(Pour mémoire, je mets ici le lien de la 1ère partie de mon article, à lire évidemment avant cette présente partie deuxième & dernière : 
 
 
 
La conception liturgique pseudo-millénariste
de Mgr Arthur Roche,
Préfet de la Congrégation pour le culte divin,
anticipation vaticandeuse luciférienne
d'une nouvelle économie de salut
(2)
 
           
        Après avoir vu le ciel à l'envers, ce qui assombrit et enténèbre péniblement et même dangereusement l'âme, il convient maintenant de voir le Ciel à l'endroit, pour épanouir l'âme dans la liberté surnaturelle des enfants de Dieu, et l'en faire vivre pour son salut.
 
        Le pseudo-millénarisme dont s'entretiennent lucifériennement les modernes, et qui a hélas occupé toute la première partie de mon article, ce sont les ténèbres. Mais le vrai millénarisme, c'est-à-dire la doctrine du Millenium, c'est la Lumière de Dieu dans la Gloire du Christ, bien faite pour illuminer surnaturellement les âmes des simples fidèles.
           
        Alors, qu'en est-il donc bien de la vraie théologie du Millenium ?
           
        Dans les années 1992, j'ai écrit tout un livre, 500 pages, un historique apologétique sur le Millenium, intitulé Bientôt le Règne millénaire, sous le pseudonyme Louis de Boanergès (l'ouvrage est toujours disponible, on peut le commander à : Éditions D.F.T. - BP 47033 - 35370 Argentré-du-Plessis, au prix de 29,90 € port compris). Il n'est pas question pour moi évidemment, dans ce qui n'est ici qu'un article, de reproduire tout le raisonnement théologique que j'y faisais pour bien asseoir cette grande doctrine divine qui, avant les Prophètes, est déjà connue des Patriarches, je n'en reprendrai ici que les aspects qui concernent notre problématique du moment, autour du novus ordo. Je ne vais donc faire ici qu'une brève incursion sur le sujet.
           
        ... Mais tout d'abord, me dira-t-on, mais d'où savez-vous et qui vous a dit qu'une nouvelle économie de salut pleine de la Gloire de Dieu et délivrée des effets du péché originel, doit avoir lieu après la Parousie ?
           
        Mais, mais, chers amis, c'est Dieu Lui-même en Personne qui me le dit formellement et bien entendu infailliblement. Il me le dit par ses prophètes vétérotestamentaires puis par le grand prophète néotestamentaire, saint Jean, dans son Apocalypse. La vérité du Millenium en est par-là même, sûre, doctrinale au sens orthodoxe du terme, et même dogmatique, comme l'ont pensé la majorité des premiers chrétiens pendant les trois premiers siècles de notre ère (c'est une période qui s'étale presque, prenons-en bien conscience, de la Révolution jusqu'à nos jours !). Nous ne saurions d'ailleurs nous montrer surpris de trouver le Millenium dans la sainte-Écriture, car ce que Dieu se propose de faire, et Il se propose de donner l'ère du Millenium un jour futur à Sa discrétion, Il le révèle par le Saint-Esprit en avance aux hommes, par ses prophètes : "Le Seigneur ne fait rien sans révéler son secret à ses serviteurs les prophètes" (Am III, 7). Et la vérité, c'est qu'Il révèle si fort, si clairement, si nettement, son intention de faire suivre la Parousie et l'économie de salut qui la précède, par une autre économie de salut pleine de la Gloire divine, que, bien étudiée la question en passant humblement sous les fourches caudines du Saint-Esprit, on se demande vraiment s'il y a une doctrine divine qui est plus clairement et plus fortement révélée dans toute la sainte-Écriture, que... le Millenium !!   
           
        Les scolastiques agnostiques quant à la Prophétie millénariste depuis les saints Jérôme et Augustin, c'est-à-dire dès le Vème siècle, ont voulu dire que tout ce qui est dit sur le Royaume, dans la prophétie vétérotestamentaire et dans l'Apocalypse, concerne, soit l'Église du Temps des nations et de Rome son centre, c'est-à-dire les Temps du Nouveau-Testament qui se déroulent avant la Parousie, soit le Ciel éternel. Or, ce n'est pas du tout ce que je lis, par exemple, dans l'Apocalypse, au sens obvie des mots extrêmement clairs et dénués de toute ambigüité dont saint Jean s'est servi pour dire la Prophétie de Dieu. Il y a une véritable et incroyable tricherie de la part des scolastiques (... dont beaucoup sont sur les autels !), et certains, non des moindres, se rendent même ridicules en voulant donner à toutes forces, au forcing et aux forceps, le sens de l'Église ou du Ciel éternel aux versets clairement chiliastes, millénaristes, de l'Apocalypse par exemple.
           
        Voyons cela ensemble, et commençons par l'avant-dernier ch. de l'Apocalypse, le XXIème, là où, visiblement, saint Jean, inspiré, termine dans l'apothéose sublime. Alors, les scolastiques, de dire : "Là, saint Jean finit en beauté sur une vision du Ciel éternel". Voilà qui est totalement erroné, complètement faux, saint Jean nous parlant très-clairement, dans les deux derniers chapitres de l'Apocalypse... du Millenium, c'est-à-dire d'un Temps terrestre certes tout pénétré de la Gloire de Dieu et qui est un peu comme l'antichambre du Ciel éternel, un vrai sas intermédiaire entre la terre et le Ciel éternel, mais... qui n'est pas le Ciel éternel, qui est toujours la terre. Il suffit de lire les mots de saint Jean avec simplicité, cette simplicité que le Christ recommande à l'âme fidèle, lorsqu'Il dit : "Si ton œil est simple, tout ton corps sera lumineux" (Matth VI, 22), pour le bien comprendre. Faisons-le ensemble, amis lecteurs : "Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'existait plus. Et moi, Jean, je vis la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du Ciel, d'auprès de Dieu, prête comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis une voix forte venant du trône, qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et Il habitera avec eux ; et ils seront Son peuple, et Dieu Lui-même sera avec eux, comme leur Dieu. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n'existera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui était autrefois a disparu. Alors Celui qui était assis sur le trône dit : Voici, Je vais faire toutes choses nouvelles. Et Il me dit : Écris, car ces paroles sont très sûres et vraies. Et Il me dit : C'est fait. Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, Je donnerai gratuitement de la source d'eau vive. Celui qui vaincra possédera ces choses, et Je serai son Dieu, et il sera Mon fils" (Apoc XXI, 1-7).
           
        Quelle belle prophétie du Millenium ! Comme l'union intime d'Amour vécue sur la terre entre Dieu et les hommes, émouvante, y est bien marquée ! Il s'agit bel et bien, en effet, du Millenium, dans ce ch. XXI, pour au moins deux raisons. Premièrement, il est à peine besoin de faire remarquer que dans le Ciel éternel, il n'y aura pas d'hommes (... pas de femmes non plus Mahomet, non, non, désolé, absolument désolé !...), terme à la consonance terrestre et temporelle indiscutable. "Voici le Tabernacle de Dieu avec les hommes" décrit bien un Temps terrestre. Deuxièmement, s'il était question dans ce ch. XXI d'un descriptif du Ciel éternel comme l'affirment mensongèrement les scolastiques de tout poil, alors, la Jérusalem nouvelle n'aurait pas besoin d'y descendre d'auprès de Dieu, comme le décrit fort bien saint Jean... puisqu'elle y serait déjà, dans ce Ciel éternel ! Elle n'aurait juste qu'à rester là où elle est, à savoir dans le Ciel éternel d'en-Haut, auprès de Dieu ! Or donc, son point de départ étant Dieu et le Ciel éternel, où voulez-vous donc bien qu'elle descende d'auprès de Dieu, la Jérusalem nouvelle, sinon, évidemment, sur la terre et la temporalité d'ici-bas ! On remarquera que saint Jean s'est déjà servi de cette formule non-équivoque, au sens millénariste certain, quelques versets plus avant : "Alors un des sept Anges qui avaient eu les sept coupes pleines des sept dernières plaies, vint à moi, et me parla en disant : Viens et je te montrerai l'épouse, la femme de l'Agneau. Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du Ciel, d'auprès de Dieu. Elle avait la gloire de Dieu, etc." (Apoc XI, 9-11). Ce ch. XXI décrit donc merveilleusement bien le Millenium, comme une magnifique noce d'Amour sur la terre entre le Ciel et la terre...
           
        Et c'est cette temporalité nouvelle et glorieuse que saint Jean décrit chronologiquement très-clairement dans le ch. précédent, le célèbre ch. XX : "Et je vis descendre du Ciel un Ange qui avait la clef de l'abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, l'antique serpent, qui est le diable et satan, et il le lia pour mille ans. Et il le jeta dans l'abîme, qu'il ferma et scella sur lui, pour qu'il ne séduisît plus les nations jusqu'à ce que les mille ans fussent écoulés ; après cela il doit être délié pour un peu de temps. Et je vis des trônes, et ils s'assirent dessus, et il leur fut donné de juger. Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient point adoré la bête, ni son image, et qui n'avaient pas pris sa marque sur leur front ni sur leurs mains ; et ils vécurent, et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent pas à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent écoulés. C'est là la première résurrection. Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n'a pas de pouvoir, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils règneront avec Lui pendant mille ans" (Apoc XX, 1-6). Remarquons bien au passage la grande logique de saint Jean : l'Ange puissant qui enchaîne le dragon sur la terre, descend du Ciel, lui aussi. Et où voulez-vous qu'ils descende bien, sinon sur la terre ? Saint Jean ici, ne parle donc pas, dans ces passages, du Ciel éternel, et nous allons voir tout-de-suite qu'il ne parle pas non plus de l'Église : il ne peut donc nous parler que du Millenium.
           
        Mais, je continue un peu ma démonstration succincte sur le fait que le Millenium est formellement annoncé par les prophètes de Dieu inspirés par le Saint-Esprit. Nous venons donc de le voir avec saint Jean, prophète du Nouveau-Testament. Or, et cela ne peut surprendre c'est le contraire qui surprendrait, les prophètes de l'Ancien-Testament ont exactement le même langage inspiré que lui pour nous décrire un Royaume de Dieu qui ne sera ni l'Église dans son économie du Temps des nations ni non plus le Ciel éternel, et qui ne peut donc être que le Millenium. Prenons par exemple le prophète Daniel. Que nous enseigne-t-il sur le sujet ? Lisons-le : "Il [l'Antéchrist-personne] proférera des paroles contre le Très-Haut, il écrasera les saints du Très-Haut, et il pensera qu'il pourra changer les temps et les lois ; et ils seront livrés entre ses mains pendant un temps et des temps, et la moitié d'un temps. Alors le jugement se tiendra [par le Déluge de feu puis par la Parousie], afin que la puissance lui soit enlevée, qu'il soit détruit et qu'il disparaisse à jamais, et que le royaume, la puissance et la grandeur du royaume qui est sous tout le ciel, soient donnés au peuple des saints du Très-Haut ; son royaume est un royaume éternel, et tous les rois Le serviront et Lui obéiront" (Dan VII, 25-27). Il n'est pas difficile de remarquer que Daniel parle d'un Royaume "sous tout le Ciel", autrement dit sur cette terre, dans une synonymie parfaite avec la formule de saint Jean qui nous le décrit comme "descendant du Ciel d'auprès de Dieu" ! Ce n'est pas tout d'ailleurs, avec saint Jean, quant à nous décrire le Royaume du Christ comme étant temporel et concernant toute la Création et pas seulement l'Église. Ne nous dit-il pas : "Le septième Ange sonna de la trompette, et des voix fortes se firent entendre dans le Ciel ; elles disaient : L'empire de ce monde a été remis à notre Seigneur et à Son Christ, et Il règnera dans les siècles des siècles. Amen" (Apoc XI, 15). Or, "l'empire de ce monde", formule forte au sens très-précis, n'a rien à voir avec l'Église ni non plus avec le Ciel éternel, saint Jean nous décrit bien là, une fois de plus, le Millenium.
           
        Mais revenons au prophète Daniel qui nous a parlé du Royaume devant avoir lieu "sous tout le ciel", c'est-à-dire, on l'a compris, dans l'ici-bas terrestre. Même son de cloche quelques versets avant, quand le prophète de Yahweh nous dit : "Je regardais donc dans cette vision nocturne, et voici, quelqu'un, semblable au Fils de l'homme, venait avec les nuées du ciel, et Il s'avança jusqu'à l'Ancien des jours. Ils Le présentèrent devant lui, et Il Lui donna la puissance, l'honneur et le royaume, et tous les peuples, les tribus et les langues Le servirent ; Sa puissance est une puissance éternelle qui ne Lui sera point ôtée, et Son royaume ne sera jamais détruit" (Dan VII, 13-14). Le v. 14 où il est dit que le Royaume s'exercera sur des peuples, des tribus et des langues, toutes choses qui, évidemment, n'existeront plus au Ciel éternel, confirme bien la logique du descriptif de Daniel lorsqu'il nous enseigne que le Royaume aura lieu "sous tout le ciel". Le prophète infaillible de Yahweh nous annonce donc, pour notre ici-bas terrestre, une nouvelle économie de salut après le Temps des nations et de l'Église romaine mourant sous la main de l'Antéchrist-personne, la chronologie de Daniel est là aussi on ne peut plus claire, comme celle du ch. XX de l'Apocalypse de saint Jean. Notre Temps des nations et de Rome son centre n'est donc pas du tout la dernière économie de salut christique, ce que saura très-bien l'Antéchrist-personne... plus catholique en cela que lesdits glosateurs scolastiques néo-pharisiens ! Non seulement en effet, il fera mourir le Temps des nations et de l'Église romaine, mais, à la fois et dans le même acte, il prétendra instaurer lui-même l'économie de salut qui, de par Dieu, et il le sait, doit la suivre, à savoir celle du Millenium. Et si Daniel précise dans le v. 27 que ce Royaume du Millenium est "éternel", c'est tout simplement parce que Celui qui l'exercera ici-bas par l'entremise "des saints du Très-Haut", sera le Christ-Dieu Lui-même, et que bien sûr le Christ-Dieu est éternel, sans préjudice cependant que cedit Royaume glorieux d'essence éternelle s'exercera... "sous tout le ciel" (c'est dans le même sens que l'ange Gabriel dit à Marie, lors de l'Annonciation, parlant pourtant du trône temporel du roy David : "Il [Jésus] sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David Son père, et Il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et Son règne n'aura pas de fin" ― Lc I, 32-33).
           
        Il y a ici, donc, pour qui a des yeux pour voir, une affirmation scripturaire du Millenium, une de plus, tel que le prêchera de son côté saint Jean dans l'Apocalypse (... et tel qu'il le prêchait ainsi aux premiers chrétiens, on en a la preuve formelle par le fait historique que là où la doctrine millénariste a été le plus crue dans le tout premier christianisme, est là où saint Jean l'Apôtre avait prêché, dans l'Asie mineure, dans les cercles voisins d'Éphèse...).
           
        Dans  le cadre de mon article, je finirai ma démonstration exégétique forcément succincte pour prouver la réalité du Millenium dans l'économie universelle du Plan de salut divin pour les hommes, par une dernière citation scripturaire. Le Millenium est donc un Temps qui vient après la grande Tribulation de la fin des temps et la Parousie qui la finit. Or, Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans le discours eschatologique de Matth XXIV, 22, enseigne qu'il y aura un temps terrestre après la fin des temps, par un terme non-équivoque : "Car il y aura alors une grande tribulation, telle qu'il n'y en a pas eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. Et si ces jours n'avaient été abrégés, nulle chair n'aurait été sauvée". Or, si la fin des temps devait terminer l'existence de ce monde, comme veulent le croire les scolastiques, alors, Jésus n'aurait pas précisé que ces jours de tribulation seront abrégés pour permettre à la chair d'être sauvée ; car la chair, c'est la situation de l'homme dans sa condition terrestre, ce qui suppose, la chair pouvant être sauvée de la grande tribulation selon que le prophétise Notre-Seigneur, qu'il y aura un temps terrestre après la fin des temps, après la grande tribulation. Si en effet, la fin des temps devait terminer l'existence de ce monde, alors Jésus aurait prophétisé que ces jours de grande tribulation seraient abrégés pour permettre à l'âme, et non à la chair, d'être sauvée. Ici, dans ce passage eschatologique, Jésus, donc, confirme divinement la chronologie millénariste qu'établit saint Jean dans le ch. XX de l'Apoc.
           
        ... Que d'autres passages scripturaires, tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, seraient à évoquer, que je ne peux évidemment pas continuer à rapporter ici, dans le cadre restreint de cet article, comme prouvant que le Millenium fait bel et bien partie du Plan divin !
           
        Comment donc se fait-il que les scolastiques, voire les plus saints d'entr'iceux, ont menti honteusement sur le sens millénariste formel de ces passages scripturaires absolument limpides, clairs, simples, sans équivoque ni ambiguïté aucunes, trompant ainsi fort gravement les âmes...?!? Mais, sur cette pénible et irritante question, je termine là mon apologie du Millenium, cet aspect important du dogme catholique qui n'aurait jamais dû être mis sous le boisseau dans l'Église, comme il l'a cependant été hélas, depuis les scolastiques, depuis le Ve siècle des saints Augustin et Jérôme.
 
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        Mais, pourrait-on objecter, les descriptifs scripturaires prophétiques des chapitres XXI de saint Jean & VII de Daniel, s'ils ne concernent pas le Ciel éternel comme vous l'avez bien établi, concernent peut-être l'Église dans son économie du Nouveau-Testament ou Temps des nations et de Rome son centre ?
           
        La réponse est que c'est théologiquement impossible. Car les prophètes de Dieu, comme on l'a vu par les quelques passages que j'ai cités (et il y en a bien d'autres), ne font pas que révéler l'existence du Millenium, ils révèlent aussi la théologie de l'économie de salut spécifique du Millenium. Or, le fondement théologique spécifique de l'économie de salut du Millenium, qu'ils décrivent scripturairement à grands traits, s'avère être absolument antinomique, radicalement, avec celui spécifique de l'économie de salut de l'Église du Temps des nations, la nôtre. Ces prophéties du Royaume ne peuvent donc pas concerner l'Église du Temps des nations. Et puisqu'elles ne peuvent concerner ni le Ciel éternel ni l'Église du Temps des nations, elles ne peuvent donc que concerner le Millenium.
           
        Et, ô lecteur attentif, nous allons retomber soudain dans le cœur du problème soulevé hérétiquement par les modernes quant à la liturgie. Qu'est-ce qui caractérise essentiellement, en effet, l'économie de salut de l'Église du Temps des nations ? C'est d'avoir une structure hiérarchique, c'est-à-dire qu'il y a des "membres enseignants" et des "membres enseignés", ce qui s'applique à tous les niveaux, que ce soit pour l'enseignement doctrinal ou pour la confection des sacrements, la liturgie, ou encore pour la désignation du Souverain pontife actuel (dont la légitimité n'est pas du tout laissée au jugement et à la libre appréciation des simples fidèles, comme le croient à tort, par exemple, les sédévacantistes), etc. ; c'est justement la raison pour laquelle il existe non pas seulement un degré entre le sacerdoce royal des fidèles de l'épître pétrinienne et le sacerdoce ministériel des prêtres, sacramentel, mais une différence de nature, essentielle. Parce que les prêtres, par un ordre sacré, hieros - arkè, sont hiérarchiquement séparés et au-dessus des fidèles qu'ils "enseignent" au sens théologique fort. L'étymologie du mot hiérarchie le révèle très-bien, tiré des vocables grec hieros («sacré») et archos («commencement», ou «ce qui est premier») ou plus certainement arkhê («pouvoir», ou «commandement»). Et il est absolument subversif et radicalement destructeur de la Constitution divine de l'Église du Temps des nations de néantiser cette différence essentielle entre les prêtres et les laïcs... ce que précisément tâchent de faire les modernes en voulant promouvoir une "participation active" des simples fidèles dans la liturgie, et comme on a vu le pape Paul VI  lui-même y souscrire dans la première partie de son allocution du 29 juin 1972.
           
        Or, voici comment Jérémie décrit le fondement théologique de l'économie de salut spécifique du Millenium : "Je mettrai Ma loi dans leurs entrailles, et Je l'écrirai dans leur cœur, et Je serai leur Dieu, et ils seront Mon peuple ; et personne n'enseignera plus son prochain et son frère, en disant : Connais le Seigneur ! ; car tous Me connaîtront, depuis le plus petit d'entre eux jusqu'au plus grand, dit le Seigneur ; car Je leur pardonnerai leur iniquité, et Je ne Me souviendrai plus de leurs péchés" (Jér XXXI, 33-34). Il n'est pas besoin d'être grand'clerc en théologie pour comprendre que le prophète de Yahweh nous fait là un descriptif précis du fondement théologique de l'économie de salut qui aura lieu dans le Royaume, comme étant spécifiquement... non-hiérarchique. Ce qui signifie que ces passages prophétisant sur les temps du Royaume ne sauraient concerner l'Église du Temps des nations et de Rome son centre, dont le fondement essentiel est justement d'être... hiérarchique. Il y a antinomie formelle entre ce que nous dit Jérémie et le fondement hiérarchique de la Constitution divine de l'Église du Temps des nations et de Rome son centre. C'est tout simplement parce que le prophète de Yahweh nous décrit là le Millenium.
           
        Théologiquement en effet, le fondement de l'économie de salut du Millenium est d'être une grande égalité «démocratique», je l'écris avec de sérieux et gros guillemets en rouge parce que, loin de trouver son fondement dans les hommes, cette démocratie participative qui sera l'essence du Millenium trouve son fondement en Dieu, et exclusivement en Dieu seul (soit dit en passant, la démocratie politique post-révolutionnaire actuelle est, là encore, et depuis plus de deux siècles, une anticipation luciférienne des conditions du Millenium, mais elle fonctionne sataniquement à l'envers, en partant du bas, et non en partant du haut). Sans jouer paradoxalement sur les mots, on pourrait tout-à-fait la baptiser : "Théocratie démocratique".  Mais, depuis la Révolution, nous vivons tellement sous la "puissance des ténèbres", nous sommes tellement imbibés d'une démocratie qui fonctionne par le bas, que nous ne pouvons même pas comprendre qu'il pourrait exister une Démocratie qui fonctionne par le haut, ou plutôt, pour exactement parler, par le Très-Haut. Or, cette "démocratie divine" sera le fondement de tous les aspects de cette nouvelle économie de salut du Millenium, y compris, bien sûr, celui... liturgique. Et l'on voit par-là l'anticipation luciférienne des modernes qui veulent déjà vivre cette nouvelle économie du Millenium, tant quant à la chose politique qu'à celle religieuse, alors que Dieu ne l'a pas encore instaurée...
           
        Mais voici une autre spécificité de l'économie de salut du Millenium, qui ne peut concerner l'Église du Temps des nationsIsaïe nous décrit cette connaissance de Dieu par tout fidèle vivant l'économie spécifique du Millenium, ainsi : "On ne fera point de mal et on ne détruira plus sur toute ma montagne sainte [par ce terme, le prophète décrit Jérusalem glorifiée dans les temps du Millenium, comme ayant subi une très-grande élévation physique, elle sera la plus haute montagne sur toute la terre d'alors, complètement remodelée ; mais encore, par extension et dans un second sens, la "montagne sainte" décrit aussi ce que sera devenu toute la terre ― Après la destruction de tous les empires historiques représentés par le colosse aux pieds d'argile, Daniel, lui aussi, voit le Millenium sous la figure d'une montagne :  "La pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre" ― Dan II, 35] ; car le pays sera rempli de la connaissance de Yahweh comme le fond des mers par les eaux qui le recouvrent" (Is XI, 9). Cette prophétie est si importante, que le Saint-Esprit la fait redire par le prophète Habacuc (II, 14). Cela signifie, comme l'image le dit très-clairement, le fond de la mer étant parfaitement recouvert de l'eau de la mer sans qu'il n'y ait aucun endroit, aucun interstice même très-petit, où il n'est pas recouvert par elle, que tout homme sera pénétré d'une connaissance mystique de Dieu, délivrée radicalement de toute ignorance invincible (ce qui, soit dit en passant, le rendra beaucoup plus responsable moralement devant Dieu), et non plus ascétique, avec des tas d'ignorances invincibles de la Vérité de Dieu, comme cela ne caractérise que trop la connaissance de Dieu dans notre économie de salut du Temps des nations. Deuxième aspect du Millenium qui ne peut, donc, pas plus que le premier, concerner l'économie spécifique de l'Église du Temps des nations... C'est pourquoi, l'homme du Millenium, ayant une parfaite connaissance de Dieu, au surplus une connaissance mystique, sera "roi et prêtre", comme nous le dit on ne peut plus clairement saint Jean dans son Apocalypse : "Et Vous nous avez faits rois et prêtres pour notre Dieu, et nous règnerons sur la terre" (Apoc V, 10) ; et encore : "Et qui [Lui, le Christ] a fait de nous Son royaume et des prêtres pour Dieu Son Père ; à Lui la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen" (Apoc I, 6).
           
        Je viens donc d'établir, sommairement certes, que les prophéties scripturaires du Royaume ne regardant ni le Ciel éternel, ni non plus l'Église dans son économie de salut du Temps des nations, ne peuvent donc avoir comme objet formel que le Millenium.
 
 
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        Or, mon lecteur l'a déjà compris, c'est tout cela, toute cette virtus propre aux seuls temps à venir du Millenium, que les modernes, par anticipation luciférienne impure et orgueilleuse, sans aucun respect de la Geste divine à venir, veulent absolument et à toutes forces actualiser dans notre Temps des nations (et, illuminés de leur gnose, plus les temps vont avancer vers le règne de l'Antéchrist-personne, plus ils vont devenir de plus en plus furieux pour l'actualiser dans l'Église, écoutant de moins en moins ce qui pourrait les ramener à un peu plus d'orthodoxie, comme Mgr Arthur Roche ne nous le montre bougrement que trop bien, en vrai bogomile). D'où, par exemple, la nouvelle définition de la Messe : elle n'est plus le Sacrifice du Christ, mais "l'assemblée solennelle de la communauté chrétienne", comme s'il n'y avait plus, déjà, que des rois et des prêtres dans ladite communauté chrétienne, nouvelle définition professée, comme on sait, dans l'Introduction du novus ordo missae en 1969, mais... qui était déjà la définition d'un Directoire pour la pastorale des sacrements, adoptée par l'assemblée plénière de l'épiscopat pour les diocèses de France, en... 1951, quasi quinze ans avant le concile moderne, comme en témoigne un exemplaire dudit Directoire que j'ai en archive !
           
        Donc, dans l'Église moderne, anticipation luciférienne du Millenium sur le plan liturgique, certes, mais pas que. Car en fait, les modernes veulent mettre tout, dans l'Église, au diapason de leur pseudo-millénarisme, rien ne doit plus y échapper... Le délire synodal auquel on assiste actuellement dans l'Église moderne procède lui aussi de cette anticipation luciférienne des conditions "démocratiques divines" du Millenium, où tout fidèle, tel qu'il est, sera plein de la connaissance de Dieu, et donc doit être écouté, et non plus seulement entendu, même s'il s'agit d'un fidèle... gay. Parce que lui aussi est désormais roi et prêtre. Et c'est bien pourquoi le pape François, par exemple, guide sa théologie morale non plus sur des règles garde-fous précises (on s'en est bien rendu compte avec Amoris Laetitia), mais sur la situation morale actuelle où se situent les... rois et prêtres qu'il veut désormais voir en face de lui dans tous les simples fidèles indistinctement ; c'est donc forcément devenu une théologie morale en situation, puisqu'il veut se croire en présence de rois et de prêtres comme inhabités de Dieu !
           
        Cette perversion pseudo-millénariste va très-loin chez le pape François, elle va jusqu'à lui faire revoir la définition de la papauté. Il y a quelque temps, on l'a vu tenir des propos bizarres, étranges, sur la fonction pontificale suprême, qu'il s'agirait soi-disant de reconsidérer dans son fondement même. C'était dans le cadre d'un discours sur ce qu'est le synode dans l'Église : "La nécessité et l’urgence d’une conversion de la papauté ― «Une Église synodale est une Église de l’écoute, de la conscience qu’écouter c’est plus qu’entendre». Tout finit au niveau du Pape, «appelé à se prononcer comme pasteur et docteur de tous les chrétiens», «non à partir de ses propres convictions mais comme témoin suprême». La manière dont le Pape exerce son ministère au sein de l’Église s’apparente donc à une «pyramide renversée où le sommet se trouve sous la base» [!!!]. Une position qui souligne le service que doit le Pape à tous. «Hier, aujourd’hui et toujours, l’unique autorité est l’autorité du service, l’unique pouvoir est le pouvoir de la croix». Le pape François souligne «la nécessité et l’urgence de penser à une conversion de la papauté», expliquant que le Pape n’est pas au-dessus de l’Église mais à l’intérieur, en tant que premier serviteur" (cf. http://fr.aleteia.org/2015/10/19/francois-appelle-leglise-a-plus-de-decentralisation/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=topnews_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr-Oct%2019,%202015%2002:37%20pm). Le pape serait alors conçu, non plus comme "le serviteur des serviteurs de Dieu", Servus servorum Dei entendu à la manière très-orthodoxe du pape saint Grégoire-le-Grand (540-604), mais seulement comme l'expression de tout le peuple de Dieu composé de "rois et de prêtres", qui sont devenus ses égaux, qui tous ensemble sont le pape, et qu'il ne ferait que manifester passivement dans et par sa fonction et sa personne. Ce qui est hétérodoxe au plus haut point, est-il besoin de le dire, dans notre économie de salut du Temps des nations. Mais on est là en plein raisonnement pseudo-millénariste...
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
            
        Mais je quitte le ciel à l'envers pour respirer à nouveau à pleins poumons avec le Ciel à l'endroit. Pendant le Millenium, la condition de l'homme sera très-élevée, autant dans l'ordre surnaturel que dans celui purement naturel. Au point que, comme nous dit saint Irénée de Lyon, "cette vivante synthèse du christianisme tout entier au IIème siècle" (Daniel-Rops) et significativement grand docteur du millénarisme, dans le ch. V de son Contra Haereses, "l'homme renouvelé sera mûr pour l'incorruptibilité au point de ne plus pouvoir vieillir" (36.1 ― ch. V qu'il consacre tout entier à une apologie du Millenium et qui pourfend si bien tous les raisonnements anti-millénaristes, que les scolastiques, complètement impuissants à le réfuter, l'ont, le plus malhonnêtement et honteusement du monde, carrément... supprimé dans les éditions ultérieures de Contra Haereses, pendant plus de mille ans, ... millenium eschatologiquement maudit s'il en fut !, du Vème au XVIème siècle, où il fut retrouvé, presque par hasard, par un religieux au nom prédestiné, le Père cordelier Feuardent... ça ne s'invente pas !).
           
        Tout homme en effet, vivant dans le Millenium, pourra, par les mérites obtenus par la sainteté de sa vie (car ce sera le spirituel qui gouvernera le temporel, les choses étant revenues dans l'ordre), avoir la grâce de vivre tout le temps imparti au Millenium, soit... mille ans. Et c'est bien pourquoi d'ailleurs, Isaïe, nous entretenant sur ce temps du Millenium délivré des effets du péché originel, nous apprend que "il n'y aura plus là d'enfant né pour peu de jours, ni de vieillards qui n'accomplisse pas le nombre de ses jours, car ce sera mourir jeune que de mourir centenaire, et c'est à cent ans que la malédiction atteindra le pécheur" (Is LXV, 20). Car en effet, il ne faudrait pas s'imaginer la condition spirituelle très-élevée propre au Millenium comme une confirmation en grâce, c'est-à-dire que l'homme ne pourrait plus pécher, l'homme du Millenium, quoique très-haut dans l'ordre de la grâce, sera toujours dans la possibilité de pécher, ce qui fut aussi le cas, rappelons-nous hélas !, d'Adam, qui, bien que placé dans un ordre spirituel très-élevé, n'en commit pas moins... le premier péché.
           
        Mais l'élévation de la nature corporelle de l'homme, pendant le Millenium, n'est rien si on la compare à l'élévation spirituelle de son âme, de la vie de la grâce en lui. Saint Irénée nous dit que, dans le Millenium, "l'homme nouveau conversera avec Dieu d'une manière toujours nouvelle" (ch. V, 36.1). N'est-ce pas cette vision des choses que semble évoquer Paul VI, lorsqu'il nous dit que "les fidèles qui sont appelés à être fils de Dieu (...) doivent exercer ce dialogue, cette conversation avec Dieu dans la religion, dans le culte liturgique, dans le culte privé. Ils doivent étendre le sens du sacré également à leurs actes. (...) Le chrétien (...) peut apporter quelque chose de nouveau, éclairer, sacraliser également les choses temporelles, extérieures, passagères, profanes" (revoir supra). Malheureusement, ce n'est pas du tout en notre Temps des nations, appelé par saint Paul "l'âge mauvais" (Eph V, 16), que cela est possible, mais seulement dans le Millenium, par la grâce toute-puissante du Saint-Esprit descendue sur tout l'univers et singulièrement dans les âmes de tous les hommes. Encore un coup, vouloir que les conditions du Millenium puissent être actualisées dans une économie de salut inférieure et antérieure qui n'est pas le Millenium, c'est une anticipation luciférienne peccamineuse, comme je l'exprime dans le titre de mon présent article.
           
        "L'homme nouveau conversera avec Dieu d'une manière toujours nouvelle". Dans mon livre Bientôt le Règne millénaire, j'évoquais la figure de Joachim de Flore (1135-1202), qui, quoique prophète fort imparfait du Millenium que d'ailleurs il n'appelait pas ainsi, n'en donnait pas moins un prodigieux éclairage sur cette phrase de saint Irénée. Pour Joachim de Flore en effet, ce qui caractérise essentiellement le Millenium, c'est que l'homme qui y vivra aura une parfaite et plénière illumination de la sainte-Écriture des deux premiers Testaments, l'Ancien et le Nouveau, ce qui rejoint soit dit en passant ce que prophétise Isaïe et Habacuc, lorsqu'ils nous apprennent que dans le Millenium "le pays sera rempli de la connaissance de Yahweh comme le fond des mers par les eaux qui le recouvrent".
           
        C'est pourquoi, pour Joachim de Flore, qui était moine et fondateur d'un grand mouvement monastique dans son XIIème siècle, il baptisait le Millenium, l'aetas monachorum, l'état monacal au plus haut sommet (le but spirituel ultime de la vie monastique en effet, est de vivre parfaitement le Christ par la sainte-Écriture). Mais comprenons bien que l'homme parfaitement illuminé de la connaissance de la sainte-Écriture, c'est ni plus ni moins "l'homme spirituel" dont nous parle saint Paul (I Cor II, 15), comme étant inhabité du Christ à la fois Dieu et Homme parfait. La sainte-Écriture parfaitement entendue, en effet, c'est le Verbe de Dieu Lui-même. Les auteurs appellent une Parole de Dieu, une parole substantielle, c'est-à-dire qu'elle crée un monde, un cosmos, rien que par le fait même d'être prononcée, elle ne fait pas que dire une forme, elle la crée. Mais si l'homme donc, comme le sera tout homme vivant dans le Millenium, a connaissance plénière et parfaite du Verbe de Dieu exprimé dans la sainte-Écriture, il a en quelque sorte communication avec la Divinité. L'intelligence parfaite de la sainte-Parole de Dieu dans l'Écriture lui donne en effet cette communication ineffable, qui lui donne un très-grand pouvoir. C'est ce que Jésus tâche de faire comprendre à ses disciples, lorsqu'Il leur dit : "En vérité, Je vous le dis, si vous aviez de la Foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici, là, et elle s'y transporterait ; et rien ne vous serait impossible" (Matth XVII, 19). C'est précisément la grâce suréminente dont le Saint-Esprit investira tout homme dans le Millenium. L'homme du Millenium sera dans la condition d'Adam avant le péché originel, il est en quelque sorte inhabité de Dieu, Dieu fait sa demeure en lui par l'illumination de son Verbe. On pourrait prendre la comparaison avec l'état des Apôtres le jour de la Pentecôte où l'Esprit de Dieu, faisant soudain irruption dans leur nature humaine, les inhabite de la Vertu de Dieu, les surélève radicalement au-dessus d'eux-mêmes sans qu'ils n'aient eu aucun effort à faire pour cela, c'est un Don de Dieu.
           
        Et c'est par ce Don de Dieu dans l'homme du Millenium, qu'il sera apte à tout vrai sacerdoce dans l'Église et toute vraie royauté sur la Création, l'intelligence parfaite de la Parole, du Verbe, par la sainte-Écriture, mettant l'homme dans l'état de co-créateur et de co-sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédech. C'est pourquoi d'ailleurs, Joachim de Flore appelait le Millenium, "tempus sub spiritali intellectu" ou encore "mysticus intellectus" (alors que notre économie de salut actuelle est appelée par lui "tempus sub littera evangeli"). Et le Millenium n'adviendra nullement pour abolir notre Temps des nations et de Rome son centre, quand la vérité est qu'il l'accomplira dans la Gloire divine.
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
           
        Il me semble que je peux aborder maintenant la question du culte liturgique dans le Millenium, qui est au cœur du sujet de mon article puisque je dénonce chez les modernes et Mgr Arthur Roche, d'en faire une anticipation luciférienne dans notre présente économie de salutOr, le culte liturgique du Millenium sera un culte de soi dévolu, évidemment, à tout homme, seul ou avec ses semblables. Il n'y aura plus aucune différence de nature sacerdotale entre le prêtre et le simple fidèle, pour la très-bonne et excellentissime raison que l'un sera l'autre et l'autre sera l'un. De plus, non seulement l'homme du Millenium sera prêtre sacerdotal, mais on peut penser qu'il pourra être lui-même "hostie" pour ses frères, par dérivation de la grande Hostie, celle du Christ. Voici comment j'exprimais la chose il y a trente ans dans une page de mon livre Bientôt le Règne millénaire, après avoir exposé la pensée de Joachim de Flore :
           
        "L'on peut, avec toute la prudence qui s'impose en un tel domaine sacré, émettre quelques idées j'espère pas trop imparfaites : dans le 1er Testament, il y avait un agneau figuratif qui ne contenait en rien le Corps de Jésus-Christ Notre-Sauveur (qui seul nous sauve dans toutes les économies particulières de salut qui se succèdent dans tous les Temps du monde du début jusqu'à la fin, mais de façon différente). Dans le 2ème Testament, celui de l'Église du Temps des nations et de Rome son centre, Notre-Seigneur donne son Corps Lui-même aux chrétiens. Et pourquoi ne pas penser que ce Corps divin nourrissant ses fidèles tout au long du IIème Testament, permettrait la Régénération du IIIème Testament ou Millenium, c'est-à-dire qu'il serait donné au fidèle nourri de l'Hostie divine pendant tout le IIème Âge d'être finalement, par le Sacerdoce du Saint-Esprit, prêtre et peut-être même hostie lui-même, médiatement, indirectement, par le Christ-Hostie (et non pas, bien entendu, immédiatement, directement) ?... Mais le Bon Dieu nous révèlera à son Heure, ce que nous devons entendre exactement de l'Écriture quand elle nous révèle que ceux qui participeront au Millenium seront «les prêtres du Très-Haut». L'important en telle matière si sacrée, est évidemment l'esprit de piété et d'Amour de Dieu ; ce qui n'équivaut pas à un esprit de pusillanimité, de timidité excessive, voire de pudibonderie spirituelle, qui pourrait précisément nous faire refuser ce que Dieu veut nous donner, comme ce qui est arrivé aux juifs lorsque Jésus leur annonça l'Eucharistie de son Corps.
           
        "Rouvrons en effet l'Évangile. Jésus-Christ qui venait instaurer la IIème économie de salut avait, en face de Lui, des juifs tout pénétrés de celle de l'Ancien-Testament : pour eux, l'Agneau devait être toujours figuratif. Or, après les avoir préparés patiemment à la révélation supérieure du IIème Testament, voici qu'un jour Notre-Seigneur enlève le voile et leur dit clairement qu'il faut, maintenant, manger la chair elle-même du Messie pour être sauvé... De la chair d'un animal consacré figurant le Messie, les juifs étaient désormais conviés à se nourrir de la Chair elle-même du Messie ! Terrible révélation pour ceux qui n'étaient pas véritablement pieux, qui vivaient de l'écorce de la Religion...! Pour ceux-là, le choc fut trop grand, aussi bien l'Évangile nous apprend qu'en ce jour, la défection fut grande chez les juifs et jusque dans les rangs des disciples du Christ (cf. Jn VI, 47-72). C'est à méditer. Car le palier cultuel et liturgique du IIème Testament au IIIème Testament ou Millenium, sera sûrement aussi grand à franchir que celui des juifs au temps du Christ" (p. 146). Dans un manuel de piété des plus classiques, Précieux recueil de spiritualité, d'A. Ponthaud, on trouve une révélation faite par Notre-Seigneur à une âme mystique, qui conforte le sens que je viens d'exposer : "À une sainte Religieuse hospitalière. ― Cette source divine [de la grâce surnaturelle] qui est en toi grossit à chaque Communion ; mais tu n'es pas assez pénétrée de ma Présence en toi, et de cette vérité, que c'est bien à la Nature divine que tu communies, que tu participes à l'Essence divine... Comme il ne reste plus du pain et du vin que les apparences, il faut qu'il ne reste, en toi, rien de naturel et de corrompu ; il faut que tout soit divin" (fin de citation). 
           
        Je suis parvenu maintenant à la fin de mon article. Entre la poire et le fromage, je ne peux manquer de dire que le transhumanisme des initiés mondialistes actuels menés par Klaus Schwab est aussi une anticipation des plus satanistes du Millenium, plus encore que luciférienne, anticipation qui n'est qu'un monstrueux et diabolique plagiat de l'assomption de l'homme dans le Millenium. Ces possédés-là (de véritables monstres d'impiété et d'iniquité qui auraient été mis sans procès ni jugement sur le bûcher au Moyen-Âge !), dont l'inspirateur est par trop visiblement Satan lui-même, ont pour projet de détruire radicalement la nature humaine telle qu'elle a été créée par Dieu pour prétendument... construire leur homme nouveau, par une symbiose diabolique entre la matière et la nature humaine !! Comme s'il était possible d'élever la condition de l'homme en commençant par... détruire l'homme dans son fondement ontologique !!! Mais ces maudits-là sont tellement satanisés dans leur âme qu'ils ne sont même plus capables, tel Hitler (... avec lequel le père de Klaus Schwab avait des accointances...), de conscientiser leur folie. Avec le transhumanisme, on est là en plein satanisme nazi, mais notons bien qu'il s'agit pour nos satanistes de vouloir créer un homme nouveau dans un ordo nouveau du monde, en imitation satanique du Millenium, par une soi-disant "quatrième révolution industrielle"...
           
        Il me semble nécessaire maintenant de donner deux définitions.
           
        Certains entendent à faux le terme "millénarisme" comme d'une période messianique initiée par l'homme à l'intérieur de l'Histoire, tel le IIIème Reich d'Hitler par exemple, qui devait durer mille ans. Mais il ne s'agit là que d'un FAUX millénarisme, non d'un vrai, et pour deux raisons. Le vrai millénarisme, c'est le Millenium après et non avant la Parousie, à l'extérieur de l'Histoire donc, radicalement post-historique, et de plus, et pour cette raison même, il est initié exclusivement par Dieu, l'homme n'y ayant aucune part.
           
        Il me semble nécessaire aussi de bien définir ce que j'entends en qualifiant le projet pseudo-millénariste liturgique des modernes de luciférien, car certains pourraient trouver excessif ce qualificatif. Être luciférien, c'est adorer l'idée de Dieu au mépris du Dieu réel, et non Dieu Lui-même. Quand je qualifie de luciférien le projet pseudo-millénariste liturgique des modernes, c'est à cela que je fais allusion. Je ne soupçonne évidemment nullement les modernes à commencer par Mgr Roche d'être les adeptes d'un culte extérieur conscient à Lucifer, comme les satanistes le font de Satan dans leurs sabbats, mais je dénonce en eux un culte luciférien intime et implicite : s'illuminer intellectuellement l'âme de l'idée millénariste et vouloir humainement mettre en oeuvre le Millenium au point de ne plus prendre aucunement en compte que Dieu n'a pas réellement fait advenir le Millenium, c'est être luciférien ou à tout le moins avoir une pratique luciférienne.
 
 
ViergeAuGlobeDOrBuste
           
        Comment finir sans rappeler qu'à Fatima, en 1917, il y a eu une prodigieuse révélation du Millenium... que personne n'a remarqué... comme toujours en pareille occurrence !! Qui, en effet, parmi les innombrables auteurs et les dizaines de milliers de pages qui ont été écrites sur Fatima depuis 1917, a remarqué que l'extraordinaire miracle du soleil... n'est pas... le miracle du soleil, c'est le miracle du soleil... ET de l'arc-en-ciel ? Et pas l'un sans l'autre ? Personne, à ma connaissance, je veux dire en tirant l'enseignement millénariste formel que le Ciel a donné à ce prodigieux double-miracle. Or, comme je vais l'établir tout-de-suite, l'arc-en-ciel est symbole et signe non seulement de l'Éden passé, mais encore du Millenium à venir, futur, véritable Éden redivivus. Mais on passe à pieds joints, sans même y faire attention, sur l'éclatante signification millénariste du miracle de l'arc-en-ciel qui accompagne au plus près le miracle du soleil, et qui, les relations des témoins le montrent, est aussi grand que lui. Le sens profond du miracle du soleil ET de l'arc-en-ciel qui a lieu à Fatima est cependant extrêmement clair : le soleil est symbole du Christ en Gloire revenant à la Parousie pour juger le monde actuel ; et l'arc-en-ciel qui en est comme une émanation essentielle et très-topique est symbole du Millenium ou Règne de la Gloire du Christ, qui suit très-immédiatement la Parousie même, et qui est généré par elle.
           
        Ainsi donc, les hommes sont si aveuglés sur le Millenium, qu'ils n'en voient pas les signes les plus forts, les plus évidents, même quand ils leur crèvent les yeux. Il y a vraiment là un mystère d'obscurcissement presque incroyable, durant tout le Temps des nations et de Rome son centre, sur la révélation du Millenium...
           
        Avant de donner les assises scripturaires et théologiques sur la signification millénariste de l'arc-en-ciel, je crois bon de commencer par relater cet extraordinaire miracle du soleil ET de l'arc-en-ciel de Fatima.
           
        "... Or, ce 13 octobre 1917, chacun sait que, après une pluie dense, le ciel soudain se dégagea, et les 70 000 témoins purent regarder, sans que leurs yeux soient blessés, un soleil insolite, ayant l'apparence «d'une rondelle de matière polie, comme découpée dans la nacre d'une coquille»" (Toute la vérité sur Fatima, fr. Michel de la Sainte-Trinité, t. I, p. 326). Et puis, subitement, c'est le miracle extraordinaire du soleil... ET de l'arc-en-ciel. "Soudain, écrit le fr. Michel, synthétisant tous les témoignages, l'astre se mit à trembler, à se secouer avec des mouvements brusques, pour finalement tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, en lançant des gerbes de lumière de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel" (ibid., p. 327).
           
        Mais, pour une appréciation parfaite du double-miracle, ce qui est très-important parce que fort peu perçu même par les fatimistes les plus engagés, lisons ensemble les relations d'époque, les témoignages de ceux qui ont vu : "Il [le soleil] tournait comme une roue de feu d'artifice, en prenant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel" (ibid., p. 327). "Durant le phénomène solaire, que je viens de décrire en détail [tremblement, puis danse, puis chute en zig-zag, etc.], il y eut dans l'atmosphère des colorations variées. Tandis que je fixais le soleil, je remarquais que tout s'obscurcissait autour de moi. Je regardais près de moi, je jetai mes regards au loin, jusqu'à l'extrémité de l'horizon, et je vis que tout était couleur d'améthyste [violet]. Les objets, le ciel, l'atmosphère avaient la même couleur. Un chêne violet, qui se dressait en face de moi, projetait sur la terre, une ombre foncée... En continuant à regarder le soleil, je remarquai que tout s'éclaircissait. Bientôt, j'entendis un paysan, près de moi, dire avec stupéfaction "Cette dame est toute jaune !" De fait, tout avait changé, de près et de loin, et avait pris le ton de vieux damas jaune. Les gens paraissaient atteints de jaunisse (...). Ma main avait le même ton jaune" (ibid., pp. 327-328). Remarquons bien que rien n'échappe au miracle, et que tout est baigné, selon ce témoignage, dans le violet ou le jaune... deux des couleurs de l'arc-en-ciel. "Le soleil produisait différentes couleurs : jaune, bleu, blanc..." (ibid.), rapporte Maria da Capelinha. Maria do Carmo : "Le soleil prenait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Tout prenait les mêmes couleurs : nos visages, nos vêtements, la terre elle-même" (ibid.). "Une lumière dont la couleur varie d'un instant à l'autre, se reflète sur les personnes et les choses" (ibid.), note le Dr Pereira Gens. Ti Marto [le père de la petite Jacinthe] : "Le soleil lançait des faisceaux de lumière et peignait tout de différentes couleurs" (ibid.).
           
        Le fr. Michel rapporte même ce fait formidable : "Un témoin d'Alburitel [petit village juché sur une colline et situé, prenons-en bien conscience pour appréhender l'ampleur du phénomène, à... 18 ou 19 kms de Fatima !!], l'abbé Inacio Lourenço, signale que les objets revêtaient des couleurs diverses, suivant leur emplacement : «Les objets reflétaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. En nous regardant les uns les autres, l'un paraissait bleu, l'autre jaune, l'autre rouge...»" (ibid.) ! À environ vingt kms de Fatima : voilà qui montre bien que le miracle de l'arc-en-ciel est tout aussi phénoménal que celui du soleil...
           
        Évidemment, le miracle du soleil est si saisissant qu'il occulte, pourrait-on dire, celui de l'arc-en-ciel, et les esprits trop pressés s'y sont laissés prendre. Mais supposons un moment que le miracle de l'arc-en-ciel tel qu'il est décrit par tous les témoins se soit produit sans celui du soleil. N'aurait-il pas, à lui tout seul, fait une impression extraordinaire identique à celle que produisit le miracle du soleil ? Or, ce que je suppose là, est arrivé à Fatima le... 13 août 1917, lors de l'apparition "ratée" à cause du bourgmestre athée et anticlérical qui avait enlevé les enfants pour les empêcher d'aller au rendez-vous fixé par la Vierge ce jour-là. Les enfants donc ne purent être au rendez-vous, mais... la Vierge vint, selon que le prouvent les signes visibles habituels qui signalaient sa présence aux pèlerins (un petit nuage blanc planant au-dessus du chêne vert, etc.). Et, ce jour-là, le miracle de l'arc-en-ciel se manifesta sans donc celui du soleil, selon le témoignage qu'en fait Maria Carreira : "En regardant alors autour de nous, nous observâmes une chose étrange, que nous avions déjà vue, la fois précédente [déjà, le 13 juillet, donc], et que nous devions voir encore dans la suite. Les visages des gens avaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : rose, rouge, bleu..."
           
        Ce 13 août 1917, le miracle de l'arc-en-ciel se manifeste donc tout seul, sans celui du soleil. Mais, ô lecteur, il y a une chose bien plus extraordinaire encore qui arrive, ce 13 août : "Les arbres ne paraissaient pas avoir des rameaux et des feuilles, mais seulement des fleurs ; tous paraissaient chargés de fleurs, et chaque feuille paraissait une fleur. Le sol était comme recouvert de carreaux de couleurs différentes. Les vêtements aussi étaient de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Les deux lanternes attachées à l'arceau paraissaient être en or" (ibid., p. 251). Le sens millénariste de ce miracle du 13 août est donc encore plus fort, d'une évidence... si évidente, il semblait vraiment que le Ciel faisait déjà rentrer toute l'humanité dans l'ère du Millenium, mais ce ne fut qu'un éclair fugitif qui dura seulement le temps du miracle. Non seulement, en effet, le phénomène prodigieux de l'arc-en-ciel se manifesta tout seul, mais la terre en fleurs semble se revêtir de la beauté édénique du Millenium, et voilà qui rejoint les prophètes de Yahweh lorsqu'ils décrivent la beauté de la terre régénérée édéniquement dans le Millenium, ou encore ce que dit la Reine des prophètes à La Salette lorsque, pas même dans le Secret donné à Mélanie et dont certains pusillanimes voudraient douter mais dans le Discours public approuvé par l'Église, elle déclare que "S'ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en blé, et les pommes de terre se trouveront ensemencées par les terres" !
           
        À Fatima, on ne peut pas dire que le Ciel n'a vraiment pas fait TOUT ce qu'il fallait faire pour que l'homme, pour que l'Église, comprenne le message prophétique du Millenium à venir...!!
           
        Mais j'en viens maintenant à la symbolique de l'arc-en-ciel. Voici ce que j'écrivais sur le sujet dans Bientôt le Règne millénaire : "L'arc-en-ciel est un mémorial de la Création originelle immaculée. Il y avait avant le Déluge d'eau de Noé un anneau aqueux englobant toute la terre, et le soleil, passant à travers cette eau «au-dessus des cieux» (Gen I, 7), reflétait sur toute la surface du ciel et donc aussi sur la terre, en vagues universelles sans cesse changeantes, les paradisiaques couleurs de l'arc-en-ciel [exactement, donc, comme cela s'est passé en tout petit à Fatima !]" (p. 30).
           
        Or, le Déluge d'eau aux temps de Noé vit s'effondrer sur la terre les eaux au-dessus des cieux générant cet arc-en-ciel universel, et donc il disparut. Mais le Bon Dieu en laissa un vestige dans le ciel en signe de son alliance éternelle avec l'homme et la terre entière : "Voici le signe de l'alliance que J'établis pour jamais entre Moi, et vous, et tous les animaux vivants qui sont avec vous. Je mettrai Mon arc dans les nuées, afin qu'il soit le signe de l'alliance que J'ai faite avec la terre. Et lorsque J'aurai couvert le ciel de nuages, Mon arc paraîtra dans les nuées ; et Je Me souviendrai de l'alliance que J'ai faite avec vous et avec toute âme qui vit et anime la chair ; et il n'y aura plus à l'avenir de déluge qui fasse périr dans ses eaux toute chair qui a vie. Mon arc sera dans les nuées, et en le voyant Je Me ressouviendrai de l'alliance éternelle qui a été faite entre Dieu et toutes les âmes vivantes qui animent toute chair qui est sur la terre. Dieu dit encore à Noé : Ce sera là le signe de l'alliance que J'ai faite avec toute chair qui est sur la terre" (Gn IX, 12-17). Et si le Bon Dieu nous donna ce signe pour marquer son alliance éternelle avec les hommes, c'est évidemment parce qu'un beau jour, appellation qui convient si bien au Millenium, Il a le dessein de remettre la terre dans sa perfection originelle édénique, sous les auspices paradisiaques de l'arc-en-ciel. Et précisément, le Déluge de feu universel devant clore notre fin des temps opèrera ce retour aux conditions édéniques de la terre, en restaurant, par évaporation universelle de toutes les eaux qui étaient tombées sur la terre lors du Déluge de Noé, cet anneau aqueux dans les nuées supérieures, lequel, englobant à nouveau toute la terre, donnera derechef l'arc-en-ciel universel... qui est si bien prophétisé, par les seuls faits et sans parole, dans les apparitions de Fatima ! C'est bien pourquoi d'ailleurs on a lu plus haut dans le ch. XXI de l'Apocalypse que lorsqu'il est donné à saint Jean de voir la terre dans sa condition restaurée du Millenium, il nous apprend que "la mer n'existait plus" (v. 1), il en sera effectivement bien ainsi puisque les eaux de la mer seront, par le Déluge de feu, reparties dans les nuées du ciel...
           
        Car en effet, j'ai écrit que l'arc-en-ciel est mémorial de la Création originelle immaculée, mais il est aussi prophétie que cette Création originelle immaculée revivra... à la fin des temps. L'arc-en-ciel est à la fois mémorial et prophétie. Une particularité essentielle de la langue hébraïque, laissée sous le boisseau, va nous le confirmer. Laissons Joseph Vercruysse-Bruneel nous l'expliquer : "Le verbe être qui joue un si grand rôle dans toutes les langues, est rarement exprimé en hébreux ; on doit l'y suppléer soit au passé, soit au présent ou au futur, et souvent dans deux temps à la fois, quand le temps est historique et qu'il est prophétique en même temps. Qui peut dire si ce n'est pas à cause de ce double point de vue, qu'on trouve continuellement dans l'Écriture l'emploi des verbes au futur avec le «vav conversif» indiquant le prétérit, pour nous faire comprendre que le texte est historique pour le passé et prophétique pour l'avenir (...). N'est-ce point la manie de traduire exclusivement le futur ayant un «vav conversif» par le passé, qui voile le plus le sens prophétique de la Bible ? C'est une erreur qui se fait particulièrement voir dans les Psaumes et dans les Prophéties. Qu'on lise les Psaumes dans le sens du futur, ou du futur passé [temps spécifique à l'hébreu, qui d'ailleurs reproduit cette loi que "la fin des choses se calque sur leurs débuts"], au lieu de les prendre dans le sens du passé, et on aura le plus magnifique et le plus exact tableau des temps à venir et de la Régénération du monde !" (La régénération du monde - Opuscule dédié aux douze tribus d'Israël", 1860, p. 9).
           
        Sur le plan théologique, on pourrait dire très-justement, quant au sens prophétique de l'arc-en-ciel, qu'il est le protévangile du Millenium. C'est le symbole des beautés parfaites de l'Éden qui reviendront habiter la terre dans le Millenium, avec ses sept couleurs harmoniques signifiant la plénitude divino-humaine (3 + 4) des perfection terrestres. La sainte-Écriture d'ailleurs le souligne elle-même : "Vois l'arc-en-ciel, et bénis Celui qui l'a fait ; il est très-beau dans son éclat. Il a fait le tour du ciel dans le cercle de sa gloire ; les mains du Très-Haut l'ont étendu" (Eccl XLIII, 12-13). La beauté et la gloire de Dieu se manifestent par l'arc-en-ciel, c'est du moins ce que voit Ezéchiel dans son descriptif mystérieux du Trône de Dieu, au ch. premier de ses prophéties scripturaires ("Comme l'arc qui paraît dans une nuée en un jour de pluie : tel était l'aspect de la lumière qui brillait tout autour" ― Ez I, 28), description d'ailleurs reprise par saint Jean dans son Apocalypse ("Et Celui qui était assis [sur le trône] avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine ; et un arc-en-ciel était autour du trône, d'un aspect semblable à une émeraude" ― Apoc IV, 3). Manifestement, Dieu se sert de l'arc-en-ciel pour Lui-même comme d'un apparat de beauté...
           
        Si nous ne devions pas revoir un jour une terre renouvelée dans la beauté du Créateur, comme dans l'Éden, Yahweh, après le Déluge de Noé qui vit la destruction de l'arc-en-ciel universel, ne nous aurait jamais donné un vestige de cet arc-en-ciel, ce signe de "l'alliance éternelle", pour nous accompagner tout au long de l'histoire de l'humanité, car nous n'en aurions plus eu besoin. S'Il l'a donné, c'est parce qu'Il veut prophétiser en acte l'avènement d'un temps futur où la terre sera remise dans sa condition édénique originelle... avec l'arc-en-ciel universel. Car tel est le Plan de Dieu.
           
        ... En conclusions sur ce point, je descends dans les bas-fonds actuels. Est-il besoin de rappeler que le symbole de l'arc-en-ciel est pris comme gonfanon de combat par toute la chienlit pseudo-millénariste du New-Âge et des LGBT+, qui s'imaginent trouver dans leurs mœurs les plus déchues et/ou contre-nature une soi-disant liberté absolue et un paradis terrestre ignoble ?
 
 
ViergeAuDeuxGlobes
           
        Mais c'est avec la Vierge de la rue du Bac que je veux mettre le point final à mon article, dont toute l'ambition est de remettre énergiquement et avec une ardeur... Boanergès, le Millenium sur le chandelier de l'Église, parce que c'est l'antidote surnaturel radical et parfait contre les pires et plus graves déviances de notre monde moderne actuel, auxquelles l'Église s'est hélas acoquinée damnablement depuis le fatidique concordat de Pie VII avec Napoléon. On aura bien remarqué que j'ai mis la Vierge au globe d'or de la rue du Bac comme vignette inter-paragraphes de mon article. Pourquoi je l'ai fait ? La réponse est simple.
           
        En 1830, la très-sainte Vierge Marie apparaît, comme tout le monde le sait, à Sœur Catherine Labouré. Mais les moines de Clairval font très-bien de préciser ceci : "Selon la vision décrite par sainte Catherine Labouré, la Vierge de la Médaille Miraculeuse n'avait pas les mains ouvertes tendues vers le bas, mais les mains à la hauteur de l'estomac tenant un globe [d'or] surmonté d'une croix, la Vierge au globe. (...) Sous ses pieds se trouvait un autre globe tel qu'il est représenté sur la Médaille Miraculeuse" (https://www.traditions-monastiques.com/fr/blog/statue-vierge-miraculeuse-globe-rue-bac-medaille-n145).
           
        Or, pour des raisons toutes plus mauvaises voire stupides les unes que les autres, les supérieurs ecclésiastiques de Sœur Catherine ne tinrent pas compte du globe d'or et le supprimèrent carrément (... comme s'ils savaient mieux que la Vierge comment elle devait apparaître !!!). Ils firent frapper la célèbre médaille miraculeuse en faisant graver une Vierge immaculée les bras ouverts, dont les mains répandaient des rayons. Le même raisonnement fut tenu pour la statue qui devait représenter l'Apparition dans la chapelle où elle avait eu lieu, rue du Bac... au grand désappointement de Sœur Catherine qui ne put pas faire exécuter une statue selon la vision exacte qu'elle avait eue, c'est-à-dire avec les deux boules représentant la terre, l'une, en or, dans les mains de la Vierge, l'autre, grise et terreuse, sous ses pieds et enlacée par le serpent. Ce mauvais statu quo dura... plus de quarante ans. Sœur Catherine confia à sa supérieure, Sœur Dufès, quelques mois avant sa mort, en 1876, que toutes les demandes de la Vierge avaient été accomplies, sauf l'érection sur les lieux de l'Apparition d'une statue la représentant avec la boule d'or dans ses mains, et c'était... "le martyre de sa vie" (Les apparitions de la Vierge, Omer Englebert, p. 16). Curieusement, alors que la médaille miraculeuse connut une publicité foudroyante et instantanée (... heureusement, le Ciel ne tint pas compte de la non-conformité de la gravure de la médaille avec l'Apparition, la médaille produisit immédiatement d'innombrables et très-grands miracles...), la Sœur Dufès mit vingt longues années supplémentaires à vaincre les réticences cléricales pour faire aboutir le projet d'érection d'une statue de la Vierge selon la vision authentique de l'Apparition, et la Vierge au globe d'or attendit 1896 et l'approbation du pape Léon XIII pour être installée dans la chapelle de la rue du Bac, soit soixante ans après l'Apparition !!
           
        ... On n'en sera pas surpris quand l'on comprendra que le globe d'or dans les mains de la Vierge représente LA TERRE DANS L'ÉTAT FUTUR DU MILLENIUM. L'or, en effet, est symbole de la Divinité, et une boule terrestre toute en or signifie à l'évidence que la terre, débarrassée des effets du péché originel, est devenue toute entière inhabitée de la Gloire divine, comme dans le Millenium. Il ne faut donc pas s'étonner, puisque la Vierge au globe d'or a une signification millénariste évidente et certaine, que ce seul aspect de l'Apparition ait été cléricalement si combattu et si longtemps, par des prêtres sans doute complètement inconscients d'œuvrer à mal dans le sens anti-millénariste : rien, en effet, n'est plus dur à faire passer dans le monde chrétien, et plus encore dans celui clérical, que la révélation millénariste !!!
           
        C'est en effet la grille de lecture apocalyptique qui donne la signification profonde de la vision exacte de l'Apparition mariale de la rue du Bac. Dans cette vision, il y a deux globes terrestres, l'un, dans une posture humiliée, sous les pieds de la Vierge, gris, terreux, enlacé par le serpent de la Genèse, non-illuminé, et celui-là représente la terre dans son économie de salut actuelle, toute soumise au péché originel et au prince de ce monde ; l'autre, élevé dans les mains immaculées de la Vierge, comme un trésor précieux et de grand prix contemplé par la Reine des Prophètes, représente, tout en or, la terre illuminée de Divinité, comme elle le sera dans le Millenium, lorsque la toute-Puissance divine instaurera après la Parousie une nouvelle économie de salut pour la terre entière, libérée des effets du péché originel. C'est pourquoi il y a dans la vision authentique très-prophétique de la rue du Bac, deux globes, l'un pour le présent, l'autre pour le futur...
           
        Il n'y a pas que l'Apparition mariale de Fatima à dire le Millenium, à le crier même avec une telle force que les hommes ne l'entendent pas, à la rue du Bac, le Ciel le crie aussi, et là encore, c'est toujours pour des sourds (on pourrait aussi évoquer, avec le même sens prophétique millénariste, le cœur tout en or de la Vierge de Beauraing ; et aussi, le gros point d'or final qui termine le message de Pontmain... comme pour montrer ce que deviendra la terre à la fin de l'humanité).
           
ViergeAuDeuxGlobes
 
        Ce que je souhaite beaucoup à Mgr Arthur Roche, actuel préfet de la Congrégation pour le culte divin, c'est de comprendre ce que la Vierge a dit à la Rue du Bac : nous sommes encore présentement avec le globe terrestre enlacé par le serpent, nous ne sommes pas du tout avec le globe d'or tout inhabité et illuminé de la Gloire divine. Il y a donc anticipation luciférienne à vouloir vivre liturgiquement une économie de salut qui corresponde au globe d'or alors que nous sommes toujours dans le globe enlacé par le serpent... et Dieu sait assez si nous y sommes bougrement enlacés, dans nos temps actuels.
           
        Cette méditation serait sûrement très-utile à faire par ce prélat au tempérament passionnel, visiblement très-amoureux du pouvoir ecclésiastique et engagé à fond du donf dans de mauvaises rails. Parce qu'il va être créé cardinal par le pape François dans la fournée du mois d'août prochaincertainement en récompense de ses excellentissimes et très-loyaux services pour la cause liturgique moderne pseudo-millénariste, et certainement aussi pour lui donner encore plus de pouvoir pour... mal faire.
           
        François l'a même mis le tout premier sur sa liste officielle, cf. https://www.vatican.va/content/francesco/fr/angelus/2022/documents/20220529-regina-caeli.html !!, est-ce que ce ne serait pas, par hasard, parce que le pape, âgé et malade, va faire ce qui sera probablement son dernier consistoire de création de cardinaux POUR créer cardinal Mgr Roche ??! Le pape Jean XXIII, rappelons-nous, avait fait de même quelque temps avant de mourir, faisant ce qui fut l'unique consistoire de création de cardinaux de son court pontificat (1958-1963) POUR créer cardinal Mgr Jean-Baptiste Montini futur Paul VI, afin qu'il puisse devenir pape à sa mort... ce qui arriva.
           
        ... Et si celui qui deviendra donc dans deux mois le cardinal Arthur Roche, 71 ans, était élu pape, à la mort de François...???
           
        Alors, nous n'aurions pas encore l'Antéchrist-personne sur le Siège de Pierre, mais nous y serions AU PLUS PRÈS.
           
        Je dédis cet article au Sacré-Cœur de Jésus qui nous sauve par Amour.
 
En la fête du Sacré-Cœur de Jésus,
ce 24 juin 2022.
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
 
 
         PS, ce 1er septembre 2022 : Je me rends compte, surpris de mon oubli, que j'ai omis de préciser que le 27 juin 2022, quelques jours après avoir rédigé mon article, je l'ai adressé sur papier à Mgr Arthur Roche, Dicastero per il Culto Divino e la Disciplina dei Sacramenti ― 00120 Città del Vaticano, avec la petite lettre d'accompagnement suivante :
 
Argentré-du-Plessis,                                                                      Ce 27 juin 2022.
(Petite-Bretagne ― France)
 
        Révérendissime Mgr Arthur Roche,
 
        C'est en tant que tout petit prophète laïc du Seigneur que je vous envoie cet article que je viens d'écrire, et qui vous concerne au premier chef.
        Cependant, si je suis tout petit, et même parfaitement inexistant aux yeux du monde et de l'Église, ce que je dis est très-grand (car cela ne vient pas de moi).
        Et c'est pour vous, Mgr Roche. Per charitas, croyez-le bien.
        Chacun a son chemin de conversion. Vous trouverez le vôtre dans mon article.
        Je vous prie, Monseigneur, d'avoir la très-grande bonté d'excuser la langue française employée dans cet article et dans cette lettre, je ne connais ni l'anglais ni l'italien.  
        Avec tout le respect et la prière d'un tout petit prophète du Seigneur, Révérendissime Mgr Arthur Roche.           
Vincent Morlier,
Écrivain catholique.
http://www.eglise-la-crise.fr/
 
 
 
24-06-2022 20:11:00
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