écrits. Depuis le pape Pie VII et son concordat napoléonien de 1801, les papes modernes post-révolutionnaires ont matériellement péché contre les Mœurs de l'Église, entendues au sens large, en changeant le criterium de validité des sociétés politiques, attribuant à l'homme le pouvoir de créer en Politique, et ôtant ainsi, au moins implicitement, ce pouvoir à Dieu. C'était vouloir vivre dans des sociétés de l'homme, et non plus dans des sociétés théocratiquement dirigées et vivifiées par Dieu, comme toute société politique l'était, à tout le moins dans son principe constitutionnel, avant la Révolution. Les papes modernes, reconnaissant hérétiquement ces sociétés de l'homme issues de la Révolution, très-notamment par la pratique concordataire pontificale avec n'importe quelle sorte de puissances politiques, même si elles sont constitutionnellement athées ou antichrists (comme je l'ai fait remarquer au début de ces lignes à propos du concordat nazi de 1933), ce qui est exactement contraire à l'enseignement paulinien en Rom XIII, les papes modernes disais-je, vont élaborer petit à petit et de plus en plus toute une doctrine hétérodoxe pour prétendument justifier théologiquement ces sociétés de l'homme, que j'ai appelée dans mes écrits la gnose chrétienne-laïque ; l'aboutissement hérétique de cette gnose sera "la civilisation de l'amour" promue et boostée surtout par Paul VI puis par Jean-Paul II (et maintenant par François, dans Fratelli tutti). Le point principal de cette gnose, c'est que, à la manière sangniériste, la vertu morale seule de l'homme, donc purement naturelle, est censée être suffisante pour mouvoir et faire vivre cesdites sociétés de l'homme dans la vertu, et, par-là, en finale, pour mériter surnaturellement le Ciel. Pie XII, dans tous ses scandaleux Noëls de guerre 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1944, va enseigner cette nouvelle doctrine aux fidèles avec un enthousiasme inouï qui fait vraiment honte, pour peu qu'on ait gardé la vraie Foi.
           
        Or, dans cette hérétique optique, la paix du monde et des nations par exemple, n'est plus donnée aux hommes par Dieu, ce sont les hommes prétendument devenus moralement adultes qui se la donnent à eux-mêmes, dans une mise en œuvre naturelle au moyen de laquelle ils peuvent désormais, à l'intérieur de chaque nation mais encore universellement entre tous les peuples de toutes les nations, vivre ensemble tout ce qui découle de cette paix mondiale, la justice, le bon droit, la dignité humaine, la fraternité universelle, la diversité dans l'unité, l'unité dans la diversité, etc. Rien n'est plus blasphématoire envers Dieu que cette gnose chrétienne-laïque, car Dieu, et Lui seul, peut donner à l'homme la grâce de vivre sociopolitiquement en paix avec son prochain, mais voilà ce que l'homme moderne n'est absolument plus capable de comprendre, et pas plus les papes modernes, qui ont épousé sa perversion. C'est pourquoi l'Apôtre des nations fulmine violemment l'anathème sur cette prétention de l'homme de se donner la paix du monde par lui-même, qui était le péché des hommes antiques voulant ériger la tour de Babel, en ces termes : "Quand les hommes diront «Paix & Sécurité», subitement la catastrophe les saisira comme les douleurs prennent la femme qui va enfanter, et ils n'échapperont pas" (I Thess V, 3).            
           
        Or donc, bien sûr, l'acte de Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie frappe de plein fouet cette gnose chrétienne-laïque par laquelle l'homme prétend se donner la paix à lui-même et à son prochain, gnose pontificalement adoptée fougueusement par les papes modernes, et très-singulièrement par Pie XII : c'est en effet un acte qui est l'expression formelle de la doctrine orthodoxe chrétienne-sacrale par laquelle c'est Dieu qui donne la grâce surnaturelle de la paix à une nation, en l'occurrence la Russie, et non pas l'homme. Alors, c'est l'un ou l'autre, soit c'est l'homme qui se donne lui-même la paix du monde (gnose chrétienne-laïque), soit c'est Dieu qui donne au monde cette paix (doctrine chrétienne-sacrale). Gnose hétérodoxe et doctrine orthodoxe sont antinomiquement opposées entre elles du tout au tout, et s'anéantissent réciproquement radicalement, ne pouvant pas plus coexister ensemble que l'eau et le feu. Pie XII comprit tout-de-suite que la Consécration de la Russie, acte chrétien-sacral, anéantissait par le fait même sa gnose chrétienne-laïque, à laquelle il adhérait ardemment et qu'il travaillait dur comme fer ou plutôt comme l'enfer, à vouloir répandre le plus possible dans le monde chrétien, avec, nous allons le voir tout-de-suite, un enthousiasme délirant et complètement déjanté. C'est pourquoi on le voit mettre un point d'arrêt brutal et se voulant définitif à la Consécration de la Russie, et ses successeurs sur le Siège de Pierre eux aussi convertis, et de plus en plus, à la gnose chrétienne-laïque, en feront autant sinon pire. De la même manière que l'évêque Cauchon était frappé de plein fouet dans son démocratisme conciliariste chrétien-laïque avant la lettre par "l'appel au pape" chrétien-sacral que sainte Jeanne d'Arc faisait de sa cause, la Consécration de la Russie, acte chrétien-sacral frappait de plein fouet la gnose chrétienne-laïque adoptée par les papes modernes à partir de Pie VII.
  
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        Mais lisons Pie XII, dans son Noël 1944, pour bien comprendre et se rendre compte à quel point son esprit est complètement infesté, infecté, de cette nouvelle doctrine, cette gnose chrétienne-laïque. Il va y appeler très-ardemment de tous ses vœux pontificaux cette paix mondiale que les hommes créent, se donnent à eux-mêmes, dans des instances internationales qu'ils érigent eux-mêmes démocratiquement et qui seront in fine le substrat du pouvoir de l'Antéchrist-personne (je tire la citation suivante de mon Traité de la religion royale française ou le vrai visage de Clovis, aux pp. 265, sq.) :
           
        "... Pie XII, à la fin de la guerre, ne se retient plus. Dans cette dernière allocution urbi & orbi, immédiatement après un petit préambule sur l’espérance surnaturelle apportée par Noël dans les âmes, le pape ose en faire abruptement l’application à l’avènement du... nouvel ordre international, que fait miroiter la prochaine création de l’ONU dont tout le monde parle : «Aurore d’espérance.— Béni soit le Seigneur ! Des lugubres gémissements de la douleur, du sein même de l’angoisse déchirante des individus et des pays opprimés, se lève une aurore d’espérance. Dans une partie toujours croissante de nobles esprits [...?], surgissent une pensée, une volonté de plus en plus claire et ferme : faire de cette guerre mondiale, de cet universel bouleversement, le point de départ d’UNE ÈRE NOUVELLE POUR LE RENOUVELLEMENT PROFOND, LA RÉORGANISATION TOTALE DU MONDE. À cet effet, tandis que les armées continuent à s’épuiser en luttes meurtrières, avec des moyens de combat toujours plus cruels, les hommes de gouvernement, représentants responsables des nations, se réunissent pour des conversations, pour des conférences, en vue de déterminer les droits et les devoirs fondamentaux sur lesquels devrait être reconstruite une communauté des États, de tracer le chemin vers un avenir meilleur, plus sûr, plus digne de l’humanité. Antithèse étrange, cette coïncidence d’une guerre dont l’âpreté tend au paroxysme, et du remarquable progrès des aspirations et des projets vers une entente pour une paix solide et durable ! On peut bien discuter sans doute la valeur, l’applicabilité, l’efficacité de tel ou tel projet, le jugement à porter sur eux peut bien rester en suspens ; MAIS IL N’EN RESTE PAS MOINS VRAI QUE LE MOUVEMENT EST EN COURS [ce dont Pie XII ose se réjouir...]».
           
        "Puis, on voit Pie XII exalter le principe de «l’unité du genre humain et de la famille des peuples» : «De la reconnaissance de ce principe dépend l’avenir de la paix. Si cette exigence morale trouvait sa réalisation dans une société des peuples qui saurait éviter les défauts de structure et les faiblesses des solutions précédentes [Pie XII fait là allusion à la défunte SDN], alors, la majesté de cet ordre réglerait et dominerait également les délibérations de cette société et l’application de ses moyens de sanction. Pour la même raison, on comprend que l’autorité d’une telle société des peuples devra être réelle et effective sur les États qui en sont les membres, de manière pourtant que chacun d’entre eux conserve un droit égal à sa souveraineté RELATIVE [Comprenons bien l'incroyable, l'inouï propos de Pie XII : il déclare là, ni plus ni moins, aboli l'économie du Temps des nations, et milite de toutes ses forces pour que soit mis en place ce qui doit la remplacer, une nouvelle économie pseudo-millénariste où tous les peuples se gèreront démocratiquement ensemble et entre eux, autrement dit, c'est carrément vouloir "changer les temps et les lois" comme prophétisait Daniel de ce que voudra faire l'Antéchrist-personne ; car dire de la souveraineté qu'elle ne doit plus être que relative, c'est la supprimer tout simplement, et donc supprimer la nation elle-même qui ne peut vivre et exister que par sa souveraineté absolue, sinon rien : la souveraineté en effet, comme d'ailleurs le dit très-bien l'étymologie du mot, est absolue ou... n'existe pas ; parler d'une souveraineté relative, c'est un oxymore puissant mais surtout absurde ; mais Pie XII, dans tous ses Noëls de guerre, est tellement enthousiasmé et entiché de sa gnose chrétienne-laïque, nouvelle économie de salut politique internationale basée sur un pseudo-Millenium de nature antéchristique, qu'il ne voit même plus l'absurdité de son propos...]. C’est seulement de cette manière [... donc : en supprimant la souveraineté pleine et entière des États-nations !!] que l’esprit d’une saine [!!!] démocratie pourra pénétrer également dans le domaine vaste et épineux de la politique extérieure».
           
        "Et Pie XII de conclure le radio-message de Noël 1944, par ce que l’on peut appeler son idée fixe en matière de politique internationale, à laquelle il se dit attachée... plus que personne : «Formation d’un organisme commun pour le maintien de la paix.— Les décisions connues jusqu’ici des Commission internationales [celles qui aboutiront, suivez le guide pontifical, aux... très-maçonniques accords de Yalta !] permettent de conclure qu’un point essentiel de tout aménagement futur du monde serait la formation d’un organisme pour le maintien de la paix ; d'un organisme investi de commun accord d’une autorité suprême [... Comme s'il était au pouvoir de l'homme de s'autorevêtir d'une autorité légitime suprême pour régler la paix du monde, pouvoir qui n'appartient qu'à Dieu et à Lui seul !!! Et c'est le pape qui ose s'accoupler à un tel projet impie qui était celui des hommes de la tour de Babel et qui sera demain celui de l'Antéchrist-personne lui-même !!!] et qui aurait aussi dans ses attributions d’étouffer dans son germe toute menace d’agression isolée ou collective.
           
        "PERSONNE ne pourrait saluer cette évolution AVEC PLUS DE JOIE que celui [le pape Pie XII ici veut se nommer] qui a défendu DEPUIS LONGTEMPS le principe que la théorie de la guerre comme moyen apte et proportionné de résoudre les conflits internationaux, EST DÉSORMAIS DÉPASSÉE [… Ah bon ?! Nous sommes donc, ô pape inconséquent et irréfléchi, dans une nouvelle économie de salut ?? Là encore, comme pour l’unité des peuples, la paix universelle entre les peuples est une réparation des effets du péché originel que SEUL Dieu peut opérer en instaurant le Millenium... SEUL Dieu peut engendrer une nouvelle économie de salut où les effets collectifs du péché originel seront abolis dans l’humanité : voyez comme les gens de la tour de Babel ont été punis d’avoir voulu réparer par eux-mêmes les effets du péché originel ! Il y a donc là, dans ces propos pontificaux incroyables, un orgueil et une impiété inqualifiables, inconcevables, de la part d’un… pape !!!, qui épouse carrément l'impiété et l'orgueil qui sera celui de l'Antéchrist-personne, avec un enthousiasme affiché dont se glorifie impudemment l'indigne pape, mettant sa gloire dans ce qui fait sa honte, qui fait frémir de sainte-colère, de la part d'un... pape :], (...) PERSONNE ne saurait souhaiter plus ardemment plein et heureux succès à cette collaboration commune, qui est à entreprendre avec un sérieux d'intention inconnu jusqu'ici, que celui [Pie XII] qui s'est employé consciencieusement à amener la mentalité chrétienne et religieuse à réprouver la guerre moderne et ses monstrueux moyens de lutte. (...) Et si s’ajoute la menace d’une intervention juridique des nations et d’un châtiment infligé à l’agresseur par la Société des États, en sorte que la guerre se sente toujours sous le coup de la proscription et toujours sous la surveillance d'une action préventive, alors l’humanité pourra sortir de la nuit obscure où elle est restée si longtemps submergée [... quel lyrisme châteaubriandesque !] ; elle pourra saluer l’aurore d’une nouvelle et meilleure époque de son histoire.
           
        "(...) Il y a une chose que Nous savons, c’est que le moment viendra, et peut-être plus tôt qu’on ne pense, où les uns et les autres reconnaîtront que, tout considéré, il n’y a qu’un moyen de sortir du réseau embrouillé dans lequel la lutte et la haine ont enlacé le monde, c’est le retour à une solidarité trop longtemps oubliée, à une solidarité ne se limitant pas à tels ou tels peuples, mais universelle, fondée sur la connexion intime de leurs destinées et sur les droits qui appartiennent également à chacun d’eux [... Mon Dieu, mon Dieu !, mais quelle fougue ! mais quel enthousiasme ! mais quelle ferveur non-dissimulée ! mais quel éclat illuminé dans cet œil pontifical FIXÉ SUR LA CHIMÈRE DU RÈGNE DE L'ANTÉCHRIST-PERSONNE]" (fin de citation).
           
        Et hélas, ce Noël 1944 n'est pas, de la part de Pie XII, une sorte de lapsus calami, un enthousiasme délirant de passage dû au soulagement que procurait le sortir de l'atroce deuxième guerre mondiale, hélas non, c'est exactement tout le contraire qui est vrai : dans ce point d'orgue du Noël 1944, Pie XII ne faisait que dire sans voile ce qu'il suggérait déjà dans TOUS ses Noëls de guerre 1939, 1940, 1941, 1942, 1943 et donc 1944, comme étant sa pensée la plus profonde, six allocutions péniblement humanistes et déjà pro-antéchristiques, proposant aux peuples, à toutes les nations, d'ériger par voie juridique internationale et dans l'entente cordiale de tous, une Société de justice et de paix, pure création humaine sans le Christ au fronton de l'édifice humain ainsi créé, à la première place. D'ailleurs, on vient de le lire, le pape Pie XII ne manque pas d'insister lui-même sur le fait que c'est "depuis longtemps" qu'il milite pour une nouvelle économie de salut sociopolitique internationale où la paix humaine sera garantie par voie... humaine, juridique et morale (pour un approfondissement de la perversion des idées pontificales quant à la gnose chrétienne-laïque, cf. l'exposé détaillé que j'en ai fait, de Benoît XV à Paul VI, aux pp. 27 à 56 de mon article L'Antéchrist-personne devant clore notre fin des temps sera-t-il... le dernier pape LÉGITIME de l'Église catholique ?, au lien suivant : http://eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/AntechristDernierPapeLEGITIMEMisEnForme.pdf).
           
        L'on peut beaucoup mieux comprendre, à présent, pourquoi le pape Pie XII éprouva une véritable haine idéologique mortelle contre la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, acte éminemment chrétien-sacral qui pourfendait d'outre en outre, par le fait même, ipso-facto, la gnose chrétienne-laïque du pape, qu'il avait pris à mauvaise tâche de mettre en oeuvre dans le monde...
  
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        Mais, après une percée jusqu'en 1952, reprenons à présent le fil chronologique de l'Histoire, et profitons-en pour faire le point. La première période de la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie demandée par Notre-Dame de Fatima, qui se déroule de 1917 jusqu'en 1945, fin de la deuxième guerre mondiale, est maintenant définitivement close. Elle se subdivise en trois parties, 1917-1929, 1929-1939, 1939-1945, et toutes les trois ont pour cadre la deuxième guerre mondiale comme seul objet formel de la Consécration : de 1917 jusqu'à 1939, c'est pour l'"empêcher", puis, une fois déclenchée en 1939, c'est, jusqu'en 1945, pour la raccourcir.
           
        Nous allons maintenant rentrer dans la période suivante, étudier ensemble une toute autre période où la Consécration demandée n'a plus du tout pour objet d'empêcher ou de raccourcir la deuxième guerre mondiale, puisqu'aussi bien elle est désormais passée et trépassée, mais de sauver la Russie et, subséquemment, le monde entier derrière elle. C'est la période qui s'étale de 1945 jusqu'en 1989, c'est-à-dire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'à la chute du mur de Berlin qui voit l'effondrement de l'URSS soviétique, viscéralement marxiste-léniniste, période dite de la guerre froide.
 
 
À suivre, dans la seconde page :
La Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie :
Une demande désormais obsolète, dépassée ?
À laquelle la paresse spirituelle des chrétiens continue à croire,
papes modernes y compris ?
(2)
 
 
 
 
11-04-2022 09:21:00
 

Réflexions sur le nazisme universel contemporain, encore dit démocratie universelle

 
 
 
Réflexions sur le nazisme universel contemporain,
encore dit démocratie universelle
 
 
        Henri ou Hendrick de Man (1885-1953) est un homme politique belge qui, juste après la seconde guerre mondiale, écrivit un ouvrage Au-delà du nationalisme (1946), que je lus il y a une vingtaine d'années environ, voire plus. Il s'agit là pratiquement de son testament politique. De Man, qui fut plusieurs fois ministre du roi Léopold III, quoique doctrinaire socialiste très-ancré cependant que de très-excellente motivation dans tout son parcours politique, n'était pas n'importe qui. Un de ses compagnons de lutte politique, Paul-Henri Spaak, ne put s'empêcher de dire de lui, à sa mort inattendue, atroce et brutale (un accident affreux ; son automobile coincée dans les rails d'un passage à niveau non-signalé fut broyée par une locomotive), qu'il était "l'un des rares hommes qui, en quelques occasions, m'a donné la sensation du génie".
  
 
Enri de Man
Henri de Man (1885-1953)
             
        La sensation du génie. C'est précisément ce que je ressentis fortement, dans un passage de son livre susdit, qui était une suite développée d'un premier livre qu'il avait écrit en pleine guerre Réflexions sur la paix (1942), passage en effet si génial et qui me marqua si fort l'esprit que jamais je ne pus l'oublier depuis. Il y exposait ceci, en substance : les démocraties modernes n'ont vaincu le nazisme seulement qu'en intégrant son totalitarisme doctrinal dans leurs propres fondements et mœurs politiques, et pas du tout en l'anéantissant radicalement. De Man va même plus loin encore, dans d'autres parties du livre, en soutenant, à fort juste titre nous allons le voir, que les démocraties post-révolutionnaires modernes ont déjà en elles-mêmes le germe du fascisme, dans leur sein. Dès lors donc qu'au cours de l'Histoire, elles "rencontrent" le fascisme ad extra, comme c'est arrivé avec le régime hitlérien, ces germes ad intra en elles, à ce contact, ne peuvent qu'eux aussi s'en épanouir explicitement ad extra.
           
        Mais, quant à sa première assertion que je viens de résumer en gras, voici son texte exact, avec ses propres mots : "On étonnera sans doute beaucoup de gens en disant que la fin de cette guerre [39-45] a été marquée, en même temps, par l'extermination des puissances fascistes et par le triomphe du fascisme [en tant que doctrine, veut dire de Man]. Pourtant, ce n'est pas, hélas ! une simple boutade. Le vrai, c'est que la partie du monde qui a mené la guerre antifasciste n'a pu la gagner qu'en devenant elle-même fasciste sans le savoir. Il n'y a plus de fascistes nulle part ou presque, mais le fascisme est partout ― même et surtout dans l'antifascisme.
           
        "(...) Dès 1942, un auteur anglais, E. H. Carr, dans un livre retentissant sur les Conditions de la Paix, marqua certaines analogies fort instructives en écrivant : «Ce fut la défaite de Napoléon et non sa victoire qui assura le triomphe définitif de la Révolution, dont il avait si efficacement semé les idées... Hitler, comme Napoléon, n'a pu remporter ses succès qu'au moyen de méthodes de domination militaire et d'oppression universelle qui ne peuvent être de longue durée. Sa tâche est primairement et essentiellement dissolvante. Il n'est révolutionnaire que dans un sens négatif ; et un ordre nouveau ne peut naître que par sa défaite». Pour les gens clairvoyants ― peu nombreux il est vrai ― cette dernière phrase faisait, dès cette époque, figure de prophétie. On voit bien mieux maintenant comment, et pourquoi, elle est en passe de se vérifier.
           
        "(...) Car enfin, quels résultats dès à présent certains l'écrasement des États totalitaires en Europe a-t-il entraînés ?
           
        "Pour l'établir, essayons de regarder en face les réalités, sans nous laisser induire en erreur par les discours et les slogans de propagande, qui ne servent souvent, même à l'insu de leurs auteurs, qu'à déguiser la vérité.
           
        "Et d'abord, constatons qu'afin de vaincre leurs adversaires, les grandes puissances alliées ont dû leur emprunter, pour la conduite de la guerre, le plus clair de leurs méthodes : la guerre-éclair, les bombardements aériens massifs, la mobilisation civile, bref tous les traits caractéristiques de la guerre totalitaire. Et comme pour confirmer que le totalitarisme et l'autoritarisme sont inséparables, ils ont dû, eux aussi, étendre dans une mesure sans précédent l'ingérence de l'État dans tous les domaines de la vie, depuis l'économie jusqu'à l'activité intellectuelle. Pour y arriver et pour coordonner leur action dans le secret qu'exige la préparation des actes de guerre, les grands États se virent en outre amené à accorder, à leurs chefs élus, des pouvoirs extraordinaire presque aussi étendus, dans la pratique, que ceux des gouvernements autoritaires, et basés tout autant sur leur prestige personnel et direct auprès des masses. L'opinion publique elle-même, sans laquelle aucun revirement ultérieur n'est imaginable, a été profondément influencée et modifiée par les conséquences morales de la guerre totalitaire. Le vrai triomphe du fascisme qui s'est ensuivi est dans les esprits plus encore que dans les institutions ; et c'est là que réside principalement le danger pour l'avenir" (Au-delà du nationalisme, ch. II - Liquidation ou triomphe du fascisme ? - L'alchimie de l'Histoire, pp. 57-60).
       
European Union Debates Abolishing the Nuremberg Code Trying to Pre Empt Their Arrest for Crimes Against Humanity 2
           
        ... Réflexions tout-à-fait remarquables ! Et dont on voit bien, à présent, dans la crise covidienne actuelle, toute la profonde justesse, une forme totalitaire... nazie étatique, très-virulente, brutale, moralement homicide et très-agressive, prétendument sanitaire mais à épeler et prononcer nazitaire, surgissant en effet dans cette crise tout soudainement et tout naturellement, telle fille de sa mère, du sein même d'absolument toutes les... démocraties du monde entier, faisant chorus toutes ensembles dans un incroyable unisson, comme un seul homme. Ce qui signifie et révèle avec une grande évidence, par les faits contre lesquels on n'argumente pas, que la démocratie universelle actuelle a donc en elle-même un élément fondamental... nazi.
           
        Et c'est pourquoi il ne faut pas s'étonner de voir Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne chapeautant technocratiquement les démocraties européennes, militer, en décembre dernier, sous des dehors faussement prudentiels et très-hypocrites, pour la vaccination obligatoire universelle ARNm, même si, pour l'instant, elle renvoie la décision finale au libre choix des nations (... rappelons que le mari d'Ursula, Heiko von der Leyen, est, depuis décembre 2020, directeur de la société de biotechnologie américaine Orgenesis qui se spécialise dans la recherche médicale incluant les thérapies cellulaires et géniques... vous avez dit 2020 ? vous avez dit génique ?).
           
        Or, la vaccination obligatoire universelle ARNm est un attentat direct et formel contre le code de Nuremberg antinazi. Ursula n'a certes pas demandé explicitement l'abolition dudit code, qui mettait un salutaire rempart au viol nazi du droit fondamental de l'homme quant à l'encadrement éthique des expérimentations médicales sur les humains (ce qui cible en plein la nouvelle expérimentation de laboratoire des "vaccins" ARNm sur les populations du monde entier), n'appelant pas à son abrogation juridique comme des esprits trop pressés l'ont dit, mais, en vérité, elle n'avait nul besoin de le faire pour commettre un attentat nazi formel contre ledit code de Nuremberg ! Il lui suffisait juste de faire la promotion de la vaccination obligatoire universelle ARNm dans les nations européennes, ce qu'elle a fait, pour commettre cet attentat ! Elle a en effet très-clairement voulu initier dans lesdites nations une "discussion" sur la vaccination obligatoire universelle ARNm, pour aboutir à "une action commune", poussant donc à ce que les démocraties européennes reprennent "la tradition nazie" de supprimer purement et simplement le droit fondamental de tout homme au libre choix d'accepter ou de refuser d'être le sujet humain d'une nouvelle expérimentation médicale, en lui en imposant une de force, "les vaccins", au-dessus de sa tête, sans l'avoir aucunement consulté préalablement et encore moins en avoir obtenu son consentement (ce qui est directement attentatoire à l'art. 1 du code de Nuremberg).
           
        Mais dès lors que la vaccination obligatoire universelle ARNm serait nazitairement imposée, tout citoyen des démocraties européennes n'existerait véritablement plus du tout en tant qu'homme libre, très-exactement donc comme dans les régimes fascistes, totalitaires. Surtout qu'en plus les démocraties ont bien pris soin, en parallèle, d'interdire pratiquement l'emploi de tout autre traitement non-expérimental que "les vaccins", quelqu'il soit (lesquels, tels les protocoles à partir d'Hydroxychloroquine ou d'Ivermectine, ont pourtant fait largement leurs preuves positives avec un succès bien plus grand que lesdits "vaccins", et en outre avec des effets secondaires tous connus et contrôlés depuis de nombreuses années, et infiniment moins graves que ceux constatés suite auxdits "vaccins").
           
        Par ailleurs, il est bon de préciser que le code de Nuremberg n'est pas dénué de tout élément juridique, comme ont voulu l'affirmer des pro-vaccins en brouillons un peu trop pressés ("Le code de Nuremberg est très régulièrement pris pour un texte déontologique ou éthique, mais il s’agit aussi d’un texte juridique : le procès des médecins [nazis] était en effet un procès de droit international" ― https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Nuremberg).
           
        Militer pour la vaccination obligatoire universelle ARNm, comme l'a formellement fait, quoique très-sournoisement, Ursula von der Leyen au nom de la Commission européenne qu'elle préside, c'est ipso-facto, c'est-à-dire par le fait même, attenter formellement au code de Nuremberg, et donc militer pour revenir à une "tradition nazie" contre laquelle ledit code avait établi une salutaire ligne rouge à ne franchir sous aucun prétexte. Cqfd.
           
        On en est facilement convaincu en prenant connaissance du texte même de ces dix articles déontologiques du code de Nuremberg, il n'est que de les lire pour s'apercevoir que la vaccination obligatoire universelle ARNm attente formellement à tous les dix, sans exception aucune !... :
           
        "La traduction moderne de référence du code de Nuremberg, faite depuis le texte du jugement, est la suivante pour les 10 articles :
           
        "1. ― Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel. Cela veut dire que la personne concernée doit avoir la capacité légale de consentir ; qu’elle doit être placée en situation d’exercer un libre pouvoir de choix, sans intervention de quelque élément de force, de fraude, de contrainte, de supercherie, de duperie ou d’autres formes sournoises de contrainte ou de coercition ; et qu’elle doit avoir une connaissance et une compréhension suffisantes de ce que cela implique, de façon à lui permettre de prendre une décision éclairée. Ce dernier point demande que, avant d’accepter une décision positive par le sujet d’expérience, il lui soit fait connaître : la nature, la durée, et le but de l’expérience ; les méthodes et moyens par lesquels elle sera conduite ; tous les désagréments et risques qui peuvent être raisonnablement envisagés ; et les conséquences pour sa santé ou sa personne, qui pourraient possiblement advenir du fait de sa participation à l’expérience. L’obligation et la responsabilité d’apprécier la qualité du consentement incombent à chaque personne qui prend l’initiative de, dirige ou travaille à l’expérience. Il s’agit d’une obligation et d’une responsabilité personnelles qui ne peuvent pas être déléguées impunément ; 
           
        "2. ― L’expérience doit être telle qu’elle produise des résultats avantageux pour le bien de la société, impossibles à obtenir par d’autres méthodes ou moyens d’étude, et pas aléatoires ou superflus par nature ;
           
        "3. ― L’expérience doit être construite et fondée de façon telle sur les résultats de l’expérimentation animale et de la connaissance de l’histoire naturelle de la maladie ou autre problème à l’étude, que les résultats attendus justifient la réalisation de l’expérience ;
           
        "4. ― L’expérience doit être conduite de façon telle que soient évitées toute souffrance et toute atteinte, physiques et mentales, non nécessaires ;
           
        "5. ― Aucune expérience ne doit être conduite lorsqu’il y a une raison a priori de croire que la mort ou des blessures invalidantes surviendront ; sauf, peut-être, dans ces expériences où les médecins expérimentateurs servent aussi de sujets ;
           
        "6. ― Le niveau des risques devant être pris ne doit jamais excéder celui de l’importance humanitaire du problème que doit résoudre l’expérience ;
           
        "7. ― Les dispositions doivent être prises et les moyens fournis pour protéger le sujet d’expérience contre les éventualités, même ténues, de blessure, infirmité ou décès ;
           
        "8. ― Les expériences ne doivent être pratiquées que par des personnes scientifiquement qualifiées. Le plus haut degré de compétence professionnelle doit être exigé tout au long de l’expérience, de tous ceux qui la dirigent ou y participent ;
           
        "9. ― Dans le déroulement de l’expérience, le sujet humain doit être libre de mettre un terme à l’expérience s’il a atteint l’état physique ou mental dans lequel la continuation de l’expérience lui semble impossible ;
           
        "10. ― Dans le déroulement de l’expérience, le scientifique qui en a la charge doit être prêt à l’interrompre à tout moment, s’il a été conduit à croire — dans l’exercice de la bonne foi, de la compétence du plus haut niveau et du jugement prudent qui sont requis de lui — qu’une continuation de l’expérience pourrait entraîner des blessures, l’invalidité ou la mort pour le sujet d'expérience" (Wikipedia, au lien Internet ci-dessus).
           
        Est-il nécessaire de faire remarquer qu'il n'est même pas besoin d'avoir son certificat d'études primaires pour comprendre que la vaccination obligatoire universelle à partir de la nouvelle expérimentation de laboratoire ARNm attente peu ou prou à chacun et à l'ensemble de ces dix points du code de Nuremberg, sans exception, surtout en ce qui concerne le consentement libre du vacciné...? Ce qui signifie qu'elle reprend "la tradition nazie" en la matière ?
 
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        Mais approfondissons un peu l'éclairant parallèle qu'établit Henri de Man entre les méthodes nazies et celles démocrates, parfaitement similaires, et ce, dès la seconde guerre mondiale, ce que de Man vit tout-de-suite, par un génie politique vraiment visionnaire. C'est peu dire que ce parallèle jette une lumière fulgurante sur la crise covidienne actuelle, traitée par tous les gouvernements démocrates selon la plus stricte méthode nazie, brutale, moralement homicide et viscéralement attentatoire aux droits les plus fondamentaux de la personne humaine, ce qui se passe avec les camionneurs canadiens d'Ottawa, au moment où j'écris ces lignes, ne l'illustrant que trop bien.
           
        Première comparaison avec les méthodes nazies : la guerre totalitaire. "Et d'abord, constatons qu'afin de vaincre leurs adversaires, les grandes puissances alliées ont dû leur emprunter, pour la conduite de la guerre, le plus clair de leurs méthodes : la guerre-éclair, les bombardements aériens massifs, la mobilisation civile, bref tous les traits caractéristiques de la guerre totalitaire". Macron, dit l'Emmanuel, l'Autre avec nous, a commencé par poser que la crise covidienne était une situation de guerre. "Nous sommes en guerre". Et l'État démocratique français, après quelques atermoiements et hésitations de départ, a très-rapidement mené cette "guerre-éclair" contre le Covid de manière nazie, totalitaire, ainsi que, d'ailleurs, remarquons-le avec soin, tous les autres États dits démocratiques de la planète terre l'ont fait identiquement comme lui, peu ou prou, d'une seule voix et comme un seul homme, sans aucune fausse note. Nous avons eu droit en effet aux "bombardements massifs", à répétitions et de plus en plus rapprochées, de "vaccins" et de "rappels de vaccins", et à la "mobilisation civile" de tous les citoyens pour que ces "bombardements vaccinaux" touchent le plus de monde possible. La palme d'honneur de tous ces gouvernements démo-nazis semble devoir revenir à l'Autriche ou à l'Azerbaïdjan qui ont été jusqu'à imposer la vaccination obligatoire universelle à toutes leurs populations indistinctement, même aux enfants à partir de cinq ans (là, c'est carrément la bombe atomique sur Hiroshima), ou peut-être au Canada, décrétant les jours derniers l'état d'urgence par l'Autre avec nous canadien, Justin Trudeau, osant traiter de terroristes, en petit satan qui jette son péché sur qui le lui dénonce justement, ceux qui résistent courageusement aux diktats nazis d'un seul traitement "vaccinal" unique et obligatoire, totalitaire, ce qui est là le seul VRAI terrorisme.
           
        Mais restons en France. Le gouvernement Macron a commencé par interdire rigoureusement l'emploi des protocoles Ivermectine et Hydroxychloroquine, mentant sataniquement au peuple français en les réputant dangereux pour la santé, ... alors que c'est juste le contraire qui est vrai !, puis, ensuite, il a imposé totalitairement un seul et unique traitement, le prétendu "vaccin" qui n'est qu'une "thérapie" génique d'apprentis-sorciers au stade expérimental sur des cobayes du monde entier, en se contrefichant totalement de l'impact négatif qu'ils peuvent avoir sur leur santé et de la potentielle mise en danger de leur pronostic vital, à la mode nazie des camps de concentration qui ne considérait pas ces cobayes comme des personnes humaines (sans compter que certains composants de ces produits sont sans doute déjà des têtes de pont pour trans-humaniser les vaccinés...). Et ce n'est pas de la faute du gouvernement Macron si les français ont échappé de fort peu à la vaccination obligatoire universelle, qu'il avait bel et bien dans ses petits cartons de programmer tôt ou tard (elle ne fut appliquée nazitairement qu'aux personnels soignants élargis, sans aucun égard pour ces "héros discrets" qu'ils avaient hypocritement applaudi bruyamment et publiquement dans la première vague de la pandémie), c'est juste parce que le Covid perd de sa virulence plus le temps passe.
           
        "Nous sommes en guerre". Guerre-éclair contre le Covid, avec bombardements vaccinaux massifs sur le plus possible de populations, et mobilisation civile de tous pour la réussite maximale de ces bombardements, guerre totalitairement, nazitairement menée, donc, par toutes les démocraties universelles.
           
        Deuxième comparaison avec les méthodes nazies que retient notre génial visionnaire belge : l'autoritarisme. "Et comme pour confirmer que le totalitarisme et l'autoritarisme sont inséparables, ils ont dû, eux aussi, étendre dans une mesure sans précédent l'ingérence de l'État dans tous les domaines de la vie, depuis l'économie jusqu'à l'activité intellectuelle". Dieu sait assez si nous avons connu cela, depuis deux ans !! Après avoir scandaleusement foulé aux pieds le droit fondamental du citoyen au libre choix d'accepter ou de refuser d'être le sujet-cobaye de la nouvelle expérimentation médicale ARNm, le régime démo-nazi d'Emmanuel Hitler a édicté des prescriptions s'insinuant jusque dans l'intime de la vie du citoyen, à suivre obligatoirement par toute la population sous peine de très-fortes amendes voire d'emprisonnement en cas de récidive, interdiction de circuler au-delà d'un périmètre très-restreint, confinement dans les maisons, télétravail, port du masque, puis pass sanitaire créant ipso-facto une étoile jaune pour ceux qui ne le possèdent pas, transmué très-rapidement en pass vaccinal, et haro sur qui en fabrique des contrefaçons, mesures financières et policières très-drastiques à l'appui de ces diktats à la mise en oeuvre très-surveillée, exactement comme sous le régime nazi 1.0, etc., et j'en passe ! Toutes mesures, faut-il le faire remarquer, pénétrant de force jusque dans l'intime et le vital social et professionnel puis le vital tout court de la vie de tout homme, "dans tous les domaines de la vie, depuis l'économie jusqu'à l'activité intellectuelle" de tout citoyen démocratique, dès lors traité en citoyen radicalement nazifié, totalitairement privé de sa liberté fondamentale...
           
        Troisième élément de comparaison retenu par Henri de Man : "Les grands États se virent en outre amené à accorder, à leurs chefs élus, des pouvoirs extraordinaire presque aussi étendus, dans la pratique, que ceux des gouvernements autoritaires, et basés tout autant sur leur prestige personnel et direct auprès des masses". Ah !, le prestige des chefs "légitimes" de la démocratie et de la démocratie elle-même auprès des peuples modernes ! Qui, de nos jours, parmi nos contemporains, oserait mettre publiquement en question la validité du pouvoir politique des États démocratiques, et singulièrement de celui du président de la République ? Qui oserait remettre en cause "les pouvoirs extraordinaires" qu'ils se sont attribués dans la crise covidienne ? Celui-là, qui, à partir d'un poste d'autorité politique quelconque, oserait le faire (comme je le fais moi-même en tant que simple français dans tous mes écrits sur le sujet en déclarant invalides et illégitimes tous les gouvernements démocratiques actuels et leurs chefs), serait immédiatement jeté par tous, chefs et peuples confondus d'accord comme un seul homme, à la vindicte générale comme un affreux rat noir. Et voilà, justement, où se situe fondamentalement le nazisme dans les démocraties actuelles !! D'abord et essentiellement dans "les esprits" de tous, chefs et peuples, beaucoup plus que dans les Institutions politiques. Malheur à qui ose porter atteinte "au prestige personnel et direct auprès des masses" des chefs de la démocratie et de la démocratie elle-même. Exactement comme sous Hitler, celui qui, dans l'Allemagne à partir de 1933, disait publiquement son désaccord avec le Führer ou le nazisme risquait les pires sévices, souvent de ses plus proches voisins ou concitoyens, voire l'assassinat brutal, état d'esprit collectif nazi 1.0 dont témoigne par exemple l'histoire édifiante du martyr Franz Jägerstätter que j'ai relatée dans un de mes articles (cf. https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/face-a-l-eglise-romaine-concordatairement-prostituee-au-iiieme-reich-d-adolf-hitler-un-heros-discret?Itemid=154).
           
        Car ce ne sont pas seulement les gouvernements démocratiques actuels qui sont nazifiés, les peuples sont eux aussi complètement contaminés, infestés, de nazisme. Ils adorent, ou, à un degré légèrement moindre, idolâtrent, l'État-Providence que se veut être tout État totalitaire envers le citoyen, y sacrifiant de bon cœur leur liberté à la prétendue sécurité que l'État démo-nazi fait miroiter devant leurs yeux hypnotisés et leurs regards moralement répugnants plus encore que lamentables (comme disait Léon Bloy : "La pitié que j'éprouve pour mes contemporains ne peut éteindre en moi la colère que je ressens envers eux, parce qu'elle est fille d'un pressentiment infini" ; ce pressentiment infini dont parle Léon Bloy est celui du prophète qui voit le rejet de Dieu et de tout ce qui rappelle Dieu dans l'attitude de ses contemporains). Et c'est pourquoi Schwab, doctrinaire de l'Autre avec nous, a pu annoncer que le futur (proche) citoyen trans-humanisé et big-brothérisé, quoique ne possédant plus rien dans ce très-bas monde lorsque le nazisme intégral sera advenu, ni sa voiture ni sa maison ni son argent ni sans doute même sa femme ni ses enfants, ni non plus et surtout sa propre personne humaine, n'en sera pas moins un citoyen heureux, il sera heureux d'être esclave de la Matrice, du nazisme intégral et de sa vie de zombie sous le roi des zôtres.
           
        Quatrième point. Et c'est pourquoi Henri de Man est parfaitement fondé à continuer sa comparaison entre le démocratisme et le nazisme par son point 4., ainsi rédigé : "L'opinion publique elle-même, sans laquelle aucun revirement ultérieur n'est imaginable, a été profondément influencée et modifiée par les conséquences morales de la guerre totalitaire. Le vrai triomphe du fascisme qui s'est ensuivi est dans les esprits plus encore que dans les institutions ; ET C'EST LÀ QUE RÉSIDE PRINCIPALEMENT LE DANGER POUR L'AVENIR". C'est bien là en effet qu'il réside, l'effroyable danger, qui fera, in fine, advenir le règne de l'Antéchrist-personne, de l'Autre parmi les hommes ("Je suis venu au Nom de mon Père, et vous ne M'avez pas reçu ; qu'un Autre vienne en son propre nom, et vous le recevrez" ― Jn V, 43). Mais une fois ce règne du nazisme intégral ouvert avec l'Autre à sa tête, nous ne serons plus dans le politique, nous serons dans l'apocalyptique, dans l'eschatologique, les causes secondes laissant soudain la place à la Cause première ou fins dernières de l'homme, où tout être humain sera obligé de mettre en jeu son salut éternel, et alors "Que donnera l'homme en échange de son âme ? Car [pour terrasser le très-éphémère règne de l'Antéchrist-personne à base de nazisme intégral] le Fils de l'homme viendra dans la gloire de Son Père avec Ses Anges, et alors Il rendra à chacun selon ses œuvres" (Matth XVI, 26-27).
           
        En fait, les chefs démo-nazis actuels ne sont si puissants dans leur nazisme que précisément parce que "les esprits" des peuples y sont eux-mêmes endoctrinés, y ayant déjà acquiescés intérieurement, activement, consciemment, ou bien plus ou moins inconsciemment, passivement, par lâche mimétisme de leurs contemporains. Mais de toutes façons, y acquiesçant tous de bon cœur, pour être heureux dans le monde démo-nazinon plus en homme heureux mais en esclave heureux.
           
        J'ai cité par exemple tout-à-l'heure l'incroyable atteinte au droit fondamental de tout homme que constitue la volonté nazie ouvertement et publiquement manifestée par l'actuelle Commission européenne de passer au four crématoire le code de Nuremberg quant au libre choix par tout citoyen d'accepter ou de refuser une nouvelle expérimentation médicale, puisqu'elle milite pour la vaccination obligatoire universelle ARNm directement opposée à cedit droit et à cedit code. C'est un excellent test. Normalement, si "les esprits" des populations européennes n'étaient pas imbibés et imprégnés voire possédés jusqu'à la moelle par le nazisme, cette très-grave atteinte nazie que constitue la vaccination obligatoire universelle ARNm audit libre choix, que pourtant les démocraties occidentales avaient pris à cœur au sortir de la guerre hitlérienne de défendre bec et ongles justement dans ce code de Nuremberg, aurait dû faire jaillir immédiatement dans tous les grands medias européens une immense clameur, une levée de boucliers, une réprobation générale et des plus scandalisées ! Mais non, point, point, rien de tout cela n'est arrivé, ... Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?, éh bien non elle n'a rien vu venir, il n'y a eu strictement aucune réaction scandalisée de qui que ce soit ayant pignon médiatique sur rue contre la vaccination obligatoire universelle ARNm, sauf sans doute dans quelques rares medias contrerévolutionnaires fort peu consultés, s'exprimant quasi sous cape et en tous cas pas sur cape. Tout s'est passé dans le grand public, ... et c'est presque incroyable !, comme si cette menace de suppression nazie d'un droit fondamental de l'homme et du citoyen que constitue en soi la vaccination obligatoire universelle ARNm était tout ce qu'il y a de plus normale !...
           
        Ce qui montre précisément à quel point affreux de nazification "les esprits" des peuples européens sont actuellement rendus ; d'où le pouvoir sociopolitique qui semble invincible, justement, des chefs nazifiés sur des peuples eux aussi nazifiés.
 
 
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        Les démocraties modernes n'ont vaincu le nazisme seulement qu'en intégrant son totalitarisme doctrinal dans leurs propres fondements et mœurs politiques, et pas du tout en l'anéantissant radicalement. C'est ainsi que j'ai commencé cet article en résumant la pensée fulgurante d'Henri de Man. Le verbe "intégrer", que j'ai choisi à dessein pour traduire au plus serré sa pensée de fond, exprime fort bien, il me semble, la manière dont les démocraties actuelles ont "vaincu" le nazisme mais sans aucunement le détruire, en l'intégrant tout au contraire dans leurs fondements et mœurs. Zoomons un peu sur la définition du verbe, pour bien comprendre le fond de la question. Le Larousse lui donne plusieurs sens, qui se complètent admirablement bien et permettent d'avoir une idée parfaite sur ce que signifie l'intégration du nazisme dans la démocratie lorsqu'il fut prétendument "vaincu" par elle en 1945. Tout d'abord, le dictionnaire donne la racine latine du verbe, qui révèle lapidairement son sens profond : integrare, rendre entier. Puis, il désenveloppe et explicite ledit sens fondamental, ainsi :
           
        "INTÉGRER. ―
           
        "1. Insérer quelque chose dans quelque chose, l'y incorporer, le faire entrer dans un ensemble : Intégrer un nouveau paragraphe dans un exposé. Synonymes : inclure, incorporer, insérer.
           
        "2. Placer quelque chose dans un ensemble de telle sorte qu'il semble lui appartenir, qu'il soit en harmonie avec les autres éléments : L'architecte a essayé d'intégrer ces maisons dans le site. Synonyme : fondre.
           
        "3. Faire que quelqu'un, un groupe, ne soit plus étranger à une collectivité, qu'il s'y assimile : L'école essaie d'intégrer à la classe les nouveaux venus.
           
        "4. Recevoir et comporter en soi un élément qui originellement était extérieur ou distinct : Pays qui a du mal à intégrer les travailleurs immigrés. Synonyme : assimiler" (dictionnaire Larousse).
           
        Le sens 2., surtout, rend formidablement bien la dynamique du processus de l'intégration du nazisme dans la démocratie post-nazie : les formes extérieures du nazisme intégrées à la démocratie, sont gommées, de façon à ce qu'il "semble lui appartenir", faire partie de la démocratie, "qu'il soit en harmonie avec les autres éléments" de la démocratie. Le sens 1. quant à lui met l'accent sur le fait que le nazisme est intégré dans la démocratie, tel qu'il est et existe, intégralement tout entier, avec armes et bagages si on peut se permettre de le dire ainsi, c'est-à-dire en corps doctrinal intégral. Quant au sens 3., il souligne le fait que le caractère étranger du nazisme par rapport à la démocratie, est radicalement supprimé par assimilation avec la substance démocratique qui l'intègre. Et enfin, le sens 4. précise que le nazisme n'est plus à l'extérieur de l'ensemble politique que constitue la démocratie, mais qu'il est maintenant à l'intérieur, qu'il en fait partie intégrante.
           
        Nous avons maintenant une vue parfaite de la question. À la fin de la seconde guerre mondiale, le nazisme a continué à vivre en se cachant, tel un serpent lové, dans le sein de la démocratie qui l'a "vaincu" seulement au for militaire public et politique extérieur. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le nazisme est donc INTÉGRALEMENT TOUT VIVANT ET TOUT ENTIER dans la démocratie, quand bien même cela est occulté dans la façade démocratique. Les mondains et les esprits superficiels n'y ont bien sûr vu que du bleu : les méchants, c'étaient les nazis, et les bons, les démocrates. C'est si facile de voir la vie comme avec la télé en noir et blanc des années 60 ! La vérité métapolitique vraie est sinistrement bien différente : après les nazis 1.0, le nazisme s'est réfugié dans le sein de la démocratie, et la démocratie moderne universelle, de virtuellement totalitaire qu'elle est de par ses origines post-révolutionnaires et de par son fondement constitutionnel des "droits de l'homme" antichrists, comme nous allons le voir tout-à-l'heure, est alors devenue formellement totalitaire, désormais toute prête à enfanter au for public un empire nazi universel lorsque l'heure H en aura sonné par mystérieux et secrets décret et permission de la Providence divine, ce que précisément, quatre-vingts ans plus tard, nos yeux saintement encolérés mais pacifiés dans le Christ crucifié en attente de Résurrection glorieuse, voient en nos sinistres jours covidiens où la grenade est désormais dégoupillée.
           
        Mais, je l'ai dit plus haut, de Man va plus loin encore, posant que si les démocraties modernes ont été obligées d'intégrer le fascisme dans leur fonctionnement et mœurs sociopolitiques après la deuxième guerre mondiale, c'est parce qu'il s'y trouvait constitutionnellement... déjà. Voici comment il exprime la chose : "(...) En bref, par où que [sic] l'on envisage le phénomène fasciste, on trouve qu'il est loin d'être une espèce d'accident historique monstrueux et fantasque, ou encore un corps étranger que l'opération chirurgicale d'une guerre pouvait suffire à éliminer. Avant 1940 déjà, j'avais employé une autre image en disant que le fascisme était moins un barrage opposé au courant démocratique qu'un tourbillon dans ce courant ; il a l'air d'aller dans une autre direction, mais est poussé par les mêmes forces et charrie les mêmes eaux" (Au-delà du nationalisme, ch. II - Liquidation ou triomphe du fascisme ? - Idéologies fascistes, pp. 95-96).
 
 
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        On a cru pouvoir objecter à Henri de Man que les démocraties post-nazies 1.0 n'ont fait qu'employer les méthodes nazies, forcées à cela réactionnairement par de très-prégnantes circonstances, mais sans adopter dans leurs fondements et fonctionnements constitutionnels la doctrine nazie elle-même. Ce qui le prouve, a-t-on cru pouvoir arguer, c'est que les Constitutions politiques des démocraties post-nazies 1.0, celle de la Vème république française de 1958 par exemple, n'ont strictement rien à voir avec celles totalitaires et nazies.
           
        Cette objection n'a cependant aucune valeur, c'est se tromper complètement sur le fond de la question que de voir les choses ainsi, répond énergiquement Henri de Man, car un nazi est plus nazi par sa méthodologie que par sa doctrine théorique : utiliser les méthodes nazies est donc se nazifier beaucoup plus radicalement et certainement que si l'on adoptait seulement l'idéologie nazie sans en utiliser les méthodes. Sa réponse est d'une grande profondeur de vue, la voici textuellement : "Peut-être fera-t-on valoir qu'en tout cela, il ne faut voir qu'une adaptation à certaines méthodes d'action, sans que pour cela on puisse parler de contagion par les idées fascistes proprement dites. La ressemblance se bornerait donc à des excroissances plus ou moins accidentelles, et ne toucherait pas aux principes mêmes d'après lesquels le fascisme entend agir sur les institutions.
           
        "Regardons-y donc de plus près ; le cas en vaut la peine. Et commençons par nous demander ce que vaut cette distinction que l'on nous demande de faire entre le programme du fascisme et ses méthodes.
           
        "(...) Même les porte-parole du fascisme ont pris soin de nous mettre en garde contre la distinction entre les principes et les méthodes, le but et les moyens. Ils ne se sont jamais embarrassés de formules explicites et précises, comme celles de la social-démocratie par exemple ; ils disaient ouvertement que le fascisme impliquait une mentalité plutôt qu'un programme, puisque à l'encontre de ses adversaires, il plaçait les «instincts vitaux» et les émotions collectives au-dessus des «chimères intellectualistes» de la raison souveraine. En somme, le fascisme lui-même a toujours voulu être jugé sur ses méthodes plutôt que sur des programmes, et les diverses formes de recours à la violence qui le caractérisaient constituaient, de son propre aveu, son essence même.
           
        "Mais point n'est besoin de partager la croyance fasciste à la primauté du «vital» sur le «rationnel» pour se méfier des distinctions trop poussées entre «le programme» et «les méthodes». Il y a belle lurette que la sociologie a découvert combien pareille discrimination est fallacieuse. L'histoire de tous les grands mouvements populaires démontre que pour bien comprendre leur fonction historique, il faut, comme chez les individus, examiner ce qu'ils sont et font plutôt que ce qu'ils disent et promettent. Les «moyens» qu'ils emploient, et que la «fin» poursuivie ne sert généralement qu'à «justifier», les caractérisent mieux que n'importe quel programme idéologique établi en vue d'un lointain avenir. En ce sens, il est donc vrai que quiconque emprunte au fascisme ses méthodes d'action, et la mentalité que leur emploi présuppose, devient de ce fait fasciste, beaucoup plus réellement que s'il se bornait à approuver un programme impliquant des transformations institutionnelles à plus ou moins longue échéance.
           
        "(...) Le vrai, c'est que dans tous les mouvements qui font appel aux masses, méthodes et programmes forment un tout inséparable, en ce sens qu'ils constituent ensemble le complexe des mobiles qui font agir leurs adhérents. Mais dans ce complexe, c'est ― comme toujours dans la psychologie des foules ― l'élément émotionnel, concrétisé dans les méthodes d'action, qui conditionne l'élément rationnel, exprimé dans les formules des programmes. Cela est particulièrement vrai du fascisme, qui a, sciemment et ouvertement, poussé plus loin que ses prédécesseurs l'utilisation des éléments irrationnels, symboliques et mystiques, dans la psychologie collective. Ici, on peut dire que, vraiment, les «idéologies» ne sont guère plus que l'expression, en mythes rationnalisés, des passions élémentaires qui se manifestent dans l'action immédiate et quotidienne" (Au-delà du nationalisme, ch. II - Liquidation ou triomphe du fascisme ? - Les méthodes fascistes, pp. 62-64).
           
        Ainsi donc, et notre doctrinaire politique a raison, on devient plus fasciste en prenant les méthodes du fascisme qu'en adhérant à son programme idéologique, par ailleurs flou, confus, embrouillé, obscur, abscons, voire contradictoire en certaines parties, la rédaction de Mein Kampf d'Adolf Hitler l'a montré.
           
        C'est dire à quel point absolu et définitif de non-retour la démocratie universelle est devenue nazie depuis la crise covidienne qui a vu le furieux emploi qu'elle a fait des méthodes nazies...!
 
 
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        Il me semble, parvenu ici, qu'il faut répondre maintenant à un questionnement fondamental, qui surgit de plus en plus fort de mon discours même et des propos éclairés d'Henri de Man, à savoir : Pourquoi le nazisme n'a-t-il pas été radicalement anéanti, en tant que doctrine politique, lorsqu'il fut, mais seulement politiquement et militairement, "vaincu" en 1945 par les forces démocratiques occidentales ? Question un bis, corollaire : Pourquoi les démocraties modernes ont-elles elles-mêmes le fascisme dans leur sein, à l'état de germe virtuel, originellement non-extériorisé et explicité ?
           
        La cause métapolitique de l'impossibilité absolue de l'anéantissement du nazisme par les démocraties occidentales, lorsqu'elles le "vainquirent" en 1945, est facile à saisir pour un catholique, car en effet seule la Foi donne, à la grande question posée, la réponse de fond, que voici : seul un pouvoir politique constitutionnellement basé sur le Christ, à la fois Dieu et Homme parfait, archétypal de tout homme (... surtout de l'homme collectif ou État, ce qui n'est plus du tout perçu par les modernes...) a pouvoir et force surnaturels d'anéantir le mal sociétal, le péché politique, quelqu'il soit. La raison théologique en est infiniment simple : "Sans Moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn XV, 5). L'homme seul sans le Christ, en effet, ne peut rien faire, et Notre-Seigneur Jésus-Christ entend par-là toute oeuvre de co-création qui a une résonance métaphysique, qui est liée à la Vie de la grâce, et qui donc peut prétendre à la stabilité et à la pérennité, participant de l'Attribut divin d'Éternité. Et l'homme ne peut rien faire, surtout, il faut le préciser, en Politique constitutionnelle. Or donc, les démocraties post-révolutionnaires, constitutionnellement basées sur "les droits de l'homme" athées, dont le fondement occulte et inavoué mais très-réel est de rejeter formellement Jésus-Christ du for public et politique, sont, en conséquence, viscéralement impuissantes à supprimer, anéantir, toute forme de mal politique, elles ne peuvent rien faire pour anéantir un mal. Car le faire, pouvoir le faire, est une oeuvre en soi surnaturelle. Ne prenant pas leur virtus politique du Christ-Messie, de Jésus-Christ dans sa dimension Pantocrator de Roy universel, ne la prenant volontairement, tout au contraire, que de l'homme déchu et de Satan, cesdits pouvoirs politiques démocratiques post-révolutionnaires sont en fait eux-mêmes une forme de mal. Or, bien sûr, le mal ne peut rien contre le mal, il ne peut pas l'anéantir radicalement, quant bien même sa forme, mais sa forme seulement, lui serait diamétralement opposée.
           
        La vérité, c'est que toute Institution politique qui, depuis la Révélation, ne se source pas constitutionnellement sur le Christ-Messie Pantocrator, est totalitaire, implicitement ou explicitement, et quelque soit la forme adoptée de son totalitarisme. Et c'est bien pourquoi, ce qui répond à la question un bis, les démocraties modernes ont déjà en leur sein, à l'état de germe virtuel, le facho-nazisme. Tant il est vrai qu'une certaine forme politique particulière de mal qui s'oppose au Bien peut tout aussi bien prendre et revêtir une autre forme politique particulière de mal également opposée au Bien, qui est Dieu et l'Ordre, naturel et surnaturel, qui en découle, ce n'est juste qu'une question kaléidoscopique d'angle de vue, et de situation historique particulière, qui décide d'une forme ou d'une autre. La démocratie moderne qui est un mal opposé au Bien et à l'Ordre très-chrétien, peut donc fort bien se transmuer en facho-nazisme, autre forme de mal opposée au Bien, telle la couleur d'un caméléon se change selon la couleur de fond sur lequel il est vu, tout en restant toujours le même caméléon, ou telle la figure géométrique colorée devient toute autre figure géométrique et autrement colorée, pour le très-peu qu'on tourne, ne serait-ce que d'un cran, la lunette du kaléidoscope, et c'est toujours le même kaléidoscope.
           
        La seule chose qui compte en effet, dans la vie privée de l'homme comme dans sa vie politique, c'est l'acquiescement ou l'opposition au Bien, au Bien Suprême qui est le Bon Dieu Un et Trine, Père, Fils et Saint-Esprit, extrinsèque à l'ontologie humaine, à tout être humain, a fortiori à tout être humain collectif ou État. La seule chose à prendre en compte, c'est le Bien et son Ordre surnaturel, qui sont les seuls à exister métaphysiquement ; tout ce qui s'y oppose s'appelle le mal métaphysiquement inexistentiel, ce qui signifie que les différentes formes que ce mal prend ne sont donc guère qu'accidentelles, non substantielles, elles sont mouvantes et changeantes comme la mer et sa houle, elles peuvent, selon le jeu mystérieux et imprévisible des forces dialectiques internes, prendre soudain une autre forme que celle originelle, puis encore revenir à ladite forme originelle, puis encore à nouveau prendre une troisième forme de mal politique, ... fasciste, ... démocrate, ... communiste, mais tout en restant toujours le même inexistentiel mal de fond, radicalement opposé au Bien substantiel, métaphysiquement existentiel, et Lui seul. C'est bien pourquoi le Saint-Esprit prend dans l'Apocalypse de saint Jean l'image de la Bête de la mer pour désigner les puissances politiques des peuples impies déconnectés de Dieu et se donnant à l'Antéchrist-personne ; la Bête de la mer, pour le dire lapidairement mais très-réellement, c'est en fait la démocratie universelle post-révolutionnaire actuelle (revoir à ce sujet la première partie de mon article https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/le-faux-prophete-l-antechrist-sont-une-seule-et-meme-personne-et-non-deux?Itemid=154).
           
        On sait que le contre-évangile des démocraties post-révolutionnaires est tout contenu, cristallisé, dans le concept de liberté (l'égalité et la fraternité du triptyque révolutionnaire ne sont que subséquences de ladite liberté), liberté dont on gave à qui mieux-mieux les oies démocratiques tous les jours, la mettant au pinacle de la glorification, au-dessus du Trône de Dieu, avec obligation citoyenne de l'adorerMais, bien sûr, il ne s'agit pas de la vraie liberté, celle que possèdent, et eux seuls, les enfants de Dieu par don divin gratuit, datis gratae. Il s'agit au contraire d'une liberté luciférienne de faire ce que l'homme collectif ou État veut faire et veut croire au nom de tout le peuple qu'il administre, dans lequel peuple, et non dans le Christ, il prétend sourcer et puiser sa puissance, sa validité, son fondement et sa vie politiques (c'est en toutes lettres apostates et athées dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1791 : "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation" ― art. 3 ; et, à l'article 2 du titre III de cette même constitution, l'antéchristique déclaration, de renchérir : "La nation, de qui seule émanent tous les pouvoirs, etc."), liberté luciférienne disais-je, de faire et de croire, soit le mal soit le bien, et qu'on a appelé depuis liberté de conscience, en autonomie totale par rapport à l'Ordre, naturel et surnaturel, qui émane de Dieu.
           
        Si le gouvernement démocratique choisit la liberté de faire le bien, ce n'est pas du tout pour obéir à Dieu et Lui rendre hommage et gloire de cedit bien qu'il opère, car la liberté luciférienne ne connaît pas Dieu, c'est uniquement pour se glorifier lui-même et s'adorer dans ce bien qu'il fait et opère, à l'instar de Lucifer l'ange déchu ; c'est donc un bien sans Charité divine, une cymbale plus ou moins retentissante qui ne vaut surnaturellement strictement rien. Que si ledit pouvoir démocratique choisit la liberté de faire le mal, il appellera "bien" ce "mal" pourtant objectif qu'il a décidé de faire, car toute chose faite par lui et mise en oeuvre par sa liberté, soit de faire un bien objectif soit de faire un mal objectif, est en soi le bien. L'avortement, le mariage gay, est un "bien" parce que, lucifériennement, sa liberté le veut. Cette prétendue liberté revolutionnaire rejette absolument tout ce qui n'est pas elle, qui la contredit et qui l'anéantit, comme la vraie liberté chrétienne par exemple le fait : la liberté luciférienne devenue dans nos temps modernes démocratique est par essence totalitaire, nazie. D'où l'axiome révolutionnaire bien connu : "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !"
           
        En prenant conscience de ce caractère excessivement mauvais et même luciférien du fondement métaphysique de toute société démocratique, que je viens de sommairement décrire, on peut dès lors beaucoup mieux saisir pourquoi la démocratie moderne, qui n'est pas du tout le "Bien politique" (à coloration de préférence anglo-saxonne), comme une propaganda digne de Joseph Goebbels en a assommé et sur-assommé les peuples au sortir de la seconde guerre mondiale, matraquage des cervelles qui s'est du reste continué et se continue encore et toujours avec la même incroyable virulence diabolique jusqu'à nos jours cala(très)miteux (... les papes modernes y donnant furieusement une main sacrilège, comme des malades bons à enfermer, à commencer par Pie XII dans tous ses Noëls de guerre 39-45 surtout celui de 1944, sans parler de Jean XXIII qui, dans Pacem in terris de 1963, se mettait presque à deux genoux devant l'ONU, ni non plus de Paul VI et de son incroyable discours idolâtrique de prostituée à l'ONU en 1965, et ne parlons pas des papes suivants...), on peut dès lors beaucoup mieux saisir pourquoi, disais-je, la démocratie moderne, qui, loin d'être un bien politique, est au contraire un très-grand mal politique fruit de la Révolution, peut épouser si facilement un autre mal politique, à savoir le facho-nazisme, et devenir, hélas, comme dans les mariages bien faits, UNE SEULE CHAIR AVEC LUI...
 
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        Retournons encore une dernière fois à la pensée d'Henri de Man que j'ai synthétisée plus haut, pour apporter une importante précision supplémentaire : les démocraties modernes n'ont vaincu le nazisme seulement qu'en intégrant son totalitarisme doctrinal dans leurs propres fondements et mœurs politiques, et pas du tout en l'anéantissant radicalement.
           
        Nous venons de voir que les démocraties post-révolutionnaires constitutionnellement antichrists ne peuvent pas vaincre une forme politique de mal quelle qu'elle soit, en l'occurrence le nazisme, en l'anéantissant, en le phagocytant radicalement, elles ne peuvent au contraire qu'augmenter leur propre mal antichrist originel en intégrant en elles cet autre mal, celui du nazisme (le même raisonnement est d'ailleurs à tenir pour le communisme). Elles ne peuvent que se grossir d'un mal supplémentaire que par ailleurs, on l'a vu, elles ont déjà en germe virtuel dans leur sein, le mal spécifiquement nazi ne faisant dès lors que servir d'activateur, d'accélérateur, à un mal virtuel déjà présent en elles.
           
        Or donc, et c'est la précision supplémentaire que j'ai à cœur d'apporter maintenant, seule une société politique constitutionnellement ordonnée au Christ-Dieu peut, quant à elle, vaincre réellement une société politique du mal, tel le nazisme, en l'anéantissant radicalement, c'est-à-dire en le phagocytant usque ad mortem. Car une société constitutionnellement christique a participation du Pouvoir divin du Christ dans sa dimension Pantocrator de Roy universel, d'engloutir le péché politique, de le supprimer réellement c'est-à-dire jusqu'à son anéantissement complet et définitif, sa mort, à l'instar de ce que le Christ a Lui-même fait dans la Rédemption, faisant mourir et anéantissant complètement le péché et le mal par son Sacrifice sur la croix. Et c'est ce pouvoir divin d'anéantissement complet du mal et du péché politiques qu'Il transmet libéralement aux sociétés politiques qui Le prennent comme source et fondement de leur pouvoir politique. C'est cela que signifie le processus métabolique de la phagocytose. Phagocyter signifie en effet : détruire par phagocytose. C'est une vraie destruction, un anéantissement. Il ne reste strictement plus rien de la chose phagocytée une fois que la phagocytose est opérée, exactement comme du péché soumis à la Rédemption du Christ. Et cela, seules les sociétés politiques constitutionnellement basées sur le Christ ont ce pouvoir d'annihilation radicale et définitive d'un mal politique, quelqu'il soit.
           
        Ce qui signifie ceci, et c'est à cela que je voulais arriver :
           
        Seule la société politique des roys très-chrétiens innervée par le Christ, à la constitution théocratique issue du Sacre de Clovis, réactivée épiphaniquement, très-miraculeusement, par sainte Jeanne d'Arc à la fin du Moyen-Âge, et dont le dernier tenant-lieu au for public fut, de glorieuse mémoire, le roy Louis XVI, aurait eu le pouvoir de phagocyter radicalement le mal politique nazi, sans être obligé, dans le processus même de cette opération, comme les démocraties modernes le furent, d'intégrer dans son propre et théocratique fondement politique, le nazisme.
 
 
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        ... Et maintenant, où en sommes-nous tous, depuis que les sociétés politiques démocratiques universelles se sont ouvertement nazifiées dans la crise covidienne ?
           
        Nous sommes politiquement en pleine folie du diable, en pleine folie totale ("À la foire aux fous" comme je l'illustrais dans un de mes derniers articles par des exemples ecclésiaux). La raison bien simple en est qu'à la tête d'une société nazie, il y a toujours des fous, car la folie est la matière première du diable pour régir et imposer un gouvernement de néant et du mal aux hommes qu'il tient sous sa férule, les hommes s'étant d'eux-mêmes, depuis la Révolution, livrés au diable par leur péché gravissime d'avoir voulu sociopolitiquement vivre en boucle sur eux-mêmes, tel le serpent qui se mord la queue, tournant comme bourriques dans leur néant métapolitique congénital. La raison spirituelle de cette folie collective des sociétés politiques émasculées du Christ, est simple, et j'en ai déjà exposé plus haut tous les éléments, que je vais maintenant rassembler.
           
        Premièrement, la grande loi de ce que le philosophe lyonnais Blanc de Saint-Bonnet appelait la "Politique réelle" est celle révélée par la Parole lapidaire du Christ : "Sans Moi, vous ne pouvez rien faire". Si je fais donc quelque chose en Politique sans que mon oeuvre soit surnaturellement mue par le Christ et sa grâce, alors, je n'ai RIEN fait, quand bien même cette oeuvre devrait briller d'un grand'éclat dans la figure du monde qui passe. Elle n'aura en fait, et il ne faudra généralement que fort peu de lustres aux hommes pour s'en rendre compte, aucune existence réelle. Elle ne tardera pas à devenir poussière balayée par le vent, c'est-à-dire par le Saint-Esprit. Ce fut le sort de tous les grands empires du passé, basés sur la chair et le sang, la volonté de puissance que la sainte-Écriture appelle "le bras de chair", et non sur la grâce de Dieu...
           
        Deuxièmement, cette loi divine révélée par le Christ jette aussitôt un éclairage et un jugement fulgurants sur la vacuité et la folie intégrales des sociétés politiques non-ordonnées constitutionnellement au Christ. On vient de voir en effet que la démocratie, se glorifiant de ce qui fait sa honte comme dit saint Paul des impies, s'enorgueillit de baser la virtus de son pouvoir politique, depuis la Révolution, sur l'homme seul, sur l'homme multiplié qu'est la nation, mais un homme taré de la tache originelle : donc, l'homme déchu désigné pour être le chef d'une société démocratique va prendre son autorité, pour poser une oeuvre politique, de tous les hommes déchus de cette dite société donnée qui sont sous son commandement, ainsi que le veut formellement la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1791 que j'ai rappelée plus haut : "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation". Lafayette, le franc-maçon Lafayette, avait ainsi résumé, aux temps de la Révolution, dans une formule à l'emporte-pièce qui serait presque drôle alors qu'elle est en vérité terrible, ce principe révolutionnaire : "Puisque nous sommes leurs chefs, suivons-les !" Ce qui signifie que tout tourne en boucle dans l'homme, avec l'homme, pour l'homme, per ipsum, et cum ipso, et in ipso, dans une pseudo-liturgie politique inversée, immanentiste, régie par Satan le maître de l'inexistence métaphysique (c'est bien pourquoi d'ailleurs, Satan se dit maître de tous les royaumes non-théocratiques de la terre, il en fait, on le sait, l'objet de la deuxième tentation du Christ au désert, en ces termes : "Et le diable Le conduisit sur une haute montagne, et Lui montra en un instant tous les royaumes de la terre ; puis il Lui dit : Je Vous donnerai toute cette puissance et la gloire de ces royaumes ; car ils m'ont été livrés, et je les donne à qui je veux" ― Lc IV, 5-6). Car comme tous les hommes peuplant la nation démocratiquement gouvernée n'ont pas plus la grâce divine de faire en Politique que le chef lui-même ne la possède, alors cela tourne en boucle dans l'homme de néant et avec l'homme de néant, pour ne faire ensemble qu'une oeuvre politique de néant, n'ayant aucune existence métaphysique, ni mérites surnaturels en vue du Royaume éternel de Dieu. L'homme démocratique, ayant décidé de se poser en Lucifer politique à la Révolution, va en fait pseudo-créer un univers où rien ne sera réel, puisque le réel est obligatoirement ordonné à Dieu et à son Ordre, soit surnaturel soit naturel.
           
        Cette pseudo-oeuvre politique qu'il va créer s'avèrera donc être, en première comme en dernière analyse, pur néant inexistentiel complètement déconnecté du Réel, une oeuvre de folie, folle, au plein sens du terme. Toute société politique qui prétend vivre sa vie politique sans métapolitiquement la baser sur le Christ, va donc être une société qui vit et agit dans la folie la plus intégrale, totale, quand bien même elle pourra donner l'illusion d'être censée dans l'écorce et le vernis des choses, le côté "animal social" de l'homme. Et voilà la caractéristique principale tant du nazisme que de son frère de sang contaminé, le démocratisme : la FOLIE.
  
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        La folie du diable qui possédait monstrueusement l'esprit des doctrinaires et dirigeants nazis 1.0 est bien connue, à commencer par Hitler. Ils menaient leurs politiques par des doctrines toutes plus insensées les unes que les autres. En fait, seule la violence énergétique des moyens pour les mettre en oeuvre concrète donnait l'illusion d'une certaine cohérence d'ensemble et permettait au nazisme d'apparaître, à tort, comme sensé, ainsi que l'a fort bien vu Henri de Man, en ces termes : "Les diverses formes de recours à la violence qui le caractérisaient [le fascisme] constituaient, de son propre aveu, son essence même". La première folie sur laquelle le régime nazi d'Hitler se basait était le racisme : or, les théories racistes connues des nazis, par exemple pour différencier les juifs des autres races, étaient des loufoqueries toutes plus insensées les unes que les autres, mais c'était sur ces folies, considérées comme des dogmes, qu'ils allaient jusqu'à la mort, jusqu'à tuer de sang-froid les malheureux juifs du peuple. De même, leur goût quasi hystérique de l'occulte noir, quand il n'était pas purement satanique, se basait lui aussi sur les plus ridicules fantasmagories et délires pseudo-mystiques, dont un tout petit peu de christianisme suffisait pour en montrer l'inconsistance absolue, ridicule et vaine, mais hélas menant ses adeptes aux portes de l'enfer éternel. De même encore, pour leur culte nietzschéen et wagnérien imbécile de l'homme fort, du sur-homme dans une nature vierge, qu'ils idolâtraient par-dessus tout.
           
        Goering par exemple, le n° 2 du parti, croyait dur comme fer au mythe du barbare germain primitif sain, à faire renaître dans une forêt primitive, pour que le monde soit renouvelé. Il s'était à cet effet accaparé la grande forêt de Białowieża à l'est de la Pologne, de plus de 1 500 km2, prétendument la plus primaire d'Europe, supprimant ou déportant au passage des centaines de familles de simples paysans ou charbonniers qui y vivaient ancestralement, rasant et incendiant leurs villages, y interdisant par après tout accès, et mettait les scientifiques sous ses ordres sur des projets complètement fous et absurdes visant à recréer et repeupler dans cette "forêt primaire", par de loufoques et vains croisements à partir de yacks ou de bisons et en s'imaginant ainsi remonter à l'auroch, des espèces brutes d'animaux préhistoriques disparus de la planète depuis des dizaines de milliers d'années...!! En pure perte, faut-il le dire. Mais Goering avec ses SS ambitionnaient très-sérieusement de reprendre la maîtrise du cours de la nature pour la faire revenir en feedback sur ses prétendues origines vierges et brutes, à l'époque de la Golden Dawn ou Aube dorée, professaient-ils, où elle était pleine de vie et d'énergie primaire vierge. C'était un plein délire fou, inspiré par le diable, apostasiant le vrai dogme cette fois-ci du Paradis terrestre donné de la Main de Dieu (et non de la main d'une soi-disant Nature-Dieu) à Adam et Ève, apostasiant aussi le vrai dogme de la Chute originelle rendant impossible de rentrer à nouveau dans le Paradis terrestre, barré invinciblement depuis lors par l'Ange à l'épée de feu tournoyante. Ce délire fou de Goering assisté de zoologues et de savants SS a été mis en relief dans un très-intéressant documentaire d'Arte, intitulé Le monstre nazi, en 2014.
           
        Tout cela, dans le nazisme 1.0, était fou de folie totale, et l'on sait que j'en passe beaucoup, mais c'était sur cette folie du diable que, tel le colosse aux pieds d'argile friable, le nazisme hitlérien 1.0 régnait par la terreur et la violence homicide sur les hommes asservis. Car, on l'a vu plus haut avec Henri de Man, c'est par sa violence méthodologique que le nazisme prétendait exister. Exorcisons ces folies du diable par la vérité catholique sur l'homme : le vrai "sur-homme", c'est le... saint, celui qui a dominé en lui le péché et le mal par la grâce toute surnaturelle du Christ, car il est impossible de le faire par la nature, déchue qu'elle est depuis le péché originel. Dans notre monde, sur cette terre, il n'y a pas d'autre "race" de "sur-homme" que le saint. Et ce vrai "sur-homme" sera actualisé quand le désir brûlant de Charité divine de saint Paul sera réalisé en chacun de nous et en tous : "Ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi !" (Gal II, 20). C'est à cela, et à cela seul, que nous devons tous travailler, individuellement et communautairement, et politiquement aussi, pour renouveler et réactualiser en nous l'homme des origines, l'Adam préexistant véritable, qui s'avère être le Christ-Verbe Lui-même plus que l'Adam de la Genèse.
 
 
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        Or, on rencontre cette même folie du diable nazi 1.0 dans le démo-nazisme 2.0 contemporain. Il n'en faut prendre pour preuve et illustration que la gestion de la crise covidienne que l'on vient de passer et qu'on passe encore. Comme je l'ai dit plus haut, et tout le monde le sait, les démos-nazis 2.0 qui gouvernent actuellement se sont follement entichés des seuls "vaccins" nouvelle technologie ARNm, comme seule et unique, et totalitairement unique, solution contre le virus du Covid. C'est une folie totale, complète, qui équivaut aux pires folies d'Hitler et de ses doctrinaires, pour plusieurs raisons, dont une seule d'entre elles suffirait à le montrer à l'évidence.
           
        Premièrement, il ne s'agit pas d'un vaccin traditionnel, il s'agit, et il faut le redire encore une fois quand bien même tout le monde le sait ou fait semblant d'"oublier" volontairement de le savoir, d'une expérimentation génique de laboratoire, toujours au stade expérimental contrairement à ce que veulent affirmer certains menteurs patentés (puisque de toutes façons, pour ne parler que de cela, les effets secondaires à long terme ne peuvent pas, en tout état de cause, être encore connus... actuellement !, même La Palice aurait pu comprendre cette évidence évidente, que les menteurs démo-nazis osent contredire, montrant ainsi leur folie totale et la lobotomisation de leur cervelle ! : le processus ne peut donc qu'être, et est effectivement, toujours... au stade expérimental !), aussi dangereuse pour l'ADN de tout homme, que l'énergie atomique l'est pour la matière.
           
        Rien que l'acceptation de l'emploi d'une telle méthode pour l'homme est déjà synonyme de folie furieuse !
           
        Deuxièmement, Israël est un pays entier qui, ... t'en souvient-il ? comme dit le poète, a servi de cobaye national pour expérimenter avant tout le monde cette nouvelle technologie génique plus que nouvelle thérapie ; la population a été vaccinée à très-large majorité une fois, puis une deuxième fois, puis une troisième fois, et... les israéliens se sont arrêtés à la quatrième dose, écrasés par l'évidence de l'inefficacité quasi totale dudit "vaccin"... en fait, de l'eau de boudin qui a fait "psschiit" ! ; un grand professeur de médecine israélien, pour libérer sa conscience trop comprimée, a alors publiquement déclaré que son service d'urgence voyait plus de malades du Covid vaccinés que de malades du Covid non-vaccinés ! Après les trois doses ! Donc, normalement, au vu et sus d'un tel fiasco si accablant, toutes les démocraties de la planète terre, qui ne peuvent qu'en avoir eu connaissance, auraient dû logiquement prendre acte du résultat négatif de cette expérimentation nationale qui fut menée en Israël selon un rigoureux protocole, et en tirer la seule conclusion rationnellement logique à en tirer pour leurs peuples respectifs : il faut arrêter tout-de-suite les "vaccins". Or, aucune démocratie n'en a tenu compte, et, ébahis, pour peu qu'on puisse encore s'ébahir d'un illogisme à l'heure actuelle, on a au contraire vu dans la foulée du fiasco d'Israël, l'Autriche imposer très-nazitairement, dans la folie la plus totale, avec des sanctions démesurées et à peine croyables en termes d'amendes ou d'emprisonnement pour les réfractaires... la vaccination obligatoire universelle pour tout son peuple.
           
        Ce n'est pas tout. Troisièmement, non seulement l'inefficacité de cette nouvelle technologie thérapeutique est prouvée par les faits (contre lesquels, je le rappelle en cette période de folie totale des esprits, on n'argument pas, si l'on veut rester dans la sagesse du rationnel et du raisonnable, contra factum non argumentum), mais sa grande dangerosité pour la santé et même le pronostic vital des humains a été plus que montrée et démontrée par des statistiques très-officielles. Je n'en prendrai qu'une seule : une base de données US révélant que les soldats de l'armée américaine, qui ont tous subi la vaccination obligatoire, développent au moins dix fois plus de maladies graves et souvent handicapantes à vie, quand ce n'est pas des morts subites, dans une période donnée comparée à la même période des années précédentes où ils n'étaient pas "vaccinés" ARNm.
           
        Non-efficacité ; dangerosité qui peut être mortelle pour la santé humaine. Mais que faut-il de plus pour comprendre d'avoir à stopper d'urgence "les vaccins"...??
           
        Or, c'est le raisonnement... inverse, vraiment satanique, c'est-à-dire qui va à l'envers radical de la vérité et de la logique rationnelle, qui est adopté et poursuivi manu militari par tous les démos-nazis actuels 2.0. Bill Gates a tenu une conférence de presse à Munich dernièrement, où ce véritable possédé du démon a osé, devant tout un parterre de ministres des démocraties à deux genoux devant lui, sinon à trois, véritablement comme s'il était un oracle de sagesse à écouter, a osé disais-je, commenter le fiasco des "vaccins", qu'il admet enfin, en disant qu'il fallait... faire un plus grand effort collectif pour financer plus encore les laboratoires fabricants des vaccins, car une prochaine pandémie pourrait être plus mortelle encore que celle du Covid, les vaccins étant bien entendu la seule solution pour y parer. Au passage, il n'a pas manqué de regretter fort que le Covid soit finalement plus vaincu par l'immunité naturelle des humains que par les "vaccins", c'est une terrible humiliation pour sa gnose vaccinale, c'est tout juste si cet illuminé luciférien n'en fait pas une dépression, une nervous breakdown. On est vraiment là en présence de ce qu'on appelle, dans la langue moderne apostate, un dangereux psychopathe (car, en réalité surnaturelle, ce genre d'individu s'appelle un possédé du démon), un vrai et authentique fou à l'égal des pires doctrinaires nazis hitlériens 1.0, faisant des "vaccins" ARNm, un dieu d'absurdité et une religion d'illogisme à part entière. Mais... c'est ce genre de fou qui commande actuellement tous les gouvernants des nations démo-nazifiées actuelles...!
           
        Car je rappelle que Bill Gates tient financièrement dans sa main, avec les membres des "200 familles aux pouvoir" derrière lui, tous les gouvernements de la planète terre, au moins ceux occidentaux (ce n'est pas du complotisme que de le dire, c'est juste une sinistre réalité véritable, quantifiable et vérifiable). Et c'est pourquoi sa parole vaut dogme, est un oracle, pour tous les gouvernements démos-nazis de la planète terre actuelle, qui n'ont plus qu'une chose à faire après l'avoir écoutée : la mettre en pratique. Ce n'est plus le Verbe de Dieu incarné, le Christ, qui dirige actuellement la vie des hommes par sa Parole de Vérité, c'est déjà l'Autre, le roi nazi des zôtres. Et, sauf le fameux "petit reste", tout le monde suit, et va se glorifier, très-prochainement, de suivre la Bête. On ne devrait en effet pas tarder à entendre le cri blasphématoire abject des peuples séduits, comme nous l'apprend l'Apocalypse : "Qui est semblable à la Bête, et qui pourra lutter contre elle ?" (Apoc XIII, 4). Le feu du ciel leur répondra.
           
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        Alors, la question se pose : Est-ce que le nazi 1.0 Goering était plus fou de folie totale de vouloir revenir à une nature vierge et régénérée par des expérimentations eugéniques sur des animaux dans sa forêt polonaise et biélorusse, que tous les dirigeants démo-nazis 2.0 actuels le sont, de promouvoir leurs "vaccins" ARNm pour prétendument guérir les humains des virus en les trans-humanisant, ce qui est loin d'être une régénération de la race humaine quand c'en est une destruction plus ou moins à retardement (car les "vaccins" ARNm pénètrent l'ADN humain et le modifient OGM) ? Quel est le plus fou de folie totale, en vérité, du nazi 1.0 de 1940 ou du démo-nazi 2.0 de 2020 ? Ceux qui ont gardé la tête froide et sensée dans la crise covidienne, et ils ne sont pas si nombreux que cela, ne peuvent, à tout le moins, que prendre acte que c'est cette même et monstrueuse folie totale du diable nazie 1.0 que l'on constate actuellement dans le démo-nazisme universel 2.0, soutenue par la même violence moralement homicide radicale (Goering n'a pas hésité à éliminer des milliers de paysans pour "régénérer" sa prétendue forêt primaire, mais les démo-nazis 2.0 n'ont pas plus hésité à laisser les "vaccins" ARNm comptabiliser des centaines de milliers de morts ou d'handicapés à vie dans le monde entier, statistiques officielles à l'appui).
           
        Le moins qu'on puisse dire, c'est que les dirigeants politiques démos-nazis 2.0 sont mûs par une folie aussi totale que leurs prédécesseurs 1.0. C'est très-perceptible dans la question des "vaccins" ARNm. Tout prouve que la voie du "vaccin" est folle de folie totale, mais ils ont les oreilles complètement fermées sur les réalités les plus évidentes et grossières qui le leur montrent, exactement comme les nazis 1.0 : cela ne fait que les rendre plus fous furieux encore à vouloir la solution du "vaccin" ARNm et à vouloir l'imposer aux peuples nazifiés. Je ne suis étonné que d'une chose : c'est que les démocraties nazies actuelles n'aient pas encore créé un Ministère de la Vérité pour définir la pseudo-vérité qu'elles ont décidé d'ériger en dogme nazi et pour obliger les peuples à croire quasi sous peine de mort à la doxa du régime, comme dans le roman d'anticipation 1984 de George Orwell (on n'en est d'ailleurs pas très-loin, avec la menace de censure sur Internet sur tout ce qui n'est pas nazicaly correct...).
           
        Qui ne voit Satan, "homicide dès le commencement" (Jn VIII, 44), qui veut détruire présentement toute l'humanité créée par le Bon Dieu, derrière une telle attitude de folie totale, un tel comportement insensé, qui cache mal ce but satanique ultime, ne le verra jamais et nulle part. C'est vraiment la folie du diable, visible à l'œil nu, l'œil spirituel.
 
European Union Debates Abolishing the Nuremberg Code Trying to Pre Empt Their Arrest for Crimes Against Humanity 2
            
        Voilà. J'ai bien travaillé pour une grande vérité dans cet article, qu'il me tenait à grand'cœur de dire depuis assez longtemps : le démocratisme post-révolutionnaire peut très-bien s'appeler fascisme ou nazisme, c'est en effet substantiellement absolument la même chose.
           
        Quel sera le sort de cette vérité parmi les hommes ?
           
        Je laisse Henri de Man le dire :
           
        "Je suis suffisamment habitué à me trouver en minorité pour prendre mon parti de la patience requise en pareil cas. Il est des choses qu'il faut dire même si l'on ne trouve presque personne pour les écouter ; raison de plus pour parler quand on voit croître de jour en jour le nombre des autres" (Au-delà du nationalisme - Avant-propos, p. 13). D'une manière sans doute plus lapidaire et aussi plus catholique, Léon Bloy exprimait ainsi cette situation morale des vrais prophètes, que l'auteur de ces lignes a beaucoup à vivre lui aussi, et qui est celle de l'aigle qui regarde le soleil de la Vérité en face parmi "les chiens et les pourceaux" (Matth VII, 6  c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui le dit c'est pas moi) : "Depuis longtemps, je me résigne à écrire pour Dieu seul, à chanter sa Gloire dans le désert" (Lettre à Florian, 13 décembre 1910).
           
        Je mets à présent le point final par une phrase absolument magnifique d'Henri de Man, ... que la Paix, le Repos et la Lumière du Christ habitent éternellement cette âme de bonne volonté qui aimait la vérité politique !! : "Si, dans une nuit opaque, on cherche à s'orienter sur les objets proches, vaguement aperçus l'un après l'autre, on est à peu près sûr de se fourvoyer. Pour ne pas se perdre, il faut alors se guider sur une étoile" (Au-delà du nationalisme, ch. I - La grande désillusion - Nécessité d'une vue d'ensemble, p. 52).
           
        Cette étoile, c'est celle que virent les Rois-Mages il y a 2 000 ans, et qui les mena à l'Enfant-Dieu et Homme parfait né dans la crèche de Bethléem.
           
        Cette Étoile, surtout en Politique,
           
        C'est Jésus-Christ.
 
Mercredi des Cendres,
... Ô homme, tu es poussière !
Et tu retourneras en poussière !,
ce 2 Mars 2022.
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
            
        Addenda ― J'ai mis une semaine à rédiger cet article ; dans les derniers jours, lorsque j'étais en train de mettre la dernière main à mon écrit, a surgi soudain la guerre en Ukraine, qui menace de tourner en troisième guerre mondiale, avec l'énorme danger nucléaire sur nos têtes. Je n'en dirai qu'un mot, en relation avec mon article : les démonazies occidentales vont, exactement comme dans la deuxième guerre mondiale il y a 80 ans, se draper de justice et de liberté, se posant insolemment et avec une arrogance insupportable en arbitres du droit, avec la prétention pleine d'orgueil de dire où est le bien et où est le mal en Politique. Prenons bien conscience que ces filles de Satan, ces filles de Babylone, n'y ont aucun droit, étant elles-mêmes le mal en Politique. Ces filles du diable que l'Apocalypse appelle "les dix rois" de l'Antéchrist, ne continueront d'ailleurs pas longtemps à mentir effrontément et hypocritement à la face du monde entier, comme leur père Satan, car, de cette conflagration, qui hélas peut devenir mondiale, ne peut que surgir très-bientôt le règne de l'Autre, le roi des zôtres, l'Antéchrist-personne.
           
        Le règne de l'Antéchrist-personne est en effet un forcing aux forceps de pseudo-Millenium, créé par l'homme déchu aidé par Satan, maître occulte de toutes les puissances politiques du monde non-soumises au Christ (cf. la deuxième tentation du Christ au désert). Souvenons-nous que, déjà, Hitler avait voulu réaliser ce pseudo-Millenium antéchristique. Si l'on veut saisir le fond de la guerre actuelle en Ukraine, il y a une chose capitale à bien comprendre : c'est que nous sommes arrivés au temps fixé de toute Éternité par la Providence divine pour que le monde soit unifié dans le Millenium, qu'on pourrait tout-à-fait appeler "mondialisme divin", nouvelle économie de salut tant religieuse que politique qui sera instaurée par Dieu et par son Christ, parousiaquement et apocalyptiquement. Le Millenium véritable, en effet, n'est absolument pas instauré par les forces humaines, dans une continuité historique, un passage de flambeau entre hommes sans Intervention divine extérieure, il sera tout au contraire instauré exclusivement par une Intervention divine universelle, épiphanique, dans notre univers physique, visible de tous, et sans que les hommes n'y ait la moindre part. Dieu SEUL en effet peut instaurer une nouvelle économie de salut, à la fois religieuse et politique, parmi les enfants des hommes...
           
        Mais le Bon Dieu ne laisse pas les hommes ignorer ses Plans. Quand bien même c'est Dieu et sa Toute-Puissance qui ne peut qu'être l'Initiateur de cette nouvelle économie de salut du Millenium qui fera suite au Temps des nations qui est en train de finir crucifié sur la croix, les âmes de tous les hommes sont secrètement et mystérieusement informées par l'Esprit-Saint de ce Plan divin de plus en plus prêt à s'accomplir. Les âmes des méchants, aussi, en sont informées, inspirées. Mais les méchants ne veulent pas attendre que Dieu réalise la nouvelle économie de salut du Millenium, ils veulent l'instaurer eux-mêmes, la réaliser lucifériennement par leurs propres forces déchues et démoniaques. Tant il est vrai que "les impies ne peuvent cependant aimer que ce que Dieu a créé" (St Eucher de Lyon), ou va créer. Les méchants ne peuvent donc vouloir faire que ce que Dieu veut faire dans un futur proche, prétendant le supplanter dans un blasphème intégral, commettant ainsi le plus grand péché que l'homme peut commettre : "Notre-Seigneur Jésus-Christ est venu au monde pour constituer, en Lui et par Lui, l'unité du genre humain. De tous les péchés possibles, aucun n'égale celui par lequel l'homme veut se substituer à Dieu, ou prétend réaliser, à d'autres fins et de diverse manière, ce que Dieu s'est proposé. Deux fois, l'homme a succombé à cette tentation satanique : la première, quand il a cherché à ériger la Tour de Babel ; la seconde, pas plus tard qu'aujourd'hui, où une démocratie insensée essaie de mener à bien, pour son compte, l'UNITÉ DU MONDE" (Donoso Cortès ― ce philosophe espagnol écrivait cela dans les années 1840, et ça n'a pas pris une ride, bien au contraire, cela éclaire lumineusement ce que nous sommes en train de vivre !).
           
        Mais lorsqu'un Grand-Oeuvre est dans la main de Satan et de ses séides déchus comme lui, il se construit toujours par le moyen d'un jeu dialectique, avec deux forces qui vont dans la même direction mais en double-inversé, s'entendant au for interne mais s'opposant au for externe, Gog et Magog. Et c'est précisément ce à quoi nous assistons actuellement. Quel est le rôle de Vladimir Poutine là-dedans, ainsi que du chinois qui, au moins par antagonisme viscéral avec les USA, ne pourra qu'épouser la cause du russe ? Je crois que son rôle a été révélé dans les premiers jours du déclenchement de la guerre en Ukraine par le porte-parole du département d’État, Ned Price, qui a lâché, dévoilant ainsi le pot-aux-roses, que Poutine voulait un "ordre mondial illibéral" (sic), avouant donc implicitement que eux, les américains, et plus généralement tous les anglo-saxons auxquels s'acoquinent les démonazies occidentales européennes, veulent un ordre mondial... libéral.
           
        Les deux mondialismes satanisés libéral-illibéral s'entrechoquent donc actuellement, ne pouvant d'ailleurs qu'évoluer dialectiquement et en opposition externe entre eux, jusqu'à la finale ultime qui sera de faire advenir le règne de l'Antéchrist-personne, ce qui sera le cas lorsqu'ils auront résolu leur antagonisme fondamental dans une fusion de toutes façons inéluctable, obligatoire, et obligatoirement nazie.
 
 
 
 
 
02-03-2022 14:29:00
 

Macron dans mes veines...??? C'est hélas possible. Ou : rions un peu...

 
 
 
Macron dans mes veines...???
C'est hélas possible.
Ou : rions un peu...
 
           
        Presqu'immédiatement après la mort de l'ignoble roy anglais Henry VIII et du roy-enfant Édouard VI, qui ne lui succéda sur le trône, semble-t-il, que pour y mourir quasi aussitôt, la reine Élisabeth 1ère instaura dans l'île des saints, ainsi qu'on appelait l'Angleterre dans les temps mérovingiens, un terrible régime de terreur religieuse à base de protestantisme, mettant cruellement à mort prêtres et fidèles qui voulaient garder la Foi catholique de leurs ancêtres. Élisabeth se révéla, pendant les quarante ans de son règne, la digne fille d'Henry VIII, qui avait assassiné sa propre mère et deux de ses femmes sur les six qu'il eût, pour la satisfaction passionnelle de ses mœurs corrompues et l'assouvissement de sa soif orgueilleuse de pouvoir. La fille semblait certes plus "propre" que son père, du moins extérieurement, mais la haine froide, radicale et implacable de son cœur contre le catholicisme semble avoir été plus virulente, infernale et diabolique, que celle de son père...
           
        Cette persécution cruelle engendra en tous cas dans la race anglaise d'admirables et magnifiques martyrs de la Foi catholique, qui terrassèrent surnaturellement leurs indignes persécuteurs. Pour les vaincre plus sûrement encore, ils se servirent du génie même de leur race, dont la fine pointe consiste à terrasser l'ennemi par un humour caustique et supérieur, improprement appelé flegme britannique, montrant ainsi la supériorité de leur cause. C'est pourquoi l'on voit la plupart des martyrs anglais de ce temps-là se piquer d'honneur de lancer un dernier mot d'humour avant de quitter ce très-bas monde, se moquant ainsi de ceux qui, croyant les vaincre, les envoyaient en fait directement au Paradis éternel, dans "les nouveaux cieux et la nouvelle terre" (Apoc XXI, 1), pour y jouir sans cesse de la gloire et de la joie suréminentes qui, de par le Christ-Dieu et la Très-Sainte Trinité, n'ont pas de fin, durent toujours, sont sans cesse renouvelées...
           
        On connaît par exemple le dernier mot d'humour du plus célèbre martyr anglais de cette époque, saint Thomas More. Henry VIII, plein de haine contre son ancien ami qui refusait de souscrire à son divorce, le fit littéralement affamer dans la tour de Londres où il l'avait fait enfermer, de façon à ce qu'il arrive pantelant, faible et sans force, chancelant sur ses jambes, devant l'échafaud où l'attendait la terrible hache du bourreau pour le décapiter. Il supputait avec une méchanceté diabolique qu'il lui serait alors impossible de gravir le roide et raide escalier sans rampe pour monter sur l'échafaud haut-juché, sans risquer fort de tomber, ce qui aurait été évidemment du plus mauvais effet, et d'abord, et surtout, d'une manière affreuse, sur le martyr lui-même. Saint Thomas, amené sur les lieux pour subir son martyre, se rendit compte instantanément de la situation en descendant de la charrette des condamnés. Mais rempli de l'Esprit-Saint, il commença par se mettre à genoux au pied de l'escalier de bois, et récita avec ferveur les Psaumes qu'il avait préparés. Puis, il se redressa, et hélant à voix forte le bourreau, lui lâcha d'un ton volontairement désinvolte : "Hello, my friend ! Voulez-vous, je vous prie, me donner votre bras pour monter ? Rassurez-vous, je n'aurai pas besoin de vos services pour redescendre". Par ces seuls mots mâles et virils, so british, qui furent les tout derniers de saint Thomas More, la Bête, moquée et ridiculisée publiquement, était vaincue...
           
        C'est dans cette même optique, cette même veine d'humour surnaturel victorieux, qui finalement terrasse le mal dans son essence même rien que par cette douceur supérieure et invincible du souffle de la Bouche du Christ terrassant l'Antéchrist-personne ("Et alors se manifestera cet impie, que le Seigneur Jésus tuera par le souffle de Sa bouche" ― II Thess II, 8), que je vais tâcher de rédiger ce présent articulet humoristique...  
 
 
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        ... On nous dit, hélas en toute vérité, qu'il y a des tas de choses pas catholiques du tout dans le sérum de ces prétendus "vaccins" anti-Covid qui n'en sont pas, n'étant que des "thérapies" d'apprentis-sorciers : une protéine Spike toxique, de l'oxyde de graphène et beaucoup d'autres claxibules encore, susceptibles de transformer notre ADN irréversiblement, irrémédiablement (très-diablement en effet), modifiant ainsi radicalement à la sauce OGM, via notre système immunitaire, la nature humaine que le Bon Dieu nous a donnée pour notre bonheur terrestre en vue de celui du Ciel. Non seulement d'ailleurs, l'ADN des vaccinés est modifié, mais encore leur système immunitaire sera saccagé assez rapidement après la full vaccine : il va finir par s'aplatir complètement à un quasi zéro le rendant similaire au système immunitaire déficient des malades du SIDA. La seule différence avec les malades du SIDA sera que la cause en sera les vaccins et non pas un virus...
           
        Des scientifiques félons, traîtres, ignominieusement vendus au mal et collabos de l'actuel régime nazi universel 2.0 (le 1.0 n'était seulement qu'un régime nazi national à visée universelle), sont même, vu la grande difficulté de transhumaniser l'intégralité de la population mondiale par le seul procédé des "vaccins" à rappels, en train d'inventer une possibilité d'injecter ces produits transhumanisants dans des aliments naturels, par exemple de la laitue. Et alors, en consommant ces aliments achetés dans notre supermarket habituel, nous serions, sans même nous en rendre compte (car bien entendu, l'ingrédient transhumanisant infestant l'alimentaire naturel ne serait pas indiqué sur l'étiquette du produit vendu), progressivement changés en zombies trans-humains (par ailleurs informatiquement détectables en tous lieux et à tout moment). C'est-à-dire que, juridiquement, nous ne serions plus des humains...
           
        Parvenu à ce stade satanique ultime, la propriété de notre être individuel personnel, en effet, ne nous appartiendrait plus, encore moins à Dieu Créateur, nous appartiendrions aux lucifériens propriétaires des brevets de ces produits diaboliques mutant notre ADN. Car un ADN-OGM appartient à ceux qui l'ont transformé aux moyens de brevets d'inventions déposés légalement, le proprio originel est viré comme un malpropre, qu'il soit Dieu Créateur ou l'homme individuel créé par Lui...
 
 
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        Mais, en réalité, tout cela, pourtant extrêmement cauchemardesque, n'est rien, absolument RIEN. Moi, ce que je crains vraiment, c'est que la personne elle-même de Macron, ce petit dieu tordu de l'Autre avec nous, Emmanuel, me soit... injectée dans le sang, après avoir été réduite... nanotechnologiquement. C'est scientifiquement possible, paraît-il, et c'est cela, le plus grand péril, c'est cela qui me fait tout-à-fait peur. Personne, sauf moi, n'a l'air de se souvenir que ce péril des périls a été dénoncé dans un film américain sorti en 1966, titré Le voyage fantastique pour la version française de 1967 que j'ai le rare bonheur d'avoir visionné les jours derniers
           
        Ô lecteur inconscient...!, essayez donc de vous rendre compte.
           
        Emmanuel Macron dans un bathyscaphe, les deux, personne et engin, réduits nanotechnologiquement et circulant librement à l'intérieur de mes veines et artères pour y faire ce qu'il veut, pouvant se rendre dans mon cerveau, mais en vérité, que peut-on imaginer de pire dans l'horreur...?!? Big Brother est dépassé, George Orwell n'a pas été si loin, à beaucoup près ! Et c'est cette horreur qui nous guette, qui me guette, qui vous guette. Comme commente judicieusement un journaliste, après avoir vu le film : "Plus de 40 ans après [la sortie du film], à l'heure où de micro incisions suffisent pour effectuer les plus complexes des opérations chirurgicales, le film apparaît comme une oeuvre visionnaire" (Thomas Roland, dans Brazil).
 
 
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        Mais maintenant, immergeons-nous, si je puis dire sans rire. Le film narre l'histoire suivante. Des scientifiques à l'intérieur d'un sous-marin nucléaire, après avoir été très-microscopiquement réduits par un procédé ultra top-secret d'extrême miniaturisation (on ne dit pas encore : nanotechnologie, en 1966), sont injectés dans l'artère jugulaire d'un savant important pour supprimer un caillot sanguin dans son cerveau l'ayant plongé dans le coma, impossible à opérer chirurgicalement. Une fois parvenus sur site, ils ont pour tâche d'anéantir ledit caillot avec un canon-laser dont ledit sous-marin est équipé. Ce savant n'est pas n'importe qui, c'est un transfuge de l'Est passé à l'Ouest, seul à posséder la clef de la paix du monde, mais il a subi un attentat par les méchants de l'Est, genre Vladimir Poutine pour faire dans l'actu (suivez attentivement mon regard... amerloque), et il faut maintenant le sortir de son coma, donc supprimer le caillot sanguin, pour qu'il puisse révéler le secret de la paix du monde, laquelle ne peut être mise en oeuvre que par les forces de l'Ouest (n'oublions pas que le film est ricain). Le visuel du "voyage fantastique" dans le corps humain est si calqué sur le réel, qu'on s'y croirait presque (le scénariste s'est fait conseiller par des scientifiques véritables). Péripéties énormes entre le système artériel et veineux où le sous-marin rentre par erreur à cause d'une fistule imprévisible, ... et impossible de faire marche arrière !, entre autres traversées palpitantes du cœur, du poumon et de l'oreille interne.
           
        En 1966, l'homme venait de marcher sur la lune il y a à peine un an, et le scénariste s'inspire visiblement de ce voyage dans le macrocosme pour son voyage microcosmique... Il s'inspire aussi sûrement des BD "Objectif Lune" & "On a marché sur la lune" qu'Hergé avait fait paraître d'une manière très-anticipatrice voire visionnaire plus de dix ans auparavant, en 1953 : on a un traître dans la fusée, pardon, dans le sous-marin nucléaire, comme avec l'ingénieur Wolf ! Et il y a un câble arrimé au bathyscaphe qui pète, jetant un membre de l'équipage sorti à l'extérieur dans l'intersidéral des... poumons, implacablement aspiré, comme avec le capitaine Haddock risquant de partir vers la planète Mars ! De même encore, les turbulences mettent parfois les membres de l'équipage en état d'apesanteur... comme avec les Dupont/d ! Le mode "très-sérieux" adopté dans le film rajoute d'ailleurs encore au côté loufoque et hilarant (seule la fin est un peu bâclée). Ce film est très-facile à trouver gratuitement sur Internet, version française (faites, dans le moteur de recherche Google : "Le voyage fantastique 1966 streaming"). Si vous éprouvez trop de difficultés à le trouver, n'hésitez pas à me contacter à mon courriel (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), ce sera un plaisir pour moi de vous aider à le dégotter... et pour vous, de rire en regardant ce film de science-fiction.
 
 
le voyage fantastiqueFantastic voyage1966Réal. : Richard Fleischer
           
        ... Ah les amis !, quelle... INJECTION !! Et que de rapprochements avec notre situation vaccino-covidienne où des scientifiques actuels (véritables, quant à eux) sont effrayés de voir au microscope des petites nano-pieuvres ou des trucs à faciès géométrique bizarroïdes de nature parfaitement inconnue, se balader dans le sang des vaccinés...!!
           
        Dans le film, des médecins réduits nanotechnologiquement sont envoyés dans un corps humain pour le guérir. Mais, depuis la découverte de l'énergie atomique, on ne connaît que trop la terrible nature ambivalente du progrès scientifique : tourné à l'envers, le progrès qui peut donner la vie peut aussi donner la mort.
           
        Alors, voilà. Depuis que j'ai vu ce film, je fais toutes les nuits le même cauchemar récurrent, abominable, atroce, sordide, jusqu'à en suer d'angoisse :
           
        Macron, Schwab, Gates, et tutti quanti, dans mes artères, se dirigeant len-te-ment, len-te-ment, dans un bathyscaphe-pieuvre, vers mon cerveau...................
           
        Heureusement, ils ne pourront JAMAIS atteindre mon âme, qui me relie au Ciel éternel, pour la bonne et simple raison métaphysique que Dieu l'a créée comme étant vitalement immanente à tout mon corps, elle n'existe donc pas dans un lieu particulier de mon corps, quelqu'il soit, et ne peut pas être vu par les fils de l'Antéchrist...
 
En la belle fête de
Notre-Dame de Lourdes,
ce 11 février 2022.
Vincent Morlier,
Écrivain catholique
 
 
 
sir thomas more 14781535 he 260nw 1387467200 modifi
 
Saint Thomas More
(1478-1535)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
11-02-2022 14:33:00
 

Où est le temps béni où les hommes n'avaient pas honte d'adorer publiquement Jésus dans sa crèche ?

 
 
 
Où est le temps béni où les hommes n'avaient pas honte
d'adorer publiquement Jésus dans sa crèche ?
 
           
        ... Mais nous vivons actuellement des jours d'abomination de la désolation dans le Lieu-Saint, où les hommes, déconnectés de Dieu plus ou moins volontairement, ayant en tous cas enlevé la prise de courant surnaturelle, rejettent intérieurement leur Christ Sauveur et rivalisent d'ingéniosité pour le montrer... ingénument.
           
        Aujourd'hui, dans ma commune, j'ai pris cette photo représentant une sorte de "crèche du Père Noël" (!), pudiquement appelée "cabane du Père Noël" (car le mot "crèche", aux temps de Noël, fait tache : il emmène la pensée dans une direction religieuse qu'il ne faut surtout pas prendre...), que la municipalité a fait ériger sur une placette publique juste à côté de l'entrée du... presbytère, et... à deux pas de l'église !
 
 
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        Aux temps affreux où les hommes, se servant de la chose laïque, rivalisent pour montrer, plus ou moins sournoisement et, espérons-le, "sans savoir ce qu'ils font" (Lc XXIII, 34), leur haine du Christ et de son Salut éternel, ressouvenons-nous d'un temps pas si éloigné où l'on faisait rendre par ladite chose laïque ses hommages à Jésus dans la crèche, trouvant cela tout naturel (comme ça l'est effectivement, car le principe laïc est soumis à Jésus-Christ, et non l'inverse).
           
        C'était le cas, par exemple, du journal pour enfants Tintin, qui n'hésitait pas à consacrer la grande première page de sa livraison de Noël à faire adorer l'Enfant-Jésus par, mais oui !... Tintin & ses compagnons de BD, on était en 1948.
           
        Certes, nous n'étions plus aux temps laïcs bénis où les roys de France présentaient personnellement à l'Offertoire de la messe de l'Épiphanie, or, encens et myrrhe, temps de Réel politique désormais disparu, mais on comprenait encore que même l'Imaginaire social laïc devait rendre hommage au Roy universel... Tout, en effet, même l'imaginaire laïc, doit être donné au Christ.
 
 
voeux tintin
           
         
        Je croirai au Père Noël quand il ira adorer Jésus-Enfant dans sa crèche. Et à deux genoux en terre. Comme Tintin, le capitaine Haddock, le professeur Tournesol, les deux Dupont/d, sans oublier Milou...
           
        ... En ces temps affreux, je souhaite à tous mes lecteurs une bonne fête de Noël, une sainte fête de la Naissance temporelle de Jésus le Christ, Notre-Sauveur à tous, et qui nous sauve dès maintenant, hic et nunc !, pour le très-peu que, dans notre impuissance à mieux faire, nous Lui montrions notre Foi, notre Amour.
           
        Passez un bon 25 décembre en ne pensant plus qu'à cela, à Jésus-Sauveur de votre âme, Espérance ultime qui fait vivre surnaturellement l'âme en tous temps même et surtout dans ceux les plus pénibles, n'hésitant pas à Lui offrir ce que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus appelait ses "pensées extravagantes", c'est-à-dire les petites fantasmagories nées de notre nature déchue, imparfaite, les imaginations innocentes tels... les personnages de BD ! Elle disait en effet, dans ses derniers mois terrestres très-crucifiés : "J’accepte tout pour l’amour du bon Dieu, même toutes sortes de pensées extravagantes qui me viennent à l’esprit" (Derniers entretiens, 4 juin 1897). Tout, en effet, doit être remis au Christ Jésus, et lui faire hommage, le Fils de Dieu-Fils de l'Homme a cette Bonté et cette Humilité si touchantes de ne rejeter rien de ce qui vient, en soi, de l'homme.
           
        Un point, c'est tout. En ce jour du 25 décembre, ne pensons plus au reste.
           
        Bon Noël avec Jésus-Christ, chers amis !
 
En cette Nativité 2021,
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
 
23-12-2021 11:35:00
 

... À la foire aux fous (au pluriel) !!! (2)

 
 
 
        (Pour mémoire, je mets ici le lien de la 1ère partie de mon article, à lire évidemment avant cette présente partie deuxième & dernière : https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/a-la-foire-aux-fous-au-pluriel-1?Itemid=154)
 
 
... À la foire aux fous (au pluriel) !!!
(2)
 
 
 AutrucheTêteDansCiment
           
        Mais je quitte maintenant l'abbé Salenave, prêtre lefébvriste de seconde voire troisième génération, et pile sec des deux pieds sur un autre articulet signé par un prêtre lefébvriste de première génération, lui aussi dissident comme l'abbé Salenave, à savoir l'abbé Philippe Laguérie, intitulé Le rapport Sauvé : à vomir !, daté du 6 octobre dernier (texte complet, ici : https://blog.institutdubonpasteur.org/Le-Rapport-Sauve-a-vomir). À sa lecture, je vois que les prêtres lefébvristes de première génération ne sont pas moins contaminés de folie totale que ceux qui les suivent (ce qui tendrait à infirmer l'affirmation du fabuliste : tous étaient frappés, et... tous en mouraient).
           
        J'y lis que notre abbé Laguérie sait fort bien dénoncer les folles palinodies des évêques modernes, mais... il n'a pas un mot pour dénoncer les palinodies folles des "ralliés" auxquels il est acoquiné envers ces mêmes évêques, qui s'étalent indécemment, sans aucune pudeur, dans la lettre collective des supérieurs des Instituts "ralliés" (dont l'Institut du Bon Pasteur qu'il patronne), du 31 août dernier, suite au motu proprio assassin de la liturgie traditionnelle du pape François, Traditionis Custodes. Facile de taper sur les folies de fous des évêques français, mais l'abbé Laguérie ferait mieux de commencer par balayer les folies de fous des "ralliés", là, là, là, juste devant sa porte.
           
        C'est "à vomir" dit-il donc du rapport Sauvé, qui s'est occupé de faire très-officiellement la recension détaillée des crimes cléricaux pédophiles sur la période 1950-2020. C'est vrai, le rapporteur a fait l'impasse (volontairement ? Ce n'est pas sûr, comme veut le croire notre abbé pourfendeur, ... à la fin de l'envoi, je touche !, heureux d'avoir trouvé un bouc émissaire) sur le fait que les plus nombreux crimes de cette odieuse nature ont été commis entre 1962 et 1972, ce qui signifie que la tourmente vaticandeuse en est directement cause. Ce rapport Sauvé-damné est donc "à vomir", soit (essentiellement d'ailleurs par son sujet lui-même). Mais, disais-je, il y a autre chose à vomir au vomitorium, aussi vomitive sinon plus, c'est l'ignoble lettre des supérieurs des Instituts "ralliés" adressée récemment aux évêques français. "Il s'agit d'une lettre «filiale et confiante pour solliciter l'aide des évêques [... !!!!!!!!!!] dans notre désir de paix et d'unité», a écrit sur Facebook la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre" (Traditionis Custodes : le cri de détresse des supérieurs «tradis» aux évêques, au lien suivant https://www.famillechretienne.fr/36971/article/traditionis-custodes-le-cri-de-detresse-des-superieurs-tradis-aux-eveques).
           
        Premièrement, sur le fond. Nous sommes en pleine folie totale. Les "ralliés"... sollicitent l'aide des... évêques ??? Mais, on se demande : est-ce que les supérieurs des Instituts "ralliés" savent lire ? Est-ce qu'ils n'ont pas lu, avant de prendre la décision de rédiger leur incroyable lettre, la missive explicative du pape François adressée aux évêques, exposant on ne peut mieux le contexte et les motivations de Traditionis Custodes ? On ne peut pas penser, tout-de-même, qu'ils n'aient pas lu cette lettre très-claire expliquant tout le contextuel de Traditionis Custodes, avant de rédiger la leurOr, qu'y dit le pape François ? Il explique très-clairement que s'il a pris la décision de la mise à mort de l'antique (et seul catholique) rite de la messe, sous forme de goulet en étranglement mortel in fine, c'est essentiellement en s'appuyant et se fondant sur les réponses des évêques à l'enquête qu'il a diligentée auprès d'eux, quant à leur appréciation épiscopale sur l'expérience qui a été faite à partir du motu proprio Ecclesia Dei, de laisser la bride libre pour l'utilisation par des communautés tradis de la messe selon le vetus ordo. Or, la réponse collective desdits évêques n'a pu qu'être FORT NÉGATIVE, puisque c'est en s'appuyant sur cette réponse que le pape prend a-posteriori lui-même la décision de supprimer par un motu proprio la possibilité de dire la messe selon l'ancien rite.
           
        Lisons le pape : "Treize ans plus tard [après Summorum Pontificum de Benoît XVI, du 7 juillet 2007], j’ai chargé la Congrégation pour la doctrine de la foi de vous adresser [à vous, évêques du monde entier, dont ceux... français évidemment] un questionnaire sur l’application du Motu proprio Summorum Pontificum. Les réponses parvenues ont révélé une situation douloureuse qui m’inquiète, me confirmant la nécessité d’intervenir. Malheureusement, l’intention pastorale de mes prédécesseurs, qui avaient entendu «faire tous les efforts afin que tous ceux qui ont vraiment le désir de l’unité aient la possibilité rester dans cette unité ou la retrouver», a été souvent gravement négligée. Une possibilité offerte par saint Jean-Paul II et avec une  magnanimité encore plus grande par Benoît XVI afin de recomposer l’unité du corps ecclésial dans le respect des différentes sensibilités liturgiques a été utilisée pour augmenter les distances, durcir les différences, construire des oppositions qui blessent l’Église et en entravent la progression, en l’exposant au risque de divisions".
           
        Ainsi donc, la chose est très-claire : la réponse des évêques modernes, comme d'ailleurs il fallait s'en douter, n'a pu qu'être très-négative quant à laisser libre la faculté de dire la messe selon l'ancien rite, puisque, le pape s'en explique fort bien, c'est sur leurs réponses épiscopales qu'il a pris sa décision de supprimer cette dite faculté (... décision que lui aussi, pape plus que moderne, ne demandait certes qu'à prendre ! Pape et évêques modernes sont tous d'accord pour la suppression de l'ancien rite, c'est évident...). Parmi ces évêques, ceux français, tristement connus depuis des décennies conciliaires et post pour leurs prises de positions collectivement progressistes et anti-traditionnelles, n'ont pas dû être les derniers à négativer ladite réponse !
           
        Et... c'est à ces évêques-là, qui s'avèrent être et qui se révèlent comme les pires ennemis de la Foi liturgique, que les supérieurs des Instituts "ralliés" vont en pélerinage, à genoux, pour... solliciter leur aide ?!? Moi, je suis sûr d'une chose : il y en a, parmi lesdits évêques, qui ont dû bien rigoler en recevant leur lettre, ils ont sûrement dû friser "la rupture de l'être". On est là, en effet, dans le cas de figure d'un agneau qui, apprenant que le loup a passé décret de le croquer tout d'une pièce, se dépêche de venir en gémir... sur le sein du loup !! Peut-on, en vérité, imaginer plus grande folie de folie totale ?!!
           
        On serait curieux de savoir ce qu'en pense l'abbé Laguérie, dont on apprend, en allant sur son blog, qu'il est un "curé de choc" ?
           
        Deuxièmement, sur la forme. Cette lettre est absolument dégoulinante de veulerie larmoyante et de servilité vile envers des autorités ecclésiastiques modernes irréversiblement antéchristisés mais que les "ralliés" veulent s'obstiner perseverare diabolicum à croire qu'elles poursuivent toujours le bien commun de l'Églisequ'on en juge par ces quelques extraits cités en vrac, à ne pas même toucher avec le tisonnier avant de les brûler, sous peine de se salir copieusement l'âme (texte complet, ici : https://www.famillechretienne.fr/36970/article/traditionis-custodes-la-lettre-des-superieurs-des-communautes-ecclesia-dei-aux) : "Cet amour filial [qui est le nôtre, nous "ralliés", envers les autorités de l'Église moderne antéchristisée] se teinte aujourd'hui d'une grande souffrance. Nous nous sentons soupçonnés, mis en marge, bannis. (...) Nous sommes loyalement soumis à la juridiction du Souverain Pontife et à celle des évêques diocésains. (...) Des fautes ont-elles été commises ? Nous sommes prêts, comme l'est tout chrétien, à demander pardon si quelques excès de langage ou de la défiance vis-à-vis de l'autorité ont pu s'introduire chez quelques-uns de nos membres. Nous sommes prêts à nous convertir si l'esprit de parti ou l'orgueil a pollué nos cœurs. Nous supplions que s'ouvre un dialogue humain, personnel, plein de confiance, loin des idéologies ou de la froideur des décrets administratifs. Nous voudrions pouvoir rencontrer une personne qui sera pour nous le visage de la Maternité de l'Église. Nous voudrions pouvoir lui raconter la souffrance, les drames, la tristesse de tant de fidèles laïcs du monde entier, mais aussi de prêtres, religieux, religieuses, qui ont donné leur vie sur la parole des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI. (...) Nous sommes désireux de confier les drames que nous vivons à un cœur de père [... après le visage de l'Église-Mère, ils veulent voir son cœur de père ! Les "ralliés" se seraient-ils convertis à la théorie du gender...??]. Nous avons besoin d'écoute et de bienveillance et non de condamnation sans dialogue préalable. (...) Nous désirons avant tout un dialogue vraiment humain et miséricordieux. «Sois patient envers moi !» (Matth XVIII, 29)"....................
 
        ... Tuediable !!! J'arrête là la lecture de cette abominable, infâme et ignoble lettre, j'en peux plus, c'en est trop pour moi. Franchement, j'aurai honte de voir mon chien qui n'est qu'un chien se déculotter aussi bas sur le trottoir devant tout le monde. Les "ralliés" nous apprennent, dans leur folie totale, qu'il y a donc aussi un sens moral au verbe défroquer. Ils défroquent vraiment la Foi dans leurs âmes, en toute impudeur et impudence, comblant, dans cette lettre, la mesure de leur infamie. C'est vraiment affreux, vraiment répugnant à voir.
            "
        Sois patient avec moi !", osent-ils, pour résumer leur supplique abjecte, pleurnichouiller sans aucune honte dans le giron moderniste des épiscopes français dont la plupart, donc, sont moralement responsables de la suppression pontificale de l'antique messe catholique dans Traditionis Custodes. Comme il s'agit là, dans la parabole évangélique invoquée, de la répartie du débiteur qui doit de l'argent à son prochain qui le lui réclame avec aigreur, les "ralliés" donc, par cette citation, professent qu'ils ont... une dette à régler à l'Église en ayant obtenu d'elle de dire la messe selon le bon rite catholique ; ce qui signifie qu'ils professent que le rite antique de la messe catholique n'est pas un crédit positif dans l'Église, mais un débit négatif. Par leur obsession satanisée de l'Autorité ecclésiastique en place, contre laquelle ils n'ont plus aucune critique doctrinale surtout pas quant à la Liberté religieuse, les "ralliés" DÉSHONORENT donc scandaleusement, sans même s'en rendre compte apparemment, le rite catholique de la messe qu'ils osent prétendre aimer.        
           
        De plus, cette lettre se fonde sur l'hérésie. Les signataires y réaffirment en effet "leur fidélité au Saint-Père et leur «adhésion au Magistère (y compris celui de Vatican II et à ce qui suit) selon la doctrine catholique de l'assentiment qui lui est dû»". Or, non, mensonge, et mensonge fondamental, totalement dirimant pour leur fou-thèse "ralliée" : la plupart des doctrines contenues dans Vatican II requièrent de tout fidèle un acte de Foi formel, de fide, et pas seulement un simple "assentiment", car elles sont promulguées dans le cadre du Magistère ordinaire & universel de soi infaillible. Nous ne sommes pas là en effet dans le cadre du très-moderniste et tout illusoire Magistère authentique, non-doté de l'infaillibilité ecclésiale, dont il est bon de faire remarquer que c'est un nouveau département magistériel dans l'Église, inventé par les modernes, mais parfaitement inconnu des théologiens catholiques avant Léon XIII (il n'y en a, à ma connaissance, aucune trace dans le concile de Vatican 1er), et qui, depuis, n'a même jamais été défini... et pour cause (cf., sur ce sujet très-important d'une bonne définition des différentes catégories magistérielles en Église, et du charisme de l'infaillibilité qui leur est inhérent, le tout premier article que j'écrivais sur mon site, en date du 17 mars 2012, La notation non-infaillible du concile Vatican II selon Mgr Gherardini : du grand n'importe quoi... moderniste, au lien suivant https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/la-notation-non-infaillible-du-concile-vatican-ii-selon-mgr-gherardini-du-grand-n-importe-quoi-moderniste?Itemid=154) !
           
        Mais les "ralliés" sont ravis de pouvoir se servir de ce ballon de baudruche qu'est ce Magistère authentique (... quel satané tour du diable, que cette formule en pléonasme fautif, qui hélas a fait florès dans l'Église !! Un Magistère est en effet TOUJOURS authentique ! Cette formulation donc, ne veut absolument RIEN dire !, elle ne fait que contenir un grand vide théologique !, dans lequel, maintenant, on fourre tout ! Dès lors en effet, de nos jours, qu'on veut classer un acte magistériel, il n'est plus question, après avoir exclu le Magistère extraordinaire, que de... Magistère authentique !), pour éviter d'avoir à prendre acte que l'Église est "faite péché pour notre salut" (II Cor V, 21), plongée irrémédiablement dans la "si grande contradiction" (He XII, 3) inhérente à l'économie de la Passion, ce qui précisément se prouve par les actes doctrinaux de Vatican II, tel la Liberté religieuse, parfaitement hérétique mais de soi doté de l'infaillibilité ecclésiale de par le Magistère ordinaire & universel dont il est un acte formel (cette "si grande contradiction" n'est évidemment que matérielle, comme signifiant la crucifixion de l'Épouse du Christ, elle n'est bien sûr pas formelle, ce qui signifierait que "les portes de l'enfer auraient prévalu contre elle", contre la Promesse du Christ). Le pape François lui-même, dans la lettre explicative de Traditionis Custodes, qualifie le concile Vatican II, de SOLENNEL ("Douter du Concile, signifie douter des intentions mêmes des Pères, qui ont exercé leur pouvoir collégial de façon solennelle cum Petro et sub Petro au concile œcuménique, et, en dernière analyse, c’est douter de l’Esprit-Saint lui-même qui guide l’Église"). Mais... très-précisément, un Magistère solennel (= ce qualificatif est employé ici par le pape au sens théologique, c'est-à-dire comme signifiant l'Assistance directe et immédiate du Saint-Esprit, et non pas dans un sens simplement profane, comme signifiant par exemple l'apparat et l'éclat extérieurs plus ou moins mondains) ne peut qu'être doté de l'infaillibilité ecclésiale, en l'occurrence de Vatican II, par le mode ordinaire & universel, il ne peut absolument pas être non-doté de l'infaillibilité ecclésiale, comme ressortissant du mode authentique, comme le supposent les "ralliés"...
           
        La raison de cette folie totale des "ralliés", de vouloir professer en droit les Actes de Vatican II tout en ne les professant pas de fait, n'est pas à chercher au loin : elle réside dans leur idolâtrie folle de folie totale de l'économie de salut en cours, cette hérésie aloge que j'ai épinglée que dessus avec l'abbé Salenave. Les "ralliés" veulent rester dans l'Histoire, l'économie de salut du temps des nations et de Rome son centre pontifical, dans laquelle elle est toujours doctrinalement "toute blanche", ne puisse pas être "faite péché pour notre salut" (II Cor V, 21). Ils trichent donc scandaleusement avec la doctrine, en ne voulant pas voir la "si grande contradiction" (He XII, 3), qui existe entre l'acte magistériel de la Liberté religieuse, pour en rester à celui-là, et la Constitution divine de l'Église, c'est-à-dire en ne voulant pas prendre acte que la "crise de l'Église" est "PASSION DE L'ÉGLISE", qu'elle est de nature apocalyptique, et non point du tout historique. Ils ne veulent pas prendre conscience que les papes et évêques de l'Église moderne sont tous antéchristisés au point fatal et fatidique d'œuvrer universellement ensemble à l'avènement de l'Antéchrist-personne dans l'Église et très-précisément sur le Siège de Pierre, et c'est bien pourquoi justement, le fait ecclésial prouvant mon affirmation, on voit des motu proprio pontificaux radicalement assassins de la Foi, comme Traditionis Custodes ou encore Amoris Laetitia, etc., etc. hélas. Ce qui se traduit chez eux par une obéissance émasculée et lobotomisée envers les papes et évêques modernes post-conciliaires, jusqu'à, par un péché gravissime, tuer radicalement dans leurs âmes l'intelligence de la Foi, Don du Saint-Esprit, qui leur ferait voir ce que même un enfant du 1er catéchisme verrait, à savoir que ces papes professent l'hérésie à caractère formel, pire même, l'apostasie, dans leurs Magistères, quoique seulement matériellement (sinon, bien sûr, ils seraient déjà l'Antéchrist-personne). Ils en deviennent fous à manger du foin, prêts à toutes les capitulations les plus honteuses envers les papes et évêques de l'Église moderne, comme le montre si "magistralement" cette abjecte, infâme et ignoble lettre collective d'iceux-là tous, qui m'a vraiment fait vomir.
           
        L'abbé Laguérie, dans son articulet, s'en prend hargneusement aux modernes qui professent en soixante-huitards que "tout homme a droit à la liberté religieuse qui consiste à n’être empêché d’agir, en privé comme en public, seul ou en société, selon sa conscience" (sic). Est-ce que, par le plus grand des plus grands hasards, notre abbé n'aurait pas encore remarqué que cette proposition hérétique, philosophiquement originée sur la très-révolutionnaire Déclaration des droits de l'homme, a été magistériellement professée, pour copie exactement  conforme, par les Pères de Vatican II dans Dignitatis Humanae Personae ? Un Vatican II auquel sa position "ralliée" folle de folie totale l'oblige à accepter en droit toutes les propositions doctrinales qui y ont été faites, parce qu'elles ressortent du Magistère ordinaire & universel de soi infaillible ? Et que donc, la seule manière de s'en sortir dans la Foi, de bien vivre (et mourir) cette situation apocalyptique, est d'épouser "LA PASSION DE L'ÉGLISE", comme je l'expose sur mon site ?
           
        ... Mais de qui se moquent les "ralliés" ? De l'Église ? De Dieu ? Des deux à la fois ? Devant Dieu, qu'ils le sachent, il leur en cuira. Au moins autant qu'au sieur Sauvé-damné escamotant dans son rapport la cause vaticandeuse des crimes pédophiles ecclésiastiques (s'il l'a fait volontairement). Plus que jamais, au sujet des "ralliés", invoquons pour eux la très-grande Miséricorde du Christ, ils en ont vraiment besoin : "Seigneur, pardonnez-leur ! Ils ne savent pas ce qu'ils font !"
           
        Si l'on va sur le site de l'Institut "rallié" du Bon Pasteur, fondé et patronné par notre cher abbé, on peut lire un gros titre agressivement ronflant : La tradition a de l'avenir. Il n'est pas besoin d'être grand'clerc pour comprendre que la formule est une déclinaison transparente de Demain, la Chrétienté, mantra des tradis qui "veulent faire la Volonté de Dieu contre la Volonté de Dieu" (André Frossard). Et de présenter sous ce titre réjouissant, en quelques courtes phrases, l'oeuvre du séminaire saint Vincent de Paul. Ce serait très-bien, spirituellement fort bel et bon, sans aucun doute, si l'on formait les jeunes prêtres à être... guillotinés DEMAIN-pas-la-Chrétienté, plus encore spirituellement que physiquement, lorsque le mysterium iniquitatis s'épanouira affreusement et terriblement dans l'Église, sur le Siège de Pierre, et subséquemment, dans le monde entier, par le règne de l'Antéchrist-personne, qui est tout proche.
           
        Comme avec Traditionis Custodes, qui, sous autorité pontificale légitime, guillotine déjà des vies consacréesleur lettre en témoigne, les "ralliés" le confessent eux-mêmes la larme à l'œil mais sans (vouloir ? pouvoir ?) comprendre qu'il s'agit là de l'esprit de l'Antéchrist mis en oeuvre par le pape légitime actuel, le couperet mortel tombera DEMAIN-pas-la-Chrétienté sur ces jeunes prêtres, non pas par la main des athées mais par celle... du pape lui-même transmué en Antéchrist-personne, comme caméléon sur fond noir devient noir lui-même, noir c'est noir il n'y a plus d'espoir (il y aura cependant toujours l'Espérance du Ciel tout entier bien sûr, par laquelle s'échappera l'âme chrétienne, mais plus rien d'humain pour la soutenir). Terrible contexte de fin des temps, de crise apocalyptique finale, certes, mais contexte qui met l'âme dans la réalité spirituelle vraie des choses actuelles voulues par la Providence divine. Mais tout au contraire de cette situation apocalyptique réelle, on fait miroiter à ces séminaristes ou jeunes prêtres, qu'ils sont les premières et glorieuses prémisses de ces fameux et illusoires "îlots de chrétienté" (Joseph Ratzinger), qui vont ressusciter... le monde entier... qui ne demande qu'à... se convertir... à moins qu'ils ne soient les prémisses de ces "petits îlots de survie" post-covid & pass sanitaire, chers à l'abbé Salenave, par lesquels, excusez du très-peu, le Cœur immaculé de Marie... triomphera !! 
           
        C'est donc dorénavant, chez les tradis, on le voit, à qui sera le plus fou de folie totale. On dirait qu'il y a actuellement dans toute l'Église un concours occulte, inavoué, mais auquel tout le monde participe et pense furieusement, ils ne pensent qu'à ça, pour remporter le 1er accessit avec les félicitations du jury dans la catégorie plus fou de la folie totale, avec son trophée ardemment convoité du Bonnet-d'Âne plein or massif (on va voir tout-de-suite que les modernes ne sont évidemment pas en reste).
 
 
AutrucheTêteDansCiment
           
        D'autres tradis encore, conservateurs plus que traditionalistes (si ces distinguos ont encore un sens de nos jours, les étiquettes se mélangeant de plus en plus en un vrai melting-pot, un brouet immangeable : une caractéristique de la folie totale est justement le grand chaos dans l'intelligence et dans les âmes), voudraient s'imaginer que les papes saint Jean-Paul II et Benoît XVI auraient dressé ensemble un rempart de Foi et de résistance à la subversion, rempart qu'est en train de renverser le pape François dans son pontificat. Que vaut cette thèse ? En vérité : plus fou, tu meurs. C'est vraiment vouloir s'inventer dans le grand n'importe quoi une réalité qui n'existe absolument pas, par une sorte de dialectique pontificale entre des papes que, de manière totalement artificielle, on prétend opposer les uns aux autres... alors qu'en vérité, tous et chacun de ces trois papes sont aussi modernes que... chacun et tous d'iceux-là !
           
        Voir par exemple un Jean-Paul II en bon pape attaché à la doctrine traditionnelle de la Foi, c'est vraiment se moquer du monde et de soi-même, quand on est catholique ou qu'on prétend l'être, ou ne rien comprendre à ce dont on prétend parler. Une telle thèse est si outrée qu'elle déclenche une "rupture de l'être", ce serait vraiment à rire à gorge déployée quand hélas c'est plutôt à pleurer toutes les larmes de son corps. Ceux qui nous pondent ce genre de thèses absurdes et mensongères parce qu'ils ne savent plus ce qu'inventer pour fuir "LA PASSION DE L'ÉGLISE", ne se souviennent-ils donc plus que Jean-Paul II a été l'inventeur et le maître d'œuvre des si impies cérémonies œcuméniques où toutes les religions fausses sont mises à rang d'égalité avec la seule vraie, celle catholique...?? Ils ne se souviennent donc plus du plus grand scandale pontifical de l'ère moderne, je veux parler de la cérémonie œcuménique d'Assise en 1986, voulue et patronnée par Jean-Paul II (tu parles, d'un défenseur de la Foi traditionnelle !!!)...?!? Alors, si nos illusionnés ne se souviennent plus de cela, c'est qu'ils sont vraiment frappés de folie totale, devenus comme cet homme insensé dénoncé dans l'épître de saint Jacques, qui se regarde dans un miroir, puis, s'en allant, oublie comment il est fait...
           
        Ces conservateurs s'inventent vraiment n'importe quoi dans la tête. À propos de la messe de l'Église, par exemple, sujet brûlant aux temps de Traditionis Custodes, Jean-Paul II et François ont mené et mènent strictement le même mauvais combat : abolition de l'antique (et seul vraiment catholique) rite de la messe. Jean-Paul II et François ? Même combat. Je mettais ainsi le doigt sur la position progressiste ultra de Jean-Paul II quant à la messe, tout-à-fait identique à celle de François, dans L'Impubliable : "Il n’est pas du tout anodin de remarquer que dès le lendemain (!) de son élection au Siège de Pierre, Jean-Paul II tiendra à confirmer dans le droit et rigoureux fil de la célèbre allocution prononcée par Paul VI en mai 1976, le caractère absolument inexorable de la réforme liturgique issue de Vatican II, qu'il considère, c’est lui-même qui le dit, comme… primordiale : «Nous considérons comme un devoir primordial de promouvoir l'exécution des normes liturgiques qui émanent de l'autorité ecclésiastique et excluent donc tant les innovations arbitraires et incontrôlées que le rejet obstiné [... suivez mon regard...] de ce qui a été légitimement prévu et introduit dans les rites sacrés» (Allocution prononcée le 17 octobre 1978 lors de la messe concélébrée à la chapelle Sixtine). Que l'abbé Aulagnier ne vienne donc pas nous soutenir à présent que, soi-disant, Jean-Paul II aurait volontiers redonné la messe de saint Pie V en 1986 mais qu'il ne l'a pas fait à cause des conférences épiscopales, il est rigoureusement impossible de croire à cette bonne intention de Jean-Paul II : à peine promu au Siège de Pierre, voyez, considérez au contraire comme il monte immédiatement au créneau pour soutenir presque militairement la nouvelle messe !" (L'Impubliable, p. 37, note 16). François, dans la lettre explicative accompagnant Traditionis Custodes, rappelle d'ailleurs à fort juste titre que si Jean-Paul II a autorisé la célébration de la messe selon l'ancien rite dans Ecclesia Dei en 1988, ce n'est pas précisément par amour de l'ancien rite, c'était uniquement de sa part une manœuvre stratégique pour réduire la fracture "schismatique" de Mgr Lefebvre...
           
        Pour faire court sur le sujet : Jean-Paul II aurait signé des deux mains et des deux pieds Traditionis Custodes de François, il aurait été parfaitement d'accord avec cette suppression de l'ancien rite dans l'Église Universelle...
           
        Jean-Paul II est d'ailleurs, de tous les papes modernes qui se sont succédés sur le Siège de Pierre depuis le concordataire Pie VII, le plus doctrinalement antéchristisé de tous, je n'ai malheureusement eu aucun mal à l'illustrer et le démontrer dans mon grand article sur sa canonisation très-étonnante (au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/LaCanonisationDeJeanPaulIIMisEnForme.pdf).
           
        À propos de dialectique, je rappelle ici que pas un pape moderne comme Jean-Paul II n'a fait des encycliques dont le canevas est autant cousu de dialectique hégélienne, où tout le monde peut trouver ce qu'il veut y trouver. Il fallait un esprit slave comme le sien, tout imbu d'esprit hégélien à la russe soviétique et marxiste, pour aller aussi loin que lui dans le péché dialectique, c'est-à-dire que tout et le contraire de tout sont mis ensemble dans un enchevêtrement diabolique absolument indéchiffrable, comme je le faisais remarquer dans ma dénonciation de Veritatis Splendor (https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/veritatis-splendor-l-encyclique-majeure-de-jean-paul-ii-extremement-loin-d-etre-catholique-enseigne-l-heresie-apostasie-de-l-antechrist?Itemid=154), ainsi que l'abbé Sulmont, en son temps, l'avait lui aussi souligné, à propos de l'encyclique Centesimus Annus : "Le texte est si nuancé et balancé que les journalistes ne veulent en retenir que ce qui va dans le sens de leurs opinions. C'est ce que constate avec une certaine ironie L'Express du 9 mai : «On s'arrache le Saint-Père [!!]. Rarement réactions auront été plus contrastées que celles qui ont salué Centesimus Annus. En France, tandis que Le Figaro célèbre une si "impitoyable" condamnation du marxisme, L'Humanité se félicite, sur trois pages, d'une si "vive" critique du libéralisme. En Italie, Il Manifesto, journal communiste, titre sur "Wojtyla, l'anti-capitaliste", tandis que le super-patron Carlo De Benedetti n'en revient pas d'une telle défense du marché libre»" (Bulletin paroissial, abbé Sulmont, n° 234, juin 1991)
           
        Jean-Paul II, un pape doctrinalement traditionnel, comme veulent se l'imaginer dans la folie la plus totale certains conservateurs ? Il faut honteusement vraiment vivre sa Foi le plus superficiellement possible, aimer le mensonge, pour oser formuler une telle thèse, avoir besoin dans l'urgence de se purger de quatre grains d'hellébore, le remède du bon La Fontaine contre la folie.
           
        Jean-Paul II... rempart de la Foi ? Pas possible ?? Pas un pape moderne n'a formulé comme lui l'hérésie personnaliste subjectiviste, proprement luciférienne, que l'Antéchrist-personne manifestera à son plein, dans son Magistère, oral ou écrit. "Voici en effet comment ce «Jean-Baptiste luciférien de l'Antéchrist» osait commenter urbi & orbi la Naissance de Jésus, ce 25 décembre 1978, son premier Noël pontifical, à peine trois mois avant la parution de Redemptor Hominis : «Ce message [de Noël] s’adresse à chaque homme, à l’homme dans son humanité. Noël est la fête de l’homme. C'EST LA NAISSANCE DE L'HOMME. (...) C’est en effet l’humanité qui se trouve élevée dans la naissance terrestre de Dieu. L’HUMANITÉ, LA «NATURE» HUMAINE, SE TROUVE ASSUMÉE DANS L'UNITÉ DE LA PERSONNE DIVINE DU FILS, DANS L'UNITÉ DU VERBE ÉTERNEL, DANS LEQUEL DIEU S'EXPRIME ÉTERNELLEMENT LUI-MÊME»" (cf. mon article sur Veritatis Splendor, au lien ci-dessus indiqué).
           
        Cette dernière phrase que j'ai mise en majuscules et en gras est en effet la formulation théologique "parfaite", sous forme théandrique, de l'hérésie des hérésies, proprement antéchristique. Voici comment je la commentais dans le cadre de ma dénonciation de Veritatis Splendor : "Dans ce premier message de Noël 1978, Jean-Paul II ose donc dire carrément que c'est TOUTE humanité existante qui se trouve unie de soi au Verbe divin, de par le fait même de l'Incarnation, et qui, par-là même, est Dieu-Verbe elle-même. Ce qui signifie donc, sans ambiguïté aucune, en toute clarté théologique... et formidablement antéchristique-hérétique !!, je le répète, que l'homme, tout homme vivant actuel, a communication métaphysiquement immédiate avec le Verbe divin, c'est-à-dire est... Dieu-Christ lui-même !!! Et c'est bien pourquoi d'ailleurs, notons-le avec soin, le texte pontifical écrit, dans la proposition théologique que j'ai mise en majuscules : la «nature» humaine AVEC DES GUILLEMETS (j'ai été vérifier le texte sur le site officiel du Vatican, les guillemets hérétiques-antéchristiques y sont bel et bien ! : http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/messages/urbi/documents/hf_jp-ii_mes_19781225_urbi.html). Parce que, comme le disait l'hérétique Karl Rahner, que Wojtyla avait beaucoup potassé et apprécié, la nature humaine est une autre manière d'appellation de la Nature divine, c'en est juste un surnom. La Nature divine... est en fait la seule existante. Il faut lire SURNATURE DIVINE quand on lit NATURE HUMAINE !!!" (fin de citation).
           
        Le pape Jean-Paul II... rempart de la Foi ? Ô esprits conservateurs fous de folie totale, jusques à quand allez-vous lasser la Patience de Dieu ?
           
        Voir le pape Benoît XVI lui aussi comme un rempart de la Foi catholique intégrale, en opposition dialectique avec le pape François, est non moins faux et mensonger. Il faudrait quand même avoir le courage et l'honnêteté de se rappeler, en n'oubliant pas ce qu'on a vu dans le miroir quand on est passé devant, que Joseph Ratzinger fut une cheville ouvrière des plus importantes à Vatican II, en tant que théologien expert influent, influançant son déroulement pour faire passer les plus mauvais décrets modernes, tel celui de la Liberté religieuse. Ce dont il ne s'est JAMAIS converti, je n'en veux pour preuve et illustration que ce qu'il a dit lui-même dans son fameux Discours à la Curie romaine à l'occasion de la présentation des vœux de Noël, en 2005, qu'on pourra trouver in extenso ici : http://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2005/december/documents/hf_ben_xvi_spe_20051222_roman-curia.htm. C'était quelques jours avant son premier Noël pontifical, où il pose pour la première fois la fameuse, mais plus fumeuse encore que fameuse, thèse de l'herméneutique de continuité, laquelle prétend résoudre le grave problème doctrinal posé par Vatican II, en professant qu'il s'agit uniquement d'une problématique d'interprétation, et non d'une mauvaise lettre magistérielle elle-même, comme cependant c'en est formellement le cas. Joseph Ratzinger devenu pape Benoît XVI n'est donc jamais revenu sur le fait que la lettre magistérielle vaticandeuse est, en elle-même, hérétique. Ce n'est pas une question d'interprétation, c'est la lettre magistérielle elle-même qui, dans son sens obvie et littéral, manifeste l'hérésie.
           
        Et à la toute-fin officielle de son pontificat, en 2013, il va redire exactement la même thèse de 2005 qui subvertit la Foi, dans son dernier discours d'adieu, aussi touchant que délirant, qu'il a fait aux curés de Rome le jeudi 14 février 2013, Salle Paul VI (cf. http://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2013/february/documents/hf_ben-xvi_spe_20130214_clero-roma.html), rajoutant en plus une autre thèse de son cru, tout aussi délirante que l'herméneutique de continuité, à savoir qu'il y aurait soi-disant eu, pour déformer le sens exact du message vaticandeux, un... Vatican II des medias ! : "Benoît XVI (...) continue à croire avec enthousiasme, cependant en toute innocence et inadvertance, au bien-fondé catholique de l'hétérodoxe œcuménisme contenu dans Vatican II, très-notamment dans les abominables décrets Dignitatis Humanae Personae Nostra Aetate, voulant voir la cause du mal dans l'Église depuis Vatican II, non pas, comme ça l'est cependant très-véritablement, très-sûrement, dans la lettre magistérielle elle-même dudit concile, mais dans un surréaliste et tout illusoire... «Vatican II des medias» !" (Feedback sur le pape Benoît XVI, etc., au lien suivant : https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/feedback-sur-le-pape-benoit-xvi-ou-le-mystere-de-la-papaute-bicephale-actuelle-eclaire-et-resolu-par-la-passion-de-l-eglise?Itemid=154)...
           
        Pour faire court : on ne peut pas penser que quelqu'un qui refuse de reconnaître que la lettre magistérielle de Vatican II est hérétique en elle-même, puisse être un rempart de la Foi contre cette même hérésie, en opposition dialectique de François. Benoît XVI est différent de François seulement parce qu'il rejette les effets négatifs de la subversion moderniste de la Foi, mais il en révère et vénère les causes en ne dénonçant et ne rejetant pas, exactement comme François, le caractère formellement hérétique de Vatican II (comme a su le faire dans l'édification générale, par exemple, faisant un salutaire retour sur son parcours de Foi dans sa vie, l'archevêque Viganò ou encore Mgr Schneider).
           
        Saint Jean-Paul II & Benoît XVI, remparts de la Foi mis en opposition dialectique de François ? Cette thèse ne fait que montrer la bien peu édifiante superficialité de la Foi des conservateurs qui la soutiennent, c'est de la folie totale...
           
        D'autres tradis encore, fuyant à toutes jambes "LA PASSION DE L'ÉGLISE", surenchérissent quant à eux à la diable sur la folie totale (pour avoir la 1ère place sur le podium), en voulant toujours croire, ... en 2021 !, et sans aucun signe du Ciel !!, à la survie physique d'un Paul VI qui se serait converti des erreurs de Vatican II (il aurait 124 ans...) ou, en recuit réchauffé, à la survie, seulement théologique cette fois-ci, de Benoît XVI, dont ils veulent croire la démission invalide (scannez le bon QR code), tout pénétrés qu'ils sont follement du mythe obscurantiste et illusoire du "dernier pape souffrant" de la fin des temps (cf., entre autres, mon avant-dernier article Encore du survivantisme pontifical !, au lien suivant http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/encore-du-survivantisme-pontifical?Itemid=483). Alors que le dernier pape de l'Église dans son économie du Temps des nations et de Rome son centre, sera Caïphe, deuxième du nom, c'est-à-dire l'Antéchrist-personne lui-même soi-même, ainsi que le prophétisent très-certainement, 1/ non seulement le précédent historique de la fin de l'économie ecclésiale synagogale-mosaïque, où l'on voit son dernier grand-Pontife, légitime, anathématiser Jésus-Christ en véritable Antéchrist ; 2/ non seulement la révélation scripturaire infaillible de "l'agneau à la voix de dragon" (Apoc XIII), 3/ mais encore, et presque plus encore car contra factum non argumentum, toute la longue litanie des papes modernes, depuis Pie VII jusqu'à François ; en effet, ces seize papes manifestent tous, peu ou prou, d'abord par les Mœurs (les papes post-concordataires), puis par les Mœurs et la Foi (les papes post-conciliaires), qu'ils sont à la fois, tous et chacun d'eux, et certainement légitimes, et antéchristisés dans leur Magistère, et de plus en plus et de pire en pire (on est comblé avec François !) ; ce qui annonce très-certainement, par une longue prophétie divine dans le fait pontifical qui s'étale en continu et sans hiatus sur plus de deux siècles aux yeux de tous, digitus Dei hic est, "l'Agneau à la voix de dragon" final sur le Siège de Pierre.
           
        On n'en finirait pas d'éplucher au-dessus de la poubelle cette revue de presse des élites tradis de la folie totale.
           
        Quant à moi, j'en ai assez dit (... et j'en ai assez tout court !), avec ces quelques exemples pris sur le tas et sur le vif chez eux. 
 
 AutrucheTêteDansCiment
           
        Donc, les tradis vivent leur Foi dans la folie totale. Les modernes n'ont aucune peine à les égaler sur cela, c'est sûrement un très-rare euphémisme que de le dire. Eux aussi ne pensent qu'à une chose, ils ne pensent qu'à ça : au concours du plus fou de la folie totale, à gagner absolument à la première place, surtout devant les tradis...
           
        Super-boom messe, dimanche dernier, chez les modernes de ma paroisse natale où je m'astreints désormais, dans le fond de l'église, à prendre l'office dominical. C'était la première Communion des enfants, au nombre fort respectable de vingt-deux (qui, s'il vous plaît, suivait une autre fournée de même nombre, le dimanche d'avant), bien habillés et préparés pour la cérémonie. L'église, assez grande, était bondée de fidèles, composés, soit dit en passant, de bien plus de jeunes que de vieux. On se serait presque cru dans une Église... florissante, contre la réalité mortifère de la situation de l'Église de France actuelle. À croire que les îlots de chrétienté de base renouvelés dans la Foi vive, prophétisés en faux-prophète par Joseph Ratzinger, mais oui !, existeraient... déjà. Bluffant.
           
        Mais voilà. Après le chant d'entrée accompagné au synthé gonflé à l'ampli, qui a donné d'emblée, d'entrée de jeu, l'ambiance... comment dirais-je ?, boîte de nuit bcbg, le prêtre a fait applaudir (... "très-fort !, très-très-fort !!") les enfants de la première Communion qu'il avait fait monter auparavant devant l'autel, bien spectaculairement en vue des fidèles, et c'est ainsi que la messe a commencé. Puis, parvenu à la Communion, nouveaux applaudissements de l'assemblée en direction des enfants... qu'on a fait applaudir à leur tour leurs parents, éducateurs et prêtre. Puis encore, ils font leur première Communion, et immédiatement, on leur fait chanter une comptine spirituelle très-belle, très-émouvante : "Je fais silence ; je pense à Toi ; mon Dieu, je t'aime ; Tu es en moi, etc." (https://www.youtube.com/watch?v=K8dDDD3k6aU). Là, j'avoue que contrairement à l'abbé Salenave, ma "rupture de l'être" aurait plutôt consister à pleurer devant ces innocents petits communiants dont "les Anges dans le Ciel voient sans cesse la face de Mon Père qui est dans les Cieux" (Matth XVIII, 10), mais je me suis retenu.
           
        Ç'aurait été en effet vraiment formidable... si les pauvres enfants n'avaient été mis dans une ambiance... complètement électrique pendant toute la messe, les empêchant radicalement, justement, de... pouvoir faire silence intérieur dans leurs âmes à la Communion, pour penser à Dieu, et pouvoir Lui dire, dans le Face à face intime : Je T'aime. On était donc pastoralement en pleine folie totale. Mais les modernes sont si fous de leurs messes prosper-dynaboum-yop-la-joie, ... chauffe Marcel !!!, qu'ils ne se rendent même pas compte qu'elles empêchent en elles-mêmes, ex se, de prendre conscience de la Présence de Dieu, prise de conscience de soi toute intérieure. L'animatrice au début de la messe, n'avait-elle pas averti les fidèles "de ne pas faire de photos, pour ne pas troubler le recueillement des enfants" ! Mais de quel recueillement parlait-elle...?! Comme s'il était en soi possible dans leurs messes super-boom de pouvoir intérioriser la Présence de Dieu. Pour autant, cet avertissement pré-messe montre bien qu'ils n'ont aucune conscience de leur folie totale, qu'ils tâchent au contraire de bien mettre en oeuvre... comme sans doute aussi les bourreaux de la première Passion, celle du Christ, lorsqu'ils tâchaient de bien crucifier Jésus, ce perturbateur de l'ordre public condamné, et par la Politique, et par la Religion. D'où justement la prière pleine d'Amour miséricordieux de Jésus : "Père, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font"... Et on a tout lieu d'espérer de la Miséricorde de Dieu que cette prière s'applique aussi aux fous super-fous de notre temps, modernes mélangés culs et chemises aux tradis dans cette folie totale irrépressible, irréformable, que rien ne semble pouvoir endiguer, inendiguable.
           
        Dans cette sur-boom messe, j'ai frémis de tristesse quand ce nouveau prêtre, un noir de la forêt d'ébènes, comme d'ailleurs le précédent muté dans une autre église des environs un mois auparavant (il n'y a plus de vocations chez les peuples de l'Occident autrefois chrétien, les prêtres africains, devenus très-nombreux dans l'Église de France, sont un peu le dernier raclage de fond de tiroir, la toute dernière vague réserviste derrière toutes les précédentes, avant la toute-fin de la fin...), est parvenu à la Consécration. Après avoir omis dans la prière de l'épiclèse (= invocation au Saint-Esprit pour qu'Il transsubstantie Lui-même le pain et le vin en le Corps et le Sang de Jésus-Christ ; cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89picl%C3%A8se_(liturgie), d'invoquer nommément... le Saint-Esprit, se contentant juste de formuler l'intention transsubstantiatoire de l'Église dans la messe (heureusement, cela n'invalide pas en soi la messe, la prière d'épiclèse n'est en effet pas constitutive de la validité du Sacrement), ce prêtre moderne a dit les paroles de Consécration en les paraphrasant de son cru et tout-à-fait recto tono à la suite des prières avant et après ladite Consécration. Heureusement, les prières de l'Institution y étaient dites intégralement, et sa double génuflexion introduisait une coupure plus que nécessaire dans son récit récité. Dans la déréliction la plus totale, j'avoue m'être demandé, plus qu'un court instant, intérieurement crispé, angoissé, découragé, si cette messe était valide ou bien non... 
           
        Bref, pourquoi le cacher, j'en suis sorti la goule de mon âme en pisse-vinaigre, triste à en mourir, j'ai un peu mieux compris ce que Jésus avait vécu au jardin de Gethsémani. Lorsque je pris la décision de remplir mon devoir dominical désormais chez les modernes à cause de la mauvaise foi et de la Foi mauvaise des tradis toutes tendances confondues, faute de grives j'en suis réduit à manger des merles, et ce fut le 19 mars 2018 lors d'une messe en l'honneur de saint Joseph (je m'en explique dans cet article : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/aux-dernieres-nouvelles-de-la-passion-de-l-eglise?Itemid=483), j'écrivais ceci : "Ce n'est bien sûr pas la solution parfaite. Tout simplement parce qu'aux temps de «LA PASSION DE L'ÉGLISE», il n'y a pas de solution parfaite et qu'il ne peut pas y en avoir. Cette messe de saint Joseph, de rite pourtant moderne, fut admirablement bien dite, mais j'assisterai à d'autres messes de rite moderne qui seront certainement moins bien dites". Et bien, ça y est, ma petite "prophétie" perso est réalisée...
           
        Mais à tout seigneur, tout honneur ! À propos des folies totales des modernes, ce serait vraiment pécher que d'omettre le pape François, incontestablement perché très-haut sur la toute première place du podium, sans aucun concurrent digne de lui dénouer la sandale, pardon, la mule ! Il en commet tant et tant depuis son intronisation au Siège de Pierre en 2013, de folies totales (souvenons-nous de la Pachamama !), qu'à son sujet on est extraordinairement ébahi, non pas quand il en commet mais quand... il n'en commet pas, comme il m'est arrivé de l'être beaucoup en prenant connaissance de sa si belle et si catholique Lettre apostolique Patris Corde du 8 décembre 2020 sur saint Joseph (cf., en finale de l'article Une très-bonne nouvelle...!! : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/une-tres-bonne-nouvelle?Itemid=483). Pour faire court, je ne donnerai ici qu'un seul exemple de folie totale de sa part... mais attention !, prêtez-lui l'attention qu'elle mérite !, c'est une vraie perle de première classe !, puisqu'elle consiste en ce que le Vicaire du Christ fasse des encycliques à l'usage des catholiques du monde entier... en prenant son inspiration de non-catholiques, ce que François a fait au moins à deux reprises, comme il le révèle lui-même, visiblement... très, très fier, dans Fratelli Tutti : "En outre, si pour la rédaction de Laudato si j’ai trouvé une source d’inspiration chez mon frère Bartholomée, Patriarche orthodoxe qui a promu avec beaucoup de vigueur la sauvegarde de la création, dans ce cas-ci, je me suis particulièrement senti encouragé par le Grand Imam Ahmad Al-Tayyeb que j’ai rencontré à Abou Dhabi pour rappeler que Dieu «a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux»" (§ 5).
           
        ... Là aussi : plus fou ? Tu meurs.
 
 
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        Je vais parler en général, à présent, ne voulant certes cibler personne en particulier parmi les prêtres actuels dont, quels qu'ils soient, modernes ou tradis, j'honore le sacerdoce genoux en terre, comme le conseillait si bien Mgr Williamson ("Bénies les âmes catholiques qui savent abhorrer leurs erreurs sans cesser d’honorer leur office"). Mais à quoi ressemblerait bien un prêtre catholique qui refuserait par principe mauvais, aloge, de professer vivre la fin des temps lorsque la Providence de Dieu la lui fait vivre très-certainement dans sa génération humaine parce que les signes eschatologiques, qu'il a cependant décidé de ne pas voir contre le conseil formel de Notre-Seigneur, y sont tous impactés, comme c'est le cas de nos jours ? Notre-Seigneur le compare à du sel affadi, tout juste bon à être piétiné par les passants : "Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes" (Matth V, 13). En langue plus moderne et branchée, on appelle ça un faux-cul. Qu'on veuille bien me pardonner de rappeler ici la définition humoristique que j'en avais donnée dans L'Impubliable : "Faux-cul. Se trouve dans tout bon dictionnaire. Vient étymologiquement de faux-col de bière. Rentrez dans un bar. Demandez-en une, et, garçon, ... AVEC faux-col ! Le serveur versera très-vite une 33 cl. dans une grande chope, et plus des trois/quarts du dessus sera de la mousse, la bière étouffant en-dessous. Psch-i-i-i-i-i. Voilà, vous avez compris. Un faux-cul, c'est l'écume des choses empêchant la substance de cesdites choses d'exister, par sa seule pétillante, superficielle, bruyante et éphémère existence... Hélas, si pour un verre de bière, il suffit d'avoir la patience de laisser décanter (c'est assez rapide), pour ce qui est des mondains, il n'y a guère d'espérance que dans le fameux Souffle de la Bouche de Jésus-Christ, dont l'Écriture nous enseigne qu'il sera suffisant pour précipiter l'Antéchrist dans l'Abîme, avec ceux qui le suivent en toute connaissance de cause !..." (L'Impubliable, p. 212, note 271)
           
        Étonnez-vous, après le spectacle que nous montrent actuellement l'Église et surtout les prêtres de cette Église, que certains catholiques, qui ont pourtant vécu toute leur Foi en Église depuis leur enfance, s'y sentent désormais comme... étranger. J'ai lu les jours derniers que c'est devenu par exemple le sentiment profond d'un journaliste italien, Aldo-Maria Valli, qui a à peu près mon âge, c'est-à-dire la soixantaine un peu passée. Il va toujours à l'Église, confie-t-il, mais il s'y sent désormais comme un étranger, radicalement en sentiment d'extranéité. L'extranéité définit la situation juridique d'un étranger dans un pays donné qui n'est pas le sien : il n'y possède aucun droit d'exister en tant que personne humaine au for public, il n'a tout juste le droit que de se glisser un peu partout comme un fantôme ou un crucifié social. Et c'est très-exact de dire que le catholique vrai et véritable de nos jours est en sentiment radical d'extranéité dans l'Église aujourd'hui. Ce journaliste cantonne cependant très-frileusement ce sentiment, d'une manière étriquée, conservatrice, voire même obscurantiste, aux seuls prêtres et églises modernes, mais à la grande vérité, ce sentiment d'extranéité spirituelle se ressent actuellement par le vrai catholique, le catholique intégral et non pas intégriste, dans strictement TOUTES les mouvances ecclésiales quelles qu'elles soient, tradis ou modernes, dans toute l'Église, dans tous ses morceaux désormais éparpillés et qui ne peuvent se rassembler dans l'unité parce qu'ils ont quitté la Voie, la Vérité intégrale, chacun se claquemurant fenêtres fermées dans sa petite vérité diminuée qu'il cultive avec obsession.
           
        Tous, en effet, ont quitté la Voie droite du Seigneur et ne possèdent plus, un peu comme la mèche qui fume encore, que l'écorce de la Foi et de la substance des Sacrements : on ne peut donc que s'y sentir étranger. Jusqu'à tant que le Dieu des Vengeances vienne venger en elles toutes l'Honneur très-saint de l'Épouse de Jésus-Christ. C'est ainsi que je ressens profondément les choses maintenant, dans toutes les églises de l'orbe catholique, des intégristes aux œillères sectaires les plus fermées aux modernes les plus avilis dans l'esprit du monde : pour rejeter peu ou prou "LA PASSION DE L'ÉGLISE", elles attendent toutes, quoiqu'elles ne le sachent pas et ne veulent pas le savoir, la sainte-Ire de Dieu, sa terrible Colère, terrible justement parce que parfaitement sainte. Le moment n'est certainement pas éloigné où il faudra les fuir toutes en suivant le conseil de l'Ange donné dans le ch. XVIII de l'Apocalypse, car ce qui est devenu tous azimuts la grande Prostituée de Babylone recevra son châtiment :"SORTEZ DU MILIEU D'ELLE, Ô MON PEUPLE, AFIN DE NE POINT PARTICIPER À SES PÉCHÉS, ET DE N'AVOIR POINT PART À SES CALAMITÉS ; CAR SES PÉCHÉS SE SONT ACCUMULÉS JUSQU'AU CIEL, ET DIEU S'EST SOUVENU DE SES INIQUITÉS [et va donc la châtier irrémédiablement, c'est-à-dire la rejeter complètement, comme la suite du chapitre nous le montre indubitablement]" (Apoc XVIII, 4-5). Prophétie apocalyptique d'ailleurs déjà faite dans l'Ancien-Testament, par Jérémie, en LI, 45, qui donne cette terrible précision : "Sortez, ô mon peuple ! du milieu d'elle, AFIN QUE CHACUN SAUVE SON ÂME DE L'ARDENTE FUREUR DU SEIGNEUR".
           
        Nous savons donc que nous vivons la période de la fin des temps. Mais, pourrait-on se demander, combien de temps cela va-t-il durer...? Le signe eschatologique juif dont j'ai parlé tout-à-l'heure montre en effet qu'il a commencé à naître dans le monde... il y a plus de cent ans, en 1917. Cela fait donc déjà plus d'un siècle que cela dure ! Alors, combien de temps encore avant que le mysterium iniquitatis s'épanouisse dans sa maturation parfaite lors du règne de l'Antéchrist-personne, aux fins d'être, par la Parousie du Christ en Gloire, terrassé et ôté de la terre, pour que le monde et l'Église en soient définitivement purgés, pour que la terre entière redevienne soudain universellement belle comme une épouse sous le Regard amoureux de son Époux qui embrasse tous les horizons, ainsi que les prophètes de Yahweh le prophétisent pour les temps du Millenium qui suivront immédiatement la Parousie en Gloire de Jésus-Christ ? Commençons par nous rappeler que la période de la fin des temps est décrite par Notre-Seigneur comme étant longue. Il nous avertit en effet qu'en ces jours-là, ce sera comme aux temps de Noé, "les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants" (Matth XXIV, 38), il y a donc là au moins deux générations humaines... sans forcément que Notre-Seigneur, dans ce passage, ait voulu limiter strictement à deux seulement le chiffre des générations humaines qui embrasseront toute la durée de la période de la fin des temps ! Car d'autre part, la tradition enseigne que Noé mit cent ans à construire son arche, les hommes, en son temps, voyant Noé construire son arche, eurent donc une période de fin des temps avant le Déluge d'eau qui dura un siècle...
           
        Mais comprenons bien ces choses, c'est en effet très-important pour notre Foi. Les prêtres, lorsqu'ils abordent le sujet de la fin des temps, qu'ils soient d'ailleurs tradis ou modernes, sont très-forts pour dire qu'il y a péché à prédire une date certaine pour le jour précis de la Parousie ou pour tout autre accomplissement prophétique inhérent à la fin des temps, comme par exemple le jour de l'ouverture du règne de l'Antéchrist, car "nul ne sait le jour ni l'heure" (Matth XXIV, 36). C'est en effet parfaitement exact pour le jour précis. Mais il y a péché tout aussi grave, et là hélas, les prêtres sont bizarrement complètement muets et coupablement muets pour dénoncer ce péché, pour ne pas dire que la plupart y cèdent et le commettent, à ne pas professer être dans la période de la fin des temps dans laquelle s'insère ce jour précis de l'accomplissement prophétique, lorsque les signes eschatologiques sont certainement actualisés dans notre génération humaine. Souvenons-nous, on l'a vu ensemble plus haut, Notre-Seigneur Jésus-Christ condamne sévèrement les juifs de sa génération messianique (et la transposition est bien sûr à faire pour les hommes de notre génération eschatologique), de ne pas vouloir prendre conscience qu'ils sont certainement dans la période messianique alors que tous les signes du Messie sont incarnés, c'est le cas de le dire, dans leur génération ("Hypocrites, vous savez apprécier l'aspect du ciel et de la terre ; comment donc n'appréciez-vous pas ce temps-ci ?" (Lc XII, 56)Pour résumer la question : il y a deux péchés à ne pas commettre, quant à la fin des temps : 1/ ne pas vouloir prendre conscience qu'on vit certainement la période de la fin des temps lorsque les signes eschatologiques sont actualisés ; 2/ vouloir discerner le jour précis des différents accomplissements prophétiques insérés dans cette dite période. Il y a en effet un devoir de Foi à satisfaire, non seulement quant à la perle, mais encore et à égalité, quant à l'écrin de la perle.
           
        Et c'est pourquoi, dans son langage parabolique, Jésus compare les gens de son époque qui, dans leur très-grande majorité ne prenaient pas conscience du caractère messianique de leur temps (la transposition est évidemment à faire pour les humains de notre époque eschatologique !), à des... têtes sans cervelles, des petits moineaux écervelés qui pépient ou jacassent à tue-tête à droite à gauche sans réflexion aucune et sans aucuns fruits surnaturels pour leurs âmes : "Le Seigneur ajouta : À qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui sont-ils semblables ? Ils sont semblables à des enfants assis sur la place publique, et qui, se parlant les uns aux autres, disent : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ; nous avons chanté des airs lugubres, et vous n'avez pas pleuré" (Lc VII, 31-32). C'est-à-dire : cette génération vit dans l'inconstance et l'inconsistance de la pensée, n'ayant aucune racine dans le réel, ils n'ont qu'une pensée éparpillée dans le néant et la figure du monde qui passe. Et il n'est pas besoin de préciser que ce jugement sévère de Jésus-Christ tombe aussi sur tous les gens de la génération actuelle, et singulièrement sur ses prêtres, qui, les signes eschatologiques étant formellement manifestés dans l'Église et dans le monde, ne veulent en prendre aucune conscience, vivant ainsi dans des pensées de néant... Je parlais tout-à-l'heure des modernes. À propos du prêtre noir qui vient de quitter ma paroisse natale, étant muté ailleurs, je lui avais fait connaître mon site intitulé, comme vous le savez bien ô lecteur !, L'Église vit la Passion du Christ depuis Vatican II. Parce que je ne veux exclure personne de la Charité de la Vérité, même ceux que je sens être dans l'incapacité spirituelle de pouvoir accéder à cette dite Vérité. Dans un petit courriel, il m'a répondu : "Je ne crois pas que l'Église vit sa Passion" !
           
        Pour comprendre ces choses de la fin des temps parfaitement et lapidairement, employons le moyen préféré de Notre-Seigneur, à savoir la parabole. On pourrait formuler cette parabole ainsi. La fin des temps est comparable à un homme qui se sent très-malade de partout dans son corps ; il va voir son médecin qui lui dit : "Éh bien !, on va faire des analyses approfondies en relation avec les symptômes que vous me dites, et puis nous verrons les résultats" ; les analyses étant faites, le médecin, après avoir pris connaissance des résultats, convoque son patient, et, la mine atterrée, lui dit : "Mon pauvre ami, je dois vous annoncer que vous avez un cancer généralisé tout-à-fait au dernier stade ; tous vos organes sont métastasés, il n'y a vraiment plus rien à faire, aucune opération chirurgicale ni non plus quelque traitement que ce soit à mettre en oeuvre, tout cela serait complètement inutile... ; si maintenant vous me demandez pour combien de temps vous avez encore à vivre, là, je ne peux pas vous répondre : 3 semaines ?, 3 mois ?, en tous cas très-probablement pas 3 ans". Au sortir du cabinet médical, cet homme a DEUX certitudes, et non une seule : 1/ il sait de certitude formelle qu'il vit sa propre et personnelle période de fin des temps qui doit voir le jour de sa mort, période en soi très-courte par rapport à la durée de sa vie entière, mais 2/ il ne sait absolument pas, ni le jour ni l'heure de sa mort.
           
        Il en est exactement de même pour nous, chrétiens actuels : nous savons que nous sommes dans la période de la fin des temps, cette mort mystique de l'humanité entière, ce macrocosme du microcosme (comme disait Dom Guéranger : "L'humanité n'est rien d'autre que l'homme multiplié"), mais sans savoir ni le jour ni l'heure précis du déclenchement des derniers évènements apocalyptiques, nous savons seulement qu'ils sont très-proches, sur nos têtes, imminents... et qu'il y aurait plutôt intérêt à être bien dans l'Amour de Dieu, bien unis avec Lui dans nos vie personnelle, car nous pourrions nous retrouver très-vite devant Lui, pour notre éternité.
           
        En fait, il faut bien comprendre, avec cette parabole, que les prêtres qui, actuellement, alors que les signes eschatologiques sont formellement manifestés, prêchent seulement à leurs ouailles que personne ne sait ni le jour ni l'heure des derniers évènements de la fin des temps, sans rajouter expressément que nous savons de Foi, de fide, être dans la période de la fin des temps qui doit engendrer ce jour et cette heure fatidiques que nul ne connaît, pèchent tout aussi gravement que ceux qui veulent témérairement discerner cesdits jour et heure précis.
 
 
 AutrucheTêteDansCiment
           
        J'ai promis, au début de ces lignes, de méditer en finale sur la spiritualité de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" (que j'ai exposée théoriquement, théologiquement, ici : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/ExposePassionEglise2.pdf), il est temps d'y venir, pour finir mon propos à propos. Comment vivre en effet une telle situation morale de "PASSION DE L'ÉGLISE" qui est nôtre, où toute âme est "faite péché pour le salut" dans une "si grande contradiction", situation si impossible à notre nature humaine déchue impuissante à n'y pas rajouter au moins quelque coulpe... sans, justement, en rajouter strictement aucune, pour être parfaitement saint "comme votre Père céleste est parfait" (Matth V, 48) ? Comment participer en toute sainteté personnellement et salvifiquement à la Passion, en tant que tout petit co-rédempteur en union avec le Rédempteur et avec la co-Rédemptrice Église, c'est-à-dire "être fait péché pour le salut", cet oxymore si incompréhensible à notre nature humaine déchue ? Comme le fut cependant si impeccablement Jésus-Christ vivant sa Passion propre et personnelle il y a 2 000 ans, exempt de toute espèce de coulpe et d'ombre de coulpe, quelle qu'elle soit ?
           
        Je pense que seule la plus divine des vertus, L'HUMILITÉ, vécue à chaque instant de nos vies, ce sentiment de notre rien métaphysique qu'avait si bien compris et pratiqué sans cesse celle que, par antiphrase, on a eu l'outrecuidance d'appeler la petite Thérèse, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, permet de vivre "LA PASSION DE L'ÉGLISE" sans rajouter aucune coulpe à la matière du péché dont toutes les âmes sont présentement formatées, à l'instar de l'Église elle-même, Corps mystique du Christ. Seule la pratique persévérante d'une humilité parfaite, malgré nos fautes de faiblesse passagères de toute nature, desquelles nous nous relevons le plus vite possible, peut permettre de rester sans cesse dans la grâce surnaturelle de Dieu et de son Royaume, vivant plus déjà au Ciel que sur terre, étant ainsi absolument prémunis, par la Cuirasse invincible de Dieu, du mysterium iniquitatis entraînant irrépressiblement toutes les âmes qui s'y soumettent vers l'enfer éternel.
           
        Pour être humble, il faut pratiquer le don intégral et sans aucune réserve de soi-même, en toutes circonstances et le plus souvent possible si pas à tout instant. Dom Columba Marmion va nous aider à emprunter ce chemin de salut en nous faisant méditer, dans Le Christ, Idéal du Moine (pp. 268-269, éd. 1936), sur le don total du Christ dans toute sa Vie et surtout, bien sûr, dans sa Passion. Qu'on soit bien conscient et persuadé que le chrétien de la fin des temps qui ne veut pas aller jusque là ne pourra pas garder la Foi jusqu'à la fin :
           
        "Tenons les yeux fixés sur Jésus, le divin pauvre [= la pauvreté, au sens spirituel, est synonyme parfait d'humilité ; lisons donc, dans le texte suivant, humilité, quand nous voyons pauvreté :].
           
        "Contemplons Notre-Seigneur qui est notre modèle en toutes choses et que nous voulons suivre par amour. Que nous enseigne sa vie ? Il a, pour ainsi dire, épousé la pauvreté. Il était Dieu. (…) Et voici que ce Dieu s’incarne pour nous ramener à Lui. Quelle voie choisit-Il ? Celle de la pauvreté. Quand le Verbe est venu en ce monde, lui, le Roi du ciel et de la terre a voulu, dans sa divine Sagesse, disposer les détails de sa naissance, de sa vie et de sa mort, de telle façon que ce qui transparaît le plus, c’est sa pauvreté, le mépris des biens de ce monde. Les plus pauvres naissent au moins sous un toit ; Lui, Il voit le jour dans une étable, sur la paille, car «il n’y avait pas de place pour sa mère à l’hôtellerie» (Lc II, 7). À Nazareth, Il mène la vie obscure d’un pauvre artisan (Matth XIII, 55). Plus tard, dans sa vie publique, Il n’a pas où reposer la tête, «alors que les renards ont leurs tanières» (Lc IX, 58). À l’heure de la mort, Il a voulu être dépouillé de ses vêtements et attaché nu à la croix".
           
        [Ce NU est très-véridique, à tout le moins sur le plan spirituel ; lors de mon dernier pélerinage à La Salette, en 2019, je suis passé par l'abbaye Saint-Antoine, pas loin de Grenoble, et j'ai pris en photo cette fresque antique dans l'abbatiale, peinte certainement dans les temps du Moyen-Âge, par laquelle nos pères dans la Foi manifestaient, très-pudiquement, ce NU intégral du Christ en croix :
 
 
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        [Mais je continue le texte de Dom Columba Marmion :]
           
        "Cette tunique tissée par sa mère, Il laisse ses bourreaux s’en emparer ; ses amis L’ont abandonné ; de ses apôtres, Il ne voit auprès de lui que saint Jean. Au moins, Sa mère lui reste : mais non, Il la donne à son disciple (Jn XIX, 27). N’est-ce pas là le dépouillement absolu ? Cependant, Il trouve moyen de dépasser cet extrême degré de dénuement. Il y a encore les joies célestes dont son Père inonde son Humanité ; Il y renonce, car voici que son Père L’abandonne (Matth XXII, 46). IL DEMEURE SEUL, SUSPENDU ENTRE LE CIEL ET LA TERRE. (…) Quand on contemple Jésus pauvre à la crèche, à Nazareth, sur la croix, nous tendant les mains et nous disant : «C’est pour toi», on comprend les folies des amants de la pauvreté. Tenons donc les yeux fixés sur le divin Pauvre de Bethléem, de Nazareth et du Golgotha".
           
        La folie de la croix, si bien comprise par exemple par un saint Louis-Marie Grignon de Montfort, sera la seule antidote radicale  dont nous pourrons nous servir contre la folie totale dans laquelle l'Église, le monde et les âmes, sont présentement plongés, et le seront de plus en plus, dans l'attente du règne de l'Antéchrist-personne qui la manifestera en plein, dans l'éclat spirituellement impudique et maudit à jamais réprouvé.
           
        Un autre texte d'auteur spirituel m'inspire beaucoup pour finir de finir ce présent grand article, il est très-réconfortant, très-consolant, pour la défense de la vraie Prophétie divine et des vrais prophètes contemporains ses serviteurs, si bafoués et foulés aux pieds par les bêtes et les pourceaux "qui ne savent ce qu'ils font", en ce monde et plus encore dans l'Église. Je le cite maintenant (Hymnes 42, SC 196), il est de Syméon le Nouveau-Théologien (v. 949-1022), c'était un moine grec :
           
        "Au jour du Jugement, ma Parole se dressera.
           
        "De ceux qui le désirent, je suis le Pasteur et le Maître ; les autres, en revanche, je suis bien leur Créateur, leur Dieu par nature, mais je ne suis pas le Roi, je ne suis pas le Guide, absolument pas, de ceux qui n’ont pas pris leur croix pour me suivre ; c’est de l’Adversaire, en effet, qu’ils sont les enfants, les esclaves, les instruments. Vois ces mystères redoutables, vois leur inconscience, vois et gémis sur eux, si tu le peux, à toute heure. En effet, alors qu’ils sont appelés de l’obscurité à la lumière sans couchant, de la mort à la vie, des enfers aux cieux, du provisoire et du corruptible à la gloire éternelle, ils se mettent en colère, en fureur contre ceux qui les enseignent, et ils ourdissent contre eux toute sorte de ruses, ils aiment mieux mourir que de quitter les ténèbres et les œuvres des ténèbres, afin de me suivre. (…) Ne les contrains pas à faire ce que tu leur enseignes : répète-leur simplement mes paroles et exhorte-les à les observer, comme ce qui leur procure la vie éternelle, et ces paroles mêmes se dresseront, lorsque je viendrai pour le Jugement, et elles les jugeront tous, un à un, selon leur mérite, tandis que toi, tu resteras sans responsabilité, sans aucune espèce de condamnation, puisque tu n’auras pas dissimulé l’argent de mes paroles mais que, tout ce que tu as reçu, tu l’as prodigué à tous. C’est cela qui me plaît, c’est cela l’œuvre de mes apôtres et de mes disciples, qui ont agi selon mes commandements : me proclamer Dieu dans le monde entier, enseigner mes volontés et mes ordres et les laisser par écrit aux hommes. Lutte donc, toi aussi, pour agir et enseigner comme eux. (…) Efforce-toi de te sauver, toi et ceux qui t’écoutent, au cas où tu trouverais sur la terre un homme qui ait des oreilles pour entendre, et qui écoute tes paroles !"
           
        ... AMEN, Alleluia !!
 
En la fête de saint Pierre d'Alcantara,
ce grand mystique espagnol épuré,
ce 19 Octobre 2021.
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
 
 
19-10-2021 12:38:00
 

... À la foire aux fous (au pluriel) !!! (1)

 
 
 
... À la foire aux fous (au pluriel) !!!
(1)
 
 
AutrucheTêteDansCiment
 
           
        Je veux parler aujourd'hui, d'une manière générale, de la situation spirituelle actuelle dans l'Église Universelle, notre très-chère et sainte Mère l'Église, qui, normalement, est la Société humano-divine où l'on trouve en permanence, où l'on goûte avec suavité et grande reconnaissance, l'immuable Sagesse de Dieu qui libère du péché, vecteur de salut éternel pour nos âmes.
           
        Or, de nos jours, aux antipodes de cela, nos âmes y trouvent et goûtent avec grande déréliction et souffrance morale, hélas là aussi quasi en permanence, une folie absolument totale qui, humainement parlant, est à peine concevable, pensable, et ce, absolument dans toutes mouvances et sous tous gonfanons ecclésiaux confondus, tant du côté des tradis que du côté des modernes (d'où le pluriel de mon titre). Et plus cette folie dans l'aujourd'hui de l'Église est folle, moins ceux qui la commettent en prennent conscience, plus ils se sentent fièrement, au contraire, tout pénétrés de divine sagesse dans ce qu'ils pensent et font... le plus follement du monde.
           
        Dans les années 1980, la gouvernante d'un vieux prêtre, dans une lettre dont j'avais eu connaissance, avait rapporté ses dernières paroles avant de mourir. Il ne cessait, disait-elle, et cela l'avait frappé, de répéter ces mots dans ses tout derniers jours terrestres : "On s'en va vers la folie totale". Ce curé mais catholique avait sans doute vu, en toute clarté de conscience avant de mourir, l'ambiance morale de folie du diable qui règnerait aux temps où l'ouverture du règne maudit de l'Antéchrist serait imminente, temps qu'il pressentait tout proche. C'est justement sûrement cette folie totale, souvenons-nous, qui avait fait pleurer en 1846 la Reine des prophètes à La Salette pendant toute la durée de l'Apparition où elle prophétisait sur les temps antéchristiques à venir, chose absolument unique dans les annales des apparitions mariales depuis les assises du christianisme...
           
        Rappelons-nous aussi que la même folie totale s'était montrée lors de la Passion du Christ : absolument tous les hommes, juifs mélangés aux romains, étaient devenus, au sujet de Jésus-Christ leur divin Messie, des fous super-fous, n'ayant pas la moindre conscience de la folie et de la méchanceté sacrilèges de leurs pires attitudes et actes envers leur Sauveur. Et c'est bien pourquoi Jésus, du haut de la croix, avait imploré la Miséricorde divine pour eux tous, rendant le Bien pour le mal : "Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font" (Lc XXIII, 34).
           
        Il en est tout-à-fait de même dans "LA PASSION DE L'ÉGLISE" que nous vivons de nos jours, ceux qui la vivent sans vouloir rentrer dans la spiritualité de la Passion, dans l'intelligence spirituelle de ce qu'elle est, dont je vais tâcher une fois de plus, Deo adjuvante, de dire un mot en finale du présent article, ne peuvent que la vivre en fous super-fous commettant les pires actes envers l'Épouse du Christ... "On s'en va vers la folie totale". En fait, à présent, en 2021, 40 ans après que cette sorte de prophétie a été dite, on ne s'en va plus vers la folie totale, on y est arrivé, on est les pieds en plein dedans. Ce n'est plus un futur même immédiat, c'est devenu un présent affreusement et furieusement consommé, quoique des plus inconsommables.
           
        Je vais en donner ici quelques petits exemples, chacun pourra aisément les multiplier, presque à l'infini hélas, par ce qu'il voit lui-même dans l'Église. 
          
AutrucheTêteDansCiment
           
        Commençons par les tradis. J'ai lu les jours derniers un articulet de l'abbé Matthieu Salenave, intitulé Se préparer au monde de demain, absolument délirant et presque incroyable de stupidité et d'impiété sur le plan prophétique. Qui est l'abbé Salenave ? C'est un prêtre de formation lefébvriste ordonné dans les années 2 000, encore jeune ; quelque dix ans après son ordination, il a quitté la Fsspx, trop doctrinalement laxiste à son goût dans ses rapports avec Rome, aux fins de plus muscler son combat pour garder la Foi (actuellement, je crois sans en être sûr, je ne le connais pas personnellement, qu'il s'est intégré à la mouvance de Mgr Faure, nouvel évêque tradi ultra sacré par Mgr Williamson, avec l'abbé Pivert, etc.). A priori, donc, on pourrait s'attendre de sa part à une pureté plus grande de Foi dans le combat spirituel qu'il mène dans le cadre de "la crise de l'Église"...
           
        ... Las ! Quoiqu'en dissidence affichée avec la Fsspx, notre abbé est toujours un prêtre lefébvriste, c'est-à-dire que, à l'instar de son saint patron Mgr Marcel Lefebvre, il n'a pas du tout compris et/ou ne veut pas du tout comprendre (qu'il veuille bien scanner lui-même le bon QR code...), que la crise ecclésiale et mondiale que nous vivons est la toute dernière, celle de la fin des temps, c'est-à-dire de tous les temps et âges ecclésiaux, vraiment la "der des der" juste avant l'apocalyptique Parousie du Christ en Gloire et ce qui doit très-négativement la précéder, à savoir le règne maudit de l'Antéchrist-personne. Il a pourtant bien intégré que la crise que nous vivons (et mourons à la fois) est désormais accompagnée de la peste universelle, qui sera bientôt suivie de la famine universelle, il glose même dans d'autres écrits ou vidéos sur la marque de la Bête, mais son articulet susdit montre que son esprit n'a pas du tout pris conscience qu'on est là en présence de trois signes eschatologiques formels prophétisés dans l'Apocalypse comme devant être signes topiques (c'est-à-dire accompagnant au plus serré, viscéralement, comme la fumée pour le feu) de la crise finale précédant immédiatement le Retour en Gloire du Verbe de Dieu incarné.
           
        Alors, l'abbé Salenave, de nous "prophétiser" un avenir post-crise qui ne sera rien d'autre qu'un feedback de la Chrétienté dans ses formes historico-canoniques bien connues. Demain, la Chrétienté, comme avait déjà dit et lapidairement résumé en faux-prophète parfait, feu Dom Gérard du Barroux...
           
        Mais lisons ses élucubrations pseudo-prophétiques (texte complet, ici : https://magazinelavoixdedieu.wordpress.com/2021/10/09/abbe-salenave-se-preparer-au-monde-de-demain/). Après avoir annoncé une hécatombe de la population française consécutive au fait que plus de 80 % des français se sont faits double-niquer le sang par les "vaccins" post-nazis 2.0, encore dits ARN, l'abbé Salenave prévoie, et là, hélas, ce qu'il dit est malheureusement de haute probabilité, que "la société française ne sera peuplée que de 15 millions d’habitants dans deux ou trois ans".
           
        Puis, après avoir prédit que les grandes villes et leurs banlieues seront subséquemment devenus inhabitables (car les gangsters de tout acabit y feront désormais la loi), et que les pouvoirs politiques républicains athées crouleront sur pieds tels les tours du WTC, il continue en s'imaginant dans un rêve rose-bonbon qu'un "petit reste" de l'armée aidé des jam bons, pardon des gens bons, desquels l'abbé a le fort bon goût de n'exclure point... la sanior pars des immigrés, pourra alors "tenter de recréer ici et là des petits îlots de survie". Puis, puis, abruptement, notre cher abbé tradi ultra passe du sociétal à l'Église. Repetita bis, là aussi il y aura un "petit reste", après "la disparition du clergé moderniste qui aura de lui même avalé la soupe chimique par la promotion faite par le Pape François". Sans doute aussi, faut-il compter la disparition du clergé Fsspx, qui, selon lui, est désormais aussi mauvais que le clergé moderniste, par corruption passive de leur Foi avec la Rome actuelle : ils doivent donc être châtiés au même titre par Dieu, qui aime bien, châtie bien... Quoiqu'il en soit de ce dernier point, que Dieu soit mille fois béni !, "le cauchemar de ce monstre conciliaire prendra fin par la volonté du Seigneur". Comme ça, tout seul, hop, hop, hop !!!, par le coup de baguette magique d'on ne sait quel Merlin l'enchanteur merveilleux... Le "monstre conciliaire", selon notre "prophète", n'est donc pas du tout prédestiné par les insondables décrets de la Providence divine, comme au contraire la véritable prophétie catholique l'annonce, à s'épanouir et triompher dans la figure du monde qui passe, quand bien même ce sera d'une manière fugitive, étant une composante majeure du règne de l'Antéchrist-personne en tant que MASDU (Mouvement d'Animation Spirituelle de la Démocratie Universelle)...
           
        Et alors, alors, l'abbé-prophète, d'oser faire consister dans la folie la plus totale le règne du Cœur immaculé de Marie... dans le misérabilisme de ces petits îlots de survie, aussi peu nombreux et quasi invisibles que têtes d'épingles oubliées sur veston remis à neuf : "On peut penser [...!!!] que ce sera le temps où le Cœur Immaculé de Marie veillera encore plus puissamment sur ses enfants et que la Russie sera consacrée à son Cœur par le nouveau pape (le grand pontife prophétisé)". On se demande bien comment il pourra y avoir un nouveau pape, surgissant comme ça, tel un lapin d'un chapeau de magicien !, puisque l'abbé-prophète nous a dit auparavant que tout le clergé moderniste, donc en ce compris les cardinaux électeurs du pape, aura... disparu après avoir consommé la "soupe chimique" des pseudo-vaccins ARN. Mais souvenons-nous qu'on est en plein rêve rose-bonbon, et que dans ce genre de rêves, l'illogisme farfelu du déroulement n'a pas beaucoup d'importance et en tous cas n'est nullement perçu par le rêveur. Le "grand pontife prophétisé" est bien sûr le fameux "saint-pape" de moult prophéties privées, mais beaucoup plus mythique encore que fameux. Zut !, il a manqué à l'abbé-prophète de réviser ses classiques, ce qui lui aurait permis d'y adjoindre "le grand-monarque", à ce "saint pape", comme le font la plupart des prophéties privées historicistes qui nous parlent du "saint-pape". Son rêve aurait été alors parfait... dans la folie totale.
           
        Puis, enfin de la fin, l'abbé Salenave, à force de rêver le rêve (aussi follement que, souvenons-nous, le pape François dit rêver le sien, s'ingénie à réveiller le rêve, dans Fratelli tutti... cf. https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/mais-ou-est-donc-dieu-le-pere?Itemid=154), finit par tomber carrément dans... l'hérésie (ce qui est normal, les pulsions impures oniriques ne s'embarrassent jamais des principes de la Foi, étant mues par notre nature déchue que Satan se hâte de venir renforcer, aggraver...) : "Dans cette situation si précaire pour les corps, les hommes retrouveront naturellement la vraie Foi". Il n'a même pas effleuré la conscience rose-bonbon de l'abbé rêveur, tellement il est immergé dans son rêve comme Bécassine plongée dans son étang tête sous l'eau, que, une fois perdue, la vraie Foi ne peut plus se retrouver que... surnaturellement, par la seule grâce divine ! En tout état de cause, en effet, la vraie Foi ne peut pas se retrouver naturellement, cette proposition est tout simplement du pélagianisme (= le moine Pélage, qui vivait au temps de saint Augustin, professait en effet hérétiquement que tout homme, pourtant désormais toujours taré de la tache originelle à sa naissance, pouvait se sauver par ses propres forces, la grâce surnaturelle ne s'y rajoutant que accidentellement et non substantiellement).
           
        Donc, donc, les humains restants du "petit reste" retrouveront naturellement la vraie Foi, "et les prêtres qui subsisteront n’auront d’autre choix que de donner le véritable évangile de Jésus Christ dans ces temps si apocalyptiques". Ben c'est formidable. Tout le monde va se convertir naturellement, et les laïcs, et... les prêtres (ça, en effet, c'est vraiment plus fort que midable, car c'est très-dur de convertir un prêtre...) ! Nous sommes là en plein rêve de Cendrillon avant que les douze coups fatidiques de minuit ne sonnent. C'est triste de voir un prêtre tradi, qui se targue d'être ultra en plus, tomber si bas. Car, premièrement, on ne voit pas très-bien quels seront "les prêtres qui subsisteront", puisqu'il faut en exclure, et les prêtres modernistes (tous morts après avoir bu la soupe chimique qui, hélas, n'avait rien à voir avec la potion magique d'Astérix et d'Obélix), et ceux lefébvristes, ces traîtres de la Fsspx, et ceux "ralliés", et ceux sédévacantistes, sans oublier ceux guérardiens, ne restant donc dans le règne du Cœur immaculé de Marie vu dans le rêve rose-bonbon de l'abbé Salenave, que... les quelques prêtres de Mgr Williamson et de Mgr Faure !! Donc, il y aura des prêtres pour les jam bons des petits îlots survivants, mais on ne sait pas trop d'où ils viendront (peut-être qu'ils descendront du Ciel ?). Deuxièmement, l'abbé-prophète ou plutôt rêveur, est en pleine contradiction avec lui-même et son rêve, puisque d'un côté on aura remarqué qu'il exclue radicalement le règne de l'Antéchrist-personne de sa projection pseudo-prophétique, et d'un autre côté, il parle des "temps si apocalyptiques" : mais s'ils sont si apocalyptiques que cela, ces temps, alors la Foi nous enseigne formellement qu'ils doivent finir par... le règne de l'Antéchrist-personne... complètement absent de son rêve !
           
        Et de terminer superbement, magnifiquement, par : "Ce sera la fin d’une époque et le début d’une autre" !!! Cette dernière phrase a déclenché en moi presque un fou-rire : trop fort, j'en pouvais plus. Le rire, comme les pleurs, sont des "ruptures de l'être" (Daniel Halévy) suscitées par quelque chose qui déstabilise complètement, radicalement, la nature humaine limitée ; alors elle ne trouve plus, comme moyen de défense, que le rire ou au contraire les pleurs. La "prophétie" de l'abbé Salenave est si ridicule que, là, cela a déclenché mon rire : on ne peut pas toujours pleurer...
           
        ... Soit dit en passant et sans vouloir m'y attarder, tout-à-fait entre parenthèses, le rêve de l'abbé Salenave ressemble étrangement à la fausse prophétie d'un certain Joseph Ratzinger faite à la Noël 1969, qui voyait, lui aussi, l'Église devoir être réduite dans un futur proche au quasi rien humain de ses tout débuts, puis repartir avec des îlots de chrétientés spirituellement pauvres... dont la force vive de Foi séduirait et convertirait le monde entier... assoiffé de conversion !!! Mais, mais... et si cette réduction au quasi rien humain, cette kénose, signifiait que l'Église devait mourir de mâlemort sous la main de l'Antéchrist-personne, comme l'annonce infailliblement la sainte-Écriture...?? Voilà une option à laquelle Ratzinger ne pouvait même pas penser, ne voulait absolument pas concevoir, complètement séduit qu'il était, dans les années conciliaires et post, par l'Histoire et le monde. On fait ce qu'on peut quand on n'est pas des flèches vraiment et authentiquement prophétiques dans le carquois du Seigneur des Armées, Yahweh Sabaoth. J'avais déjà remarqué et dénoncé cette impossibilité radicale et absolue du pape Benoît XVI, suivi par le cardinal Sarah, de conscientiser le caractère radicalement apocalyptique de notre temps, quand bien même il en discernait les signaux forts, les feux rouges, dans la finale de mon article Sommes-nous dans le cas d'un pape hérétique ou d'une Église hérétique...?!, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/sommes-nous-dans-le-cas-d-un-pape-heretique-ou-d-une-eglise-heretique?Itemid=483).
           
        "Dites-nous des choses qui nous plaisent !", disaient les juifs antiques aux prophètes de Yahweh. On est exactement dans ce cas de figure, avec le rêve "prophétique" de l'abbé Salenave (et la projection pseudo-prophétique de Joseph Ratzinger). Ce qui plaît en effet aux fidèles qui ne veulent pas que l'Église actuelle ait, de par la Providence de Dieu, à vivre la Passion du Christ usque ad mortem, jusqu'à sa mort bien réelle sous le règne de l'Antéchrist-personne, c'est précisément, par n'importe quel subterfuge, de leur dire... qu'elle ne vit pas la Passion, que l'Épouse du Christ ne doit pas être anéantie jusqu'à la moelle de sa moelle surnaturelle sous le règne de l'Antéchrist-personne, achèvement obligé, dénouement ultime irréversible de la crise présente, l'Église mourant réellement sur la croix d'ignominie à l'instar de son Divin Époux. Et c'est exactement ce que fait notre abbé tradi ultra : prostituer la Foi dans la mollesse vile et la paresse lâche d'une pseudo-prophétie, d'un rêve prophétiquement lascif et polluant... tout en assurant qu'il va dire un "message [qui] sera peut-être très dur à entendre pour certains mais il le faut". Voilà donc, dans la folie totale, le... "monde de demain" (titre de son articulet mensonger) qu'ose prophétiser l'abbé Salenave, adepte de Demain, la Chrétienté. Quelle honte.
           
        Notre abbé lefébvriste est là, en effet, en pleine crise de folie totale. Car à partir du moment où notre Foi nous fait prendre conscience que les signes eschatologiques sont impactés dans notre crise ecclésiale (et subséquemment, politique et mondiale), alors nous avons la certitude de Foi, de fide, c'est-à-dire formelle, que nous vivons la crise toute dernière. Elle ne peut donc plus se dénouer que par la très-apocalyptique Parousie ou Retour en Gloire du Christ qui viendra terrasser l'Antéchrist-personne ayant fait mourir de mâlemort l'Église dans son économie de salut actuelle, pour clore définitivement l'Âge présent. Et si ce qui suit cette clôture définitive de l'Âge présent, qui est celui du Temps des nations et de Rome son centre, n'est pas la fin du monde et le Jugement dernier, alors, ce qui la suit ne peut plus être qu'un autre Âge ecclésial, une autre économie de salut théologiquement différente de celle qui a été apocalyptiquement (= c'est-à-dire : par divine révélation) clôturée. Car le Christ ne peut revenir dans notre univers physique pour refaire ce qu'Il a déjà fait. S'Il revient, donc, c'est pour instaurer autre chose. Et la Foi nous enseigne que cet autre Âge à venir s'appelle le Millenium.
 
 
AutrucheTêteDansCiment
           
        Ce n'est pas la première fois que je constate que les prêtres de formation lefébvriste, même devenus dissidents, gardent, lové dans leurs âmes cléricales, le serpent aloge, cette hérésie des premiers temps de l'Église qui consistait à rejeter toute forme prophétique véritable et bien entendu à exclure l'Apocalypse de saint Jean des Livres canoniques. Par exemple, lorsque j'ai dénoncé l'hérésie guérardienne des prêtres italiens de l'Institut Mater Boni Consilii, j'avais déjà noté que ces prêtres lefébvristes dissidents évacuaient radicalement le sens apocalyptique certain de notre "crise de l'Église", en ces termes :
           
        "... Mais justement, sur leur excellente lancée de perfectionnisme doctrinal dans la «crise de l'Église», les jeunes prêtres saintement ardents de Sodalitium pouvaient-ils faire autrement que d'embrasser une mauvaise thèse d'explication de la «crise de l'Église», c'est-à-dire qui rejette «LA PASSION DE L'ÉGLISE» ? Hélas, et je le dis à leur entière décharge, je ne le pense pas. Pas plus qu'une fusée qui quitte sa rampe de lancement ne peut sortir du téléguidage programmé qui a tracé sa puissante impulsion dans une direction ciblée et déterminée avec précision dans l'espace intersidéral...
           
        "Quoiqu'en dissidence affichée avec le mouvement lefébvriste, ces jeunes prêtres, en effet, ont tous été formés dans le moule clérical lefébvriste. Ce sont avant tout des prêtres lefébvristes. Avec les idées lefébvristes. Avec la pensée lefébvriste. Qui les imprègne même à leur corps défendant. Or, le moule lefébvriste (qui n'est pas propre à Mgr Lefebvre mais qui est le moule de la formation cléricale donnée dans les séminaires avant Vatican II), est une pensée cléricale classique, scolastique, qui a une énorme lacune évoluant le plus naturellement du monde vers une déviance terriblement hétérodoxe : elle est viscéralement a-prophétique, et cet a-prophétisme se mue insidieusement, chez la plupart de ceux qui reçoivent cette formation, carrément en un anti-prophétisme, c'est-à-dire une pensée néo-pharisaïque dans son essence. Il faut prendre soigneusement conscience, en effet, que : Religion ou Église sans prophétisme = pharisaïsme, c'est-à-dire idolâtrie de l'économie de salut en cours.
           
        "Cette tendance existe depuis les assises de l'Église, les premiers à la manifester sont les Aloges, dès le deuxième siècle. Certains théologiens les ont carrément classé parmi les hérétiques, mais en fait, ils ne le sont pas vraiment, la vérité est qu'ils sont radicalement anti-prophétiques, ils acceptent tout le Canon des Saints-Livres sauf l'Évangile de saint Jean et bien sûr l'Apocalypse du même auteur. Le Dictionnaire de Théologie Catholique (DTC) nous apprend que les Aloges «repoussent cet Évangile [de saint Jean], parce qu'il renferme la promesse du Paraclet ; ils rejettent également tout esprit prophétique» (art. "Aloge"). Saint Irénée de Lyon dans son Contra Haereses précise que les Aloges «prétendaient supprimer toute prophétie et tout charisme prophétique» (ibidem). Ils «ne veulent pas de prophétie dans l'Église» (art. "Apocalypse", DTC). Cette mentalité anti-prophétique existait déjà à Rome au IIe siècle, sous les traits d'un prêtre du nom de Caïus, quand bien même ses «attaques [contre l'authenticité de l'Apocalypse] ne trouvèrent pas d'écho» (ibidem) dans l'Église d'Occident et à Rome même... Mais pour finir, le DTC, pesant savamment le pour et le contre, conclue que les Aloges sont quand même à ranger parmi les hérétiques...
           
        "Cette tendance hélas, est le penchant ténébreux de toute institution cléricale. Et l'on a vu ce que cela a donné avec les prêtres juifs dans la fin des temps de l'Église mosaïque-synagogale : par crispation cléricale, cela a été jusqu'au rejet déicide plein de haine diabolique de l'économie de salut qui devait suivre celle synagogale, dans la Personne de Jésus-Christ. Or, nous assistons présentement exactement au même cas de figure, tout autant dans le clergé tradi que dans celui moderne : ces prêtres à l'esprit néo-pharisaïque, sans même, pour la plupart, en avoir conscience, ayant en tous cas des yeux pour ne voir point, ne veulent absolument pas prendre conscience que les signes eschatologiques les plus évidents, les plus marqués dans la Sainte-Écriture, sont tous présents dans notre monde, et plus encore dans l'Église, n'hésitant pas un seul instant, dans leur aveuglement, à rejeter ce qu'ils signifient premièrement, de par Dieu [comme l'articulet de l'abbé Salenave ne nous le montre que trop] : que nous sommes certainement dans la période de la fin des temps, de tous les temps, qui donc enregistre «LA PASSION DE L'ÉGLISE», dans l'attente du dénouement apocalyptique qui finira par la Parousie ou Retour en Gloire du Christ dans notre ciel physique, en passant hélas avant par la préface ténébreuse du règne de l'Antéchrist-personne.
           
        "Je me rappelle m'être fort encoléré (... saintement ! enfin, à peu près !) d'un éditorial signé par l'abbé Franz Schmidberger dans une Lettre aux amis et bienfaiteurs de 1977 (j'avais alors 20 ans), qui, alors que nos jeunes prêtres de l'Institut Mater Boni Consilii étaient encore tous séminaristes potaches sur les bancs des salles d'étude, me fit comprendre soudain et brutalement que le mouvement écônien, dans lequel j'avais fort espéré lorsqu'il se manifesta dans «l'été chaud 1976», n'était hélas qu'une réaction cléricale émasculée de la Prophétie, fort éloignée de pouvoir représenter la réaction catholique intégrale véritable, c'est-à-dire Prophétie incluse. L'abbé Schmidberger, assistant principal de Mgr Lefebvre à l'époque, brossait en effet dans cet édito la «crise de l'Église» d'une manière totalement historiciste, avec un dénouement dans l'Histoire, sans aucune allusion, même simplement à titre d'hypothèse envisageable, au fait que cette crise ecclésiale issue du concile moderne pourrait bien être celle de la fin des temps, de tous les temps historiques, c'est-à-dire qu'elle devait finir dans le règne de l'Antéchrist-personne, vus les attendus théologiques qui la caractérisaient formellement. Or, cependant, cesdits attendus illustrent tous ce que la sainte Écriture appelle d'un mot terrible : abomination de la désolation dans le Lieu-Saint. C'était singulièrement perceptible dans la nouvelle messe, cela crevait les yeux qu'on était là en présence de l'abomination de la désolation dans le Lieu-Saint, c'était aussi gros qu'une éléphante enceinte dans un corridor. Avec évidemment la signification apocalyptique scripturairement y attachée. Celle que Notre-Seigneur Lui-même indique dans l'Évangile : «Quand vous verrez l'abomination de la désolation dans le Lieu-Saint dont a parlé le prophète Daniel, alors, etc.", et Jésus de lier la chose immédiatement, et non médiatement, à la fin des temps, aux temps apocalyptiques devant engendrer le règne de l'Antéchrist-personne.
           
        "Je me disais donc, dans ma sainte colère, qu'il fallait vraiment être prêtre du Seigneur pour ne pas comprendre ce que Jésus disait si clairement et que nos yeux voyaient si clairement advenu, réalisé, dans notre contemporanéité ecclésiale. L'abomination de la désolation dans le Lieu-Saint est en effet signe topique formel de la fin des temps, comme la fumée l'est pour le feu. Elle était là, depuis Vatican II et son hérétique Liberté religieuse, puis encore, depuis la promulgation de la nouvelle messe (il est étrange que je doive faire cette leçon à des fils spirituels de l'auteur du magistral Bref examen critique, etc.)et les prêtres tradis ne le voyaient pas. Quand bien même ils dénonçaient les effets, leurs yeux restaient aveugles sur la cause apocalyptique, à l'instar des antiques pharisiens qui, voyant Jésus faire des miracles, ne conscientisaient pas qu'ils avaient affaire au Messie-Dieu Rédempteur...
           
        "La fameuse boutade de l'abbé Sulmont : «curé MAIS catholique», m'apparut dès lors cruellement fort vraie... appliquée aux prêtres tradis eux-mêmes : l'édito de l'abbé Schmidberger me montrait noir sur blanc qu'il y avait comme qui dirait une antinomie à être prêtre, de nos jours, et en même temps, catholique. Au moins sous le rapport de la Prophétie. Les signes eschatologiques sont pourtant si fort marqués dans la «crise de l'Église», que le cher abbé ne pouvant, pour faire semblant d'être sérieux, exclure d'en prendre bon acte, avait trouvé fort vicieusement le moyen de dire qu'ils signifiaient que nous étions à «la répétition générale de la fin des temps», mais surtout pas de dire que cesdits signes eschatologiques signifiaient... ce qu'ils étaient censés, de par Dieu, signifier, à savoir que nous vivions la crise de la fin des temps elle-même, tout simplement. D'ailleurs, il n'y a pas de prétendue répétition générale de la fin des temps prophétisée dans la sainte Écriture, comme devant précéder la fin des temps elle-même. Donc, tel le Père Guérard des Lauriers quelques années plus tard, encore un inventeur malin, dans le sens diabolique du qualificatif, qui trompait son âme cléricale avant de tromper celles de ses ouailles sur le fait que nous vivons bel et bien la fin des temps, de tous les temps historiques, depuis Vatican II. Et je me rappelle hélas m'être retiré moralement du mouvement lefébvriste à ce moment-là, en 1977.
           
        "Idolâtrie néo-pharisaïque de l'économie de salut en cours. C'en est à ce point, chez la plupart des prêtres tradis, et je dépasse ici la seule mouvance guérardienne pour embrasser la mentalité cléricale tradi dans son ensemble, qu'on se demande si certains parmi eux n'épousent pas carrément une hérésie des premiers siècles chrétiens, l'hérésie des Éternals. Certains tradis, prêtres ou laïcs d'ailleurs, se montrent tellement attachés à un dénouement de la «crise de l'Église» DANS un cadre exclusivement historico-canonique, DANS l'économie du Temps des Nations et de l'Église romaine sinon rien, qu'on peut se le demander. «Éternals : Hérétiques qui, dans les tout premiers siècles de l'ère chrétienne, croyaient à l'éternité du monde tel qu'il est présentement. La résurrection de la chair et le Jugement dernier, qu'ils ne niaient pas, n'apporteraient aucun changement à l'état du monde et scelleraient, au contraire, son caractère éternel" (Dictionnaire des hérésies dans l'Église catholique, Hervé-Masson, p. 145). C'est tout simplement le péché d'idolâtrer l'économie de salut en cours, à l'instar des antiques pharisiens. Mais hélas, combien parmi les tradis, surtout ceux infectés de maurrassisme et de scolastique ultra, considèrent le Temps des Nations et de l'Église romaine ainsi, comme s'il était déjà... l'Éternité commencée !!!
           
        "À partir de ce moment-là, donc dès 1977, je compris que le mouvement écônien, hérétiquement agnostique quant à la prophétie catholique scripturaire, n'était rien d'autre qu'une réaction réactionnaire. Or, comme tous les mouvements de cette nature, il ne remonte pas à la cause première du mal qu'il combat (pour cela, il aurait justement fallu qu'il comprenne que la "crise de l'Église» manifeste l'apocalyptique fin des temps), gardant même dans son sein cette cause mauvaise dont il condamne les excès, et seulement les excès, dans ses adversaires.
           
        "Écône qui déconne s'avérait donc être un mouvement réactionnaire (je ne veux pas dire par-là qu'il ne puisse faire du bien aux âmes, il peut en faire certainement, Dieu merci, sur le plan strictement sacramentel et spirituel, certes). Mais des prêtres formés dans cette pensée réactionnaire, lorsqu'ils se détachent du mouvement réactionnaire sans en avoir eux-mêmes pris conscience, ne peuvent le faire qu'à partir de cette pensée réactionnaire anti-prophétique. Le guérardisme est une réaction sur une réaction qui en reste à la réaction initiale [et maintenant, le mouvement des prêtres du séminaire saint Louis-Marie Grignon de Montfort, derrière Mgr Williamson et le nouvel évêque qu'il a consacré, Mgr Faure, auquel adhère notre abbé Salenave, est un énième épigone réactionnaire, évacuant, comme le cep sur lequel il était greffé, le sens prophétique ultime de notre "crise de l'Église"]Leur formation écônienne hélas les prédisposait à épouser une thèse anti-prophétique, ce qu'ils ont malheureusement fait en y mettant tout leur ardent voire saint désir de mieux faire. D'où la très-grande difficulté maintenant de les en tirer, surtout s'il s'y mêle le petit démon de l'orgueil sous les traits hideux et détestables d'un zélotisme sectaire" (Pour en finir avec les élucubrations hérétiques du guérardisme, pp. 13, sq, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/RefuteGuerardismeMisEnForme.pdf).
           
        Notre-Seigneur Jésus-Christ n'avait pas manqué de remarquer et dénoncer ce grave péché anti-prophétique dans la génération "perverse et incrédule" des juifs de son temps. C'était en fait très-exactement le même problème que celui de notre temps. "Cette génération méchante et adultère demande un signe, et il ne lui sera donné d'autre signe que le signe du prophète Jonas. Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre" (Matth XII, 39-40). Cela signifie, transposons pour notre temps eschatologique la Parole de vérité de Jésus pour son temps messianique à Lui : cette génération actuelle perverse et incrédule, méchante et adultère, demande un signe pour la restauration historico-canonique de l'Église et du monde, mais il ne lui sera pas donné d'autre signe que les trois jours de ténèbres ou déluge de feu finissant apocalyptiquement le règne de l'Antéchrist-personne, c'est-à-dire le Temps présent, avant l'instauration nouvelle, et non la restauration, d'un nouveau Temps ou économie de salut. Jésus dénonce en un autre passage de l'Évangile, l'hypocrisie en soi coupable des générations humaines qui, sans du tout vouloir en prendre conscience, enregistrent à leur époque, soit les signes messianiques (en Son temps) soit les signes eschatologiques (en notre temps) : "Il disait aussi aux foules : Lorsque vous voyez un nuage s'élever à l'occident, vous dites aussitôt : La pluie vient ; et il arrive ainsi. Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites : Il fera chaud ; et cela arrive. Hypocrites, vous savez apprécier l'aspect du ciel et de la terre ; comment donc n'appréciez-vous pas ce temps-ci ?" (Lc XII, 54-56). C'est-à-dire, transposons à nouveau pour notre temps apocalyptique : comment donc, catholiques modernes ou tradis, ne prenez-vous pas conscience, au vu des signes eschatologiques tous actualisés dans votre temps, que vous êtes dans la toute-dernière crise finale de l'Église et du monde, juste avant la Parousie ? Comment éviterez-vous l'anathème de Jean le Baptiste : "Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui va venir ? Faites donc de dignes fruits de pénitence" (Matth III, 7-8). 
           
        Il est bon ici, justement, de bien préciser que les signes eschatologiques sont comparables et ont même valeur théologique que les signes messianiques devant accompagner la venue du Messie en ce monde, c'est-à-dire qu'ils ont valeur de certitude formelle quant à ce qu'ils annoncent, à savoir la fin de ce monde, la fin de cette présente économie de salut du temps des nations et de Rome son centre. J'ai déjà abordé ce point important lorsque j'ai traité du signe eschatologique du Retour moderne des juifs en terre d'Israël. Qu'on me permette de me citer à nouveau (comme je l'ai dit dans un de mes derniers articles : j'ai déjà tout dit, je n'ai plus rien à dire !) :
           
        "Pour bien le comprendre, méditons attentivement l’Évangile et rappelons-nous qu’à l’époque de Jésus, toute la nation juive attendait ardemment l’apparition du Messie. Jean le Baptiste ne fait que traduire l’aspiration générale et fervente de ses concitoyens et coreligionnaires juifs, lorsqu’il fait poser par ses disciples à Jésus la grande question, questio magna : «Êtes-Vous Celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?» (Matth XI, 3). Or, que répond Jésus pour asseoir formellement la croyance de Jean ? Notre-Seigneur répond en prenant comme critères de réponse uniquement et exclusivement l’accomplissement des signes messianiques sur sa Personne : «Allez raconter à Jean ce que vous avez entendu et ce que vous avez vu. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés» (Matth XI, 4-5), tous signes annoncés scripturairement par les prophètes de Yahweh comme devant être les signes topiques exclusifs du Messie.
           
        "Notons avec soin comme Jésus, maître de doctrine, ne donne aucun autre critère pour que Jean puisse poser une croyance formelle dans le fait qu'Il est le Messie ou bien non. Et cela, qu’il est particulièrement important de retenir, signifie que c’est parce que l’accomplissement des signes messianiques ou eschatologiques est théologiquement SUFFISANT pour asseoir une croyance formelle (soit, quant aux signes messianiques des temps antiques, pour croire  que Jésus était certainement le Messie ; soit, quant aux signes eschatologiques de nos temps actuels, pour croire que nous sommes certainement à la fin des temps, dans l'économie affreuse de «la puissance des ténèbres» soumettant même l'Église à son pouvoir, comme le Christ y fut soumis il y a 2 000 ans). Ce que, de son côté éclairé, Jean le Baptiste saisit fort bien, et c’est pourquoi la réponse de Jésus suffit à ce vrai juif, cet homme de Foi, pour Lui donner croyance et adhésion formelles en tant que Messie. Quel aurait été le péché de Jean le Baptiste s’il avait osé objecter à la réponse de Jésus que les signes messianiques sur sa Personne n’étaient pas suffisants pour asseoir la croyance qu'il était le Messie ? S’il avait relativisé cesdits signes ? Il aurait été exactement le péché des catholiques actuels, modernes mélangés indistinctement aux tradis, qui refusent d’enregistrer, au vu des signes eschatologiques cependant présentement tous accomplis à notre époque, et à notre époque seulement, que nous sommes certainement à la fin des temps. À savoir LE PÉCHÉ CONTRE L’ESPRIT, de soi irrémissible en ce monde et en l’autre lorsqu'il est commis formellement" (Le Retour des juifs à Jérusalem & en terre d'Israël dans nos temps modernes : signe formel de la fin des temps, pp. 7-8, qu'on trouvera ici : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/RetourDesJuifsMisEnForme.pdf).
 
 
AutrucheTêteDansCiment
           
        Lorsque je me suis séparé du mouvement "rallié" en 2016, j'ai écrit une grande lettre au RP de Blignières, qui lui aussi est un lefébvriste dissident, ayant été formé et ordonné par Mgr Lefebvre, et lui dénonçais le péché tradi qui consiste à refuser de professer que la crise présente est très-sûrement celle de la fin des temps, en ces termes (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/le-rd-pere-de-blignieres-le-mouvement-rallie-fils-de-la-lumiere-ou-fils-des-tenebres?Itemid=483) :
           
        "... Or, nous avons une certitude de Foi, de fide, que l'Église vit sa Passion propre et personnelle dans notre contemporanéité, que nous sommes donc dans la crise ecclésiale dernière, proprement apocalyptique, par l'actualisation dans cette dite crise de tous les signes eschatologiques. Il ne faut pas s'imaginer en effet être catholique, si l'on croit que l'âme chrétienne est fondée, dans toutes les générations d'hommes y compris celle dernière, à poser en doute systématique et cartésien le fait qu'elle vit, ou bien non, la fin des temps ! Il y a une génération d'hommes où les signes eschatologiques, qui sont Paroles du Saint-Esprit quant à la fin des temps, sont actualisés très-certainement, très-formellement, en opposition avec ce que les générations du passé ont enregistré. Et lorsque cesdits signes eschatologiques sont actualisés dans cette génération-là, et dans celle-là seulement, alors, le devoir formel du catholique est de croire qu'il vit la fin des temps, avec toutes les très-graves conséquences qui en découlent sur le plan de la Foi, dont je vais développer les principales ci-après, et c'est une croyance de l'ordre de la Foi, de fide. Celui qui, au vu de l'actualisation à son époque des signes eschatologiques, mettrait en doute formel le fait qu'il vit certainement la fin des temps, à l'instar des antiques pharisiens qui avaient des yeux pour ne voir point l'accomplissement messianique, ne serait tout simplement pas catholique, il serait anathème. Je suis obligé de constater, mon Rd Père, que votre spiritualité quant à «la crise de l'Église», et plus généralement celle de la mouvance Ecclesia Dei, tombe sous cet anathème. Pour l'instant du moins. Car il est à peine besoin de préciser que votre spiritualité, votre ecclésiologie actuelle, n'inclut nullement cette conscience d'être à la fin des temps, c'est-à-dire de voir l'Église être sous «la puissance des ténèbres», avec la finale inéluctable de mourir prochainement dans son économie de salut actuelle sous et par le règne de l'Antéchrist-personne. J'espère de tout cœur, au moins, que vous n'en êtes pas au niveau parfaitement hérétique de l'abbé Francesco Ricossa qui, en suivant un auteur moderniste, ose carrément récuser la doctrine catholique de la fin des temps, sans aucun complexe ni retour salutaire sur sa Foi, niant, entre autres, qu'il y ait un vrai règne de l'Antéchrist-personne devant clore la fin des temps...      
           
        "Les signes eschatologiques, en effet, ne sont pas des nostradamuseries ou des prédictions astrologiques de Mme Soleil, voyante extra-glucide à la mode, ce sont des signes engendrés par Dieu dans notre univers physique ou ecclésial, on pourrait dire qu'ils sont des signes métaphysiques parce qu'ils sont des réactions de la nature telles que Dieu les a programmées en icelle, lorsque la fin approche. Réactions naturelles devant la mort qui approche, qui, donc, sont l’œuvre de Dieu. Ils sont consignés avec précision, et même dans le menu détail pour certains, par le Saint-Esprit, tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, afin que l'homme soit prévenu. Et qu'il en soit prévenu, non pour satisfaire une curiosité vaine, mais pour son salut. Il y a donc péché très-grave, et même péché contre le Saint-Esprit, de n'en tenir point compte, c'est non seulement attenter à la Parole de Dieu mais mettre son salut en péril, et c'est pourquoi Notre-Seigneur dans l'Évangile nous fait un devoir pressant d'en prendre conscience lorsqu'ils s'actualisent : «Quand vous verrez ces signes, etc.», nous dit-Il, insistant même lourdement, en prenant la parabole du figuier qui bourgeonne annonçant ainsi l'été, pour que l'âme catholique comprenne bien à quel point c'est important de conscientiser ces signes eschatologiques lorsqu'ils font leur apparition en notre monde, en notre église et en notre temps.
           
        "La question qui suit s'impose d'elle-même dans mon discours de la méthode : c'est quoi, les signes eschatologiques ? Il y en a une bonne douzaine, tous révélés infailliblement dans la Sainte-Écriture. N'en avez-vous donc point remarqué l'actualisation certaine d'au moins un seul, Rd Père de Blignières ?! C'est bien curieux. Quant à moi, fort frappé d'en voir certains advenus dans mes jours terrestres, visibles comme éléphante enceinte dans corridor étroit, j'avais, en 1992, en collaboration avec les membres d'une association Diffusion Catholique de la Fin des Temps (DFT), que j'ai quittée depuis, co-écrit un livre-programme Actualité de la fin des temps, pour faire de tous cesdits signes une étude systématique. On avait construit le livre de la manière la plus simple du monde : un chapitre par signe eschatologique, auquel on avait rajouté quelques signes de fin des temps révélés, dans des prophéties privées, par des saints.
           
        "Par exemples : 1/ saint Vincent Ferrier, qui vous est très-proche, a prophétisé très-clairement qu'à la fin des temps, les hommes s'habilleront en femme et les femmes en hommes ; il est à peine besoin de dire que cette prophétie est plus que réalisé, jusque dans son essence, à l'heure de... la théorie du gender !! En effet, le dominicain-prophète voulait prophétiser que les humains de la dernière génération seront moralement si dégénérés et impies qu'ils iront jusqu'à prétendre abolir la différenciation sexuelle, mais il ne pouvait prévoir jusqu'où irait leur perversion, il en était resté seulement à... l'habit ! Nous sommes rendus bien plus loin, quant à l'abolition de la différentiation sexuelle créée et voulue par Dieu !!! Ce signe-là est d'ailleurs une constante prophétique privée, car saint Vincent Ferrier n'était pas le seul à le prophétiser comme devant être signe topique de la fin des temps, d'autres saints l'ont fait comme lui. 2/ Itou pour les prodigieuses avancées technologiques qui accompagneront la dernière génération d'hommes, cet autre signe est aussi une constante prophétique qu'on trouve également chez plusieurs saints, et... prodigieusement réalisé à notre époque, ne serait-ce que par l'informatique ou les GPS nous permettant de nous guider sur les routes au mètre près par des satellites situés à des dizaines de milliers de kms de là (on n'y pense plus, tellement cela devient d'usage courant), etc. Cependant, ces signes eschatologiques révélés par prophéties privées n'ont pas la valeur critériologique ni le poids de ceux qui sont scripturairement, et donc infailliblement, révélés par le Saint-Esprit dans la Sainte-Écriture qui, eux, ont une autorité divine.
           
        "Schématiquement, on peut cataloguer ces signes eschatologiques infailliblement révélés par le Saint-Esprit dans la Sainte-Écriture en deux catégories : certains demandent le criterium de la Foi pour savoir si, oui ou non, ils sont actualisés en notre temps, et en notre temps seulement (ex. : la grande Apostasie annoncée par saint Paul, ou abandon de la Foi par la majorité des âmes de la génération des temps de l'Antéchrist, exige d'avoir la Foi, bien sûr, pour se rendre compte si, oui ou non, il est réalisé : quelqu'un qui n'a pas la Foi ne peut pas se rendre compte si, in globo, une génération d'hommes a abandonné... la Foi !). D'autres, par contre, ne sont pas de nature spirituelle, ils sont au contraire foncièrement matériels, physiques, géographiques, ce sont des signes que j'oserai dire juifs, c'est-à-dire qu'ils sont perçus par les sens de tout homme, qu'il ait, ou bien non, la Foi, qu'il soit pie ou impie. Un petit chien sur le trottoir pourrait, s'il avait une conscience, se rendre compte s'ils sont actualisés ou non. C'est justement en faisant allusion à ces signes eschatologiques qui ne demandent que des yeux physiques pour savoir avec certitude s'ils sont, ou bien non, advenus en notre temps et notre monde, que Jésus donne l'ordre de... les voir : «Quand vous verrez ces signes, etc.»
           
        "Alors, maintenant, attention, Rd Père de Blignières, faites bien attention à votre âme. La suite de mon propos va vous obliger à poser un acte de Foi très-important devant Dieu, pas devant votre serviteur qui vous écrit ces lignes et qui n'est rien. Vous allez pouvoir vous rendre compte vous-même, et Dieu également, par la réponse intérieure que vous allez faire, si vous faites hélas partie des pharisiens qui refusent agnostiquement de voir ce que leurs yeux voient (néo-pharisiens donc, dans notre fin des temps non plus, comme il y a 2 000 ans, messianique, mais eschatologique cette fois-ci), ou alors, ce que j'espère de tout cœur, si vous faites partie des humbles qui acceptent de passer sous les fourches caudines du Saint-Esprit, soumettant humblement votre esprit à Sa Parole quant à la fin des temps. Je vais en effet à présent vous mettre sous les yeux un signe eschatologique de la seconde catégorie, qui donc ne demande aucun criterium de Foi pour savoir s'il est advenu ou bien non, juste des yeux physiques pour voir, un signe eschatologique formellement advenu en notre temps, et en notre temps seulement, dont même Grosjean, l'innocent du village, serait coupable devant Dieu de n'en point prendre conscience. Faites bien attention donc, Rd Père de Blignières, à l'attitude que vous allez adopter quant à ce signe.
           
        "Il s'agit, justement, du signe juif. Les prophètes de l'Ancien-Testament sont unanimes à prophétiser un retour physique des juifs en terre géographique d'Israël à la fin des temps, de tous les temps historiques (en vue de leur conversion finale en corps de nation). Il y a évidemment un sens de la prophétie qui est historique, comme s'accomplissant sous Esdras lors du retour des juifs dans leur terre-patrie après l'exil de Babylone, il y a aussi bien entendu un sens spirituel à donner à la prophétie (comme signifiant la conversion finale du juif, selon la prophétie de Zacharie : "Ils regarderont vers Celui qu'ils ont transpercé"), MAIS il y a un troisième sens, purement eschatologique celui-là, d'un retour physique des juifs en terre géographique d'Israël comme signe topique de la fin des temps, troisième sens eschatologique qui achève le sens historique, incomplet sous Esdras. Et Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans l'Évangile, ne fait que récapituler, en maître de doctrine qu'Il est, ce signe eschatologique juif, lorsqu'Il prophétise formellement en Luc XXI, 24 : «Jérusalem sera foulé aux pieds par les nations jusqu'à ce que le temps des nations soit accompli». En fait, Jésus récapitule sur Jérusalem, microcosme de tout Israël, la grande prophétie vétérotestamentaire du retour juif, signe topique de la fin des temps.
           
        "Or, si je tourne mes yeux vers Jérusalem, et je vous invite ici à le faire comme moi mon Rd Père, je vois, et tout le monde peut le voir, que Jérusalem n'est plus foulé au pieds par les nations, Jérusalem est foulé aux pieds, de nos jours, par les juifs, et par les seuls juifs, en leur nom et qualité de juif. Et de nos jours seulement, car une telle chose n'est jamais arrivée depuis la prophétie de Notre-Seigneur, il s'en faut extrêmement, dans aucune des générations historiques passées depuis 2 000 ans. Le langage parabolique employé par Notre-Seigneur : «foulé aux pieds», signifie en effet, en langue moderne : «occupation politique». Jérusalem est de nos jours complètement sous le pouvoir politique juif (même la mosquée d'Omar et l'important territoire du mont du Temple qui l'entoure, l'est ; les arabes musulmans ne la possèdent que par concession des juifs, après la guerre des 6 jours... concession qu'ils n'auraient d'ailleurs jamais dû leur faire, ils s'en mordent les doigts maintenant). Puisque Jérusalem n'est plus «foulé aux pieds» par les nations, mes yeux me montrent en effet indubitablement qu'elle l'est par les juifs, alors, le temps des nations est donc «accompli», autrement dit, nous sommes très-certainement, depuis l'accomplissement de ce signe eschatologique, dans la période de la fin des temps ; ce n'est pas seulement une possibilité, une thèse discutable, c'est, comme je l'ai expliqué plus haut en rappelant la valeur théologique formelle du signe eschatologique, une certitude de l'ordre de la Foi, de fide.
           
        "Tout signe eschatologique qui s'incarne sur cette terre a une naissance, une maturation, un achèvement final (la grande loi posée par Garrigou-Lagrange dans Les trois conversions, les trois voies, s'appliquent aussi très-bien aux signes eschatologiques). Ces trois étapes, car le signe eschatologique juif est parfaitement finalisé à l'heure où je vous écris mon Rd Père, sont on ne peut plus simplement discernables dans l'étude de l'incarnation dudit signe.
           
        "1917-1967-1980 sont les trois dates historiques qui voient respectivement la naissance, la croissance et l'achèvement complet de ce signe eschatologique formel qui, je le répète, oblige tout catholique à professer de Foi, de fide, qu'il vit la fin des temps aux jours d'annhuy, sous peine de pécher contre le Saint-Esprit.
           
        "2 Novembre 1917. C'est la Déclaration de l'anglais Balfour qui libère le territoire palestinien, en ce compris Jérusalem, de l'occupation ottomane vieille de quatre siècles exactement (1517), y concédant un «foyer national juif» (a jewish national home). À partir de 1917, le juif «foule aux pieds» Jérusalem en tant que juif, certes sous mandat anglais délivré par la SDN, l'ancêtre de l'ONU, ce n'est encore que la naissance du signe eschatologique, mais il le fait en sa qualité de juif. Et c'est bien cela qui commence à réaliser la prophétie eschatologique de Notre-Seigneur. 2 Novembre 1917. Vous ne manquerez pas de noter avec grande attention, mon Rd Père, que nous sommes là à quelques jours seulement du... 13 octobre 1917, l'apparition de Fatima, dont le sens profond est d'avertir les hommes qu'ils rentrent dans la période de la fin des temps, ce que montre très-évidemment, sauf pour ceux qui ont des yeux pour ne voir point, le grand miracle du soleil et de l'arc-en-ciel (le soleil signifie la Parousie en Gloire du Christ, et l'arc-en-ciel, le Millenium qui la suit immédiatement) qui, soit dit en passant, commence à réaliser, lui aussi, un autre signe eschatologique, celui des «grands signes dans le ciel» (Lc XXI, 11). Petit à petit, les juifs vont de plus en plus occuper, politiquement contrôler, de 1917 jusqu'en 1967, la partie ouest de Jérusalem : par conséquent, à proportion même, ce ne sont plus «les nations» qui la foulent aux pieds.
           
        "La guerre des 6 jours en 1967 libère la partie est de Jérusalem, encore aux mains des jordaniens, jalon de croissance évidemment très-important qui voit désormais TOUT Jérusalem être «foulé aux pieds» par les seuls juifs, est et ouest, et non plus seulement la partie ouest de Jérusalem, comme avant l'an 1967. Déjà à cette date, on peut dire que le signe eschatologique jérusalémite est absolument finalisé, achevé...
           
        "Mais j'en vois la finalisation définitive dans la presque incroyable déclaration de la Knesset, le parlement de l'État d'Israël, en 1980 : «Jérusalem est capitale ÉTERNELLE de l'État d'Israël». Cette déclaration, certainement inspirée par le Saint-Esprit aux juifs actuels, quand bien même ils ne sont pas convertis encore, mêle en effet la métaphysique à la politique d'une manière époustouflante : le qualificatif «éternel» n'a rien de politique, c'est une déclaration presque divine...! Pour bien en jauger, considérons qu'aucun autre pays du monde n'a déclaré dans un document officiel que sa capitale était... éternelle ! Et pourtant, pour ne prendre que cet exemple, si Paris n'était plus la capitale de la France, il est aisé de comprendre que la France ne serait plus la France ! Mais il n'est pas venu une seule seconde à l'esprit des députés du Parlement français de déclarer Paris capitale éternelle de la France, et pourtant, humainement parlant, ils y auraient été aussi fondés que les députés juifs le faisant pour Jérusalem... À partir de 1980 donc, le signe eschatologique juif est vraiment complètement et absolument réalisé, avec son message clair, sorti de la bouche infaillible de Jésus-Christ Notre-Seigneur : Jérusalem n'étant plus foulé d'aucune manière par les nations, nous sommes donc, en toute certitude, dans la période de la fin du temps des nations. Vous aurez peut-être remarqué que je ne tiens pas compte du jalon de la création de l'État d'Israël, en 1948. C'est parce qu'il ne regarde qu'indirectement, médiatement, Jérusalem. La prophétie de Notre-Seigneur en effet se focalise uniquement sur Jérusalem. Cependant, je l'ai dit, Jérusalem est comme le miroir microcosmique de tout Israël. Et c'est pourquoi les prophètes de Yahweh prophétisent dans l'Ancien-Testament le grand retour juif non pas seulement à Jérusalem mais dans tout Israël, comme signe topique de la fin des temps.
           
        "Je terminerai ma démonstration en disant que ce signe eschatologique juif est un signe majeur. Il dépasse en valeur d'autres signes eschatologiques (et c'est pourquoi, soit dit en passant, on ne peut que dénoncer la grande faute des Pères du concile de Trente de ne point l'avoir consigné, ... par antisémitisme ?, lorsqu'ils traitèrent des signes eschatologiques dans un décret, n'en retenant seulement que... trois). Saint Thomas More, ce grand humaniste de la Renaissance, cet érudit pétri de classicisme, écrit dans sa prison son Dialogue du réconfort dans les tribulations quelque court temps avant de subir son martyre, en 1534 ; il se pose la question, dans un passage de son livre, question assez ordinaire pour quelqu'un qui se sait condamné à une mort imminente, si son époque est celle de la fin du monde ou bien non ; et notre saint en instance de martyre, écrit tout simplement : «... mais il me semble que je n'aperçois pas certains de ces signes qui, d'après l'Écriture, viendront un long moment avant [la Parousie], entre autres le retour des juifs en Palestine, et l'expansion générale du christianisme». Le signe eschatologique juif est donc majeur, pour saint Thomas More, et vous n'aurez pas manqué de noter qu'il l'appuie sur l'autorité infaillible de la Sainte-Écriture. Or, saint Thomas More était un grand connaisseur des langues anciennes, singulièrement celles attachées à la Sainte-Écriture..."
           
        (fin de citation)
 
 AutrucheTêteDansCiment
 
 
À suivre, dans la deuxième page :
... À la foire aux fous (au pluriel) !!!
(2)
 
 
 
18-10-2021 14:41:00
 

Le faux-prophète & l'Antéchrist sont UNE SEULE ET MÊME personne, et non deux. Preuves par l'Apocalypse ― En finale : mise à plat de la crise covidienne, antichambre du règne de l'Antéchrist

 
 
 
Le faux-prophète & l'Antéchrist
sont UNE SEULE ET MÊME personne, et non deux.
Preuves par l'Apocalypse ― En finale :
mise à plat de la crise covidienne,
antichambre du règne de l'Antéchrist
 
              
        Ami lecteur, nous avons soigneusement vu ensemble, dans mon dernier article (Encore du "survivantisme pontifical"...! : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/encore-du-survivantisme-pontifical?Itemid=483), toute la fausseté de la thèse du "survivantisme pontifical", qui n'est jamais rien d'autre que de l'hérétique sédévacantisme : elle dévoie gravement l'âme de ses adeptes en leur faisant accroire que l'Église de nos jours ne vit pas l'économie de la Passion, n'est pas crucifiée, n'est pas "faite péché pour notre salut" (II Cor V, 21), avec sa conséquence inéluctable de mort prochaine sous le règne de l'Antéchrist, préface négative du Retour en gloire du Christ pour ressusciter l'Église dans la nouvelle économie de salut à venir du Millenium. Le sédévacantiste-survivantiste fuit la croix du Christ, en voulant toujours vivre sa Foi dans une Église doctrinalement "toute blanche" qui n'existe plus, mais en même temps, qu'il prenne bien conscience qu'il fuit ce qu'achète pour lui la croix du Christ : sa rédemption personnelle. Car fuir la croix actuelle de l'Église, sa co-Passion propre et personnelle, c'est fuir la croix et la Passion rédemptrices du Christ, l'Église-Épouse étant "Jésus-Christ continué" (Bossuet).
           
        Le sédévacantiste-survivantiste ressemble tout-à-fait, pour prendre un sujet brûlant, aux gens qui, actuellement, voudraient s'imaginer pouvoir toujours vivre leur vie sociale comme avant le Covid grâce aux vaccins survivantistes, qui soi-disant permettraient de vivre comme avant, s'abusant ainsi sinistrement le plus qu'il soit possible (je vais en dire un mot en finale des présentes ; faisant ce nouvel article en pleine crise covidienne Big Brother, je ne peux en effet que me parachuter sérieusement dans le concret terrestre de l'épreuve apocalyptique que nous vivons tous, quand bien même mes sujets d'étude, sur ce site, sont d'ordre théologique). Il voudrait s'exclure par le vaccin d'un pape doctrinalement "tout blanc" du passé, prétendument en survie, de l'épreuve apocalyptique ecclésiale-spirituelle qui nous est tombée dessus à tous, nous les humains (et pas seulement les catholiques), au moyen d'une Église et d'une papauté "faites péché pour notre salut" depuis la fin de la Révolution, épreuve morale qui nous enveloppe tous complètement, sans possibilité de fuite, et de plus en plus et de pire en pire (cf. par exemple le récent motu proprio du pape François, diaboliquement assassin de l'antique messe, sous un titre d'antiphrase inversé radicalement satanique, Traditionis Custodes). Tel le filet dont parle Isaïe, qui tombe sur toute la terre sans que personne ne puisse y échapper, en passant à travers l'une ou l'autre de ses mailles ("L'effroi, la fosse et le filet sont sur toi, habitant de la terre. Et voici, celui qui fuira devant l'effroi tombera dans la fosse, et celui qui sera sauvé de la fosse sera saisi par le filet" ― Is XXIV, 17-18 ; c'est-à-dire : il n'y a pas moyen de fuir l'épreuve apocalyptique, une fois qu'elle est déclenchée par la Providence de Dieu).
           
        Or, le survivantiste qui fuit l'épreuve apocalyptique que Dieu nous envoie dans et par son Église, voulant croire à cette fin que Paul VI ou Benoît XVI est le seul pape actuel de l'Église, ne peut, conséquence obligée, qu'en déduire que François est... un antipape. Il tombe donc là dans l'hérétique sédévacantisme pur et simple, comme je le faisais remarquer dans mon précédent article. Réfléchissant alors au statut d'un antipape aux temps apocalyptiques qui sont les nôtres, mais qui ne serait pas encore l'Antéchrist-personne lui-même, le survivantiste, dans son errement, s'est alors imaginé pouvoir trouver ce statut dans le personnage du faux-prophète annoncé dans l'Apocalypse... mais qu'il s'est inventé comme étant un autre personnage que l'Antéchrist-personne, contrairement à ce qu'enseigne le Saint-Esprit à saint Jean, nous allons le voir. Car il s'est bien rendu compte que les personnes de Jean-Paul 1er, Jean-Paul II, Benoît XVI puis François, ou de François tout seul, selon la thèse survivantiste "Paul VI" ou "Benoît XVI" adoptée (... n'oubliez pas de biffer la mention inutile), n'ont pas, ou n'a pas, la carrure du personnage décrit par saint Paul comme étant l'Impie absolu, l'Adversaire diaboliquement "parfait" que sera l'Antéchrist-personne : si donc ce qu'il veut croire être des ou un antipape(s) de nos temps apocalyptiques ne sont pas, n'est pas, encore l'Antéchrist-personne, alors, croit-il pouvoir s'inventer dans son imagination tordue, il faut croire qu'il y a... deux personnages maudits à la fin des temps, 1/ le faux-prophète qui n'est pas l'Antéchrist-personne, ce que sont donc nos, ce qu'est donc notre, anti-pape(s) sus-nommé(s), et 2/ l'Antéchrist-personne lui-même.
           
        ... Le faux-prophète distinct et différent de l'Antéchrist-personne ? Le survivantiste-sédévacantiste a tout faux partout, là encore. Et c'est logique : parti sur des bases erronées, il ne pouvait qu'aboutir à de fausses théories. Car le vrai du vrai, en ce qui concerne la fonction pontificale à la fin des temps que nous vivons, c'est que la papauté est TOUJOURS la papauté, jusqu'au dernier pape, qui sera l'Antéchrist-personne. Vouloir casser arbitrairement et en rebelle revolvere, selon son petit jugement privé orgueilleux et illuminé, à partir d'un pape moderne ou d'un autre, Paul VI ou Benoît XVI, la chaîne apostolique de la continuité pontificale jusqu'au dernier pape de la fin des temps, apostolicitas hierarchiae, continuité prouvée par le fait dogmatique de la reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain légitime dûment acté sur tous les papes modernes jusqu'à François inclus, en se créant des anti-papes, est donc partir sur de fausses bases. Et cela aboutit logiquement à professer une autre erreur : que le faux-prophète et l'Antéchrist-personne sont deux personnages différents, alors que la sainte-Écriture révèle qu'il s'agit d'un seul et même personnage, le faux prophète n'étant, dans l'Apocalypse, que l'appellation de l'Antéchrist-personne par antonomase, c'est-à-dire par le nom commun qui décrit au mieux l'essence de son être personnel.
           
        Explication sémantique. Appeler quelqu'un d'un nom par antonomase, c'est lui donner un nom qui définit au plus près et aux mieux ce qu'il est essentiellement. Par exemple, si vous appelez quelqu'un Harpagon, ce nom fictif donné par Molière à l'avare de sa pièce de théâtre, cela signifie que celui que vous appelez ainsi est un avare invétéré, que ce vice est le trait de caractère dominant qui le définit hélas le mieux et dans lequel il a mis toute son âme. C'est précisément de cette manière-là, par antonomase, que saint Jean dans l'Apocalypse, inspiré par le Saint-Esprit, appelle l'Antéchrist-personne : le faux-prophète, comme ce qui définit le mieux ce qu'il est. On peut d'ailleurs et on doit aller plus loin encore. L'Antéchrist-personne est en effet appelé par le Saint-Esprit inspirant saint Jean dans l'Apocalypse, LE faux-prophète, avec l'article défini singulier "LE", ce qui signifie que nous sommes là dans l'antonomase d'excellence : "Plus spécifique, l’antonomase d'excellence utilise un nom commun pour désigner la «valeur superlative» dans le domaine où une personne s’est illustrée. Cette variété est presque toujours précédée de l'article défini singulier, et commence normalement par une majuscule : «le Poète» peut désigner Virgile, parce qu'il est considéré comme le plus grand des poètes" (https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonomase). L'auteur de Wikipedia que je cite aurait pu ajouter, du reste, que celui qui nomma le mieux par antonomase d'excellence, dans toute l'histoire du monde, est Adam, lorsque Dieu lui confia la tâche de nommer chacun des animaux : il le fit alors, avec l'intelligence très-supérieure des choses qu'il avait avant le péché originel, pour chaque animal créé, et le nom qu'il leur donna à chacun révélait au mieux et au plus près l'essence même de l'Idée qu'eût le Bon Dieu en les créant ("Le Seigneur Dieu ayant donc formé de la terre tous les animaux terrestres et tous les oiseaux du ciel, il les amena devant Adam, afin qu'il vît comment il les appellerait. Et le nom qu'Adam donna à chacun des animaux est son nom véritable [= comme ce qui le définit métaphysiquement le mieux]. Adam appela tous les animaux d'un nom qui leur était propre [= idem], tant les oiseaux du ciel que les bêtes de la terre" ― Gen II, 19-20).
           
        On l'a compris, et j'espère de tout cœur que les sédévacantistes et/ou survivantistes sont du nombre, c'est par antonomase d'excellence que l'Antéchrist-personne est appelé le faux-prophète dans l'Apocalypse johannique. Il s'agit d'un seul personnage qui reçoit seulement l'appellation, la dénomination, que sa caractéristique de fond mérite excellemment : d'être le plus grand et le plus achevé de tous les faux-prophètes parus sur la terre depuis la Création du monde, révélant toute la fausse prophétie qui a été inventée dans le monde depuis que le monde est monde, et qui va la manifester à la fin des temps, récapitulant ainsi en lui les 6 000 ans d'iniquité du monde, selon saint Irénée de Lyon. L'Apocalypse ne décrit donc pas du tout deux personnages distincts et différents l'un de l'autre, un faux-prophète d'abord, et ensuite l'Antéchrist-personne, comme se le sont imaginé perversement dans leur cervelle coincée et tordue les sédévacantistes-survivantistes de tout poil, elle donne juste un nom antonomastique à un seul et unique Antéchrist-personne, le nom qui le décrit le mieux par antonomase d'excellence.
           
        C'est donc raté-râpé sur toute la ligne pour la thèse survivantiste-sédévacantiste : non seulement Jean-Paul 1er, Jean-Paul II, Benoît XVI et François, ou François tout seul, selon la thèse survivantiste adoptée, ne peuvent pas être des anti-papes, ayant tous et chacun d'eux dûment bénéficié sur leur personne de la Reconnaissance ecclésiale universelle de leur qualité d'authentique Vicaire du Christ (fait dogmatique qui est la règle prochaine de la Légitimité pontificale), mais en outre, ils ne peuvent pas plus, tous et/ou chacun d'eux, être le faux-prophète décrit par saint Jean dans l'Apocalypse, pour la raison extrêmement simple que le faux-prophète, dans l'Apocalypse, désigne la personne une et unique de l'Antéchrist-personne, ce que ni les uns ni les autres papes sus-nommés peuvent être, et nos sédévacantistes-survivantistes le savent très-bien. La vérité ecclésiale-pontificale moderne, je le répète, c'est que tous ces papes modernes, Jean-Paul 1er, Jean-Paul II, Benoît XVI et enfin François, ne peuvent qu'être des papes légitimes quoique matériellement antéchristisés dans leur Magistère ; et cette antéchristisation matérielle de leur Magistère, qui est signe topique que l'Église vit sa Passion usque ad mortem, va finir par amener l'Antéchrist-personne sur le Siège de Pierre, légitimement intronisé en tant que dernier pape, comme Caïphe le fut en son temps en tant que dernier légitime grand-Prêtre, lequel dernier pape Antéchrist-personne va alors brutalement et violemment transformer l'antéchristisation matérielle de tous les papes modernes, post-concordataires puis post-conciliaires, en un péché formel, une antéchristisation formelle, pour sa plus grande condamnation.
           
        Ainsi donc, le dernier pape ne va pas, par antonomase, s'appeler Pierre II le Romain, comme l'auraient voulu des mystagogies frelatées, des mysticismes illuminés, des pieusarderies obscurantistes, mais Caïphe II le Romain.
           
        À l'identification parfaite de la personne du faux-prophète avec celle de l'Antéchrist-personne, que je viens d'exposer, certains croient pouvoir objecter les ch. XVI, XIX & XX de l'Apocalypse. Il est en effet parlé dans ces chapitres, du dragon, de la Bête, et du faux prophète. Alors, après avoir prétendu que la Bête, c'est l'Antéchrist-personne, ces objecteurs font remarquer que dans ces passages, elle est distincte et différente du personnage du faux prophète : il y aurait donc deux personnages distincts et différents, dont l'un serait le faux-prophète quand l'autre serait l'Antéchrist-personne. Cqfd, bien sûr. Mais je commence par citer les passages invoqués par ces objecteurs, avant de les réfuter :
           
        * "Je vis alors sortir de la bouche du dragon, de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles, etc." (Apoc XVI, 13).
           
        * "Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées assemblées pour faire la guerre à Celui [le Christ] qui était monté sur le cheval, et à Son armée. Mais la bête fut saisie, et avec elle le faux prophète qui avait fait devant elle des prodiges, par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête, et qui avaient adoré son image. Ils furent tous deux jetés vivants dans l'étang brûlant de feu et de soufre" (Apoc XIX, 19-20).
           
        * Après les Mille ans du Millenium, saint Jean précise qu'il y aura à nouveau, comme dans notre fin des temps voyant la fin du Temps des nations et de Rome son centre, un combat eschatologique entre les forces du mal et les forces du Bien, qui verra cette fois-ci la défaite définitive de Satan : "Et lorsque les mille ans seront écoulés, satan sera délié de sa prison, et il sortira, et il séduira les nations qui sont au quatre angles de la terre, Gog et Magog, et il les assemblera pour le combat ; leur nombre est comme le sable de la mer. Ils montèrent sur la surface de la terre, et ils environnèrent le camp des saints, et la cité bien-aimée. Mais un feu, lancé par Dieu, descendit du ciel et les dévora ; et le diable qui les séduisait fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où la bête et le faux prophète seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles" (Apoc XX, 7-10).
           
        Dans ces passages, très-clairement, en effet, la Bête est formellement dissociée du faux-prophète. Mais voilà ce à quoi n'a pas réfléchi l'adepte survivantiste-sédévacantiste qui soutient cette objection en brouillon-pressé (comme d'habitude hélas pour cautionner n'importe comment ses erreurs), et qui va débouter toute sa thèse : de quelle Bête s'agit-il, dans cesdits ch. XVI, XIX & XX de l'Apocalypse ? Car il serait bon que notre sectaire se souvienne que, de Bêtes, il y en a deux différentes, dans l'Apocalypse : 1/ la Bête de la mer ("Je vis ensuite monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème" ― Apoc XIII, 1), et 2/ la Bête de la terre ("Je vis aussi une autre bête qui montait de la terre, et qui avait deux cornes semblables à celles d'un agneau ; et elle parlait comme le dragon. Et elle exerçait toute la puissance de la première bête [de la mer] en sa présence ; et elle fit que la terre et ses habitants adorèrent la première bête [auto-adoration de la Bête de la mer, qui s'adore elle-même en toute conscience de le faire, par le vecteur magique de la Bête de la terre]" ― Apoc XIII, 11-12). Or, la Bête de la mer désigne tous les peuples corrompus qui suivront l'Antéchrist-personne jusqu'au marquage 666 inclus, quand la Bête de la terre désigne l'Antéchrist-personne lui-même ; dans l'Apocalypse, comme d'ailleurs dans les autres Livres bibliques, la mer, les eaux, désignent en effet les peuples : "Et il [l'Ange qui enseigne saint Jean] me dit : Les eaux que tu as vues à l'endroit où la prostituée est assise, sont des peuples, des nations et des langues" (Apoc XVII, 15).
           
        Or enfin, dans ces ch. XVI, XIX & XX cités, la Bête dont il est question est la Bête de la mer ou ensemble des peuples corrompus qui auront pris la marque de la Bête de la terre, le 666, et nullement la Bête de la terre ou Antéchrist-personne. Puisqu'en effet, dans ces versets apocalyptiques, la Bête est désignée comme une entité séparée et différente du faux-prophète qui désigne par antonomase la Bête de la terre, il ne peut donc s'agir que de l'autre Bête, à savoir la Bête de la mer. Nos sectaires auraient d'ailleurs tout-de-même dû se rendre compte que de toutes façons leur interprétation était irrecevable, étant complètement contredite par le texte même de l'Apocalypse, par exemple, au ch. XIX : "Mais la bête fut saisie, et avec elle le faux prophète qui avait fait devant elle des prodiges". Or, 1/ celui qui fait des prodiges pour séduire les peuples, c'est l'Antéchrist-personne ; puisque donc le texte nous dit que c'est le faux-prophète qui fait ces prodiges, alors c'est que le faux-prophète est bel et bien l'Antéchrist-personne... même La Palice aurait pu le dire ! A-t-on vu le pape François, que nos survivantistes-sédévacantistes veulent croire être le faux-prophète, faire des prodiges ?! Mais non, évidemment, le pauvre en serait bien incapable !! 2/ Le texte apocalyptique nous enseigne que le faux-prophète ou Antéchrist-personne fera des prodiges "devant elle", devant la Bête ; or, l'Apocalypse révèle que cesdits prodiges seront faits devant tous les peuples corrompus de la terre ou Bête de la mer : c'est donc bien de la Bête de la mer que l'Apocalypse entend parler lorsqu'elle nous révèle que le faux-prophète ou Antéchrist-personne fera des prodiges "devant la Bête", une Bête de la Mer qui bien évidemment est dissociée du faux-prophète ou Antéchrist-personne ou Bête de la terre, étant une entité différente de lui. Et c'est bien pourquoi l'Apocalypse nous les montre aux ch. XVI, XIX & XX, comme deux entités différentes.
           
        Ainsi donc, la véritable exégèse des passages cités ("Je vis alors sortir de la bouche du dragon, de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, etc."), est la suivante : le dragon, c'est Satan-Lucifer, l'esprit infernal qui inspire autant la Bête de la mer que la Bête de la terre, insufflant en eux tous tout le mal possible et surtout leur inhalant la haine radicale et mortelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le vrai et seul Messie, "le seul et vrai Sauveur des hommes" (secret de La Salette) ; la Bête, c'est la Bête de la mer ou assemblée disparate de tous les peuples corrompus par l'Antéchrist-personne et y ayant donné leur consentement coupable ; et le faux-prophète, c'est la Bête de la terre, l'Antéchrist-personne lui-même soi-même, appelée ainsi, faux-prophète, par antonomase d'excellence, comme on l'a vu.
           
        Le texte apocalyptique est donc très-logique : il associe dans la damnation éternelle, l'esprit du mal, Satan-Lucifer, à toutes les âmes qui lui auront donné, par le 666, leur foi réprouvée, à commencer bien sûr par le faux-prophète ou Antéchrist-personne ou Bête de la terre, c'est-à-dire le chef des damnés de la fin des temps, et à continuer et à finir par tous les humains qui l'auront suivi dans sa rébellion formelle et ouverte contre le Christ Jésus, qui sont tous ensemble la Bête de la mer. Isaïe a sensiblement le même descriptif et tableau, lorsqu'il prophétise le châtiment des réprouvés à la fin des temps : "En ce jour-là, le Seigneur visitera l'armée d'en haut qui est dans le ciel [il s'agit des démons répandus dans les airs], et les rois du monde qui sont sur la terre ; et ils seront assemblés et liés comme un faisceau, puis jetés dans l'abîme, où Dieu les tiendra en prison, et Il les visitera longtemps après" (Is XXIV, 21-22).
           
        Mais pour en revenir à l'Apocalypse de saint Jean, qui nous occupe plus spécialement ici, on remarquera que tous ceux qui se donnent au mal à la toute-fin des temps, y sont trinitairement répartis, en contrefaçon sacrilège de la Trinité divine, signe topique de la perfection du péché 666 où ils sont parvenus : il y a le dragon, la Bête de la mer, et la Bête de la terre.
           
        Le dragon singe Dieu le Père : c'est lui qui crée l'esprit du mal et le fait vivre dans les deux Bêtes ("Et le dragon lui donna [à la Bête de la mer, de laquelle va naître et surgir la Bête de la terre] sa force et une grande puissance" ― Apoc XIII, 2). Le dragon assiste sans cesse la Bête de la mer ou dieu incarné, comme Dieu le Père assistait sans cesse Jésus-Christ, Verbe de Dieu incarné, dans tout ce qu'Il faisait ("Jésus leur dit donc : Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez ce que Je suis, et que Je ne fais rien de Moi-même, mais que Je parle selon ce que le Père M'a enseigné" ― Jn VIII, 28)De la même manière : la Bête de la mer, puis la Bête de la terre, ne font rien sans que ce soit le dragon qui ne le fasse en elles ; la Bête de la terre, par exemple, "parlait comme le dragon" (Apoc XIII, 11), c'est-à-dire qu'elle dit ce que le dragon veut qu'elle dise et lui fait dire.
           
        La Bête de la mer singe Notre-Seigneur Jésus-Christ, Verbe de Dieu incarné, par une pseudo-incarnation collective de cet esprit du mal qu'est le dragon (car l'esprit du mal ne peut pas faire une vraie Incarnation) dans toute l'humanité de laquelle sont rigoureusement exclus tous les élus, sorte de Messie collectif monstrueux qui prétend en avoir tous les attributs théandriques, à la fois dieu par le dragon et homme par sa nature propre d'humanité, mais qui cependant, dans son collectif, n'a pas le pouvoir ni la faculté de se faire la révélation à elle-même de son abomination de la désolation intrinsèque.
           
        Et la Bête de la terre ou Antéchrist-personne ou faux-prophète, singe Dieu le Saint-Esprit, qui révèle et libère la parole-verbe abominable présente dans le sein de la Bête de la mer mais qu'elle n'a pas pouvoir de se révéler d'elle-même à elle-même, ce qui aura pour effet immédiat de la faire magiquement s'auto-adorer par son vecteur ; c'est pourquoi le Saint-Esprit désigne la Bête de la terre dans la sainte-Écriture par une autre antonomase que celle du faux-prophète, par une "bouche" émanant et prenant naissance de la Bête de la mer ("Et il lui fut donné [à la Bête de la mer] une bouche qui proférait des paroles orgueilleuses et des blasphèmes ; et le pouvoir lui fut donné d'agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer Son nom, et Son tabernacle, et ceux qui habitent dans le Ciel" ― Apoc XIII, 5-6). La Bête de la terre sera comme une sorte de diabolique Pentecôte-Épiphanie pour la Bête de la mer.
           
        Une bouche est métaphysiquement faite pour libérer et dire la parole, et c'est précisément ce que fera la Bête de la terre, cette "bouche" née de la Bête de la mer : faire la révélation de la doctrine luciférienne à la Bête de la mer, qui certes la possédait déjà en son sein occultement mais sans pouvoir se la manifester explicitement à elle-même : c'est bien là toute la mission du faux-prophète qu'est l'Antéchrist-personne, par excellence d'appellation ! Le prophète Daniel a exactement le même descriptif de "bouche" quant à l'Antéchrist-personne, comme je l'avais déjà noté dans mon article L'Antéchrist sera une personne humaine (https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/l-antechrist-sera-une-personne-humaine?Itemid=154) : "Je considérais les cornes [sur la quatrième Bête qui est montrée à Daniel, et qui l'épouvante], et voici, une autre petite corne sortit du milieu d'elles [l'enseignement de Daniel est le même que celui de saint Jean : la Bête de la terre est une émanation de la Bête de la mer, que notre prophète vétérotestamentaire voit, quant à lui, sous la forme de cornes, et la corne qui en sort est une entité séparée et distincte d'elles toutes, une fois née d'elles] (...) ; et voici, cette corne avait des yeux comme les yeux d'un homme, et une bouche qui disait de grandes choses" (Dn VII, 8).
           
        C'est par la bouche que la parole-verbe prend corps et s'incarne sur cette terre. C'est vrai pas seulement pour le mysterium iniquitatis, mais aussi pour le Mystère du Christ.
           
        C'est en effet, traditionnellement, par la bouche du pape actuel que la Parole du Verbe s'incarne sur cette terre (je parle, on m'a compris, des temps normaux de l'Église...). Je le remarquai dans L'Impubliable, en ces termes : "Les Pères, dans le concile de Chalcédoine, après la proclamation de la Foi par le pape saint Léon le Grand, se sont tous exclamés magnifiquement : «Pierre a parlé par LA BOUCHE de Léon !» Il est bon de noter d'ailleurs que c'est dès le Concile de Jérusalem, le premier de l'histoire de l'Église aux environs de l'an 51, que saint Pierre lui-même définira ainsi son Magistère infaillible : «Les Apôtres et les Anciens s'assemblèrent pour examiner cette affaire [du judéo-christianisme]. Une longue discussion s'étant engagée, Pierre se leva et leur dit : Mes frères, vous savez que Dieu, il y a longtemps déjà, m'a choisi parmi vous, afin que par MA BOUCHE les Gentils entendent la parole de l'Évangile, et qu'ils croient» (Act XV, 6-7). Pie XI, dans Casti Connubii, rappellera la même expression : «L'Église parle par NOTRE BOUCHE»… Et plus avant dans le temps, on voit par exemple "cinq cents évêques venus du monde entier, réunis à Rome six mois après que le pape eut publié cette encyclique [Quanta Cura] le 8 décembre 1864, signer une adresse de salutation qui fut solennellement remise au pape le 1er Juillet 1865. On y lisait : «Dans la Foi que Pierre exprime par LA BOUCHE de Pie, nous disons, confirmons et déclarons aussi tout ce que tu as dis, confirmé et déclaré pour la sauvegarde du trésor de la Foi transmise» (La fidélité au Pape — un devoir sacré pour tout catholique, Johannes Rothkranz, 1998, p. 16)" (L'Impubliable, p. 50, note 33). "Cette expression quasi charnelle [= bouche], dont je ne donne ici que quelques petits exemples, n'est pas retenue évidemment tout-à-fait par hasard par les théologiens et les papes, c'est au contraire le Saint-Esprit qui l'inspire. Elle est très-physique, verte, crûe et presque brutale, justement pour bien faire saisir l'importance primordiale dans la transmission de la Foi, du Magistère actuel du présent" (cf. ma Réfutation de la thèse lefébvriste, p. 34)...
           
        On comprend mieux maintenant ce qu'est la "bouche" de l'Antéchrist-personne qui est le faux-prophète, et qui, je le rappelle, viendra dans la fonction du dernier pape légitime de l'Église catholique : un très-faux Verbe créateur, une très-fausse incarnation du Verbe, un diabolique Magistère du présent prétendument infaillible, prétendant instaurer une ère divinement salvifique pour l'humanité toute entière (qui, les élus en étant exclus systématiquement, ne sera plus que la Bête de la mer), en lui révélant et enseignant sa prétendue divinité messianique par laquelle, soi-disant, elle s'auto-sauve elle-même... Quel mensonge ! Quelle ignominie ! Quel blasphème sacrilège à la Face de Dieu ! Nous sommes bien là en présence du "péché qui perce la voûte des cieux" dénoncé par Notre-Dame à La Salette, le plus grand de tous les péchés que peut commettre l'homme... Mais Dieu, par son Christ Jésus, aura le dernier mot. Pour notre consolation, saint Paul nous enseigne que cette bouche de blasphème intégral sera punie très-exactement par où elle a péché : "Et alors se manifestera cet impie, que le Seigneur Jésus tuera par le souffle de SA BOUCHE, et qu'Il détruira par l'éclat de Son Avènement" (II Thess II, 8).
           
        Si l'on continue à lire le ch. XIII de l'Apocalypse, on voit que saint Jean réexprime une nouvelle fois, par une autre terminologie linguistique, ce mystère très-grand de la "bouche", qui est l'Antéchrist-personne ou faux-prophète, tellement notre visionnaire inspiré du Saint-Esprit est frappé, et à juste titre, par le summum absolu d'iniquité que manifeste ce personnage que saint Paul, de son côté, appelle l'Adversaire, l'Impie : saint Jean prend cette fois-ci la terminologie de la Bête de la terre pour sa réexposition. Ne faisant pas un commentaire suivi de l'Apocalypse dans cet article, je m'arrêterai là.
           
        Avant de fermer le si divin et révélateur Livre de l'Apocalypse de saint Jean, je voudrai juste, à présent, dire quelque chose d'excessivement important en ce qui concerne le ch. XVII, où l'ange décrit la grande Prostituée : il y est presque révélé en filigranes à saint Jean qu'il s'agit de... la Rome pontificale catholique, devenue à la fin des temps la mère des abominations et des prostitutions de toute la terre, ce qui hélas n'est que trop confirmé par l'histoire moderne de l'Église, et cela commence dès la fin de la Révolution, dès le Concordat napoléonien, pour se dégrader atrocement dans un paroxysme insoutenable après Vatican II, et de plus en plus et de pire en pire (pour n'en prendre qu'un seul et scandaleux exemple : cf. la prostitution de la Rome pontificale avec le régime nazi d'Hitler, que j'ai dénoncée sans voile de Noé ni ronds de jambe diplomatiques dans l'un de mes derniers articles Face à l'Église romaine concordatairement prostituée au IIIème Reich d'Adolf Hitler, un "héros discret", un martyr autrichien du droit chrétien : le Bienheureux FRANZ JÄGERSTÄTTER, au lien suivant : https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/face-a-l-eglise-romaine-concordatairement-prostituee-au-iiieme-reich-d-adolf-hitler-un-heros-discret?Itemid=154).
           
        Commençons par remarquer que la Bête sur laquelle la grande Prostituée est assise, est... la Bête de la mer, elle est décrite de la même manière qu'elle : "Et je vis une femme assise sur une bête de couleur écarlate, couverte de noms de blasphèmes, qui avait sept têtes et dix cornes" (Apoc. XVII, 3). Pour mémoire, relisons le descriptif de la Bête de la mer fait par saint Jean au ch. XIII, que nous avons déjà vu ensemble plus haut : "Je vis ensuite monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème" (Apoc XIII, 1).
           
        La révélation qui nous est faite là est vraiment très-importante : la Femme, c'est l'Église, mais, ... ô abomination de la désolation dans le Lieu-Saint !, elle est devenue à la fin des temps la grande Prostituée de Babylone, qui est le symbole des grandes villes corrompues de la terre. Saint Jean nous montre en effet qu'elle est désormais assise sur la Bête de la mer et non plus sur le Christ qui est pourtant son Géniteur. Elle ne s'appuie donc plus sur le Principe surnaturel mais elle s'appuie sur le principe naturel vicié du péché originel augmenté des péchés actuels de tous les peuples. C'est-à-dire qu'elle prend désormais sa force de la corruption des peuples qui vont se donner à l'Antéchrist-personne, elle prend d'eux toute son autorité (ce qu'on ne voit que trop bien dans l'Église contemporaine, surtout depuis Pie XII, qui fut le premier pape moderne à avaliser magistériellement la Démocratie dans son scandaleux Message de Noël 1944 ; on voit en effet l'Église, par la bouche de ses papes modernes, ne plus enseigner que ce que l'ONU enseigne... c'est très-évident avec le pontificat actuel de François).
           
        Être assise sur la Bête de la mer, c'est, on ne peut plus concrètement et clairement, par une métaphore des plus lapidaires, décrire ce qu'ont fait tous les papes modernes, peu ou prou, sans exception aucune (... même les plus saints, tel Pie X pour en rester à lui...), en se concordatisant-prostituant avec les sociétés politiques constitutionnellement athées issues de la Révolution satanique, dès le pape Pie VII, dès 1801, et ce, jusqu'à nos jours chinois plus qu'exécrables. Être assise sur la Bête de la mer, c'est se prostituer avec la puissance de blasphème contenue dans les peuples ne voulant plus que le Christ règne sur eux (relire à ce sujet mon grand article Les Mœurs ecclésiales concordataires avec les États modernes athées, sont la cause première de "la crise de l'Église" ; la subversion de la Foi à Vatican II n'en est que le fruit pourri, au lien suivant : https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/les-moeurs-ecclesiales-concordataires-avec-les-etats-modernes-athees-partie-1?Itemid=154).
           
        Cependant, il est tellement contre-nature et inouï que l'Épouse du Christ, dans son économie du Temps des nations et de Rome son centre, finisse par devenir, à la fin de sa vie militante ici-bas, la grande Prostituée de la terre (que feu l'abbé de Nantes, d'un trait inspiré, appelait le MASDU ou Mouvement d'Animation Spirituelle de la Démocratie Universelle), que saint Jean lui-même, à qui l'Ange de l'Apocalypse montre cela sous forme d'images fortes et crues, ne semble pas pouvoir le comprendre, ne pas pouvoir conscientiser que le mysterium iniquitatis doive aller jusque là. Le texte inspiré nous le révèle ainsi : "Et sur son front [de la grande Prostituée] était écrit ce nom : Mystère ; Babylone la grande, la mère des fornications et des abominations de la terre. Et je vis cette femme, ivre du sang des saints, et du sang des martyrs de Jésus ; et en la voyant, je fus frappé d'un grand étonnement. Et l'Ange me dit : Pourquoi t'étonnes-tu ? Je te dirai le mystère de la femme" (Apoc XVII, 5-7).
           
        Et là, comme pour vaincre son innocent étonnement, l'Ange va révéler très-clairement à saint Jean qui elle est, cette Femme, il lui dit, avec une précision chirurgicale qui lève toute espèce d'équivoques, que la grande Prostituée siègera sur "sept montagnes sur lesquelles la femme est assise" (Apoc XVII, 9), qu'en outre elle sera le siège de la souveraineté universelle : "Et la femme que tu as vue, c'est la grande ville, qui a la royauté sur les rois de la terre" (Apoc XVII, 18). Tout cela ne laisse absolument aucun doute. La Rome antique est géographiquement entourée de sept collines (https://fr.wikipedia.org/wiki/Sept_collines_de_Rome) ; elle est effectivement aussi la "grande ville", au sens eschatologique du terme qui veut que le Temps des nations soit basé sur une seule ville capitale qui représente synthétiquement son économie de salut spécifique, et qui s'avère être précisément la seule Rome parmi toutes les grandes villes du monde entier en ce compris Jérusalem (à tel point que des esprits excessifs et idolâtrant agnostiquement le Temps des nations, ont pu la baptiser inintelligemment de "Rome éternelle", tel Charles Maurras) ; et enfin, le Vicaire du Christ qui y siège est, de droit divin et catholique, le Souverain universel sur tous les roys de la terre, ce qu'avait dit très-clairement le pape Boniface VIII dans sa fameuse Bulle Unam Sanctam et que symbolisait depuis le Moyen-Âge la triple-tiare que le pape revêtait lors de son intronisation-couronnement... jusqu'à Paul VI, lequel pape moderne dégénéré, dans la logique sans faille de sa prostitution avec le principe démocrato-babylonien, la mit au rebut.
           
        Ce mystère d'iniquité de l'Église du Christ qui, dans son économie du Temps des nations et de Rome son centre, finit par devenir la grande Prostituée de Babylone, est si grand, si élevé, qu'il est caché à la plupart des âmes, et même aux âmes fidèles de nos jours, qui voient pourtant avec une clarté éblouissante son affreux et maudit accomplissement, il est même caché, semble-t-il, à saint Jean, et c'est pourquoi il voit le mot "Mystère" inscrit sur la tête de la grande Prostituée, et c'est pourquoi encore on le voit s'étonner grandement du mystère de la Femme qui est la grande Prostituée de Babylone...
           
        Mais je ferme ici le Livre de l'Apocalypse.
           
        Nous avons donc bien vu ensemble que le faux-prophète sera l'Antéchrist-personne lui-même soi-même. Parvenu ici, on ne peut pas manquer de se demander en quoi va consister essentiellement sa fausse prophétie aux peuples. Quelle fausse prophétie va-t-il donc bien faire en tant que faux-prophète, au monde entier pris dans son filet...? Tout simplement : faire accroire qu'il fait advenir de par lui, homme, le Royaume de Dieu sur la terre. Le but de toute prophétie véritable en effet, a comme fin ultime de faire advenir le Royaume de Dieu sur la terre, par la Gloire du Christ ressuscité ; le but du faux-prophète par excellence que sera l'Antéchrist-personne sera donc de faire accroire qu'il fait advenir ce Royaume de Dieu sur la terre...
           
        C'est ce que nous révèle de lui le prophète Daniel, je l'avais déjà noté dans mon grand article L'Antéchrist-personne devant clore notre fin des temps sera-t-il... le dernier pape LÉGITIME de l'Église catholique ? (http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/AntechristDernierPapeLEGITIMEMisEnForme.pdf), en ces termes que je recopie ici :
           
        "Les deux pôles qui caractérisent essentiellement l'Antéchrist-personne, sont d'être à la fois 1/ contre le Christ ; 2/ et de venir juste avant que le Christ glorieux n'instaure ici-bas son Royaume, pour prétendument et sacrilègement en instaurer une contrefaçon diabolique et illusoire. Ces deux sens principaux sont révélés sans équivoque dans la sainte Écriture : 1/ saint Paul définit l'Antéchrist-personne comme étant «l'Adversaire» (II Thess II, 4), donc Antichrist ; et 2/ le prophète Daniel révèle que l'Antéchrist-personne aura la prétention de «changer les temps et les lois» (Dan VII, 25), donc Antéchrist.
           
        "Car que veut dire par-là le prophète de Yahweh, qui est très-important pour notre sujet ? Citons-le en son entier, pour commencer : «Il [l'Antéchrist-personne] proférera des paroles contre le Très-Haut, il écrasera les saints du Très-Haut, et il pensera qu'il pourra changer les temps et les lois ; et ils seront livrés entre ses mains pendant un temps et des temps, et la moitié d'un temps. Alors le jugement se tiendra, afin que la puissance lui soit enlevée, qu'il soit détruit et qu'il disparaisse à jamais, et que le royaume, la puissance et la grandeur du royaume qui est sous tout le ciel, soient donnés au peuple des saints du Très-Haut ; son royaume est un royaume éternel, et tous les rois Le serviront et Lui obéiront» (Dan VII, 25-27). Il est aisé de comprendre ce que Daniel nous révèle là des prétentions impies de l'Antéchrist-personne si l'on veut bien saisir que lorsqu'il se lèvera et se manifestera en ce monde, «les temps ou les moments que le Père a fixés de Sa propre autorité» (Act I, 7) seront presque, presque, advenus (... mais pas encore tout-à-fait !) pour l'établissement par le Christ glorieux de son grand Royaume parmi les hommes, par lequel établissement l'économie de salut du Temps des nations disparaîtra (avec Rome), pour laisser la place à la nouvelle et dernière économie de salut, celle du Millenium, qu'instaurera justement le Christ en gloire.
           
        "Nouvelle économie du Royaume de gloire christique, que nous décrit d'ailleurs sans ambiguïté aucune Daniel en son v. 27 que j'ai cité tout exprès, dont le prophète de Yahweh nous révèle fort bien qu'il est instauré par le Christ glorieux juste à la suite de la chute de l'Antéchrist-personne et de son règne, pour qu'on comprenne bien le déroulement des choses et leur logique, et qu'il décrit mieux encore quelques versets avant : «Je regardais donc dans cette vision nocturne, et voici, quelqu'un, semblable au Fils de l'homme, venait avec les nuées du ciel, et Il s'avança jusqu'à l'Ancien des jours. Ils Le présentèrent devant lui, et Il Lui donna la puissance, l'honneur et le royaume, et tous les peuples, les tribus et les langues Le servirent ; Sa puissance est une puissance éternelle qui ne Lui sera point ôtée, et Son royaume ne sera jamais détruit» (Dan VII, 13-14).
           
        "«Changer les temps et les lois» veut donc dire que l'Antéchrist-personne prétendra remplacer lui-même l'économie de salut du Temps des nations et de l'Église romaine par l'économie de salut du Millenium ou Royaume de la Gloire du Christ. J'écris bien : prétendra le faire, comme d'ailleurs le révèle fort bien Daniel en disant «il pensera qu'il pourra changer les temps et les lois», car ce ne sera évidemment de sa part qu'une formidable tromperie, artifice et mirage diaboliques (mais qui, au for externe, s'habillera d'une telle ressemblance avec l'établissement divin du vrai Millenium, que cela séduira invinciblement les hommes du monde, et c'est en cela aussi que réside «la grande tentation universelle devant s'abattre sur le monde entier» ― Apoc III, 10).
           
        "Car, soit dit ici en passant contre l'habituel mensonge des glosateurs scolastiques anti-millénaristes qui veulent voir dans ce Royaume éternel qui suivra la chute de l'Antéchrist-personne, le Ciel supra-terrestre, le Paradis éternel après cette vie terrestre, le prophète Daniel les convainc de forfaiture en précisant bien que ce Royaume donné «aux saints du Très-Haut» aura lieu «sous tout le ciel», c'est-à-dire, on l'a compris, dans l'ici-bas terrestre, ce que confirme d'ailleurs le v. 14 où il est dit que le Royaume s'exercera sur des peuples, des tribus et des langues, toutes choses qui, évidemment, n'existeront plus au Ciel éternel. Le prophète infaillible de Yahweh nous annonce donc, pour notre ici-bas terrestre, une nouvelle économie de salut après le Temps des nations et de l'Église romaine mourant sous la main de l'Antéchrist-personne, cedit Temps particulier, notre Temps, n'étant pas du tout la dernière économie de salut christique, ce que saura très-bien l'Antéchrist-personne... plus catholique en cela que lesdits glosateurs scolastiques néo-pharisiens ! Non seulement en effet, il fera mourir le Temps des nations et de l'Église romaine, mais, à la fois et dans le même acte, il prétendra instaurer lui-même l'économie de salut qui, de par Dieu, et il le sait, doit la suivre, à savoir celle du Millenium.
           
        "Et si Daniel précise dans le v. 27 que ce Royaume du Millenium est «éternel», c'est tout simplement parce que Celui qui l'exercera ici-bas par l'entremise «des saints du Très-Haut», sera le Christ-Dieu Lui-même, et que bien sûr le Christ-Dieu est éternel, sans préjudice cependant que cedit Royaume glorieux d'essence éternelle s'exercera... «sous tout le ciel» (c'est dans le même sens que Daniel prophétise un peu plus haut : «Mais les saints du Dieu très-haut recevront le royaume, et ils obtiendront le royaume jusque dans les siècles et les siècles des siècles» (Dn VII, 18) ; ou encore que l'ange Gabriel dit à Marie, lors de l'Annonciation, parlant pourtant du trône temporel du roy David : «Il [Jésus] sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David Son père, et Il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et Son règne n'aura pas de fin» ― Lc I, 32-33).
           
        "Il y a ici, donc, pour qui a des yeux qui voient, une affirmation scripturaire du Millenium entendu littéralement, par ailleurs tel que le prêche saint Jean dans l'Apocalypse au ch. XX (... et tel qu'il le prêchait ainsi aux premiers chrétiens, on en a la preuve par le fait historique que là où la doctrine millénariste a été le plus crue dans le premier christianisme, est là où saint Jean l'Apôtre avait prêché...).
           
        "Il faut d'ailleurs bien noter que saint Jean a exactement le même langage et le même sens millénariste formel que Daniel quand, lui aussi, il décrit au ch. XXI de son Apocalypse le Royaume futur de la gloire du Christ qui suivra la chute de l'Antéchrist-personne, comme devant avoir lieu... «sous tout le ciel» : «Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'existait plus. Et moi, Jean, je vis la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du Ciel, d'auprès de Dieu, prête comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis une voix forte venant du trône, qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et Il habitera avec eux ; et ils seront Son peuple, et Dieu Lui-même sera avec eux, comme leur Dieu» (Apoc XXI, 1-3). Il est à peine besoin de faire remarquer que dans le Ciel éternel, il n'y aura pas d'hommes (... pas de femmes non plus, non, non, désolé Mahomet, absolument désolé !!), terme à la consonance terrestre et temporelle indiscutable, comme «sous tout le ciel». De plus, s'il était question, dans ce ch. XXI, d'un descriptif du Ciel éternel comme l'affirment mensongèrement les scolastiques de tout poil, alors, la Jérusalem nouvelle n'aurait pas besoin d'y descendre d'auprès de Dieu, comme le révèle saint Jean... puisqu'elle y serait déjà, dans ce Ciel éternel ! Elle n'aurait juste qu'à rester là où elle est, à savoir dans le Ciel éternel d'en-Haut, auprès de Dieu !! Or donc, son point de départ étant Dieu et le Ciel éternel, où voulez-vous donc bien qu'elle descende d'auprès de Dieu, la Jérusalem nouvelle, sinon, évidemment, sur la terre et la temporalité d'ici-bas !... Il y a quantité de passages dans l'Apocalypse, qui sont de sens formellement millénariste, je citerai encore celui-ci : "Le septième Ange sonna de la trompette, et des voix fortes se firent entendre dans le Ciel ; elles disaient : L'empire de ce monde a été remis à notre Seigneur et à Son Christ, et Il règnera dans les siècles des siècles. Amen" (Apoc XI, 15). Faut-il faire remarquer que "l'empire de ce monde" n'est pas précisément vouloir désigner le Ciel éternel...! Comme dans Dan VII, 18 cité plus haut, notons bien que le Règne éternel du Christ en Gloire avec les saints du Très-Haut commence dès ici-bas, par le Millenium...
           
        "Comment donc se fait-il que les scolastiques, voire les plus saints d'entr'iceux, ont menti honteusement sur le sens millénariste formel de ces passages scripturaires absolument limpides, clairs, simples, sans équivoque ni ambiguïté aucunes, trompant ainsi fort gravement les âmes et, pour en rester à notre sujet, obscurcissant hérétiquement le sens Antéchrist (= qui doit venir avant le Christ) dans le personnage de l'Antéchrist-personne...?!? Mais, sur cette pénible et irritante question, je termine là mon apologie du Millenium, cet aspect important du dogme catholique qui n'aurait jamais dû être mis dans l'Église sous le boisseau, comme il l'a cependant été hélas, depuis les scolastiques, depuis le Ve siècle des saints Augustin et Jérôme (je reporte le lecteur intéressé par cette question passionnante, au livre que j'ai écrit sous le pseudonyme Louis de Boanergès, Bientôt le règne millénaire)...
           
        "Récapitulons. L'Antéchrist-personne, supplanteur sacrilège du Plan divin, prétendant dans un orgueil digne de Lucifer vouloir faire avant l'Heure «ce que Dieu s'est proposé de faire» (Donoso Cortès), va ouvrir son règne d'impiété radicale, qu'il voudra être une contrefaçon très-imitée du Royaume de gloire du Christ, juste quelques «minutes eschatologiques» avant que le Christ glorieux ne vienne instaurer véritablement le vrai et authentique Royaume, le Sien, qui sera le Millenium, nouvelle économie de salut remplaçant celle du Temps des nations et de l'Église romaine, que l'Antéchrist-personne, justement, va totalement subvertir et anéantir avant de prétendre instaurer son pseudo-Millenium...
           
        "Une fois bien remis devant les yeux ce Plan divin que les scolastiques en général, en ce compris les plus saints (...!), ont tant malhonnêtement et si pharisaïquement obscurci durant la grande majorité des siècles catholiques, c'est alors que se comprend très-bien la formule de Daniel : «Il [l'Antéchrist-personne] pensera qu'il pourra changer les temps et les lois». C'est-à-dire : il s'attribuera à lui-même, dans un orgueil et une impiété insensés et sataniques, le pouvoir d'introduire le monde dans une nouvelle économie de salut, celle du Millenium (donc : dans un nouveau «temps», avec les nouvelles «lois» qui lui sont inhérentes), alors que c'est un acte surnaturel entre tous et qu'il y est radicalement impuissant, n'étant ni Dieu ni le Christ de Dieu. C'est en cela qu'il commettra principalement le péché suprême «qui percera la voûte des cieux», et pour lequel il ne tardera pas à recevoir son châtiment, suprême lui aussi. En passant, on n'oubliera pas de se rappeler qu'Adolf Hitler, une des préfigures modernes les plus parfaites de l'Antéchrist-personne sous l'angle politique, n'avait pas manqué d'identifier son fameux Reich au Millenium, lui prédisant 1 000 ans d'existence...
           
        "Ainsi donc, et pour conclure ce point fort important, il est extrêmement grave d'enlever du mot Antéchrist-personne, le sens Antéchrist, c'est-à-dire «qui vient avant le Christ», comme le veut l'article de Wikipedia que j'ai cité (... mais qui, il faut bien le dire, ne fait en cela que refléter très-fidèlement hélas, la croyance commune dans le monde catholique ; et la racine de cette grave erreur n'est pas bien difficile à discerner : elle réside tout simplement dans l'anti-millénarisme primaire et obscurantiste des scolastiques en général...), pour n'en retenir que le sens Antichrist, c'est-à-dire «opposé radicalement au Christ» : c'est exposer fort dangereusement son âme à ne pas comprendre que le Royaume de la gloire du Christ sera à notre porte lorsque, certes très-contradictoirement, le règne maudit de l'Antéchrist-personne s'ouvrira.
           
        "Lumière prophétique du Royaume de la gloire du Christ, clé royale davidique «qui ouvre, et personne ne ferme, et qui ferme, et personne n'ouvre» (Apoc III, 7), qui suffira, si j'ose dire, pour avoir la force surnaturelle et morale d'attendre, en souffrant généreusement pendant les fameux «3 ans et demi» sur le gril du règne de l'Antéchrist-personne (temps heureusement miséricordieusement abrégé comme le révèle le Christ), attendre disais-je, d'être introduit dans le vrai Royaume de gloire christique ou Millenium véritable, celui du Christ Jésus. Rejeter le sens «antéchrist» serait donc exposer son âme au désespoir, puisque le règne de l'Antéchrist-personne serait seulement vu comme une persécution radicale contre le Christ et de tout nom chrétien, mais pas comme devant, après un très-court temps, être immédiatement suivi de la Délivrance radicale du Christ que constituera le Millenium pour tout juste ayant tenu ferme dans la Foi...
           
        "Pour nous encourager dès à présent à tenir bon contre «la grande tentation qui va s'abattre sur le monde entier», lisons comment Malachie décrit la grande joie de ceux qui auront tenu contre l'Antéchrist-personne en persévérant jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'au Retour du Christ en gloire : «Car voici, il viendra un jour embrasé comme une fournaise [déluge universel de feu, finissant le règne de l'Antéchrist-personne] ; tous les superbes et tous ceux qui commettent l'impiété seront de la paille, et ce jour qui vient les embrasera, dit le Seigneur des armées ; il ne leur laissera ni germe ni racine [les adeptes de l'Antéchrist-personne auront donc le même sort que lui : anéantis radicalement, il n'en restera plus rien hormis leurs indistinctes cendres...]. Et le Soleil de Justice se lèvera pour vous qui avez craint Mon nom, et le salut sera sous Ses ailes ; vous sortirez alors, et vous bondirez comme les veaux d'un troupeau sortant de l'étable [après le confinement d'hiver]. Et vous foulerez les impies, lorsqu'ils seront comme de la cendre sous la plante de vos pieds, en ce jour où J'agirai, dit le Seigneur des armées» (Mal IV, 1-3). Ce que saint Jean décrit de la manière suivante : «Celui qui vaincra, Je ferai de lui une colonne dans le temple de Mon Dieu, et il n'en sortira plus ; et J'écrirai sur lui le nom de Mon Dieu, et le nom de la ville de Mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem, qui descend du Ciel d'auprès de Mon Dieu, et Mon nom nouveau» (Apoc III, 12) ; remarquons bien, au passage, la même formule de saint Jean pour décrire le Millenium, employée par lui dans le ch. III et le ch. XXI de l'Apocalypse, cette «nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel d'auprès de Dieu»"...
           
        (fin de citation)
           
        ... Mais, pour finir mon nouvel article, je quitte le domaine de la théologie pure, le règne de l'Antéchrist-personne, et je me parachute maintenant, avec des grenades en bandoulière, dans la crise covidienne Big Brother, comme promis, pour tâcher de faire juste quelques fortes réflexions de bon sens, qui, j'espère, pourront aider mon lecteur à se bien guider dans cette affreuse crise. Il ne va pas tarder à se rendre compte que les deux sujets, théorique et pratique, ne sont pas si éloignés que cela l'un de l'autre...
           
        Le pape Jean XXIII, qui n'avait pas été rebuté de recevoir le gendre du communiste Khrouchtchev alors que les chrétiens étaient persécutés à mort en Russie, avait osé dire : "Le mal absolu n'existe pas sur terre". Il avait tort. Et la Foi catholique était pourtant suffisante pour le lui enseigner, il lui suffisait en effet de lire l'Apocalypse pour sortir de son utopie démocrato-babylonienne : ce mal absolu existera sur terre lorsque le règne de l'Antéchrist-personne s'ouvrira.
           
        Or, justement, je remarque premièrement une chose, dans cette crise covidienne Big Brother, qui saisit tout le monde aux tripes. Il s'y détecte, s'y dévoile, très-puissamment, une haine homicide, mortelle, contre l'homme, très-perceptible par le viol implacable de ses droits les plus élémentaires et les plus fondamentaux (comme par exemple le choix libre de ses traitements médicaux), qui va jusqu'à rendre sa vie sociale, voire même humaine, radicalement impossible. Haine homicide inédite, tout-à-fait nouvelle à ce stade où le curseur est poussé à fond du donf, par rapport aux autres attaques des forces du mal contre l'homme et le chrétien qui l'ont précédées depuis plus de deux siècles, depuis la Révolution. Cette crise fait brutalement et violemment rentrer de force dans un nouveau paradigme qui intègre la mort de l'homme et même de l'humanité, les forces du mal attentant au pronostic vital de notre vie d'homme et de chrétien.
           
        Je remarque aussi une deuxième chose : une folie totale et intégrale possède l'esprit de ceux qui font rentrer ou qui veulent faire rentrer le monde entier dans ce nouveau paradigme qui va aboutir en finale rien moins qu'à l'auto-destruction de l'homme et de l'humanité, si un grain de sable ne vient l'enrayer avant : on se rend compte que ceux qui mettent en oeuvre mortifère ce nouveau paradigme sont comme des possédés étrangement imperméables aux raisons les plus simples et les plus évidentes qui leur montrent leur folie totale et sa conséquence homicide...  
           
        Or, l'homicide et la folie totale sont les marques de Satan, du grand dragon. Et, je le répète, comme jamais auparavant depuis la Révolution, folie totale et homicide sont hic et nunc présents dans notre crise covidienne Big Brother. C'est comme si nous étions déjà rentrés dans la forme du règne de l'Antéchrist-personne, mais sans le fond, sans que le faux-prophète soit encore manifesté au monde...
           
        Mais descendons sur le terrain, pour bien le comprendre ; je viens tout juste de plier et cacher mon parachute sous un arbre. Tout d'abord, saisissons bien que nous sommes en présence, non pas d'une pandémie, mais de deux pandémies. La première est celle du virus lui-même, le fameux Covid-19. Et la seconde pandémie, aussi grave que la première sinon infiniment plus, est la pandémie des vaccins ARN.
           
        La première est celle du virus lui-même. ― Il y a bel et bien une vraie pandémie virale, elle est bien réelle, contrairement aux élucubrations extrémistes et surréalistes des complotistes qui nous parlent d'un Covid 19 à peine plus grave qu'une petite grippette de saison ou de salon (dans ce cas, on se demande bien pourquoi au Brésil, lors d'une flambée de l'épidémie il y a quelques mois, ils élargissaient en toute hâte les cimetières à coups de bulldozers et de pelleteuses, tellement il y avait de morts...).
           
        Précisons bien les choses : dans notre affaire, je crois certes au complot, mais je ne suis pas complotiste. Il y a en effet une distinction à faire. Le complotisme, moralement mauvais, est cette doctrine qui veut qu'il y ait un petit groupe d'initiés très-méchants qui dirigent le monde, mais le monde lui-même est composé de gens à très-grande majorité bons et innocents. D'où la déduction simpliste : il suffirait de supprimer ce petit groupe d'initiés et tout redeviendrait normal dans le meilleur des mondes. C'est faux, spirituellement primaire, et moralement très-dangereux (car les méchants, c'est les autres, et soi-même on ne peut qu'être bon, et on met son propre péché sur le dos de l'ennemi, c'est bien commode ; cette attitude est un piège du diable). La vérité est que si un petit groupe de gens très-mauvais peuvent avoir une telle puissance sur le monde entier, puissance hélas effectivement bien réelle, c'est parce que‌ la grande majorité des gens est quant à eux pervertie au même niveau de méchanceté que ces initiés. Et c'est cette perversion globale d'une génération d'hommes qui permet aux méchants de mettre en œuvre leurs plans sataniques sur le monde entier, tant il est vrai que, selon l'axiome bien connu, "le peuple a les chefs qu'il mérite".
           
        La seconde est celle des vaccins ARN. ― Ils sont la résultante d'une technologie diabolique, tant sur la forme que sur le fond. Je suis émerveillé, si je puis dire, de voir que très-peu de personnes dénoncent haut et fort l'ignoblerie de ces produits vaccinaux faits, et tout le monde le sait bien pourtant, à partir de lignées de cellules de fœtus humains avortés (seule Jeanne Smits a vraiment mis cette honte en exergue, sur son blog). Rien que cela serait une raison suffisante pour nous faire refuser ces vaccins nouvelle génération, pour cause d'ignominie et d'indignité morale, et de péché par complicité très-grave. Ce n'est d'ailleurs pas un petit signe de voir la grande Prostituée de Babylone qu'est devenue la Rome du pape François, passer muscade sur cette ignoblerie, et oser élaborer une thèse doctrinale pour prétendre dédouaner moralement de toute faute les fidèles qui se font vacciner...
           
        Si la forme est déjà ultra-condamnable, le fond ne l'est certes pas moins, il s'en faut. Alexandra Henrion-Caude, généticienne de premier ordre qui n'a rien à voir ni avec les complotistes ni avec les charlatans incompétents, a fort bien démontré que le tripotage qu'on ose faire de l'ARN dans ces vaccins, va finir, contrairement à ce que disent les menteurs officiels, par informer le génome humain c'est-à-dire l'ADN, au moyen d'un effet boomerang, d'un retour feedback. L'information ARN ne reste pas à l'extérieur du noyau génique ou ADN, contrairement à ce qu'ont voulu croire les apprentis-sorciers qui ont tripoté cette nouvelle technologie, mais finit, aux termes du processus vaccinal, par le pénétrer. Autrement dit, l'ADN du vacciné est informé du changement, ce qui signifie qu'il est modifié. Le vacciné ARN est donc devenu un humain OGM, génétiquement modifié. Et une fois fait, c'est irréversible. Et il transmettra à ses descendants cette modification OGM.
           
        Ce n'est pas tout, hélas. Cette modification ADN va engendrer d'abord des nouveaux variants du virus comme l'a expliqué le professeur Luc Montagnier (qui lui non plus n'est ni un complotiste ni un charlatan incompétent), puis, à terme, après quelques mois ou au mieux quelques années, de trois à dix ans pronostiquent certains, va finir par déclencher progressivement mais irréversiblement un véritable Hiroshima dans toutes les cellules du corps humain du vacciné, notamment par l'entremise de la protéine Spike, que nos tripoteurs ont cru inoffensive alors qu'elle s'avère être toxique. Parvenu à ce stade, c'est la mort assurée, de préférence avec beaucoup de souffrances.
           
        Tripoter en apprentis-sorciers l'ARN et donc l'ADN, c'est une voie de recherche scientifique qui n'aurait JAMAIS dû voir le jour. Il y a là comme un viol sacrilège des secrets de vie que le Bon Dieu a mis dans la Création, qui dépassent complètement la capacité de l'homme comme le Ciel dépasse la terre, et que l'homme n'a pas le droit de toucher, parce que plus il pénètre l'essence des choses en quelque sorte contigües au divin, contigües à la déité de l'homme telle qu'elle est créée par Dieu, et moins il a de prise sur elles, et plus les conséquences de ce qu'il déclenche sont graves. Mais ça, l'homme moderne, moralement émasculé et spirituellement lobotomisé, ne peut plus le comprendre. Nous avons commencé à toucher sacrilègement au noyau atomique de la matière, à la fin de la seconde guerre mondiale, c'était déjà une énorme faute mais ce n'était que de la matière, avec cependant des conséquences potentiellement mortelles pour toute l'humanité et soit dit en passant toujours suspendues au-dessus de nos têtes (rappelons-nous Tchernobyl, Fukushima), et maintenant nous touchons au noyau atomique de l'homme, c'est infiniment plus grave car là, c'est directement auto-destructeur de l'homme et de toute l'humanité.
           
        Les vaccins ARN, transformant l'ADN du vacciné, vont le mettre par-là même à la merci totale du système mondialiste qui promeut ces vaccins de l'enfer, infiniment pires que ceux élaborés par les nazis dans la seconde guerre mondiale. Loin que, après deux vaccinations, il soit immunisé complètement contre le Covid-19, son corps va au contraire produire des variants nouveaux du virus originel qui l'obligeront à recevoir sans cesse, soit un rappel de vaccin, soit plus probablement un nouveau vaccin pour répondre à un nouveau variant. Et cela ira de plus en plus vite, de plus en plus fort, dans un tourbillon incessant, jusqu'à ce que le corps humain sur-vacciné et sur-infecté, développant de plus en plus des effets secondaires graves, n'en puisse plus, et meurt. 
         
 
 TintinPiqûre
 
 
        Les vaccins ARN, loin donc de libérer l'individu du péril Covid-19, vont le mettre au contraire progressivement en esclavage total du système mondialiste, jusqu'à sa mort ADN programmée. C'est vraiment, pour toute l'humanité, "la solution finale" (Adolf Hitler).
           
        C'est pourquoi je les considère comme un pré-marquage 666.
           
        Les vaccins ARN sont une pré-marque 666 de la Bête.
           
        Lecteur qui me lisez, je vous en conjure, pour votre bien tant de l'âme que du corps :
 
!!! NE VOUS FAITES SURTOUT PAS VACCINER ARN !!!
           
        Certes, ce ne sera pas encore la marque de la Bête, 666, qui mènera en enfer, mais celui qui prendra ce pré-marquage 666 vaccinal aura mis un doigt dans un engrenage dont il ne pourra plus se dépêtrer, il n'en sera pas le maître, cela l'obligera au contraire, à cause des effets négatifs du vaccin ARN, à être dépendant de plus en plus complètement des structures de santé d'un système mondialiste qui ne manquera pas de lui proposer, dans un futur très-proche, de recevoir cette marque de la Bête 666. Il aura infiniment plus de mal à s'en arracher et à refuser la marque de la Bête 666 que le non-vacciné qui, lui, connaîtra la vraie liberté quoique persécuté.
           
        De plus, il est important que les vaccinés ARN prennent conscience qu'ils ne vont pas être un danger que pour eux-mêmes, mais ils le seront aussi pour les autres, pour les non-vaccinés restés humainement sains et génétiquement normaux, non-OGM, non-modifiés. Il me souvient d'un paysan qui s'était lancé dans la culture biologique ; quelques années après avoir dûment mis en oeuvre le bio dans ses champs, il va pour vendre sa récolte, et, à sa grande stupéfaction, on la lui refuse sous l'étiquette bio parce que les analyses révélaient des traces OGM importantes dans sa culture... alors qu'il avait scrupuleusement suivi le cahier des charges pour que son produit soit bien labellisé bio. L'explication ne fut pas longue à trouver : ses champs étaient tous entourés d'autres champs que les propriétaires ensemençaient avec des semences OGM, et le vent répandit des semences OGM dans son champ bio... Ainsi en sera-t-il des vaccinés par rapport aux non-vaccinés : ce sont les premiers qui risquent d'infecter les non-vaccinés de nouveaux variants générés par leur système ADN modifié... et non l'inverse. C'est précisément en cela que les vaccins ARN sont une seconde pandémie.
           
        Tout ce que je viens de dire de cataclysmique concernant les effets de ces vaccins ARN est en quelque sorte déjà prophétisé par saint Jean dans l'Apocalypse. En effet, si, comme je pense être dans le vrai en le disant, les vaccins ARN sont un pré-marquage de la Bête 666, alors, puisqu'un châtiment corporel est prophétisé pour ceux qui recevront cette maudite marque, il y aura aussi un châtiment corporel proportionné pour ceux qui auront pris la pré-marque 666 vaccinale ARN : "Le premier [Ange] s'en alla, et versa sa coupe sur la terre ; et un ulcère malin et dangereux apparut sur les hommes qui avaient la marque de la bête, et sur ceux qui adoraient son image" (Apoc XVI, 2).
           
        Il est à noter soigneusement que le châtiment sera envoyé par Dieu. Les Anges punisseurs versent en effet leur coupe sous Son ordre : "J'entendis ensuite une voix forte, qui venait du temple, et qui disait aux sept Anges : Allez, et versez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu" (Apoc XVI, 1). Cette prophétie apocalyptique nous apprend donc quelque chose de spirituellement très-important : les châtiments ou effets négatifs sur l'homme de la marque 666 et du pré-marquage vaccinal ARN ne viendront pas tant de la marque ou du vaccin que d'un Ordre de Dieu, et à son Heure... Ainsi donc, Dieu peut retenir le châtiment corporel de sévir pendant le temps qu'Il veut, et sans doute pouvons-nous penser qu'Il le fera différemment avec chaque personne, selon le degré de culpabilité différent de ceux qui se seront fait pré-marquer 666 et/ou marquer 666, et aussi, et surtout, en vue de sauver l'âme coupable par la pénitence.
           
        Je disais plus haut qu'on prend acte dans cette crise covidienne Big Brother, d'une haine homicide de l'homme doublée d'une folie totale de ceux qui ont cette haine encore jamais vue à ce stade, et que l'homicide et la folie sont les marques de Satan, du grand dragon.
           
        C'est très-marqué dans l'affaire du Pass sanitaire. Non seulement les vaccins ARN, si dangereux pour la vie de l'homme, sont autorisés par les prétendues "hautes autorités sanitaires" (qui ne peuvent pourtant qu'avoir connaissance de ce que je viens d'écrire des vaccins ARN mais qui, enclavés dans leur folie diabolique, n'en tiennent aucun compte), alors que leur premier devoir, fondamental, est de les interdire rigoureusement au motif du principe de précaution, mais ces vaccins ARN sont LES SEULS à l'être, à être autorisés ! Et non seulement ils sont autorisés, mais on veut obliger toutes et tous à se faire uniquement vacciner ARN, à passer sous les fourches caudines de ces diaboliques vaccins pires que ceux nazis, les adeptes du grand dragon à la tête de la France ont à cet effet instauré un Pass sanitaire qui tend à le rendre obligatoire pour tous ! On ne peut que prendre acte qu'il y a donc là une volonté très-délibérée de soumettre l'homme à une économie sanitaire qui inclut à terme sa mort. 
 
PassSanitaireRendLibre
           
        Il aurait été pourtant tout-à-fait possible d'orienter les parades contre le Covid-19 de toute autre manière, par exemple par des vaccins de conception traditionnelle (comme celui que l'Institut Sanofi-Pasteur prépare pour la fin de l'année), ou mieux encore, par des protocoles de traitements médicamenteux non-vaccinaux appropriés qui existent, qui ne sont même pas rares, et qui, avec des effets secondaires très-circonscrits et maîtrisés, ont fait largement leur preuve bien plus que les vaccins ARN (... et il s'en découvre tous les jours, de ces traitements-là !, c'est bien la preuve qu'il était très-facile d'emprunter une autre voie que la voie homicide des vaccins ARN ! Voyez par exemple cet article que j'ai lu presque par hasard les jours derniers, intitulé Covid : vers 3 médicaments existants «efficaces à 100%» ? ; cf. https://www.jforum.fr/covid-vers-3-medicaments-existants-efficaces-a-100.html).
           
        Mais non : on veut le SEUL vaccin qui attente mortellement à l'intégrité naturelle de l'homme, et il y a une vraie furie diabolique dans le monde entier, pas seulement qu'en France, pour ne vouloir que lui. Il y a donc là, volonté délibérée, militante et très-agressive, de la part des responsables politiques, de mettre toute l'humanité sous le règne de Satan, "homicide dès le commencement" (Jn VIII, 44), implicitement pour commencer, en attendant son explicitation, c'est-à-dire l'ouverture du règne de l'Antéchrist-personne.
           
        Ces gens-là sont donc vraiment nos ennemis mortels, non pas seulement à nous chrétiens mais à tout homme digne de ce nom, français ou non. Vouloir formellement nous mettre sous une économie sanitaire de mort, ce fut singulièrement évident, et tout le monde l'a remarqué, dans l'allocution d'Emmanuel Hitler, ... oh !, pardon, ma langue a chourfé, fourché !, Emmanuel Macron, le 12 juillet dernier.
           
        Éh bien, à la place de cet animal politique illuminé du pire illuminisme, je me méfierai beaucoup, j'aurai même vraiment très-peur, je ferai mon acte de contrition tous les jours. Les français peuvent en effet avoir le sang très-chaud, à défaut de l'avoir niqué par les vaccins post-nazis, quand on touche à leurs libertés fondamentales et à leur dignité d'homme, comme c'est le cas quand on veut les obliger à s'auto-détruire, non pas seulement socialement mais humainement.
           
        Saint Thomas d'Aquin a certes condamné le tyrannicide, c'est-à-dire la suppression d'un tyran qui abuse de son pouvoir sur le peuple... mais uniquement quand il s'agit d'un tyran légitime, c'est-à-dire qui détient légitimement son pouvoir politique sur le peuple. Là, saint Thomas dit qu'il ne faut pas y toucher, s'appuyant sur une épître de saint Pierre, et il a raison. Mais saint Thomas n'a par contre pas du tout condamné (quand bien même il n'a pas non plus approuvé positivement) le tyrannicide d'un tyran usurpateur... Or, fixons-nous bien les idées vraies dans le Réel métapolitique : tous les pouvoirs politiques issus de la Révolution de 1789, basés sur les "droits de l'homme", sont formellement illégitimes. C'est-à-dire que, comme tous les présidents d'une République française constitutionnellement athée depuis la Révolution, le pouvoir politique d'Emmanuel Macron est formellement ILLÉGITIME. Il faut bien comprendre en effet que tous les pouvoirs politiques issus de la Révolution française OCCUPENT la France, c'est-à-dire au même titre qu'un assaillant extérieur le pourrait faire illégitimement, par exemple les nazis durant la seconde guerre mondiale. Car la légitimité du pouvoir politique en France est théocratique et acheiropoïète, comme dérivant immédiatement et directement du Christ à la fois Dieu et homme, "qui est roy de France" (cf. mon article Ce que je pense de l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République française, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/ce-que-je-pense-de-l-election-d-emmanuel-macron-a-la-presidence-de-la-republique-francaise?Itemid=483 ― article écrit en 2017 qui n'a pas pris une ride, il s'en faut de beaucoup !)...
           
        À propos du tyrannicide d'un tyran usurpateur, et Macron est donc, hélas pour lui, bien dans ce cas, voici ce qu'en disait un théologien consulté par le journal Le Monde après l'attentat du Petit-Clamart perpétré par le colonel Bastien-Thiry et son équipe contre le général de Gaulle, en 1962 : "Le Docteur angélique [saint Thomas d'Aquin] distingue en effet le tyran d'usurpation et le tyran de gouvernement. Le tyran d'usurpation est l'injuste agresseur d'un pouvoir légitime : envahisseur du territoire national, conspirateur cherchant à renverser un gouvernement établi. Dans ce cas, c'est lui qui a déclaré la guerre à la nation. Et saint Thomas cite, sans l'approuver positivement, ni cependant la condamner, la phrase célèbre de Cicéron : «Un sujet qui pour délivrer sa patrie tue le tyran mérite louange et récompense». Le tyran de gouvernement est le prince régulièrement détenteur du pouvoir qui abuse de ce pouvoir au point de rendre une insurrection légitime" (https://www.lemonde.fr/archives/article/1962/09/21/saint-thomas-d-aquin-et-le-regicide_2372109_1819218.html). Dans ce dernier cas où le tyran de gouvernement détient légitimement le pouvoir, saint Thomas ne légitime contre lui que l'insurrection, et encore le fait-il dans un cadre d'exécution très-strict, cependant qu'il condamne contre lui le tyrannicide.
           
        Mais... nous ne sommes pas dans ce cas de figure avec Emmanuel Macron, lui détient illégitimement le pouvoir politique en France, en tant qu'héritier des révolutionnaires de 1789.   
           
        Est-ce que Emmanuel Hitler, ... Ah zut !, j'y arrive pas !, Emmanuel Macron, se souvient de Georges Cadoudal (1771-1804) ? S'il a mené son étude de l'histoire de France jusqu'à ce Chouan grand comme un vrai héros, il peut vraiment suer en pensant au "coup essentiel". C'était son mot pour son projet de tuer Napoléon Bonaparte. Il fallait, disait-il, faire le "coup essentiel" pour libérer la France de l'ogre, comme les feuilles populaires appelaient alors celui qui, sur la fin de son règne maudit, enrôlait jusqu'aux adolescents, tel Hitler le fit lui aussi, parce qu'il en avait besoin comme "chairs à canon" pour mener ses guerres révolutionnaires. Cependant, Cadoudal rata ce "coup essentiel". La charrette bâchée bourrée d'explosifs qu'il avait placée sur le chemin où devait passer l'ogre, dans une visite officielle, explosa quelques secondes trop tard ou trop tôt je ne sais plus, après ou avant son passage, et Napoléon en réchappa de justesse... comme Hitler échappa lui aussi, comme par miracle, à l'attentat à la bombe de juillet 1944. Cadoudal eût la fin de Bastien-Thiry, il fut exécuté avec ses compagnons d'infortune et mourut à l'âge de 33 ans, comme le Christ, quasi en saint... Mais qu'Emmanuel Macron médite quand même bien le "coup essentiel". À vouloir la mort des français par vaccins ARN interposés et autre Pass sanitaire, il pourrait bien recevoir d'un français justement indigné, autre chose qu'une simple claque, comme il en as reçu une récemment, tellement méritée...
 
 
Cadoudal
Georges Cadoudal
           
        Une chose assez étonnante, maintenant, avant de conclure : dans ces mêmes jours cruciaux que nous vivons, on détecte dans le pape François exactement cette même haine et folie diaboliques qui habite les pires politiques, elle se manifeste sans pudeur dans son motu proprio courant sus à toute pratique du vetus ordo. Lui aussi, comme par hasard juste au même moment du pass sanitaire, il instaure un pass liturgique pour la messe en ne laissant pratiquement en vigueur que le novus ordo missae...! Certes, quant à lui, on ne peut évoquer un tyrannicide, car il est légitime. Mais il me semble tout-de-même bon de rappeler un autre épisode historique, toujours tiré de l'histoire des valeureux Chouans : un évêque de Vendée ayant tourné son surplis à l'envers, dénonçait aux révolutionnaires les noms de certains paysans Chouans ; ceux-ci ne furent pas longs à être arrêtés et exécutés ; quelques jours après leur exécution, un guet-apens fut tendu par les Chouans à cet évêque, et après l'avoir fait mettre à genoux et lui avoir dit : "Évêque, fais ta prière !", ils l'exécutèrent...
           
        ... Cependant, après avoir rappelé tout cela pour bonne mémoire, je pense qu'il vaut mieux laisser la Providence divine punir les méchants, ceux qui se sont mis au service de Satan et de l'Antéchrist-personne à venir : leur punition sera encore bien plus terrible et bien plus juste, que notre justice humaine limitée pourrait faire. Imaginez-vous tenir une seule minute dans un océan de feu et de soufre, c'est-à-dire d'un feu augmenté d'une matière qui entretient la puissance du feu pour qu'il ne faiblisse jamais ? Or, ce ne sera pas une minute que les méchants impénitents auront à le supporter, mais durant les éternités d'éternités, et l'Apocalypse insiste là-dessus d'une manière vraiment terrible : "Si quelqu'un adore la bête et son image, et s'il en reçoit la marque sur son front ou dans sa main, lui aussi boira du vin de la colère de Dieu, qui a été versé dans la coupe de Sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, en présence des saints Anges et en présence de l'Agneau ; et la fumée de leurs tourments montera dans les siècles des siècles, et il n'y aura de repos ni jour ni nuit pour ceux qui auront adoré la bête et son image, et qui auront reçu la marque de son nom. C'est ici qu'est la patience des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus" (Apoc XIV, 9-12).
           
        Souvenons-nous, dans la persécution que nous subissons de la part des méchants, que l'Apocalypse, après avoir parlé de la puissance de la "bouche" contre les saints du Très-Haut, jusqu'à les terrasser humainement ("Il lui fut aussi donné le pouvoir de faire la guerre aux saints, et de les vaincre ; et la puissance lui fut donnée sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue et toute nation" ― Apoc XIII, 7), a cet avertissement à bien méditer : "Celui qui aura conduit en captivité, s'en ira en captivité ; celui qui aura tué avec l'épée, il faut qu'il soit tué par l'épée. C'est ici qu'est la patience et la foi des saints" (Apoc XIII, 10).
           
        Que chacun prenne donc bien, par conséquent, la responsabilité de ses actes, car les temps apocalyptiques veulent que chacun subira ce qu'il aura fait subir, même justement...
           
        Il y a en effet une chose qu'il faut bien comprendre : nous sommes aux temps de l'Antéchrist-personne. À un moment donné de l'Histoire du monde, et tout montre que nous y sommes, la corruption universelle est devenue tellement grande et irréformable de soi, qu'elle mérite son châtiment qui ne peut alors que tomber. Et c'est pourquoi le règne de l'Antéchrist-personne est scripturairement prophétisé comme devant s'accomplir inéluctablement, sans pouvoir être rapporté dans les décrets de la Justice divine, ce n'est pas une prophétie scripturaire conditionnelle.
           
        Le règne de l'Antéchrist-personne est en effet une prophétie annoncée dans les Livres-Saints, inconditionnellement...
           
        Plus que jamais, sanctifions-nous, vivons de Jésus-Christ, qu'Il demeure en nous et que nous demeurions en Lui, et souvenons-nous plus que jamais de Son conseil divin, le plus important à suivre dans notre affaire :
           
        "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et qui ne peuvent tuer l'âme ; mais craignez plutôt celui qui peut perdre et l'âme et le corps dans la géhenne" (Matth X, 28).
             
            En la grande fête de sainte Anne,
Patronne de la Bretagne et des bretons,
ce 26 juillet 2021.
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
 
26-07-2021 14:52:00
 

Encore du "survivantisme pontifical"...!

 
 
 
Encore du "survivantisme pontifical"...!
 
                          
        ... Palsambleu ! Fi diantre ! On se remue, en Italie !!!
           
        Andrea Cionci, journaliste, est en train d'échafauder sur son blog Libero, et il est loin d'être le seul à le faire, toute une thèse pontificale survivantiste autour de Benoît XVI qui, pour le fond, et cela m'aurait beaucoup amusé si le sujet le permettait, ressemble comme deux gouttes d'eau à la thèse survivantiste prenant comme sujet pontifical un Paul VI toujours en vie.
           
        En clair et pour faire court : François n'est pas du tout pape, c'est Paul VI en survie physique//Benoît XVI en survie théologique, qui l'est (biffez la mention inutile, à votre choix).
           
        C'est en tous cas ce que nous apprend la rédactrice anonyme du blog "Benoît & moi", dans son dernier article intitulé 11 février 2013 : la vraie fausse démission (http://www.benoit-et-moi.fr/2020/2021/05/07/11-fevrier-2013-la-vraie-fausse-demission/), avouant cependant, quant à elle, qu'elle ne sait pas trop sur quel pied danser face à cette thèse. J'avais déjà noté il y a juste deux ans, vous en souvîntes-vous amis lecteurs, dans mon article Pot pourri dans un pourrissoir ecclésial daté du 19 mai 2019 (http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/pot-pourri-dans-un-pourrissoir-ecclesial?Itemid=483), la reprise, la resucée, de la thèse survivantiste pontificale en la transposant de Paul VI à Benoît XVI (... quand je vous disais, dans mon dernier post du 19 mars, que j'ai déjà tout dit !) : seul le sujet pontifical change, mais le même schème doctrinal de fond, exactement le même, est retenu.
           
        Quel est-il, ce schème de fond ? Le survivantisme pontifical, doctrinalement, est un sédévacantisme inavoué et peut-être inconscient chez certains de ses adeptes, il consiste à vouloir faire toujours vivre un pape qui était pape lorsque l'Église était en ordre, prêchant la bonne doctrine et les bonnes mœurs, aux fins de prétendre par-là s'abstraire de la réalité crucifiante du moment ecclésial présent et actuel, qui voit un pape légitime rejetant magistériellement en Église ce bon ordre de la Foi, de l'Espérance et de la Charité (le rejetant seulement matériellement, mais pas formellement, sinon il serait déjà l'Antéchrist-personne...).
           
        C'est en fait vouloir rejeter l'épreuve apocalyptique que le Bon Dieu envoie à son Église à la fin des temps, et dire, devant la croix affreuse et terrifiante d'une Église et d'une papauté "faites péché pour notre salut" (II Cor V, 21), par le Concordat, le Ralliement, Vatican II, etc., au rebours complet du Christ lors de sa Passion où Lui aussi, Lui le tout premier, fut "fait péché pour notre salut" : "Père, que ce calice s'éloigne de moi ! Et pour qu'il en soit bien ainsi, que Ta volonté, ô Père, ne soit pas faite, mais la mienne !" Le postulat de base, la motivation anti-spirituelle de fond du survivantiste est en effet la suivante : Je rejette le mystère de la co-Rédemption vécu par l'Église actuelle, l'Église de mon temps que la Providence de Dieu ordonne à être "faite péché pour notre salut", singulièrement par sa tête visible et légitime, le pape.
           
        Car la vérité ecclésiale-pontificale vraie en vérité, est que tous les papes modernes depuis la fin de la Révolution française, qui manifeste le début de la fin des temps dans le monde et dans l'Église, sont "faits péché pour le salut", pour que l'Église épouse la matière sans coulpe du péché du monde, à l'instar du Christ vivant sa Passion : quant aux Mœurs ecclésiales seulement, il en est ainsi depuis Pie VII et le Concordat napoléonien (1801), et quant aux Mœurs et à la Foi, c'est chose faite depuis Paul VI et le Concile Vatican II (1961-1965). Celui qui fuit cette situation réelle, qui est cause première de "la crise de l'Église", en voulant vivre sa Foi avec une Église et un pape doctrinalement toujours "tout blancs", non-faits péché pour le salut, fuit la vérité ecclésiale-pontificale actuelle de la fin des temps, et par son attitude rebelle, revolvere, il se condamne, tôt ou tard, à tomber dans les pièges de Satan-Lucifer, le premier révolté, qui ne demande pas mieux que de faire miroiter devant son âme les miroirs aux alouettes de fausses solutions. Et c'est bien précisément ce qui arrive au survivantiste : gober une fausse solution de l'Ange des trompeuses lumières, lui faisant adhérer par les thèses survivantistes à une Église encore et toujours doctrinalement "toute blanche" qui n'existe plus, par le truchement d'un pape d'un temps ecclésial en bon ordre prétendument en survie, soit physiquement (Paul VI) soit théologiquement (Benoît XVI). Alors que Dieu a mis l'Église actuelle dans l'économie de la Passion du Christ, qui consiste essentiellement à être "faite péché pour le salut", et singulièrement par la personne du pape qui la représente. Bossuet avait bien raison : "Le plus grand désordre de l'esprit, disait-il, est de vouloir que les choses soient, non ce qu'elles sont, mais ce qu'on voudrait qu'elles soient".
           
        Avant de démonter concrètement les raisonnements survivantistes, tant ceux de la première mouture Paul VI que ceux de la seconde mouture actuelle Benoît XVI, qui du reste sont pratiquement identiques pour le fond, il me semble bon de continuer un peu mon avant-propos sur la morale de l'histoire.
           
        La Rédemption consiste en effet à ce que l'Acteur de la Passion soit "fait péché" pour, précisément, pouvoir l'anéantir, c'est-à-dire "pour le salut", comme nous l'explique lapidairement saint Paul quant au Christ dans son lumineux et puissant oxymore. C'est là l'essence de l'économie de la Passion. C'est là le Plan de Dieu pour l'humanité et pour l'Église, et il n'y a pas de plan "B" (comme voudrait par exemple le croire Andrea Cionci, montant tout un scénario presque drôle autour de Ratzinger et de saint Jean-Paul II pour empêcher que l'Église soit "faite péché pour notre salut" dans notre fin des temps, qui n'a certes absolument rien à envier au scénario abracadabrantesque de la première mouture survivantiste Paul VI). Or, à la fin des temps, et nous la vivons hic et nunc cette affreuse fin des temps, l'Église revit en co-Rédemptrice ce que son Époux divin a vécu il y a 2 000 ans lorsqu'Il a racheté le monde par sa croix : elle aussi, l'Église, est "faite péché" aux fins surnaturelles supérieures de l'anéantir, loin, fort loin, d'être anéanti par lui. Et c'est précisément à cet endroit-là que se situe la grande erreur voire, pour certains d'entre eux, la faute spirituelle des survivantistes, qui peut être fort grave pour leur salut : ne pas vouloir que l'Église soit, à la suite du Christ Rédempteur, "faite péché pour notre salut", très-notamment dans la personne de ses Pontifes romains légitimes qui la représentent. Ils ne réfléchissent pas qu'en rejetant la mise de l'Église et de ses papes dans l'état de péché matériel sans coulpe, qui est l'essence de l'économie de la Passion, ils rejettent le mystère de la co-Rédemption que doit vivre (et mourir) l'Épouse du Christ à la fin des temps.
           
        Or, et j'en viens à présent au concret du démontage de ce méchant Meccano survivantiste, le Saint-Esprit, qui, quant à l'Église, parle le plus ordinairement par les règles fixées de la théologie fondamentale qui régit le droit divin de l'Église, invalide radicalement ces thèses survivantistes pontificales, que le sujet en soit Paul VI ou Benoît XVI. La Lumière du Saint-Esprit, que révèle le droit divin de l'Église, montre donc aux survivantistes de toute obédience, celle de Paul VI ou celle de Benoît XVI, qu'ils suivent un mauvais chemin, une voie damnable, et c'est ce que je vais exposer maintenant.
           
        Commençons la démonstration en prenant les raisonnements soutenus par Cionci pour étayer sa thèse survivantiste sur Benoît XVI. Ils sont tous d'ordre canonique. Il nous dit que la démission de Benoît XVI est invalide, et il étale ses raisons ainsi : "Tout ce qui est canoniquement contestable dans la «démission» semble, en effet, présent : les erreurs de latin qui font que la Declaratio écrite n’est pas «rite manifestetur» (dûment) et avec le soupçon de contrainte ; l’inversion entre munus et ministerium, avec la renonciation inutile à ce dernier (cf. Canon 332 § 2) ; la démission génériquement douteuse (Canon 14) et enfin le report de «l’heure X» à partir de laquelle Benoît XVI ne serait plus pontife, avec la non-ratification de la «démission». L’ensemble de l’opération a été reconstitué ICI, en ordonnant faits et documents, avec tous les approfondissements nécessaires. Et personne n’a encore été en mesure de le remettre en question" (fin de citation).
           
        Personne n'a été en mesure de le remettre en question ? Alors, je vais être le premier à le faire, et sans doute, comme d'habitude, le seul. Et je vais le faire à la racine, in radice. Sans toucher le moins du monde à aucun des arguments qu'évoque Cionci, tous d'ordre canonique. Il suffit en effet, pour démonter radicalement sa thèse, de la mettre en regard du droit divin de l'Église, pour en montrer l'inanité complète, et même grossière. S'il en était en effet ainsi qu'il le dit, c'est-à-dire si la démission de Benoît XVI était invalide, et que donc il serait toujours LE SEUL pape à l'heure actuelle, et que donc encore, François ne le serait PAS DU TOUT, alors, il aurait été rigoureusement impossible de toute impossibilité théologique que l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain légitime ait été dûment acté sur la personne de Jorge-Mario Bergoglio.
           
        Car cet acte, j'ai dû l'écrire au moins cent fois déjà dans mes écrits, est un fait dogmatique émanant directement et immédiatement du droit divin de l'Église Universelle, c'est la règle prochaine de la Légitimité pontificale qui prédomine sur toute autre (les mandataires uniques et exclusifs de l'Église Universelle pour poser cet acte de droit divin sont ordinairement les cardinaux de la sainte Église romaine dans leur majorité canonique des 2/3 + 1, acte qui est posé dans la cérémonie d'intronisation du nouveau pape). Or, c'est de l'ordre de l'Histoire la plus authentiquée, cet acte a été posé sur la personne de Jorge-Mario Bergoglio lors de la cérémonie très-publique et très-solennelle de son intronisation au Siège de Pierre, en date du 19 mars 2013. À partir de cet acte-là, fondé sur le droit divin de l'Église, nous sommes en présence d'un fait dogmatique acté en Église et il n'est rigoureusement plus possible de soutenir que le bénéficiaire de cet acte n'est pas pape, sans encourir l'excommunication et l'anathème ipso-facto. Car cet acte de droit divin répare sanatio in radice tout vice de forme antérieur dans le processus de l'élection pontificale, notamment ceux d'ordre simplement canonique. Ce n'est pas en effet le droit canon qui fonde le droit divin, mais l'inverse : c'est le droit divin qui fonde le droit canon. À supposer, et c'est ce qui se déduit de la thèse de Cionci, qu'on se trouverait en présence d'une contradiction entre ce que nous dit le droit canon et ce qu'impère le droit divin, chose d'ailleurs impossible, alors c'est évidemment le droit divin qui indique très-sûrement où se trouve la vérité de la question débattue : de par le droit divin, Jorge-Mario Bergoglio est bien pape, et donc la démission canonique de Benoît XVI ne peut qu'être valide. Les raisons canoniques invoquées par Cionci et consorts en faveur de l'invalidité de cette démission de Benoît XVI, ne peuvent donc subséquemment qu'être certainement fausses, et cela ne pourra manquer d'être prouvé tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, j'avoue qu'il ne m'intéresse même pas de m'en occuper.
           
        Cet acte de droit divin posé sur Jorge-Mario Bergoglio et qui l'a fait vrai pape, verus papa, prouve en effet formellement en amont que la démission de Benoît XVI est... valide. Puisqu'un fait dogmatique, de soi toujours doté de l'infaillibilité, a été posé en Église, alors ce qui l'a induit ne peut qu'être valide : or, ce qui a induit en finale du processus l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Vicaire du Christ sur Jorge-Mario Bergoglio, est... la démission de Benoît XVI. Donc, les cardinaux dans leur majorité canonique ont reconnu la validité de l'acte de démission de Benoît XVI puisqu'ils ont lancé à partir de lui le processus d'une nouvelle élection pontificale qui a abouti au fait dogmatique sur le pape François. Mais il faut bien comprendre que dans cette majorité canonique, les cardinaux sont "membres enseignants" de la Légitimité pontificale et dotés de l'infaillibilité pour tout ce qui a trait à l'élection du Pontife romain : en reconnaissant valide la déclaration de démission de Benoît XVI, sinon ils n'auraient évidemment pas lancé le processus de l'élection d'un nouveau pape, ils l'estampillent rétroactivement par-là même du sceau de l'infaillibilité. Il n'est donc plus possible, à partir de là, de soutenir son invalidité.
           
         J'exposais déjà ainsi ce raisonnement de vraie théologie, dans Pot pourri, etc. : "Pour que Ratzinger-Benoît XVI soit toujours SEUL vrai et pleinement pape en 2019 [maintenant : en 2021], il aurait fallu premièrement, de toute nécessité sine qua non, que les cardinaux dans leur majorité canonique n'aient pas accepté sa démission du Souverain Pontificat lorsqu'il l'a soumise à l'Église le 28 février 2013. Et ce, publiquement et à la face de toute l'Église, par déclaration cardinalice commune dûment et canoniquement enregistrée dans les annales ecclésiastiques. Or, tout le monde le sait, non seulement la majorité canonique cardinalice a accepté la démission de Benoît XVI pour ce qu'elle signifiait théologiquement, mais on n'enregistre même pas un seul cardinal pour s'y être opposé. (...) Quant à remonter à la survivance théologique de Montini-Paul VI, elle est foudroyée par, excusez du peu, plusieurs actes infaillibles de reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur d'autres personnes, de Luciani à Bergoglio... quatre personnes, quatre papes ayant l'un après l'autre bénéficié de la reconnaissance ecclésiale universelle infaillible de leur qualité certaine de Pontife romain, par le Doigt du Saint-Esprit se manifestant par les cardinaux canoniquement unanimes, digitus Dei est hic. Enfin, il est de Foi, de fide, que c'est chronologiquement la dernière personne en date à avoir bénéficié sur elle de la reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de pape, qui est le vrai Vicaire actuel du Christ : or, cette personne actuelle, nul n'en ignore et ne peut prétendre en ignorer, s'appelle Jorge-Mario Bergoglio sous le nom pontifical de François. Donc celui qui oserait récuser le fait dogmatique de la légitimité certaine du pape François, s'exclurait de lui-même de l'Église, s'anathématiserait lui-même ipso-facto par le péché de schisme formel" (fin de citation).
           
        Voilà donc le vrai raisonnement d'Église à tenir en matière de Légitimité pontificale quant à nos papes modernes : ils sont tous certainement papes, les uns après les autres, car ils ont tous bénéficié de l'acte de droit divin de la Reconnaissance ecclésiale universelle de leur qualité de Vicaire actuel du Christ, de Pie VII à François. Récuser cela, sur l'un ou l'autre de ces Pontifes romains modernes, c'est tout simplement, pardon, ficher en l'air toute l'Église catholique en ouvrant la porte à tous les examens privés de la Légitimité pontificale, et la soumettre à n'importe quel Bogomil voulant dénier la légitimité au pape qui lui déplait.
           
        Ce n'est pas la première fois qu'une telle attitude schismatique arrive dans l'histoire tourmentée de l'Église militante.
           
        Je notais déjà dans L'Impubliable, mon premier ouvrage de fond sur la théologie de "la crise de l'Église" écrit avant l'an 2 000 (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/images/stories/users/43/LImpubliableCompletTERMINUSDEFINITIF7meEdition2015.pdf), que les Spirituels franciscains s'autorisaient également, comme les survivantistes actuels, à faire du "libre-examen" de la Légitimité pontificale par-dessus le fait dogmatique de droit divin de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain posé par les cardinaux canoniquement unanimes sur le Vicaire du Christ actuel choisi par le Saint-Esprit : "Il est fort intéressant de noter que l'obsession sédévacantiste qui consiste à ne jamais être sûr d'avoir un vrai pape sur le Siège de Pierre (puisqu'ils refusent schismatiquement le criterium de l'infaillibilité de l'acte de reconnaissance ecclésiale universelle du pape, qui enlève, et lui seul, tout doute), semble être à l'origine du mythe moyenâgeux de la papesse Jeanne : «L'ordre franciscain avait incorporé dans ses chroniques l'histoire de [la papesse] Jeanne, selon des versions qui mettaient l'accent sur l'aspect diabolique de l'usurpation. Dans les milieux spirituels franciscains du début du XIVe siècle, et notamment chez Guillaume d'Ockham, [la papesse] Jeanne devenait la preuve historique d'une occupation satanique du Siège pontifical et préfigurait l'indignité prétendue de Jean XXII, le grand pourfendeur des Spirituels. Plus fondamentalement, [la papesse] Jeanne apparaissait comme une occurrence du pseudo-pape, qui a tous les aspects extérieurs de la légitimité sans en avoir la réalité. Elle justifiait le tri que faisaient les Spirituels entre les vrais et les faux pontifes [nous sommes là en plein dans la mentalité de nos sédévacantistes-survivantistes qui osent se permettre de choisir eux-mêmes parmi les papes contemporains, ceux qu'ils considèrent comme vrais et ceux qui ne le sont pas, alors que cela est réservé à l'Église Universelle...] ; seuls ces derniers avaient condamné la règle de la pauvreté absolue ; paradoxalement, ce tri construisait l'idée d'infaillibilité pontificale : les dogmes énoncés par les «vrais» papes devaient demeurer intangibles [... là encore, quelle troublante analogie avec la mentalité sédévacantiste qui met la très-fumeuse Bulle de Paul IV par-dessus tout raisonnement théologique, même basé sur la constitution divine de l'Église !]» (Dictionnaire historique de la Papauté, Philippe Levillain, art. "Jeanne", p. 954, 2e col.)" (L'impubliable, p. 179).
           
        Les hérétiques de tout poil, qu'évidemment gênaient les condamnations des papes à leur encontre, avaient pris aussi cette voie du "libre-examen" hétérodoxe de la Légitimité pontificale, je le rappelai ainsi dans ma réfutation du guérardisme qui, fidèle fille du sédévacantisme, tombe aussi dans cet hérétique "libre-examen" : "Ne pas professer que la règle prochaine de la légitimité pontificale consiste en la désignation et détermination de la personne du pape par l'Église Universelle, est parfaitement hérétique. Ne nous étonnons donc pas que cette doctrine est parfaitement condamnée et anathématisée dans les hérétiques pré-protestants. Jean Huss, par exemple, condamné par le Concile de Constance, professait : «Ce n'est pas parce que les électeurs [du pape], ou une grande partie d'entre eux, ont acclamé telle personne d'après l'observation des hommes, que cette personne est légitimement élue [pape] ; ce n'est pas pour cela qu'il est le vrai et manifeste successeur et vicaire de l'apôtre Pierre, ou dans l'office ecclésiastique d'un autre apôtre. Par conséquent, si les électeurs ont bien choisi ou mal choisi, nous devrions le croire suivant les œuvres de celui qui a été élu : car c'est pour la raison précise que quelqu'un agit selon le bien de l'Église d'une manière pleinement méritoire, qu'il détient cette faculté de Dieu» (26ème ERREUR).
           
        "Nous sommes là les pieds en plein dans la double hérésie guérardienne qui professe non seulement que c'est la mise en oeuvre du Bien-Fin de l'Église qui est la règle prochaine de la légitimité pontificale mais qui en plus s'arroge le pouvoir de juger si le pape opère ou bien non cedit Bien-Fin de l'Église ; or, on vient de le lire, les Pères de Constance anathématisent cette proposition comme étant... hérétique. Wyclif, dans une proposition hérétique similaire, est lui aussi condamné par ce même Concile de Constance, cette fois-ci sous forme de question : "[Les partisans de Wyclif] croient-ils que le pape canoniquement élu, qui a vécu quelque temps, après avoir exprimé son propre nom, est le successeur du bienheureux Pierre, possédant l'autorité suprême sur l'Église de Dieu ?" (24ème ERREUR). Le Concile de Constance pose cette question aux partisans de Wyclif, précisément parce qu'ils ne croient pas que le pape canoniquement élu est avec certitude le successeur de Pierre, mais que sa légitimité est conditionnée par ses œuvres.
           
        "Il est clair que le Concile de Constance, dans ces deux hérésies, condamne l'affirmation selon laquelle un pape canoniquement élu n'est pas pape avec certitude. Ce qui signifie a contrario qu'on doit reconnaître comme successeur de Pierre la personne canoniquement élue, et que cette dernière l'est avec certitude. Donc, la doctrine de la reconnaissance ecclésiale universelle du pape actuel comme règle prochaine de la légitimité pontificale, est la Foi de toute l'Église, et, dans nos derniers temps modernes, les cardinaux Billot et Journet [qui professaient cette doctrine et dont je rappelais les textes précis dans L'Impubliable], n'ont rien fait d'autre que d'exprimer cette Foi de l'Église, à croire sous peine d'anathème formel" (pages 74, sq. de ma réfutation du guérardisme, ici : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/RefuteGuerardismeMisEnForme.pdf).
           
        Les hétérodoxes Spirituels franciscains, Wyclif, Huss, etc. : voilà donc la "tradition" exécrable de l'hérétique "libre-examen" de la Légitimité pontificale qui est suivie par nos survivantistes... "tradition" d'ailleurs sans cesse mise en avant par les sédévacantistes dont les survivantistes sont des clones. On se souvient de leurs élucubrations à propos du conclave ayant élu le pape Paul VI en juin 1963, lorsqu'ils affirmaient que le cardinal Siri avait été élu à sa place mais qu'il avait été forcé dans le sein du conclave par les méchants de dire non à son élection au Siège de Pierre, et donc ce n'était pas Montini-Paul VI qui était pape, mais le cardinal Siri, ou, à tout le moins, ce conclave élisant Paul VI était invalide ! Identiquement, on a de nos jours même un cardinal Burke qui n'a pas été gêné du tout de mettre le doute sur la validité du conclave duquel François est sorti pape, à cause des tractations secrètes et interdites par le droit canon auxquelles se seraient soi-disant livrés certains cardinaux ultra-progressistes, pour mettre au rancart Benoît XVI, trop tradi à leurs yeux, et introniser Bergoglio à sa place. Nonobstant le caractère absolument incertain de cette cabale, dite du "groupe de Saint-Gall", la thèse est de toutes façons caduque par le seul et simple fait dogmatique de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Vicaire du Christ dûment posé lors de la cérémonie d'intronisation sur la personne de Bergoglio. J'ai dû renvoyer le cher cardinal à l'étude de son digne prédécesseur, le cardinal Billot, autrement plus catholique que lui sur le sujet, pour bien apprendre la leçon de ce fait dogmatique dans mon article Un schisme est-il possible dans l'Église actuelle...? (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/un-schisme-est-il-possible-dans-l-eglise-actuelle?Itemid=483) !!
           
        Corrélativement à cet acte de droit divin de Reconnaissance ecclésiale universelle de leur qualité certaine de vrai Vicaire du Christ actuel, posé sur les successeurs au Siège de Pierre soit de Paul VI (= Jean-Paul 1er, etc.) soit de Benoît XVI (= François), qui invalide l'une et l'autre thèse survivantiste moderne, une autre règle fondée elle aussi sur le droit divin de l'Église confirme et cautionne cette conclusion déjà certaine de l'invalidité de toute thèse survivantiste, à savoir la Note de Visibilité.
           
        Cette Note de Visibilité s'appuie sur la Parole du Christ dans l'Évangile : "Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée" (Matth V, 14). De là, les premiers Pères de l'Église, suivis par les théologiens scolastiques du Moyen-Âge, ont dégagé la Note de Visibilité, c'est-à-dire : tout ce qui a trait directement et immédiatement à l'Église Universelle est obligatoirement visible ou connaissable par tous les fidèles ou universitas fidelium, simplement et sans initiation. Quant à l'Église catholique, cette note théologique est appelée "négative", car d'autres fausses églises peuvent également s'en prévaloir au même titre qu'elle, mais l'Église catholique ne saurait jamais en être départie à aucun moment de sa vie militance ici-bas (les quatre notes positives de l'Église catholique, dites ainsi car elle seule les possède, sont celles que les fidèles professent dans le Credo : 1/ Une, 2/ Sainte, 3/ Catholique et 4/ Apostolique).
           
        Or, cette Note de Visibilité intéresse évidemment beaucoup notre sujet. Tout ce qui regarde directement et immédiatement l'Église Universelle est en effet obligatoirement doté de cette Note de Visibilité. Au premier chef, c'est bien le cas de le dire : la Légitimité pontificale. Tout ce qui concerne donc la légitimité ou l'illégitimité d'un Pontife romain doit être immédiatement et directement visible de tout fidèle catholique, connaissable par l'universitas fidelium, de la manière la plus simple et sans aucune initiation nécessaire (ce que, soit dit en passant, ne contredit nullement l'épisode calamiteux du grand-schisme d'Occident : le vrai pape était théologiquement très-certainement connu, c'était le violent Urbain VI, qui allait jusqu'à menacer de soumettre à la torture physique, à la question, les cardinaux qui lui déplaisaient, et ce n'est seulement qu'ad hominem, selon les passions humaines qui se déchaînèrent alors, envenimées par les intérêts politiques, qu'on peut dire qu'il y eût doute sur la personne du pape de l'époque... saint Vincent Ferrier y rajoutant d'ailleurs étrangement son grain de sel fort peu éclairé et éclairant puisqu'il souscrivit à l'obédience d'un anti-pape !)La raison théologique de cette Visibilité quant à la Légitimité pontificale est des plus évidentes : "Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain", rappelait en effet le pape Boniface VIII dans sa célèbre Bulle Unam, Sanctam, et il en est ainsi parce que le pape actuel est règle vivante prochaine de la Foi pour TOUS. Puisque je dois suivre mon pape, le pape actuel, pour être sauvé, il faut donc d'abord qu'il me soit visible, que je sache qui il est de la manière absolument la plus obvie et simple du monde... car je peux très-bien m'appeler GrosJean, l'innocent du village, son bredin, mais concerné lui aussi par cette règle de salut universel intangible.
           
        On comprend dès lors que cette Note de Visibilité invalide tout le raisonnement survivantiste : par le fait même que la survivance, soit physique de Paul VI soit théologique de Benoît XVI, si on les prend l'une l'autre comme hypothèses vraies, n'est pas directement et immédiatement connue par l'universitas fidelium, sans intermédiaire ou initiation pointue, il est formellement prouvé que la thèse survivantiste est radicalement fausse.
           
        Supposons en effet que le raisonnement de Cionci soit vrai, à savoir que Benoît XVI aurait volontairement arrangé sa déclaration de démission pour qu'elle soit vraiment invalide. Immédiatement et directement dans l'âme de tout fidèle, le Saint-Esprit se devait d'en faire la révélation claire et simple, d'une manière ou d'une autre (le Saint-Esprit, en effet, n'avait pas plus le bras raccourci le 11 février 2013 qu'en n'importe quelle autre époque de l'Église militante...). Théologiquement, il est tout-à-fait impossible de supposer ce que Cionci suppose, à savoir que l'invalidité de la démission de Benoît XVI soit une chose occulte, invinciblement cachée aux yeux des fidèles quels qu'ils soient, pendant huit longues années, au bout desquelles seulement les spécialistes seuls commenceraient à découvrir laborieusement cette prétendue invalidité goupillée par Benoît XVI dans sa déclaration de démission, en attendant que quelqu'un la... dégoupille comme une grenade ! D'autant plus que, comme nous venons de le voir, un fait dogmatique, celui de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur la personne de Bergoglio, est intervenu entre-temps. Or, tout fait dogmatique doté de soi de l'infaillibilité est la Parole du Saint-Esprit dans son Église, qui donc désigne par lui, comme Pontife romain actuel, Jorge-Mario Bergoglio, et faut-il rappeler que le Saint-Esprit ne peut ni Se tromper ni nous tromper. Puisqu'on a donc la certitude de Foi, de fide, qu'au moins à partir du 19 mars 2013, date de l'intronisation de Jorge-Mario Bergoglio au Siège de Pierre qui a intégré ce fait dogmatique, François était bien le vrai pape actuel de l'Église catholique, il est donc par-là même impossible de supposer que le Saint-Esprit propose infailliblement à la Foi de tous les fidèles de l'orbe catholique la personne de Bergoglio comme Vicaire actuel du Christ si l'acte de démission de Benoît XVI était invalide, c'est-à-dire si Benoît XVI était toujours le seul vrai pape actuel de l'Église : ce serait supposer que le Saint-Esprit se trompe et nous trompe.
           
        De la même manière, pour les survivantistes première mouture, celle de Paul VI, ils supposent la conversion de Paul VI qui se serait repris des graves erreurs de Vatican II. Et c'est cette (prétendue) conversion qui construit tout leur survivantisme autour de Paul VI : 1/ il est converti ; 2/ les cardinaux franc-maçons qui l'entourent le remplacent par un sosie ; 3/ lorsque le sosie meurt en 1978, le vrai Paul VI survit mystérieusement, anonymisé, dans un lieu inconnu de tous, mais la Providence divine le re-manifestera publiquement pour renverser toute l'iniquité des modernistes occupant après lui toute l'Église, à commencer par le Siège de Pierre, en dénonçant tous les anti-papes qui l'auront supplanté illégitimement à partir de Jean-Paul 1er, etc. Et donc, tous les papes qui sont élus après lui ne sont évidemment que des anti-papes, à commencer par Jean-Paul 1er pour finir bien sûr par François. Le scénario de fond est exactement le même pour Cionci : il suppose dans son texte que la manifestation à toute l'Église de l'invalidité de la démission de Benoît XVI va renverser non moins, et c'est son plan "B", l'iniquité des modernistes cristallisée autour de François, en révélant bien entendu que celui-ci est un anti-pape...
           
        Mais s'impose à nos survivantistes première mouture le fait indéniable suivant, que d'ailleurs eux-mêmes ne récusent pas : la (prétendue) conversion de Paul VI... est parfaitement inconnue de l'universitas fidelium. Selon la thèse développée par eux, cette (prétendue) conversion doit être un fait accompli dans l'année 1972, et même avant, car toujours selon eux, c'est dès après la parution de la nouvelle messe en 1969 que Paul VI se serait soi-disant rendu compte qu'il avait été floué par le trouble Mgr Bugnini, concepteur de ce nouvel Ordo Missae, et qu'il commence à revenir à la vraie Foi ; donc, en 1972, selon la thèse, cette conversion est largement un fait accompli. Le problème, même si l'on accepte l'hypothèse de cette (prétendue) conversion, c'est qu'elle a lieu dans le privé, dans l'occulte le plus total par rapport à l'Église Universelle et à l'universitas fidelium. Or, puisque cette (prétendue) conversion regarde éminemment les destinées de l'Église Universelle, car elle entraîne en effet dans son sillage le sosie, puis la survivance du vrai Paul VI après la mort du sosie, et surtout et enfin des anti-papes sur le Siège de Pierre, ce qui regarde immédiatement et directement l'Église Universelle, elle doit être obligatoirement dotée de la Note de Visibilité. Il est en effet bien facile de comprendre que si cette (prétendue) conversion de Paul VI reste inconnue de l'Église Universelle, alors le Saint-Esprit sera obligé d'apporter sa caution divine infaillible aux élections pontificales qui suivront la mort officielle dudit Paul VI. Se trompant donc, et trompant tout le monde...
           
        Et c'est là que le bât blesse, car cette (prétendue) conversion de Paul VI n'a jamais été manifestée à l'Église Universelle. Ce simple constat prouve formellement que ladite conversion n'existe pas, qu'elle est une pure affabulation de nos survivantistes première mouture (qui sont d'ailleurs complètement incapables de montrer un acte ou une parole, magistériels ou non, de Paul VI prouvant cette soi-disant conversion, de juin 1963 à mai 1975, date de la première apparition du sosie en public, selon la thèse ; or bien sûr, qui dit sosie, dit que Paul VI doit être converti avant !). En effet, le syllogisme est simple : puisque la conversion de Paul VI regarde les destinées de l'Église Universelle (car elle va susciter en finale la survivance occultée de Paul VI et subséquemment la création d'anti-papes sur le Siège de Pierre), elle doit être obligatoirement dotée de la Note de Visibilité pour toute l'universitas fidelium. Afin que tout fidèle puisse ne pas être trompé lorsque les anti-papes occuperont le Siège de Pierre ; afin que les cardinaux, au courant de cette conversion, puis de ce qui s'en est suivi, à savoir le remplacement du vrai Paul VI par un sosie et sa survie mystérieuse après la mort du sosie, puisse s'abstenir de poser l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur un anti-pape. Et le Saint-Esprit ne peut que rendre publique et connue de tous les fidèles cette (prétendue) conversion de Paul VI, sous peine d'être obligé de reconnaître des anti-papes comme papes véritable sur le Siège de Pierre, après la mort du sosie qu'on fera passer pour Paul VI. Or, puisque cette conversion qui doit être obligatoirement manifestée à l'Église Universelle sous peine de voir "les portes de l'enfer prévaloir contre elle", ne l'est pas, c'est donc qu'elle n'existe pas. Il n'y a pas de conversion de Paul VI, pas de sosie subséquent, pas de survivance non plus, et Paul VI meurt bien en 1978. Et c'est pourquoi le Saint-Esprit a pu cautionner de son Autorité divine les successeurs de Paul VI sur le Siège de Pierre comme vrais et authentiques Vicaires du Christ, par l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle.
           
        On se retrouve donc là, une fois de plus, avec le même cas de figure que dans la survivance seconde mouture : la (prétendue) conversion de Paul VI fonctionne dans l'occulte par rapport à l'Église Universelle, de la même façon que la (prétendue) invalidité de la déclaration de démission de Benoît XVI fonctionne elle aussi dans l'occulte. Cela signifie, et c'en est une preuve formelle, que ni l'une ni l'autre ne peuvent exister.
           
        Ce que d'ailleurs le fait magistériel prouve, quant à la (prétendue) conversion du pape Paul VI. Et souvenons-nous que contra factum, non argumentum, contre les faits, on n'argumente pas. En effet, la fameuse allocution de Paul VI du 29 juin 1972, date à laquelle selon la thèse il doit être pleinement converti montre... qu'il ne l'est aucunement ! Dans cette Allocution en effet, le pape Paul VI croit même toujours tellement à l'inspiration divine de "son" Vatican II chéri, qu'il va jusqu'à oser soutenir que le concile moderne a permis à l'Église, excusez du peu, de... "reprendre pleinement conscience d'elle-même" ; c'est-à-dire qu'avant Vatican II, l'Église avait perdu la conscience de ce qu'elle était pleinement, et, grâce à Vatican II, elle a salutairement repris conscience de ce qu'elle est pleinement et véritablement !!! Soit dit en passant et puisque je suis sur le sujet, Andrea Cionci se trompe dans son exposé lorsqu'il évoque la "fumée de Satan entrant dans l’Église (Paul VI)" faisant là une évidente allusion à cette allocution du 29 juin 1972 ; or, Paul VI, dans cette Allocution, parlait de "la fumée de Satan dans le peuple de Dieu", et non dans l'Église, et de plus, fort loin d'évoquer par-là une intrusion du mysterium iniquitatis propre à la fin des temps dans l'Église, il disait tout au contraire que cette "fumée de Satan" avait empêché le peuple de Dieu... de bien réceptionner le bon concile Vatican II !! On ne perdra pas son temps en lisant cette Allocution, qui fait bien voir que Paul VI n'est nullement converti en plein milieu de l'année 1972 (http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-16356283.html), époque à laquelle le survivantiste première mouture s'abuse en voulant y voir un Paul VI converti.
           
        Conclusion générale. Je viens donc de démonter à la racine, in radice, par le droit divin de l'Église, la thèse pontificale survivantiste qui consiste essentiellement à professer que Paul VI//Benoît XVI (rayez la mention inutile) est le SEUL pape actuel de l'Église catholique existant, François, quant à lui, ne l'étant PAS DU TOUT, n'étant qu'un anti-pape. Or, la première vérité pontificale de notre situation enseignée infailliblement par le droit divin de l'Église, que je prends à bonne tâche de bien remettre sur le chandelier dans la Maison de Dieu parce qu'il est complètement subverti par les hétérodoxes thèses survivantistes, est que François est CERTAINEMENT VRAI PAPE, et que le pape antérieur, qu'il soit Paul VI ou Benoît XVI, ne peut absolument pas être, l'un ou l'autre, SEUL VRAI PAPE ACTUEL. Et c'est là le grand schisme de nos survivantistes, que de le professer.
           
        C'est là en effet que se situe la grande faute du survivantiste, qui se fait illusion, sous prétexte qu'il adhère à un pape du passé, qu'il n'est pas sédévacantiste... alors qu'il l'est formellement ! En effet, est sédévacantiste tout fidèle qui n'adhère pas au pape ACTUEL, celui désigné comme on l'a vu par le droit divin de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur telle personne, qui s'avère être, pour nos jours, le pape François. Donc, celui qui n'adhère pas au pape François sous prétexte qu'il adhère à un pape du passé, tombe formellement dans l'hérésie sédévacantiste. Le survivantiste est en réalité un sédévacantiste.
           
        Le survivantisme première mouture, autour de Paul VI, s'avère être d'ailleurs une fumisterie complète, une super-supercherie, de la poudre de perlimpinpin sans rien de réel : puisqu'il n'y a pas eu conversion de Paul VI, ce dont on est absolument sûr puisqu'il n'y en a eu aucune révélation faite à l'Église Universelle comme ç'aurait dû être obligatoirement le cas si elle avait existé, et que d'autre part c'est factuellement prouvé par l'Allocution du 29 juin 1972 comme on vient de le voir, il s'en déduit donc qu'il n'y a pas eu de sosie (qui n'a de raison d'être que si Paul VI est converti et mis au rancart par des cardinaux franc-maçons), et encore moins de survivance du vrai Paul VI escamoté, après la mort du sosie. Rien n'est vrai dans cette thèse survivantiste, ce n'est qu'un pur montage pseudo-prophétique sur du vent, de la fumée d'opium.
           
        Par contre, le survivantisme seconde mouture, autour de Benoît XVI, pourrait avoir une apparence de raison, à cause de la situation réelle du Souverain Pontificat actuel, fonctionnant en bi-double, à épeler au présent composé, ainsi que je l'ai exposé au mieux je pense dans mon article Feedback sur le pape Benoît XVI ou le mystère de la papauté bicéphale actuelle éclairé et résolu par "LA PASSION DE L'ÉGLISE" (https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/feedback-sur-le-pape-benoit-xvi-ou-le-mystere-de-la-papaute-bicephale-actuelle-eclaire-et-resolu-par-la-passion-de-l-eglise?Itemid=154).
           
        On est déjà sûr d'une chose : là où ce second survivantisme pontifical est complètement faux, lui aussi, c'est lorsqu'il professe, comme le premier survivantisme le fait quant à Paul VI, que Benoît XVI est le SEUL VRAI PAPE ACTUEL DE L'ÉGLISE, François, quant à lui, NE L'ÉTANT PAS DU TOUT. Mais la thèse est infiniment différente, et là ce n'est plus du tout du survivantisme, si l'on dit : LE VRAI PAPE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE ACTUEL EST CERTES FRANÇOIS, MAIS BENOÎT EN ASSUME LUI AUSSI, LUI ENCORE, UNE MYSTÉRIEUSE PORTION, BIEN RÉELLE, À CAUSE DE L'ÉCONOMIE DE LA PASSION QUE VIT ACTUELLEMENT L'ÉGLISE.
           
        Nous sortons là de l'extrémisme survivantiste hérétique, pour "rentrer dans vos Parvis, Seigneur" comme dit le Psalmiste, c'est-à-dire pour vivre de la vérité vraie de la situation ecclésiale-pontificale actuelle, qui procure le salut.
           
        Éh bien ! C'est précisément là où j'admire beaucoup le pape Benoît XVI. Il ne cesse de nous dire comme il peut, depuis huit ans maintenant, la vérité de cette seconde thèse, il nous montre à tous, quasi seul comme le fut en son temps Franz Jägerstätter dans son combat contre le nazisme, une fidélité héroïque à la vérité crucifiée de la situation pontificale actuelle, absolument confondante et très-édifiante, que bien peu comprennent. Il a vécu en 2013 une crucifixion absolue de sa fonction pontificale qui l'a absolument obligé à démissionner personnellement, mais contre sa volonté, qui était de toujours tenir la Charge pontificale suprême. Or, lorsqu'on est crucifié, on ne peut pas le dire explicitement, c'est une chose qui ne peut pas se dire parce qu'elle est tellement contraire à la nature humaine, que même si elle était dite crûment elle ne serait pas comprise par l'interlocuteur, ça ne peut que se laisser deviner. Et Benoît XVI, depuis huit ans, ne cesse d'essayer de nous le faire deviner sans jamais faillir...
           
        Quand on y est soumis, à la crucifixion et à la Passion, on ne peut en effet le dire que négativement, à mots couverts et chuchotés, qu'en insinuant seulement, le plus qu'on peut, cette crucifixion à son interlocuteur qui, dans notre cas, pour Benoît XVI, s'avère être... le monde catholique tout entier. Et c'est exactement l'attitude de Benoît XVI, invariablement, depuis huit ans. Il suggère très-fort à tous sa crucifixion pontificale, mais il ne peut pas faire plus que de le suggérer. On le voit dire invariablement, sans jamais bouger son message : "Il n'y a qu'un seul pape", mais il ne le nomme JAMAIS parce que, d'une manière écartelée, crucifiée, il sait qu'il en assume toujours une mystérieuse fonction, l'unicité théologique de ce pape UN étant à épeler au présent composé de nos jours. D'où tout son comportement très-pontifical depuis huit ans, que j'ai souligné dans mon dernier article, et dont d'ailleurs tout le monde est maintenant parfaitement conscient. C'est lui le pape crucifié, ce n'est pas du tout Paul VI comme l'ont cru à grand'tort les adeptes survivantistes première mouture... Voilà ce qu'a très-bien compris en tous cas Andrea Cionci, qui écrit : "Mettons un frein à notre curiosité afin d’agir comme il se doit. Il arrive parfois qu’une personne demande de l’aide de manière voilée et mystérieuse, comme dans le cas classique de la femme qui appelle la police en commandant une pizza pour ne pas être découverte par son partenaire violent. Dans ces cas, nous devons tout d’abord prendre note du fait que 1) dans les messages, il y a quelque chose d’étrange qui ne colle pas 2) la personne est probablement en difficulté 3) de toute évidence, elle ne peut pas parler clairement 4) elle doit avoir ses raisons de demander de l’aide de manière sibylline". C'est exactement en effet, la situation morale crucifiée où se trouve Benoît XVI depuis 2013.
           
        "Il n'y a qu'un seul pape" mais Benoît XVI ne dit pas qui il est, et cela laisse entendre qu'il en assume toujours une fonction. Mgr Gänswein, son secrétaire, a fort bien formulé cela dans sa mémorable conférence de 2016, en ces termes : "Par conséquent, depuis le 11 Février 2013, le ministère papal n'est plus celui d'avant. Il est et reste le fondement de l'Église catholique ; et pourtant, c'est un fondement que Benoît XVI a profondément et durablement transformé dans son pontificat d'exception (Ausnahmepontifikat). (...) Comme à l'époque de Pierre, aujourd'hui encore l'Église une, sainte, catholique et apostolique continue d'avoir un unique Pape légitime. Et pourtant, depuis maintenant trois ans, nous vivons avec deux successeurs de Pierre vivant parmi nous, qui ne sont pas dans un rapport de concurrence l'un avec l'autre, et pourtant tous les deux avec une présence extraordinaire ! Beaucoup continuent à percevoir aujourd'hui encore cette nouvelle situation COMME UNE SORTE D'ÉTAT D'EXCEPTION VOULU PAR LE CIEL".
           
        ... Mais je m'aperçois que si je continue mon propos, je vais marcher sur les brisées de mon article Feedback sur le pape Benoît XVI, etc., je vais donc faire une reprise de la partie la plus forte de cet article, ici :
           
        "Pourquoi, alors que la théologie catholique a des règles extrêmement claires et précises quant à la Légitimité pontificale, la situation pontificale actuelle ne peut-elle s'encadrer dans aucune de cesdites règles ?!?
           
        "Éh bien, la réponse est simple, mais elle demande et exige toute la force, le courage et l'énergie de la Foi vive, pour la formuler, et aussi, et surtout, pour... l'accepter. Car s'il en est ainsi, c'est parce que les cadres structurels de l'Église sont explosés, ce qui se constate non pas seulement au niveau de la doctrine ou des mœurs, avec François, mais à tous les autres niveaux ecclésiaux dont celui de la Légitimité pontificale, avec Benoît. Et ils sont tous explosés-implosés, parce que nous vivons «LA PASSION DE L'ÉGLISE». Et que toute crucifixion inhérente à la Passion atteint et écartèle mortellement la substance de l'être qui est crucifié, ici, celui de l'Église.
           
        "Ce n'est donc pas sur un plan théologico-canonique qu'il faut raisonner l'incroyable situation pontificale actuelle bicéphale, c'est sur un plan mystique, et pas n'importe quelle mystique mais la mystique de la Passion. SEULE L'ÉCONOMIE DE LA PASSION DU CHRIST PERMET DE COMPRENDRE L'ARTICULATION DU BI-PONTIFICAT ACTUEL, UNE ÉCONOMIE DE LA PASSION DU CHRIST QUE VIT DE NOS JOURS SON ÉPOUSE, L'ÉGLISE, ET BIEN SÛR ÉMINEMMENT, LE SIÈGE DE PIERRE. C'est donc «LA PASSION DE L'ÉGLISE», telle que j'en fais l'exposé très-approfondi sur mon site, et elle seule, qui va lever toute obscurité, qui va expliquer en toute clarté surnaturelle la signification profonde de l'inédite situation bi-pontificale actuelle.
           
        "Voici en effet la raison de la démission du pape Benoît XVI, à la genèse très-profonde du bi-pontificat actuel : à un moment donné de son pontificat, Benoît XVI a soudain ressenti une MISE À MORT RADICALE DE SA FONCTION PONTIFICALE, une sorte de Gethsémani brutal, impossible à éviter, comme présenté par la Main de Dieu, ainsi que l'a vécu Jésus en prenant son agonie de «la Volonté de son Père», lui faisant vivre et mourir à la fois une kénose, un anéantissement complet de sa personne pontificale (l'affaire des VatiLeaks, qui n'a pas du tout été élucidée dans ses raisons profondes, en est probablement un vecteur important, comme aussi cette très, très étrange et soudaine mise en interdit bancaire de tout l'État du Vatican, dans ces mêmes jours, chose JAMAIS arrivée, notons-le avec soin, ni avant ni non plus après jusqu'à présent...). Se sentant radicalement mis à mort en tant que pape, il a raisonné de cette façon : puisque je suis maintenant pontificalement mort, je ne peux plus continuer à assumer la Charge de saint Pierre ; un mort ne peut plus poser des actes de vivants ; je dois donc démissionner. Mais je dois démissionner non pas parce que je ne suis plus pape, mais uniquement parce qu'un pape mystiquement mort ne peut plus remplir la fonction d'un pape vivant. Par conséquent, celui qui me remplacera sur le Siège de Pierre sera lui aussi pape, mais je ne cesserai pas de l'être quant à moi.
           
        "Le pape Benoît XVI a vraiment vécu LA MORT MYSTIQUE DU CHRIST EN CROIX, soudain, à un moment donné de son pontificat. C'est tout le sens de cette «visite mystique» qu'il a évoquée en des termes pudiques et très-discrets après sa démission, dont il explique ainsi la cause : «'C’est Dieu qui me l’a dit'. C’est ainsi que Benoît XVI aurait répondu à la question d’un hôte qui, lui rendant visite dans sa retraite au cœur du Vatican, l’interrogeait sur sa décision de renoncer à la charge pontificale, en février 2013. Selon le site d’informations catholique Zenit, qui a publié ces propos le 19 août, le pape émérite aurait évoqué une 'expérience mystique' à l’origine de ce choix. (...) Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une apparition ou d’un phénomène analogue, mais bien d’une 'expérience mystique' au cours de laquelle le Seigneur avait fait naître en lui le 'désir absolu de rester seul à seul avec Lui, recueilli dans la prière'. Selon la source citée par Zenit, le pape émérite aurait également affirmé que cette 'expérience mystique' s’était poursuivie au cours des mois suivants, le confortant dans son choix» (La Croix, 21 août 2013).
           
        "Une crucifixion de sa personne pontificale allant jusqu'à la mort mystique, c'est la seule raison profonde et véridique de sa démission du Siège de Pierre. Elle n'a rien à voir avec la raison dilatoire, en vérité parfaitement fausse, évoquée par lui-même lors de sa démission, à savoir une santé physique déficiente, une «vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié» (sic). Car on a bien la preuve, maintenant, sept longues années après sa démission de février 2013, que son soi-disant mauvais état de santé de l'époque était un faux prétexte : non seulement son physique l'a maintenu en vie jusqu'à 92 ans, ce qui n'est pas banal et montre par le fait même qu'il ne pouvait qu'être en bonne santé générale sept ans auparavant, mais il l'a maintenu dans une vigueur intellectuelle universellement reconnue, puisqu'aussi bien il est encore capable, à passé nonante comme disent les Suisses, de contrebalancer l'énergique pape François (pardon, j'allais écrire : l'énergumaniaque) ! Et, soit dit en passant, la mauvaise santé n'a jamais été, pour les papes, une raison valable pour démissionner, le code de Droit canon ne prévoit rien de ce côté-là, qu'il soit l'ancien ou le moderne ; on a d'ailleurs l'exemple édifiant, dans l'Ancien-Régime, d'un pape devenu aveugle et qui n'en a pas moins continué à assumer intégralement la fonction pontificale jusqu'à sa mort, sans que personne à commencer par lui-même, ne pensât à l'abdication de la Charge pontificale.
           
        "Ce n'est donc pas la santé physique de Benoît XVI qui était déficiente, mais le modus de crucifixion où il a senti sa personne pontificale être plongée brutalement sans retour, qui l'a mis, de force et contre sa volonté personnelle, dans l'empêchement radical de continuer à être le pape en exercice vivant de la Charge de Pierre. Et c'est précisément à cause de cette raison mystique, qu'il a, présentement, la conscience intime, dans le fond de son âme, d'être toujours pleinement et vrai pape [... mais pas le seul, comme les survivantistes seconde mouture le traduisent hérétiquement, de leur côté ! Admirons, justement, comme Benoît XVI sait fort bien se tenir dans ce juste milieu du Saint-Esprit qui est le chemin des crêtes : après avoir dit "il n'y a qu'un seul pape", non seulement il ne rajoute pas "c'est François", mais pas plus "c'est moi-même", comme Cionci voudrait le lui faire dire !]. Car subir de force contre sa volonté personnelle une crucifixion dans sa fonction pontificale ne saurait pas être une raison de démission. BIEN AU CONTRAIRE. Subir une crucifixion dans sa légitime vocation, qu'on a embrassée avec amour et générosité, et ce fut le cas de Joseph Ratzinger quant à la Charge de saint Pierre, enracine encore plus dans l'être qui la subit contre sa volonté, ladite vocation. L'être moralement et spirituellement digne qu'est éminemment Joseph Ratzinger perçoit la crucifixion de sa Charge pontificale dont il est victime comme un enracinement encore plus fort dans cette dite Charge. C'est pourquoi, après 2013, Benoît XVI se sent plus pape que jamais, il se sent même plus pape qu'avant de subir cette crucifixion forcée de sa fonction pontificale.
           
        "C'est toute cette situation extra-ordinaire au sens le plus vrai et le plus fort du terme, qu'il a tâché de traduire et d'exprimer tant bien que mal dans une langue juridico-politique, en empruntant à Carl Schmitt, un philosophe allemand, sa thèse sur «l'état d'exception», Ausnahmepontifikat, dont nous a parlé en son nom Mgr Gänswein dans sa très-mémorable conférence de 2016" (fin de citation).
           
        Je commente maintenant une fausseté de Cionci : "Les thèses du frère Alexis Bugnolo exposait pour la première fois comment les erreurs latines insérées dans la Declaratio de «démissio» avaient été insérées par le pape non par hasard, mais pour attirer l’attention sur une abdication qui n’a jamais eu lieu". Thèse fausse : il est tout-à-fait possible de dire que Benoît XVI a volontairement mal rédigé son abdication, cela, d'accord, je le croirai volontiers, mais ce n'est pas pour qu'elle soit frappée d'invalidité, c'est juste pour attirer l'attention sur son état pontifical crucifié, sans cependant vouloir toucher à la validité de ladite abdication. Car je rappelle que nous avons théologiquement la preuve, comme je l'ai expliqué plus haut, que la démission ne peut qu'être valide puisqu'est intervenu ultérieurement en Église un fait dogmatique qui la prend pour base, à savoir la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur la personne de Bergoglio. Comme disait lui-même notre journaliste italien : "Il arrive parfois qu’une personne demande de l’aide de manière voilée et mystérieuse. Dans ces cas, nous devons tout d’abord prendre note du fait que 1) dans les messages, il y a quelque chose d’étrange qui ne colle pas 2) la personne est probablement en difficulté 3) de toute évidence, elle ne peut pas parler clairement 4) elle doit avoir ses raisons de demander de l’aide de manière sibylline". C'est précisément ce qu'aura fait Benoît XVI en rédigeant volontairement mal sa déclaration de démission... mais il ne faut pas en tirer plus que cela, plus qu'une bouteille lancée à la mer avec un gros message dedans.
           
        Dans un nouveau post sur son blog, Cionci et l’imbroglio de la "démission" de Benoît XVI, du 10 mai courant, écrit le lendemain même du premier post 11 février 2013 : la vraie fausse démission exposant le 9 mai la thèse survivantiste de Cionci, qui m'a décidé à écrire cet article (... décidément !, je ne sais pas si je vais arriver à suivre une actualité aussi brûlante !!), la rédactrice anonyme de Benoît & moi renchérit sur les thèses de Cionci. Que nous apprend-elle de nouveau sur le sujet ?
           
        Que sur son blog Libero, notre journaliste italien se triture sec la cervelle pour tâcher de démontrer que Benoît XVI n'a pas abdiqué son munus. Malheureusement pour lui, tout son raisonnement est faux, à la base. Théologiquement, en effet, il est rigoureusement impossible qu'un nouveau conclave puisse être approuvé par le Saint-Esprit au moyen du fait dogmatique de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur un nouveau pape, si le pape précédent a seulement abdiqué son ministerium mais pas son munus, comme il veut le croire. Il ose écrire cette énormité : "Si un pape vivant n’abdique pas son munus en se dépouillant complètement, un autre conclave ne peut être convoqué. Toujours d’un point de vue théologique, l’Esprit Saint ne dirige pas l’élection du pape lors d’un conclave illégitime, ni ne l’assiste". Mais, mais... que fait donc notre Cionci de la Note de Visibilité ?! Il n'en a pas conscience, c'est trop évident. Est-ce que notre journaliste, piètre théologien apparemment, se rend bien compte de ce qu'il dit ?! Cionci suppose que le Saint-Esprit tromperait TOUS les fidèles catholiques en leur proposant un nouveau pape qui ne le serait pas... sans rien leur dire, sans leur dire qu'il n'est pas pape !! Car tout conclave en effet, est systématiquement et obligatoirement finalisé, scellé, par le fait dogmatique de la reconnaissance ecclésiale universelle du nouvel élu au Siège de Pierre, où le Saint-Esprit engage formellement et publiquement son Autorité divine devant toute l'Église... Impossible donc de supposer, si Benoît XVI est toujours en possession du munus pontifical, qu'un nouveau conclave puisse se réunir et aller jusqu'au bout de l'acte conclavique, c'est-à-dire jusqu'au fait dogmatique engageant formellement l'Autorité divine du Saint-Esprit sur une autre personne de nouveau pape...
           
        Remettons les pieds sur terre. Si Benoît XVI avait en effet conservé le munus pontifical, alors il serait impossible que ce fait dogmatique par lequel le Saint-Esprit engage formellement son Autorité divine, puisse être posé sur la personne de son successeur, pour le réputer vrai pape, verus papa, devant toute l'Église, universitas fidelium. Or, le 19 mars 2013, ce fait dogmatique a été posé sur Jorge-Mario Bergoglio, dont, par-là même, on sait donc de Foi, de fide, qu'il possède le munus qui est le fondement théologico-canonique qui fait le vrai pape. François, et c'est à croire de Foi je le répète, possède le munus, et puisqu'il possède le munus, il possède donc aussi le ministerium, car celui-ci est une émanation du munus qui ne saurait théologiquement être dissocié de lui, ne pouvant être possédé que par la même personne pontificale qui est en possession du munus (théologiquement en effet, on ne saurait supposer le munus aux mains d'une personne de pape, quand le ministerium serait aux mains d'une autre personne de pape...)Ce qui signifie que, sur le strict plan du droit théologique fondamental que je rappelle ici, Benoît XVI n'a plus rien du tout qui fait le vrai pape (j'en suis désolé pour Cionci, mais il a tout faux partout). Et c'est pourquoi j'écrivais dans mon article Feedback sur le pape Benoît XVI, etc., comme je le rappelais ci-dessus : "Ce n'est donc pas sur un plan théologico-canonique qu'il faut raisonner l'incroyable situation pontificale actuelle bicéphale [comme le fait Cionci], c'est sur un plan mystique, et pas n'importe quelle mystique mais la mystique de la Passion. SEULE L'ÉCONOMIE DE LA PASSION DU CHRIST PERMET DE COMPRENDRE L'ARTICULATION DU BI-PONTIFICAT ACTUEL".
           
        La vérité de notre situation bi-pontificale actuelle, c'est que nous avons un pape crucifié (Benoît XVI) et un pape crucificateur (François), chose extra-ordinaire qui ne peut arriver que lorsque l'Épouse-Église du Christ est écartelée sur la croix de sa Passion, vivant son Vendredi-Saint...
           
        Mais, après avoir tiré le vin, il faut le boire, vider le calice de Gethsémani jusqu'au fond de la coupe, il faut continuer l'explication, aller jusqu'au bout du mysterium iniquitatis. Pour cela, élevons notre esprit pour prendre une vue panoramique de la situation : dans la période moderne, qui commence à la fin de la Révolution, nous avons donc dans l'Église toute une longue litanie de papes légitimes mais antéchristisés, d'abord sur le seul plan des Mœurs (auxquelles sont inhérentes les choses de la Politique constitutionnelle), puis sur celui des Mœurs et de la Foi, et de plus en plus et de pire en pire plus les temps avancent vers le grand dénouement fatidique. Tous ces papes antéchristisés ne le sont cependant que matériellement, comme je le disais plus haut en commençant ces lignes, c'est-à-dire en toute inadvertance de promouvoir en Église la doctrine de l'Antéchrist, quand bien même ils le font tous, peu ou prou, de Pie VII à François, durant seize pontificats. Pour aboutir en finale à notre situation presque incroyable d'un Pontificat au présent composé avec un pape crucifié et un pape crucificateur.
           
        Et alors, quelle est la suite ? La suite... ô suprême abomination de la désolation dans le Lieu-Saint !, c'est, en finale de la finale, que le dernier pape légitimement intronisé de l'Église catholique sera l'Antéchrist-personne lui-même, pour transformer ce péché matériel de tous les papes modernes, en un péché formel. Ce qui aura comme conséquence immédiate, négative, de faire mourir l'Épouse du Christ dans son économie de salut actuelle dite du Temps des nations et de Rome son centre, mais encore, conséquence positive, de faire revenir le Christ en Gloire sur les Nuées du Ciel, pour ressusciter l'Église dans la nouvelle économie de salut qu'Il instaurera dans le monde, celle du Millenium.
           
        Voilà la vérité prophétique concernant les destinées de notre Église. Cela révulse certes les sédévacantistes, et parmi eux les survivantistes... Car pourquoi ont-ils créé leurs thèses hérétiques puis schismatiques quand ils les mettent en œuvre ? Pour refuser que l'Église-Épouse du Christ soit livrée aux mains de l'Impie comme le Christ le fut de son temps lors de sa Passion. Ils ne veulent pas que l'Église souffre la mâlemort sous l'Impie, ils ne veulent pas qu'elle en meurt (comme disait André Frossart : "Ils veulent faire la Volonté de Dieu contre la Volonté de Dieu"). Mais alors, s'il en est ainsi, s'ils ne veulent pas de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" incluant sa mort par et sous l'Antéchrist-personne l'ayant complètement investi, alors, alors, ils ne veulent donc pas non plus qu'elle... ressuscite après sa mort ! Voilà ce qu'ils ne comprennent pas, à l'instar des pharisiens idolâtrant leur économie de salut en cours, celle synagogale-mosaïque. C'est pourquoi, en finale de leur survivantisme hérétique et schismatique, ils se sont bâtis la thèse d'un "dernier pape souffrant à la fin des temps". Comprenons-les bien : il s'agit, pour eux, d'un pape qui n'est pas "fait péché pour le salut", en d'autres termes, qui ne vit nullement la vraie "PASSION DE L'ÉGLISE", mais qui souffrirait une persécution uniquement par des ennemis extra muros, sans être lui-même, à l'instar du Christ, un acteur co-Rédempteur "fait péché pour le salut". Cependant, cette thèse d'un "dernier pape souffrant de l'Église" est un pur mythe obscurantiste, au même titre que la thèse du "règne du saint pape et du grand monarque".
           
        La vérité, c'est que le dernier pape de l'Église catholique dans son économie de salut actuelle sera... l'Antéchrist-personne lui-même (cf. mon article qui l'explique, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/AntechristDernierPapeLEGITIMEMisEnForme.pdf).
           
        Pour bien comprendre qu'il en sera ainsi, nous avons, pour aider la faiblesse et la timidité de notre Foi, l'exemple magistral qui nous est donné par la Providence divine dans la fin de l'Église synagogale-mosaïque aux temps du Christ. Méditons avec soin cette fin terrible et implacable, qui est une vraie prophétie de ce que va être prochainement la nôtre :
           
        Pour cela, mettons-nous à la place d'un juif pieux vivant aux temps de Jésus. Ce juif sait que le Messie doit venir en son temps, et, priant, souffrant, il attend ardemment qu'il advienne en ce très-bas monde pour opérer son salut. Lorsque Jean le Baptiste se lève, il comprend qu'il n'y en a plus pour très-longtemps, car Jean se dépeint comme le Précurseur, l'Élie du Messie. Il reçoit donc avec empressement et en grande piété le baptême de Jean, travaillant le plus qu'il peut à sa conversion personnelle, rendant droits dans son âme les sentiers tortueux, y rabotant les orgueilleuses montagnes, y comblant les molles vallées. Quelque court temps après, il voit Jean le Baptiste désigner Jésus comme étant Celui qui doit venir. Se mettant à son écoute, voyant ses miracles, goûtant surtout son enseignement divin et plus encore le charisme tout divino-humain de sa Personne parfaite, il comprend tout-de-suite que c'est Lui, le Messie attendu, et il Lui donne sans retour et complètement toute sa Foi, tout son amour et toute sa vie. Cependant, parallèlement à cela, notre pieux juif ne peut s'empêcher de prendre acte, dans la grande douleur de son âme, de l'inimitié complète des grands-prêtres et des anciens à l'égard de Jésus. Il ne comprend vraiment pas, il en souffre. Il sait que les grands-prêtres sont les légitimes successeurs de Moïse, qu'ils sont donc investis du charisme de l'infaillibilité et de la prophétie attaché à leur haute fonction, il voudrait leur faire entière confiance quant à la voie du salut, mais il ne peut manquer de voir la haine mortelle qu'ils ont pour Jésus le Messie, qu'ils avaient pourtant comme mission d'introduire en ce monde, et qui fait dire à Notre-Seigneur : "Vous cherchez à me donner la mort, moi qui suis un homme qui vous ai dit la vérité" (Jn VIII, 40). Cela écartèle l'âme de notre bon juif... Faut-il rejeter Jésus ? Faut-il rejeter le grand-clergé officiel dont il ne peut douter de sa légitimité ? Faut-il, dans nos jours ecclésiaux, suivre la tradition doctrinale qui fait vivre le Christ dans l'âme, ou bien suivre l'hétérodoxie magistérielle des papes modernes légitimes qui représentent le Christ pour tous les fidèles ?
           
        Viens l'épreuve terrible et affreuse de la Passion du Christ qui, loin de supprimer cet écartèlement insoluble dans l'âme de notre bon juif, le mène au contraire tout droit à son ultime fin, mortelle. La même que celle que nous vivons et allons vivre en Église à la fin de nos temps modernes. Que voit-il alors, notre juif pieux, humble et fervent ? Dans la douleur mortelle de son âme, il voit cette chose absolument terrible et terrifiante, si incroyable et contre-nature, qui va nous arriver à nous aussi très-certainement : le dernier grand-prêtre légitime (Caïphe était en effet légitime, l'Évangile nous l'enseigne ; cf. mon article http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/caiphe-dernier-grand-pontife-juif-de-l-ancien-testament-etait-il-legitime-ou-bien-non?Itemid=483), va solennellement, au nom de toute l'Église synagogale-mosaïque, EXCOMMUNIER rituellement le Messie, Jésus le Christ, dans la nuit du Jeudi-Saint, en déchirant son Ephod. Celui qui donne la Vie va être mis à mort par l'Église de son temps. Le plus infailliblement et prophétiquement du monde, car n'oublions pas que saint Jean, dans son Évangile, nous dit que Caïphe, le pape d'alors, usa du charisme prophétique attaché à sa fonction de grand-prêtre légitime, lorsqu'il dit : "Il vaut mieux qu'un homme seul meure, plutôt que toute la nation" (Jn XI, 50).
           
        Mais quelle va être l'attitude de notre juif, face à cette crucifixion qu'il endure dans sa belle âme déjà toute donnée à la Foi au Christ ? Va-t-il construire toute une thèse survivantiste pour dire : non, non, Caïphe n'était pas légitime, c'était un anti-pape, pardon, un anti-grand-prêtre !, et c'est pour ça qu'il a excommunié Jésus-Christ ! Mais notre juif, qui est un saint, comprend le Plan de Dieu, un Plan de Rédemption, il ne s'invente pas un plan "B" pour le fuir comme nos survivantistes première ou seconde mouture le font de nos jours, il accepte, à la suite du Christ dans le jardin de Gethsémani, de boire le calice de la crucifixion de son Église synagogale-mosaïque par le dernier grand-prêtre ou pape légitime de son temps...
           
        Le châtiment de l'Église synagogale-mosaïque, une fois accompli son forfait d'excommunication formelle du Messie Jésus-Christ dans la nuit fatidique du Jeudi-Saint, ne se fit pas attendre : le lendemain même, le Vendredi-Saint, le rideau du Temple qui cachait le Saint des Saints aux regards des profanes, se déchirait brutalement en deux, du haut en bas, comme l'Ephod du grand-Prêtre, radicalement, à la mort de Jésus le Messie sur la croix. Cela signifiait la mort sans retour de l'Église dans son économie de salut synagogale-mosaïque.
           
        Et quant à nous, l'Antéchrist-personne, intronisé légitimement sur le Siège de Pierre, fera lui aussi mourir l'Église dans son économie de salut actuelle, très-notamment en la réunissant, en l'incorporant, en la symbiosant avec les forces mondialistes les plus ouvertement satanisées, comme commence à le faire ouvertement le pape François, au point anéantissant où l'on ne pourra plus du tout discerner en elle son identité christique. C'est alors que la prophétie de Notre-Dame à La Salette verra toute sa réalisation : "Rome perdra la Foi, et deviendra le siège de l'Antéchrist". Aucune équivoque possible, dans cette extraordinaire prophétie lapidaire. En voici une courte exégèse : la Rome qui perd la Foi ne pouvait donc qu'avoir la Foi avant, puisqu'elle peut la perdre ; la Vierge de La Salette entend donc bien parler là de la Rome catholique, et c'est cette Rome catholique-là dont la Reine des Prophète nous annonce que le siège doit être investi complètement par l'Antéchrist-personne. À votre avis, c'est quoi le siège de la Rome catholique ? Il n'y a qu'une réponse possible : c'est le Siège de Pierre... Et c'est donc ce Siège de Pierre que Notre-Dame à La Salette nous prophétise pudiquement, implicitement, qu'il sera investi totalement par l'Antéchrist-personne.
           
        CAÏPHE (II) SERA LE NOM ANTONOMASTIQUE DU DERNIER PAPE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
           
        Le châtiment du l'Antéchrist-personne dont le point culminant de son maudit règne sera la mise à mort de notre Église dans son économie du temps des nations et de Rome son centre, ne se fera pas attendre, lui non plus, comme celui frappant à mort l'Église dans son économie synagogale-mosaïque : à partir de là, ses jours seront strictement et très-rigoureusement comptés par la Justice divine, Mane, Thecel, Pharès... ce sera presque, comme la fois antique, du jour au lendemain.
           
        Je mets le point final maintenant, en revenant sur le sujet principal de mon article :
           
        Le survivantisme pontifical a la peau du dos très-dure, comme les crocodiles, ses adeptes sont généralement très-harponnés à leurs thèses. Mais il suffit de le retourner sur le ventre, ce croco, pour voir que ses entrailles sont très-vulnérables... en fait, il n'a tout simplement pas d'entrailles, pas d'assises profondes, c'est juste un rêve, un fantasme, à l'usage des âmes timides qui n'ont qu'une vision devant les yeux de l'âme : fuir "LA PASSION DE L'ÉGLISE", fuir sa réalité pontificale crucifiée à la matière sans coulpe du péché du monde, ce qui est propre à l'économie de toute Passion divine, et divinement Rédemptrice...
 
En cette grande fête de l'Ascension
de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Avec Mémoire à Notre-Dame de Fatima,
ce jeudi 13 mai 2021,
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
       
        Nota Bene : Ce présent article sera rajouté dans le Cahier III & dernier (cf., pour le descriptif précis des trois Cahiers regroupant sur papier tous les écrits de mon site, et pour les conditions de vente, mon dernier article, http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/une-tres-bonne-nouvelle?Itemid=155).
       
        Je précise qu'il en sera de même des prochains articles du Blog que j'écrirais, si tant est que Dieu me prête vie et inspiration, qui seront rajoutés au Cahier III & dernier (j'indiquerais éventuellement par la suite, une petite augmentation du prix, si cela s'avère nécessaire).
 
 
 
13-05-2021 14:56:00
 

Une très-bonne nouvelle...!!

 
 
 
Une très-bonne nouvelle...!!
 
           
        Chers amis,
           
        C'est avec un grand plaisir que je vous annonce la réunion de tous les écrits figurant sur mon site dans trois forts cahiers thermocollés (dos très-résistant renforcé par une plaque en fer, pages indécollables), dont voici le descriptif : 
           
        * Cahier I ― Les Articles doctrinaux avec leurs Mots d'intro sur le site :
           
        Exposé de la thèse de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" (29 pages) ― Réfutation de la thèse "LEFÉBVRISTE" (120 pages) ― Réfutation de la thèse "SÉDÉVACANTISTE" (77 pages) ― Réfutation de la thèse des "RALLIÉS" (63 pages) ― Réfutation de la thèse "GUÉRARDIENNE" (118 pages) ― Réfutation de la thèse "SURVIVANTISTE" -Paul VI serait toujours en vie- (49 pages) ; soit un total de 456 pages. 
           
        * Cahier II ― Divers écrits & les Articles de Fond avec leurs Mots d'intro sur le site :
           
        Le Mot d'Accueil, pp. 1 & 2 sur le site (7 pages) ― Quel est le but de ce site ? (9 pages) ― Mes livres, téléchargeables (18 pages) ― Légendes des deux vignettes de la page d'Accueil, avec l'article intégral du R.P. de Margerie sur la co-Rédemption de Marie (14 pages) ― Mes correspondances avec vous (13 pages) ― Le Retour des juifs à Jérusalem & en terre d'Israël dans nos temps modernes : signe formel de la fin des temps (81 pages) ― La vraie et seule solution du problème de la cohabitation des juifs et des arabes en Terre sainte, ou le miracle extraordinaire de la théandrie (24 pages) ― La canonisation de Jean-Paul II : une "si grande contradiction" -He XII, 3- (92 pages) ― L'Antéchrist-personne venant clore notre fin des temps sera-t-il... le dernier pape LÉGITIME de l'Église Catholique ? (82 pages) ; soit un total de 340 pages. 
           
        * Cahier III & dernier ― Les 44 articles des actualités du Blog, arrêtés au 19 mars 2021 :
           
        La notation "non-infaillible" de Vatican II, etc. (17 pages) ― Une sacrée bonne Lettre à Mgr di Falco-Leandri, etc. (9 pages) ― Deux petites Lettres au ci-devant ministre, etc. (7 pages) ― Commentaire catholique de la prophétie de Notre-Dame à La Salette, etc. (10 pages) ― Zoom sur le devoir dominical, etc. (12 pages) ― Comment le catholique peut-il lutter contre la loi infâme du "mariage pour tous" ?, etc. (11 pages) ― L'heure est grave, citoyens, etc. (4 pages) ― L'Antéchrist sera une personne humaine (13 pages) ― Comment je suis arrivé à la thèse de "la Passion de l'Église", etc. (18 pages) ― Sommes-nous à Sardes ou à Philadelphie, voire déjà à Laodicée...!? (20 pages) ― Pour en finir avec les élucubrations hérétiques du guérardisme, etc. (1 page) ― Les processions de la Fête-Dieu dans nos temps modernes, etc. (7 pages) ― Caïphe, dernier grand-Pontife juif de l'Ancien-Testament, était-il légitime ou bien non ? (14 pages) ― L'obéissance et le respect dûs aux Autorités politiques légitimes, etc. (4 pages) ― Le ralliement de Léon XIII, etc. (8 pages) ― Le saint abbé Guérin, curé de Pontmain, etc. (8 pages) ― Ce que je pense de l'élection d'Emmanuel Macron, etc. (7 pages) ― Non, saint Thomas d'Aquin n'est pas pour la (très-hérétique) Liberté religieuse...! (16 pages)  Les papes modernes ont-ils des excuses d'avoir cédé au républicanisme post-révolutionnaire, etc., I & II (21 + 18 pages)  Le Rd Père de Blignières & le mouvement "rallié", etc. (18 pages) ― ... Aux dernières nouvelles de "LA PASSION DE L'ÉGLISE"... (5 pages) ― Parution d'un remarquable article sur la situation de l'Église sous le pape François, etc., I & II (15 + 14 pages) ― Tous mes articles doctrinaux... remis à neuf (16 pages) ― Le cri du cœur d'un simple fidèle (5 pages) ― Pot-pourri dans un pourrissoir ecclésial... (17 pages)  Sommes-nous dans le cas d'un pape hérétique ou d'une Église hérétique...?! (21 pages) ― Un schisme est-il possible dans l'Église actuelle...? (21 pages)  À une arracheuse de dent, etc. (7 pages) ― Veritatis Splendor, etc. (21 pages) ― Feedback sur le pape Benoît XVI, etc. (17 pages) ― Les Mœurs ecclésiales concordataires, etc., I, II & III (15 + 16 + 21 pages)  Lettre au TRP Antoine de Fleurance, etc. (3 pages) ― L'erreur profonde de Benoît XVI, etc., I & II (11 + 12 pages) ― La très-moderniste argumentation historiciste des conservateurs, etc. (17 pages) ― Le survol très-superficiel de Mgr Viganò, etc. (11 pages) ― ... Mais où est donc Dieu le Père ?, dénonciation de Fratelli Tutti, etc. (21 pages) ― Face à l'Église romaine concordatairement prostituée au IIIème Reich d'Adolf Hitler, etc. (22 pages)  De très-excellentes réflexions de Mgr Williamson, etc. (19 pages) ― Une très-bonne nouvelle...!! (21 pages) ; soit un total de 592 pages.
           
        Ces trois cahiers regroupant l'intégralité des écrits de mon site sur 1 388 pages au grand total, sont vendus, ensemble et non-séparément, au prix de 169 €, emballage, port (3,760 Kgs) et assurance ad valorem compris. Chaque commande des trois cahiers accompagnée du chèque joint, sera honorée et exécutée à réception ; je ne prévois pas de faire des stocks, c'est-à-dire que les tirages seront faits à neuf pour chaque commande ; comptez une semaine pour la livraison. Merci de m'adresser votre commande à l'adresse suivante :
 
        M. Vincent MORLIER - BP 47033 - 35370 Argentré-du-Plessis
           
        Je pense qu'il sera plus agréable et plus sûr, pour le lecteur qui veut garder mes écrits, de les avoir sur support papier plutôt que sur le disque-dur de son ordinateur : chacun sait que l'informatique est loin d'être fiable à 100 %, et de plus, il est beaucoup plus agréable de lire sur papier que sur l'écran de l'ordinateur. 
 
 
PhotoFinale
           
        ... Mais puisque j'en suis à échanger avec vous, amis catholiques, amis lecteurs, vous pouvez vous demander si je n'ai pas quelque nouvelle importante à signaler depuis mon dernier article du 1er janvier, soit sur le fond doctrinal soit sur l'actualité, pour le bon entretien de notre Foi, de notre Espérance, de notre Charité ? Allo, allo, quelles nouvelles ? Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
           
        Éh bien non, il me semble ne plus rien avoir à écrire de fondamentalement nouveau et d'important sur les assises profondes de "la crise de l'Église" ; sur le sujet, j'ai l'impression d'avoir vraiment tout dit et expliqué le mieux que j'ai pu dans les écrits de mon site depuis 2012, à fond et par tous les côtés. Quant à dire du nouveau sur l'évènementiel ecclésial ou mondial, je n'ai pas trouvé quelque chose qui mériterait vraiment un article depuis le 1er janvier, la vérité est que l'Église et le monde, sur le plan surnaturel, croupissent et pataugent dans le non-évènement spirituel... comme bêtes dans leur fange, n'en pouvant plus sortir. Non, rien de nouveau sous le soleil de Satan, aurait dit Bernanos. Parce que, pour nos âmes, le nouveau véritable se trouve derrière le soleil maléfique de l'iniquité universelle répandue tous azimuts, très-caché avec le Christ Jésus, sa sainte Mère et saint Joseph, dans l'authenticité de notre vie intérieure avec le Ciel. La vie spirituelle est en effet un perpétuel recommencement, une nouveauté toujours nouvelle.
           
        On peut juste relever quelques petits points, depuis janvier, qui sembleraient saillir du Pot pourri dans un pourrissoir ecclésial que j'évoquais dans un de mes précédents articles, et qui paraissent mériter qu'on s'occupe un peu d'eux. J'en discerne trois, que voici :
 
1/ Une fake interview, une fake news :
la dernière interview de Benoît XVI.
           
        Qu'aurait dit Benoît XVI d'important dans cette interview du 27 février dernier, par le journal italien Corriere della Sera, relativement à "la crise de l'Église", et qui mériterait notre attention ? Benoît XVI aurait dit (et ça n'est pas nouveau) : "Il n'y a pas deux papes, le pape est unique" ; d'aucuns journaux mainstream, habitués au tripotage des choses, ont placardé en grand et en gras qu'il aurait rajouté : "... et c'est François", mais c'est totalement faux, quand on prend connaissance des termes exacts de ladite interview (cf. https://www.corriere.it/cronache/21_marzo_01/intervista-ratzinger-non-ci-sono-due-papi-rinuncia-8-anni-fa-credo-aver-fatto-bene-07a0ce58-7a01-11eb-b9cd-5eae78a2031e.shtml), Benoît XVI n'a vraiment dit qu'une chose, qu'apparemment il tenait beaucoup à dire : "Il n'y a qu'un pape".
           
        Aldo Maria Valli, chroniqueur vaticanesque bien connu en Italie, commente pour sa part, dans un billet du jour du 2 mars à juste titre agacé : "À propos des mots «Il n’y a pas deux papes, le pape est un seul», il me semble franchement qu’ils ne constituent pas une nouvelle. Ratzinger l’a dit tant de fois. Nous aurions eu un scoop si Ratzinger avait dit : «le seul pape est Bergoglio et je ne le suis plus». Mais il ne l’a jamais dit, et il ne le dit toujours pas". De plus, Valli, à tort ou à raison, ne croit pas à l'authenticité de certains propos qu'on fait tenir au pape Benoît après cette déclaration sur l'unicité pontificale, où l'on peut par exemple découvrir dans l'ébahissement que, selon lui, certains conservateurs ou tradis croiraient qu'il a démissionné du Siège de Pierre à cause de... Mgr Richard Williamson !!!!!!, incongruité qui est vraiment du dernier bouffon et de la dernière stupidité, qui sonne vraiment bizarre dans la bouche du pape émérite...
           
        Benoît XVI n'a jamais dit que François était le seul pape et que lui ne l'est plus du tout, argue Aldo Maria Valli. On ne saurait mieux dire. Dans le fait que si François est bien sûr pape, Benoît en assume cependant une mystérieuse portion, se situe en effet la vérité des choses pontificales actuelles, qui s'impose d'ailleurs en premier lieu à Benoît XVI lui-même, voulût-il maintenant, par lâcheté personnelle ou pour toute autre raison, y renoncer. Car si le Saint-Esprit le veut là, dans une fonction pontificale actuelle dont il use d'une portion mystérieuse, c'est en vain que lui-même voudrait s'en défaire. Cela frappe d'ailleurs, à juste titre, le journaliste, qui ne peut s'empêcher de conclure les trois-quarts d'heure d'interview qu'il a eus avec Benoît XVI par ces mots significatifs : "On peut penser que lorsque Ratzinger réaffirme avec un voile de voix «le Pape est un», il s’adresse certainement aux «fanatiques» qui ne se résignent pas, il parle aussi, pour les rassurer, aux adeptes de François qui craignent l’ombre intellectuelle de ce théologien ancien et investi par l’âge. Mais peut-être, après huit ans, avec sa voix intérieure, le Pape émérite le chuchote inconsciemment à lui-même".
           
        Car les paroles de Benoît XVI sont une chose, mais ce qui est beaucoup plus important et décisoire pour trancher la question, c'est son comportement depuis sa démission. Or, tout son comportement dit et affiche qu'il se considère toujours comme pape, ou plus exactement, qu'il en détient une mystérieuse fonction. C'est tellement vrai ce que je dis, que dans cet interview même où il veut déclarer qu'il n'y a "qu'un seul pape", il ne peut s'empêcher, dans toute sa personne, de manifester qu'il est toujours investi de la fonction pontificale... ce qui donc, contredirait sa parole s'il voulait dire par sa déclaration que le seul pape est François ! "Il n'y a qu'un pape", voudrait donc pouvoir affirmer Benoît, et il accentue son propos en tapotant doucement de la paume de la main sur l'accoudoir de son fauteuil ? Alors, pourquoi, en disant cela, ... porte-t-il encore la calotte PAPALE !?! Avouons qu'on est en pleine folie. Benoît voudrait dire qu'il n'est pas pape et... il le fait en portant un attribut vestimentaire pontifical ! C'est en effet ce que note le journaliste, habitué au descriptif précis de la personne qu'il interviewe : "Les cheveux blancs sont légèrement longs, sous la calotte papale candide comme la robe". Ce n'est pas tout. En guise de conclusion de l'interview, "Benoît XVI remet [aux journalistes] comme souvenir de l’entretien une médaille commémorative et un signet avec sa photo bénissante : les deux, de quand il était Pape" ! Même le journaliste, interloqué, ne peut s'empêcher de commenter : "Et à nouveau émerge le paradoxe non seulement de lui-même, mais d’une Église immergée sans le vouloir dans l’enchevêtrement inextricable de deux identités papales". De son côté, notre chroniqueur italien, Valli, remarque que dans cette interview, Benoît XVI s'exprime en employant le "nous", comme s'il se sentait et était toujours en charge des affaires pontificales, reprenant le "nous de majesté" réservé à un pape en exercice !
           
        La vérité est trop claire : Benoît XVI ne peut pas s'empêcher de manifester par toute sa personne qu'il assume encore une portion mystérieuse de la papauté en exercice. Car le Saint-Esprit le veut là, et on ne lutte pas contre le Saint-Esprit. Ce que prouve et surdémontre, je le répète, tout son comportement depuis sa démission en 2013, dans les faits les plus concrets, comme on vient de le voir dans l'interview. Et c'est ce comportement invariable pendant tout juste huit ans maintenant, beaucoup plus que des paroles passagères qui ne précisent pas, comme par hasard, qui assume l'unicité pontificale affirmée, qui compte. Rafraîchissons-nous en effet la mémoire :
           
        Si Benoît XVI n'assume plus du tout la fonction pontificale en quelque partie après sa démission de 2013, alors, pourquoi, après cette dite démission, porte-t-il toujours la soutane blanche réservée aux papes en exercice (calotte y comprise, l'interview en fait foi) ?, pourquoi donne-t-il à un cardinal, dans une lettre, la Bénédiction Apostolique que seul un pape en exercice peut donner ?, pourquoi refuse-t-il de supprimer les deux clefs apostoliques de son blason héraldique, symbole d'un pontificat en exercice ?, pourquoi signe-t-il tous les livres qu'il a écrits depuis sa démission, de son plein nom de pape en exercice, Benoît XVI, sans jamais rajouter "pape émérite" ?, pourquoi la coutume a-t-elle été prise d'envoyer à Benoît les cardinaux nouvellement créés par François, pour qu'ils reçoivent de lui une bénédiction comme en forme de placet qui semblerait théologiquement nécessaire ? Etc.
           
        La vérité de la question, c'est que la très-mémorable conférence de Mgr Gänswein du 20 mai 2016 révèle le véritable état vocationnel de Benoît XVI par rapport à Dieu et à l'Église après sa démission, et c'est à elle qu'il faut se rapporter si l'on veut savoir ce qu'il en est, à savoir : depuis sa démission obligée, Benoît XVI assume un Ausnahmepontifikat, ce que lui-même a fait dire à Mgr Gänswein, c'est-à-dire un pontificat hors-loi et même hors-la-loi. Ce qu'en son nom, l'évêque-secrétaire a fidèlement résumé ainsi le mieux qu'il a pu, quand bien même c'est théologiquement absurde (mais cela s'explique par la mystique de la Passion) : "Depuis l’élection de son successeur François le 13 mars 2013, il n’y a donc pas deux papes mais de facto un ministère élargi ― avec un membre actif et un membre contemplatif". Que maintenant, Benoît semblerait vouloir rejeter cette situation ne change rien à l'affaire. C'est Dieu qui décide pour chacun d'entre nous, aussi pour Benoît XVI, la voie, le chemin qu'il doit emprunter sur cette terre, il ne nous appartient pas de choisir notre vocation, notre voie spirituelle : si saint Paul, après la grâce de conversion invincible qu'il avait reçue sur le chemin de Damas et sa vocation subséquente d'Apôtre des nations, avait toujours voulu en rester au Saül non-converti, il ne l'aurait pas pu. De la même manière, Benoît XVI aurait beau vouloir maintenant ne plus être le pape crucifié que la conférence de Mgr Gänswein nous décrit et révèle fort bien, mission que la Providence divine lui assigne pour ses derniers jours pontificaux, son vouloir n'aurait aucun effet sur la situation pontificale actuelle. La vocation divine, comme les dons de Dieu, est sans repentance.
           
        Depuis saint Pierre jusqu'au pape Benoît, une telle situation en bi-double de pape, à épeler au présent composé, n'est certes jamais arrivée. C'est tellement frappant que cela a fait l'objet d'un film récent (mondain, absolument sans aucun intérêt). Et la raison n'est pas à chercher au loin, elle est au contraire fort simple : c'est parce que cette situation est celle d'une papauté vivant la fin des temps ecclésiaux ultimes, c'est-à-dire vivant l'économie de la Passion du Christ, avec un pape crucifié et un pape crucificateur. Situation que j'ai analysée au mieux je pense dans mon article du 2 février 2020, il y a un an, Feedback sur le pape Benoît XVI, etc., qui n'a pas pris une ride, bien au contraire, et dont les conclusions restent plus que jamais valables et d'actualité (cf. https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/feedback-sur-le-pape-benoit-xvi-ou-le-mystere-de-la-papaute-bicephale-actuelle-eclaire-et-resolu-par-la-passion-de-l-eglise?Itemid=154).
           
        Certains ont dit que le Vatican avait autorisé puis publié cette interview indécente, avec un interviewé sénile ne parvenant même plus à s'exprimer, pour bien montrer à tout le monde que le pape Benoît n'en a plus pour très-longtemps. Certes, avec ses 94 ans et dans l'état de débilité où il est désormais, c'est presque une vérité de la Palice que de le dire. Le journaliste note que "les phrases sortent au compte-gouttes, la voix est un souffle, va et vient ; et Mgr Gaenswein répète et «traduit» dans quelques rares passages, tandis que Benoît hoche la tête en signe d’approbation ; des manches [de sa soutane blanche] sortent deux poignets très maigres qui soulignent une image de grande fragilité physique". Le pape Benoît va donc mourir bientôt, éh bien, que le Bon Dieu en ait grand'pitié lorsqu'il paraîtra devant Lui !, car si son intellect est toujours complètement perverti dans le modernisme de Vatican II (cf. ma dénonciation de ses erreurs dans un de mes derniers articles https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/l-erreur-profonde-de-benoit-xvi-et-de-sandro-magister-partie-1?Itemid=154), ... et l'interview révèle qu'il a en bibliothèque toute l'oeuvre de Romano Guardini, un moderniste notoire en matière liturgique !, il n'en a pas moins, en ces temps antéchristiques si déboussolants, tâché, avant et après sa démission, de redresser la barre dans l'Église, les exemples en sont très-nombreux.
           
        ... Mais alors ? Que se passera-t-il lorsque le pape crucifié mourra ? La chose la plus simple du monde : le pape crucifié disparaissant, il ne restera plus dans l'Église actuelle, à l'heure où elle vit la Passion du Christ, que... le pape crucificateur, en l'occurrence François. Plus rien, alors, ne semble pouvoir retenir l'arrivée de l'Antéchrist-personne sur le Siège de Pierre, comme l'avait si bien prophétisé la très-sainte Vierge Marie à La Salette, et comme si peu de catholiques l'ont compris, même à présent alors que la terrible et affreuse prophétie achève de se réaliser hic et nunc concrètement sous leurs yeux obscurcis : "Rome perdra la Foi, ET DEVIENDRA LE SIÈGE DE L'ANTÉCHRIST".
           
        On voudra me voir pousser les choses à fond : est-ce à dire que dès la mort du pape Benoît, puis celle du pape François (... ou sa démission ; ce qui serait étonnant, car François a un tempérament de dictateur et les dictateurs ne démissionnent pas...), autrement dit, dès après la disparition des papes en bi-double que nous avons actuellement et vivant l'ultime moment de la Passion de l'Église, l'Antéchrist-personne fera immédiatement irruption pour envahir le Siège de Pierre ? Réponse : je n'en sais rien, nous n'en savons rien, personne n'en sait rien, Dieu seul le sait, et cela me suffit et cela suffit aux âmes chrétiennes. Il est possible, selon la Volonté divine, que l'Église achève encore de mourir avec un seul pape crucificateur, avec François, encore un certain temps... pour que l'Écriture s'accomplisse. Jésus n'est pas mort tout-de-suite, sur la croix. Il serait même possible, pour que le cauchemar soit complet, qu'il y ait encore à venir un autre pape de l'Église après François, ... crucificateur ?, crucifié ?, les deux à la fois cette fois-ci ?, avant que l'Antéchrist-personne n'envahisse définitivement le Siège de Pierre et ne fasse mourir l'Épouse du Christ dans son économie de salut actuelle, dite du Temps des nations et de Rome son centre. Ce que nous savons en toute certitude, et c'est le plus important, c'est que le Bon Dieu nous donnera la force, si nous le voulons, de tenir bon dans la Foi afin d'être sauvés, jusqu'à la fin ultime.
           
        Pour l'instant, je vis ma Foi pontificale avec les propos prononcés par Benoît XVI en toute claire conscience de ce qu'ils veulent dire, lors de sa démission en 2013. Ce sont en effet ces propos qui révèlent la vraie vocation de ses derniers jours pontificaux et dénoncent par le fait même la fake interview, la fake news du 27 février dernier : "Le «toujours» [de mon élection au Souverain Pontificat] est aussi un «pour toujours» ― il n’y a plus de retour dans le privé. Ma décision de renoncer à l’exercice actif du ministère, ne supprime pas cela. Je ne retourne pas à la vie privée, à une vie de voyages, de rencontres, de réceptions, de conférences, etc. Je n’abandonne pas la croix, mais je reste d’une façon nouvelle près du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Église, mais dans le service de la prière, je reste, pour ainsi dire, dans l’enceinte de saint Pierre" (dernière Audience générale de Benoît XVI, place saint Pierre à Rome, le mercredi 27 février 2013).
 
2/ Le récent voyage du pape François en Irak,
du 5 au 8 mars 2021.
           
        Nous sommes là, non plus avec le pape crucifié, mais avec le pape crucificateur de l'Église actuelle. François, en effet, crucifie profondément l'Épouse du Christ quand il ose dire que Abraham est le père des trois religions monothéistes. Cette affirmation est un blasphème affreux, un mensonge grossier et absolu, c'est plus qu'une hérésie, c'est une apostasie pure et simple de la Foi catholique, qui de plus, quand on est pape, crucifie mortellement en plein cœur l'Église.
           
        Abraham, ecclésialement, messianiquement et religieusement, n'est le père spirituel que de la SEULE religion monothéiste véritable parmi les trois en présence, à savoir celle catholique, qui professe, et la Divinité de Jésus-Christ le Messie de tous les hommes, et la Trinité des Personnes divines en l'Unicité intégrale de Dieu. Car c'est seulement ainsi, en professant ces deux dogmes, qu'on est un VRAI monothéiste. Or, le juif judaïque, non moins que le musulman, récusant ces deux dogmes, sont de faux monothéistes. Le vrai monothéisme inclut en effet formellement le dogme de la Trinité des Personnes en le Dieu Unique, inclut également l'Incarnation de la Deuxième Personne de la Sainte-Trinité ou Verbe de Dieu, en Jésus-Christ, Lequel, dans l'Évangile, révèle explicitement qu'il y a un Fils divin, Lui-même, un Père qui est aux Cieux, et un Esprit-Saint. La vérité, c'est qu'il ne peut pas exister de Dieu Un qui n'est pas en Trois Personnes en même temps. Un Dieu un sans être en trois personnes, que professent les juifs judaïques et les musulmans, est une absurdité métaphysique, un Dieu métaphysiquement inexistentiel, un pur néant (qu'hélas, Satan vient remplir).
           
        Ce n'est seulement que racialement, et non religieusement, qu'Abraham est père des juifs et des arabes, selon que la Genèse en fait certes le récit très-précis dans ses ch. XV à XVIII & XXI, en engendrant d'abord avec la servante Agar, Ismaël, le père des arabes, et en engendrant ensuite avec sa femme légitime Saraï, Israël, le père des juifs. Faire l'amalgame, comme n'ont pas honte de le faire les papes modernes vaticandeux, entre le racial et le religieux, est une erreur si grossière, qu'il faut vraiment être à notre temps tout donné à "la puissance des ténèbres" antéchristiques, pour qu'elle puisse faire figure de vérité, et ne pas crouler immédiatement sous le ridicule et les lazzis...
           
        De dire en effet qu'Abraham est le père de la religion juive judaïque actuelle, c'est-à-dire rejetant, et la Trinité divine, et la Divinité de Jésus-Christ, ainsi que le père de la religion musulmane, cet avatar de la religion juive judaïque qui rejette identiquement comme elle, et la Trinité divine, et la Divinité de Jésus-Christ, est, je le répète, un blasphème affreux, un mensonge hérétique et même apostat des plus grossiers, qu'il est pourtant tellement facile de voir et de dénoncer, ainsi que je vais le faire maintenant :
           
        a) Quant aux juifs de la religion juive judaïque, c'est-à-dire qui refusent Jésus-Christ comme Messie-Dieu de toute l'humanité et récusent le dogme de la Sainte-Trinité divine, c'est Jésus-Christ Lui-même, dans l'Évangile, qui rejette leur prétention d'être des fils d'Abraham :
           
        "Je sais que vous êtes fils d'Abraham ; mais vous cherchez à Me faire mourir, parce que Ma parole n'a pas prise sur vous.
           
        "Moi, Je dis ce que j'ai vu chez Mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez vu chez votre père.
           
        "Ils lui répondirent : Notre père, c'est Abraham. Jésus leur dit : Si vous êtes fils d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
           
        "Mais maintenant vous cherchez à Me faire mourir, Moi qui vous ai dit la vérité, que J'ai entendue de Dieu ; cela, Abraham ne l'a pas fait.
           
        "Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants de fornication; nous avons un seul père, Dieu.
             
        "Jésus leur dit donc : Si Dieu était votre père, vous M'aimeriez, car c'est de Dieu que Je suis sorti et que Je suis venu ; Je ne suis pas venu de Moi-même, mais c'est Lui qui M'a envoyé.
           
        "Pourquoi ne connaissez-vous pas Mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre Ma parole.
           
        "Vous avez le diable pour père, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et il n'est pas demeuré dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et père du mensonge" (Jn VIII, 37-44).
           
        ... Le pape François, mais avant lui les Pères de Vatican II dans Nostra Aetate, eux tous qui osent blasphématoirement réputer la filiation spirituelle abrahamique aux juifs judaïques, ne connaissent donc pas ce passage évangélique qui condamne in radice, à la racine, leur abominable apostasie...?
           
        Le commentaire de ce passage évangélique si révélateur est pourtant simple à faire : Jésus commence par reconnaître que les juifs qui Le refusent comme Messie, sont bien fils d'Abraham, c'est-à-dire racialement, et Jésus ne pouvait certes pas leur dénier cela, mais c'est pour mieux souligner ensuite qu'ils ne sont pas des fils spirituels d'Abraham, puisqu'ils ne Le reconnaissent pas comme Messie-Dieu, ce qui est contraire à la vertu d'Espérance messianique surnaturelle dans laquelle Abraham n'a cessé d'entretenir continuellement son âme durant toute sa vie, c'est là "l'œuvre d'Abraham" dont parle Jésus (Abraham en effet, s'il ne pouvait croire de Foi en Jésus-Christ, qui n'était pas né à son époque, y croyait cependant très-réellement par la vertu d'Espérance ordonnée à la Foi, ainsi que le révèle Jésus Lui-même : "Abraham, votre père, a tressailli de joie, désirant voir Mon jour ; il l'a vu, et il s'est réjoui" ― Jn VIII, 56). "Si vous êtes fils d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham", dit Jésus miséricordieusement aux juifs judaïques qu'Il avait en face de Lui, dont la principale œuvre est certes de croire au Messie Fils de Dieu qu'Il était en Personne. Mais refusant de faire cette oeuvre principale d'Abraham, les juifs judaïques ne sont donc pas les fils spirituels d'Abraham, leur religion qui rejette le Messie-Dieu Jésus-Christ n'est pas celle d'Abraham, comme le dit blasphématoirement le pape François. Jésus va plus loin, Il les anathématise en leur disant que puisqu'ils Le rejettent, non seulement ils n'ont plus Abraham pour père, ni non plus Dieu, mais c'est Satan qui est leur père. Car ils ont trahi ce que leur race abrahamique avait mission d'enfanter spirituellement : la religion véritable, fondée par Jésus-Christ.
           
        De la même et significative manière, on voit les juifs judaïques rejeter le dogme de la Trinité divine après avoir rejeté Jésus-Christ comme Messie-Dieu. C'est très-révélateur qu'à proportion même où ils rejettent Jésus-Christ comme Fils de Dieu, ils rejettent en effet également le dogme de la Trinité divine, ne voulant croire qu'à l'Unicité de Dieu... identiques en cela aux musulmans (et pour cause, puisque la religion mahométane n'est rien d'autre qu'un avatar abâtardi de la religion juive judaïque). La raison théologique en est simple : puisque les juifs judaïques refusent la Messianité de Jésus, messianité qui révèle qu'Il est le Fils de Dieu, c'est-à-dire une Personne divine distincte de Dieu son Père que Jésus invoque sans cesse dans l'Évangile, distincte également de l'Esprit de Dieu, autre entité divine elle aussi évangéliquement invoquée par Jésus-Christ, les trois Personnes formant la Très-Sainte Trinité, alors, ils ne pouvaient subséquemment que rejeter le dogme de la Très-Sainte Trinité divine.
           
        Il ne faudrait pas croire, cependant, à cause de la mauvaise foi des juifs judaïques, que la révélation de la Trinité des Personnes en un Dieu unique est inconnue des juifs antiques, ni non plus d'Abraham. Elle n'est refusée que par les mauvais juifs, mais il s'en faut de beaucoup que tous les juifs soient mauvais, il y a au contraire énormément de bons juifs, dans l'Antiquité, à croire déjà au dogme trinitaire et à la Divinité du Messie à paraître, ou du moins, à une croyance inchoative en ces deux dogmes, c'est-à-dire qui tend à professer cesdits dogmes mais dans une formulation théologique encore imparfaite. Mais commençons par le commencement. Dans le si bel épisode de Mambré, où l'on voit Abraham se mettre en quatre et même en huit, d'une manière émouvante si édifiante, pour bien recevoir les trois hôtes divins qui se présentent à la porte de sa tente, qu'il reconnaît tout-de-suite être Dieu et qu'il appelle indistinctement "Seigneur", il est révélé très-clairement à Abraham l'existence des Trois Personnes divines en Dieu (cf. Gn XVIII). La vraie religion juive issue d'Abraham, prédestinée à faire bon accueil à Jésus-Christ Fils de Dieu et Dieu Lui-même, professe en effet le dogme de la Trinité divine. Ce n'est qu'à partir du IIème siècle de notre ère chrétienne, que les juifs, devenus judaïques par leur rejet de Jésus-Christ et de sa Révélation qui incluait le dogme trinitaire divin, ne croiront plus à la Trinité divine ni non plus, bien sûr, à la Divinité du Messie...
           
        La notion de Parole ou Verbe de Dieu en tant qu'entité divine spécifique mais intégrée à la Divinité unique, était en effet parfaitement connue des vrais juifs de l'Antiquité, pieux et droits avec leur Foi, tels Nathanaël ou Nicodème, que Jésus était heureux de pouvoir honorer ("Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir", dira par exemple Jésus de Nathanaël en Jn I, 47). Je vais donner maintenant le lien d'un remarquable article de théologie, signé Maxime Georgel (et tant pis s'il a l'air d'être protestant), qui prouve magnifiquement tout ce que je viens de dire, à partir des textes juifs antiques (https://parlafoi.fr/2017/08/14/les-juifs-antiques-croyaient-ils-en-la-trinite/), et en citer de larges extraits (mais il faut absolument que le lecteur lise en entier tout l'article, qui n'est pas très-long), article tout-à-fait exceptionnel pour notre sujet, qui est de pourfendre radicalement la mauvaise foi des juifs judaïques béni-oui-oui par les papes modernes depuis le scandaleux décret Nostra Aetate de Vatican II.
           
        L'auteur commence par fort bien brosser la problématique, ainsi : "Il est vrai que la doctrine de la Trinité a été précisée et précisément définie uniquement par les chrétiens car ils ont reçu une révélation plus claire par l’Incarnation du Fils. Mais il est faux de penser que cette doctrine s’opposait aux attentes juives au sujet du Messie. Nous montrerons ainsi que ceux-ci attendaient un Messie qui est Dieu d’un côté, et de l’autre que ceux-ci croyaient en un Dieu multi-personnel".
           
        Et il poursuit : "Un aveu des spécialistes Juifs. ― Le Docteur Juif Benjamin Sommer, dans sa conférence au sujet des «corps de Dieu» affirme que les Juifs ont tort de se moquer des chrétiens trinitaires puisque cette doctrine tire son origine du judaïsme antique. Celui-ci donne des exemples de textes Juifs qui confessent un Dieu en trois personnes. Il admet même que lorsqu’il faisait ses recherches pour écrire son livre à ce sujet, il n’avait pas du tout pour but de prouver que les juifs étaient trinitaires mais c’est la conclusion auquel il dit être forcé par soucis d’honnêteté intellectuelle.
           
        "Nous présenterons donc ici des anciens textes juifs qui appuient les affirmations de ce docteur et invitons nos lecteurs à écouter sa conférence en entier.
           
        "Le Métatrôn ou Ange de l’Éternel.― Commençons donc par le Talmud Babylonien. Dans ce Talmud Babylonien 38b, en commentant Exode 24:1, le rabbin signale que quand Dieu dit «monte vers l’Éternel» (et non «monte vers moi»), il parle du Métatrôn et non de Lui-même. Le Métatrôn est un titre du messager le plus élevé de Dieu, celui que l’Ancien Testament appelle «Ange de l’Éternel». Ainsi, le rabbin attribue à ce Messager le nom YHWH, le Nom que Dieu a révélé à Moïse comme étant Son Nom propre.
           
        "Et nous ne devons pas nous tromper ici, ce n’est pas parce que le titre d’ange lui est donné qu’il est considéré comme un être créé. Le mot Mlak en hébreu que nous traduisons par Ange signifie simplement Messager ou Représentant. Ainsi quand Jacob envoie des messagers à son frères Esaü en Genèse 32:3, le mot hébreu utilisé est le pluriel de Mlak, le pluriel d’ange. C’est ainsi que le rabbin pouvait dire que le Messager de Dieu est YHWH, l’Éternel.
           
        "Le spécialiste Juif Nahum Sarna reconnait ainsi : il est clair que dans plusieurs textes, la distinction entre Dieu et son Ange s’estompe (Gen. 16:7-9, 11; 22:11-12, 15-18; Exod. 3:2, 4; Jug. 6:11-23). Lors de l’Exode hors d’Égypte, c’est tantôt Dieu (Exod. 13:21), tantôt son Ange (14:9) qui mène le camp des Israélites (Nahum Sarna, Genesis, The JPS Torah Commentary, page 383)".
           
        Ce qui signifie formellement que le juif antique perçoit deux Personnes divines en Dieu. Ici, il n'est pas inutile de noter que saint Hilaire de Poitiers (315-367) professe aussi exactement la même doctrine que nos bons juifs antiques, lorsqu'il considère l'Ange de l'Éternel dans l'Ancien-Testament comme étant le Verbe de Dieu Lui-même, la deuxième Personne de la Sainte-Trinité divine, c'est ce qu'il dit dans son Traité sur la Trinité. Mais continuons à lire la fort intéressante étude :
           
        "De même, le Targum juif parle d’une certaine entité appelée Memra (ou Parole) de Dieu qui est une personne distincte de Dieu, mais qui partage les attributs de Dieu. Ainsi le Targum, en expliquant de nombreux passages de la Bible qui décrivent une action de Dieu, dit que c’est en fait la Parole de Dieu qui est à l’oeuvre". Et de citer dans un tableau impressionnant, vingt occurrences bibliques qui le montrent, prises dans la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, les Juges, Josué et Isaïe. Puis, de continuer : "Ainsi, le Targum affirme que la Memra de Dieu crée l’homme, révèle les 10 commandements, sauve Israël, assiste Moïse, etc., lui attribuant ainsi des actions divines tout en la distinguant de YHWH. Il est clair aussi que la Parole de Dieu est une personne pour les Juifs antiques. L’Ange (ou la Parole) de Dieu sont ainsi, dans le Targum, ce qui permet d’être en relation avec Dieu".
           
        Les juifs antiques discernent aussi l'Esprit de Dieu, le Saint-Esprit, comme entité divine différente du Père créateur et de son Verbe :
           
        "Mais le Targum connait aussi une troisième entité, appelée Saint-Esprit, intercédant entre l’Éternel et Israël. Ainsi le Docteur Michael Brown dit : «Lamentations Rabbah 3:60,9 rapporte qu’après que l’empereur romain Hadrien ait exécuté deux Juifs, le Saint-Esprit se mit à crier Tu as vu, Ô Éternel, le mal qui m’est fait. Prends en main ma cause ! Tu vois leur vengeance, leurs complots contre moi. Voilà un exemple du Saint-Esprit intercédant. Selon Lévitique Rabbah 6:1, le Saint-Esprit est un conseiller-avocat qui parle de la part du Seigneur à Israël et de la part d’Israël au Seigneur… Dans toutes ces citations, qui peuvent être facilement multipliées (voyez par exemple, Genèse Rabbah 84:11 ; Cantique des cantiques Rabbah 8:16, Lamentations Rabbah 1:48), il est clair que le Saint-Esprit est considéré comme une personne, un qui et non un quoi, avec une dimension personnelle et non simplement un pouvoir impersonnel. Il est considéré comme Dieu Lui-même et toutefois comme une entité distincte de Dieu qui peut intercéder entre Dieu et l’homme» (Dr. Michael Brown, Answering Jewish Objections to Jesus, volume 2, Page 55-56).
           
        "Philon d’Alexandrie [-20-45], un juif Alexandrin [qui vit donc exactement au temps de Jésus-Christ], dit aussi, dans ses écrits, qu’il existe trois Figures Divines dans l’Ancien Testament qui font ce que Dieu seul fait. Il parle premièrement, comme le Targum, de la Parole : « … par la Parole, la cause de toutes choses, par qui tout a été créé» (Philon d’Alexandrie, Les sacrifices d’Abel et de Caïn, 8).
           
        "Il suggère aussi que le Messie, dont il est question en Zacharie, ne serait pas un simple homme, mais une personne divine : «… Voici, un homme dont le nom est Orient !» (Zacharie). Voilà une appellation nouvelle, si vous considérez que cela est dit d’un homme fait d’un corps et d’une âme; mais si vous considérez que cela concerne un être incorporel qui ne diffère en rien de l’Image Divine, vous reconnaitrez que le nom d’Orient fut donné à celui qui est bienheureux. Car le Père de l’univers l’a causé à apparaitre comme Fils Ainé, celui qu’il appelle ailleurs le Premier-né, qui, étant ainsi né, imitant les voies de son Père, a formé telle et telle espèce» (Philon d’Alexandrie, Sur la Confusion des Langues, 14.62-63). Il fait donc un lien entre les prophéties de Zacharie sur le Messie et la figure de l’Image, du Premier-né, du Fils, c’est-à-dire de la Parole.
           
        "Le spécialiste juif Alan F. Segal remarque au sujet de Philon : «Philon affirme que le logos (la Parole) était le partenaire de Dieu dans la création. Ainsi, il appelait le logos, le Commencement, le Seigneur des anges, et plus significativement, le Nom de Dieu. Puisqu’il voyait le logos comme une émanation de Dieu, il pouvait en parler comme de sa descendance, ou comme le premier-né de Dieu. Il était considéré comme immortel, un homme céleste, vrai père de l’humanité» (Alan F. Segal, Two Powers in Heaven, [Brill Academic, 2002], p. 173 quoting Leg. All. Iii, 96 ; Conf. 146; Agr. 51 ; Fug. 72, etc.).
           
        "Des rabbins du second siècle rapportent des croyances similaires venant de la période du Second Temple et de la période Tannaïtique.
           
        "De même, pour Philon, le Saint-Esprit est Divin (Sur les Géants, chapitre 11), il viendra demeurer dans des personnes pour les aider à faire la volonté de Dieu (Les Lois spéciales, I, 54), il sera répandu sur des personnes (Sur les Vertus, 39), il conduira les personnes à chercher Dieu et à l’adorer (Les Lois spéciales, I, 48).
           
        "Enfin, Philon rapporte, au sujet de Genèse 18:2 où l’Éternel apparait à Abraham et celui-ci en levant les yeux voit trois hommes, une tradition juive disant que ces trois sont Dieu. Il dit : «Il est raisonnable que l’un soit trois et que les trois soient un» (Philon d’Alexandrie, Sur Abraham, 199-122).
           
        "Le Messie s’appelle YHWH (l’Éternel)
           
        "Des spécialistes modernes Juifs comme Daniel Boyarin et Alan F. Segal ont prouvé dans leurs livres que les Juifs pré-Chrétiens et non-Chrétiens au début de l’ère chrétienne affirmaient que le Dieu unique était constitué de multiples personnes, rapporte Reformed Apologetics Ministries."Boyarin conclue au sujet des anciens Juifs : «(Ils) croyaient que Dieu avait un Adjoint ou Émissaire ou même un Fils divin, exalté au-dessus des anges, qui agissait comme intermédiaire entre Dieu et le monde dans la création, la révélation et la rédemption» (Daniel Boyarin, The Jewish Gospels, The New Press, 2012).
           
        "Les recherches d’Alan F. Segal, un Juif non-Chrétien, se résument ainsi : «Les anciens Israélites connaissaient deux YHWH – l’un invisible, un esprit, l’autre visible, souvent sous forme humaine. Parfois les deux YHWH apparaissent ensemble dans le texte, parfois ils sont distincts, parfois non. (…) Ils ne voyaient pas cela comme une violation du monothéisme car les deux étaient YHWH. Il n’y avait donc pas de second dieu distinct gérant le cosmos [comme dans le manichéisme]. Durant la période du Second Temple, les théologiens et écrivains juifs ont spéculé sur l’identité du second YHWH. (…) Ces spéculations n’étaient pas vues comme non-orthodoxes. Toutefois, les choses changèrent lorsque certains Juifs, les premiers Chrétiens, ont fait la connection entre Jésus et ce concept juif orthodoxe [de second YHWH]. Cela explique pourquoi ces Juifs, les premiers convertis à suivre Jésus le Christ, pouvaient adorer simultanément le Dieu d’Israel et Jésus tout en refusant de reconnaître un autre dieu. Jésus était le second YHWH, le YHWH incarné. En réponse à cela, comme le montre Segal, le judaïsme a rejeté comme hérésie l’idée des deux pouvoirs (célestes) au second siècle après Jésus-Christ» (Michael S. Heiser, Two Powers in Heaven).
           
        On voit donc ici à quel point sont coupables les juifs judaïques du temps de Jésus, qui oseront Le faire mourir sous le motif qu'Il s'était dit Dieu, ce qu'Il était réellement, puisque leur tradition doctrinale la plus pure professait que le Messie serait Dieu...
           
        "En appelant le Messie YHWH [donc, en l'identifiant formellement à Dieu], ils ne faisaient en fait que reprendre ce que les prophètes eux-mêmes avaient annoncé : «Je susciterai à David un germe juste ; il règnera en roi et prospérera, il pratiquera le droit et la justice dans le pays. En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure. Et voici le nom dont on l’appellera : YHWH notre Justice» (Jér. 23:5-6). Ce passage de Jérémie 23:6 n’est pas appliqué au Messie par les Chrétiens uniquement mais ce sont les Juifs eux-mêmes qui appliquaient ce verset au Messie : «Dieu appellera le Roi-Messie par son Nom, comme il est dit Voici le nom dont on l’appellera : Yahvé, notre Justice» (Midrash Rabba sur les Psaumes, chapitre 21). Et encore : «Quel est le nom du Roi-Messie ? Rabbi Abba Bar-Kahana a dit : YHWH est son Nom, ainsi qu’il est écrit : voici le Nom dont on l’appellera, YHWH, notre Justice» (Midrash Rabba sur les Lamentations, chapitre 1, verset 16). Cela est confirmé par le Talmud : «Concernant le Messie, voici le nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice» (Talmud de Babylone, Baba Bathra75b), ainsi que par le Midrashei Ge-oula : «Et le Messie fils de David s’assiéra dans la Yéchiva d’en haut, par le Saint, béni soit-Il, et il sera appelé YHWH, comme est d’habitude appelé son Possesseur (le possesseur du Nom), ainsi qu’il est écrit, et voici le Nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice» (Pirqei Mashiah, Midrashei Ge-oula.
           
        "Dans le Midrash des Psaumes, il est écrit que Dieu appelle le Messie de Son Nom, et quel est Son Nom ? La réponse donnée est : «YHWH, Homme de guerre» (Exode 15:3).
           
        "Le nom d’un individu fait référence à son identité-même, sa personne, son être. Dire que le Nom de Dieu est en quelqu’un ou que quelqu’un porte le Nom de Dieu, c’est dire qu’il est Dieu. C’est comme si un musulman disait que le Messie s’appelle Allah.
           
        "Ainsi, il est reconnu que les textes Juifs attribuaient le Nom de Dieu, et par cela l’identité de Dieu, au Messie.
           
        "Mais, là encore, laissons la parole à un rabbin très apprécié des prosélytes musulmans, Moïse Ben Maimoun, aussi appelé Maïmonide.
           
        "Maïmonide dit que le Nom YHWH est le seul qui fait explicitement référence à l’essence de Dieu, son Être-même, sa nature. Et ce nom est celui du Messie. Tous les autres noms ne sont que relatifs ou dérivés, c’est-à-dire lié à une action divine. Par conséquent, la manière la plus explicite de dire que le Messie est Dieu c’est de dire que son nom est YHWH. Même si l’on dit «le Messie est Dieu (Elohim)», cela est un nom dérivé, moins explicite que si l’on dit «le Messie est YHWH». Maïmonide rajoute : «En somme, ce qui fait que ce Nom a une si haute importance et qu’on se garde de le prononcer, c’est qu’il indique l’Essence-même de Dieu de sorte qu’aucun être créé ne participe à ce qu’il indique» (Maïmonide, Guide des égarés, chapitre 61).
           
        "Si aucun être créé ne participe à ce Nom et que le Messie le porte, permettez-nous de conclure que le Messie n’est pas créé. Encore une fois, le tétragramme [= YHWH] désigne exclusivement l’essence divine, les Juifs l’ont bien compris. Et les anciens textes Juifs donnent ce Nom au Messie, en accord avec le témoignage des prophètes.
           
        "Si personne, si ce n’est Dieu, ne peut être porteur de ce Nom et que le Messie le porte, cela ne nous laisse que peu d’options quant à l’identité du Messie.
           
        "Et pourtant le Messie s’appelle YHWH, toujours selon les rabbins. Il apparait alors clairement que pour ces rabbins le Messie n’est pas «quelque chose d’autre» que Dieu. Il est Dieu. C’est ainsi que le Rabbi Simeon Ben Jochai, en commentant le Zohar, dit : «Il existe un homme parfait, qui est un Messager. Ce Messager est le Metatrôn, le Gardien d’Israël ; Il est à l’Image du Saint, béni soit-Il, qui est une émanation de Lui. Oui, il est YHWH ; de lui on ne peut pas dire qu’il est créé, ni formé, ni fait ; mais il est une émanation de Dieu. Cela s’accorde avec ce qui est dit par Jérémie. (…) Il est YHWH notre Justice» (Jérémie 23:5-6)» (Rabbi Simeon ben Jochai. The Propositions of the Zohar, cap. 38, Amsterdam edition).
           
        L'auteur rapporte plusieurs autres témoignages des juifs anciens, prouvant que la doctrine de la Divinité du Messie était parfaitement connue des juifs anciens jusqu'à l'époque de Jésus, puis, il poursuit :
           
        "C’est dans ce contexte religieux que le Christianisme est apparu et c’est pour cela que les premiers chrétiens ont identifié Jésus comme étant ce deuxième qui est Yahweh (Jean 1:1-3, 10; Colossiens 1:15-17, Hébreux 1:8, 10-12).
           
        "Le spécialiste J. C. O’Neill écrit donc : «Il n’y a aucun doute quant au fait qu’il existait des Juifs avant Christ qui reconnaissaient que, bien que Dieu soit Un, il est aussi Trois» (J. C. O’Neill, Who Did Jesus Think He Was ?, Brill 1995, p. 94).
           
        "Conclusion
           
        "En regardant les sources juives ainsi que leurs analyses faites par des spécialistes et docteurs tant Juifs que Chrétiens, une conclusion s’impose : la notion d’un Dieu multi-personnel n’est pas une idée inventée par les chrétiens ni volée aux païens.
           
        "Comme nous l’avons dit, ce sont eux qui ont formulé précisément la doctrine trinitaire, mais ils ont derrière eux une longue tradition juive reconnaissant un Ange/Parole/Fils/Sagesse et un Esprit appelés, avec le Père, Yahweh, et accomplissant des œuvres divines. Leur relation avec le Père étant décrit comme “procédant de” Lui ou “émanant de” Lui. Ainsi, sans confesser explicitement la Trinité, ils allaient dans le sens de celle-ci, la formulaient comme en balbutiant.
           
        "Une formulation imprécise qui essaye de rendre cohérentes les données de l’Ancien Testament. L’éclairage du Nouveau Testament permettra aux Chrétiens de confesser avec une précision admirable ces vérités. Et c’est en réaction aux chrétiens que les Juifs [judaïques] ont changé leurs interprétations [à cause de leur haine de Jésus-Christ], progressivement, tout au long du Moyen-Âge, comme en témoignent les pères de l’Église comme Justin Martyr, contemporain des premiers changements d’interprétation".
           
        (fin de citation)
           
        On saisit mieux à présent, à quel point d'apostasie incroyable sont rendus les papes modernes depuis Vatican II, en prétendant que les juifs judaïques sont monothéistes, et donc eux aussi fils spirituels d'Abraham, puisque le VRAI monothéisme inclut obligatoirement le dogme trinitaire... au rapport même des juifs de l'Antiquité, desquels, très-mensongèrement, les juifs judaïques prétendent tenir leur doctrine d'un monothéisme non-trinitaire !
           
        Ainsi donc, pour conclure ce point de mon côté :
           
        Qu'il soit anathème, celui qui ose dire que la religion juive judaïque, non-Trinitaire et rejetant la doctrine du Messie-Dieu, est une religion monothéiste qui a Abraham pour père.
           
        b) Quant aux arabes professant la religion mahométane ou coranique. De la même manière et très-exactement pour la même raison que pour la religion juive judaïque, il est tout aussi réprouvé d'oser dire que le mahométisme ou coranisme, est une religion monothéiste qui a Abraham pour père. Le VRAI monothéisme incluant, comme on l'a vu, la croyance en la Trinité des Personnes divines dans l'Unité de Dieu ainsi que la croyance dans le Messie-Dieu, et le mahométisme rejetant ces deux dogmes, à la suite de la religion juive judaïque dont il n'est qu'un plagiat adapté à la race arabe, il ne peut donc pas plus, lui non plus, être un vrai monothéisme ayant Abraham pour père.
           
        Lorsque le décret vaticandeux Nostra Aetate ose appeler le dieu des musulmans, un Dieu "vivant et subsistant" (ce que j'ai vivement dénoncé dans mon susdit article sur Benoît XVI), c'est vraiment une abomination abominable. Le seul Dieu vivant et subsistant, c'est le Dieu Un en Trois Personnes, révélé par le Fils de Dieu Jésus-Christ lorsqu'Il vint habiter parmi nous (car ce sont les Trois Personnes divines qui, ensemble, créent familialement la Vie et la Subsistance éternelles dans le Dieu Un), et non pas un prétendu dieu un non-composé des trois personnes divines, cru et professé par les juifs judaïques et les musulmans à leur suite, et par-là même métaphysiquement inexistentiel puisqu'il n'est pas trinitaire.
           
        Ayant fait la démonstration théologique de ce point pour dénoncer dans mon précédent chapitre le faux monothéisme juif judaïque, qu'on retrouve identiquement dans le monothéisme coranique tout aussi faux et pour la même théologique raison, il n'est donc pas nécessaire de la refaire ici. La conclusion est identique : le mahométisme ou coranisme est un faux monothéisme, et c'est un vrai blasphème, dont se rend coupable le pape François, de le réputer vrai et bon, comme ayant soi-disant, lui aussi, comme le faux monothéisme juif judaïque, Abraham pour père.
           
        Je pourrai clore ici mon chapitre musulman. Il m'apparaît cependant utile, avant de le faire, de dénoncer la fausse idée suivante : on s'est habitué à penser que le mahométisme est une religion qui serait comme co-naturelle à la race arabe, qui lui irait soi-disant comme chaussure au pied. Quel mensonge ! Quelle fausseté ! L'arabe, comme tous les hommes nés sur cette terre, n'est-il pas créé lui aussi par le Verbe de Dieu issu de la Trinité divine, Père, Fils et Saint-Esprit ? Puisque "Toutes choses ont été faites par Lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans Lui" (Jn I, 3) ? Donc, aussi la race arabe ? Par conséquent, une seule religion lui est co-naturelle, comme d'ailleurs à tout homme naissant en ce monde, et c'est bien sûr la Religion... qui révèle le Verbe de Dieu incarné et la Trinité divine, à savoir celle catholique et elle seule. Une religion qui nie le Verbe de Dieu incarné en Jésus-Christ, qui nie la Trinité divine, ce qu'est le mahométisme, ne saurait donc pas plus lui aller, ni à son pied ni surtout à son âme immortelle, qu'à n'importe quel autre homme, de quelque race soit-il.
           
        C'est pourquoi il ne faut pas du tout s'étonner que les arabes, avant d'être subvertis par le coranisme, c'est-à-dire durant la très-longue période des six premiers siècles de notre ère chrétienne (pesons bien la durée, qui s'étale de la fin du Moyen-Âge jusqu'à notre époque...), étaient majoritairement... chrétiens. Il est d'ailleurs très-connu des historiens que les régions moyen-orientales peuplées en très-grandes majorité d'arabes étaient chrétiennes avant Mahomet. Ainsi, par exemple, à l'occasion du voyage du pape François en Irak, un savant, il y a quelques jours, a fait cette déclaration : "Dans un article paru sur YeniSafak.com (8 mars), le professeur Özcan Güngör de l'Université d'Ankara rappelle que les régions visitées par François étaient «politiquement dominées par le christianisme» avant l'arrivée de l'Islam" (https://gloria.tv/post/6vwRPZkKz3sc17bWaEaENScWq).
           
        L'abbé Rohrbacher, dans sa magistrale et très-édifiante Histoire universelle de l'Église catholique, paru au milieu du XIXème siècle, rappelle cette grande vérité historique "oubliée" des hommes, ce qui va nous faire voir la race arabe sous un tout autre jour que celui, religieusement dégradé et dégradant, sous lequel on voit les arabes habituellement...
           
        "... Souvent, on s'imagine, des livres même ne cessent de répéter que, dans les temps antérieurs à Mahomet, le christianisme n'avait pas pénétré parmi les Arabes, et que c'est Mahomet le premier qui les a tirés de l'idolâtrie. Au contraire, un siècle avant l'apparition de Mahomet, le christianisme domine parmi les Arabes de l'Yémen ou de l'Arabie-Heureuse [actuel Yémen], après y avoir produit une foule d'héroïques martyrs. On a même trouvé des poèmes et des chansons arabes, antérieurs à Mahomet, dans lesquels les poètes parlent de la croix, de la fête de Pâques, de la messe, de la communion de l'office pontifical, des monastères de vierges, tout comme les poètes d'Occident au Moyen-Âge. On y remarque même pour la femme cette vénération de la chevalerie chrétienne que Mahomet a remplacée par le mépris et la servitude. Les missionnaires feront bien de rappeler ou d'apprendre aux Arabes de nos jours, que leurs ancêtres de l'Yémen ou de l'Arabie-Heureuse, étaient d'illustres chrétiens catholiques, avant que Mahomet parût ; ils pourront même citer le poète arabe chrétien Akhtal" (Histoire universelle de l'Église catholique, t. 9, pp. 45-46).
           
        Alors, on pourrait se demander pourquoi la Foi de ces chrétiens arabes, et plus généralement moyen-orientaux, fut complètement subvertie au VIème par le coranisme, alors que la Foi refoula victorieusement, notamment avec la grande victoire de Charles Martel en 732, cette corruption coranique dans l'Occident ?
           
        La réponse à la question est assez simple : la Foi des orientaux en général, auxquels donc étaient intégrés les arabes chrétiens, était doctrinalement moins pure que celle des occidentaux, elle était teintée de mysticisme et avait versé notamment dans l'hérésie eutychienne ou monophysisme, ce qui la rendait très-vulnérable aux attaques de la doctrine du Coran. Le moine Eutychès (vers 375-vers 454) en effet, professait hérétiquement qu'il n'y avait qu'une seule nature dans le Christ, celle divine. On conçoit aisément que ce système théologique hérétique qui rejette la théandrie dans le Christ (= deux nature inconfusibles, celle de l'homme et celle de Dieu, dans une seule Personne, celle du Christ), avait des ponts, des points de passage, avec la doctrine musulmane sur la Divinité exclusivement Une, et qu'elle ait pu créer de fortes tentations chez ceux qui y adhéraient de rejeter également qu'il y ait plusieurs Personnes divines dans un Dieu unique : puisqu'il est impossible qu'il y ait plusieurs natures dans l'intégrité de la personne une du Christ, alors, cela ne doit pas être plus possible qu'il y ait plusieurs Personnes en Dieu, la Trinité des Personnes divines est fausse, il n'y a qu'un Dieu unique, ce que professaient les musulmans. Et c'est ainsi, entre autres, que le coranisme abattit la Foi chrétienne des orientaux devenue impure, et, parmi eux, celle des arabes. Seule, en effet, une Foi pure pouvait vaincre le coranisme.
           
        Rohrbacher a sur cela une fort belle page, dans son Histoire, etc. : "Dieu se servira de l'hérésie et de la puissance mahométane, pour punir les autres hérésies et puissances, en particulier celles de l'Orient, de l'abus de ses dons et de ses grâces. Pour réconcilier l'homme avec Dieu et les hommes entre eux, le Fils de Dieu se fait homme, expie en sa Personne toutes les inimitiés, et établit sur la terre une société spirituelle de foi, d'espérance et de charité, avec un chef visible qui le remplace, et auquel il donne le clefs du royaume des cieux. Pendant trois siècles, Rome idolâtre repousse par le fer et le feu l'empire de Dieu et de son Christ, pour se faire adorer elle-même avec ses idoles et ses empereurs : Rome idolâtre, avec ses empereurs et les idoles, sera punie et détruite par le fer et le feu des nations qu'elle était habituée à dominer et à séduire. Pendant trois siècles, les nouveaux rois de Perse, avec leurs mages, au lieu d'adorer dans sa gloire celui que des mages avaient adoré dans son berceau, persécutaient ses adorateurs pour leur faire adorer le feu et d'autres créatures : les rois de Perse et leurs mages seront exterminés par le fer et le feu des Arabes. Pendant trois siècles, les empereurs de Constantinople et les chrétiens de l'Orient, au lieu de professer avec amour la Divinité du Christ et l'unité de son Église, sont presque toujours à attaquer l'une et à déchirer l'autre par des hérésies et des schismes sans cesse renaissants. (...) Les empereurs de Constantinople et les chrétiens de l'Orient seront punis par leurs schismes et leurs hérésies devenues homme et empire dans la personne de Mahomet ; car, dans le fond, le mahométisme consiste à nier la divinité du Christ et à reconnaître au glaive la suprématie de la doctrine" (t. X, p. 4).
           
        Mais j'en reviens, pour finir, au sujet propre de ce chapitre musulman, et le conclue de la même manière que le précédent consacré au juifs judaïques :
           
        Qu'il soit anathème, celui qui ose dire que la religion mahométane ou coranique, non-Trinitaire et rejetant la doctrine du Messie-Dieu, est une religion monothéiste qui a Abraham pour père.
           
        ... Abraham, père des trois religions monothéistes ? Quel blasphème, quel scandale, de voir les papes modernes oser soutenir cela !! Car il n'y en a qu'une seule parmi les trois qui est véritablement monothéiste, c'est celle catholique, celle qui professe le dogme trinitaire. Le vrai monothéiste est trinitaire.
           
        Il ne faut pas être surpris du dogme trinitaire, qui révèle un Dieu-Famille. Ne sommes-nous pas, nous les êtres humains, faits à l'image de Dieu ? Or, si nous nous regardons dans le miroir de notre vie, nous voyons bien que nous-mêmes, chacun d'entre nous, nous sommes... Un et Trois, à l'image du Dieu véritable. En effet, alors que nous ne sommes qu'une personne une, cependant nous avons deux noms, le prénom et le nom, pour nous identifier... pourquoi donc cela, si nous n'étions vraiment qu'un, comme veulent le croire les faux monothéistes judaïques et mahométans à propos de Dieu ? Tout simplement parce que notre prénom est en relation avec ce qui est "un" en nous, notre individualité spécifique, et notre nom, à juste titre appelé "de famille", est en relation avec ce qui est "trois" en nous, c'est-à-dire avec la substance familiale, père, mère, enfant(s), dont nous sommes composés, à égalité et avec ce qui fait que nous sommes "un". Or, l'un sans l'autre, ou l'autre sans l'un, ne peut pas exister métaphysiquement. Je m'appelle Vincent Morlier. Si je disais que je m'appelle seulement "Vincent", cela ne suffit pas à m'identifier, il y a bien d'autres "Vincent" dans d'autres familles, mais ce n'est pas moi ; de même, si je dis que je m'appelle "Morlier", cela ne suffit pas plus à m'identifier, les autres membres de ma famille s'appelant eux aussi "Morlier" ; par rapport à ma propre famille, je suis le seul à m'appeler "Vincent Morlier" (pour simplifier ma démonstration, je fais abstraction des homonymes qui existent dans d'autres familles)... je suis donc "un", et cependant ce qui spécifie ce "un", c'est aussi le "trois".
           
        Cela n'est qu'une parabole, une analogie imparfaite bien sûr, avec la Trinité divine (ne serait-ce que parce que les différentes personnes composant une famille humaine ne sont pas de même substance, consubstantielles entre elles, comme les Personnes divines le sont quant à Elles !), mais elle permet de bien comprendre que de voir Trois Personnes dans l'Unité d'un seul Dieu, n'est pas du tout aussi anti-naturel qu'une vue grossière, barbare et primaire, de la question voudrait le croire, cela révèle tout au contraire la vraie et profonde nature métaphysique des choses, de laquelle, pour leur malheur, se sont coupés, et les juifs judaïques, et les musulmans...
 
        3/ La dernière Lettre apostolique du pape François,
sur saint Joseph, Patris corde.
           
        Elle est... magnifique, d'une très-grande et surtout très-catholique spiritualité !
           
        Chronologiquement, j'aurais certes dû commencer par cette Lettre apostolique du 8 décembre de l'année dernière 2020, mais je ne l'ai lue qu'il y a seulement quelques jours, le 1er mars, pour commencer mon mois de saint Joseph. Et puis, j'ai préféré terminer avec elle pour une autre raison : elle va me permettre de finir, pour une fois, mon article par un happy end...! La spiritualité de cette Lettre est en effet de toute beauté.
           
        ... N'est-ce pas surprenant ?! Il en est pourtant bien ainsi, il n'est que de lire cette Lettre apostolique. Ce qui montre bien que les papes antéchristisés de la période moderneles pires, ceux issus de Vatican II, ne sont pas encore, quant à eux, l'Antéchrist-personne lui-même, c'est-à-dire le fameux "Agneau à la voix de dragon" annoncé par saint Jean dans l'Apocalypse, comme certains extrémistes brouillons-pressés, sédévacantistes, voudraient le croire. Parfois, donc, ces papes antéchristisés mais inconscients de l'être et sans mauvaise intention de leur part, et cependant qui amèneront inéluctablement l'Antéchrist-personne sur le Siège de Pierre, regardent, dans leur fonction pontificale, "l'Agneau", c'est-à-dire le Christ, par exemple dans cette remarquable Lettre apostolique sur saint Joseph, quand trop souvent hélas et bien plus souvent, ils regardent le "dragon", c'est-à-dire Satan et l'Antéchrist, par exemple en osant professer que Abraham est le père des trois religions monothéistes.
           
        Pour ne tomber dans aucun extrémisme qui, volontiers, ferait anathématiser François, à la manière des sédévacantistes qui font du "libre-examen" luthérien de la Légitimité pontificale (... n'aboutissant qu'à s'excommunier eux-mêmes de l'Église, de leurs propres mains, mais pas le pape moderne qu'ils prétendent excommunier...), il importe, ce que je me propose de faire maintenant, de donner une présentation honnête de l'entière situation pontificale actuelle, qui voit certes un renversant et incroyable mélange entre "l'Agneau" et "le dragon", et, simplement, en toute humilité, reproduire le bon dans ces papes antéchristisés, quand on l'y trouve, après y avoir dûment dénoncé le mauvais. Je vais donc à présent citer de larges extraits de cette belle et bonne Lettre apostolique du pape François sur saint Joseph, Patris Corde, qu'on trouvera sur le site du Vatican au lien suivant : http://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_letters/documents/papa-francesco-lettera-ap_20201208_patris-corde.htm.
           
        Après avoir dit que cette Lettre apostolique est écrite à l'occasion du 150ème anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme Patron de l'Église Universelle, le pape François pose l'idée principale qui sous-tend tout son hommage à saint Joseph, à savoir : c'est avec un cœur de père (patris corde) que Joseph a aimé Jésus.
           
        Il poursuit en précisant que Jésus était bien sous l'appartenance légale de Joseph, car Joseph lui avait donné son nom, Jésus : "Comme on le sait, donner un nom à une personne ou à une chose signifiait, chez les peuples antiques, en obtenir l’appartenance, comme l’avait fait Adam dans le récit de la Genèse (cf. II, 19-20) ; Joseph eut le courage d’assumer la paternité légale de Jésus".
           
        Après avoir brossé rapidement ce qu'on sait par les Évangiles de la vie de Joseph s'occupant activement de Marie et de Jésus pour leur donner une assise matérielle et un nid familial viable, le pape fait remarquer : "Après Marie, Mère de Dieu, aucun saint n’a occupé autant de place dans le Magistère pontifical que Joseph, son époux".
           
        Évoquant, dans cette introduction, les "héros discrets" de la crise du Covid, il leur donne en modèle saint Joseph : "Nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés. Saint Joseph nous rappelle que tous ceux qui, apparemment, sont cachés ou en «deuxième ligne», jouent un rôle inégalé dans l’histoire du salut".
           
        Puis, après ces propos introductifs, le pape nous propose une méditation en sept points sur saint Joseph, dont je vais tirer les phrases les plus belles, en vrac, telles quelles, sans souci d'ordonnance :
           
        1./ Joseph aimé.
           
        "La grandeur de saint Joseph consiste dans le fait qu’il a été l’époux de Marie et le père adoptif de Jésus. Comme tel, il «se mit au service de tout le dessein salvifique», comme l’affirme saint Jean Chrysostome".
           
        "En raison de son rôle dans l’histoire du salut, saint Joseph est un père qui a toujours été aimé par le peuple chrétien. De nombreux saints et saintes ont été ses dévots passionnés, parmi lesquels Thérèse d’Avila. Dans tout manuel de prière, on trouve des oraisons à saint Joseph. Des invocations particulières lui sont adressées tous les mercredis, et spécialement durant le mois de mars qui lui est traditionnellement dédié. (...) La confiance du peuple en saint Joseph est résumée dans l’expression "Ite ad Joseph" qui fait référence au temps de la famine en Égypte quand les gens demandaient du pain au pharaon, et il répondait : «Allez trouver Joseph, et faites ce qu’il vous dira» (Gn XLI, 55).
           
        2./ Père dans la tendresse.
           
        "Joseph a vu Jésus grandir jour après jour «en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes» (Lc II, 52). Tout comme le Seigneur avait fait avec Israël, «il lui a appris à marcher, en le tenant par la main : il était pour lui comme un père qui soulève un nourrisson tout contre sa joue, il se penchait vers lui pour lui donner à manger» (cf. Os XI, 3-4). Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu : «Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint» (Ps CIII, 13).
           
        "L’histoire du salut s’accomplit en «espérant contre toute espérance» (Rm IV, 18), à travers nos faiblesses. Nous pensons trop souvent que Dieu ne s’appuie que sur notre côté bon et gagnant, alors qu’en réalité la plus grande partie de ses desseins se réalise à travers et en dépit de notre faiblesse. Si telle est la perspective de l’économie du salut, alors nous devons apprendre à accueillir notre faiblesse avec une profonde tendresse. Le Malin nous pousse à regarder notre fragilité avec un jugement négatif. Au contraire, l’Esprit la met en lumière avec tendresse. La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous. Seule la tendresse nous sauvera de l’œuvre de l’Accusateur (cf. Ap XII, 10). C’est pourquoi il est important de rencontrer la Miséricorde de Dieu, notamment dans le Sacrement de la Réconciliation, en faisant une expérience de vérité et de tendresse. Paradoxalement, le Malin aussi peut nous dire la vérité. Mais s’il le fait, c’est pour nous condamner. Nous savons cependant que la Vérité qui vient de Dieu ne nous condamne pas, mais qu’elle nous accueille, nous embrasse, nous soutient, nous pardonne. La Vérité se présente toujours à nous comme le Père miséricordieux de la parabole (cf. Lc XV, 11-32) : elle vient à notre rencontre, nous redonne la dignité, nous remet debout, fait la fête pour nous parce que «mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé»".
           
        3./ Père dans l'obéissance.
           
        "Dieu a aussi révélé à Joseph ses desseins par des songes.
           
        "Dans le premier songe, l’ange l’aide à résoudre son dilemme : «Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse». Sa réponse est immédiate : «Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit» (Mt I, 24). Grâce à l’obéissance, il surmonte son drame et il sauve Marie.
           
        "Dans le deuxième songe, l’ange demande à Joseph : «Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr» (MtII, 13). Joseph n’hésite pas à obéir, sans se poser de questions concernant les difficultés qu’il devra rencontrer : «Il se leva dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode» (Mt II, 14-15). En Égypte, Joseph, avec confiance et patience, attend l’avis promis par l’ange pour retourner dans son Pays.
           
        "Le messager divin, dans un troisième songe, juste après l’avoir informé que ceux qui cherchaient à tuer l’enfant sont morts, lui ordonne de se lever, de prendre avec lui l’enfant et sa mère et de retourner en terre d’Israël (cf. Mt II, 19-20). Il obéit une fois encore sans hésiter : «Il se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël» (Mt II, 21).
           
        "Mais durant le voyage de retour, «apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, – et c’est la quatrième fois que cela arrive – il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth» (Mt II, 22-23).
           
        "Dans chaque circonstance de sa vie, Joseph a su prononcer son «fiat», tout comme Marie à l’Annonciation, et comme Jésus à Gethsémani.
           
        "Dans la vie cachée de Nazareth, Jésus a appris à faire la volonté du Père à l’école de Joseph. Cette volonté est devenue sa nourriture quotidienne (cf. Jn IV, 34)".
           
        4./ Père dans l'accueil.
           
        "Joseph accueille Marie sans fixer de conditions préalables. Il se fie aux paroles de l’Ange.
           
        "La vie spirituelle que Joseph nous montre n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille. C’est seulement à partir de cet accueil, de cette réconciliation, qu’on peut aussi entrevoir une histoire plus grande, un sens plus profond. Semblent résonner les ardentes paroles de Job qui, à l’invitation de sa femme à se révolter pour tout le mal qui lui arrive, répond : «Si nous accueillons le bonheur comme venant de Dieu, comment ne pas accueillir de même le malheur» (Jb II, 10).
           
        "Joseph n’est pas un homme passivement résigné. Il est fortement et courageusement engagé. L’accueil est un moyen par lequel le don de force qui nous vient du Saint Esprit se manifeste dans notre vie. Seul le Seigneur peut nous donner la force d’accueillir la vie telle qu’elle est, de faire aussi place à cette partie contradictoire, inattendue, décevante, de l’existence. La venue de Jésus parmi nous est un don du Père pour que chacun se réconcilie avec la chair de sa propre histoire, même quand il ne la comprend pas complètement. Dieu peut faire germer des fleurs dans les rochers. Même si notre cœur nous accuse, Il «est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses» (1 Jn III, 20).
           
        "Loin de nous, alors, de penser que croire signifie trouver des solutions consolatrices faciles. La foi que nous a enseignée le Christ est, au contraire, celle que nous voyons en saint Joseph qui ne cherche pas de raccourcis mais qui affronte «les yeux ouverts» ce qui lui arrive en en assumant personnellement la responsabilité.
           
        5./ Père au courage créatif.
           
        "Bien des fois, en lisant les «Évangiles de l’enfance», on se demande pourquoi Dieu n’est pas intervenu de manière directe et claire. Mais Dieu intervient à travers des évènements et des personnes. Joseph est l’homme par qui Dieu prend soin des commencements de l’histoire de la Rédemption. Il est le vrai «miracle» par lequel Dieu sauve l’Enfant et sa mère. Le Ciel intervient en faisant confiance au courage créatif de cet homme qui, arrivant à Bethléem et ne trouvant pas un logement où Marie pourra accoucher, aménage une étable et l’arrange afin qu’elle devienne, autant que possible, un lieu accueillant pour le Fils de Dieu qui vient au monde (cf. Lc II, 6-7). Devant le danger imminent d’Hérode qui veut tuer l’Enfant, Joseph est alerté, une fois encore en rêve, pour le défendre, et il organise la fuite en Égypte au cœur de la nuit (cf. Mt II, 13-14).
           
        "La «bonne nouvelle» de l’Évangile est de montrer comment, malgré l’arrogance et la violence des dominateurs terrestres, Dieu trouve toujours un moyen pour réaliser son plan de salut. L’Évangile nous dit que, ce qui compte, Dieu réussit toujours à le sauver à condition que nous ayons le courage créatif du charpentier de Nazareth qui sait transformer un problème en opportunité, faisant toujours confiance à la Providence.
           
        "Il s’agit du même courage créatif démontré par les amis du paralytique qui le descendent par le toit pour le présenter à Jésus (cf. Lc V, 17-26). La difficulté n’a pas arrêté l’audace et l’obstination de ses amis : ils enlèvent les tuiles et le descendent sur sa civière juste devant Jésus.
           
        "À la fin de chaque événement qui voit Joseph comme protagoniste, l’Évangile note qu’il se lève, prend avec lui l’Enfant et sa mère, et fait ce que Dieu lui a ordonné (cf. Mt I, 24 ; II, 14.21). Jésus et Marie sa Mère sont, en effet, le trésor le plus précieux de notre Foi. On ne peut pas séparer, dans le plan du salut, le Fils de la Mère.
           
        "Nous devons toujours nous demander si nous défendons de toutes nos forces Jésus et Marie qui sont mystérieusement confiés à notre responsabilité, à notre soin, à notre garde. Le Fils du Tout-Puissant vient dans le monde en assumant une condition de grande faiblesse. Il se fait dépendant de Joseph pour être défendu, protégé, soigné, élevé. Dieu fait confiance à cet homme, comme le fait Marie qui trouve en Joseph celui qui, non seulement veut lui sauver la vie, mais qui s’occupera toujours d’elle et de l’Enfant. En ce sens, Joseph ne peut pas ne pas être le Gardien de l’Église, parce que l’Église est le prolongement du Corps du Christ dans l’histoire, et en même temps dans la maternité de l’Église est esquissée la maternité de Marie. Joseph, en continuant de protéger l’Église, continue de protéger l’Enfant et sa mère, et nous aussi en aimant l’Église nous continuons d’aimer l’Enfant et sa mère.
           
        "Cet Enfant est celui qui dira : «Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt XXV, 40). Ainsi chaque nécessiteux, chaque pauvre, chaque souffrant, chaque moribond, chaque étranger, chaque prisonnier, chaque malade, est «l’Enfant» que Joseph continue de défendre. C’est pourquoi saint Joseph est invoqué comme protecteur des miséreux, des nécessiteux, des exilés, des affligés, des pauvres, des moribonds. Nous devons apprendre de Joseph le même soin et la même responsabilité : aimer l’Enfant et sa mère ; aimer les Sacrements et la charité ; aimer l’Église et les pauvres. Chacune de ces réalités est toujours l’Enfant et sa mère.
           
        6./ Père travailleur.
           
        "Saint Joseph était un charpentier qui a travaillé honnêtement pour garantir la subsistance de sa famille. Jésus a appris de lui la valeur, la dignité et la joie de ce que signifie manger le pain, fruit de son travail.
           
        "Le travail de saint Joseph nous rappelle que Dieu lui-même fait homme n’a pas dédaigné de travailler.
           
        7./ Père dans l'ombre.
           
        "L’écrivain polonais Jan Dobraczyński, dans son livre L’ombre du Père, a raconté la vie de saint Joseph sous forme de roman. Avec l’image suggestive de l’ombre, il définit la figure de Joseph qui est pour Jésus l’ombre sur la terre du Père Céleste. Il le garde, le protège, ne se détache jamais de lui pour suivre ses pas. Pensons à ce que Moïse rappelle à Israël : «Tu l’as vu aussi au désert : Yahvé ton Dieu te soutenait comme un homme soutient son fils» (Dt I, 31). C’est ainsi que Joseph a exercé la paternité pendant toute sa vie.
           
        "La logique de l’amour est toujours une logique de liberté, et Joseph a su aimer de manière extraordinairement libre. Il ne s’est jamais mis au centre. Il a su se décentrer, mettre au centre de sa vie Marie et Jésus. Le bonheur de Joseph n’est pas dans la logique du sacrifice de soi, mais du don de soi. On ne perçoit jamais en cet homme de la frustration, mais seulement de la confiance. Son silence persistant ne contient pas de plaintes mais toujours des gestes concrets de confiance.
           
        "Le but de cette Lettre Apostolique est de faire grandir l’amour envers ce grand saint, pour être poussés à implorer son intercession et pour imiter ses vertus et son élan. Saint Paul a explicitement exhorté : «Montrez-vous mes imitateurs» (1 Co IV, 16). Saint Joseph le dit à travers son silence éloquent. Il ne reste qu’à implorer de saint Joseph la grâce des grâces : notre conversion.
           
        "Donné à Rome, Saint Jean de Latran, le 8 décembre, Solennité de l’Immaculée Conception de la B.V. Marie, de l’année 2020, la huitième de mon Pontificat.
 
François
           
        Et le pape François de terminer sa Lettre apostolique, par une note 10 où il dit :
           
        "Tous les jours, depuis plus de quarante ans, après les Laudes, je récite une prière à saint Joseph tirée d’un livre français de dévotions des années 1800, de la Congrégation des Religieuses de Jésus et Marie, qui exprime dévotion, confiance et un certain défi à saint Joseph : «Glorieux Patriarche saint Joseph dont la puissance sait rendre possibles les choses impossibles, viens à mon aide en ces moments d’angoisse et de difficulté. Prends sous ta protection les situations si graves et difficiles que je te recommande, afin qu'elles aient une heureuse issue. Mon bien-aimé Père, toute ma confiance est en toi. Qu'il ne soit pas dit que je t’ai invoqué en vain, et puisque tu peux tout auprès de Jésus et de Marie, montre-moi que ta bonté est aussi grande que ton pouvoir. Amen».  
           
        Il faut avouer que devant une spiritualité aussi belle et forte, on croit franchement rêver... C'est bien le premier document magistériel du pape François qui est... catholique ! Et qui contredit totalement son positionnement pro-mondialiste et syncrétiste religieux ! Comment, par exemple, ne voit-il pas que la magnifique phrase qu'il a dite "Nous devons toujours nous demander si nous défendons de toutes nos forces Jésus et Marie qui sont mystérieusement confiés à notre responsabilité, à notre soin, à notre garde" condamne de plein fouet le fait de réputer bons les monothéismes juif judaïque et musulman, qui sont des atteintes mortelles directes à Jésus et Marie...?!?
           
        Ô prodige d'aveuglement !!! Ô mysterium iniquitatis !!!
           
        Voilà. Pour l'instant, nous avons des papes antéchristisés mais qui ne le sont pas à fond, formellement, ils ne le sont que matériellement. Néanmoins, leur péché antéchristique promouvant une nouvelle tour de Babel, péché qui remonte au concordat napoléonien et qui, tel le furet du bois-vilain, passe par Vatican II, va faire advenir sur le Siège de Pierre l'Antéchrist-personne, comme je l'ai exprimé dans mon précédent article du 1er janvier.
           
        Jusques à quand le péché pontifical suprême sera-t-il seulement matériel ? Jusqu'à ce qu'advienne l'Adversaire sur le Siège de Pierre. Il transformera alors le péché matériel pontifical-ecclésial en péché formel.
           
        Et c'est à partir du Siège de Pierre qu'il le fera. Légitimement. Tel un Caïphe deuxième du nom imitant celui de l'Antiquité, qui, légitimement lui aussi, en tant que dernier Grand-Pontife de l'économie de salut synagogale-mosaïque, anathématisa solennellement Jésus-Christ dans la nuit fatidique du Jeudi-Saint. Caïphe II-l'Antéchrist sera le tout dernier pape de l'Église dans son économie de salut actuelle du Temps des nations et de Rome son centre, appelée, à l'instar de l'antique économie de salut mosaïque-synagogale, à disparaître, elle aussi, pour laisser place aux Mille ans qu'instaurera le Christ en Gloire, après la chute de l'Antéchrist-personne.
           
        ... Saint Joseph, Patron de l'Église Universelle, priez pour l'Église et pour nous !
 
En la fête de saint Joseph,
ce 19 mars 2021,
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
 
 
19-03-2021 15:03:00
 

De très-excellentes réflexions de Mgr Williamson mélangées à de moins bonnes... ― Essai sur le péché matériel de l'Église moderne

 
 
 
De très-excellentes réflexions de Mgr Williamson
mélangées à de moins bonnes...
― Essai sur le péché matériel de l'Église moderne
 
 
 
Preambulum
           
        L'article de Mgr Richard Williamson qui m'inspire ce nouvel article de mon Blog n'est pas vraiment d'hier, il date de huit ans bien tassés (17 novembre 2012). Lorsque je l'ai lu à l'époque, j'ai été très-impressionné par sa clairvoyance mais également fort déçu par certains aspects de ce qu'exposait Mgr Williamson, au point de lui envoyer une lettre, que j'ai retrouvée tout-à-fait fortuitement les jours derniers dans mes archives, elle est datée du 7 décembre de la même année, 2012.
           
        Dans son article en effet, loin de tout obscurantisme aliénant et de tout sectarisme complotiste ou autre, l'évêque traditionaliste donnait un grand éclairage sur les causes morales profondes et vraies de "la crise de l'Église", éclairage qu'il était fort nécessaire, cependant, et ce fut tout l'objet de ma lettre, de bien recentrer sur "LA PASSION DE L'ÉGLISE", dont Mgr Williamson ne prend pas conscience, pas plus, semble-t-il, aujourd'hui qu'il y a huit ans (très-probablement à cause de la déviance doctrinale lefébvriste dont il est tout pénétré dans son analyse de "la crise de l'Église"), recentrage qui, cependant, seul, donne le fin mot de l'histoire et de l'affaire, en révélant le mystère de la co-Rédemption qu'est en train de vivre (et de mourir) l'Épouse-Église aujourd'hui, à l'instar du mystère de la Rédemption vécu il y a 2 000 ans par l'Époux des âmes, Notre-Seigneur Jésus-Christ. 
           
        Je crois intéressant et édifiant pour la Foi, de porter aujourd'hui le tout à l'attention de mes lecteurs. Je vais donc commencer par reproduire l'article de l'évêque traditionaliste (cf. https://stmarcelinitiative.com/problxe8meprofond/?lang=fr), puis, ensuite, je vais mettre la lettre que je lui avais adressée à l'époque, après avoir lu son article (... à laquelle lettre, et je n'en fus point surpris c'est le contraire qui m'aurait surpris, l'évêque traditionaliste ne fit aucune réponse... ― Je me rends hélas compte que mon travail prophétique en Église depuis de très-nombreuses années maintenant, a aussi le rôle, que j'ai été fort éloigné de désirer au départ, de témoigner devant le Trône de Dieu, pour mémoire de gloire et d'opprobres, que les mouvances ecclésiales actuelles, quelles qu'elles soient et malheureusement sans aucune exception, des tradis de toute espèce aux modernes les plus divers, sont toutes bêtabloquées, clivées, cadenassées, rivées, dans leurs positionnements idéologiques hétérodoxes quant à "la crise de l'Église", sans jamais vouloir, même le plus petitement du monde, remettre en cause leurs pires et plus évidentes déviances doctrinales et faussetés...).
           
        Mais voici, pour commencer, l'article de Mgr Williamson : 
 
 
"Problème Profond
"(17 novembre 2012)
"Les problèmes de la Néo-Église datent du Moyen Âge ;
"Vatican II était simplement la fin d’un long processus.
           
        "Beaucoup de catholiques ne saisissent pas toute la profondeur du problème posé par le Concile révolutionnaire de Vatican II (1962-1965). S’ils connaissaient mieux l’histoire de l’Église, ils pourraient être moins tentés soit par le libéralisme, qui leur fait penser que le Concile n’était pas si mauvais qu’on le dit, soit par le "sédévacantisme", qui leur fait penser que les autorités de l’Église ne sont plus ses autorités. À propos, Notre Seigneur a-t-il mis en question l’autorité religieuse de Caïphe, ou l’autorité civile de Ponce Pilate ?
           
        "Le problème est profond parce qu’il est enterré sous plusieurs siècles d’histoire de l’Église. Lorsqu’au début du 15me siècle St Vincent Ferrer (1357-1419) prêcha dans toute l’Europe que la fin du monde était proche, nous savons aujourd’hui qu’il s’est trompé de plus de 600 ans. Et pourtant Dieu a confirmé sa prédication en lui donnant d’opérer des milliers de miracles et des milliers et des milliers de conversions. Dieu confirmait-il par là l’erreur ? Le Ciel nous en préserve ! La vérité, c’est que le Saint pressentait correctement que la décadence de la fin du Moyen-Âge impliquait la corruption explicite et quasi-totale de notre propre époque, répétition générale de la corruption totale de la fin du monde.
           
        "Seulement il a fallu du temps, le temps de Dieu, plusieurs siècles, pour que cette corruption implicite devînt explicite, parce que régulièrement Dieu a choisi de susciter des saints qui ralentissent la glissade en bas, telle cette gerbe de Saints célèbres qui ont mené à fin la Contre-Réforme du 16me siècle. Néanmoins Dieu n’enlève pas aux hommes leur libre-arbitre, en sorte que s’ils ne choisissaient pas de rester sur les hauteurs du Moyen-Âge, il ne les y obligerait pas. Au contraire il permettrait à son Église, au moins dans une certaine mesure, de s’adapter aux temps, parce que celle-ci existe pour sauver non pas les gloires du passé mais les âmes du présent.
           
        "Cela peut s’illustrer par deux exemples : d’abord la théologie Moliniste, rendue virtuellement nécessaire par Luther et Calvin pour assurer la défense du libre-arbitre, et ensuite le Concordat de 1801, rendu nécessaire par l’État Révolutionnaire pour permettre à l’Église en France de fonctionner en public. Or le Molinisme comme le Concordat furent des compromis avec le monde de leur temps, mais les deux rendirent possible le salut de beaucoup d’âmes, et l’Église empêcha que ne fussent minés les principes qui devaient absolument rester saufs, à savoir Dieu comme Acte Pur et le Christ comme Roi de la Société respectivement. Néanmoins les deux compromis permirent une certaine humanisation de l’Église divine, et les deux contribuèrent à la sécularisation lente de la chrétienté. Car les compromis ont obligatoirement des conséquences.
           
        "C’est ainsi que si ce processus lent d’humanisation et de sécularisation devait trop corrompre ce monde d’où les hommes et les femmes sont appelés pour servir Dieu dans son Église, comment pourraient-ils entrer à son service sans une forte dose de libéralisme radioactif dans le sang, laquelle exigerait un antidote vigoureux dans leur formation religieuse ? En effet, ne partageraient-ils pas tout naturellement la conviction instinctive de presque tous leurs contemporains que les principes et idéaux du monde révolutionnaire d’où ils venaient étaient normaux, alors que leur formation religieuse opposée à ce monde était aussi pieuse qu’on voulait, mais radicalement anormale? De tels hommes et femmes seraient pour l’Église un désastre en puissance. Éh bien, ce désastre se fit actuel en plein 20me siècle, lorsqu’une grande partie des deux mille évêques du monde se réjouit au lieu de se révolter quand Jean XXIII fit comprendre au Concile qu’il abandonnait l’Église anti-moderne.
           
        "Que personne donc qui veut sauver son âme ne suive ni ces prélats ni leurs successeurs, mais en même temps que personne n’oublie que ceux-ci, étant convaincus qu’ils sont des gens normaux par rapport à notre monde en délire, ne sont plus coupables de la destruction de l’Église du Christ comme l’auraient été leurs prédécesseurs nés dans des temps vraiment plus normaux. Bénies les âmes catholiques qui savent abhorrer leurs erreurs sans cesser d’honorer leur office.
           
        "Kyrie eleison"
 
        (fin de citation) 
           
 
        Et voici à présent la lettre que j'écrivis à Mgr Williamson le 7 décembre 2012, que j'ai un peu remaniée et complétée pour les présentes :
           
 
        Monseigneur Williamson,
           
        Votre article Problème profond est effectivement, quant aux sources morales de la crise de l’Église et du monde actuel, une méditation remarquable et… très-profonde.
           
        Permettez-moi de la continuer quelque peu avec vous, ne serait-ce que pour voir ces choses terribles de ce que vous appelez la "corruption" sous un angle de vue qui me semble plus surnaturel, plus positif, moins négatif, moins culpabilisant pour les hommes, que celui que vous adoptez.
           
        Vous dites à juste titre que, au regard de la Foi, la fin du Moyen-Âge a été le début implicite de la "corruption" qui s’explicite au for externe en nos jours post-révolutionnaires calamiteux ; et c’est cette "corruption" de l’Idéal doctrinal dont saint Vincent Ferrier prophétisait qu’elle signifiait, à terme, la fin du monde.
           
        Cette vision des choses est fort juste, mais négative, et, par-là même, ne va pas à la cause première de la situation d’impuissance actuelle de l’homme, quant au salut.
           
        L’homme, effectivement, depuis la Renaissance, n’est plus capable, ou ne veut plus, ou les deux à la fois, poursuivre l’Idéal très-chrétien, sacral, qui fut le sien aux temps bénis du Moyen-Âge dont l’apogée fut le XIIIème siècle de saint Louis roy de France et du grand pape Boniface VIII. Mais… en est-il forcément coupable ? La bonne question me semble plutôt devoir être celle-ci : Est-ce que c’est l’homme qui est responsable en cause première de cette nouvelle situation morale dégénérée ? Est-ce que, au contraire, il ne faut pas discerner, à la base de cette nouvelle situation, une Volonté première de Dieu de retirer à l’homme sa grâce au for public, pas brutalement mais progressivement plus les temps avancent, je veux parler non pas de la grâce qui sauve l'homme individuel (car il est de Foi que Dieu propose à chaque homme en particulier et à tous les hommes, sa grâce de salut effective en tous temps, même aux derniers), mais de la grâce qui manifeste le salut au for externe public par les Institutions salvifiques inhérentes au Temps des Nations, à savoir l’Église catholique, apostolique et romaine, sur le plan religieux, et l’Occident franc très-chrétien sur le plan sociopolitique ? Aux providentielles fins ultimes de les faire participer l'une et l'autre progressivement de plus en plus à la sainte crucifixion du Christ, à l'économie de sa Passion, pour leur faire vivre (et mourir) le mystère de la co-Rédemption ?
           
        Ayons garde d'oublier, Monseigneur, que la récompense du juste sur cette terre, c’est d’être… crucifié. Or, après le passage du Christ, c’est l’Église qui est le Juste par excellence sur cette terre, c'est-à-dire Jésus-Christ continué, selon le génial mot de Bossuet (et Jésus-Christ est aussi continué, en seconde main, dans la société très-chrétienne que l'Église génère, car "l'Église est au commencement de toutes choses" -saint Épiphane-, donc aussi de l'Occident très-chrétien). Et par quoi l'Épouse du Christ peut-elle être crucifiée ? Évidemment, par l’exact contraire de ce qu'elle est. Le moyen providentiel pour que l’Épouse immaculée du Christ soit crucifiée, soit mise dans l'économie de la Passion, va donc être de lui faire épouser la matière du péché du monde, ce que vous appelez la "corruption". Pour "récompenser" l’Église d’être le "Juste continué", celle-ci va donc, à la fin de sa vie militante ici-bas, être soumise à la matière du péché du monde, sans, faut-il avoir à le préciser, aucune coulpe personnelle de sa part (l'Église est en effet une "personne morale" -Droit canon, § 100 -) ; et la civilisation franque très-chrétienne, Longue-main temporelle de l’Église, subira ce même sort. Car bien sûr la deuxième note qui caractérise l’Épouse du Christ, la Sainteté, reste pareillement intacte lorsque l’Église vit la Passion, que lorsqu’elle ne la vit pas encore. C’est pourquoi, quant au Christ, saint Paul a pu définir ainsi lapidairement la sainte-crucifixion : "Il a été fait péché pour notre salut" (II Cor V, 21), ce qu’il appelle dans un autre passage la "si grande contradiction" (He XII, 3-4), sans supposer la moindre coulpe dans le Christ vivant sa Passion. Et pas plus ne devons-nous en supposer dans l'Église de nos jours qui voit la réplication parfaite de la Passion dans l'Épouse du Christ.
 
        Il m'apparaît bon ici de bien préciser ce qu'est, selon la théologie morale, un péché matériel. Ce ne sera qu'un simple rappel de ce que j'ai déjà fort expliqué dans mon article sur "LA PASSION DE L'ÉGLISE" (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/ExposePassionEglise2.pdf). Je rappellerai à ce sujet les distinctions classiques en la matière : un péché est mortel (= formel) uniquement lorsque trois conditions sont réunies ENSEMBLE, et ensemble SEULEMENT, à savoir : 1/ la matière mortelle du péché commis, 2/ la connaissance pleine et entière qu'il s'agit d'une faute matériellement mortelle au moment de la commettre, 3/ et la conscience et le vouloir pleins et entiers de le faire au moment de l'acte peccamineux. S'il manque deux voire même une seule de ces trois conditions au moment de l'acte peccamineux, celui-ci peut bien n'être... rien du tout, pas même forcément un péché véniel ni même une imperfection. C'est ce que les théologiens appellent un simple péché matériel.
           
        L'exemple qui est classiquement donné d'un péché matériel sans aucune coulpe rajoutée, est celui d'un soldat qui, dans le cadre d'une guerre juste, par exemple pour défendre le sol de sa patrie injustement agressée, tue un soldat ennemi. Ce soldat a commis la matière d'un vrai péché, par ailleurs fort grave, l'homicide, et cependant, non seulement ce péché ne contient aucune coulpe séparant de Dieu, mais ce soldat défendant sa patrie sera loué de cet acte de péché matériel d'homicide non seulement par les hommes, ses compatriotes, mais par Dieu Lui-même.
           
        D'autres exemples de péchés matériels sans aucune coulpe les accompagnant peuvent être tirés du Martyrologe : des martyrs sont sortis de cette vie par un péché matériel de suicide. 1/ sainte Apolline, fêtée au 9 février, au temps des grandes persécutions des premiers siècles chrétiens, après avoir été affreusement torturée, a couru se jeter d'elle-même dans le feu en s'échappant des mains des bourreaux : stricto sensu, il y a donc là la matière d'un péché mortel de suicide, mais l'Église a considéré que notre sainte avait été animée par la pure motion du Saint-Esprit pour le commettre, et donc son péché matériel de suicide excluait toute espèce de faute réelle ou coulpe ; c'est pourquoi l'Église n'a pas eu la moindre hésitation pour canoniser cette grande martyre ; 2/ une autre jeune sainte de quinze ans, pour échapper aux persécutions des séducteurs païens, s'est jetée du toit de sa maison et est morte sur le coup, autrement dit, elle a, elle aussi, commis un péché matériel de suicide, ce qui, là non plus comme pour sainte Apolline, n'a nullement empêché l'Église de la canoniser (il s'agit de sainte Pélagie, fêtée au 12 juin).
           
        On peut tirer aussi de la sainte Écriture des exemples de péché matériel sans coulpe, je n'en retiendrais que deux, en l'occurrence des péchés matériels de mensonge. 1/ Jacob ment à Isaac son père, pour en recevoir la bénédiction du droit d'aînesse, lui disant formellement qu'il est Esaü après s'être revêtu d'une tunique de poils afin de se faire passer pour son frère aîné velu : "Qui êtes-vous, mon fils ? Jacob lui répondit : Je suis Esaü votre fils aîné" (Gn XXVII, 18-19) & "Isaac, le [Jacob] bénissant donc, lui dit : Êtes-vous mon fils Esaü ? Je le suis, répondit Jacob" (Gen XXVII, 23-24). Le mensonge est flagrant, mais il est inspiré par le Saint-Esprit et est évidemment exempt de toute coulpe. Il ne faut pas oublier en effet qu'Esaü avait auparavant vendu à Jacob son droit d'aînesse contre un plat de lentilles, et qu'il n'en était plus digne. 2/ Mais il y a mieux, si je puis dire ! On prend l'Ange Raphaël en flagrant délit de mensonge, dans l'admirable histoire de Tobie. Or, faut-il le dire, cet Ange de Dieu était incapable de la moindre coulpe, étant confirmé en la grâce divine impeccable. On est donc absolument certain qu'il ne commit dans l'affaire qu'un péché purement matériel sans aucune coulpe quelle qu'elle soit, lorsque, répondant à la question du père de Tobie qui lui demande qui il est, il répond, avant que Tobie accepte qu'il serve de guide à son fils, pour son long voyage : "Je suis Azarias, fils du grand Ananias. Et Tobie répondit : Vous êtes d'une race illustre. Mais je vous prie de ne pas vous fâcher, si j'ai désiré connaître votre race. L'Ange lui dit : Je conduirai votre fils en bonne santé, et le ramènerai de même" (Tb V, 18-20). Mais après le voyage et son bon succès, le soi-disant "Azarias" révèle à Tobie qui il est véritablement, un Ange de Dieu : "Car je suis l'Ange Raphaël, l'un des sept qui nous tenons en la présence du Seigneur" (Tb XII, 15).
           
        Le Saint-Esprit, donc, comme on le voit, est fort éloigné de ne pas utiliser, quand c'est nécessaire, le moyen du péché matériel sans coulpe, comme quelque chose qui n'est pas du tout indigne de Lui et de sa Sainteté sans faille...!
           
        Dans un contexte évidemment fort différent des exemples qui précèdent, c'est dans cette même situation théologique de péché matériel sans coulpe que l'Église et la civilisation très-chrétienne derrière elle se trouvent, depuis la Renaissance. Et de plus en plus, plus les temps avancent.
           
        Ainsi donc, vu sous cet angle positif, cette "corruption" au for externe de la vie de l’homme depuis la Renaissance, ne serait rien d’autre, bien surnaturellement décryptée, décodée, que l’effet de la sainte-crucifixion de l’Église et de la société très-chrétienne, qui consiste essentiellement à ce que l'une et l'autre soient "faites péché pour notre salut", un péché matériel sans coulpe, situation voulue providentiellement par Dieu aux fins suprêmes de faire participer l’une et l’autre à l’archétypale Passion du Christ, avant la Consommation des Temps. Sans qu’il faille forcément supposer, dans ce processus négatif de "corruption", une faute initiale, une vraie coulpe, dans l’homme d’Église et dans l’homme tout court.
           
        Tout ce processus décadent, à la fois en première et en dernière analyse de la question, serait en définitive, d’abord un Vouloir de la Providence divine, qui dirige toutes choses, pour l’Église et pour le monde. Ceci arrive "pour que l’Écriture s’accomplisse" (Jn XIII, 18, XIX, 28 ; etc.). Certes, l’homme rajoute souvent, par aveuglement et faiblesse, son propre péché, avec plus ou moins de coulpe personnelle, à cette situation en soi négative, mais il n’en est pas la cause première.
           
        Voilà, Monseigneur Williamson, ce qui m’apparaît être le profond positif du profond que vous voyez, dans votre article, sous un angle trop exclusivement négatif il me semble, par votre description des effets de cette sainte crucifixion universelle voulue par Dieu, qui se manifeste par un retirement universel de la grâce divine au for public externe, insensible et progressif, effets qui touchent toutes les âmes.
           
        Jusqu’à la fin ultime, qui verra la manifestation de l’Antéchrist-personne, dont l'affreux et très-diabolique grand-oeuvre sera de transformer le péché matériel de l'Église et du monde, en péché formel, pour sa radicale condamnation et celle de tous les mondains impénitents, innombrables, qui le suivront, que saint Augustin appelle la massa damnata et que l'Apocalypse décrit paraboliquement par la Bête de la mer. Cependant, en contrepoint, il ne faut pas oublier que Notre-Dame de Fatima venue pour prophétiser la fin des temps, combattra pour que le plus grand nombre soit sauvé à la fin des fins, on en a la preuve par la prière enseignée aux enfants : "Ô mon Jésus, préservez-nous du feu de l'enfer, prenez au Ciel TOUTES LES ÂMES, SURTOUT CELLES QUI EN ONT LE PLUS BESOIN"... et celles qui en ont le plus besoin seront évidemment justement celles qui se seront laissées séduire par l'Antéchrist-personne ; dès lors, comment imaginer que la très-sainte Vierge aurait demandé aux fidèles de dire cette prière, si celle qui est à elle toute seule plus puissante que tout l'enfer déchaîné, n'aurait pas l'intention de la rendre... efficace et effective ? Il faut d'ailleurs noter que même l'Apocalypse suppose cette possibilité de salut pour ceux qui auront à vivre sous l'Antéchrist-personne, dont le règne aura lieu dans l'église mystique de Laodicée, la septième et dernière, puisque l'Ange prophétise de par Dieu à cette église : "Ceux que J'aime, Je les reprends et les châtie ; aie donc du zèle, et fais pénitence. Voici, Je me tiens à la porte, et Je frappe : si quelqu'un entend Ma voix et M'ouvre la porte, J'entrerai chez lui, et Je souperai avec lui, et lui avec Moi. Celui qui vaincra, Je le ferai asseoir avec Moi sur Mon trône, de même que Moi aussi J'ai vaincu, et Me suis assis avec Mon Père sur Son trône" (Apoc III, 19-21).
           
        Lorsque Dieu retire sa grâce, alors, l’homme se retrouve avec son impuissance métaphysique fondamentale. "Sans Moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn XV, 5) n’est que trop constaté. C’est cette situation que décrit lapidairement le Secret de La Salette, lorsque la Reine des prophètes révèle à Mélanie Calvat, pour les temps de la fin des fins que nous vivons de nos jours : "Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes", c’est-à-dire à leur néant métaphysique congénital (ce qui rejoint le fameux cri du cœur du Christ lorsqu’il subit sa propre et personnelle crucifixion, dans sa sainte Humanité cependant immaculée, contrairement à la nôtre : "Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ?").
           
        Puisque Dieu et sa grâce se retirent de la vie publique de l’homme depuis la Renaissance, alors, celui-ci ne peut que dégénérer spirituellement, d’abord implicitement puis, par la dynamique naturelle des puissances de l’homme, explicitement. D’où le libéralisme qui s’imprègne de plus en plus dans la vie de l’homme, d’abord dans sa pensée puis ensuite dans son agir. Pour arriver à la Révolution, qui, sataniquement, prenant l’envers pour l’avers, va poser que le seul dieu à exister dans l’univers, c’est désormais l’homme et rien que l'homme, qui est un dieu formel ("j’ai dit : vous êtes des dieux" ― Jn X, 34), puisque le Dieu transcendant et éternel n’inhabite plus l’homme de sa grâce au for public. C’est céder à la tentation, parce que Dieu est absent, de le croire inexistant, et puis, de le remplacer par le seul "candidat" possible : le dieu formel qu’est tout homme, soit dans son être individuel soit dans son être collectif ou État. C’est certainement à cela que fait allusion l’Apocalypse lorsqu’elle prophétise "la grande tentation qui s’abattra sur l’univers entier" (III, 10), dont le Christ promet au fidèle de l’en garder, "parce que tu es faible, et cependant tu as gardé ma Parole" (III, 8). Tentation à laquelle cèdent hélas la plupart des hommes (les soixante-huitards par exemple, qui écrivaient sur les murs en mai 68 : "Dieu est mort", prenant visiblement son absence pour une inexistence, avant de se déifier eux-mêmes jusque dans leurs pires pulsions).
           
        Quel est le devoir de l’Église dans cette nouvelle économie de la Passion, qu’on peut effectivement faire partir de la Renaissance, et qui inclut une absence de plus en plus sentie de Dieu et de sa grâce dans la vie extérieure des hommes et surtout dans les Institutions de salut établies au for public, absence qui va en progressant plus les temps avancent, j’emploie ce verbe dans le sens où l’on dit d’un fruit ou d’un camembert trop mûr, qu’il est avancé, c’est-à-dire que la pourriture puis la nécrose commencent déjà à remplacer en lui la matière saine et vive ?
           
        De s’adapter, dites-vous Monseigneur, autant que les principes le permettent, c’est-à-dire fors le sacrifice des principes. La limite extrême à ne pas dépasser est en effet le Principe, le dogme, la doctrine. Comme l'avait fort bien dit Mgr Freppel : "On se relève de tout le reste, sauf du sacrifice des principes". Mais, de s’adapter à quoi ? À l’impuissance de l’homme, désormais, sur la chose surnaturelle au for public externe. Car l’impuissance de l’homme n’est pas en soi péché, elle n’est que matière de péché sans coulpe. Il est donc permis de s'y adapter. L'Église est donc parfaitement fondée à s'y adapter, c'est même un devoir pour elle, comme vous le dites fort bien.
           
        Vous croyez cependant pouvoir illustrer par deux exemples, le Molinisme et le Concordat de 1801, ce qui serait une "bonne" adaptation de l’Église aux nouvelles mœurs de l’homme qui devient spirituellement de plus en plus impuissant dans son for public externe. Je vous suis certes parfaitement sur la pensée de ce que vous exposez : puisque Dieu veut positivement la crucifixion de l’Église et du monde à des fins co-Rédemptrices (ce que vous voyez par l’angle de vue négatif, restant aux effets peccamineux sur l’homme de cette crucifixion), il faut donc que l’Église, pour continuer à le sauver, s’adapte à l’impuissance de l’homme à manifester le Christ au for externe public, impuissance devenue désormais son mode de vie habituel, son habitus. Le fin du fin pour l’Église, et elle y est acculée, c’est donc à la fois d’épouser la matière sans coulpe du péché du monde, pour pouvoir atteindre l’âme de l’homme spirituellement dégénéré aux fins de son salut, sans cependant le moins du monde épouser la coulpe du péché lui-même. Exercice de haute voltige, rigoureusement impossible à l’homme taré du péché originel, surtout quand il est homme d’Église, sans une grâce ecclésiale expresse du Christ. Et c'est là que le bât blesse...
           
        En fait, cette situation est vraiment une "si grande contradiction", nous sommes en plein dans ce que dans la littérature française on appelle un oxymore, c'est-à-dire une contradiction antinomique dans des termes mis ensemble, comme quand on parle par exemple d'un jour nocturne ou d'une obscure clarté. Or, effectivement, d'avoir à épouser la matière du péché sans y rajouter aucune coulpe est de l'ordre de l'oxymore, si l'on reste sur un point de vue purement humain de la question. Ce n'est que par la toute-puissance de la grâce divine que la chose est possible, et uniquement par elle. C'est pourquoi, lorsque les disciples se plaignirent à Jésus que l'effort du salut était trop dur pour l'homme : "les regardant, [Il] leur dit : Cela est impossible aux hommes, mais tout est possible à Dieu" (Matth XIX, 26). Or, lorsque l'économie de la Passion fait rentrer l'homme dans la matière du péché, un homme déjà grevé, hypothéqué, de la tare du péché originel en lui, seul l'ordre surnaturel de la grâce peut lui éviter d'y rajouter de la coulpe, il en est viscéralement incapable de lui-même, par ses propres forces. Et c'est alors que ce qu'enseigne Jésus-Christ à saint Paul, qui lui aussi se plaignait de sa propre faiblesse, prend toute son importance : "Ma grâce te suffit. Car c'est dans la faiblesse que ma puissance se montre tout entière" (II Cor XII, 9).
           
        En fait, seul le Christ Jésus justement, à la fois Fils de l'Homme et Fils de Dieu, a le divin pouvoir de vivre le péché matériel sans y rajouter la moindre coulpe, en restant toujours parfaitement saint, le Saint des saints (c'est précisément ce qu'Il a fait dans sa Passion, et c'est justement la raison pour laquelle, étant fait péché sans pécher avec coulpe aucunement, Il a pu vaincre le péché du monde et nous obtenir la Rédemption). C'est pourquoi saint Paul a pu formuler que le Christ, lors de sa Passion, "a été fait péché pour notre salut" et non pour notre damnation. Saint Paul en effet, dans ce magistral v. 21 que tout le ch. V de la IIème aux Corinthiens prépare, tel un tremplin, précise extrêmement bien... la seule chose qu'il était justement capital de préciser, à savoir que le Christ (= et donc l'Église de nos jours) "est fait(e) péché POUR NOTRE SALUT", lorsque le Christ ou l'Église ont leur Passion respective à vivre.
           
        Nous sommes là vraiment dans un oxymore spirituel très-puissant : comment le péché peut-il opérer... le salut ?! Le péché est en effet exclusivement et rigoureusement ordonné à la damnation. Saint Paul n'aurait donc normalement pu que dire : le Christ a été fait péché pour notre damnation. Et cependant, bien sûr, le Christ est plus fort que le péché, c'est l'oxymore spirituel de saint Paul qui manifeste la vérité de notre Rédemption : le Christ étant d'une part Fils de l'Homme parfait ne pouvant pécher avec coulpe, et d'autre part Fils de Dieu anéantissant radicalement le péché, le rendant plus blanc que neige alors même qu'il serait plus rouge que l'écarlate, si le Christ a été fait péché, alors Il n'a pu l'être que pour anéantir complètement le péché, c'est-à-dire pour notre salut.
           
        Or, c'est ce même oxymore spirituel très-puissant que son Épouse-Église a à vivre de nos jours : de la même manière que le Christ il y a 2 000 ans, l'Église à la fin de ses jours militants, ceux que nous vivons, doit être, elle aussi et pareillement, "faite péché pour notre salut", et cela commence à la Renaissance.
           
        Mais la suite de votre réflexion, Monseigneur, montre que les exemples choisis par vous pour illustrer ce qui serait une bonne adaptation de l'Église à la "corruption" s'initiant à la Renaissance, à savoir le Molinisme et le Concordat de 1801, ne sont pas valables, puisque vous dites que ces hommes et ces femmes qui se sont ainsi "adaptés"… ne sont cependant pas à suivre : "Que personne donc qui veut sauver son âme ne suive ni ces prélats ni leurs successeurs", dites-vous… Il y a là une contradiction. Vous ne pouvez pas dire à la fois que ces hommes et ces femmes ont fait une "bonne adaptation", si d’un autre côté, cette dite adaptation "n'est pas à suivre", car elle mène à la damnation. On note la même contradiction dans ces autres propos, lorsque vous dites, d'une part, que, par cesdites adaptations à la dégénérescence de l'homme depuis la Renaissance, et vous citez le Molinisme et le Concordat de 1801, "l’Église empêcha que ne fussent minés les principes qui devaient absolument rester saufs", et d'autre part, "néanmoins les deux compromis permirent une certaine humanisation de l’Église divine, et les deux contribuèrent à la sécularisation lente de la chrétienté". Si ces deux adaptations ne minent pas les principes, il y a contradiction sur le fond de dire qu'elles puissent cependant être humanisantes et sécularisantes, c'est-à-dire en fait attaquer... les principes "qui devaient absolument rester saufs".
           
        C’est parce que cette adaptation ecclésiale moderne que vous voulez voir bonne, ne l’est pas. Car si elle l’était, il n’y aurait aucune raison de ne pas suivre ces hommes et ces femmes ainsi "adaptés". Et, comprenons bien les choses : adaptés en suivant les directives des papes modernes, donc en suivant l’Église elle-même. Par exemple, en suivant le Ralliement de Léon XIII, quant à la chose politique constitutionnelle. Si le Ralliement léontreizien était une adaptation ecclésiale à la dégénérescence de l’homme que vous voulez voir "bonne" (le Ralliement n’est en effet qu’une réactivation musclée de la pratique concordataire pontificale avec des États post-révolutionnaires constitutionnellement athées, initiée par le Concordat de 1801 que vous prenez comme exemple d'une bonne adaptation), alors, les hommes et les femmes qui la pratiquent, obéissant au pape, ne pourraient pas produire d’abord un "désastre en puissance" dans l’Église, comme vous dites, avant, hélas, de produire un désastre magistériel concret, bien réel, et non plus seulement virtuel, à Vatican II, lorsque ces hommes avec "une forte dose de libéralisme radioactif dans le sang" ont accédé aux postes d’autorité dans l’Église...
           
        Nous sommes donc obligés de prendre acte, Monseigneur Williamson, que cette adaptation ecclésiale moderne adoptée par les papes post-révolutionnaires, et, vous l’avez compris, j’entends parler de ceux d’avant Vatican II, n’est pas bonne.
           
        Pourquoi ne l’est-elle pas ? Pourquoi, par exemple, le concordat de 1801 est-il une mauvaise adaptation de l’Église aux temps modernes spirituellement dégénérés et crucifiés (je ne m’occuperai pas ici de la question moliniste, que je connais peu) ?
           
        Pour répondre à la question, il faut passer par une bonne définition de ce qu'est le concordat, la chose et le mot. "En style ecclésiastique, on appelle concordat une convention relative aux intérêts spirituels d’ordre public, conclue entre le souverain Pontife, d’une part ; de l’autre, avec une nation catholique, représentée par ses chefs spirituels ou temporels. Cette convention prend, le plus souvent, la forme d’un traité international" (Le concordat – Étude théologique, historique et canonique, G. Desjardins, p. 1).
           
        Mais… à qui appartiennent de droit les intérêts et biens spirituels d’ordre public de toute une nation ? Sans aucun doute, à l’Église catholique SEULE, que représente le pape, et nullement à la nation concernée. J’entends évidemment la chose sous l’angle de l’Idéal très-chrétien supérieur et parfait, que le pape Boniface VIII avait si bien exprimé dans sa célèbre Bulle Unam Sanctam (18 novembre 1302), soumettant de droit tout pouvoir sur cette terre, à commencer par celui sociopolitique, au pouvoir pontifical des clefs, et qui n’aurait jamais dû être abandonné.
           
        Le pape Pie IX lui-même saura bien le rappeler, en plein XIXème siècle, dans le cadre conflictuel où les puissances politiques issues de la Révolution déchiraient à qui mieux mieux les concordats passés avec l’Église, c'était devenu un sport inter-nations : "Dans les concordats, l’Église ne cherche pas à s’emparer des droits des autres, mais elle donne de ce qui lui appartient (Lettre de Pie IX à M. de Bonald, 19 juin 1871). Voici comment un auteur du XIXème siècle commentait l’affirmation pontificale : "Un concordat n’est, en effet, qu’une dérogation partielle au droit commun et public de l’Église. Antérieurement au traité, la société chrétienne existe avec toutes ses lois, même positives, auxquelles sont assujettis les fidèles de la nation qui traite avec le Saint-Siège, comme ceux des autres contrées. Survient le concordat. Quelle est la situation faite aux fidèles de cette nation en vertu de la convention nouvelle ? Celle d’un peuple qui continue à vivre sous le régime du droit commun, sauf les points expressément modifiés par le concordat" (ibid., G. Desjardins, p. 3).
           
        Donc, selon l’Idéal très-chrétien, lorsqu’il s’agit de régler l’us et le fruit des biens spirituels publics de toute une nation, lesquels comprennent, soit dit en passant, "les biens temporels qui par leur connexion avec les biens spirituels participent à leur nature" (ce qui veut dire très-concrètement que la mense ecclésiastique ne doit jamais être considérée comme un salaire donné par l’État, mais comme un dû de l’État à l’Église…), il n’y aurait jamais dû y avoir que des Indults, ou des Privilèges, c’est-à-dire que l’acteur juridique de la convention aurait été le pape seul, au nom de l’Église. C’est le pape qui donne, accorde, des biens spirituels d’ordre public inhérents à une nation particulière, et il le fait selon son gré.
           
        La forme concordataire adoptée à la Renaissance (avant, il n’y avait aucun concordat, justement parce que l’homme n’était pas spirituellement dégénéré), est donc en soi déjà une "adaptation avancée" à la dégénérescence spirituelle de l’homme, car cette forme juridique présuppose la parfaite parité de droit entre toutes et chacune des partis co-contractantes. Tout concordat est en effet un acte synallagmatique qui présuppose juridiquement cette dite parité. Cependant, on vient de le voir, en soi, le fond des concordats est et ne peut être qu’un Privilège, qu’un Indult, puisque la matière des concordats porte essentiellement sur des biens spirituels d'ordre public afférents à une nation dont le pape est seul "propriétaire en pleine-propriété" (sans pouvoir, de par la Constitution divine de l’Église, les céder d’aucune manière ; il peut simplement en régler l’usage, l’us et le fruit, et c’est précisément là le seul objet des concordats).
           
        Il n’en reste pas moins que le pape, dans sa haute sagesse inspirée du Saint-Esprit, a cru devoir épouser la forme moderne des contrats, à cause des princes chrétiens qui n’admettent plus, depuis le roy de France Philippe-le-Bel (qui était spirituellement très-vilain, il aurait mieux mérité de s'appeler Philippe-le-Vil), de traiter avec le pape qu’à parité juridique, pour régler cet us et ce fruit. En fait, c’est une condescendance miséricordieuse du Christ qui accepte de passer, par l’organe de son vicaire, le pape, par-dessus une forme indue, et même fort injurieuse envers Son titre et sa fonction de Roy universel, pour éviter un mal plus grand, qui serait le schisme des princes chrétiens devenus machiavéliques et césaristes, mais cependant sans préjudice aucun quant au fond, sans aucun reniement sur la doctrine ni le principe.
           
        Mais, Monseigneur Williamson, et c’est ce que vous n’avez pas saisi, cette nouvelle forme de relation entre l’Église et chacune des nations, cette "adaptation" concordataire aux nouvelles mœurs dégénérées de l’homme depuis la Renaissance, reste bonne, légitime, et il n’y a aucun reniement sur la doctrine et le principe, TANT QUE LE CONTRACTANT CONCORDATAIRE CIVIL EST CONSTITUTIONNELLEMENT CATHOLIQUE. C’est déjà énorme de voir le fils de la maison se mettre orgueilleusement à rang d'égalité avec le Père de famille, comme la structure juridique concordataire l'enregistre, alors, l’Église ne saurait aller plus loin sans attaquer les principes sacrés sur lesquels repose sa divine fondation et constitution.
           
        Vous l’avez compris : cela crée un abîme infranchissable entre les concordats passés dans l’Ancien-Régime d’avec ceux passés après "la Révolution satanique" (Joseph de Maistre). Comme entre le bien et le mal. Comme entre une adaptation orthodoxe et une adaptation hétérodoxe. Car les concordats d’après la Révolution sont TOUS passés, suivant l’archétypal concordat napoléonien, avec des contractants civils constitutionnellement non-catholiques, comme étant basés sur les tristement célèbres "droits de l’homme" révolutionnaires.
           
        La raison pour laquelle il est théologiquement formellement interdit à un pape de passer concordat avec un État constitutionnellement athée, parce qu'en le faisant il attaque par-là même ipso-facto le Principe sur lequel est divinement fondée l'Église, est fort simple : cela répute ipso-facto, par le seul fait de la signature pontificale concordataire, et sans qu’il soit besoin d’aucune autre déclaration de la part du pape, validité audit État athée. Or bien sûr, il est théologiquement hérétique de reconnaître ou réputer la validité à un État constitutionnellement athée… comme le sont toutes les démocraties actuelles issues de la Révolution française, filles maudites de leur maudite mère. La structure juridique concordataire, traité diplomatique solennel, synallagmatique, présuppose en effet formellement la validité de toutes et chacune des parties co-contractantes ; accepter un partenaire concordataire, c’est donc lui reconnaître et réputer ipso-facto la validité. Cet argument juridique est suffisant, soit dit en passant, pour réduire à rien la prétendue justification des concordataires pour excuser le pape qui, soit disant, ne se prononcerait en rien sur la validité des gouvernements constitutionnellement athées issues de la Révolution avec lesquels il signe concordat, il ne ferait soi-disant que reconnaître en eux… "un pouvoir politique de fait" ! Or, outre l’absurdité métaphysique d’un tel argument (… un "fait" ne peut pas exister tout seul sur cette terre sans le "droit" qui le fonde dans l’existence, ledit "droit", en matière politique constitutionnelle, s’appelant justement : "validité "), la structure juridique de tout concordat en montre l’inanité et le mensonge absolus, tout simplement parce que juridiquement, je le répète, tout concordat présuppose formellement la validité de tous et chacun des co-contractants concordataires.
           
        Pourquoi n’est-il pas catholique, mais bien au contraire formellement hérétique, et même antéchristique, de signer un concordat avec un État constitutionnellement athée ? Ce qui signifie que le pape ne pouvait s’y autoriser d'aucune manière, sans attenter lui-même à la Constitution divine de l’Église, en la frappant à mort au cœur même ?
           
        Tout simplement, par la raison théologique fondamentale, qu’un État, un gouvernement, qui, depuis la Révélation, ne base pas sa vie politique sur le Christ, ou, à tout le moins, sur le Dieu trois fois saint (et non pas sur un vague Grand-Architecte de l'univers), est frappé ipso-facto d’inexistence métaphysique, métapolitique, et donc d’invalidité formelle. Exactement de la même manière que la famille d’un homme et d’une femme vivant en concubinage est considérée comme inexistante devant l’Église, quant à leur vie conjugale (et familiale quand des enfants naissent de leur union libre), quand bien même il n’y a aucune différence quant à la vie conjugale, parentale et familiale, entre un foyer illégitime et un foyer légitime, sur le plan humain et animal. De la même manière, depuis la Révélation, un État constitutionnellement athée vit animalement, et en outre d’une mauvaise vie animale, et donc sa vie animale (car tout homme est un animal social), n’est nullement et ne doit jamais être prise en compte par l’Église, c’est-à-dire la Société du salut, ce salut passant obligatoirement et exclusivement par le Christ.
           
        Or, ... ô prodigieux, ô inouï mystère d’iniquité !!, les papes ont tout simplement "oublié" cela, depuis le concordat napoléonien, qui est pourtant basique, fondamental...
           
        Ainsi donc, Pie VII commettait là une adaptation hétérodoxe lorsqu’il a fait copuler (pardon) l’Église avec les États modernes post-révolutionnaires constitutionnellement athées. Et, on ne le sait que trop, une fois le mauvais branle donné, il ne fut jamais remis en question par Rome, même par les plus saints papes, tels Pie IX ou Pie X...
           
        Pie VII, par cette signature concordataire napoléonienne plus qu’ecclésiastique, commettait une "adaptation" de l’Église au monde aussi hétérodoxe que lorsque Paul VI, un siècle et demi plus tard, signa le décret sur la Liberté religieuse à Vatican II, voire même bien pire, car le décret conciliaire de la Liberté religieuse n’est rien d’autre qu’une ultime subséquence de cette pratique concordataire pontificale avec des États constitutionnellement athées qui, bien sûr, professent et pratiquent, quant à eux le plus logiquement du monde, la… Liberté religieuse. Et la font donc pratiquer bon gré mal gré à l’Église et aux fidèles dans leurs mœurs publiques, dès lors qu’ils sont acceptés comme partenaires concordataires.
           
        Rappelons-nous que dès 1801, Portalis, le ministre des Cultes de Napoléon, remarquons bien le pluriel, au demeurant franc-maçon très-distingué, mettait à égalité parfaite devant la loi française, toutes les religions… C’était évidemment commencer à corrompre les Mœurs des catholiques, auxquels sont inhérentes les choses de la politique constitutionnelle, et cela finira par corrompre leur Foi, un siècle et demi plus tard, à Vatican II. Tant il est vrai que si je ne vis pas comme je pense (ma Foi catholique condamne la Liberté religieuse), je vais finir par être obligé de penser comme je vis (je pratique la Liberté religieuse dans les Mœurs, au niveau sociopolitique, depuis 1801, donc, si je ne reviens pas là-dessus, je suis forcé de la mettre en droit dans la Foi, ce qui sera fait à Vatican II). La Liberté religieuse de Vatican II n’est donc rien d’autre que le terminus ultime logique de la pratique concordataire pontificale de 1801 avec des États constitutionnellement athées qui, quant à eux, pratiquent tout naturellement la Liberté religieuse... Pour résumer la question par une formule synthétique : la signature pontificale concordataire de 1801 adaptait les Mœurs catholiques à la nouvelle situation de dégénérescence de l’homme issue de la Renaissance, quand la signature pontificale conciliaire de 1965 y adaptait la Foi catholique, la première étant l’initiale faute, grosse, en son sein maudit, de la seconde. Or, toutes les deux le faisaient dans l’hétérodoxie attentatoire à la Constitution divine dont le Christ a dotée son Épouse très-sainte, l’Église.
           
        Et il ne sert de rien d’aller chercher saint Paul, dans son Épître aux Romains, le célèbre et redoutable ch. XIII, pour mettre en avant que "tout pouvoir vient de Dieu", prenant prétexte de cette très-fausse interprétation ecclésiastique de saint Paul sur la chose politique constitutionnelle, pour oser soutenir que même les pouvoirs politiques constitutionnellement athées sont à prendre en considération par les catholiques, ce qui donc légitimerait la pratique concordataire pontificale après la Révolution avec iceux-là. Car, contrairement à ce que nous ont chanté scandaleusement et très-hérétiquement après la Révolution les scolastiques sur tous les tons non-grégoriens qu'ils ont pu trouver (hélas en ce compris les papes modernes, je veux dire, Monseigneur, ceux post-concordataires, avant Vatican II… et même les plus saints tels Pie IX ou Pie X), saint Paul professe EXACTEMENT LE CONTRAIRE dans Rom XIII.
           
        L’Apôtre des nations professe et enseigne en effet que le devoir d’obéissance dû par les chrétiens aux "puissances", comme il dit à propos des pouvoirs politiques (et par ce devoir, il entend signifier que lesdites puissances sont valides), ne doit être rendu qu’envers celles qui sont constitutionnellement ordonnées au bien commun, ce qui sous-entend formellement, depuis la Révélation, une allégeance constitutionnelle explicite au Christ ou à tout le moins au Dieu trois fois saint comme principe et base de la puissance politique. Or, justement, toutes les démocraties modernes commencent par poser comme tout premier principe de base de ce qu’elles sont et veulent être formellement, le refus de Dieu et plus encore de son Christ comme source et fondement de leur pouvoir politique, en prenant comme base les fameux "droits de l’homme", véritable machine de guerre pour expurger, exclure Dieu et son Christ radicalement de la sphère sociopolitique des hommes. C’est bien sûr dire que, n'étant pas valides, elles ne sont donc pas concernées par le devoir d’obéissance dont parle saint Paul, dans Rom XIII.
           
        J'ai fait la démonstration exégétique et théologique de ce que je viens d’affirmer quant au véritable enseignement de saint Paul dans Rom XIII, dans beaucoup de mes écrits, et, ne voulant pas toujours me répéter, on voudra bien s'y reporter utilement (cf., par exemple, mon article https://www.eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/les-moeurs-ecclesiales-concordataires-avec-les-etats-modernes-athees-partie-1?Itemid=154).
           
        ... À quoi aboutit mon propos, Monseigneur Williamson ?
           
        Tout simplement à la vérité entière des choses ecclésiales et de la situation des âmes dans le temps moderne qui est temps de la Fin eschatologique des fins, car seule la vérité intégrale délivre surnaturellement, pas la vérité diminuée, haïe, exécrée, à combien juste titre !, par le Saint-Esprit inspirant les prophètes de Yahweh.
           
        Un simple exemple de vérité diminuée exécrée par le Saint-Esprit, Monseigneur : le fait de voir la situation actuelle comme une répétition générale de la fin des temps, et non pas la fin des temps elle-même, comme vous avez l’air de le soutenir en début de vos lignes : "La vérité, c’est que le Saint [Vincent Ferrier] pressentait correctement que la décadence de la fin du Moyen Age impliquait la corruption explicite et quasi-totale de notre propre époque, répétition générale de la corruption totale de la fin du monde".
           
        Que voilà, Monseigneur, une belle vérité diminuée ! Cette palinodie malicieuse pour refuser d’embrasser la réalité apocalyptique de la fin des temps que manifeste formellement notre époque, inventée par l’abbé Schmidberger en 1977, n’a en effet aucune assise prophétique scripturaire : nulle part, dans la sainte-Écriture, il n’est question qu’il y aurait une répétition générale de la fin des temps avant la fin des temps elle-même... Ce qui signifie très-clairement ceci : ou bien les signes eschatologiques sont présents dans notre époque, et donc celle-ci est l'époque de la fin des temps, ou bien ils n'y sont pas présents, et donc notre époque n'est pas celle de la fin des temps. Or, pour en rester à ce signe eschatologique-là, si l’on dénie que notre époque voit la présence du signe de l’abomination de la désolation dans le Lieu-Saint, alors, ce signe ne pourra plus jamais s’actualiser après notre époque, car il est présentement manifesté à son summum indépassable par notre crise de l’Église, très-singulièrement sous le pontificat du pape François. Ce qu'il manifeste n'est pas "quasi-total" comme vous le dites mensongèrement, mais "total", on ne peut aller plus loin quant à la manifestation de ce signe eschatologique. Que si l’on dit que ce signe eschatologique est actualisé totalement, comme c’est vraiment le cas en effet à l'heure de la Pachamama rituellement et liturgiquement accepté par le pape légitime, alors il ne saurait signifier pour l’âme des fidèles que la fin des temps, et non une répétition générale de la fin des temps, palinodie hypocrite de fuite lâche et honteuse, telle celle des onze Apôtres sur douze fuyant la Passion du Christ, par laquelle on refuse de prendre acte que notre crise de l’Église est d’ordre essentiellement apocalyptique, eschatologique, et donc la "der des der", et non point du tout historiciste, intégrée à l'Histoire "qui en a vu bien d'autres".
           
        Cette vérité intégrale, disais-je, dans laquelle tout catholique vrai et véritable doit vouloir vivre et mourir pour son salut, me montre donc que la fracture hétérodoxe, la cassure dans l’Église, ne date pas du tout de Vatican II mais du Concordat napoléonien. C’est en effet dès 1801 que l’on peut discerner dans l’Église une "adaptation" hétérodoxe par les Mœurs à la dégénérescence spirituelle de l’homme qui commence à la Renaissance (effet de sa crucifixion), et non pas à Vatican II, qui n’en est que le terminus ultime par la subversion de la Foi ne faisant que SUIVRE celle des Mœurs. Vous voyez certes très-bien que Vatican II est une ultime conséquence de la dégénérescence de la Foi qui commence à la Renaissance, mais vous ne voyez pas, Monseigneur, que cette ultime adaptation hétérodoxe n'est elle-même qu'une subséquence de l'adaptation hétérodoxe du Concordat de 1801. Le fameux mais obscurantiste clivage inventé par les tradis, avant Vatican II/après Vatican II, Église anti-libérale/Église libérale, est totalement illusoire, artificiel, trompeur. Mgr Lefebvre ne semble pas avoir pu, ou su, ou voulu, et probablement les trois à la fois, aller plus loin dans sa compréhension des assises profondes de "la crise de l’Église", il en est resté là, à ce clivage artificiel, dans son combat pour garder la Foi dans la crise actuelle de l’Église, et vous aussi ses fils spirituels.
           
        La vérité intégrale des choses ecclésiales et de la situation des âmes dans le temps moderne qui est celui de la fin des temps, c’est donc que non seulement l’Église-Épouse du Christ est soumise par la Providence divine à la Passion, étant invinciblement recouverte d’un manteau de péché d’une manière totalement indépendante de sa volonté, mais qu’en plus, elle y participe activement elle-même, c’est-à-dire qu’elle commet des actes par lesquels elle se crucifie elle-même, elle s’auto-crucifie, elle fait hara-kiri de ses propres mains.
           
        Terrible révélation, en vérité. Mais qui ne change rien au fond du débat. Si l’Église, au lieu de subir l’économie de la crucifixion voulue pour elle par la Providence divine depuis la Renaissance, y participe activement, par un aveuglement lié à "la puissance des ténèbres" à laquelle elle est désormais soumise, elle reste toujours pure de toute coulpe, qu’elle subisse seulement ou qu’elle participe elle-même à la matière du péché du monde. Car même si, comme nous venons de le voir, elle participe à une adaptation hétérodoxe à la "corruption" de l’homme par le Concordat de 1801 puis par Vatican II, elle le fait sans coulpe aucune, toujours en restant sainte, parfaitement sainte.
           
        Illustrons la question par le concordat. Quand l’Église passe concordat avec un État constitutionnellement ordonné au bien commun, comme elle le fait avec des puissances d’Ancien-Régime qui le sont toutes, elle pratique là une adaptation orthodoxe à la "corruption" de l’homme issue de la Renaissance, puisque, on l’a vu, l’Église, en droit strict, ne devrait traiter avec les puissances politiques qu’en terme de Privilège, Indult, et nullement à parité juridique. Et lorsque l’Église passe concordat avec un État non-constitutionnellement ordonné au bien commun, comme elle le fait avec Napoléon, et, par après, avec toutes les puissances politiques démocratiques modernes post-révolutionnaires, elle pratique là une adaptation hétérodoxe.
           
        Cependant, dans les deux cas, elle ne pèche aucunement, je veux dire avec coulpe. Parce que, et c’est la majeure du syllogisme révélé par la Foi : ELLE EST SAINTE. Dieu nous l’a appris, et en aucune situation, et en aucun temps, l’Église ne saurait être entachée d’aucune espèce de coulpe, la plus minime soit-elle (il serait facile de montrer, par exemple, que le pape Pie VII n'avait en vue que le bien supérieur de l'Église, lorsqu'il signa in Persona Ecclesiae le concordat napoléonien, c'est dans l'inadvertance totale qui fait le péché matériel sans coulpe, qu'il concordatisa avec des sociétés politiques constitutionnellement athées).
 
        Mais ce que je viens d’exposer, Monseigneur Williamson, nous fait comprendre une fort grande chose : à savoir que la sainte-crucifixion de l’Église va beaucoup plus loin qu’on ne pouvait le penser, avant que les temps, qui sont Parole obvie du Saint-Esprit, ne se déroulassent sous nos yeux consternés, éberlués, médusés, de catholiques, et de catholiques qui veulent le rester. Avant que ces temps ultimes qui sont nôtres arrivent, on pouvait, effectivement, imaginer le combat de la fin des temps avec une Église doctrinalement "toute blanche", "anti-moderne", "anti-libérale", pour employer la terminologie réactionnaire de Mgr Lefebvre, luttant dans la crise finale comme un grand et glorieux vaisseau à la proue duquel se trouve un fier et valeureux capitaine, le pape, dirigeant celui-ci à travers les récifs, les hurlements et les furieuses sautes de grand’vent, sans jamais virer de bord sur l’écueil mortel, le rocher dur comme l'enfer qui affleure l'eau. Mais cette célèbre vision, qu’eut saint Jean Bosco, s’est avérée, à l’épreuve de la réalité des faits ecclésiaux de la fin des temps… très, très romantique !, complètement surréaliste !! La vérité est beaucoup moins glorieuse, certes plus humiliante : c’est l’Église elle-même qui, par son capitaine le pape, saborde le navire-amiral à grands coups de hache-double… sans cependant que soit remise en cause le moins du monde, la note de Sainteté de l’Église, ô mysterium iniquitatis !
           
        Parler d’une église "anti-moderne", "anti-libérale", à laquelle voulait se raccrocher Mgr Lefebvre, peu éclairé et inspiré de ce côté-là, n’a donc aucun sens. Il n’y a pas, en notre fin des temps, une Église doctrinalement "toute blanche" et, en contre-jour, une Église moderne "pécheresse", qui ne peut l'être, par opposition à l'Église "toute blanche", qu'avec coulpe (ce clivage traditionaliste surréaliste contient en effet en germe le sédévacantisme : si on oppose une église doctrinalement "toute blanche" à une église qui a doctrinalement péché, sous-entendus avec coulpe, alors évidemment cette dernière ne saurait plus être l’Église puisque l'Église est sainte...). Il n’y a qu’une seule et même Église avant et après le Concordat, avant et après Vatican II, une Église qui, dans toutes ses diverses mouvances tradis ou modernes, est recouverte d’un manteau de péché, c'est-à-dire sans coulpe aucune, manteau d'ignominie que l’homme a endossé depuis la Renaissance et que LES PAPES ont à leur tour mis sur les épaules de l’Église, depuis le concordat napoléonien et bien sûr, surtout depuis Vatican II.
           
        Que vous dire de plus ?
           
        Je prendrai un autre exemple d’"adaptation" hétérodoxe à la dégénérescence de l’homme depuis la Renaissance. Il eût lieu un peu avant la Révolution, en 1773, et d’ailleurs la précipita terriblement, je veux parler de la suppression des Jésuites (rien à voir avec les jésuites modernes, et surtout pas avec celui qui est assis présentement sur le Siège de Pierre, qui sont les meilleurs fers de lance de la subversion ecclésiale ; ceux d'Ancien-Régime étaient au contraire les meilleurs défenseurs du Principe catholique et du Saint-Siège). Saint Alphonse de Liguori, quand il apprit que le pape Clément XIV s’était résolu à signer le décret de suppression des Jésuites, après un combat long et terrible entre la papauté et les gouvernements bourboniens menés par le diabolique et franc-maçon marquis de Pombal, ministre portugais, en fut extrêmement choqué (trois ou quatre papes avaient refusé cette suppression des Jésuites avant Clément XIV, et la situation, moralement, est tout-à-fait comparable aux néo-modernistes qui faisaient le siège des papes pour faire passer leurs doctrines sous Benoît XV, Pie XI, surtout Pie XII, pour finir par faire lâcher les papes à partir de Jean XXIII). Saint Alphonse de Liguori n’aurait jamais cru cela possible, tellement la suppression des Jésuites allait directement, à cette époque, contre le bien commun spirituel supérieur de l’Église et des âmes, pas plus que nous ne pouvons nous expliquer humainement, nous autres, la signature du Concordat napoléonien ni celle de la Liberté religieuse. Il ne cessait de s’écrier, avec de grands soupirs, les jours suivants où il apprit la nouvelle : "Volonté de Dieu !, volonté de Dieu !", comme quelqu’un qui, frappé brutalement par le coup de foudre d'un évènement négatif soudain, ne comprend plus rien de rien des voies de la Providence, mais veut cependant y être soumis puisque c’était le Vicaire du Christ qui donnait cette nouvelle direction (il est connu par ailleurs que saint Alphonse assista en bilocation miraculeuse le malheureux pape Clément XIV à l’article de la mort, en proie à de terribles tourments moraux dûs à cette suppression)…
           
        Un autre exemple d’adaptation hétérodoxe tout ce qu’il y a de plus préjudiciable à l’Église : la suppression des États pontificaux. Pie IX ne voulut jamais l’entériner ; elle le fut cependant par Pie XI, avec les Accords de Latran, en 1929…
           
        Je terminerai en commentant quelque peu les passages de votre article qui sont manifestement faux, quant au concordat napoléonien.
           
        Vous osez écrire que "le Molinisme comme le Concordat furent des compromis avec le monde de leur temps, mais les deux rendirent possible le salut de beaucoup d’âmes, et l’Église empêcha que ne fussent minés les principes qui devaient absolument rester saufs, à savoir Dieu comme Acte Pur et le Christ comme Roi de la Société respectivement". Juste avant, vous dites : "Le Concordat de 1801, rendu nécessaire par l'État Révolutionnaire pour permettre à l'Église en France de fonctionner en public".
           
        Le concordat ? Un compromis qui rendit possible le salut de beaucoup d’âmes ? Parce que l’Église empêcha que fut miné le principe du Christ comme Roi de la Société ? En particulier, comment osez-vous soutenir qu’un péché institutionnalisé, comme l’est toute puissance politique constitutionnellement athée, puisse créer une nécessité théologique pour l’Église ? Depuis quand la situation conjugale illégitime de concubins crée-t-elle une nécessité pour l’Église de reconnaître leur coupable union telle quelle, sous prétexte qu’elle existe de fait ? Avez-vous bien réfléchi la question, Monseigneur, avant d’écrire ces lignes abominables ?
           
        Or, le vrai, c’est que la Foi ne fut rendue aux fidèles de la post-Révolution partout dans le monde et pas seulement en France (car le concordat napoléonien est matrice archétypale de tous les concordats qui seront ultérieurement passés dans le monde entier, au début surtout dans l'Europe, avec les États bouleversés par la Révolution et l’épopée napoléonienne, pendant tout le XIXème siècle), qu’en y mêlant inextricablement le poison hérétique mortel d’avoir désormais à considérer comme valide une puissance politique constitutionnellement athée, qui professe et pratique au for public la Liberté religieuse hétérodoxe (quoiqu’on se soit récrié à grands cris d'orfraie, dans les sacristies et en chaire, mais le plus malhonnêtement et mensongèrement du monde, le plus stupidement aussi, de se prononcer sur la validité desdits nouveaux gouvernements prenant pour base du pouvoir politique, le dieu du monde, Satan). C’était donc redonner la Foi aux fidèles avec en même temps une hérésie inextricablement mêlée qui, tôt ou tard, ne pouvait que faire mourir ladite Foi dans les cœurs des fidèles, ce qui est arrivé à Vatican II par le décret de la Liberté religieuse. Est-ce cette prostitution du Bien avec le mal qui rendit "possible le salut de beaucoup d'âmes" ? De plus, par le concordat napoléonien, c’était César qui donnait la Liberté religieuse à l'Église de France, plus Dieu. Et, en outre, un César CONTRE Dieu (la charte des droits de l’homme étant en effet une machine de guerre contre Dieu) qui, en même temps qu’il la donnait à la Religion véritable, celle catholique, la donnait aussi et à parfaite parité, aux autres fausses grandes religions en France.
           
        Non seulement donc le Concordat napoléonien obligeait à considérer que les États constitutionnellement athées sont valides, mais en outre, il prétendait faire recevoir la liberté publique de Religion par lesdits États, c’est-à-dire par l’homme ! Inversion satanique bien significative. Tout ce mauvais branle donné en direction de l'enfer, de la damnation des âmes et de la transformation de l'Église et de la société en la Prostituée de Babylone, ne pouvait donc pas, faut-il avoir à le dire, oui pour vous semble-t-il Monseigneur Williamson, être fait "pour rendre possible le salut de beaucoup d'âmes". Étonnez-vous, après cela, que même les plus saintes âmes furent trompées en prenant le don de la Liberté de Religion en France, non plus de la main de Dieu mais de celle de l'homme, de César ! En voici un exemple frappant : le pieux, l’édifiant biographe de saint Vincent Ferrier au XIXe siècle, le R.P. Fages, relate une anecdote du temps de la Révolution, une sordide effigie sans-culotte qui, au fronton d’une porte de Vannes, avait été mise par les révolutionnaires en lieu et place de la belle statue du saint… mais voyez plutôt comment il termine l’épisode : "Ce mannequin disparut en 1802, dès que le concordat eût accordé aux catholiques la Liberté religieuse" (saint Vincent Ferrier, R.P. Fages, p. 187) ! Voyez comme dans l’esprit de l’auteur, pourtant fort catholique, ce n’est déjà plus Dieu qui accorde la Liberté religieuse, mais un traité humain… La glissade infernale est commencée. Par ailleurs, l'État napoléonien accordait la Liberté religieuse à toutes les religions, la vraie mélangée aux fausses, mais pas la Liberté de la Religion à la seule Religion véritable, celle catholique...
           
        La situation nouvelle faite au mariage par le Concordat illustre terriblement bien, aussi, cette glissade infernale vers l'enfer en passant par le règne de l'Antéchrist-personne, que constitue la pratique concordataire ecclésiale avec des États constitutionnellement athées. Avant la Révolution, ce qui réputait le lien du mariage, c’était Dieu, c’était l’Église ; après le concordat napoléonien et le Code civil qui le suivit rapidement, ce qui répute la validité dudit lien, c’est la mairie, c’est César. Car la loi oblige tout curé, sous peine de sanctions graves, à célébrer le mariage religieux APRÈS que celui civil soit fait. C’est donc César qui marie et non plus Jésus-Christ… qui est le Restaurateur pourtant de l’institution du mariage dans les temps nouveaux de la Révélation ! Comment voulez-vous, Monseigneur, que Jésus-Christ bénisse les mariages concordataires et post avec autant de grâces de salut pour les parents et les enfants à naître, qu’Il en donnait généreusement lorsqu’on Le mettait, avant la Révolution, à la première place, qu’Il a de droit ?!?
           
        Il n’est donc pas possible d’écrire que le concordat "rendit possible le salut de beaucoup d’âmes", c’est tout le contraire qui est vrai, ce traité de prostitution poussa universellement toutes les âmes vers l'enfer, car la vérité, c’est que le pape, c’est que l’Église, loin "d'empêcher que ne fut miné le principe qui devait rester sauf, à savoir le Christ comme Roi de la Société", mina au contraire radicalement ce principe par le seul fait de reconnaître la validité, ce que signifie juridiquement toute signature concordataire, à des puissances politiques constitutionnellement athées. À qui donc, Monseigneur Williamson, pouvez-vous faire accroire que le Christ est toujours bien le Roi de la société, lorsque celle-ci est constitutionnellement... athée ?!! C’était donc, en même temps que de redonner une certaine liberté de culte extérieur (bridée le plus possible par le pouvoir napoléonien), la mêler avec le poison mortel de la Liberté religieuse professée et pratiquée par la puissance constitutionnellement athée qu’on reconnaissait valide par le Concordat (ce qui est attenter directement au principe du Christ, Roi de la Société), lequel poison produira son fruit de mort un siècle et demi plus tard à Vatican II par la Liberté religieuse. Jusqu’à ce que mort mystique de l’Église s’ensuive, ce qui aura lieu dans le règne maudit de l’Antéchrist-personne, qui ne saurait certainement plus tarder à présent, le pape François mettant les bouchées doubles voire triples quand il peut le faire, pour y arriver plus vite.
           
        Pour autant de cette profonde erreur d’appréciation quant au Concordat de 1801, vous avez un passage inspiré, j’ai fort goûté votre dernier §, surtout la dernière phrase : "Que personne donc qui veut sauver son âme ne suive ni ces prélats ni leurs successeurs ["adaptés"], mais en même temps que personne n'oublie que ceux-ci, étant convaincus qu'ils sont des gens normaux par rapport à notre monde en délire, ne sont plus [sans doute mis pour : pas autant] coupables de la destruction de l'Église du Christ comme l'auraient été leurs prédécesseurs nés dans des temps vraiment plus normaux. Bénies les âmes catholiques qui savent abhorrer leurs erreurs sans cesser d'honorer leur office".
           
        J'admire beaucoup cette formulation du problème moral que pose la situation ecclésiale moderne. Elle condamne tout sédévacantisme orgueilleux, sectaire, obscurantiste et rebelle, et il ne fallait certes pas en attendre moins de vous, Monseigneur, puisque vous professez dans un autre de vos écrits la règle prochaine catholique de la Légitimité pontificale pourfendeuse de tout sédévacantisme, ainsi : "Je considère que Benoît XVI est un Pape valide parce qu'il a été validement élu Évêque de Rome par les prêtres des paroisses romaines, c'est-à-dire les Cardinaux, au conclave de 2005, et même si par quelque défaut caché l'élection en elle-même n'était pas valide, elle aura été convalidée, comme l'enseigne l'Église, par le fait que l'Église universelle a accepté Benoît XVI comme Pape après l'élection. Envers cet élu en tant que tel je voudrais alors montrer tout le respect, la révérence et le soutien que les catholiques doivent au Vicaire du Christ" (30 avril 2011 ― cf. https://stmarcelinitiative.com/vraipapexa0x2013i/?lang=fr).
           
        Comme vous dites fort bien, à propos du sédévacantisme, au début de votre article : "À propos, Notre Seigneur a-t-il mis en question l’autorité religieuse de Caïphe, ou l’autorité civile de Ponce Pilate ?" Effectivement, c'est bien vrai : non seulement la sainte Écriture n'enregistre aucun déni d'autorité du grand-pontificat de Caïphe, mais elle affirme formellement que son grand-pontificat était... valide, lorsque dans l'Évangile de saint Jean, elle nous dit que Caïphe était en possession du charisme prophétique attribué par Yahweh à tout grand-pontife... légitime : "Mais l'un d'eux, nommé Caïphe, qui était le grand prêtre de cette année-là, leur dit : «Vous n'y entendez rien, et vous ne réfléchissez pas qu'il vaut mieux pour vous qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse point». Or, il ne dit pas cela de lui-même ; mais, étant grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation" (Jn XI, 50-52). On a là l'affirmation scripturaire infaillible de la validité du grand-pontificat de Caïphe (cf. mon article au lien suivant :  http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/caiphe-dernier-grand-pontife-juif-de-l-ancien-testament-etait-il-legitime-ou-bien-non?Itemid=483). Et de même, l'autorité civile de Ponce-Pilate est valide parce que le pouvoir romain qu'il représente est constitutionnellement ordonné au Bien commun, quoique seulement inchoativement dans ces temps politiquement immatures de l'Antiquité (sur la validité des pouvoirs politiques de l'Antiquité, cf. la seconde partie de mon article au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/l-obeissance-et-le-respect-dus-aux-autorites-politiques-legitimes-sont-ils-dus-a-la-republique-francaise-actuelle-et-aux-depositaires-de-son-pouvoir?Itemid=483). Par contre, certes, nos pouvoirs politiques démocratiques post-révolutionnaires sont tous invalides, comme n'étant pas constitutionnellement ordonnés au bien commun, condition sine qua non pour la validité de tout pouvoir politique, selon l'enseignement de saint Paul dans Rom XIII.
           
        Ce que vous dites dans votre phrase conclusive est parfaitement vrai. Puisque l’Église et les clercs, grands ou petits, vivent désormais dans l’économie propre de la Passion, qui inclut que "l’Église est faite péché pour notre salut", alors, effectivement, il ne faut pas les juger comme si l'Église était faite péché par une faute initiale de leur part. Surtout qu’en plus, la grande majorité n’en a pas conscience. Jugement louable, plein de miséricorde, inspiré par l'Esprit de Dieu. Votre dernière phrase, pourfendeuse de tout sédévacantisme orgueilleux, rebelle et obscurantiste, est remplie de sagesse : l’Église moderne est TOUJOURS l’Église, même et surtout lorsqu’elle vit la Passion de son Époux, c’est-à-dire lorsqu’elle est "faite péché pour notre salut".
           
        Pour autant, et vous en serez sûrement d’accord Monseigneur, de nos jours il devient de plus en plus difficile de vivre la Foi vraie et intégrale sans choquer son contemporain qui ne la comprend plus, parce que, comme vous dites, il a trop dans son sang du "libéralisme radioactif", et sans se choquer soi-même (comme saint Alphonse de Liguori fut choqué d’avoir à subir une "adaptation" trop poussée de la Foi en son temps), par des adaptations concordataires et vaticandeuses qui feraient vaciller la Foi dans l’âme si nous ne nous réfugiions pas dans le Eli, Eli, lamma sabachtani ! qui inclut la vertu d'Espérance divine éternelle dans la désespérance vécue au temporel.
           
        La prophétie de Jésus me semble en tous cas prendre de plus en plus de relief, dans notre situation abominable (ainsi prédite par la Reine des prophètes à La Salette : "L'Église aura une crise affreuse") : "Mais lorsque le Fils de l'homme viendra, pensez-vous qu'Il trouve la foi sur la terre ?" (Lc XVIII, 8). Jésus, qui est le Maître de doctrine, pose très-peu de questions dans l’Évangile, pour ne pas dire qu’il ne donne que des réponses aux hommes soucieux de faire leur salut. S’Il la pose, cette question-là, c’est donc VRAIMENT parce qu’elle se pose, aux temps de la fin des fins qui est le nôtre. Sans doute aussi, Il la pose, parce que la réponse est double et contradictoire : OUI, Jésus trouvera la Foi au for interne des âmes de bonne volonté, car "Je Me suis réservé dans Israël sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal" (I Reg XIX, 18) ; NON, Il ne la trouvera plus du tout au for public des hommes.
             
        ... Et surtout pas, surtout pas, au for public des papes vivant cette fin des temps !! Il est au contraire plus que probable, François en effet, Dieu me pardonne, flèche en gras la direction à suivre en véritable Bison buté beaucoup plus qu'en Bison futé, que ce sont les derniers papes modernes qui amèneront l'Antéchrist-personne sur le Siège de Pierre, pour que se vérifient, et la Prophétie scripturaire de "l'agneau à la voix de dragon" (Apoc XIII, 11), et la prophétie salettine qui révèle la même chose : "Rome perdra la Foi et deviendra le siège de l'Antéchrist" (cf. mon article au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/AntechristDernierPapeLEGITIMEMisEnForme.pdf).
           
        Puissions-nous, Monseigneur, vous et moi, et ceux qui liront ces lignes, être trouvés parmi ces âmes de bonne volonté, lorsque Jésus reviendra en gloire et puissance, pour juger les vivants et les morts.
           
        En ces temps surnaturellement réjouissants de Noël et d'Épiphanie, il est bon, justement, de se remettre en mémoire que le Christ est né pour réjouir "les hommes de bonne volonté" (Lc II, 14), comme le diront les Anges du Ciel aux bergers dans la nuit lumineuse de la Noël... pour terminer mon propos par un oxymore salvateur.
           
        Avec tout mon respect, Monseigneur Williamson.
 
En la fête de la Circoncision de Jésus
& de l'Octave de Noël,
ce 1er janvier 2021.
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
 
01-01-2021 15:01:00
 

Face à l'Église romaine concordatairement prostituée au IIIème Reich d'Adolf Hitler, un "héros discret", un martyr autrichien du droit chrétien : le Bienheureux FRANZ JÄGERSTÄTTER

 
 
 
 
 
 
 
 
Face à l'Église romaine concordatairement prostituée
au IIIème Reich d'Adolf Hitler,
un "héros discret", un martyr autrichien du droit chrétien :
le Bienheureux FRANZ JÄGERSTÄTTER
 
           
        Ce n'est pas sans ressentir de grandes émotions contradictoires que je commence ce nouvel article, émotions qui se contre-bousculent violemment dans mon âme.