Exposé simple des règles fondamentales
de la Constitution divine de l'Église
en matière de légitimité pontificale,
pour savoir si le successeur de François
au Siège de Pierre, sera, ou bien non,
vrai pape, verus papa
"Des fleuves, en effet, jaillissent du sein de l’Église
abreuvée par le Christ et réceptacle de l’Esprit de Dieu (Jn VII, 38).
Ces fleuves, lorsqu’ils demeurent de grâce spirituelle, élèvent leur voix (Ps XCII, 3).
Il y a un fleuve qui s’écoule dans les hommes de Dieu comme un torrent (Is LXVI, 12),
fleuve dont l’impétuosité réjouit l’âme pacifique et tranquille.
Celui qui reçoit de l’abondance de ce fleuve, comme Jean l’évangéliste,
ou comme Pierre et Paul, celui-là élève sa voix ;
et de même que les apôtres ont répandu, par leur prédication,
la parole évangélique jusqu’au bout du monde,
celui-là aussi se met à prêcher l’évangile du Seigneur Jésus".
(Saint Ambroise de Milan ― Lettre II ; PL XVI, 879-881, trad. Orval)
Præambulum
Il se dit tellement tout et surtout n'importe quoi sur la toile d'araignée informatique, quant au sujet en titre, que je décide de faire paraître sans plus tarder l'article qui suit.
Je l'ai rédigé en grande partie dans la dernière quinzaine de février, presque dans l'urgence, lorsque tout laissait présager une mort imminente du pape François. Mais, comme chacun sait, la Providence divine en a décidé autrement, et lui donne, semble-t-il, un regain (fragile...?) de santé. Il n'en reste pas moins qu'un prochain conclave plane toujours au-dessus de nos têtes catholiques.
Cependant, donc, je ne veux pas attendre jusqu'à ce conclave sine die pour la parution de mon nouvel article, contrairement à ce que je pensais faire de prime abord, pour la principale raison qu'il faut sans délai, quant à la question de la légitimité pontificale, mettre publiquement la vérité catholique en face l'erreur, pour que cette dernière puisse en être terrassée dans les âmes chrétiennes "comme cire fond devant le feu" (exorcisme de Léon XIII).
En lisant cet article, l'on comprendra vite qu'il a le très-grand avantage, sur le sujet, de fort bien fixer les idées sur le roc de la Foi, d'exorciser les sottises ou pire les hérésies qu'on lit sur Internet, afin de garder par-devers soi une Religion forte et pure quant à cette question si importante de la légitimité pontificale... et donc, cerise sur le gâteau, de déjà pouvoir savoir en toute certitude si le prochain élu au Siège de Pierre sera vrai pape, verus papa, ou bien... ne le sera pas.
Bonne et fructueuse lecture à tout lecteur !
Qu'il n'hésite pas à faire connaître cet article important autour de lui !
Nous approchons certainement de plus en plus de l'ouverture du règne de l'Antéchrist-personne, auquel règne terminus, maudit entre tous, nous savons que le Siège de Pierre sera viscéralement, étroitement mêlé. Et plus nous approchons de ce dénouement ultime du Temps des nations, plus le Siège de Pierre s'antéchristise, au point humainement incompréhensible et renversant de ne plus même pouvoir dissocier l'un de l'autre avec nos yeux humains, tant est prophétiquement vrai l'oracle salettin qui nous apprend que "Rome deviendra le siège de l'Antéchrist" (et bien entendu, le siège de Rome, c'est celui... pontifical), en cela d'ailleurs pur et simple écho de l'Apocalypse de saint Jean.
Si donc nous voulons nous y retrouver, garder les pieds solidement fixés dans le roc de la Foi, il est vraiment capital de bien saisir que nous devons examiner et analyser la nouvelle élection pontificale qui suivra la mort du pape François, qui ne peut de soi que nous mener à un accroissement de cet emmêlement du Bien d'avec le mal (ou, plus exactement dit, d'une mainmise toujours plus grande du mal sur le Bien en cette heure de "la puissance des ténèbres" ― Lc XXII, 53), uniquement avec les seules règles théologiques fondamentales de la Constitution divine de l'Église régissant cette cruciale matière des élections au Siège de Pierre. C'est-à-dire avec la Lumière de Dieu qui ne peut ni Se tromper ni nous tromper. Ainsi, nous serons certains d'être et de rester dans la Vérité de Dieu quant à cette nouvelle situation ecclésiale-pontificale que la Providence divine nous donnera à vivre après la mort du pape François. Il faut donc les suivre, ces règles, et elles seules, et, bien appliquées à la situation nouvelle, elles nous mèneront de par Dieu, en tant que fidèles catholiques, au devoir de poser un acte de croyance quant à la légitimité ou bien non du nouveau pape ; alors, nous croirons, posant l'acte de Foi invincible qui sauve. Et, croyant, alors, nous comprendrons ce que le Saint-Esprit fait dans son Église au niveau de la papauté actuelle, car nous aurons méritoirement appliqué l'humble et libérateur croire pour comprendre, à l'heure où la Lumière de Dieu, sur le plan ecclésial-pontifical, devient de plus en plus ténèbre pour nos âmes...
La Lumière de Dieu peut en effet se traduire en ténèbre pour nos âmes, c'est même une grande loi mystique générale. Or, cette ténèbre obscure ne signifie pas du tout que nous avons quitté la Lumière de Dieu, bien au contraire. À proportion même où nous restons dans la Vérité, et, quant à notre affaire, nous sommes sûrs d'y rester si nous acceptons de courber humblement la tête sous les fourches caudines de cesdites règles d'Église fondamentales régissant les élections pontificales, alors cette dite Lumière de Dieu devenue ténèbre, très-perceptible à l'heure de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" que nous avons à vivre de nos jours usque ad mortem, impossible à éclaircir par nos facultés humaines qui y sont impuissantes, est salvatrice.
Car cette ténèbre est le vêtement de la Lumière divine.
J'applique ici à "LA PASSION DE L'ÉGLISE" contemporaine une réflexion très-profonde de saint Jean de la Croix (1542-1591) dans La montée du Carmel. Elle illustre singulièrement que la Lumière divine, qui donc, pour la question qui nous occupe, se manifeste par ces règles fondamentales de la Constitution divine de l'Église en matière de légitimité pontificale, va nous mener, certes fort paradoxalement sur le plan humain, comme à une sorte de ténèbre obscure quand nous verrons son débouché. Mais c'est en suivant cette ténèbre divine pour nos sens que notre âme va s'épanouir parfaitement dans la Vérité de Dieu en son Église aujourd'hui, et que nous comprendrons.
Nous comprendrons la situation pontificale nouvelle après la mort de François, parce que nous aurons cru en la Lumière de Dieu qui est ténèbre pour nos âmes...
Mais voici maintenant l'enseignement de saint Jean de la Croix sur cela :
"La Foi, disent les théologiens, est une habitude de l'âme, certaine et obscure à la fois. Elle est obscure parce qu'elle nous propose des vérités révélées de Dieu même, qui surpassent toute lumière naturelle, qui excèdent toute compréhension humaine quelle qu'elle soit. De là vient que cette lumière excessive fournie par la Foi devient pour l'âme de profondes ténèbres.
"Une force supérieure, on le sait, surmonte et fait défaillir une force moindre. Ainsi le soleil éclipse toutes les autres lumières, au point que lorsque celui-là resplendit, celles-ci ne semblent plus, à proprement parler, des lumières. En outre, son éclat dépasse totalement notre puissance visuelle quand il est dans sa force, en sorte qu'au lieu de la faire voir, il l'aveugle, parce qu'il est excessif et hors de proportion avec notre vue. De même la lumière de la Foi, par son excès prodigieux, accable et fait défaillir la lumière de notre intelligence.
"Je prends un autre exemple : supposez une personne née aveugle, et qui par conséquent n'a jamais vu les couleurs. Si vous cherchez à lui faire comprendre ce que c'est que le blanc et le jaune, vous aurez beau accumuler les explications, elle n'en retirera aucune connaissance directe, parce qu'elle n'a jamais vu ces couleurs ; il ne lui en restera dans l'esprit que le nom, qu'elle a reçu par l'ouïe. Il en est de même de la Foi à l'égard de l'âme. Elle nous dit des choses que nous n'avons jamais vues ni connues ; nous n'avons à leur égard aucun rayon de connaissance naturelle.
"Mais nous les savons par l'ouïe, en croyant ce qui nous est enseigné, en aveuglant en nous la lumière naturelle. En effet, comme dit saint Paul : «La Foi naît de ce qu'on entend» (Rom X, 17). Comme s'il disait : la Foi n'est pas une science qui entre en nous par les sens, c'est un assentiment de l'âme à ce qui entre par l'ouïe... Il est donc évident que la Foi est pour l'âme une nuit profonde ; mais c'est par son obscurité même qu'elle l'éclaire et plus elle la plonge dans les ténèbres, plus elle l'illumine de ses rayons. En effet, c'est en aveuglant qu'elle éclaire, selon la parole d'Isaïe : «Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas» (Is VII, 9)" (La Montée du Carmel, II, 3, saint Jean de la Croix ― trad. OC, Cerf 1990, p. 637, sq.).
Et ce qui entre dans l'âme par l'ouïe, ex auditu, quant à notre affaire, ce sont les règles fondamentales de la Constitution divine de l'Église en matière d'élection pontificale.
Que le lecteur ne soit pas surpris de mon préambule mystique avant d'aborder la tellement grande et grave question de savoir si le nouvel élu au Siège de Pierre après la mort de François sera légitime ou bien non. Car, je le répète encore une fois, de suivre les règles fondamentales de la Constitution divine de l'Église quant à la légitimité pontificale, c'est-à-dire se mettre sous l'éclairage de la Lumière de Dieu, comme je me propose de le faire maintenant dans ce nouvel article en les appliquant au conclave qui suivra la mort de François, va de toutes façons nous mener à... une grande ténèbre. Mais seule cette grande ténèbre mystique véhicule la Lumière de Dieu dans son Église actuelle, et on ne la trouvera nulle part ailleurs, cette Lumière divine salvatrice, car point nenni s'y trouvera.
On ne la trouvera surtout pas dans des lumières humaines prétendant résoudre la question de la légitimité pontificale après la mort de François par des raisonnements humains prétentieux et illuminés, zélotes et passionnels, voire loufoques et fantasmagoriques, en suivant le cartésien raisonnement de Boileau : "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement". Cette soit disant clarté de la raison humaine qui cogite en et sur elle-même, cogito ergo sum, surnaturellement déconnectée de Dieu et fille des Lumières du XVIIIème siècle, n'est que luciférienne tromperie, alors que, au temps de "LA PASSION DE L'ÉGLISE", la Lumière de Dieu se manifeste PAR LA TÉNÈBRE OBSCURE.
Or, évidemment, si l'on cherche la Lumière de Dieu dans les lumières humaines au temps où la Lumière de Dieu s'est revêtue complètement de la ténèbre mystique, bien certainement qu'on ne l'y trouvera pas, rien de plus sûr !...

La toute première et fondamentale chose à croire de Foi, de fide, et je dirai même la seule et unique chose, quant à ce qui fait un pape actuel certainement légitime, un pape actuel dont l'élection au Siège de Pierre est certainement valide, c'est que C'EST L'ÉGLISE UNIVERSELLE qui, de par le Saint-Esprit, fait le pape. C'est la désignation et détermination de la personne du nouveau pape par l'Église Universelle, et rien d'autre, qui fait la validité certaine de l'élection pontificale (cette désignation a lieu lors du conclave canoniquement assemblé, à laquelle désignation de sa personne pour être le nouveau pape actuel, l'élu donne son approbation, accepto, et le choix de son nom pontifical ; puis, subséquemment, rituellement le dimanche dans l'octave de cette désignation conclavique du nouveau pape par l'Église Universelle, l'Église Universelle, à nouveau, proclame publiquement le nouveau pape à toute l'orbe catholique, aux simples fidèles et au monde entier, urbi et orbi).
La formule latine est fort claire pour synthétiser dans un raccourci lapidaire l'acte de droit divin qui est alors opéré, lorsqu'elle pose que le nouveau pape est, par l'Église Universelle, accepté et approuvé : acceptus et probatus. Dès lors que ces deux actes concomitants ont été posés, désignation puis adoration, comme on disait au Moyen-Âge en parlant de l'acte public d'obédience des cardinaux au nouveau pape qu'ils viennent eux-mêmes d'élire quelques jours auparavant, il n'est strictement plus possible d'émettre le moindre doute sur la validité de l'élection et la légitimité de ce nouveau pape sans par-là même s'exclure soi-même de l'Église ipso-facto, et mettre donc en grand péril son salut éternel en s'auto-excommuniant. Comme dit le grand théologien thomiste qu'était Jean de Saint-Thomas (1589-1644) : "Dès que les hommes voient ou apprennent qu’un pape a été élu, ils sont obligés de croire que cet homme est le pape, et de l’accepter" (Cursus Thelogicus, t. VI, questions 1-7, Sur la Foi, Disputation VIII, 1640).
Personne n'a mieux résumé synthétiquement cette grande loi théologique fondamentale, à savoir que c'est l'Église Universelle qui fait le pape, que le cardinal Charles Journet (1891-1975) dans sa dogmatique ecclésiale L'Église du Verbe incarné, lorsqu'il définit qui sont les électeurs de droit divin du pape, agissant au nom et pour le compte de l'Église Universelle, in Persona Ecclesiæ. Lisons-le : "Le pouvoir d'élire le pape réside formellement (c'est-à-dire, au sens aristotélicien, comme apte à procéder immédiatement à l'acte d'élection) dans l'Église Romaine, en comprenant dans l'Église Romaine les cardinaux-évêques qui sont, en quelque sorte, les suffragants de l'Évêque de Rome (le pape). C'est pourquoi, selon l'ordre canonique prévu, le droit d'élire le Pape appartiendra de fait aux cardinaux seuls. C'est pourquoi encore, quand les dispositions du droit canonique seraient irréalisables, ce serait aux membres certains de l'Église de Rome qu'il appartiendrait d'élire le Pape. À défaut du clergé de Rome, ce serait à l'Église universelle, dont le pape doit être l'Évêque" (L'Église du Verbe Incarné, Journet, p. 623).
Comprenons bien ce que nous dit le cardinal de Paul VI. Il nous enseigne très-clairement que les électeurs ordinaires du nouveau pape à élire, que sont les membres du haut-clergé romain, à savoir les cardinaux, comme, à leur défaut, les membres du bas-clergé romain, c'est-à-dire tous les curés institués de Rome, ne sont jamais rien d'autre que l'organe de l'Église Universelle dans l'acte de l'élection pontificale suprême au Siège de Pierre. C'est-à-dire que quand Journet parle du "haut-clergé romain" ou du "bas-clergé romain" dans son texte, il faut lire : "Église Universelle". C'est pourquoi il nous dit fort bien qu'à leur défaut, c'est-à-dire s'il était impossible que ni le haut-clergé romain, ni le bas-clergé romain, puisse, l'un ou l'autre, procéder à l'élection d'un nouveau pape actuel, alors ce serait à l'Église Universelle que reviendrait ladite élection : les mandataires étant dans l'impossibilité d'acter, alors, ne tenant plus compte des intermédiaires, c'est le mandant lui-même qui acte, on revient tout naturellement en remontant vers le haut à la cause première qui acte de droit divin l'élection pontificale. Tout simplement parce que lorsque l'élection pontificale est faite soit par le haut-clergé romain soit par le seul bas-clergé romain (ce dernier cas de figure n'est jamais arrivé dans toute l'histoire de l'Église), c'est en fait et en droit l'Église Universelle qui la fait à travers les uns ou les autres, lesquels ne sont théologiquement rien d'autre que ses organe transparents, ses simples suppôts (= un suppôt est une substance avec son mode d'exister). Journet exprime très-clairement et lapidairement cela dans un raccourci saisissant, en disant, toujours dans le même ouvrage, que "l'Église romaine est le nom d'humilité de l'Église Universelle".
Jean de Saint-Thomas en donnera l'explication théologique précise, à propos du haut-clergé romain que sont les cardinaux : "L'élection et l'élu sont proposés par les cardinaux, non en leur propre personne, mais en la personne de l'Église et par son pouvoir, car c'est elle qui leur a confié le pouvoir d'élire le pape et de le déclarer élu. C'est pourquoi ils sont, à cet égard et pour cette tâche, L'ÉGLISE ELLE-MÊME REPRÉSENTATIVE" (ibid.).
Les règles fondamentales de la Constitution divine de l'Église, auxquelles nous devons donner notre croyance, pour, après les avoir appliquées à la situation pontificale nouvelle après la mort de François, pouvoir comprendre ce que le Saint-Esprit fait dans l'Église du Christ, cesdites règles disais-je, nous font d'ores et déjà grave et formel devoir de croire de Foi, de fide, que les cardinaux élisant canoniquement le nouveau pape actuel, ne sont que les organes transparents de l'Église Universelle lorsqu'ils mettent en œuvre l'élection pontificale suprême au Siège de Pierre.
C'est donc bien l'Église Universelle qui fait le pape actuel.
Or, deuxième chose à croire de Foi, de fide, l'Église Universelle est de soi dotée du charisme de l'infaillibilité dans tout ce qu'elle est et dans tout ce qu'elle fait. Car elle n'agit, toujours et à chaque fois, que sous la motion très-divine du Saint-Esprit qui, est-il besoin de le dire, ne peut ni Se tromper ni nous tromper. Puisque donc c'est en fait elle, Église Universelle, qui fait l'élection du nouveau pape actuel par l'organe transparent des cardinaux dans leur majorité canonique, cet acte est, à chaque et toutes les fois, formellement doté de l'infaillibilité, il appartient à l'ordre du fait dogmatique, toujours infaillible. Là encore, le cardinal Journet le dit très-clairement : "L'acceptation pacifique de l'Église universelle s'unissant actuellement à tel élu comme au chef auquel elle se soumet [acceptation que les cardinaux seuls ont théologiquement pouvoir d'acter ab initio, tous ceux qui ne sont pas cardinaux, les évêques comme les simples fidèles, universitas fidelium, n'acceptant de leur côté le nouveau pape que derrière et après eux, cardinaux, qui sont véritablement les "membres enseignants" de la légitimité pontificale], est un acte où l'Église engage sa destinée. C'est donc un acte de soi infaillible, et il est immédiatement connaissable comme tel (conséquemment et médiatement, il apparaîtra que toutes les conditions prérequises à la validité de l'élection ont été réalisées" (ibid., p. 624).
"Immédiatement connaissable comme tel" : c'est-à-dire que ledit acte est formellement infaillible de soi, à lui tout seul, sans que strictement aucun autre criterium n'ait à être pris en compte pour qu'il soit infaillible, en ce compris le criterium de la Foi. Car dès lors que cet acte est dûment posé, il est de Foi, de fide, que "TOUTES les conditions prérequises à la validité de l'élection ont été réalisées", autant celles de droit divin, comme celle ayant trait à la Foi, que celles de droit canonique.
En vérité, il n'y a rien de plus simple à comprendre, et on ne peut qu'admirer ici la grande Sagesse de Dieu qui a confectionné et combiné ainsi les différents éléments, les différentes étapes nécessaires pour assurer au fidèle catholique la certitude absolue, scellée dans l'infaillibilité divine, d'avoir un pape actuel valide et légitime, règle prochaine de la Foi pour tous les fidèles catholiques...
Or, c'est précisément parce que, dans l'ordre ordinaire des choses, seuls les cardinaux, dans leur majorité canonique des deux/tiers, sont habilités à représenter l'Église Universelle pour acter de droit divin l'élection pontificale suprême valide, que tout autre membre de l'Église en est formellement exclu. Laissons les papes eux-mêmes bien nous l'enseigner. Reprenant un usage introduit par Jules II, Pie IX a promulgué que, s'il arrivait qu'un pape mourût pendant la célébration d'un concile œcuménique, l'élection du successeur serait faite non par le concile, lequel est aussitôt interrompu ipso jure, mais par le collège seul des cardinaux (Acta et decreta sacrosanti œcumenici concilii Vaticani, Romæ, 1872, p. 104, sq.). Cette même disposition est rappelée dans la constitution Vacante sede apostolica de Pie X, 25 décembre 1904, § 28.
Pie XII reprendra cette doctrine et l'exposera d'une manière encore plus inflexible et quasi militaire, manu militari, tellement elle est importante, dans sa constitution Vacantis Apostolicæ sedis du 8 décembre 1945 : "§ 33. ― Si jamais il arrive que le Pontife romain meure durant la tenue d’un concile général, soit que le concile siège à Rome, soit qu’il ait lieu dans un autre endroit de l’univers, l’élection du nouveau pontife doit toujours être faite exclusivement par le seul Collège des cardinaux de la Sainte Église romaine, et non point par le concile lui-même, dont Nous déclarons nuls juridiquement les actes qui, d’une façon quelconque, sembleraient par une audace téméraire, affaiblir le droit exclusif du Sacré Collège des cardinaux ; de cette élection doivent absolument être exclues toutes les autres personnes qu’une autorité quelconque, même celle du concile, pourrait par hasard déléguer, hormis les cardinaux. Bien plus, pour qu’en cette élection les cardinaux mentionnés puissent, par la suppression de tout empêchement et l’éloignement de toute occasion de troubles et de divisions, procéder avec plus de liberté et de facilité, le concile lui-même, en quelque situation et étape qu’il se trouve, doit être regardé comme suspendu de droit, dès la réception de la nouvelle certaine du décès du pontife, de sorte que sans nul retard, il doit aussitôt cesser toutes réunions, congrégations et sessions, et arrêter la rédaction de tous décrets et canons, sous peine de nullité de ces actes, et ne pas se poursuivre pour n’importe quel motif, même si le motif paraissait très grave et digne de spéciale considération, jusqu’à ce que le nouveau pontife, canoniquement élu, ordonne de le reprendre et de le continuer (Pie IX, const. Cum Romanis Pontificibus, 11 ou 13 décembre 1869 ; Code de Droit canon, can. CIS 229)" (fin de citation).
Les papes Pie IX et Léon XIII résumeront la question ainsi : "Le droit d'élire le Pontife romain appartient uniquement et personnellement aux cardinaux de la Sainte Église romaine, en excluant absolument et en éloignant toute intervention de n'importe quelle autorité ecclésiastique ou de toute puissance séculière, de quelque degré ou condition qu'elle soit" (Pie IX, const. In hac sublimi, 10 des calendes de septembre 1871 & Consulturi, 10 octobre 1877 ; Léon XIII, const. Prædecessores Nostri).
Récapitulons à présent nos acquis, nous en avons déjà beaucoup. Puisque d'une part c'est l'Église Universelle qui "se cache" derrière les cardinaux dans tout acte d'élection pontificale, puisque d'autre part les papes nous disent que les seuls cardinaux sont habilités à acter l'élection pontificale, alors nous devons donc croire de Foi, de fide, que c'est l'Église Universelle qui fait le pape. Deuxième point aussi important que le premier : la Foi nous enseigne que l'Église Universelle est sous mouvance directe et immédiate du Saint-Esprit qui ne peut ni Se tromper ni nous tromper, ce qui veut dire que tout ce que fait l'Église Universelle est formellement doté de l'infaillibilité. Puisque donc c'est l'Église Universelle qui fait le pape par l'organe transparent des cardinaux, alors, lorsque leur acte d'élection pontificale s'est canoniquement bien déroulé au for externe de la Vie de l'Église (qui seul est à prendre en compte dans l'examen théologique que nous avons à faire, tout argument basé sur l'occulte ou le for interne étant formellement proscrit, à cause de la note de Visibilité dont l'Église est dotée), jusqu'à l'"adoration" par les cardinaux du nouveau pape qu'ils viennent d'élire au Siège de Pierre dans la cérémonie publique subséquente ayant lieu le dimanche dans l'octave de l'élection conclavique, il est de Foi, de fide, que le nouveau pape ainsi élu canoniquement par lesdits cardinaux pour succéder à Pierre, est vrai pape, verus papa.
Voici la formelle croyance à laquelle nous devons tous, en tant que catholiques voulant le demeurer dans le cadre de "la crise de l'Église", adhérer en matière de légitimité pontificale, sous peine d'anathème formel ipso-facto. Elle seule, en effet, nous fera comprendre la vraie situation ecclésiale-pontificale de nos temps modernes, quand bien même elle sera enveloppée de la ténèbre obscure inhérente à "LA PASSION DE L'ÉGLISE". C'est en effet en y accordant croyance dans la situation qui sera nôtre après la mort de François, et seulement à cette expresse condition, que nous comprendrons la Voie du Seigneur en son Église aujourd'hui. Ce n'est donc, pour le dire dès ici, nullement la Foi qui, premièrement, fait le pape, comme le croient bien à tort les sédévacantistes, c'est, premièrement, l'Église Universelle (certes, lorsque l'Église Universelle fait le pape, le Saint-Esprit, à travers elle, lui donne systématiquement et obligatoirement en même temps la Foi pour l'exercice absolument sans faille de son Magistère durant tout le cours de son pontificat, le Saint-Esprit, par l'Église Universelle, empêchant rigoureusement qu'aucune hérésie puisse jamais voir le jour dans ledit Magistère pontifical ; nous verrons tout-à-l'heure comment résoudre le problème que posent les Magistères pontificaux modernes, tous entachés peu ou prou d'hérésies et de doctrines favens hæresim, pour l'instant retenons surtout le grand point que lorsque l'Église Universelle adoube un pape actuel, alors il est certainement vrai pape, verus papa, nonobstant toute question de Foi).
Ces deux grandes règles fondamentales, à savoir que 1/ c'est l'Église Universelle qui fait le pape et que 2/ cette dite Église Universelle est infaillible dans tout ce qu'elle fait, singulièrement dans l'acte d'élection pontificale au Siège de Pierre, qui sont en fait toutes deux concomitamment règle prochaine de toute élection pontificale valide, ont été traduites par les théologiens au moyen de la formule : pacifica universalis ecclesiæ adhæsio, c'est-à-dire l'adhésion pacifique de l'Église Universelle infaillible à la personne (et non à la doctrine) du pape actuel. Dès lors qu'on enregistre cette adhésion ecclésiale universelle à la personne du pape actuel, alors, on a la certitude de Foi, de fide, que ledit pape est légitime. Et il faut bien comprendre que ce sont les cardinaux de la sainte Église romaine, dont a vu plus haut qu'elle est synonyme d'Église Universelle, qui fondent théologiquement, et eux seuls, cette adhésion ecclésiale universelle à la personne du pape actuel, adhésion qui, posée ab initio par le Sacré-Collège cardinalice dans sa majorité canonique des deux/tiers, vaut, toujours et chaque fois, fait dogmatique de soi doté de l'infaillibilité.
Cette adhæsio cardinalice dotée de l'infaillibilité est en effet posée dès que le nouvel élu au Siège de Pierre a donné son acquiescement à son élection puis fait choix de son nom pontifical, au sein même de l'aula conclavique, par la toute première obédience que font, en leur for privé, privatim, tous les cardinaux au nouveau pape, à la toute-fin du conclave (lorsque tous les rites sont accomplis, on compte rien moins que cinq obédiences cardinalices faites au nouveau pape ! Du carton-pâte, ces rites très-solennels, faits à chaque fois au nom et pour le compte de l'Église Universelle, in Persona Ecclesiæ...? Quelle hérésie scandaleuse d'oser le soutenir, comme le fit le caractériel pape Paul IV dans le § 6 de sa très-fumeuse bulle Cum ex apostolatus...!). Et c'est la raison pour laquelle le cardinal qui, juste après cette première obédience cardinalice faite non-publiquement à l'intérieur du conclave, présente le nouveau pape à tous les fidèles réunis place Saint-Pierre, dit sans équivoque, du haut du balcon de Saint-Pierre : habemus papam, nous avons un pape, sous-entendu : il est non seulement déjà tout fait par nous, cardinaux, mais il est de plus déjà formellement approuvé, acceptus et probatus, par l'Église Universelle que nous, cardinaux dans notre majorité canonique, représentons formellement (j'ai exposé à fond et avec grand'soin toute l'articulation théologique de ce grand point, à savoir que ce sont les cardinaux qui fondent la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio pour toute élection pontificale, dans cet article, auquel on pourra, avec grand'fruit, se reporter : https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/o-se-situe-lacte-de-droit-divin-qui-fait-certainement-le-pape-actuel-chez-les-cardinaux-qui-l-lisent-canoniquement-dans-le-conclave-ou-chez-les-v-ques-de-lorbe-catholique-qui-approuvent-a-posteriori-l-lection-des-cardinaux-?Itemid=1).
Tout ceci étant bien exposé dans la dogmatique la plus strictement catholique, on ne saurait dès lors être étonné de voir le cardinal Louis Billot (1846-1931) employer les termes les plus rigoureusement forts, les plus bardés de fer, pour exposer cette doctrine catholique très-certaine, intégrée au Magistère ordinaire & universel infaillible, que j'ai exposée de très-nombreuses fois déjà dans mes écrits : "Dieu peut permettre que le Siège apostolique demeure vacant assez longtemps ; il peut permettre même qu'un doute s'élève sur la légitimité de tel ou tel élu ; mais il ne peut pas permettre que l'Église toute entière reconnaisse comme pontife légitime celui qui, en réalité, ne le serait point. Dès l'instant où le pape est accueilli comme tel, et apparaît uni à l'Église comme la tête l'est au corps, la question ne saurait plus être agitée d'un vice dans l'élection ou de l'absence d'une des conditions requises pour sa légitimité. L'adhésion de l'Église guérit pour ainsi dire radicalement tout vice possible de l'élection, et, d'une manière infaillible, elle démontre l'existence de toutes les conditions requises" (De Ecclesio, cardinal Billot, t. XXIX, § 3, p. 621). Notons soigneusement que dès lors que l'adhæsio cardinalice est posée sur le nouveau pape, il n'est strictement plus possible d'invoquer aucune raison pouvant dirimer son élection au Siège de Pierre, qu'elle soit d'ordre canonique ("vice dans l'élection"), ou d'ordre divin ("absence d'une des conditions requises pour sa légitimité"), Billot distinguant fort bien, dans sa formulation, et le droit divin, et le droit canonique. Voilà certes qui condamne à la racine, in radice, toute la démarche sédévacantiste...
Il est tout aussi net et théologiquement plus précis encore dans un autre passage : "On doit au moins tenir fermement, comme absolument inébranlable et hors de tout doute, ceci : l'adhésion de l'Église universelle est toujours à elle seule le signe infaillible de la légitimité de la personne du Pontife, et donc de l'existence de toutes les conditions requises à cette légitimité. Et la raison de ceci n'est pas à chercher au loin. Elle se prend en effet immédiatement de la promesse et de la providence infaillibles du Christ : Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre Elle, et encore : Voici que Je suis avec vous tous les jours. Ce serait en effet la même chose, pour l'Église, d'adhérer à un faux Pontife que d'adhérer à une fausse règle de foi puisque le Pape est la règle vivante que l'Église doit suivre en croyant, et de fait suit toujours. Dieu peut certes permettre que parfois la vacance du Siège se poursuive plus longtemps. Il peut aussi permettre qu'un doute se lève sur la légitimité de tel ou tel élu. Mais il ne peut permettre que toute l'Église admette comme pontife celui qui ne l'est pas vraiment et légitimement" (De Ecclesia Christi, cardinal Billot, Rome, Éd. 5a, p. 635).
Et, dans un autre endroit de ce dernier ouvrage, le même vigoureux et sain auteur, une des dernières grandes figures cardinalices avant la tourmente vaticandeuse, d'illustrer ce qu'il vient de dire par un magistral exemple, qui, est-il besoin de le souligner, concerne en plein notre problème : "… Disons ce mot, au passage, contre ceux qui, cherchant à justifier certaines tentatives de schisme faites à l'époque du pape Alexandre VI Borgia, allèguent que l'instigateur de ce schisme répandait qu'il avait des preuves très-certaines de l'hérésie d'Alexandre, et qu'il serait prêt à les révéler dans un concile général [... c'est exactement, pour en rester là, la procédure pseudo-théologique que suit passionnellement, en pur zélote, Mgr Viganò et toute la cohorte des sédévacs non-una cum, quant au pape François...]. Sans donner d'autres raisons qui permettraient de réfuter aisément cette opinion, qu'il suffise de rappeler ceci : il est certain que lorsque Savonarole écrivait ses lettres aux princes [pour dénoncer cette soi-disant "hérésie" du pape Alexandre VI], toute la chrétienté adhérait à Alexandre VI et lui obéissait comme au vrai pontife. Pour cette raison même, Alexandre VI n'était pas un faux pape, mais un pape légitime. Donc, il n'était pas hérétique, au moins dans ce sens qu'un hérétique cesse d'être membre de l'Église et qu'il est privé en conséquence, par la nature même des choses, du pouvoir pontifical et de toute autre juridiction [... et le même raisonnement, on le comprend sans peine, est à faire quant au pape François : étant certainement vrai pape puisqu'il est reconnu comme tel par toute la chrétienté, il ne peut donc être hérétique formel ; et quand bien même, contrairement au pape Alexandre VI Borgia, on ne peut que constater une multi-hérésie dans le Magistère pontifical de François, ce qui là aussi est très-vrai, il ne peut donc très-certainement qu'être hérétique simplement matériel, non-formel... comme d'ailleurs, mon dernier article l'a assez montré, TOUS les papes modernes le sont peu ou prou depuis Pie VII Chiaramonti, le pape de l'abominable concordat napoléonien, parfaitement hérétique sur le chapitre des Mœurs dans la matière politique constitutionnelle : cf. https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/pie-vii-chiaramonti-1742-1800-1823-un-pape-fieff-fichtre-foutre-et-forcen-d-mocrate-lettre-ouverte-ceux-qui-nont-pas-peur-de-commettre-le-p-ch-dintelligence-?Itemid=154]" (ibid., pp. 612-613).
Saint Alphonse de Liguori, dernier théologien que je citerai à la barre parmi tant d'autres du premier ordre qui sont unanimes sur cette question, expose cette grande loi théologique que je rappelle, en des termes encore plus forts : non seulement, enseigne-t-il, la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio est le signe formel d'une élection pontificale valide, mais une élection conclavique qui ne le serait pas à l'origine le deviendrait formellement dès lors que cette dite pacifica, etc. serait actée sur elle. Lisons-le : "Peu importe que dans les siècles passés quelque pontife ait été élu de façon illégitime ou ait pris possession du pontificat par fraude [hélas, c'est par trop vrai que jusqu'au décret libérateur de Nicolas II en 1059, il y eut bien des élections pontificales rien moins que pures, ce que notre saint auteur ne veut exprimer ici, par respect pour l'Église, qu'avec le voile de Noé] ; il suffit qu'il ait été accepté ensuite comme pape par toute l'Église, CAR DE CE FAIT IL EST DEVENU LE VRAI PONTIFE" (saint Alphonse de Liguori, Verità della fede, in Opere, etc., vol. VIII, p. 720). Pour saint Alphonse donc, c’est infiniment remarquable et… à remarquer, la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio à la personne du pape actuel est tellement importante, qu’il la considère comme pouvant décider à elle toute seule de la légitimité du pape actuel. Même si l'élection du nouveau pape actuel est mal faite, dit-il, du moment qu'intervient en bonne et due forme cette pacifica universalis ecclesiæ adhæsio à sa personne, son élection au Siège de Pierre est par-là même, ipso-facto, rendue valide, assainie à la racine, sanatio in radice...
Il faut d'ailleurs noter ici soigneusement que l'Histoire ecclésiastique donne l'exemple d'un pape du VIème siècle, le fameux Vigile (538-555), qui corrobore et confirme formellement, singulièrement, ce qu'avance saint Alphonse, ici théologiquement très-inspiré : Vigile fut en effet reconnu vrai pape, verus papa, par l'Église romaine unanime, mais préalablement il n'y eut... aucune élection canonique de sa personne au Siège de Pierre, pas même frauduleuse ou illégitime ! Il n'y eut, a-posteriori, qu'une pacifica universalis ecclesiæ adhæsio par l'Église romaine à sa personne imposée militairement par le pouvoir politique de l'empire d'Orient comme pape, ce qui en soi était parfaitement invalide, comme fruit de ce que le droit canon appelle "tumulte militaire" et connote de dirimant (... Soit dit en passant, Vigile était en plus complice d'hérétiques formels et déposés avant son accession de soi illégitime au Siège de Pierre, et il n'en fut, donc, pas moins reconnu comme vrai pape, verus papa, par l'Église romaine, acceptus et probatus, ce qui prouve toute la fausseté du raisonnement pseudo-théologique tenu par l'idiosyncratique Paul IV dans le § 6 de sa fumeuse beaucoup plus que fameuse bulle Cum ex apostolatus...). On pourra lire la presque incroyable, sidérante et stupéfiante histoire du pape Vigile, dans les pages 170, sq., de L'Impubliable, mon premier ouvrage de fond sur la théologie de "la crise de l'Église" écrit dans les années 1996, où je la rapportais (cf. https://eglise-la-crise.fr/images/stories/users/43/LImpubliableCompletTERMINUSDEFINITIF7meEdition2015.pdf).
Voilà qui est dire à quel point la règle prochaine de toute légitimité pontificale réside formellement et uniquement dans la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio théologiquement actée et fondée ab initio sur les cardinaux de la sainte Église romaine, qui elle-même n'est rien d'autre que l'Église Universelle. Tous les théologiens sérieux, du premier ordre, ont opiné pour cette doctrine qui, soit dit en passant, ne saurait être mise en balance comme une simple opinion théologique parmi d'autres, comme veulent le dire mensongèrement par exemple ces tricheurs de sédévacantistes, quand la vérité vraie en vérité est très-exactement aux antipodes : cette doctrine est le fondement même de la Constitution divine de l'Église en matière de légitimité pontificale, elle est formellement intégrée au Magistère ordinaire & universel et dotée de l'infaillibilité inhérente à cedit Magistère, donc à croire de Foi, de fide, sous peine d'anathème ipso-facto immédiat (le cardinal Billot le dit très-clairement, voir supra, et j'ai moi-même fait la démonstration théologique de son intégration audit Magistère infaillible au début de mon article sur ce qui fonde le droit divin dans toute élection pontificale, au lien suivant : https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/o-se-situe-lacte-de-droit-divin-qui-fait-certainement-le-pape-actuel-chez-les-cardinaux-qui-l-lisent-canoniquement-dans-le-conclave-ou-chez-les-v-ques-de-lorbe-catholique-qui-approuvent-a-posteriori-l-lection-des-cardinaux-?Itemid=1).
Dans un souci de faire court, duquel le lecteur me saura sûrement gré, je ne cite ici que Billot, Journet et saint Alphonse de Liguori, mais Arnaldo Xavier da Silveira, dans La messe de Paul VI, qu'en penser ?, écrit aux toutes premières aurores du combat tradi, après avoir dit page 296 de son ouvrage que la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio est la règle prochaine de toute élection pontificale certainement valide : "C'est ce qu'enseignent tous les auteurs", précisait en note, dans la même page : "Ainsi enseignent par exemple : Suarez, De fide, disp. X, sect. V, spécialement nos 6-8 (pp. 314-315) ; Ferraris, Prompta bibl., art. Papa, col. 1846, n° 69 ; Bouix, Tract. de papa, tome II, pp. 683, sq. ; Wernz-Vidal, Ius can., tome II, pp. 436-438".
Il ne faut donc point s'étonner, puisqu'elle est basée sur le droit divin, de voir la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio être déjà la grande loi de la légitimité pontificale en plein Moyen-Âge, aux temps de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153). Tout ce que je viens d'exposer et rappeler là, dans mon nouvel article quant à la règle prochaine de la légitimité pontificale, est en effet déjà compris et appliqué par le grand saint Bernard...
Personne, au reste, ne saurait s'en étonner. Car, qui mieux que saint Bernard, possède au plus haut point le sensus Ecclesiæ...? Saint Bernard de Clairvaux, déclaré Docteur de l'Église par le pape Pie VIII en 1830, est ce doctor mellifluus (Pie XII) dont la suave doctrine de Foi déverse dans l'âme le miel de Dieu. Elle est considérée comme si forte, si catholique, si pure, que sa parole et ses écrits sont réputés donner aux âmes le miel divin de la Sagesse éternelle. Et il en est ainsi, parce qu'il va tout-de-suite à la Cause première des choses dans toutes les affaires qu'il traite, celle divine, et qu'il la magnifie merveilleusement bien devant les hommes, pour que, justement, l'homme ne prévale pas dans l'homme, non prævalebunt homo. Sa doctrine est une épiphanie à la fois glorieuse et humble de la Cause première en toutes choses, qui est Dieu Lui-même. Saint Bernard sera comme l'Apôtre évangélisateur par excellence du XIIe siècle, lui, dont un fils spirituel deviendra plus tard le pape Eugène III et qu'il continuera à diriger spirituellement, lui, que les auteurs ont baptisé "dernier des Pères [de l'Église] mais non inférieur aux premiers" (Mabillon), quand d'autres vont jusqu'à le considérer carrément comme "l'homme du XIIe siècle", c'est-à-dire qui récapitule dans sa seule personne toute la virtus, la substance spirituelle des hommes de ce beau Moyen-Âge si virilement surnaturel... Saint Bernard, c'est le Droit de Dieu transcendant le droit de l'homme, "dans l'Absolu" aurait dit Léon Bloy. Et s'il n'y a pas de Droit de Dieu, alors, il n'y a RIEN, et surtout PAS de droit de l'homme, car ce dernier n'existe que par le Droit de Dieu. Et combien le doctor mellifluus a raison sur cela !, combien il est admirable dans cette pensée première de son âme, qui est théocratique, par laquelle il va mener toute sa prodigieuse action dans toute l'Europe, et qui sera le fondement essentiel de tous ses écrits doctrinaux, mystiques et spirituels ! Tous les problèmes de l'ère moderne après la Renaissance, viennent en effet très-précisément de l'oubli, ou pour mieux dire de l'apostasie, de cette vérité fondamentale, à savoir que le Droit de Dieu transcende tout droit de l'homme, sinon RIEN.
Or, ce héraut très-inspiré de Dieu voit tout-à-coup, en 1130, le juif Pierre de Léon se faire élire comme anti-pape dans un pseudo-conclave et prendre le nom d'Anaclet II, en face du pape légitime, Innocent II. Que va-t-il faire ? On va très-vite se rendre compte que saint Bernard, pour résoudre la griève affaire (car on le consultait de toute la Chrétienté pour savoir qui était le vrai pape), va n'employer, par exemple dans sa lettre au duc d'Aquitaine qui s'était laissé circonvenir par l'anti-pape, qu'un argument théologique, un seul, celui de l'infaillibilité de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio sur un tel, qui, en désignant CERTAINEMENT le vrai pape, verus papa, tranche théologiquement la question de manière décisoire.
Cependant, il n'aura pas la grâce d'y venir tout-de-suite. Dans l'abordage de l'affaire, lorsqu'on l'oblige à la prendre en mains, on voit saint Bernard tâtonner, peiner et ahaner dans la recherche laborieuse de l'argument théologique qui sera décisif pour faire triompher la cause du pape légitime, Innocent II. Pour contrer celle de l'anti-pape, il tâche, dans les débuts, d'invoquer deux arguments canoniques en faveur d'Innocent, à savoir : 1/ la sanior pars, c'est-à-dire qu'Innocent a été élu par la partie la plus saine du Sacré-Collège, et 2/ l'ætio ordinabilior, à savoir que la consécration d'Innocent par le traditionnel évêque d'Ostie était plus régulière que celle d'Anaclet faite par l'évêque de Porto. Mais saint Bernard se rend très-vite compte que ces deux arguments canoniques sont beaucoup trop faibles pour emporter pièce, que le parti d'Anaclet peut en présenter d'autres, pour le moins aussi valables, et qui peuvent les mettre en balance. Par exemple, le parti d'Anaclet invoque un argument de très-grand poids, à savoir qu'Innocent a été élu par les seuls sept cardinaux-évêques suburbicaires, sans participation active des cardinaux-prêtres ni celle des cardinaux-diacres (lesquels, beaucoup plus nombreux, ont alors élu ensemble majoritairement Pierleoni-Anaclet).
Cet argument, en vérité, était très-fort, bien plus fort que ceux avancés de prime abord par saint Bernard ! Certes, l'élection d'Innocent par les seuls cardinaux-évêques suburbicaires était parfaitement valide, et d'ailleurs la seule à pouvoir l'être, car elle avait été faite selon la législation canonique en vigueur en matière d'élection pontificale au moment où Innocent est élevé sur le Siège de Pierre. Mais notons que cette législation, inspirée par le moine Hildebrand, était non seulement nouvelle dans l'Église puisqu'elle datait seulement du décret de Nicolas II en 1059, mais surtout, et c'était beaucoup plus grave, elle était, dans sa décision de réserver l'élection pontificale aux seuls sept cardinaux-évêques, si contraire à l'indispensable unité et bonne harmonie du haut-clergé romain, si imparfaite et moralement dangereuse ("en attribuant le privilège électoral aux seuls cardinaux-évêques, il semble que [cette législation] ait fourni à l'antagonisme latent qui existait entre ceux-ci et l'ordre presbytéral [les cardinaux-prêtres et diacres], un nouvel aliment. (…) Cet antagonisme force les évêques suburbicaires à consentir des compromis périodiques [à chaque nouvelle élection pontificale]" ― Lector, pp. 253 & 254), "qu'enfin Alexandre III, frappé des dangers d'un tel sécessionnisme, y mett[ra] fin en donnant une part égale aux trois ordres [cardinalices] dans la constitution du corps électoral (1179)" (ibid.), ce qui sera l'acte de naissance du Sacré-Collège moderne proprement dit (précisons que de 1059 à 1179, neuf papes seulement furent élus par les seuls cardinaux-évêques, difficilement et très-dangereusement, "on le vit lors de l'élection de Grégoire VII lui-même [le moine Hildebrand, inspirateur de cette législation]" ― ibid.)… Or, justement, la faction cardinalice qui avait poussé le trouble Anaclet en face d'Innocent était fondée sur cette légitime revendication des cardinaux-prêtres et cardinaux-diacres, la preuve en est qu'elle fut très-rapidement satisfaite par les papes dans la suite des temps ecclésiaux…
Tout ceci considéré, saint Bernard donc, se rend bien compte de l'insuffisance complète de s'appuyer sur le droit canonique pour soutenir la cause d'Innocent, et il se rabat alors sans tarder sur la loi fondamentale de droit divin qui sera absolument décisive sur toute argumentation d'ordre seulement canonique (car le droit divin fonde le droit canon, le répare même sanatio in radice lorsqu'il s'avère d'usage imparfait, et non l'inverse), celle de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio au nouvel élu au Siège de Pierre, qui désigne infailliblement CERTAINEMENT le vrai pape, verus papa. Il y travaille d'arrache-pied d'ailleurs, en amenant les roys de France et d'Angleterre à l'obédience d'Innocent, pendant que saint Norbert, son ami, travaillait à obtenir celle de Lothaire III, l'empereur d'Allemagne. Et une fois ces trois obédiences majeures du monde catholique d’alors obtenues, saint Bernard se montre alors, avec un rare sens théologique de la situation, divinement assuré de la cause d'Innocent, qu'il fera triompher formidablement en héraut de Dieu (les cardinaux en effet, étaient hors-course, puisqu'ils étaient divisés, les uns pour Innocent, les autres pour Anaclet ; puisque donc l'organe ordinaire pour poser la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio faisait défaut, et qu'on n'eut pas recours au bas-clergé de Rome pour la même raison qu'il était aussi divisé dans ses membres que le haut-clergé romain l'était, il fallait recourir à celui extraordinaire, à savoir : absolument toute la Chrétienté dans son ensemble, l'universitas fidelium, tout simplement, règle que rappellera très-bien le cardinal Journet dans L'Église du Verbe incarné, que j'ai rapportée plus haut, et que je résume en ces termes : "L'élection pontificale appartient au haut-clergé de Rome ou cardinaux ; à son défaut, au bas-clergé de Rome ; à son défaut encore, à l'Église Universelle" ; ce sera elle également, l'universitas fidelium, qui, quelques siècles plus tard, résoudra le problème théologique posé par le grand-schisme d'Occident)...
On remarquera que dans sa lettre au duc d'Aquitaine que je vais citer maintenant, pourtant écrite au début de l'affaire, saint Bernard ne s'appuie déjà plus que sur l'argument de droit divin qui nous occupe, n'évoquant pas même les deux arguments d'ordre canonique précités, sur lesquels au tout début de l’affaire il avait cru pouvoir s’appuyer, la sanior pars et l'ætio ordinabilior, mais qu'il a déjà complètement abandonnés.
Mais lisons les passages de sa lettre au duc d'Aquitaine qui nous intéressent : "... La parenté et l'amitié qui nous unissent ne permettent pas de garder plus longtemps le silence sur votre égarement. (...) Comment avez-vous pu vous oublier jusqu'à abandonner votre mère et votre souveraine [l'Église] dans son affliction ? À moins que votre conseil ne vous persuade que toute l'Église se réduit à la famille de Pierre de Léon. Mais la vérité même confond ces imposteurs et l'antéchrist, leur chef, puisqu'elle assure, par la bouche de David, que l'Église s'étend à tous les confins de la terre et à toutes les familles des nations. Il est vrai que le duc de la Pouille est dans son parti, mais c'est le seul prince ; encore l'a-t-il gagné par le ridicule appât d'une couronne usurpée. Au reste, quelles sont les belles qualités de leur prétendu pape, pour nous faire pencher de son côté ? Si je m'en rapporte au bruit commun, il n'est pas même digne de gouverner une bicoque [sic ! Ah !, comme on s'empresserait, en nos jours débiles et séniles, d'accuser saint Bernard de Clairvaux de "manque à la charité envers son prochain" !]. (...) Ainsi, mon très-cher cousin, le parti le plus sûr est de RECONNAÎTRE POUR PAPE UNIVERSEL CELUI QUE L'UNIVERSALITÉ S'ACCORDE À RECONNAÎTRE POUR TEL, celui que reconnaissent tous les ordres religieux et l'universalité des rois. Il y va de votre honneur et de votre salut" (Histoire universelle de l'Église catholique, Rohrbacher, t. XV, p. 269).
... Pas même digne de gouverner une bicoque ! Anaclet en effet, de la famille juive des Pierleoni, n'était pas du tout digne de la fonction pontificale, saint Bernard allait même jusqu'à le considérer, avec du reste beaucoup de perspicacité et d'esprit prophétique, comme une sorte de "précurseur de l'Antéchrist" (... il était là, en vérité, effectivement très-inspiré, puisque le dernier pape légitime de l'Église dans son économie du temps des nations et de Rome son centre, c'est-à-dire notre Église, sera bel et bien l'Antéchrist-personne lui-même soi-même, selon l'oracle salettin bien entendu : "Rome perdra la Foi et deviendra le siège de l'Antéchrist", comme je vais l'expliquer plus en détail plus loin, et ainsi que je l'ai soigneusement établi dans mon grand article sur cette très-redoutable question, cf. http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/AntechristDernierPapeLEGITIMEMisEnForme.pdf). Anaclet était certes très-habile dans l'administration des affaires ecclésiastiques mais il n'agissait aucunement de manière surnaturelle, par la grâce divine et selon l'esprit véritable de la Religion, seulement pour des vues tout humaines : "Un homme aussi pondéré et pénétrant que Pierre-le-Vénérable, dans une de ses lettres, avait dénoncé sa cupidité, son ambition, son penchant à la simonie. Un autre bon juge, l'évêque Hubert de Lucques, écrivant à saint Norbert, alors archevêque de Magdebourg, le décrira en deux mots sévères : avarus et ambitiosus, avare et ambitieux" (Saint Bernard de Clairvaux, Mgr Cristiani, p. 84).
Dans le même temps qu'il écrit ces lignes fortes et toutes pleines de l'Esprit de Dieu au rétif duc Guillaume d'Aquitaine, saint Bernard écrit aux évêques qui siègent sur ses terres : "... Voici le temps, mes très-révérends Pères, de signaler votre vertu. (...) Vous êtes dans la nécessité, ou de céder avec infamie, ou de résister avec une vigueur infatigable. Le nouveau Diotrèphes [= le duc d'Aquitaine], que son ambition fait aspirer à la primauté, refusant de reconnaître avec vous celui qui vient au nom du Seigneur, et qui est reconnu de toute l'Église, reçoit celui qui vient en son propre nom. (...) Dieu a déjà décidé, l'arrêt qu'Il a prononcé, C'EST L'ÉVIDENCE DU FAIT MÊME [que saint Bernard fait consister en la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio à la personne d'Innocent II, comme il suit :]. Qui sera assez hardi pour s'y opposer ? qui oserait appeler de son jugement ? Il [Innocent] a été reconnu et approuvé par les archevêques (suit toute une liste de noms). Il a été accepté par les évêques (également toute une liste). (...) Je ne parle point d'une infinité d'archevêques et d'évêques (idem, toute une liste) leurs noms (idem) ne peuvent être contenus dans la brièveté d'une lettre. TOUS, DE CONCERT, ONT REJETÉ PIERRE DE LÉON, SE SONT DÉCLARÉS POUR GRÉGOIRE, SOUS LE NOM DU PAPE INNOCENT. (...) Je ne dois pas passer sous silence tant de saints religieux (encore une liste), en un mot tout le clergé et tous les ordres religieux suivent leurs évêques [dans la reconnaissance ecclésiale universelle d'Innocent comme pape]. (...) Que dirai-je des rois et des princes de la terre ? Ne s'accordent-ils pas avec leurs peuples à révérer Innocent comme l'évêque de leurs âmes ? Enfin, quelqu'un, remarquable par sa dignité ou par sa vertu, qui ne fasse pas la même chose ? APRÈS CELA, IL Y A ENCORE DES CHICANEURS OPINIÂTRES QUI RÉCLAMENT CONTRE CETTE UNANIMITÉ ! ILS FONT LE PROCÈS À TOUT L'UNIVERS [CATHOLIQUE] !" (Rohrbacher, t. XV, pp. 270-272).
C'est clair comme de l’eau de roche, bien vertement dit et fort comme la Vertu de Dieu, n'est-il pas ? Or donc, cet argument de droit divin de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio au vrai pape est le principal et finalement le seul employé par saint Bernard de Clairvaux pour débouter dans les esprits le parti d'Anaclet. Et... il y arrive, du moins auprès des âmes de bonne volonté. La lettre auprès des évêques d'Aquitaine, dont nous venons de lire de larges extraits, eut son effet : ils résistèrent courageusement à l'anti-pape et d'ailleurs en "eurent beaucoup à souffrir" (Rohrbacher, ibid.).
Quant au duc d'Aquitaine et comte de Poitiers qui, un moment, va persécuter ceux qui tiennent pour le vrai pape, saint Bernard, en vrai prophète, ne va pas tarder à le ramener dans le droit chemin, et… par quel formidable coup de trique à bourrique, ô doux Jésus !! Le duc se révélant décidément plus rétif que baudet, saint Bernard, avec lui, va employer les grands moyens : au moment de la communion d'une messe à laquelle le duc assistait à la porte de l'église (car il était excommunié), saint Bernard, soudain, descend la nef, muni de la grande hostie sur la patène, et, avec un éclat de prophète de Yahweh-Sabaoth, lui fit sommation pleine d'autorité, dans le tonnerre et les éclairs Boanergès, de quitter le parti d'Anaclet (le duc en fut si saisi qu'il s'écroula sur le sol aux pieds de saint Bernard, hébété, pantelant, écumant, poussant des cris inarticulés, puis abjura enfin le schisme lorsque saint Bernard daigna le relever en le touchant du pied...). Dans cet ultime et victorieux siège de l'âme du duc rebelle, ne manquons surtout pas de remarquer comme saint Bernard emploie toujours et encore le même argument de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio au pape, qui ne peut porter que sur le vrai pape, verus papa : "Éh bien !, lui dit-il, nous vous avons prié et vous nous avez méprisé ! Dans notre précédent entretien, la multitude des serviteurs de Dieu, rassemblés autour de vous, vous a supplié également et vous n'avez pas écouté. Voici maintenant le Fils de la Vierge qui vient à vous ! Allez-vous le repousser lui aussi ? (...) Pour obéir à Dieu, rétablissez l'union et la paix dans votre État, et faites soumission au pape Innocent, comme toute la chrétienté !...»" (Cristiani, pp. 108‑109).
Un peu plus tard, le schisme réussissant à s'installer quand même (... ce méchant bougre d'Anaclet possédait l'art de séduire les intelligences utiles à sa cause...!), saint Bernard fut l'âme du concile qui eut lieu en 1132 à Pise sous la présidence d'Innocent II, car l'anti-pape occupait Saint-Pierre de Rome, excusez du peu. C'est lui qui fut l'inspirateur de la lettre que l'empereur Lothaire écrivit alors, aux termes du concile, à toute la Chrétienté : "Dieu nous ayant établi défenseur de la sainte Église romaine, nous sommes allé pour la délivrer, accompagné d'évêques, d'abbés, de princes et de seigneurs [... il n'y alla qu'avec 2 000 chevaliers, et fut la risée des pays où il passait : ce qui fit que l'anti-pape se maintint encore longtemps à Rome...]. Et, allant à Rome, nous avons souvent reçu des députés du schismatique Pierre de Léon, qui prétendaient qu'on ne devait pas l'attaquer à main armée, puisqu'il était prêt à comparaître en jugement [le rusé anti-pape cherchait alors à gagner du temps, en demandant pour une affaire ecclésiastique un jugement laïc à l'empereur germanique, qu'ainsi il flattait dans ses plus mauvais et très-dangereux penchants : ce seul procédé suffit à le juger, lui et sa cause...]. Nous l'avons fait savoir aux évêques et aux cardinaux qui étaient avec le seigneur pape Innocent ; et ils nous ont répondu, comme étant bien instruits des canons [!], QUE L'ÉGLISE UNIVERSELLE AYANT DÉJÀ PRONONCÉ SUR CE SUJET ET CONDAMNÉ PIERRE DE LÉON [ET DONC : RECONNU INNOCENT VRAI PAPE], aucun particulier ne pouvait s'en attribuer le jugement" (Rohrbacher, t. XV, p. 275).
C'est sûr, il n'y a que les sédévacantistes à n'être pas... "bien instruits des canons"…!!
En 1137, par le laxisme des hommes, le schisme durait toujours, quoique amoindri. Alors, afin de régler définitivement la question, il y eut une conférence mémorable, pour le bon succès de laquelle l'anti-pape, aidé de Roger, roi de Sicile, envoya un cardinal acquis à sa cause, Pierre de Pise, "qui passait pour très-éloquent et très-savant dans les lois civiles et ecclésiastiques. Aussi le roi l'avait-il demandé nommément, dans l'espoir d'embarrasser la simplicité de l'abbé de Clairvaux [choisi pour être le champion de la cause d'Innocent II]. Après que Pierre eut parlé en faveur d'Anaclet, et cité à l'appui des faits de l'histoire et des lois canoniques, Bernard répondit :
"«Je sais quelles sont votre capacité et votre érudition, et plût à Dieu que vous eussiez à défendre une cause meilleure ! Il n'y aurait point d'éloquence qui pût vous résister. Quant à nous autres, gens rustiques, plus accoutumés à manier la bêche qu'à plaider des causes et à faire des harangues, nous garderions le silence si l'intérêt de la Foi ne nous pressait. (...) Il n'y a qu'une Église et non deux, comme il n'y eut qu'une arche au temps du déluge. Huit personnes s'y sauvèrent, tous ceux qui étaient dehors périrent. Que cette arche soit la figure de l'Église, personne n'en doute. Or, tout récemment, on a fabriqué une arche nouvelle ; puisque maintenant, il y en a deux, nécessairement l'une d'elles est fausse et destinée à être engloutie. Si donc l'arche que gouverne Pierre de Léon est de Dieu, celle que gouverne Innocent doit nécessairement périr. Ainsi donc périra l'Église orientale, périra tout l'Occident, périra la France, périra l'Allemagne ; les Espagnols, les Anglais, les royaumes les plus reculés seront engloutis dans le fond de la mer. Les ordres religieux et une infinité d'autres compagnies de serviteurs et de servantes de Dieu, seront nécessairement, par le même naufrage, précipités dans l'abîme. Les évêques, les abbés et les autres princes de l'Église, le gouffre béant les engloutira. Seul de tous les princes de la terre, Roger est entré dans l'arche de Pierre de Léon ; ainsi tous périront, tous, excepté Roger ! Roger seul sera sauvé ! À Dieu ne plaise que la religion de l'univers entier périsse, et que l'ambition d'un Pierre de Léon, dont tout le monde sait quelle fut la vie, obtienne le royaume des cieux !» À ces paroles, les assistants ne purent se contenir davantage, mais ils détestèrent et la vie et la cause de l'anti-pape. Quant au saint abbé, il prit par la main Pierre de Pise, il le fit lever, et, se levant avec lui, il lui dit : «Si vous m'en croyez, nous entrerons tous deux dans l'arche la plus sûre». En même temps, comme il y avait pensé d'avance, il l'entreprit par des avis salutaires, et, la grâce de Dieu y aidant, lui persuada aussitôt de s'en retourner à Rome et de se réconcilier au pape Innocent" (Rohrbacher, t. XV, pp. 312-313) !
Ainsi donc, c'est par trop clair, c'en est même rayonnant, éclatant comme le soleil de midi en plein mois d'août, le seul argument théologique qui permit à saint Bernard d'emporter l'affaire, fut celui de droit divin de l'infaillibilité de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio à la personne d'Innocent II. Après quelques hésitations au départ, ce fut le seul argument, ancré fondamentalement sur le droit divin, dont cet athlète de Dieu et de son Église se servit…
... Mais, pour finir, je ne saurai quitter l'épisode sans faire remarquer, au passage, que l'argumentation théologique de saint Bernard est entièrement basée sur le très-grand nombre des élus, puisqu’il argue comme impossible que Dieu et son Église résidassent dans le très-petit nombre, c’est-à-dire en l’occurrence dans la seule maison de Pierleoni et de Roger de Sicile. Et ne notons pas moins que tout le monde se range à cet argument, trouvant donc absolument impossible que le salut serait réduit au très-petit nombre des élus... Ceci dit en direction de certains clercs tradis, notamment ceux sédévacantistes, qui manient et marient fort malsainement le rigorisme janséniste avec le sectarisme schismatique, les deux doctrines, en effet, s’accouplant très-bien, comme les monstres savent le faire entre eux...

Tout le monde le sait bien, les sédévacantistes ont, par manque de réflexion théologique et mûs par une passion zélote primaire et brutale, orgueilleuse, l'audace impie de rejeter cette doctrine catholique de l'infaillibilité de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio comme règle prochaine de la légitimité pontificale. Pour eux en effet, et c'est là leur argument principal et accessoires, et même leur seul argument, ce qui fait le pape, ce n'est pas l'Église Universelle, c'est la Foi, que le pape a, ou n'a pas, dans son Magistère. S'il l'a, alors il est pape ; s'il ne l'a pas, alors il n'est pas pape. Mais cedit argument pour oser soutenir leur rébellion schismatique contre l'Église Universelle est parfaitement hérétique, il est d'ailleurs déjà anathématisé par l'Église dans plusieurs occasions que l'Histoire révèle, comme je vais le dire plus loin.
C'est en effet là prendre une cause seconde pour une cause première. Car la Foi magistérielle du pape lui vient et lui est donnée par le canal tout divin de l'Église Universelle. Il est capital de comprendre, en effet, que tout vient au pape actuel par l'Église Universelle, et la validité de son élection au Siège de Pierre, et le charisme d'avoir une Foi pure, impeccable, dans son Magistère, durant tout le cours de son pontificat. La Foi pure que le pape enseigne dans son Magistère pontifical n'est qu'une cause seconde, tout entièrement dérivée de la cause première qu'est l'adoubement du pape actuel par l'Église Universelle, par le canal de laquelle le Saint-Esprit lui donne Sa grâce toute-puissante et invincible pour empêcher toute hétérodoxie dans son Magistère, pendant tout son pontificat.
Ce qui signifie que si l'on constate chez le pape moderne une Foi magistérielle défectueuse, qui fait défection, comme c'est hélas indubitablement bien le cas, il est capital de comprendre que ce constat ne peut en aucune manière ni d'aucune sorte supprimer le criterium de validation formelle de son pontificat par l'Église Universelle, préalablement posé infailliblement en cause première avant de faire le constat de l'hétérodoxie de son Magistère. Nous sommes en fait en présence de deux lieux théologiques, loci theologici, et ni l'un ni l'autre n'a pouvoir d'annihiler l'autre ou l'un. Ce n'est donc pas parce que le Magistère pontifical moderne est hérétique que cela annihile la légitimité du pape moderne, puisque celle-ci a été adoubée par l'Église Universelle, et donc par le Saint-Esprit, dans un acte rigoureusement infaillible.
La seule conclusion que l'on doit alors tirer de ce constat, certes théologiquement complètement anormal, c'est que LA CONTRADICTION, la "si grande contradiction" (He XII, 3) donnée comme signe topique de l'économie de la Passion du Christ par saint Paul, est rentrée DANS l'Église.
Dès lors en effet que le catholique fait ce constat chez les papes modernes d'une contradiction fondamentale entre la cause première et la cause seconde, cette dernière, normalement, ne pouvant qu'être théologiquement en adéquation parfaite avec ladite cause première qui l'engendre dans l'existence, immédiatement il doit comprendre que l'Épouse du Christ est rentrée dans l'économie de la Passion de son Époux, Passion qu'elle a, comme Lui, à vivre puis à mourir de mâlemort à sa propre et personnelle fin des temps, mort effective qui interviendra lors du règne de l'Antéchrist-personne, et par lui. Le vrai catholique n'a rien à en déduire d'autre, surtout pas de supprimer hérétiquement l'Église Universelle prétendument au nom de la Foi, comme le fait hélas le sédévacantiste en zélote passionnel, par un mouvement d'orgueil brutal et primaire de son âme, ce qui le fait aboutir à rien moins qu'à... tuer l'Église Universelle dans son âme.
Il y a certes deux catégories de contradictions possibles qui, théoriquement, pourraient rentrer dans l'Église. La première serait celle d'une contradiction formelle, elle signifierait bien sûr par-là même, et cela, il n'est nul besoin de le dire, est évidemment exclu d'office par la Foi, que "les portes de l'enfer [auraient prévalu] contre l'Église" (Matth XVI, 18). Mais la seconde sorte de contradiction, aux antipodes absolus de la première, est celle d'une contradiction simplement matérielle, signifiant que l'Église-Épouse rentre dans l'économie de la Passion du Christ, qu'elle œuvre par-là même, sous la motion du Saint-Esprit, à devenir co-Rédemptrice, ce qui, loin d'être une défaite, est tout au contraire le summum de la vertu ecclésiale à la suite du Christ donnant sa Vie pour notre salut in finem dilexit eos, c'est-à-dire dans la fine pointe de l'Amour divin pour tous les hommes, jusqu'à donner sa propre vie ecclésiale à l'instar du Christ, pour notre salut à tous (Jn XIII, 1). Et donner ainsi sa vie, non seulement jusqu'au bout de l'Amour, mais jusqu'à l'excès de l'Amour, c'est-à-dire de manière ignominieuse, en étant recouverte d'un vêtement de péché, le péché universel du monde, étant véritablement "faite péché pour notre salut" (II Cor V, 21), autre signe topique révélé par saint Paul pour caractériser l'économie de la Passion du Christ. Autrement dit, loin d'être une défaite de l'Église, cette "si grande contradiction" moderne qu'on est bien obligé d'enregistrer dans l'Église, cette mise en état de péché matériel de l'Église "faite péché pour notre salut", signifie en fait, derrière les apparences tellement contradictoires, qu'elle est en train de travailler à sa victoire complète sur les forces du mal, exactement comme Notre-Seigneur Jésus-Christ l'a fait du haut de sa croix, cela signifie qu'elle vit désormais dans l'économie de la Passion de son Époux, qui, par sa mort ignominieuse même dans la figure du monde qui passe, vainc Satan et le péché... C'est bien sûr une vue mystique de la question, mais seule cette vue mystique donne la raison profonde, le fin mot, et le mot supérieur, et supérieurement réel, de notre situation ecclésiale-pontificale contemporaine (cf., pour l'exposé complet de la thèse de "LA PASSION DE L'ÉGLISE", le lien suivant : https://eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/ExposePassionEglise2.pdf).
Mais en prétendant supprimer l'Église Universelle au nom de la Foi, peut-être, certainement même, sans réfléchir à l'hétérodoxie viscérale de sa réaction impulsive (c'est à souhaiter du moins), le sédévacantiste ressemble en fait au propriétaire d'un chien galeux qui voudrait régler le problème par lui-même, tout seul, de sa propre autorité, rapidement, et surtout radicalement. Il sait qu'il peut consulter le vétérinaire, mais il préfère de beaucoup la solution drastique de prendre son fusil de chasse et... tuer le chien. Car, se dit-il fort stupidement, un chien mort... n'a plus la gale, donc j'aurai réglé... le problème ! Il ne comprend même pas que, si effectivement le chien tué n'a plus la gale, il est... MORT !! Donc, loin d'avoir solutionné le problème, il a tout au contraire définitivement empêché qu'il puisse être jamais plus solutionné. Et bien sûr, dans ma parabole, on l'a compris, ce chien galeux que le sédévacantiste tue dans son âme, c'est l'Église moderne malade de Vatican II, mais toujours Épouse du Christ, mais toujours Église Universelle...
Je disais plus haut que la grâce de la pureté de la Foi magistérielle du pape actuel lui est donnée par le canal tout divin de l'Église Universelle. Ainsi donc, le sédévacantiste commet un deuxième péché en prétendant juger de lui-même, avec pouvoir de déchéance, si le pape actuel professe la Foi dans son Magistère, péché tout aussi grave que le premier qu'il commet en supprimant l'Église Universelle pour décider si un pape est vrai pape ou bien non. Certes, il peut bien sûr, et même non seulement lui mais tout catholique digne de ce nom non seulement le peut mais le doit, faire le constat de l'hétérodoxie viscérale du Magistère pontifical moderne puisque c'est le cas très-réel, mais il est capital de comprendre qu'il ne s'agit là, de sa part, que d'un constat purement intellectuel. C'est-à-dire que ce constat intellectuel ne lui donne théologiquement aucun droit ni pouvoir pour déchoir le pape moderne comme il le croit hérétiquement. Il n'a pas compris, là encore, que seule l'Église Universelle, par l'organe canoniquement unanime des deux/tiers du Sacré-Collège cardinalice, a théologiquement pouvoir et puissance, premièrement de faire l'examen de la doctrine du pape moderne, puis ensuite, au cas où l'examen s'avèrerait être négatif, de déchoir le pape moderne pour cause d'hérésie. Car là encore, elle seule, Église Universelle, a pouvoir de déchoir un pape hérétique. Seul, en effet, celui qui a pouvoir de faire, a aussi pouvoir de défaire.
Et on a vu plus haut que les papes ont assez dit que seuls les cardinaux ont ce pouvoir de faire un pape, donc ils sont les seuls, également, à avoir pouvoir de le défaire (ou plus exactement dit : les cardinaux ont pouvoir, de par Dieu, de retirer la matière du Souverain Pontificat à un pape légitimement fait par eux, puisqu'ils ont pouvoir de la lui donner, cette dite matière, et Dieu, qui, par la Constitution divine de l'Église, leur a donné ce pouvoir, les suivant, retire quant à Lui la forme du Pontificat immédiatement, à l'instant même où les cardinaux lui en retirent la matière, et donc, matière et forme de ce qui fait le pape étant retirés à ce pape en même temps, celui-ci ne l'est plus du tout ― cas de figure du reste jamais arrivé : depuis la création du Sacré-Collège au Moyen-Âge, aucun pape, au cours de son pontificat, ne s'est vu retiré l'obédience des cardinaux dans leur majorité canonique au cours de son pontificat, ce qui aurait donc signifié qu'à partir de ce retirement d'obédience canoniquement unanime, il serait ipso-facto devenu illégitime). Le simple "membre enseigné" qu'est tout sédévacantiste, laïc, prêtre ou évêque (l'évêque en effet est simple "membre enseigné" quant à la légitimité pontificale, puisqu'il n'est pas cardinal ; il est "membre enseignant" seulement quant à la Foi), n'a nullement, en matière de légitimité pontificale, ce pouvoir de déchoir théologiquement un pape actuel.
Par conséquent, soit en supprimant l'Église Universelle dans l'acte de l'élection pontificale au Siège de Pierre, soit en prétendant prendre sa place en la supplantant dans l'acte de déchoir un pape hérétique, le sédévacantiste pèche très-grièvement, très-gravement, s'auto-excommuniant lui-même de l'Église, Arche du salut, par sa double attitude schismatique réprouvée (il n'excommunie nullement le pape moderne en effet, par son jugement sur lui, il n'aboutit qu'à une chose : s'auto-excommunier lui-même de l'Église, au grand dam de son salut éternel).
Les hérétiques de tout poil, qu'évidemment gênaient les condamnations des papes à leur encontre, avaient pris eux aussi cette voie du "libre-examen" hétérodoxe de la légitimité pontificale par le biais de l'examen de la Foi du pape, en mettant radicalement sur la touche l'Église Universelle. Mais ne pas professer que la règle prochaine de la légitimité pontificale consiste en la désignation et détermination de la personne du pape par l'Église Universelle, est parfaitement hérétique. Ne nous étonnons donc pas que cette doctrine de juger de la légitimité d'un pape par l'examen de sa Foi, est condamnée et anathématisée dans les hérétiques pré-protestants. Jean Huss (1369-1415), par exemple, fut condamné par le Concile de Constance (1414-1418), pour avoir, entre autres hérésies, professé : «Ce n'est pas parce que les électeurs [du pape], ou une grande partie d'entre eux, ont acclamé telle personne d'après l'observation des hommes, que cette personne est légitimement élue [pape] ; ce n'est pas pour cela qu'il est le vrai et manifeste successeur et vicaire de l'apôtre Pierre, ou dans l'office ecclésiastique d'un autre apôtre. Par conséquent, si les électeurs ont bien choisi ou mal choisi, nous devrions le croire suivant les œuvres de celui qui a été élu : car c'est pour la raison précise que quelqu'un agit selon le bien de l'Église d'une manière pleinement méritoire, qu'il détient cette faculté de Dieu» (26ème ERREUR).
Nous sommes là les pieds en plein dans la double hérésie sédévacantiste qui professe non seulement que c'est la mise en œuvre du Bien-Fin de l'Église, dont la Foi magistérielle du pape est l'expression, qui est la règle prochaine de la légitimité pontificale, mais qui en plus s'arroge le pouvoir de juger théologiquement si le pape opère ou bien non cedit Bien-Fin de l'Église, c'est-à-dire avec pouvoir de déchéance si l'examen s'avère être négatif. Or, on vient juste de le lire, les Pères de Constance anathématisent cette proposition comme étant parfaitement... hérétique. John Wyclif (v. 1328-1384), dans une proposition hérétique similaire, est lui aussi condamné par ce même Concile de Constance, cette fois-ci sous forme de question : "[Les partisans de Wyclif] croient-ils que le pape canoniquement élu, qui a vécu quelque temps, après avoir exprimé son propre nom, est le successeur du bienheureux Pierre, possédant l'autorité suprême sur l'Église de Dieu ?" (24ème ERREUR). Le Concile de Constance pose cette question aux partisans de Wyclif, précisément parce qu'ils ne croient pas que le pape canoniquement élu est avec certitude le successeur de Pierre, mais que sa légitimité est conditionnée par ses œuvres.
Il est clair que le Concile de Constance, dans ces deux anathèmes, condamne l'affirmation selon laquelle un pape canoniquement élu n'est pas pape en toute certitude. Ce qui signifie a contrario qu'on doit reconnaître comme successeur de Pierre la personne canoniquement élue par l'Église Universelle, et que cette dernière l'est en toute certitude. Donc, la doctrine de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio, comme règle prochaine de la légitimité pontificale, est la Foi de toute l'Église.
Il est fort intéressant de noter que l'hérésie sédévacantiste qui consiste à ne jamais être sûr d'avoir un vrai pape sur le Siège de Pierre (puisqu'ils refusent schismatiquement le criterium de l'infaillible pacifica universalis ecclesiæ adhæsio du pape, qui enlève, et lui seul, tout doute), semble être à l'origine du mythe moyenâgeux de la papesse Jeanne : "L'ordre franciscain avait incorporé dans ses chroniques l'histoire de [la papesse] Jeanne, selon des versions qui mettaient l'accent sur l'aspect diabolique de l'usurpation. Dans les milieux spirituels franciscains du début du XIVe siècle, et notamment chez Guillaume d'Ockham, [la papesse] Jeanne devenait la preuve historique d'une occupation satanique du Siège pontifical et préfigurait l'indignité prétendue de Jean XXII, le grand pourfendeur des Spirituels. Plus fondamentalement, [la papesse] Jeanne apparaissait comme une occurrence du pseudo-pape, qui a tous les aspects extérieurs de la légitimité sans en avoir la réalité. Elle justifiait le tri que faisaient les Spirituels entre les vrais et les faux pontifes [nous sommes là en plein dans la mentalité des sédévacantistes qui osent se permettre de choisir eux-mêmes parmi les papes contemporains, ceux qu'ils considèrent comme vrais et ceux qui ne le sont pas (avant Pie XII il n'y a que des vrais papes, après ils sont tous anti-papes, osent-ils vaticiner...!), alors que cela est réservé à l'Église Universelle...] ; seuls ces derniers avaient condamné la règle de la pauvreté absolue ; paradoxalement, ce tri construisait l'idée d'infaillibilité pontificale : les dogmes énoncés par les «vrais» papes devaient demeurer intangibles [... là encore, quelle troublante analogie avec la mentalité sédévacantiste qui met la très-fumeuse bulle de Paul IV par-dessus tout raisonnement théologique, quand bien même celui-ci serait basé sur la Constitution divine de l'Église ! Cf., quant à l'hétérodoxie viscérale de la bulle de Paul IV, Cum ex apostolatus, très-notamment de son hérétique § 6, mon article : https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/la-fable-s-d-vacantiste-mensong-re-de-la-bulle-de-paul-iv-et-de-son-contexte-historique?Itemid=1]" (Dictionnaire historique de la Papauté, Philippe Levillain, art. "Jeanne", p. 954, 2e col.).
Les hétérodoxes Spirituels franciscains, les pré-protestants Wyclif, Huss, etc. : voilà donc la "tradition" exécrable de l'hérétique "libre-examen" de la légitimité pontificale suivie par nos sédévacantistes contemporains de tout poil, les barbaresques bruts de décoffrage, les guérardiens non-una cum sans l'être tout en l'étant, les survivantistes pontificaux follement cinglés à la Paul VI ou théologiquement déjantés à la Benoît XVI (biffez la mention inutile), sans oublier ceux tout-à-fait zinzins-dinguos qui... s'auto-élisent carrément leur propre pape (cf. https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/habemus-papam?Itemid=1).
On se souvient de leurs élucubrations à propos du conclave ayant élu le pape Paul VI en juin 1963, lorsqu'ils affirmaient que le cardinal Siri avait été élu à sa place mais qu'il avait été forcé par les méchants, dans le sein du conclave, de dire non à son élection au Siège de Pierre, et donc, soutenaient-ils, ce n'était pas Paul VI Montini qui était pape, mais le cardinal Siri, ou, à tout le moins, ce conclave élisant Paul VI, quand bien même il bénéficiait de l'infaillible pacifica universalis ecclesiæ adhæsio, était... invalide !
Identiquement, on a de nos jours un cardinal Raymond Burke qui n'a pas du tout été gêné de mettre le doute sur la validité du conclave duquel François est sorti pape, sous prétexte des tractations secrètes, interdites par le droit canon, auxquelles se seraient soi-disant livrés certains cardinaux ultra-progressistes, pour mettre au rancart Benoît XVI, jugé trop tradi à leurs yeux (... alors que le pape Benoît, réserve faite quant à sa vie spirituelle qui était très-profonde, n'était en vérité, sur le plan doctrinal, qu'un conservateur parmi les modernistes, cf. mon article qui le montre et démontre : https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/Que%20le%20pape%20Beno%C3%AEt%20XVI,%20MALGR%C3%89%20%20TOUT,%20repose%20en%20paix%20dans%20le%20Christ?Itemid=1), et introniser Bergoglio à sa place. Nonobstant le caractère absolument incertain de cette cabale, dite du "groupe de Saint-Gall", la thèse est de toutes façons parfaitement fausse, on l'a compris par l'exposé de la doctrine catholique que je viens de faire en matière de légitimité pontificale, par le seul et simple fait dogmatique doté de l'infaillibilité de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio à la personne de Jorge Bergoglio.
Car même s'il y avait eu intrigue, etc., dans l'élection de François au Siège de Pierre, la règle canonique est que seuls les cardinaux qui s'en seraient rendus coupables seraient excommuniés, mais l'élection pontificale de François entachée d'intrigue ne serait cependant pas invalide, elle garderait au contraire sa pleine et entière validité. C'est ce qu'enseigne Pie X dans sa constitution sur les élections pontificales, émettant quant à lui cette règle pour les élections pontificales simoniaques, et le même raisonnement vaut absolument pour les élections pontificales entachées d'intrigues, Jean-Paul II l'a clairement dit dans les §§ 78 & 79 de sa constitution Universi Dominici gregis sur les élections pontificales du 22 février 1996. J'en ai été réduit, dans un article, à renvoyer le cher cardinal Burke à l'étude de son digne prédécesseur, le cardinal Billot, bien autrement plus catholique que lui sur le sujet lorsqu'il nous enseigne que "Dès l'instant où le pape est accueilli comme tel, et apparaît uni à l'Église comme la tête l'est au corps, la question ne saurait plus être agitée d'un vice dans l'élection ou de l'absence d'une des conditions requises pour sa légitimité. L'adhésion de l'Église guérit pour ainsi dire radicalement tout vice possible de l'élection, et, d'une manière infaillible, elle démontre l'existence de toutes les conditions requises" (supra), pour qu'il apprenne bien la catholique leçon de l'intouchabilité d'une élection pontificale approuvée par l'Église Universelle, qui est, toujours et à chaque fois, un fait dogmatique de soi doté de l'infaillibilité (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/un-schisme-est-il-possible-dans-l-eglise-actuelle?Itemid=483)...!!
Une autre échappatoire du sédévacantiste consiste à essayer de se débiner, de se défiler, en émettant un doute sur la légitimité des cardinaux qui ont reconnu infailliblement les papes post-Vatican II dont le dernier est François, comme vrai papes. Puisque donc, selon lui, cesdits cardinaux n'étaient pas légitimes, ayant été créés par des faux papes depuis Vatican II, ils n'ont pas pu poser l'infaillible pacifica universalis ecclesiæ adhæsio sur les personnes des papes qu'ils ont élus, et donc ceux-ci ne pouvaient certes pas être vrais pape, verus papa, ce qui bien entendu concerne François, même La Palice aurait pu le dire.
Cependant, ce raisonnement est totalement impossible à faire, à cause de la note d'Apostolicité, qui ne saurait jamais être trouvée en défaut. Quand la Foi, en effet, nous fait professer dans le Credo que l'Église est "apostolique", ce n'est pas seulement sur le plan doctrinal qu'elle nous le fait professer, apostolicitas doctrinæ, mais sur le plan hiérarchique de droit divin, apostolicitas hierarchiæ. En d'autres termes, la Constitution divine de l'Église veut que la transmission apostolique doit se faire pas seulement doctrinalement mais hiérarchiquement, de saint Pierre premier pape jusqu'au dernier, sans qu'on ait à enregistrer aucune coupure ou hiatus dans la chaîne apostolique. Comme le précise fort bien le cardinal Journet : "Les premiers apologistes ont regardé la preuve par l'Apostolicité comme un moyen permettant de découvrir en même temps où étaient la doctrine divine et la hiérarchie divine. Ils ont en quelque sorte fondu ensemble la question de la continuité de la doctrine (apostolicitas doctrinæ) et la question de la continuité de la hiérarchie (apostolicitas hierarchiæ). Et il est vrai que ces deux questions sont en réalité étroitement connexes, bien que l'esprit puisse les distinguer l'une de l'autre" (Essai de théologie spéculative, tome 1 : la Hiérarchie apostolique, ch. X).
Or, pour ce qui est de l'apostolicitas hierarchiæ, les sédévacantistes sont ici fort attrapés par... leur propre raisonnement, lamentable serpent qui se mord lui-même la queue. Pour eux, en effet, le dernier pape certainement vrai pape, c'est Pie XII (il faut bien, en effet, que les sédévacs commencent leur raisonnement par un vrai pape, pour pouvoir, à partir de lui, y mettre, en opposition radicale, leurs anti-papes). Mais alors donc, à partir de ce vrai pape qu'ils reconnaissent, Pie XII, le raisonnement théologique se basant sur la note de l'apostolicitas hierarchiæ ne peut qu'être obligatoirement le suivant : puisque Pie XII est vrai pape, verus papa, tous les cardinaux créés par lui ne purent qu'être certainement de vrais cardinaux. Donc, lorsqu'à la mort de Pie XII, cesdits vrais cardinaux et les quelques-uns encore vivants créés par Pie XI voire Benoît XV se sont réunis dans le conclave qui a élu Jean XXIII pape, conclave qui s'est canoniquement déroulé sans faille jusqu'à sa conclusion, ledit Jean XXIII ne pouvait donc qu'être vrai pape, lui aussi, verus papa. Et il n'est pas bien difficile de saisir que la chaîne apostolique, apostolicitas hierarchiæ, continue ainsi sans aucune rupture jusqu'au... pape actuel, François : Jean XXIII, vrai pape, ne put à son tour que créer de vrais cardinaux dans le seul consistoire où il en a créés au cours du bref pontificat qui fut le sien, lesquels vrais cardinaux de Jean XXIII, à leur tour, à sa mort, ne purent qu'élire un vrai pape, qui fut Paul VI, qui, à son tour, créa derechef de vrais cardinaux, etc., etc., jusqu'à, bien sûr notre inénarrable... François. La conclusion est très-simple : par la note de l'apostolicitas hierarchiæ, il est de Foi, de fide, que l'Esprit-Saint a agréé tous les papes post-Pie XII jusqu'à François inclus, tous et chacun d'eux déclarés à la face de l'Église comme Vicaires authentiques du Christ, légitimes, comme ayant bénéficié de l'infaillible pacifica universalis ecclesiæ adhæsio...
... Que les sédévacantistes prennent donc bien à cœur de ne pas mériter qu'on ait à dire d'eux ce que saint Bernard disait des hérétiques cathares de son temps : "On ne les convainc ni par le raisonnement (ils ne comprennent pas), ni par les autorités (ils ne les reçoivent pas), ni par la persuasion (car ils sont de mauvaise foi)" !!
... Puissent-ils tous écouter le grand saint Bernard de Clairvaux leur prêcher l'infaillibilité de la pacifica universalis ecclesiæ adhæsio à la personne du pape actuel (et non à sa doctrine), règle prochaine de toute légitimité pontificale, et s'y convertir avec autant de docilité et d'humilité que le cardinal Pierre de Pise en montra méritoirement, pour sa part, dans l'affaire du pape légitime Innocent II face à l'anti-pape Anaclet II (revoir supra) !!
Mais je conclue maintenant de manière générale. Le raisonnement du vrai théologien catholique est celui-ci : premièrement, si je veux savoir si un pape actuel est vrai pape, verus papa, je dois regarder si l'Église Universelle l'a adoubé comme tel. Si tel est le cas, alors, j'ai la certitude absolue, impérée par la Foi, que le pape est légitime, verus papa. Et je serais excommunié ipso-facto, latæ sententiæ, c'est-à-dire par moi-même et mon péché de rébellion orgueilleuse sans que l'Église n'ait à prononcer aucun anathème sur ma personne, si je refusais d'y accorder ma formelle croyance.
Et c'est évidemment là, bien sûr, que la Lumière divine devient, dans nos temps modernes, ténèbre obscure pour nos âmes de catholiques, ainsi que je le disais dans mon introduction. Car s'il est impossible de supprimer la validité théologiquement certaine des élections des papes modernes, de Pie VII à François, il est tout aussi impossible de ne faire point le constat plus qu'avéré de l'hétérodoxie viscérale de leurs Magistères à tous et à chacun d'eux, peu ou prou, d'abord au seul niveau des Mœurs (par le rejet, à partir de Pie VII et du Concordat napoléonien, du criterium catholique de validité des sociétés politiques enseigné par l'Apôtre des Nations en Rom XIII, attentat des plus gravissimes et au plus haut niveau contre les Mœurs), de Pie VII à Jean XXIII, puis, quelqu'un siècle et demi plus tard, au niveau des Mœurs et de la Foi depuis Vatican II, de Paul VI à François.
La seule conclusion de Foi à en tirer est que, comme je l'ai dit plus haut, l'Église est désormais écartelée, crucifiée entre des principes fondamentaux de sa divine Constitution, dans la "si grande contradiction" (He XII, 3) comme le Christ en croix, ce qui signifie formellement qu'elle vit dès lors dans l'économie de la Passion du Christ usque ad mortem. Et cet état de la Passion est bien sûr une ténèbre obscure pour nos âmes, comme il le fut en son temps pour les Apôtres du Christ, au point de les faire fuir des plus lamentablement dans la proportion de onze/douzième (... la seule fois où la collégialité épiscopale s'est exprimée ce fut très-négatif, disait fort humoristiquement le cardinal Ottaviani lors du concile Vatican II...!). Quand bien même l'économie de la Passion est issue de Dieu en Cause première, est à prendre de sa Main, comme le révèle Jésus dans son agonie au jardin de Gethsémani, lorsqu'Il dit que la Passion qu'Il doit subir est "la Volonté du Père" (Matth XXVI, 39)...
Et c'est là que le sédévacantiste, lui aussi à l'instar des onze Apôtres sur douze (dont il faut hélas se rappeler que l'un d'eux, Judas, est mort en odeur de damnation), déraille hérétiquement, complètement, pour refuser cette ténèbre obscure qui est vêtement de la Lumière divine dans l'Église de nos temps modernes, et qui seule, exigeant certes du fidèle ce que les auteurs spirituels appellent "la Foi nue" (laquelle ne peut être vécue que par l'héroïcité), procure le salut de l'âme fidèle...

Voici donc exposées les règles fondamentales et principales de la Constitution divine de l'Église en matière de légitimité pontificale, bien mises, autant qu'il est en moi et du mieux que je peux, sur le chandelier de l'Église, et non occultées ou étouffées sous le boisseau, pour qu'elles brillent de tout leur éclat salvifique et exorciseur sur les âmes catholiques, aux fins de leur salut. Ces règles, intangibles parce que de droit divin, nous permettront, comme je le disais dans mon introduction, de poser l'humble acte de croyance, derrière le Saint-Esprit, aux fins de pouvoir comprendre la Voie du Seigneur en son Église, lorsqu'un conclave s'ouvrira après la mort du pape actuel, François, pour élire son successeur sur le Siège de Pierre. Lequel conclave, suivant cesdites règles fondamentales ou au contraire les transgressant, aura fait un vrai pape, verus papa, ou au contraire n'aura fait qu'un anti-pape, croire pour comprendre.
Mon présent article ne serait cependant pas complet, pour bien circonscrire par tous les côtés la problématique ecclésiale-pontificale du moment particulier de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" que nous vivons (et mourons à la fois), à l'horizon très-proche d'une prochaine élection pontificale, si je ne rentrais pas dans le contextuel très-inquiétant du radical coup de barre synodal complètement hétérodoxe donné par François, non seulement à toute l'Église en Corps d'institution, mais évidemment à la fonction pontificale elle-même. Tout, absolument tout, en effet, François et tous les grands-clercs avec lui le veulent, doit désormais être synodalisé dans l'Église, c'est-à-dire démocratisé à l'extrême, dans une sorte de pseudo-millénarisme des plus hétérodoxes où tout le monde, pas même forcément catholique, est censé être "roi et prêtre" (Apoc I, 6 & V, 10) pouvant manœuvrer le gouvernail de l'Église, à laquelle on fait endosser les oripeaux du "Peuple de Dieu" ; tout, absolument tout, disais-je, y compris bien sûr, et cela va presque sans dire, la fonction pontificale suprême elle-même. Et c'est le très-exécrable document L'Évêque de Rome, paru le 13 juin 2024, qui s'est occupé de cette synodalisation hétérodoxe du Siège de Pierre (cf. ma dénonciation de cedit document au lien suivant : https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/videmment-ensemble-le-pape-jean-paul-ii-propos-de-la-red-finition-de-la-fonction-pontificale-supr-me-par-toutes-les-glises-chr-tiennes-catholique-ou-non-dans-le-cadre-antichrist-de-l-cum-nisme-h-r-tique-initi-vatican-ii-?Itemid=1).
Cependant, il est fort important de comprendre que cette synodalisation actuelle de l'Église n'est pas son anéantissement radical et définitif, sa mise à mort effective, comme se l'imaginent par exemple, en brouillons trop pressés, les sédévacantistes, voulant qu'une fois mise en œuvre, nous ne pourrions plus avoir sur le Siège de Pierre que des anti-papes, c'est seulement, si je puis dire, sa crucifixion, sa mise en esclavage radical sous les forces du monde mauvais et de son prince, Satan. En d'autres termes, une fois cette synodalisation mise en œuvre, l'Église est toujours vivante, mais son principe vital étant atteint, elle l'est dans l'attente inéluctable de sa mort imminente, à l'instar du Christ, toujours en vie lorsqu'Il est mis en croix, y souffrant dès lors sa crucifixion sur le Golgotha durant quelques terribles et affreuses heures avant Son inéluctable mort...
Pour autant, une chose pourrait hypothétiquement faire que l'élection au Siège de Pierre suivant la mort de François soit invalide, par excès de synodalisation théoriquement hélas possible : que, par un coup de Jarnac dont François a le secret et dont il nous a certes donné déjà moult exemples durant son pontificat sournoisement crucificateur, il ait préparé une constitution apostolique pour mettre à jour synodal les règles à suivre par le prochain conclave, constitution qu'il garderait secrète jusqu'à l'article de la mort et qu'il ne ferait paraître qu'in extremis, statuant par exemple, pour suivre la doctrine sulfureuse du document L'Évêque de Rome, etc. qui veut l'œcuménisation hétérodoxe de la fonction pontificale suprême, que des prélats orthodoxes grecs schismatiques et/ou des pasteurs protestants hérétiques désignés par lui, aient droit d'élection active pour élire le prochain pape, au même et égal titre que les cardinaux de la sainte Église romaine.
Ce cas de figure certes complètement scandaleux et évidemment dirimant, éminemment invalidant, n'est hélas pas du tout à exclure d'office, quand on prend connaissance de l'exécrable doctrine professée quant à la fonction pontificale suprême dans L'Évêque de Rome, etc., et qu'on prend conscience de l'état de perversité subversive incroyable où sont rendus actuellement les plus grands-clercs romains, à commencer par le pape actuel. Cette doctrine hérétique ne date d'ailleurs pas de François, mais de Jean-Paul II qui, dans son encyclique Ut unum sint du 25 mai 1995, osait dire blasphématoirement et fort mensongèrement au niveau historique :
"Ce qui concerne l'unité de toutes les Communautés chrétiennes [catholiques, ou bien non] entre évidemment dans le cadre des charges qui relèvent de la primauté [pontificale]. Il [le pape] sait bien, en tant qu'Évêque de Rome, et il l'a réaffirmé dans la présente Encyclique, que le désir ardent du Christ est la communion pleine et visible de toutes les Communautés [chrétiennes et pas forcément catholiques, dans le sens œcuménique hétérodoxe déjà voulu à Vatican II dans le décret Unitatis redintegratio du 21 novembre 1964], dans lesquelles habite son Esprit en vertu de la fidélité de Dieu. Je suis convaincu d'avoir à cet égard une responsabilité particulière, surtout lorsque je vois l'aspiration œcuménique de la majeure partie des Communautés chrétiennes et que j'écoute la requête qui m'est adressée de trouver une forme d'exercice de la primauté ouverte à une situation nouvelle, mais sans renoncement aucun à l'essentiel de sa mission [hypocrite pétition de principe, qui voudrait qu'étant hétérodoxe, on ne cesse pas pour autant d'être orthodoxe... ce qui, bien sûr, est impossible]. Pendant un millénaire, les chrétiens «étaient unis par la communion fraternelle dans la foi et la vie sacramentelle, le Siège romain intervenant d'un commun accord, si des différends au sujet de la foi ou de la discipline s'élevaient entre elles» [là encore, hypocrite et mensongère présentation de la question, qui gomme hérétiquement la primauté juridictionnelle du pape sur toute l'orbe catholique, y compris bien sûr celle orientale, parfaitement affirmée dans ce premier millénaire par bien des Pères de l'Église]. La primauté s'exerçait ainsi pour l'unité. En m'adressant au Patriarche œcuménique, Sa Sainteté Dimitrios 1er, j'étais conscient, comme je l'ai dit, que «pour des raisons très diverses, et contre la volonté des uns et des autres, ce qui devait être un service a pu se manifester sous un éclairage assez différent. Mais, c'est par désir d'obéir vraiment à la volonté du Christ que je me reconnais appelé, comme Évêque de Rome, à exercer ce ministère. Je prie l'Esprit Saint de nous donner sa lumière et d'éclairer tous les pasteurs et théologiens de nos Églises [donc, y compris celles chrétiennes schismatiques ou hérétiques], afin que nous puissions chercher, évidemment ensemble, les formes dans lesquelles ce ministère [pontifical suprême du pape] pourra réaliser un service d'amour reconnu par les uns et par les autres»" (§ 95).
Dès lors, on ne peut plus s'étonner que, quelque trente ans après, le cardinal Kurt Koch, chef du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, patronnant le très-sulfureux document L'Évêque de Rome, puisse écrire : "Les dialogues théologiques œcuméniques se sont révélés être le contexte approprié pour réexaminer la forme de la papauté et l’exercice de son autorité au service de la communio ecclesiarum [qui, on le devine sans peine, n'a rien à voir avec l'Église Universelle entendue catholiquement parlant, mais est hérétiquement élargie à toutes les églises chrétiennes, y compris celles schismatiques et hérétiques]. (...) Il est particulièrement remarquable que cette réflexion se soit intensifiée au cours des dernières décennies et qu’elle ait impliqué presque toutes les traditions chrétiennes dans un esprit œcuménique nouveau et positif [...!], avec d’importantes contributions de groupes locaux et non officiels, donnant lieu à une convergence théologique significative et croissante" (L'ÉVÊQUE DE ROME ― Primauté et synodalité dans les dialogues œcuméniques et dans les réponses à l'encyclique Ut unum sint, pp. 118-119).
Ainsi donc, craignant le pire suite à cette antichristique doctrine maintenant professée par les plus grands-clercs romains y compris le pape, il n'est hélas pas possible d'exclure que le prochain conclave, suite à une mise à niveau synodale des règles le régissant promulguée dans une constitution que François garderait encore secrète et sous le coude pour l'instant, invitât dans les électeurs actifs du nouveau pape à élire après la mort de François, quelques prélats orthodoxes grecs schismatiques et/ou des pasteurs protestants hérétiques. Ce qui, évidemment, il n'est pas besoin de le dire, rendrait la nouvelle élection pontificale parfaitement invalide, ipso-facto.
Mais par contre, un autre cas de figure plus bénin est à envisager, synodalement, si, par exemple, la synodalisation des règles conclaviques savait s'arrêter à désigner de simples laïcs catholiques pour avoir droit actif au vote conclavique avec les cardinaux, ce qui, en soi, ne rendrait pas l'élection invalide.
Car en effet, la règle fondamentale, c'est que le votant actif à l'élection pontificale doit formellement représenter l'Église Universelle (puisque, je l'ai bien rappelé plus haut en commençant ces lignes, c'est l'Église Universelle qui fait le pape, et elle seule). Or, c'est le dernier pape actuel sur le Siège de Pierre, et lui seul, et quant à nous c'est François bien sûr, qui a pouvoir et autorité de décider qui représentera l'Église Universelle dans l'élection pontificale après sa mort. Normalement, ce sont les seuls cardinaux, là aussi nous l'avons bien vu plus haut, mais un pape pourrait désigner d'autres membres catholiques s'ils voulaient, quoique, de manière très-négative, cela renverserait l'ordre canonique normal des choses, et c'est pourquoi aucun pape ne l'a fait et n'a même pensé à le faire, je veux dire : aucun pape non-synodalement perverti. Évidemment, il faut absolument que l'électeur choisi par le pape, autre que le cardinal, puisse être théologiquement apte à représenter l'Église Universelle, cela va sans dire. Et, comme on vient de le voir, tous les schismatiques et les hérétiques sont bien sûr exclus d'office de pouvoir représenter l'Église Universelle dans l'acte d'élection pontificale. Mais par contre, un simple laïc catholique pourrait la représenter dûment et valablement, si, et bien sûr seulement si, le pape actuel décidait de lui octroyer le pouvoir d'élire le pape, par prurit et démangeaison mauvaise de synodaliser l'élection pontificale. Laissons Jean de Saint-Thomas nous rappeler cette grande règle : "Les cardinaux, ou quiconque d’autre l’Église (c’est-à-dire le Pape) a légitimement désigné pour faire l’élection, représentent l’Église dans tout ce qui concerne l’élection de son chef, le successeur de Pierre" (Cursus Thelogicus, t. VI, questions 1-7, Sur la Foi, Disputation VIII, 1640).
L'hypothèse d'une telle constitution du pape François synodalisant les règles conclaviques qui, pour l'instant, serait gardée secrète, n'est pas du tout à exclure, la chose n'est pas impossible et serait bien dans ses manières. Ce qui est à craindre, et j'avoue que je le crains, c'est que, tout-à-coup, juste avant qu'il meure, il la promulguerait canoniquement, surprenant tout le monde. Rappelons ici que tous les papes modernes ont fait des mises à jour des règles régissant les conclaves, sauf Jean XXIII et Jean-Paul 1er, à valoir dans l'immédiat conclave suivant leurs morts respectives, de Pie XII à Benoît XVI. La constitution de Jean-Paul II est par exemple restée célèbre, à cause de l'attentat auquel il s'est livré en supprimant non-canoniquement la règle fondamentale des deux/tiers des voix cardinalices pour valider l'élection pontificale ; mais, quant à cela, Benoît XVI est revenu, dans sa constitution postérieure à celle de Jean-Paul II, à remettre en vigueur cette règle très-traditionnelle des deux/tiers. Car la règle qu'il faut suivre obligatoirement pour la validité de l'élection pontificale nouvelle, c'est celle de la toute dernière constitution pontificale réglant le conclave, et nulle autre, sauf si cette toute dernière y renvoie explicitement. C'est chronologiquement cette dernière constitution qui a force de loi pour la validité de l'immédiat conclave venant après sa promulgation par le dernier pape légitime en place. Ce qui d'ailleurs n'équivaut nullement à dire qu'il s'agisse obligatoirement des meilleures règles régissant les élections pontificales conclaviques faites après la promulgation de cesdites règles, mais uniquement qu'elles sont celles qui ont force de loi actuelle.
Un exemple fort intéressant nous en est donné au Moyen-Âge. Le décret du pape Nicolas II du 13 avril 1059, In nomine Domini, parvint à dégager enfin, avec grand succès, l'élection pontificale de toute influence laïque, mais poussa trop loin la tendance cléricale en la réservant, de manière élitiste, uniquement aux seuls... sept cardinaux-évêques suburbicaires. Sept électeurs, ce n'était effectivement vraiment pas beaucoup pour faire l'élection pontificale valide, quand bien même, mais seulement pour leur approbation obligée, lesdits cardinaux suburbicaires devaient, après avoir nommé le nouveau pape, enregistrer le placet des autres rangs de cardinaux, prêtres ou diacres, puis celui du bas-clergé et du peuple romain.
Si cette législation, inspirée par le moine Hildebrand qui deviendra lui-même le pape saint Grégoire VII (1020 ou 1025-1085), faisait triompher la libertas Ecclesiæ, elle n'en était donc pas moins très-imparfaite, et faillit susciter d'ailleurs l'intrusion d'un anti-pape sur le Siège de Pierre en 1130, comme on l'a vu avec saint Bernard. "En attribuant le privilège électoral aux seuls cardinaux-évêques, il semble que [cette législation] ait fourni à l'antagonisme latent qui existait entre ceux-ci et l'ordre presbytéral [les cardinaux-prêtres et diacres], un nouvel aliment. (…) Cet antagonisme force les évêques suburbicaires à consentir des compromis périodiques [à chaque nouvelle élection pontificale]" (Le Conclave, Lucius Lector, 1894, p. 253 & 254). Elle était en effet si contraire à l'indispensable unité et bonne harmonie du haut clergé romain, si imparfaite et moralement très-dangereuse, "qu'enfin [le pape] Alexandre III [1105-1181], frappé des dangers d'un tel sécessionnisme, y mett[ra] fin en donnant une part égale aux trois ordres dans la constitution du corps électoral (1179)" (ibid.), ce qui sera l'acte de naissance du Sacré-Collège proprement dit. Précisons pour finir que de 1059 à 1179, neuf papes seulement furent élus par les seuls sept cardinaux-évêques, difficilement et très-dangereusement, "on le vit lors de l'élection de Grégoire VII lui-même [l'inspirateur de cette législation]" (ibid.).
Si donc, pour conclure ce chapitre angoissant, une constitution sur les élections pontificales était promulguée par François juste avant sa mort, in articulo mortis, dans le but subversif vicieux de synodaliser les règles du conclave, celles-ci ne seraient valables et pouvoir donner un vrai pape légitime à l'Église catholique, apostolique et romaine, que si, et seulement si, il n'était rajouté aux cardinaux, électeurs canoniques et traditionnels du nouveau pape à élire, que des laïcs catholiques (... pour faire plus "Peuple de Dieu" !) ou tout autre membre non-cardinal de l'Église catholique nommément désigné par François pour représenter dûment et valablement l'Église Universelle, mais à l'exclusion formelle, il n'est qu'à peine besoin de le préciser, de tout chrétien non-catholique, soit schismatique soit hérétique, grec orthodoxe ou protestant, etc., qui, quant à eux, seraient inaptes in radice à représenter l'Église Universelle.
Et contextuellement, il faut bien avouer que sur cette cruciale question des règles qui régiront le prochain conclave, nous sommes présentement, jusqu'à la mort du pape François et l'ouverture du prochain conclave, avec un grand point d'interrogation.........................?

Pour autant, je m'empresse d'ajouter que mon chapitre précédent ne fait qu'émettre une hypothèse sans doute improbable, c'est du moins à espérer. L'hypothèse la plus vraisemblable est que le prochain conclave après la mort du pape François aura lieu avec, comme seuls électeurs, les cardinaux. Ce qui veut tout simplement dire que si le conclave se déroule canoniquement normalement jusqu'à sa conclusion, à savoir de donner un nouveau pape à l'Église du Christ, celui-ci ne pourra donc qu'être vrai pape, verus papa, après le dernier rite d'"adoration" public que lui auront fait les cardinaux lors de la cérémonie d'intronisation ayant lieu le dimanche dans l'octave de l'élection conclavique proprement dite. Et tout catholique aura lui aussi l'obligation stricte de lui faire obédience, car, comme disait Jean de Saint-Thomas, "dès que les hommes voient ou apprennent qu’un pape a été élu, ils sont obligés de croire que cet homme est le pape, et de l’accepter" (supra).
Il n'est vraiment pas besoin d'être grand prophète pour prédire que ce nouveau pape venant après François, légitimement élu par des cardinaux quasi tous de tendances très-modernes voire modernistes mais représentant formellement l'Église Universelle, aggravera encore la situation de l'Épouse du Christ dans sa vie militante ici-bas, de plus en plus crucifiée. Il ne pourra en effet qu'être catholiquement pire que le pape François, ce qui, on en conviendra, n'est pas peu dire (aucun feedback sur une recatholicisation de l'Église, en effet, n'est plus possible au temps où elle est mise en croix, il n'y aura pas plus de déclouement pour l'Épouse du Christ que pour l'Époux, Jésus-Christ, sur la croix, il y a 2 000 ans... comme nous l'ont chanté et nous le chantent encore, sur tous les tons non-grégoriens qu'ils ont pu trouver, les faux-prophètes de "Demain, la Chrétienté"...).
Un pape légitime plus doctrinalement mauvais, plus antéchristisé encore que François, très-notamment via la synodalisation accrue de l'Église, c'est hélas le cas de figure le plus probable après la mort du pape François. Pour ainsi dire, plus les papes modernes antéchristisés se succèderont désormais l'un après l'autre sur le Siège de Pierre avant l'arrivée de l'Antéchrist-personne, et il n'y en aura plus beaucoup sans aucun doute, plus ils lui ressembleront... l'ultime pénultième d'entre eux étant carrément un "Jean-Baptiste luciférien" de l'Antéchrist-personne, dans un plagiat inversé, satanique, du Mystère de l'Incarnation...
... Ici, pour bien comprendre la suite après avoir cru, nous avons à être courageux dans notre Foi. Après avoir tiré le vin de la Passion, il faut bien le boire, c'est notre devoir de chrétien, nous devons nous résoudre à vider le calice de Gethsémani jusqu'au fond de la coupe, il faut continuer l'explication prophétique, avoir le courage d'aller jusqu'au bout du mysterium iniquitatis quant au Siège de Pierre.
Pour cela, commençons par élever notre esprit pour prendre une vue panoramique globale de la situation ecclésiale-pontificale : dans la période moderne, qui commence à la fin de la Révolution, nous avons dans l'Église toute une longue litanie de papes légitimes mais antéchristisés, d'abord sur le seul plan des Mœurs à partir de Pie VII et du Concordat napoléonien, puis sur le plan des Mœurs et de la Foi à partir de Paul VI et de Vatican II, et de plus en plus et de pire en pire plus les temps avancent vers le grand dénouement fatidique. Tous ces papes antéchristisés ne le sont cependant que matériellement, c'est-à-dire en toute inadvertance de promouvoir en Église la doctrine de l'Antéchrist, quand bien même ils le font tous, peu ou prou, de Pie VII à François, même les plus saints d'entr'iceux en leur for privé, durant seize pontificats s'étalant sur quelque deux siècles. Pour aboutir en finale à notre situation presque incroyable d'un Pontificat bergoglien crucificateur de l'Église, après être passé par un pontificat au présent composé avec un pape crucifié et un pape crucificateur.
Et alors, quelle est la suite...? La suite... ô suprême abomination de la désolation dans le Lieu-Saint !, c'est, en finale de la finale, qui n'est peut-être pas encore pour tout de suite (je ne sais Dieu le sait, comme dirait saint Paul), juste avant le second Retour en gloire du Christ clôturant le Temps des nations et de Rome son centre, que le tout dernier pape antéchristisé de l'Église catholique, intronisé légitimement, sera l'Antéchrist-personne lui-même, pour transformer ce péché matériel de tous les papes modernes, jamais purgé ni absous depuis deux siècles (c'est le contraire qui est vrai puisque ce péché est sans cesse aggravé sur le Siège de Pierre, on ne le voit que trop avec François), en un péché formel (ou peut-être, plus exactement sans doute, faut-il seulement dire que l'Antéchrist-personne recueillera la succession pontificale, mais en toute légitimité, parmi tous ses autres pouvoirs politique et religieux le constituant Empereur universel ; une fonction pontificale par ailleurs théologiquement de plus en plus dégradée, démocratisée, depuis les papes de Vatican II, à partir de Paul VI qui vend la triple tiare pontificale, et beaucoup plus encore avilie et synodalisée sous le pontificat de François, qui veut carrément la refondre œcuméniquement avec les hétérodoxes, mais conservant cependant tous ses éléments essentiels, ce qui fait qu'elle sera toujours de droit divin lorsque l'Antéchrist-personne en prendra possession). Ce qui aura comme conséquence immédiate, négative, de faire mourir l'Épouse du Christ dans son économie de salut actuelle dite du Temps des nations et de Rome son centre, mais encore, conséquence positive, de faire revenir le Christ en Gloire sur les Nuées du Ciel, pour ressusciter l'Église dans la nouvelle économie de salut qu'Il instaurera apocalyptiquement dans le monde, celle du Millenium.
Voilà la vérité prophétique concernant les destinées de notre Église.
Que le dernier pape de l'Église catholique dans son économie du Temps des nations et de Rome son centre soit l'Antéchrist-personne lui-même, cela révulse certes in globo les cathos actuels de toute mouvance, qu'ils soient d'ailleurs modernes ou tradis, et singulièrement, parmi ces derniers, les sédévacantistes. Car pourquoi, quant à ceux-ci, ont-ils créé leur thèse doctrinalement hérétique quant à la légitimité pontificale, puis schismatique quand ils la mettent en œuvre ? Pour refuser que l'Église-Épouse du Christ soit livrée aux mains de l'Impie comme le Christ le fut de son temps lors de sa Passion. Ils ne veulent pas que l'Église souffre la mâlemort sous l'Impie ; ils ne veulent pas qu'elle en meurt (comme avait si bien dit André Frossart : "Ils veulent faire la Volonté de Dieu contre la Volonté de Dieu"...). Mais alors, s'il en est ainsi, s'ils ne veulent pas de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" incluant sa mort par l'Antéchrist-personne l'ayant complètement investi pendant son règne, alors, mais alors, ils ne veulent pas non plus qu'elle... ressuscite après sa mort ! Car en effet, la première chose nécessaire pour pouvoir accéder à la Résurrection, est une préalable mort, bien réelle ! Voilà ce qu'ils ne comprennent pas, à l'instar des pharisiens idolâtrant leur économie de salut en cours, celle synagogale-mosaïque. Or, la vérité de notre situation ecclésiale-pontificale, je le répète, c'est que le tout dernier pape de l'Église catholique, apostolique et romaine, dans son économie de salut actuelle dite du Temps des nations et de Rome son centre, sera... l'Antéchrist-personne lui-même soi-même.
Pour bien comprendre qu'il en sera ainsi, nous avons, pour aider la faiblesse et la timidité bien compréhensibles de notre Foi, l'exemple magistral qui nous est donné par la Providence divine dans la fin de l'Église synagogale-mosaïque aux temps du Christ. Méditons avec soin cette fin terrible et implacable, qui est une vraie prophétie de ce que va être prochainement la nôtre.
Pour cela, mettons-nous à la place d'un juif pieux vivant aux temps de Jésus. Ce bon juif, "véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir" (Jn I, 47), sait que le Messie doit venir en son temps, et, priant, souffrant, se mortifiant, il attend ardemment qu'il advienne en ce très-bas monde pour opérer enfin son propre salut et le salut du monde entier. Lorsque Jean le Baptiste se lève, il comprend tout-de-suite qu'il n'y en a plus pour très-longtemps, car Jean se dépeint comme le Précurseur, l'Élie du Messie et, pour ainsi vrai dire, un pré-Christ. Il reçoit donc avec empressement et grande piété le baptême de Jean, travaillant le plus qu'il peut à sa conversion personnelle, rendant droits dans son âme les sentiers tortueux, y rabotant les orgueilleuses montagnes, y comblant les molles et lascives vallées.
Quelque court temps après, il se trouve être témoin lorsque Jean le Baptiste désigne Jésus comme étant Celui qui doit venir, "Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde" (Jn I, 29 & 36). Se mêlant sans plus attendre aux foules qui suivent Jésus, se mettant avec empressement à Son écoute, voyant ses miracles, goûtant surtout son enseignement divin et plus encore le charisme parfait de toute perfection de sa Personne humano-divine, il comprend que c'est Lui, le Messie attendu, et il Lui donne sans retour et complètement toute sa Foi, tout son amour, toute sa vie, tout ce qu'il est. Cependant, parallèlement à cela, notre pieux juif ne peut s'empêcher de se rendre compte, dans la grande douleur de son âme, de l'inimitié complète des grands-prêtres et des anciens à l'égard de Jésus. Il ne comprend vraiment pas, il en souffre. Il sait que les grands-prêtres de son temps, Anne et Caïphe, sont les légitimes successeurs du premier grand-prêtre, Aaron, le frère de Moïse, qu'ils sont donc investis du charisme de l'infaillibilité et de la prophétie attaché à leur haute fonction.
Les grands-prêtres juifs étaient dotés du charisme de l'infaillibilité, en effet. Le tout premier d'entre les grands-prêtres juifs avait donc été Aaron, nommé, ayons garde de l'oublier, par Dieu Lui-même : "Faites aussi approcher de vous [dit Yahweh à Moïse] Aaron votre frère avec ses enfants, en les séparant du milieu d'Israël, afin qu'ils exercent devant Moi les fonctions du sacerdoce" (Ex XXVIII, 1). "Vous leur mettrez la mitre sur la tête, et ils seront Mes prêtres pour Me rendre un culte perpétuel" (Ex XXIX, 9).
Or donc, je disais que le grand-prêtre juif avait le charisme de l'infaillibilité pour mener les destinées d'Israël dans la Voie de Dieu, au même titre que le pape du Nouveau-Testament pour mener celles de l'Église du Temps des nations et de Rome son centre. C'était bien plus visible encore pour les grands-prêtres ou papes de l'Ancien-Testament que pour ceux du Nouveau, c'est-à-dire nos Vicaires du Christ, dont il a fallu attendre dix-huit longs siècles pour que la formulation dogmatique en soit explicitement faite. Ce qui est juif en effet a toujours une connotation physique, matérielle, qui en marque l'évidence immédiate, et c'est pourquoi le charisme de l'infaillibilité du grand-prêtre juif pour mener les destinées d'Israël était physiquement visible sur son vêtement liturgique rituel de grand-prêtre. Or, là encore, n'oublions pas que le vêtement du grand-prêtre a été confectionné par Yahweh Lui-même dans les moindres détails, extrêmement nombreux, qui remplissent à profusion le fort long ch. XXVIII de l'Exode : "Vous ferez un vêtement saint à Aaron votre frère, pour la gloire et l'ornement du culte divin" (Ex XXVIII, 2).
En voici un descriptif succinctement circonscrit au sujet qui nous occupe, d'où se tire la preuve physique du charisme de l'infaillibilité dont était doté le grand-prêtre juif. Celui-ci portait en effet par-dessus l'Ephod, "gilet ou tablier richement brodé, retenu par deux pierres d'onyx sur les épaules" (https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand-pr%C3%AAtre_d%27Isra%C3%ABl), l'Hochen ou pectoral, baptisé "le rational du jugement" (Ex XXVIII, 15) : "Fixé sur le devant de l'Ephod, il était orné de douze pierres précieuses, chacune gravée avec le nom d'une des tribus. Il «consistait en une tablette carrée ou en une pochette d'or» dans laquelle le grand prêtre portait les Urim et les Thummim" (ibid.).
Or, qu'étaient ces Urim et ces Thummim ? "Dans la Bible hébraïque, l'Ourim et le Thoummim sont des éléments du pectoral porté par le Grand prêtre d'Israël. Ils sont généralement considérés comme des objets ayant trait à l'art de la divination, mais aucune description de leur aspect ne figure dans la Bible. En hébreu, le mot ourim signifie lumières, et thoummim, perfections, parfois traduit par vérité. Les érudits juifs les décrivent comme un «instrument qui servait à donner la révélation ET À DÉCLARER LA VÉRITÉ»"(https://fr.wikipedia.org/wiki/Ourim_et_Thoummim#cite_ref-2). C'est bien pourquoi Yahweh Lui-même dit à Moïse : "Vous graverez sur le rational du jugement les deux mots Doctrine et Vérité, qui seront sur la poitrine d'Aaron lorsqu'il entrera devant le Seigneur, et il portera toujours sur sa poitrine le jugement des enfants d'Israël devant le Seigneur" (Ex XXVIII, 30 ; Lv VIII, 8). Ces deux mots, Doctrine et Vérité, qui sont formellement les objets de l'infaillibilité, sont assimilés scripturairement à l'Urim et au Thummim. Et la Ste-Écriture nous rapporte que l'Urim et le Thummim étaient rituellement utilisés très-souvent par le grand-prêtre lorsqu'il s'agissait de tracer infailliblement la Voie que le peuple d'Israël ou ses chefs devait suivre, en telle ou telle circonstance cruciale. Une très-bonne illustration en est donnée lorsque Josué, fils de Nun, est choisi par Yahweh Lui-même pour être l'auxiliaire de Moïse : "Lorsqu'il faudra entreprendre quelque chose, Josué se présentera devant le grand-prêtre Éléazar, qui consultera pour lui le jugement de l'Urim devant Yahweh ; c'est sur son ordre [du grand-prêtre Eléazar ayant consulté l'Urim et le Thummim, très-souvent appelés seulement Urim par abréviation], que sortiront, sur son ordre que rentreront, lui, Josué, tous les enfants d'Israël et toute l'assemblée" (Nb XXVII, 21).
André-Marie Gérard, dans son excellent ouvrage décortiquant le sens profond des mots et noms de la Bible, apporte ces précisions intéressantes à propos de ces mystérieux Urim et Thummim : "Saint Jérôme considère qu'il ne s'agit pas d'objets. C'en étaient pourtant très-probablement : deux petits cailloux ou deux bâtonnets, bien distincts l'un de l'autre par la forme, la couleur, ou une inscription, et qui servaient pour consulter Yahweh à la manière dont les Anciens interrogeaient les flèches ou le foie des oiseaux, voire les «teraphim» des Hébreux. (...) C'étaient des «sorts sacrés»" (Dictionnaire de la Bible, art. "Ourim et Toummim"). Il manque ici, cependant, une importante précision : ayons bien garde d'assimiler les Urim et les Thummim à des moyens divinatoires idolâtriques, tels les teraphim, "petites statuettes de bronze ou d'argile (...), idoles familiales comparables aux dieux lares ou aux pénates des Latins" (ibid., art. Téraphim). Car les païens s'en servaient pour faire la divination en invoquant les démons et non le vrai Dieu, et, pour cette raison, les teraphim étaient "formellement interdits par la Loi [mosaïque, qui les considérait comme des] saletés, des ordures, que Yahweh a en abomination (II Rois XXIII, 24)" (ibid.). Il en est bien autrement des Urim et des Thummim qui non seulement sont des moyens de divination sacrés, invoquant le vrai Dieu, Yahweh, mais qui en outre sont donnés par Yahweh Lui-même au grand-prêtre juif pour qu'il L'invoque et qu'Il lui fasse réponse, et donc, qui, par-là même, sont ipso-facto dotés de l'infaillibilité divine. Entre les Urim et Thummim, et les teraphim, il y a l'abîme entre le Ciel et l'enfer, toute la différence qu'il y a entre la théurgie (magie divine) opposée à la goétie (magie infernale).
Dès lors, il n'est pas besoin d'être grand'clerc en théologie in utroque jure pour conclure que ces Urim et Thummim étaient les éléments matériels, physiques, du charisme de l'infaillibilité dont était doté de par Yahweh le grand-prêtre d'Israël pour "donner la révélation et déclarer la Vérité" au peuple élu d'Israël. Nous avons là la preuve formelle que le grand-prêtre était doté de l'infaillibilité pour mener les destinées d'Israël.
Yahweh conclue Lui-même, après avoir dit dans les moindres détails comment Il voulait que soit confectionné le vêtement rituel du premier grand-prêtre, Aaron, dans le long ch. XXVIII de l'Exode, puis, comment il fallait le consacrer, lui, premier grand-prêtre, par des sacrifices, dans le ch. XXIX suivant : "C'est le sacrifice qui doit être offert au Seigneur par une succession continuée de race en race à l'entrée du tabernacle du témoignage devant le Seigneur, où J'ai résolu de vous parler. C'est de là que Je donnerai Mes ordres pour les enfants d'Israël, et l'autel sera sanctifié par la présence de Ma gloire. Je sanctifierai aussi le tabernacle du témoignage avec l'autel, et Aaron avec ses fils, afin qu'ils exercent les fonctions de Mon sacerdoce. J'habiterai au milieu des enfants d'Israël et Je serai leur Dieu. Et ils connaîtront que Je suis leur Seigneur et leur Dieu, qui les ai tirés de l'Égypte afin de demeurer au milieu d'eux, Moi qui suis leur Seigneur et leur Dieu" (Ex XXIX, 42-46). Or, les enfants d'Israël ne pouvaient en toute vérité "connaître" Dieu et la Voie qu'Il voulait qu'ils suivent, et Dieu Lui-même ne pouvait habiter "au milieu d'eux" en toute plénitude du mot, "par la présence de Ma gloire", que si le grand-prêtre, intermédiaire que Yahweh choisissait entre Lui et l'homme juif, était pourvu du charisme de l'infaillibilité lorsqu'il recevait de Yahweh Ses "ordres pour les enfants d'Israël"...
Et à présent, comprenons bien que c'est à tout cela que fait allusion saint Jean dans son Évangile (car il connaît fort bien la doctrine mosaïque, que, comme tous les Apôtres et Jésus Lui-même, il vénère dans son droit divin), lorsque, visiblement, il tient avec beaucoup d'insistance à nous dire que si "l'un d'eux, nommé Caïphe, qui était le grand prêtre de cette année-là, leur dit : «Vous n'y entendez rien, et vous ne réfléchissez pas qu'il vaut mieux pour vous qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse point», il ne dit pas cela de lui-même ; mais, étant grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation" (Jn XI, 50-52).
Saint Jean, là, nous affirme deux choses extrêmement importantes. Premièrement, que Caïphe était grand-prêtre légitime, puisqu'il dit qu'il fait usage du don prophétique attaché à la fonction suprême de tout grand-prêtre légitime (si Caïphe avait été illégitime, saint Jean ne nous aurait évidemment pas dit qu'il a usé dudit charisme, puisqu'il est impossible d'user d'un attribut attaché institutionnellement à une charge sans posséder la légitimité de ladite charge elle-même ― cf. mon article qui expose à fond la légitimité de Caïphe, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/caiphe-dernier-grand-pontife-juif-de-l-ancien-testament-etait-il-legitime-ou-bien-non?Itemid=483). Deuxièmement, que la prophétie que Caïphe a faite quant à Jésus-Christ était bel et bien faite de sa part en tant que grand-prêtre usant de son charisme d'infaillibilité prophétique attaché à sa fonction suprême : lorsque Caïphe dit qu'il vaut mieux qu'un homme seul meure plutôt que toute la nation, il "donne la révélation et DÉCLARE LA VÉRITÉ" infailliblement, c'est-à-dire spirituellement avec les Urim et les Thummim.
Autrement dit, pour le très-peu qu'on veuille encore bien comprendre le sens obvie des mots qu'on prononce soi-même ou qu'on écrit : Caïphe condamnait à mort Jésus-Christ, le Messie divin, de par le charisme d'INFAILLIBILITÉ attaché à sa fonction suprême de dernier "pape" LÉGITIME de l'Ancien-Testament.
Il n'est pas besoin d'ajouter qu'il est évidemment très-important de prendre cette conclusion en grande et haute considération. Car nous allons voir que notre situation ecclésiale actuelle à nous, les fils du Nouveau-Testament et de l'Église du Temps des nations et de Rome son centre, va être exactement la même que celle, je dirai ecclésialement prophétisée par la fin de l'église juive du temps de Jésus...
... Précisément, je continue maintenant l'histoire de mon bon et saint juif vivant aux temps de Jésus, auquel il a donné toute sa Foi et sa vie même, car il sait qu'Il est le Messie annoncé par les prophètes, quand bien même il se rend compte, douloureusement et dans l'angoisse, que les anciens de sa nation juive, à commencer par ses grand'prêtres Anne et Caïphe, Le rejettent et même veulent Le faire mourir (n'oublions pas que la grande-prêtrise est instituée par Yahweh de manière familiale, c'est Aaron et ses fils qui sont désignés par Yahweh pour remplir la fonction de grand-prêtre juif, et l'on retrouve tout naturellement le même cas de figure aux temps de Jésus, lorsque Anne, le beau-père de Caïphe, est appelé, au même titre que lui, grand-prêtre, dans la Ste-Écriture). Il voudrait pourtant leur faire entière confiance quant à la voie du salut, car il sait que les grands-prêtres sont infaillibles à tracer la destinée d'Israël, mais il ne peut manquer de voir la haine mortelle qu'ils ont pour Jésus le Messie, qu'ils avaient pourtant comme suprême mission d'introduire en ce monde, et qui fait dire à Notre-Seigneur : "Vous cherchez à me donner la mort, moi qui suis un homme qui vous ai dit la vérité" (Jn VIII, 40). Cela écartèle l'âme de notre bon juif...
Faut-il rejeter Jésus...? Faut-il rejeter le grand-clergé officiel dont il ne peut douter non seulement de sa légitimité mais de son infaillibilité lorsqu'il trace la voie pour les destinées d'Israël...? Faut-il, dans nos jours ecclésiaux des derniers temps, suivre la tradition doctrinale qui fait vivre le Christ dans l'âme...? Faut-il suivre les papes modernes légitimes qui représentent infailliblement le Christ pour tous les fidèles, en s'aveuglant sur le fait qu'ils tuent l'Église doctrinalement en lui faisant suivre la doctrine de l'Antéchrist, cette Église qui est "Jésus-Christ continué, répandu et communiqué" (Bossuet)...?
Viens l'épreuve terrible et affreuse de la Passion du Christ qui, loin de supprimer cet écartèlement insoluble dans l'âme de notre bon juif, ne fait tout au contraire que le mener tout droit à son ultime fin, c'est-à-dire mortelle, scellant définitivement l'insoluble dilemme. La même fin que celle que nous vivons et allons vivre en Église à la fin de nos temps modernes lorsque le règne de l'Antéchrist-personne s'ouvrira en ce très-bas monde. Que voit-il alors, notre juif pieux, humble et fervent ? Dans la douleur mortelle de son âme, il voit cette chose absolument terrible et terrifiante, affreuse et révulsive, si surnaturellement incroyable et contre-nature, qui va nous arriver à nous aussi : le dernier grand-prêtre légitime va solennellement, au nom de toute l'Église synagogale-mosaïque, EXCOMMUNIER rituellement le Messie, Jésus le Christ, dans la nuit du Jeudi-Saint, en déchirant son Ephod, c'est-à-dire en faisant us et usage de son charisme d'infaillibilité. Celui qui donne la Vie va être mis à mort par l'Église de son temps, dans son économie de salut synagogale-mosaïque, le plus infailliblement et prophétiquement du monde, puisque, on vient juste de le voir, saint Jean, dans son Évangile, nous dit que Caïphe, le "pape" d'alors, usa du charisme prophétique infaillible attaché à sa fonction de grand-prêtre légitime, lorsqu'il proféra : "Il vaut mieux qu'un homme seul meure, plutôt que toute la nation" (ibid.). Jésus, d'ailleurs, dans la parabole très-ciblée des vignerons homicides, avait fort bien prophétisé Sa mort sous la main des "princes des prêtres et les anciens du peuple" (Matth XXI, 23), auxquels était adressée ladite parabole : "... Enfin [après que les vignerons aient tué les serviteurs du Maître de la vigne], Il leur envoya son Fils, en disant : ils auront du respect pour mon Fils. Mais les vignerons, voyant le Fils, dirent entre eux : Voici l'héritier ; venez, tuons-le, et nous aurons son héritage. Et s'étant saisis de Lui, ils Le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent" (Matth XXI, 37-39). "Hors de la vigne", figure de l'Église, signifie que Jésus-Christ meurt en étant ecclésialement excommunié, et c'est exactement ce que fit Caïphe le soir du Jeudi-Saint, usant de son charisme d'infaillibilité en tant que grand-prêtre légitime pour proférer son excommunication rituelle, avec l'approbation de toute l'assemblée juive des anciens réunie autour de lui...
Mais quelle va être l'attitude de notre juif, face à cette crucifixion à mort, usque ad mortem, qu'il endure dans sa belle âme déjà toute donnée à la Foi au Christ ? Va-t-il se dépêcher de se construire à chaux et sable toute une thèse sédévac pour dire : non, non, Caïphe n'est pas légitime, c'est un anti-pape, ... pardon, un anti-grand-prêtre, et c'est pour ça qu'il a excommunié Jésus-Christ ! Mais notre juif, qui est un saint, se soumet à la ténèbre mystique de la Lumière de Dieu, au Plan de Rédemption qui est en train de se réaliser parmi les enfants des hommes, il ne s'invente pas un plan "B" pour le fuir, comme par exemple les sédévacs, pour en rester à eux, le font (mais il sont fort loin d'être les seuls à le faire, quand absolument toutes les mouvances cathos actuelles in globo, des plus charismatiques modernes aux plus coincés intégristes, rejettent comme un seul homme "LA PASSION DE L'ÉGLISE" que la Providence de Dieu nous donne à vivre et à mourir), il accepte, à la suite du Christ dans le jardin de Gethsémani, de boire le calice de la crucifixion de son Église synagogale-mosaïque par le dernier grand-prêtre ou pape légitime de son temps, agissant en cela infailliblement...
Mais le châtiment de l'Église synagogale-mosaïque, une fois accompli son forfait de condamnation à mort et d'excommunication formelle de Jésus-Christ dans la nuit fatidique du Jeudi-Saint, ne se fait pas attendre : dans l'après-midi du lendemain même, Vendredi-Saint, le rideau du Temple, qui cachait le Saint des Saints aux regards des profanes, se déchirait brutalement et violemment en deux à la mort sur la croix de leur Messie ecclésialement excommunié, du haut en bas, exactement comme l'Ephod de son vêtement que le grand-Prêtre avait rituellement déchiré en signe d'excommunication de Jésus le Christ au soir du Jeudi-Saint, c'est-à-dire radicalement.
Cela signifiait la mort à jamais et sans retour de l'Église dans son économie de salut synagogale-mosaïque, comme d'ailleurs la conclusion de la parabole des vignerons homicides l'avait clairement annoncée : "C'est pourquoi, Je vous dis que le royaume de Dieu vous sera enlevé, et qu'il sera donné à une nation qui en produira les fruits" (Matth XXI, 43), "une nation" figurant ici une nouvelle économie ecclésiale de salut (... laquelle économie de salut synagogale-mosaïque, pourtant, remarquons-le avec grand'soin en n'oubliant surtout pas d'en faire l'application à notre économie de salut actuelle à nous, celle du Temps des nations et de Rome son centre, avait formellement reçu en son temps, lorsqu'elle fut instituée par Yahweh au temps de Moïse, des promesses d'éternité, de pérennité, de perpétuité, bien consignées dans la Sainte-Écriture, par exemples : "Ce culte [mosaïque] se continuera toujours et passera de race en race parmi les enfants d'Israël" ― Ex XXVII, 21 ; "Aaron portera les noms des enfants d'Israël sur le rational du jugement, qu'il aura sur sa poitrine lorsqu'il entrera dans le sanctuaire, afin qu'il serve d'un monument éternel devant le Seigneur" ― Ex XXVIII, 29 ; "Cette ordonnance sera stable et perpétuelle pour Aaron et pour sa postérité après lui" ― Ex XXVIII, 43 ; "Vous leur mettrez la mitre sur la tête [à Aaron et à ses enfants], et ils seront Mes prêtres pour Me rendre un culte perpétuel" ― Ex XXIX, 9. Etc., etc., etc. ― Or, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce caractère d'éternité, de pérennité, de perpétuité, étymologiquement : "qui dure toujours", de l'Église, infailliblement révélé par la Ste-Écriture autant d'ailleurs dans l'Ancien comme dans le Nouveau-Testament, s'applique uniquement à l'essence de l'Église, qui naît dans le Sein de Dieu et doit y retourner à la fin du monde, après avoir vécu, en s'incarnant sur cette terre, les différentes économies de salut accidentelles que la Providence de Dieu lui donne à vivre ; c'est-à-dire que ce caractère de perpétuité, de pérennité, d'éternité, n'est par contre applicable à aucune des économies de salut particulières qu'elle a à vivre ici-bas en tant qu'Église militante).
Et quant à nous, l'Antéchrist-personne, intronisé légitimement sur le Siège de Pierre en tant que dernier pape, qui s'appellera par antonomase Caïphe II et non point du tout Pierre le romain, fera lui aussi mourir le Christ en son Église dans son économie de salut actuelle dite du Temps des nations et de Rome son centre, très-notamment en la réunissant, l'incorporant, la symbiosant avec les forces mondialistes les plus ouvertement satanisées, au point radicalement anéantissant où l'on ne pourra plus du tout discerner en elle son identité christique divine. C'est alors que la prophétie de Notre-Dame à La Salette verra toute sa réalisation formidable, littéralement apocalyptique : "Rome perdra la Foi, et deviendra le siège de l'Antéchrist". Aucune équivoque possible, dans cette extraordinaire prophétie lapidaire. En voici une courte exégèse. La Rome qui perd la Foi ne pouvait donc qu'avoir la Foi avant, puisqu'elle peut la perdre : ce qui signifie que la Vierge de La Salette entend donc bien parler là de la Rome catholique-pontificale. Et c'est cette Rome catholique-pontificale-là dont la Reine des Prophète nous annonce que le siège doit être investi complètement par l'Antéchrist-personne. À votre avis, c'est quoi le siège de la Rome catholique-pontificale ? Il n'y a évidemment qu'une seule réponse possible : c'est le Siège de Pierre. Et c'est donc ce Siège de Pierre que Notre-Dame à La Salette nous prophétise pudiquement, implicitement, qu'il sera investi totalement par l'Antéchrist-personne.
"Le poisson pourrit PAR LA TÊTE", dict-on. Cette vérité lapidaire éclaire singulièrement notre affaire. Le poisson était en effet le symbole, l'image que prenaient les premiers chrétiens comme signe de reconnaissance entre eux, dans l'hostile société romaine antique ; et la tête du poisson chrétien, de l'Église, faut-il le dire, c'est LA PAPAUTÉ. C'est pourquoi, à l'heure de la mort mystique de l'Église dans son économie de salut actuelle dite du Temps des nations et de Rome son centre, le poisson chrétien pourrit et meurt par le dernier pape, qui sera l'Antéchrist-personne.
CAÏPHE (II) SERA LE NOM ANTONOMASTIQUE DU DERNIER PAPE LÉGITIME DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, APOSTOLIQUE ET ROMAINE.
FAISANT USAGE DE L'INFAILLIBILITÉ INHÉRENTE À LA FONCTION SUPRÊME DU SOUVERAIN PONTIFICAT LÉGITIME, IL CONDAMNERA À MORT ET FERA MOURIR "JÉSUS-CHRIST CONTINUÉ, RÉPANDU ET COMMUNIQUÉ" QU'EST NOTRE ÉGLISE DU TEMPS DES NATIONS ET DE ROME SON CENTRE. EXACTEMENT COMME L'A FAIT CAÏPHE (I) QUANT À SON ÉGLISE SYNAGOGALE-MOSAÏQUE.
C'EST ALORS QUE L'ÉPÉE DE DAMOCLÈS DE LA JUSTICE DIVINE TOMBERA SUR LUI, PAR LE RETOUR DU CHRIST EN GLOIRE VENANT RESSUSCITER SON ÉPOUSE L'ÉGLISE, APRÈS SA MORT, POUR L'INTRODUIRE DANS LA NOUVELLE ÉCONOMIE DE SALUT DU MILLENIUM, INCOMPARABLEMENT SUPÉRIEURE À LA NÔTRE, AUTANT QUE LE NOUVEAU TESTAMENT L'ÉTAIT PAR RAPPORT À L'ANCIEN.

Voilà certes une destinée ecclésiale bien pénible à vivre et surtout à mourir, car l'ultime dénouement qui sera le règne de l'Antéchrist-personne dans lequel notre économie de salut ecclésiale doit mourir n'est certainement pas loin, c'est vraiment le prochain jalon, l'imminent waypoint, quand bien même personne n'en peut fixer la date exacte car "ce n'est point à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de Sa propre autorité" (Act I, 7). Mais elle est nôtre, cette destinée, de par la Providence divine, et nous avons donc à l'accepter et à la prendre de la Main même de Dieu, en tout respect et piété, sachant que tout ce que Dieu fait pour nous est pour notre Bien suprême et supérieur.
Car qui sommes-nous, nous autres ? Sommes-nous chrétiens, fils et frères puînés de Jésus-Christ Notre-Seigneur, ou ne le sommes-nous pas...? Pour l'être, il faut Le suivre jusque dans sa Passion ignominieuse incluant sa mort, et, quant à notre génération, cela nous est demandé ecclésialement très-concrètement, in concreto duro. C'est pourquoi Jésus, après avoir rabroué violemment et sévèrement saint Pierre voulant rejeter cette terrible et affreuse Passion, dit très-clairement et fermement : "Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à lui-même, et qu'il porte sa croix, et qu'il Me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de Moi, la trouvera. Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme ?, ou qu'est-ce que l'homme donnera en échange de son âme ?" (Matth XVI, 24-26)
Pour nous, fidèles catholiques du temps présent, qui le sommes et surtout voulons le rester, il s'agit d'accepter et de vivre à notre niveau "LA PASSION DE L'ÉGLISE". Si nous ne voulons pas le faire, alors, c'est que nous avons "le goût des choses du monde, et non des choses de Dieu" (Matth XVI, 23), et le Christ se scandalisera de nous comme Il s'est scandalisé de saint Pierre, pas tellement saint à ce moment-là, lorsqu'il refusait la Passion : "tu m'es un sujet de scandale" (ibid.).
En refusant "LA PASSION DE L'ÉGLISE", nous ne ferions d'ailleurs pas que scandaliser le Christ, au grand péril de notre salut, nous ne pourrions le faire qu'en nous couvrant de ridicule...
... Cela tombe bien, justement, puisque, par tradition, je finis mes articles par un peu d'humour, autant, du moins, que la situation le permette décemment. Or, pour refuser "LA PASSION DE L'ÉGLISE", voici les perles très-rares qu'on peut trouver sur Internet, car est-il besoin de préciser que les hurluberlus, les zigomars, les zinzins-dinguos et autres illuminés s'en donnent à cœur joie d'y balancer leurs salades et leurs feux d'artifices de stupidités.
Par exemple, un certain Dr Kelly Bowring, américain très-bardé de diplômes en théologie à ce qu'il ose nous dire (mais qui les a sûrement eu dans une pochette-surprise à cent sous tirée des machines à tiroirs automatiques en fer d'un cirque ambulant), n'est pas gêné, ces jours derniers, de résumer lapidairement sa thèse pour expliquer "la crise de l'Église" à sa façon, excluant, ça va sans dire, "LA PASSION DE L'ÉGLISE", ainsi : "La chaire de Saint-Pierre est-elle vacante ? Non. Selon la prophétie catholique, le pape Benoît a été le dernier pape avant le second avènement et c’est maintenant Pierre le Romain, qui est saint Pierre lui-même, qui guide l’Église depuis le ciel" (sic)...!!! Même mon chien aurait honte d'aboyer de telles sottises. C'est du dernier risible, du dernier ridicule. Ce prétendu Batman en théologie ne sait même pas ce qu'un enfant du 1er catéchisme saurait, à savoir que l'Église militante, en tout état de cause, ne peut avoir qu'un pape... de la terre. Si elle n'a pas un pape de la terre, ou ne peut plus en avoir un, alors, ce n'est pas compliqué, théologiquement elle cesse par-là même d'exister sur cette terre, pour ne plus être qu'Église triomphante ! Il est vraiment d'une rare stupidité, qui serait juste excusable chez un enfant des petites classes maternelles, de pondre, comme le fait Bowring, que notre Église militante actuelle de la terre est dirigée par un pape... du Ciel, en l'occurrence saint Pierre !!
D'autres illuminés tâchent eux aussi de ravir violemment le trophée ardemment convoité du Bonnet-d'Âne qu'ils prennent pour le trirègne, via de prétendues "révélations privées" dont on se serait bien privé, qu'ils s'inventent le plus bêtement du monde dans leurs têtes bornées, sottes d'une indécrottable sottise, insensées, à purger de quatre grains d'ellébore, le remède du bon La Fontaine contre la folie (cf. Le lièvre et la tortue) : "Bien qu’élu par des membres de l’Église Catholique, le prochain pape sera le faux prophète [... Zut alors !, le "Ciel" nous avait pourtant dit que c'était François qui était le faux-prophète !??, bon, hé ben, puisqu'il va mourir, passons au suivant ! Soit dit en passant : le faux-prophète EST l'Antéchrist-personne lui-même, il n'y a pas deux fils de Satan à la fin des temps mais un seul, ce que l'Apocalypse de saint Jean confirme ; cf. à ce sujet mon article https://eglise-la-crise.fr/index.php/fr/component/joomblog/post/le-faux-prophete-l-antechrist-sont-une-seule-et-meme-personne-et-non-deux?Itemid=1]… Mon Pape bien-aimé Benoît XVI est le dernier vrai Pape sur cette Terre [Zest !, voilà-t-il pas la preuve que notre Bowring est en prise directe 480 v avec le Ciel !]. Pierre le Romain, c’est Mon Pierre, l’apôtre originel, qui dirigera Mon Église du haut des Cieux sous la commande de Mon Père Éternel [... Hi han !, hi han !, hi han !]. Puis, lorsque Je viendrai pour régner, au Second Avènement, c’est lui aussi qui dirigera tous les enfants de Dieu lorsque toutes les religions deviendront Une Église Sainte, Catholique et Apostolique" [Alors là, on fait vraiment très-fort dans la tambouille et le sac de nœuds gordiens, impossible, vraiment, de savoir si toutes les religions se convertiront ou alors si le "Ciel" fait la sublime révélation d'un mondialisme ecclésial... catholique !!?]" (sic).
Si le ridicule tuait, je gage qu'il y en a qui serait mort... avant même d'être né. Difficile, on en conviendra, de faire plus fort dans la sottise au carré.
Le souci, c'est que cette bêtise vraiment inquiétante, qui est le lot commun de nos contemporains et dont ils s'honorent et glorifient en bombant le torse, n'est que l'avers d'une médaille dont le revers est la méchanceté, on n'est jamais bête en effet sans être méchant en même temps et réciproquement, ce qui révèle un fond d'âme mauvais, implicitement anti-Dieu, anti-Christ. Notre-Seigneur Jésus-Christ, revenant sur terre dans notre génération, dirait sûrement d'elle ce qu'Il disait de la génération de son temps : "Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération" (Lc XI, 29-30).
Et pour notre génération, ce signe est la Vérité de "LA PASSION DE L'ÉGLISE". Et d'autre, point il n'y aura.
Or, la méchanceté et la bêtise extrêmes de notre génération, en ce compris celle pontificale suprême, prend source et damné mouvement dès la Révolution. C'est pourquoi un Félicité de Lamennais (1782-1854), doué du don de prophétie apocalyptique, pouvait fort bien vaticiner dès le début du XIXème siècle cette parole prophétique vraiment très-inspirée, étonnante, qui résonne incroyablement plus encore dans nos sinistres jours, avec une clarté beaucoup plus grande et plus véridique que lorsqu'elle fut proférée : "Il faut que la volonté de Dieu s’accomplisse, et que l’Europe soit punie. Tout se prépare pour des événements très-imprévus, quoiqu’ils soient prédits. Il n’y a plus de société possible, et nous assistons chaque jour à l’agonie du genre humain ; j’en suis chaque jour plus convaincu" (Lettre au curé Vuarin de Genève, 14 juillet 1821).
... Mais, quittant la bêtise et la méchanceté pour revenir au sérieux et au surnaturel de mon article, m'adressant fraternellement et de tout cœur à ceux qui me liront et qui veulent jusqu'à la fin, comme moi, garder la Foi, l'Espérance et la Charité, acceptant de vivre et mourir à la fois "LA PASSION DE L'ÉGLISE" : continuons ou plutôt commençons à travailler humblement et fervemment notre sainteté personnelle sous le Regard de Dieu. Tant il est vrai que, comme le disent les auteurs spirituels, la vie spirituelle est un perpétuel recommencement. Et qu'il n'y a que ce recommencement concret qui compte dans nos vies. Plus que jamais, à l'heure de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" qui prédit l'imminence du Retour glorieux du Christ, se vérifie la prophétie de saint Jean : "Pécheur, pèche encore ; juste, sanctifie-toi encore ; puis, viendra le Seigneur, donnant à chacun sa rétribution selon ses œuvres" (Apoc XXII, 11-12). Ce n'est vraiment pas le moment de nous relâcher...
"Oh Jésus ! Viens vivre et régner en moi, dans ma maison, dans ma famille, dans mon église et dans mon monde, pour que j'y vive et que j'y règne !"
En la grande fête de saint Joseph,
PATRON DE L'ÉGLISE UNIVERSELLE,
ce 19 mars 2025.
Vincent Morlier
Écrivain catholique.
Saint Joseph, époux de Marie,
ora pro nobis !