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MES CORRESPONDANCES

AVEC VOUS

 

 

I

 

        Voici un excellent échange sur la théologie de "la crise de l'Église" que j'ai eu avec un tradi de tendance sédévacantiste, dialogue sans prétention ni de son côté ni du mien. En m'accordant l'autorisation de publier cet échange, mon correspondant m'a demandé de garder son anonymat et de l'appeler Miles Christi (= soldat du Christ), titre qu'il mérite d'ailleurs fort bien. Je trouve cet échange très-enrichissant, bien propre à intéresser les visiteurs de mon site (j'ai simplement allégé quelque peu le texte de son courriel du 18 mai, pour permettre une lecture plus fluide tout en conservant l'intégralité des idées exprimées). On remarquera le ton très-courtois, et même fort charitable, entre deux tradis qui n'ont pourtant pas forcément les mêmes idées, et par-là échange édifiant (rien que pour cette raison, cela mérite une publicité...).

 

 

Le 18 mai 2016 00:20, Miles Christi a écrit ;
Objet : François et la laïcité.

  

 François fait l’apologie de la laïcité 

        François, hier à Rome, dans une interview pour le quotidien La Croix : "Un État doit être laïque. Les États confessionnels finissent mal. Cela va contre l’Histoire. Je crois qu’une laïcité accompagnée d’une solide loi garantissant la liberté religieuse offre un cadre pour aller de l’avant" (http://www.la-croix.com/Religion/Pape/Le-pape-Francois-a-La-Croix-Un-Etat-doit-etre-laique-2016-05-16-1200760526).

        Ce qui dérange François, c’est que l’État confessionnel va "contre l’Histoire" ; lui, qui n’a que faire de la vérité, préfère aller "contre le magistère de l’Église" et se conformer à la doctrine maçonnique, naturaliste et révolutionnaire du "progrès" et du "sens de l’histoire" (celle qui, d’après les Écritures, conduit vers le paroxysme du mysterium iniquitatis dans la personne de l’Antichrist…).

        Mais ceci n’est pas du tout nouveau, loin s’en faut. Bergoglio disait exactement la même chose à La Vie (ex catholique), il y a un peu plus de deux mois : "Mardi premier mars, le pape François a reçu à Rome, en audience privée, une délégation d'acteurs du christianisme social. Une rencontre organisée à l'initiative des Poissons roses et à laquelle Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, participait. Récit : "«Votre laïcité est incomplète. La France doit devenir un pays plus laïc. Il faut une laïcité saine». […] On comprend que la «laïcité saine» dont parle le pape s’oppose quand même un peu à la «sainte laïcité» qui est devenue notre religion civile. C’est une laïcité inclusive, donnant sa place au sens, au spirituel, à l’expression des convictions. Une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. D’ailleurs même un athée peut avoir une intériorité" (http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/conversation-politique-avec-le-pape-francois-02-03-2016-71086_16.php).

        C’est tout de même très fâcheux, car la laïcité de l’État (sa supposée "neutralité" en matière religieuse) et la liberté religieuse (conçue comme étant un "droit naturel" pour chaque "religion" à s’exprimer librement sur la place publique) sont des hérésies [Je précise la juste pensée de mon correspondant : le caractère hérétique formel, veut-il dire, stigmatise autant une laïcité étatique rigoureusement fermée sur son athéisme de principe qu'une laïcité prétendument ouverte, comme la conçoit fort vicieusement le pape François, c'est-à-dire donnant place à la manifestation publique de toutes les fausses religions mêlée à la vraie, sur la base de la très-hérétique Liberté religieuse]. Tout le magistère de l’Église (jusqu’à Vatican II, bien entendu…) l’atteste sans l’ombre d’un doute. Comme d’habitude, ces propos hérétiques, impies et blasphématoires, passeront "comme une lettre à la poste", aucun "cardinal" ni "évêque" ne lèvera sa voix pour s’opposer à la supercherie et dénoncer le scandale. De mon côté, simple laïc anonyme et insignifiant, je ne peux bien évidemment pas faire grand-chose face au mutisme, à la lâcheté et à l’aveuglement des "ecclésiastiques", mais je me permets, en guise de rappel, de citer deux passages :

        1"Les États, à leur tour, apprendront, par la célébration annuelle de cette fête [du Christ-Roi], que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier Jugement, où le Christ accusera ceux qui l’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles, car sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse" (encyclique Quas primas, 11 décembre 1925, par laquelle Pie XI instituait la solennité du Christ-Roi ; cf. http://www.vatican.va/holy_father/pius_xi/encyclicals/documents/hf_p-xi_enc_11121925_quas-primas_fr.html).

        La lecture de ce texte du Magistère permet de comprendre que l’État "laïc", prétendument "neutre" en matière religieuse, "non-confessionnel", "incompétent en matière religieuse", et autres sophismes semblables, est une aberration philosophique, morale et juridique moderne, une monstruosité politique, un pur mensonge idéologique qui bafoue la loi divine et l’ordre naturel. La distinction (et non pas la séparation) des pouvoirs temporel et spirituel est une chose, la prétendue "autonomie" du temporel vis-à-vis de Dieu, de son Église, de la loi divine et de la loi naturelle en est une autre : cela s’appelle l’apostasie des Nations. Cette apostasie (...) ne peut aboutir, à terme, qu’à l’avènement du royaume de l’Antéchrist, figure eschatologique de l’homme impie qui rejette tout ce qui est au-dessus de lui-même et de sa propre volonté souveraine, à savoir la révélation, l’enseignement de l’Église, la loi divine et enfin, en toute logique, et pour sa plus grande honte, la loi naturelle elle-même. (...) Personnification effroyable de la créature qui prétend faire de sa liberté, désormais considérée comme absolue, la seule et unique source de la loi et de la morale, créature imbue d’elle-même et aveuglée par son arrogance dérisoire, qui entend en définitive prendre la place de Dieu. (...)

        Ce sont là les multiples facettes de l’état d’esprit moderne (...), dont la racine est toujours la même : le sujet "autonome" voulant s’émanciper de l’ordre objectif des choses, et dont la conséquence inéluctable est le projet insensé de chercher à bâtir une civilisation nouvelle qui, ayant exclu Dieu de la vie de la Cité, veut tout fonder sur le libre arbitre souverain de l’homme, devenu la source de toute légitimité. Le principe de la laïcité de l’État en est la plus parfaite incarnation et sa figure emblématique.

        2. "Qu'il faille séparer l'État de l'Église, c'est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur. Basée, en effet, sur ce principe que l'État ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est tout d'abord très gravement injurieuse pour Dieu, car le Créateur de l'homme est aussi le Fondateur des sociétés humaines et Il les conserve dans l'existence comme Il nous soutient. Nous lui devons donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social, pour l'honorer (…). Cette thèse bouleverse également l'ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés" (saint Pie X, encyclique Vehementer nos, 11 février 1906,  http://www.vatican.va/holy_father/pius_x/encyclicals/documents/hf_p-x_enc_11021906_vehementer-nos_fr.html).

        Et voici ce que disait à  propos de la laïcité Pie XI en instaurant la fête du Christ-Roi : "La peste de notre époque, c'est le laïcisme, ainsi qu'on l'appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles. Comme vous le savez, Vénérables Frères, ce fléau n'est pas apparu brusquement ; depuis longtemps, il couvait au sein des États. On commença, en effet, par nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations ; on refusa à l'Église le droit (conséquence du droit même du Christ) d'enseigner le genre humain, de porter des lois, de gouverner les peuples en vue de leur béatitude éternelle. Puis, peu à peu, on assimila la religion du Christ aux fausses religions et, sans la moindre honte, on la plaça au même niveau. On la soumit, ensuite, à l'autorité civile et on la livra pour ainsi dire au bon plaisir des princes et des gouvernants. Certains allèrent jusqu'à vouloir substituer à la religion divine une religion naturelle ou un simple sentiment de religiosité. Il se trouva même des États qui crurent pouvoir se passer de Dieu et firent consister leur religion dans l'irréligion et l'oubli conscient et volontaire de Dieu" (Quas primas).

        C’était une époque où le clergé avait encore le courage d’affirmer haut et fort la doctrine catholique, avant qu’il ne finisse par faire siens les principes de la franc-maçonnerie et des différentes forces révolutionnaires qui poursuivent toutes, depuis 1789, en dépit de leurs divergences de surface, un seul et même objectif : neutraliser l’influence sociale de l’Église, déchristianiser les nations et les peuples, séculariser les mœurs et la culture, laïciser les lois et les institutions. En un mot : détruire la civilisation chrétienne en substituant au principe de catholicité celui de laïcité. Force est de constater que le but qu’ils recherchaient a été parfaitement atteint.
        A un tel point que leurs ennemis d’hier sont devenus leurs plus fidèles alliés d’aujourd’hui, car ils ont renoncé, dans leur aveuglement stupéfiant, aux vrais principes catholiques et ont embrassé, avec une conviction aussi enthousiaste qu’insensée, les idées subversives conçues dans les loges, celles-là mêmes qui ne font qu’exécuter le mot d’ordre de leur maître Voltaire : "Écrasez l’Infâme !"
 
 
 
  
Le 18 mai 2016 07:33, Vincent Morlier a écrit ;
Objet : Re: François et la laïcité.
 
       
        Bonjour,    
        Cet apologie de l'état laïc hélas ne date pas du pape François... Vous n'ignorez certainement pas le message de Noël 1944 où Pie XII cautionne et avalise la démocratie post-révolutionnaire, laïque et athée, de nos sociétés modernes, sans parler de l'encyclique Pacem in terris de Jean XXIII mettant, à la suite de Pie XII, toutes ses espérances pour obtenir la paix du monde, dans... l'ONU.    
        Pour aller au fond de la question, je vous suggère la lecture d'un de mes derniers articles dont le titre certes se passe tout-à-fait de commentaire : L'Antéchrist-personne devant clore notre fin des temps sera-t-il... le dernier pape LÉGITIME de l'Église Catholique ?, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/AntechristSeraLeDernierPapeLEGITIME.pdf
        Mon tout dernier article pour réfuter le guérardisme et leur distinguo parfaitement aberrant (pape materialiter - pape formaliter) pourra aussi vous intéresser : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/RefutationTheseGuerardienneDefinitive.pdf   
        Je ne crois pas que je vous ai déjà communiqué ces liens.    
        Bien à vous dans le bonum certamen.
Vincent Morlier
 
 
  
 
Le 18 mai 2016 12:26, Miles Christi a écrit ;
Objet : Re: François et la laïcité.
 
 
        Bonjour, Monsieur Morlier.          
        Merci pour votre courrier, ainsi que pour vos articles, que je lirai attentivement, car même si je ne partage pas tous vos points de vue, ils sont stimulants toujours pour la réflexion.
        J'avoue cependant avoir du mal à pouvoir concevoir que François, ainsi que les autres "papes conciliaires", puissent être des pasteurs légitimes, investis du pouvoir de juridiction sur l'Église universelle...
        Je profite aussi pour vous dire que je n'adhère nullement à la "thèse" guérardienne. Je vous transmets à nouveau le fichier d'hier, car j'ai dû effectuer quelques légères modifications.
Miles Christi.
 
 
 
 
Le 19 mai 2016 10:46, Vincent Morlier a écrit ; 
Objet : Re: François et la laïcité.
 
 
        Bonjour M. Miles Christi,   
        Oui, je sais, vous avez de la difficulté à ne pas céder à la tentation sédévacantiste, je l'avais déjà noté et vous en avais fait précédemment la remarque. Il faut avouer que les papes modernes font tout, et plus encore, pour que le catholique les abomine, les exècre... et éprouve une quasi irrépressible envie de se soulager, comme, pardon, quand on va à la selle, en leur déniant leur qualité de pape.   
        Mais justement, la pierre de touche du vrai catho dans la situation ecclésiale crucifiée de nos jours, est de ne céder ni à "la peste" ni au "choléra" ; c'est-à-dire ne pas céder à la tentation de dire, à cause des abominations doctrinales des papes modernes, qu'ils ne sont pas papes ; et ne pas céder à la tentation des "ralliés", de dire, à l'exact opposé, que, puisqu'ils sont papes, alors cela signifie que leur doctrine est parfaite et très-catholique... Car alors, adhérer à l'un ou l'autre extrémisme, c'est ipso-facto quitter l'Église et être sûr d'être dans une voie de damnation, au for externe.   
        Le juste milieu, qui est "le chemin des crêtes" (st Grégoire de Nazianze), consiste à professer la légitimité certaine, matière et forme, des papes modernes et EN MÊME TEMPS, à professer que leur Magistère doctrinal est matériellement hérétique, et c'est d'ailleurs même pire que ça, car la vérité est que leur Magistère est carrément apostat, comme mettant l'homme à la place de Dieu, ce qui est ni plus ni moins la doctrine de l'Antéchrist-personne (j'ai bien dit : matériellement hérétique, car s'il l'était formellement, alors bien sûr cela signifierait que "les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Église").    
        Ce qui signifie pour le fond, que nous sommes en présence de la "si grande contradiction" (He XII, 3) dont parle saint Paul à propos du Christ vivant sa Passion, et que cette dite "si grande contradiction" consiste en ce que l'acteur de la Passion, qu'il soit le Christ ou l'Église 2 000 ans plus tard, est "fait(e) péché pour notre salut" (II Cor. V, 21). L’Église vit donc dans l'économie de la Passion depuis Vatican II (pour faire court).   
        Approfondissez la thèse de LA PASSION DE L'ÉGLISE que je développe en de nombreux articles sur mon site ou dans mes livres, cher Monsieur, et toute angoisse ainsi que tout doute lancinant et insoluble à propos de l'Église disparaîtront de votre âme pour laisser place à la Paix "qui surpasse tout sentiment" car la Vérité pleine et entière est atteinte.   
        Un autre article qui va vous intéresser, c'est celui que j'ai écrit sur la canonisation  de Jean-Paul II, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/DL/LaCandeJP.pdf.
        Et à propos d'articles intéressants, je viens de lire ce matin un article de Sandro Magister, ce journaliste italien, genre catho moderne mais parfois extrêmement clairvoyant, qui aimait beaucoup Benoît XVI, créant un blog pour véhiculer sa pensée, et qui, avec beaucoup moins de sympathie, continue sur la lancée avec François. Cet article révèle une chose, qu'on savait déjà bien entendu, à savoir que la pensée de François est complètement moderniste. Article fort intéressant car il dévoile les idées de fond de François qui décodent la praxis déroutante de son Magistère "liquide"...: http://chiesa.espresso.repubblicait/articolo/1351301?fr=y    
        Bien à vous,
Vincent Morlier   
        PS : Quant à votre livre, il est trop marqué par la tentation sédévacantiste (= imposture bergoglienne", dites-vous, cela a une consonance immédiatement sédévac...), et cela n'éclaire pas les âmes sur ce que l'Épouse du Christ a VRAIMENT à vivre, notamment sur le Siège de Pierre, de nos jours, cela les enclave au contraire dans une impasse zélote de laquelle le diable est maître ; quand bien même je souscris tout-à-fait à ce que vous rapportez, qui est parfaitement objectif et vrai, sur l'hétérodoxie profonde du Magistère "liquide" de François (j'avais été particulièrement choqué, moi aussi, comme vous, par la manière "populiste" et scandaleusement désacralisante avec laquelle il avait salué la foule des fidèles du balcon de saint Pierre, juste après l'habemus papam ; Benoît XVI avait été autrement digne après son habemus papam, quand bien même c'est lui aussi un moderniste !). Par ailleurs, j'ai démissionné de la DFT, qui n'est plus à la hauteur du combat spirituel à mener quant à "la crise de l'Église", et ne peux donc pas plus faire de pub pour vous que pour moi et mes livres ! Je crois que nous sommes à peu près, quant à notre apostolat, dans la même situation d'impuissance qui, au fait, était celle des saintes femmes et de saint Jean quand ils étaient au pied de la croix où Jésus était crucifié...
 
 
 
 
Le 26 mai 2016 12:02, Miles Christi a écrit ;
Objet : Re: François et la laïcité.
 
 
        Bonjour, Monsieur Morlier.
        Excusez-moi le retard à vous répondre, mais je suis très pris et très diminué par divers soucis, des soucis de santé. J'ai lu vos documents. Ils sont très intéressants, comme d'habitude, et très stimulants pour la réflexion, on y trouve des pistes d'investigation que je juge tout à fait utiles et dignes d'attention. Je n'ai malheureusement pas le temps ni l'énergie de répondre exhaustivement hélas. Voici donc quelques observations que la lecture de vos textes m'a inspiré, écrites sans références ni une quelconque érudition, mais en toute simplicité, sans quoi la réponse pourrait attendre in saecula saeculorum...
        1. Je suis désolé, ce n'est pas de l'entêtement, croyez-moi, mais je n'arrive pas à pouvoir accepter que des papes légitimes puissent enseigner des hérésies et conduire les fidèles à l'apostasie. Aucun texte du magistère, aucun théologien catholique n'enseigne cela. On ne peut pas concevoir que pour garder la foi il faille "se protéger" de l'enseignement des souverains pontifes, cela me semble intenable.
        2. Votre affirmation que dans la vie éternelle il n'y aura plus d'hommes ni de femmes me paraît erronée, Marie ne sera donc plus la mère de Jésus ni celui-ci le fils de Marie ? La grâce n'annule pas la nature, je ne vous apprend rien en disant cela. On sera "comme des anges", bien évidemment, en ce sens que nos corps glorieux ne seront plus sous l'emprise des besoins de la matière ni des mouvements des passions sensibles, mais on gardera notre personnalité, avec notre masculinité et féminité, il n'y a aucun mal à cela, bien au contraire, devenir des androgynes serait quelque chose de monstrueux, la beauté et les qualités féminines et masculines sont différentes et complémentaires, Dieu ne les supprimera pas, il ne peut le faire, c'est métaphysiquement impossible.
        3. Je suis d'avis que le "katejon" qui a été "enlevé" pour que puisse se manifester enfin l'homme de péché n'est autre que la papauté, le roc indéfectible sur lequel le Christ a bâti son Église, et qui lui assurait l'infaillibilité dans son magistère. Je ne vois vraiment pas comment expliquer autrement les hérésies du dernier "concile", la destruction de la liturgie, les canonisations de faux saints et j'en passe...
        4. L'Église vit sa passion, oui, on est tout à fait d'accord là-dessus, mais c'est parce qu'Elle a été investie par ses ennemis, qui font du corps mystique du Christ ce qu'ils veulent, comme ils en avaient fait auparavant avec son corps physique. Dieu a permis cela pour qu'Elle puisse suivre son maître dans sa passion et dans sa postérieure résurrection lors de la Parousie glorieuse de Notre-Seigneur et l'instauration de son Royaume millénaire.
        5. La bête de la mer n'est pas seulement un corps moral et collectif, elle est aussi une personne concrète. Et c'est elle qui sera l'antichrist-personne, non un "pape conciliaire". Pourquoi pas une entité morale ? Parce que dans l'apocalypse à deux reprises (ch. 19 et 20) saint Jean nous dit qu'elle fut jetée vivante dans le lac de feu et de souffre, en compagnie du faux prophète: il s'agit donc bien d'une personne individuelle. Le faux prophète sera sans doute un "pape conciliaire". Pourquoi pas un ecclésiastique ? Parce que on lit dans Daniel que l'antichrist est un homme politique, quelqu'un qui fait la guerre à droite et à gauche, totalement immergé dans les affaires mondaines, il conduit des armées, il incarne donc le pouvoir temporel, le faux prophète incarnant à son tour le pouvoir spirituel dévoyé, au service du premier. L'antichrist se fera adorer (dimension religieuse), oui, comme un faux messie des juifs, se présentant comme le sauveur du genre humain dévasté par la guerre et par toutes sortes de calamités, mais ce n'est pas lui qui porte les "cornes de l'agneau", ce n'est donc pas lui qui sera un "ecclésiastique": celui-là sera la bête de la terre, le faux prophète, l'antichrist religieux (François ou bien l'un de ses successeurs).
        6. La grande prostituée n'est pas la Rome pontificale, pas l'authentique, en tout cas, mais la contre-façon qu'en a fait la secte gnostico-illuministe qu'a investi "le lieu saint" depuis au moins le CVII. l'Église est l'épouse immaculée du Christ, en aucun cas une "prostituée" : le fait que la prophétie de saint Jean se réfère incontestablement à la ville de Rome ne veut pas dire qu'il parle de la véritable Église de Dieu, mais plutôt de la contre-église luciférienne qui occupe ses lieux et ses institutions, donnant le change à tout le monde, et c'est précisément en cela que consiste le mystère d'iniquité et l'abomination de la désolation dans le lieu saint.
        7. Je ne peux vous suivre concernant la canonisation de JPII. Sans la foi on ne peut plaire à Dieu. Or, il ne l'avait pas, et on ne peut en aucun cas lui accorder le bénéfice du doute quant à son for interne : un prêtre, ensuite évêque, ensuite cardinal, et finalement "pape" ne peut alléguer ignorance invincible ou non coupable, ce n'est pas tenable. Il n'a donné aucun signe extérieur de conversion, il n'a jamais renié sa gnose luciférienne ; cet homme ne peut que se trouver en enfer. Est-il absolument impossible qu'il se soit sauvé, en se repentant avant d'expirer ? Non, mais cela serait le cas (et je le lui souhaite), on ne peut canoniser un personnage pareil. Quelqu'un le ferait, il n'agirait pas avec le pouvoir légitime de l'Église, qui ne peut proposer à la vénération des croyants un homme ayant été un notoire et dévoué serviteur de l'antichrist.
        Je vous salue bien cordialement en Jésus et Marie.
Miles Christi.
 
 
 
 
Le lundi 30 mai 2016 17:02, Vincent Morlier a écrit ; 
Objet : Re: François et la laïcité.
 
 
        Cher M. Miles Christi,    
        A mon tour de vous faire mes excuses pour le retard apporté à vous répondre plus tôt, mais vous en savez depuis hier la raison : j'étais occupé à rédiger mon dernier article sur la Fête-Dieu, que je vous ai d'ailleurs envoyé hier dans un envoi collectif. C'est chose faite, à présent, et je suis bien content d'avoir mis l'abcès chirurgicalement à plat.    
        Je peux donc me pencher à présent un peu plus sur votre réponse.    
        Tout d'abord, vous m'avez envoyé un autre courriel sur la laïcité de François, lecture faite, j'y souscris à 150 % ; c'est le fond de ma pensée, cette condamnation de la laïcité au niveau de l’État, et vous remarquerez qu'elle est sous-jacente à ce que je dis quant aux processions de la Fête-Dieu.    
        Mais remarquez bien une chose, cher Monsieur, et ce simple constat pourra vous aider à sortir de la dialectique simpliste et fausse en vogue chez les sédévacs, à savoir qu'après Vatican II, les papes sont mauvais, avant ils sont bons. La vérité, c'est que, sur le plan de la laïcité étatique en général, ils sont mauvais depuis... Pie VII, mais cela ne perce sur la place de l'Église qu'à Vatican II. En effet, s'ils prêchent encore la vérité en paroles ou en écrits, par exemple ce que dit Pie XI contre la laïcité que vous rapportez, c'est en contradiction déjà totale avec leur pratique concordataire pontificale avec des États constitutionnellement athées et laïcs, qu'ils reconnaissent valides et légitimes ne serait-ce que par le seul fait de passer concordat avec eux (ce qui, juridiquement, leur répute ipso-facto validité et légitimité). Donc, les papes d'après Vatican II ne font rien d'autre que mettre en accord leur pratique avec leur pensée, supprimant la contradiction, et c'est tout ; ce que ne faisaient pas les papes entre le Concordat et Vatican II. Avant Vatican II, les papes recouvrent leur mauvaise pratique concordataire favorisant le laïcisme d’État, par le rappel contradictoire de la doctrine catholique, ils sont tout simplement en pleine contradiction avec eux-mêmes. Pour vous aider à le bien saisir, rappelez-vous que le premier pape à faire la promotion étatique de la laïcité dans un document magistériel, s'appelle Pie XII. C'était dans le Noël 1944, où il avalise carrément la forme démocratique étatique post-révolutionnaire... et allant même beaucoup plus loin, en promouvant un "organisme juridique international" (sic) pour régler les problèmes de paix internationale dans le cadre duquel les États-Nations ne devront plus conserver qu'une, je le cite : "souveraineté relative", ce qui est carrément déclarer aboli le Temps des Nations !! Bref, j'arrête là mon propos, dont vous avez déjà sûrement compris la conclusion à en tirer : la promotion de la laïcité d’État par les papes remonte à... 1801, date de la signature du Concordat napoléonien. A partir de là, le vers est dans le fruit, le concile Vatican II ne fera rien d'autre que mettre en accord la pratique laïciste pontificale avec la théorie. François ne fait que continuer sur la lancée, en y rajoutant une (sacrée) couche, et nous finirons par arriver à avoir l'Antéchrist-personne sur le Siège de Pierre, comme l'avait si incroyablement prédit le Secret de La Salette...     
        "1. Je suis désolé, ce n'est pas de l'entêtement, croyez-moi, mais je n'arrive pas à pouvoir accepter que des papes légitimes puissent enseigner des hérésies et conduire les fidèles à l'apostasie. Aucun texte du magistère, aucun théologien catholique n'enseigne cela. On ne peut pas concevoir que pour garder la foi il faille «se protéger» de l'enseignement des souverains pontifes, cela me semble intenable".   
        Ce que vous me dites là me montre que votre âme ne peut pas embrasser pour l'instant la réalité crue de la Passion de l'Église. Je respecte cette impuissance de bonne foi que vous me dites, à comprendre l'économie de la Passion appliquée à l'Église, vous êtes pour l'instant dans la situation des 11 Apôtres sur 12 qui "ne comprirent pas ce qu'Il leur disait" lorsque Jésus leur annonçait, en termes pourtant tout simples, qu'Il allait vivre la sienne. Que le Bon Dieu vous aide à avancer, sera ici mon seul souhait et commentaire...
        "2. Votre affirmation que dans la vie éternelle il n'y aura plus d'hommes ni de femmes me paraît erronée, Marie ne sera donc plus la mère de Jésus ni celui-ci le fils de Marie ? La grâce n'annule pas la nature, je ne vous apprend rien en disant cela. On sera «comme des anges», bien évidemment, en ce sens que nos corps glorieux ne seront plus sous l'emprise des besoins de la matière ni des mouvements des passions sensibles, mais on gardera notre personnalité, avec notre masculinité et féminité, il n'y a aucun mal à cela, bien au contraire, devenir des androgynes serait quelque chose de monstrueux, la beauté et les qualités féminines et masculines sont différentes et complémentaires, Dieu ne les supprimera pas, il ne peut le faire, c'est métaphysiquement impossible".   
        Non, c'est seulement au niveau du corps glorieux que la différenciation sexuelle sera estompée. Je ne vois pas trop où vous posez le problème. En fait, la personnalité qui bien sûr restera la nôtre, n'est pas marquée par la masculinité ni la féminité. Je ne vous apprends rien en vous disant qu'il y a des femmes au caractère "homme", et des hommes, par exemples les artistes, avec une grande sensibilité, qui semblerait plus l'apanage féminin. Évidemment, l'androgynie est totalement exclue !
        "3. Je suis d'avis que le «katejon» qui a été «enlevé» pour que puisse se manifester enfin l'homme de péché n'est autre que la papauté, le roc indéfectible sur lequel le Christ a bâti son Église, et qui lui assurait l'infaillibilité dans son magistère. Je ne vois vraiment pas comment expliquer autrement les hérésies du dernier «concile», la destruction de la liturgie, les canonisations de faux saints et j'en passe...".   
        Par-là, vous voulez dire que vous adoptez la "solution" sédévac : il n'y a plus de pape à partir de Vatican II. C'est une fausse solution, cher Monsieur, et elle pose bien plus de problèmes théologiques qu'elle n'en résout : tous les papes vaticandeux & post ayant bénéficié de la reconnaissance ecclésiale universelle de leur qualité de pape, qui est l'infaillible règle prochaine de la légitimité pontificale, alors, en déniant cette dite qualité de pape aux acteurs pontificaux de Vatican II, c'est en fait TOUTE l'Église Universelle que vous dites n'être plus l'Église... Le sédévacantiste est en fait un ecclesiovacantiste qui s'ignore. Et il évident que si l'on devait arriver à une telle conclusion, cela signifierait ipso-facto que "les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Église".
        "4. L'Église vit sa passion, oui, on est tout à fait d'accord là-dessus, mais c'est parce qu'Elle a été investie par ses ennemis, qui font du corps mystique du Christ ce qu'ils veulent, comme ils en avaient fait auparavant avec son corps physique. Dieu a permis cela pour qu'Elle puisse suivre son maître dans sa passion et dans sa postérieure résurrection lors de la Parousie glorieuse de Notre-Seigneur et l'instauration de son Royaume millénaire".   
        Vous posez bien la théorie (= l'Église actuelle vit la Passion) mais c'est pour, immédiatement après, rejeter l'essence même de la Passion, que saint Paul nous définit ainsi : "Le Christ [et donc bien sûr, vous l'avez compris, son Épouse l'Église après Lui, de la même manière] a été fait péché pour notre salut" (II Cor V, 21). C'est in Personnae que l'acteur de la Passion la vit, qu'il soit le Christ ou l'Église, ce n'est pas par le for externe seulement sans être attouché intérieurement de l'économie de la Passion, comme vous voulez le penser... Ce n'est pas, en effet, seulement dans son corps que le Christ a souffert la Passion, mais dans son âme : sinon, Il n'aurait pas jeté ce cri de désespérance (et non de désespoir, comme l'avait voulu Luther) Eli, Eli, lamma sabacthani ! Relisez, pour bien comprendre l'économie de la Passion, mon exposé au lien suivant, et vous y verrez plus clair : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/ExposePassionEglise.pdf.
        "5. La bête de la mer n'est pas seulement un corps moral et collectif, elle est aussi une personne concrète. Et c'est elle qui sera l'antichrist-personne, non un «pape conciliaire». Pourquoi pas une entité morale ? Parce que dans l'apocalypse à deux reprises (ch. 19 et 20) saint Jean nous dit qu'elle fut jetée vivante dans le lac de feu et de souffre, en compagnie du faux prophète: il s'agit donc bien d'une personne individuelle. Le faux prophète sera sans doute un «pape conciliaire». Pourquoi pas un ecclésiastique ? Parce que on lit dans Daniel que l'antichrist est un homme politique, quelqu'un qui fait la guerre à droite et à gauche, totalement immergé dans les affaires mondaines, il conduit des armées, il incarne donc le pouvoir temporel, le faux prophète incarnant à son tour le pouvoir spirituel dévoyé, au service du premier. L'antichrist se fera adorer (dimension religieuse), oui, comme un faux messie des juifs, se présentant comme le sauveur du genre humain dévasté par la guerre et par toutes sortes de calamités, mais ce n'est pas lui qui porte les «cornes de l'agneau», ce n'est donc pas lui qui sera un «ecclésiastique» : celui-là sera la bête de la terre, le faux prophète, l'antichrist religieux (François ou bien l'un de ses successeurs)".
        &
        "6. La grande prostituée n'est pas la Rome pontificale, pas l'authentique, en tout cas, mais la contre-façon qu'en a fait la secte gnostico-illuministe qu'a investi «le lieu saint» depuis au moins le CVII. l'Église est l'épouse immaculée du Christ, en aucun cas une «prostituée»: le fait que la prophétie de saint Jean se réfère incontestablement à la ville de Rome ne veut pas dire qu'il parle de la véritable Église de Dieu, mais plutôt de la contre-église luciférienne qui occupe ses lieux et ses institutions, donnant le change à tout le monde, et c'est précisément en cela que consiste le mystère d'iniquité et l'abomination de la désolation dans le lieu saint".   
        Là, je ne vous suis pas. Mais vous défendez cette thèse que vous exposez, autant pour la "bête de la terre" que pour la "grande prostituée", toujours pour la même raison, une raison à soubassement sédévac évidemment. Impossible, voulez-vous croire, que le mysterium iniquitatis puisse subvertir la fonction pontificale en elle-même. Éh bien, je vous suggère de méditer quelle a été la situation théologique exacte du dernier grand-prêtre juif, Caïphe, comme je l'explique dans un de mes derniers articles : il était à la fois légitime et à la fois antichrist (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/caiphe-dernier-grand-pontife-juif-de-l-ancien-testament-etait-il-legitime-ou-bien-non?Itemid=483).
        "7. Je ne peux vous suivre concernant la canonisation de JPII. Sans la foi on ne peut plaire à Dieu. Or, il ne l'avait pas, et on ne peut en aucun cas lui accorder le bénéfice du doute quant à son for interne : un prêtre, ensuite évêque, ensuite cardinal, et finalement «pape» ne peut alléguer ignorance invincible ou non coupable, ce n'est pas tenable. Il n'a donné aucun signe extérieur de conversion, il n'a jamais renié sa gnose luciférienne; cet homme ne peut que se trouver en enfer. Est-il absolument impossible qu'il se soit sauvé, en se repentant avant d'expirer ? Non, mais cela serait le cas (et je le lui souhaite), on ne peut canoniser un personnage pareil. Quelqu'un le ferait, il n'agirait pas avec le pouvoir légitime de l'Église, qui ne peut proposer à la vénération des croyants un homme ayant été un notoire et dévoué serviteur de l'antichrist".   
        J'avoue sans difficulté que croire que Jean-Paul II est saint me donne des sueurs froides. Je n'ai jamais pu dire "saint Jean-Paul II, priez pour moi", et même "saint Jean-Paul II" tout court ! C'est un grand mystère effectivement, et si j'ai fait une approche qui me semble cerner au mieux la question dans mon article sur sa canonisation, je vous avoue sans détour qu'il me reste une profonde interrogation à ce sujet.
        Je terminerai en parlant de la question santé. Vous me dites au début de votre courriel que votre santé est déficiente. Je compatis, car la santé est le bien le plus précieux, humainement parlant. Pour moi, le Bon Dieu a daigné me gratifier d'un capital santé assez fort (ce qui ne veut pas dire que tout est parfait, j'ai tendance à attraper toutes les grippes qui passent à ma portée, et autres angines, en hiver !), mais je vais vous dire ma "recette". Je pratique ce qu'on appelle "l'instinctothérapie", oh sans en faire une théorie mais simplement : c'est-à-dire que j'écoute les messages forts que m'envoie parfois mon corps, pour les suivre immédiatement. Cela permet de rester dans "les rails de sécurité" et éviter de gros problèmes.    
        Croyez-moi bien vôtre, cher M. Miles Christi, in Christo Rege.
Vincent Morlier
 
 
 
 
Le 30 mai 2016 22:04, Miles Christi a écrit :
Objet : Re: François et la laïcité.
 
 
        Merci beaucoup, Monsieur Morlier.
        Bien lu et enregistré en vu de réflexion. Si vous pouviez répondre au point 5 concernant l'Antichrist que je conçois comme la bête de la mer et le faux prophète comme celle de la mer, je vous en serais très reconnaissant, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup.
        Vous dites "Le sédévacantiste est en fait un ecclesiovacantiste qui s'ignore". Et il évident que si l'on devait arriver à une telle conclusion, cela signifierait ipso-facto que "les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Église". Je comprends l'objection, mais le problème reste le même si on admet que les papes mènent les fidèles vers l'apostasie collective malgré les promesses du Christ, la situation me semble inextricable de quelque côté qu'on se place.
        Le Christ s'est fait pêché, mais il n'en pas pas commis, alors que la hiérarchie de Vatican II (et même avant pour certains, je vous l'accorde) est souillée jusqu'à l'os par le blasphème et le sacrilège (pensons à Assise seulement), cette différence me paraît énorme. Si l'Église conciliaire était la véritable Église du Christ, j'haïrais l'Église et me battrais chaque jour contre son enseignement, cela me semble difficile à accepter. Je préfère croire que je hais des antichrists qui se sont infiltrés dans l'institution pour la détruire de l'intérieur, ce qui rends la haine que je leur porte justifiée...
        Bonne et sainte nuit.
Miles Christi.
 
 
 
 
Le jeudi 2 juin 2016 16:53, Vincent Morlier a écrit ;
Objet : Re: François et la laïcité.
 
 
        Bonjour M. Miles Christi,    
        1/ Concernant la question de la "Bête de la mer" et la "Bête de la terre", je ne vois pas mieux, pour répondre à votre interrogation, que de vous citer un extrait de mon dernier article sur l'Antéchrist (pp. 72-73) :
        Saint Jean décrit en effet [la "Bête de la terre"] comme étant "un Agneau à la voix de dragon" (= "Je vis une autre bête montant de la terre ; elle avait deux cornes semblables à celle de l'Agneau, et elle parlait comme le dragon" - Apoc XIII, 11). Si l'on veut bien se représenter l'image employée par saint Jean, et qui, je le reprécise parce que c'est évidemment extrêmement important, est dotée de l'infaillibilité scripturaire et donc nous est enseignée par le Saint-Esprit Lui-même, il y a bel et bien, abominablement certes, le Bien et le mal comme en cohabitation forcée dans une seule et même personne. La seconde Bête de la terre en effet n'est pas deux personnes, mais UNE SEULE PERSONNE dans laquelle il y a un Agneau et un dragon, le Christ et Satan. Cette seconde Bête de la terre, qui est l'Antéchrist-personne lui-même, a pour mission diabolique de glorifier et faire adorer la première Bête, celle de la mer, qui est l'Antéchrist-collectif ou dix rois, dans la période de laquelle nous vivons actuellement (= la puissance démocratique universelle actuelle, à base d'athéisme "droitdel'hommesque" et de syncrétisme de toutes les religions, où l'homme prétend s'autocréer avec son semblable, etc.), laquelle Bête de la mer a absolument et nécessairement besoin de l'organe personnel de cette seconde Bête de la terre pour commettre l'iniquité à la Face de Dieu, puisque, étant collective comme issue de la mer (= symbole scripturaire désignant l'ensemble des peuples sans tête, avec toute leur puissance monstrueuse, primaire et bestiale, absurde en elle-même), elle n'a pas de bouche, propre de la personne humaine individuelle, pour parler, pour prononcer un verbe, le verbe d'iniquité. La bouche dont saint Jean nous dit qu'elle est pourvue au début d'Apoc XIII (v. 5 & 6 : "Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles orgueilleuses et des blasphèmes ; et le pouvoir lui fut donné d'agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer Son nom, et Son tabernacle, et ceux qui habitent dans le Ciel"), n'est en fait pas la sienne propre mais celle de la seconde Bête, celle de la terre, qui est une personne humaine manifestant à tous, et conscientisant pour tous, l'achèvement de l'iniquité universelle (car il faut un homme pour cela, être métaphysiquement parfait et récapitulatif de toute la création de Dieu, pour finaliser la perversion universelle). Pour le dire ici en passant, tout homme ne peut être séduit invinciblement par le mysterium iniquitatis, comme le révèle la sainte Écriture (sauf grâce divine excluant de cette invincible séduction les justes), que si la séduction de cedit mysterium iniquitatis lui est présentée par un homme vrai et réel, l'homme ne pouvant être invinciblement séduit que par un autre homme et non par un système collectif, autre preuve là encore, s'il en était besoin, que l'Antéchrist sera bel et bien une personne humaine individuelle.   
        En tout état de cause, il n'est pas possible de voir la "Bête de la mer" comme l'Antéchrist, comme vous le pensez, puisque la Foi enseigne que l'Antéchrist sera une personne humaine, et que tous les Pères ont décrit la "Bête de la mer" comme une puissance collective, ce qui est antinomique à la personne individuelle. La "Bête de la terre" sera l'Antéchrist-personne recueillant en ses mains tous les pouvoirs politique et religieux (dont celui catholique bien sûr), aux fins de personnaliser l'iniquité maximale de la "Bête de la mer" (ou peuples du monde sans la grâce du Christ, que saint Augustin appelait déjà de son temps la massa damnata), et de manifester formellement cette iniquité que "la Bête de la mer", étant un collectif informe, n'a pas le pouvoir de manifester. C'est la tête du corps d'iniquité qui manifeste tout ce que ce corps d'iniquité a, en terme d'iniquité. L’Écriture nous décrit sans équivoque la "Bête de la terre" comme une personne humaine.    
        S'il vous reste un doute sur le sujet, n'hésitez surtout pas à m'en réécrire.
        2/ C'est votre angle de vue trop extérieur, concernant la papauté moderne, qui vous fait tirer une fausse conclusion, celle sédévac. Vous commettez là une "erreur de parallaxe", laquelle consiste à prendre la mesure d'un objet avec une règle, non pas les yeux juste dessus à la verticale de la mesure à prendre, mais à partir d'un point très à gauche : ce qui vous fait prendre une mesure au-delà de la mesure réelle, objective (identiquement, si vous preniez la mesure à partir d'un point très à droite de la mesure à prendre, alors, ce serait le contraire, vous la prendriez en-deçà de ce qu'elle est réellement). Application pratique : vous me dites que les papes "mènent les fidèles vers l'Apostasie". Mais ce n'est pas comme cela qu'il faut voir les choses. En fait, les papes modernes depuis Pie VII et singulièrement depuis Paul VI, mettent l'Épouse du Christ et les fidèles sous un manteau de péché matériel, en toute inconscience de le faire. Même Mgr Williamson a dit dans un récent mot que Mgr Lefebvre aurait été incapable d'admettre que des grands prélats cultivés puissent formuler, par ex., la Liberté religieuse, sans avoir conscience qu'il s'agissait d'une hérésie à caractère formel... et cependant, tel est bien le cas : les Pères de Vatican II, en promulguant ce décret parfaitement hérétique, n'ont nulle conscience de son caractère hérétique formel. Et Mgr Williamson lui-même finissait par saisir que tel était bien le cas : les Pères de Vatican II ne comprennent pas qu'il s'agit d'une hérésie. C'est parce que le Saint-Esprit aveugle leurs esprits SANS FAUTE DE LEUR PART, pour que l'Église puisse être "faite péché pour notre salut", car l'Heure de la co-Rédemption est venue. Donc, la situation RÉELLE est la suivante : on se trouve dans le cas de quelqu'un qui commet un péché grave sans en avoir conscience ; il a péché certes, mais seulement matériellement. Ainsi donc, puisque les Pères de Vatican II ont promulgué la Liberté religieuse par ex. in Personna Ecclesiae, c'est l'Église qui est "faite péché pour notre salut", un péché sans coulpe, simplement matériel.    
        Ce qui signifie pour la fin que votre formule est une mauvaise mesure que vous avez prise au-delà de la vraie situation : les Pères de Vatican II ne "mènent pas les fidèles vers l'Apostasie", comme vous le pensez, ils les mènent vers la Passion de l'Église qui sera suivie de sa mort, à l'instar du Christ, laquelle aura lieu sous le règne de l'Antéchrist-personne. De cette vraie mesure prise de la situation ecclésiale, il n'y a donc pas à en déduire qu'ils ne sont pas légitimes, j'allais dire bien au contraire, car mener l'Église à sa Passion n'est pas un acte mauvais, il est au contraire providentiel, voulu de Dieu, et donc, les Pères de Vatican II, en commettant un péché matériel d'hérésie in Persona Ecclesiae, sont donc là les instruments passifs du Saint-Esprit, nullement ceux du diable, comme se l'imaginent les sédévacs, prenant des vessies pour des lanternes.
        Même remarque que pour le 1/ : s'il vous reste un doute sur le sujet, n'hésitez surtout pas à m'en réécrire
        3/ Le Christ a été fait péché mais il n'en a pas commis, alors que les Pères de l'Église actuelle eux, ils en ont bien commis, dites-vous, toujours sur cette même fausse mesure que vous avez prise de la situation ecclésiale dérivée de Vatican II, qui vous fait voir les Pères de l'Église actuelle pécheurs avec coulpe alors qu'ils ne commettent qu'un péché matériel sans coulpe, ne prenant pas en compte le caractère hérétique formel de la Liberté religieuse. Quelqu'un m'ayant fait cette objection, voici ce que je lui ai répondu :
        Le Christ a t-il perdu la Foi lors de sa Passion ? A t-il fait des péchés et enseigné l'hérésie ? Réponse : quant au Christ, pour vivre sa propre et personnelle Passion, Il n'a pas commis Lui-même de péché matériel mais a été fait passivement péché matériel, et par ailleurs, Il n'a pas été fait qu'un seul péché, mais le Christ a été fait TOUS les péchés du monde en même temps, depuis le premier originel commis par Adam & Eve jusqu'au dernier qui sera commis par le dernier homme vivant sur cette terre avant la fin du monde. Cette mise en état de péché matériel universel du Christ est donc identique à la mise en état de péché matériel de l'Église-Épouse, mais le modus pour mettre l'un et l'autre Acteur de la Passion, le Christ-Époux ou l'Église-Épouse, en état de péché matériel, n'est pas le même : l'Église, quant à elle, commet activement le péché matériel, par l'organe des "membres enseignants" una cum le pape agissant dans le cadre de l'infaillibilité, quand le Christ ne fait qu'y être passivement mis. Mais tous deux, le Christ passivement l'Église activement, sont recouverts identiquement du même manteau de péché matériel pour vivre la Passion, et c'est cela l'important à retenir, c'est cela essentiellement qui caractérise l'économie propre de la Passion : être "fait péché pour le salut" (II Cor. V, 21). Peu importe à la limite le modus, la manière dont l'acteur de la Passion est "fait péché", l'important est qu'il y soit fait. Donc, je résume : le Christ, pour rentrer dans l'économie propre de la Passion, est fait péché passivement, quand l'Église est faite péché activement, mais le résultat final est le même, rigoureusement et absolument identique : mise en état de péché matériel, et du Christ, et de l'Église.    
        Ce que vous voyez faussement dans les Pères de l'Église actuelle, vous porte tout naturellement à les haïr, puisque vous les voyez faussement dans le péché formel d'hérésie au niveau Magistériel de soi infaillible. Il vous reste juste à prendre la bonne mesure des choses : ils ne sont que dans le péché matériel sans coulpe quand ils agissent in Persona Ecclesiae (certains "membres enseignants" actuels, corrompus, peuvent certes être dans le péché formel, comprenant parfaitement par exemple que la Liberté religieuse est une hérésie et y adhérant, mais ce péché formel qu'ils font, pour le plus grand malheur de leur âme, n'est commis par eux que dans leur personne privée et non in Persona Ecclesiae), et donc, par ce péché matériel, ils crucifient l'Église, et ceci, sous une motion de la Providence divine (que d'ailleurs ils ne comprennent pas). Donc, comme je vous le disais plus haut : votre dilemme est faux, il n'y a pas besoin de préférer les croire illégitimes, antichrists, pour pouvoir les haïr, puisqu'ils mettent, par le péché matériel, l'Église dans l'économie de la Passion, et que ceci n'est pas haïssable... La véritable sagesse dans notre situation ecclésiale si terrible, si affreuse, est d'accepter la crucifixion que vit l'Église, et de la prendre non de la main de Satan mais de celle de Dieu, l'Église mise en état de péché matériel est en effet un écartèlement entre la matière du péché et ses propres principes dogmatiques. Mais il en est ainsi car le Saint-Esprit veut la mort de l'Église dans son économie de salut actuelle, pour qu'elle puisse renaître après la Parousie dans l'économie nouvelle du Millenium. De même que le Père voulait la mort de Jésus-Christ pour opérer la Rédemption.    
        Même remarque que pour le 1/ & 2/ : s'il vous reste un doute sur le sujet, n'hésitez surtout pas à m'en réécrire.
        Bien à vous, M. Miles Christi, in Christo Rege,
Vincent Morlier
 
 
 
 
Le 5 juin 2016 20:12, Miles Christi a écrit ;
Objet : Re: François et la laïcité.
 
 
        Cher Monsieur Morlier,
        Je vous remercie beaucoup pour votre courrier.
        En ce moment je ne suis pas du tout dans une bonne passe personnelle (multiples soucis de santé, déménagement, etc.), ce qui ne me permet pas d'y répondre comme je souhaiterais le faire, mais sachez que je ne manquerai pas de le faire dès que ce sera possible, car les échanges avec vous sont très riches et intéressants.
        Je vous salue bien cordialement en Jésus et Marie.
Miles Christi.
 
 
 
 
 
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