Non, saint Thomas d'Aquin n'est pas pour la (très-hérétique) Liberté religieuse !

 

Non, saint Thomas d'Aquin n'est pas pour

la (très-hérétique) Liberté religieuse...!

 

        C'est pourtant ce que certains "grands intellectuels" contemporains voudraient faire croire et accroire, escamotant pour cela sans vergogne la pensée véritable du Docteur Angélique, trichant scandaleusement avec ses écrits, n'hésitant pas le moins du monde, avec la dernière impudeur, à leur faire dire le contraire de ce qu'ils disent. Ce qui fait voir, soit dit en passant, que nous sommes vraiment rendus à un point de satanisation des esprits peu croyable, digne de l'Antéchrist, puisqu'on se sert du blanc pour exprimer... le noir.

        La mouvance Ralliée nous a hélas fort habitué, depuis de nombreuses années à présent, à ce genre de faux-culs de première, capables, sans rougir aucunement, de sortir des écrits d'une malhonnêteté intellectuelle insoutenable pour soi-disant prouver l'orthodoxie de la Liberté religieuse, son illusoire "herméneutique de continuité" (Benoît XVI) avec la Tradition doctrinale. On est hélas tellement obligé, en effet, de remarquer que les adeptes de la Liberté religieuse n’échafaudent leurs raisonnements et leurs textes qu’au moyen de mensonges éhontés et captieux, de citations truquées, tronquées, voire même carrément fausses, de "confusions des plans et des points de vue soigneusement entretenues" (La Liberté religieuse, texte posthume du P. Joseph de Sainte-Marie, paru dans "Le Courrier de Rome", mai 1987). Le tout, avec un entêtement si complet, si affreux, et qui semble hélas si voulu, que cela fait penser, ... ô horreur !, à une véritable conversion de leurs esprits dévoyés à Satan. Le fond commun des écrits des sectaires de la Liberté religieuse est d’être un ignoble traficotage des choses de l’esprit et des textes, page après page, ligne après ligne, qui révolte profondément toute âme honnête, pas même forcément catholique, révélant ainsi on ne peut mieux leur mauvais camp et combat.

        En voici un exemple pour l’illustrer, et, malheureusement, il est de taille, puisqu'il émane d'un... pape ! Il s’agit de Pacem in Terris, la dernière encyclique de Jean XXIII (11 avril 1963), laquelle est l’ancêtre directe du décret conciliaire Dignitatis Humanae Personae sur la Liberté religieuse car elle contient déjà la formule hérétique que ledit décret proclamera seulement quelque deux ans et demi après : "Chacun a le droit d’honorer Dieu suivant la juste règle de la conscience et de professer sa religion dans la vie privée et publique" (Pacem in Terris, § 14). "Suivaient une citation de Lactance et une autre de Léon XIII, ni l’une ni l’autre ne prouvant la proclamation faite, car Lactance parlait du droit des chrétiens à pratiquer leur religion dans l’empire romain, et Léon XIII précisait de quelle liberté il parlait [à savoir : de l'exclusive liberté religieuse de l'Église et de la Foi catholiques, veut dire à juste titre l'auteur, car c'est effectivement bien là ce que disait Léon XIII dans son encyclique], ce que ne fait pas l’encyclique de Jean XXIII. Dans celle-ci, en effet, l’absence de toute précision fait que la proclamation du droit de chaque homme à professer sa religion peut tomber sous les coups de la condamnation du libéralisme faite par Léon XIII, précisément dans l’encyclique Libertas dont on cite ici un passage. Disons-le comme il faut le dire : de tels procédés ne sont pas intellectuellement honnêtes" (P. Joseph de Sainte-Marie).

        Ce qui m'amène tout naturellement à l'exemple très-récent de M. Grégor Puppinck, prétendant de même mensongèrement que saint Thomas d'Aquin se déclare pour la Liberté religieuse dans ses écrits...

        Mais, tout d'abord, qui est ce M. Puppinck ? On le présente comme un personnage important, évoluant dans les hautes sphères politiques internationales et religieuses, un sage, selon le monde, et même un sage "chrétien"... on va voir de quelle manière. Il est, nous apprend le media Zenit, l'organe Internet officieux du Vatican, "Docteur en droit, Directeur du European Centre for Law & Justice, et membre du Panel d’Experts de l’OSCE/ODIHR sur la liberté de religion et de croyance". Ce Monsieur, donc, fait des conférences : "«Droits des parents en matière d’éducation et de religion» ; c’est le titre de l’intervention de Grégor Puppinck à un Séminaire de Haut Niveau au Conseil de l’Europe, le 28 avril 2017, [dans le cadre de] l’événement intitulé «Liberté de religion en Europe, accomplissements et perspectives», organisé par la Représentation Permanente de Saint Marin et le Council on International Law and Politics" (https://fr.zenit.org/articles/droits-des-parents-en-matiere-deducation-et-de-religion/). Et c'est là-dedans qu'il va nous sortir son mensonge sur saint Thomas d'Aquin, qui serait prétendument... adepte de la Liberté religieuse (!!!).

        Pour commencer, ce qui m'amuse assez (... car étant sous le règne de Satan, il faut bien penser à s'amuser un peu pour purger la mauvaise bile, se rafraîchir et détendre l'esprit...), ce sont les majuscules mises aux titres dudit sieur Puppinck par Zenit. C'est un "Docteur en Droit" ; il intervient à un "Séminaire de Haut Niveau ―SHN, pour les intimes― au Conseil de l'Europe", il est "membre d'un Panel d'Experts de l’OSCE/ODIHR", et intervient dans un évènement organisé par une Représentation Permanente de la Principauté de Saint Marin, etc. ! Ce qu'on veut vous dire par ces majuscules, c'est que des types comme ça, vous avez beau lever les yeux, vous ne pouvez même pas voir à quelle hauteur, cachée pour vous, ils perchent leur pensée super-quintessenciée. Va sans dire que les mots sages qui sortiront de leurs bouches sacrées seront tous sertis dans l'infaillibilité humaine dont Félicité de Lamennais voulait voir doter la démocratie universelle dont ils sont les représentants accrédités. Vous ne pourrez même pas comprendre leur haute sagesse, plus proche du Ciel que de la terre, ce qui signifie bien évidemment qu'on ne vous reconnaîtra aucune compétence pour juger s'il y a, dans leur dite "sagesse", des choses fausses et erronées. Cependant, ces brouettées innombrables de prétendus "sages" que nous pondent les gens du monde (rappelons-nous en effet le fort méprisant mot de saint Paul à leur sujet : "Un temps viendra [l'Apôtre des nations fait là clairement allusion à la fin des temps, soit dit en passant...] où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils se donneront une foule de docteurs, suivant leurs convoitises et avides de ce qui peut chatouiller leurs oreilles" ― II Thim IV, 3-4), ont à admettre, comme tout le monde, même si ça leur déplaît, que la Foi est LE critérium à la fois le plus simple et le plus élevé pour juger de toutes choses, y compris les "sagesses humaines" ou plutôt qui se prétendent telles. Je ne sais plus qui a dit qu'à notre époque, conditionnée dans tous les domaines par le cartésianisme subjectif déconnecté de la réalité des choses, plus quelqu'un est diplômé, surtout au niveau des études théoriques élevées, plus on est sûr d'une énorme proportion de faussetés et d'erreurs souvent grossières dans les solutions ou les théories qu'il proposera.

        On va s'en rendre compte tout-de-suite, avec ce Grégor Puppinck...

        Au fait, qu'est donc l'OSCE qu'on accouple au plus étroit à l'ODIHR, dont on nous dit que le sieur Puppinck est un Expert extrait d'un prestigieux Panel, les majuscules étant de rigueur ? Ce sont deux ONG, dont on sait fort bien qu'elles ne sont rien d'autres que des sociétés crypto-maçonniques pour faire avancer le schmilblick sociopolitique dans le sens mondialiste. L'OSCE s'avère être un machin technocratique abstrait mis en place pour faire avancer les "droits de l'homme" dans le monde entier, et il répond au doux nom de : Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe ; c'est une tête sans bras qui a besoin de l'ODIHR pour fonctionner concrètement, cette dernière ONG s'épluchant ainsi : Office pour les Institutions Démocratiques et les Droits de l'Homme. Notez en passant la similitude des deux dénominations. Comme chacun sait, ou devrait le savoir, la non-réalité des "droits de l'homme" géniteurs de ces sociétés technocratiques opaques, tâche de faire croire qu'elle existe au moyen d'abstractions intellectualistes et de tas de "commissions" pseudo-réalistes qui s'enchevêtrent entre elles, ou plus exactement dit, qui grouillent ensemble dans le plus grand chaos, comme asticots sur morceau de viande avariée (d'ailleurs, l'étymologie des ONG le révèle bien : ces sociétés inexistentielles, en effet, ne se définissent pas positivement mais seulement négativement, par rapport à une société qui existe, ce sont des Organisations NON Gouvernementales). On nous dit, sur le site de ces deux ONG que j'ai été voir par curiosité malsaine, que leur but est d'aider les États modernes à "mettre en oeuvre leurs engagements de dimension humaine, y compris ceux liés aux droits de l'homme, la non-discrimination, la démocratisation et l'État de droit. (...) L'OSCE a une approche complète de la sécurité des États, qui englobe des aspects politico-militaires, économiques et environnementaux, et également humains".

        Nous sommes donc là les pieds en plein dans des sociétés crypto-maçonniques dont le but, épousé depuis longtemps par l'Église moderne (... et plus qu'épousé, car ladite Église moderne s'est trouvée la sublime vocation d'en être à présent le meilleur fer de lance, la locomotive "spirituelle" !), est d'arriver à instaurer dans le monde entier les "droits de l'homme". Ce qui se combine "à merveille" avec l'humanisme intégral qu'avait conçu Jacques Maritain, adopté avec un enthousiasme délirant par les papes modernes, un prétendu humanisme "chrétien" à dimension universelle, aboutissement de la démocratie dite chrétienne, qui, pour le fond, épouse parfaitement le programme et les idéaux de l'ONU et de toutes ces ONG droitdel'hommistes. Humanisme intégral cependant complètement hétérodoxe, car le Christ, qu'on prétend y professer, n'est pas censé l'innerver extrinsèquement de sa Grâce surnaturelle, c'est au contraire intrinsèquement, par voie d'immanence vitale moderniste, par la virtus de l'homme, que le Christ est censé y être révélé. En définitive, comme l'avait voulu Karl Rahner, c'est donc l'homme qui... révèle le Christ !! Et il faut bien prendre conscience que nous sommes là dans la perversion ultime, indépassable, celle de l'Antéchrist, où l'homme se fait Dieu et Christ à la fois, crime qui "perce la voûte des Cieux" (Secret de La Salette). Il est en effet bien pire de s'identifier théologiquement au Christ-Dieu, que de Le rejeter. C'est cette perversion ultime que j'ai baptisée dans mes ouvrages : la gnose "chrétienne-laïque", laquelle prétend supplanter l'Ordre du Christ basé sur la Foi "chrétienne-sacrale", renversé à la Révolution française.

        Grégor Puppinck fait donc partie de toute cette clique droitdel'hommiste, ONU mélangé cul et chemise avec le Vatican, de ces Ralliés prétendument "chrétiens" qui se sont convertis à cette gnose "chrétienne-laïque", cette perversion antéchristique de la Foi apostasiée, hélas à la suite des papes modernes : tous veulent à toutes forces, ils n'ont plus que cela en tête, allier Bélial et le Christ, croire que les "droits de l'homme" révolutionnaires, finalement, révèlent intrinsèquement les Droits de Dieu. Les "droits de l'homme" seraient, comme disait Léon Bloy de Napoléon, "la face de Dieu dans les ténèbres" ; c'est-à-dire qu'il suffit de leur débarbouiller le visage, de les désenténébrer par la lumière chrétienne, pour que ces "droits de l'homme" révèlent les Droits de Dieu...! Depuis plus de deux siècles que la comédie infâme, commencée dans l'Église au niveau des mœurs par le Concordat napoléonien, dure, les Ralliés pseudo-chrétiens aux "droits de l'homme" sont tous, papes en tête, devenus si fous, si insensés, si idolâtres de leur péché, à force de vouloir ériger leur folie contre la réalité théologique des choses, qu'ils ne se rendent même plus compte de leur aliénation, arrivée de nos jours à son point de maturation et de culmination suprêmes et ultimes, celui antéchristique. Ils ne peuvent plus prendre conscience que lesdits "droits de l'homme", loin d'être l'aboutissement et la révélation à l'homme du Royaume de Dieu sur la terre, l'ultime achèvement orthodoxe des Droits de Dieu, en sont l'antinomique contraire, comme Lucifer l'est de Dieu, étant très-véritablement l'abomination de la désolation du grand Révolté infestant la terre toute entière.

        Puppinck, pour en rester à lui qui nous occupe présentement, milite par exemple pour abolir l'avortement et tout ce qui attaque le droit à la vie. Ce serait certes fort bel et bon... s'il ne le faisait avec l'arme des "droits de l'homme" auprès d'institutions démocratiques bien évidemment fondées sur lesdits "droits de l'homme", dans le cadre d'une autre ONG dont il est le dirigeant, ... une de plus !, bien entendu elle aussi calée et cadrée dans lesdits "droits de l'homme", Le Centre européen pour le droit et la justice (European Center For Law et Justice). Le malheureux a donc mis les "droits de l'homme" au début, au milieu et à la fin de son combat ! Toujours par curiosité malsaine, Dieu me pardonne, je me suis un peu penché sur ce Centre : "Le Centre européen pour le droit et la justice (CEDJ), créé en 1998, internationalement reconnu et habilité depuis 2007, dirigé par Grégor Puppinck, est devenu un acteur de premier plan dans, notamment, toutes les procédures de la Cour européenne des droits de l’homme dès qu’il est question du droit à la vie, des droits de la famille, de la liberté religieuse. Le CEDJ ne cache pas son «inspiration chrétienne», même s’il ne peut en faire état dans les procédures où il intervient. Toutefois, il souligne qu’il fonde son action sur les «valeurs spirituelles et morales qui sont le patrimoine commun des peuples européens et qui sont à l'origine des principes de liberté individuelle, de liberté politique et de prééminence du droit, sur lesquels se fonde toute démocratie véritable»" (Yves Daoudal). Donc, pour nos illusionnés qui veulent s'illusionner, les valeurs chrétiennes fondent les "droits de l'homme" issus de la Révolution, un certain Joseph Ratzinger l'a d'ailleurs dit très-clairement, très-explicitement. Si en effet l'on parle de "liberté individuelle", de "liberté politique", de "prééminence du droit", etc., fruits avérés du christianisme, pour les faire aboutir dans les démocraties post-révolutionnaires actuelles, toutes constitutionnellement athées, c'est donc bien que l'on professe que les fameux "droits de l'homme" révolutionnaires, fondements métapolitiques desdites démocraties modernes, sont l'achèvement du christianisme. Il est impossible de formuler une perversion de la pensée plus grande, tomber plus radicalement dans l'apostasie pure et simple... tout en se revêtant du Christ, comme du reste le fera en son temps l'AntéCHRIST (lire à ce sujet mon article : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/l-antechrist-personne-devant-clore-notre-fin-des-temps-sera-t-il-le-dernier-pape-legitime-de-l-eglise-catholique).

        Il ne faut donc plus s'étonner de voir nos illusionnés volontaires essayer de faire triompher le droit naturel ou chrétien auprès des instances internationales normées sur les très-athées "droits de l'homme" puisque, pour eux, ces "droits de l'homme"... achèvent le droit chrétien !!! Alors que ces "droits de l'homme" issus de la Révolution, intrinsèquement pervers comme disait le pape Pie XI à propos du communisme, ne sont en vérité que le décalogue de Satan pour aliéner l'âme de tout homme, au fil d'un long travail et d'un long temps, aux fins de la métanoïer à la cause de Satan et la faire devenir l'esclave consentante de l'Antéchrist-personne, à la toute-fin des temps, lorsque son règne maudit s'ouvrira en ce très-bas monde. Pratiquement, on est là en présence de gens qui se sont volontairement idiotifiés et qui vont demander aux loups de défendre les brebis. Le plus grave est qu'ils ne veulent pas comprendre la folie intégrale de leur mauvais combat...

        Alors, par punition divine de leur perversité entêtée, voulue par eux avec une ténacité sans faille, car ils refusent systématiquement d'être éclairés sur leur fondamentale erreur depuis plus de deux siècles maintenant, Dieu leur a envoyé le châtiment de l'aveuglement : maintenant, le voudraient-ils, les Ralliés, papes y compris (je pense hélas pouvoir même dire : surtout les papes), ne pourraient plus comprendre, Dieu ayant fermé à triple-tour, cadenassé, verrouillé, par une juste punition de leur malice pertinace, leur entendement. C'est là le châtiment de Dieu sur eux. Tant il est vrai que, comme dit le proverbe antique, Jupiter aveugle ceux qu'Il veut perdre, quos vult perdere Jupiter dementat. Ils iront donc jusqu'à leur perdition temporelle, il n'est même pas besoin d'être prophète pour le prédire puisqu'on les voit, par les "droits de l'homme", se lier eux-mêmes les mains et les pieds face à l'ennemi du nom chrétien : celui-ci n'aura donc plus qu'à les sacrifier quand il lui plaira et comme il lui plaira. Et fasse le Ciel, fasse Notre-Dame de Fatima, qui veut sauver toutes les âmes "surtout celles qui en ont le plus besoin", ... et Dieu sait si nos malheureux Ralliés, en ce compris et même surtout les papes, en ont bougrement besoin !!, qu'ils n'encourent pas devant le Trône de Dieu leur perdition éternelle, par-là même de leur perdition temporelle dont ils seront coupables !

        Ils n'ont eu de cesse, en effet, depuis le Concordat de 1801 validant et légitimant formellement les sociétés athées basées sur "les droits de l'homme" (car la structure juridique synallagmatique de tout concordat, acte diplomatique solennel, présuppose la validité de toutes et chacune des parties intervenantes, co-contractantes), de vivre et faire vivre leurs âmes et celles de leur prochain, ou plutôt de les faire mourir, avec cette hérésie qui sera proclamée urbi & orbi à Vatican II : la dignité ontologique de l'homme mise au-dessus de la Foi, comme un critérium métaphysique supérieur à Dieu, puisque Dieu doit s'effacer lorsqu'Il se trouve en compétition avec lui (on se souvient de la blasphématoire répartie militante de Jacques Chirac lors des  manifestations anti-avortement : "Il y a danger, dans ces manifestations, à ce que la loi morale prévale sur la loi légale" ; autrement dit : il y a danger à ce que le Droit de Dieu prenne le pas sur le droit de l'homme !!!). Hérésie d'abord professée seulement au niveau de l'homme politique, au niveau de l'État (qui n'est rien d'autre que "l'homme multiplié" selon la belle expression de Dom Guéranger), au moyen du Concordat napoléonien de 1801, donc sur le plan des mœurs auxquelles sont inhérentes les choses de la Politique constitutionnelle, puis, enfin, professée au niveau de tout l'homme individuel et pas seulement de celui politique, sur le plan de la Foi cette fois-ci, au moyen du décret vaticandeux sur la Liberté religieuse promulgué en 1965.

        Le fond de commerce hérétique des Ralliés consiste en effet à professer que la dignité ontologique de l'homme est un droit naturel dont ils prétendent qu'il se suffit métaphysiquement à lui-même, c'est-à-dire qu'il n'a pas à être obligatoirement enté sur le Droit de Dieu pour exister vraiment. Or, cette proposition est pire qu'une hérésie, c'est l'APOSTASIE pure et simple, la fameuse "grande Apostasie" (II Thess II, 3) dont saint Paul nous révèle qu'elle sera signe topique de l'avènement de l'Antéchrist parmi les enfants des hommes (apostasie signifie : abandon ou rejet de tout le dogme d'une religion, et pas seulement d'une ou plusieurs doctrines dans ledit dogme, comme le fait l'hérétique). L'être de l'homme, image de Dieu, est évidemment digne de tout respect, mais, depuis le péché originel, ne l'est absolument pas toute volonté que l'homme met en oeuvre dans un agir, sous prétexte de cette dite dignité ontologique de tout homme : la volonté de l'homme n'est revêtue d'authentique dignité humaine que lorsqu'elle est mue par la grâce du Christ, et singulièrement quant à la croyance religieuse. Or, le gnostique "chrétien-laïc", le Rallié, professe tout au contraire que le droit naturel de l'homme recouvre toute volonté mise en oeuvre par cet homme, même celle mauvaise, parce qu'il veut croire que toute volonté de l'homme est ontologiquement digne en soi. Nous sommes là en plein dans le concept théologique de l'apostasie où l'homme se met à la place de Dieu, c'est-à-dire que, dans un blasphème intégral, il supprime carrément Dieu...

        Ce concept abominablement hérétique est hélas affirmé en toutes lettres dans les dernières lignes du § 2 définitionnel de la Liberté religieuse : "Ce n'est donc pas dans une disposition subjective de la personne mais dans sa nature même qu'est fondé le droit à la liberté religieuse. C'est pourquoi le droit à cette immunité persiste en ceux-là même qui ne satisfont pas à l'obligation de chercher la vérité et d'y adhérer ; son exercice ne peut être entravé…" Et le cardinal Béa, ce fieffé hérétique à barrette, a commenté ainsi la chose, en toute impudeur théologique, lorsqu'il était président du Secrétariat pour l'union des chrétiens chargé de la rédaction dudit décret hérétique : "En d'autres termes, également le droit de celui qui erre de mauvaise foi reste complètement sauf. Et le document conciliaire en donne cette raison péremptoire : ce droit ne se fonde pas (…) sur une disposition subjective de la personne mais sur sa nature ; il ne peut donc pas se perdre à cause de certaines conditions subjectives qui ne changent ni ne peuvent changer la nature de l'homme". On ne saurait être plus clair, plus hérétiquement clair. Nous sommes là en plein schème apostat : Dieu est rejeté absolument, par obnubilation idolâtrique de l'ontologie humaine. Ce n'est pas directement que Dieu est rejeté, mais par voie de conséquence directe et immédiate de l'idolâtrie du droit humain : comme l'homme est une déité ou forme divine, comme en outre il ne saurait exister deux divinités dans un seul et même espace métaphysique, alors, si j'idolâtre l'ontologie humaine, je supprime par le fait même, ipso-facto, l'Être transcendant de Dieu, je l'apostasie radicalement, in radice. Le pape Jean-Paul II cautionnera de son côté, il fallait s'y attendre de sa part, cette doctrine bien plus qu'hérétique, carrément apostate, comme il ressort par exemple du discours qu'il prononça au Ve colloque international d'études juridiques : "Ce droit [à la Liberté religieuse] est un droit humain et donc universel car il ne découle pas de l'action honnête des personnes et de leur conscience droite, mais des personnes mêmes, c'est-à-dire de leur être intime qui, dans ses composantes constitutives, est essentiellement identique dans toutes les personnes. C'est un droit qui existe dans chaque personne et qui existe toujours, même dans l'hypothèse où il ne serait pas exercé ou violé par les sujets mêmes où il est inné".

        Du prétendu droit de la personne humaine individuelle à la Liberté religieuse découle bien sûr très-logiquement, comme d'une cause à effet directe et immédiate, le droit pour les parents d'éduquer leurs enfants dans la religion de leur choix personnel, "dans la ligne de leur propre conviction religieuse", comme oseront dire hérétiquement les Pères de Vatican II dans le décret sur la Liberté religieuse, au § 5. Quelle qu'elle soit, bien entendu, cette religion, même si elle est fausse et, au moins implicitement, antichrist. Nous sommes tout simplement là en pleine conséquence hérétique d'une cause hérétique. En effet, les Pères de Vatican II, après avoir exposé définitionnellement dans le § 2 la Liberté religieuse pour toute personne humaine individuelle, en formulent ainsi la conséquence obligée pour les familles, dans le § 5 qui lui est dédié : "À chaque famille, en tant que société jouissant d'un droit propre et primordial, appartient le droit d'organiser librement la vie religieuse du foyer sous la direction des parents. À ceux-ci revient le droit de décider, dans la ligne de leur propre conviction religieuse, la formation religieuse à donner à leurs enfants. C'est pourquoi le pouvoir civil doit reconnaître aux parents le droit de choisir en toute réelle liberté, les écoles et autres moyens d'éducation. En outre, les droits des parents se trouvent violés lorsque les enfants sont contraints de fréquenter des cours scolaires ne répondant pas à la conviction religieuse des parents". Et en cela, l'Église moderne, par les Pères de Vatican II, est en parfaite communion de pensée avec... les rédacteurs athées des "droits de l'homme" de la Révolution, et de leurs épigones d'après-guerre, qui, Puppinck le rappelle dans sa conférence, rédigeront ainsi l'art. 26.3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme : "Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants". On remarquera sans peine que c'est quasi mot pour mot ce qu'ont professé les Pères de Vatican II dans DHP, § 5...

        Grégor Puppinck, dans sa conférence, se réjouit de ce que le droit des familles à l'éducation des enfants soit reconnu par la Déclaration universelle des droits de l'homme, en ce que cela érige un rempart contre l'absolutisme de l'État. Il ne voit pas, aveuglé à l'instar de tous les Ralliés de son genre, qu'il est tombé dans un piège dialectique tendu par Satan : en effet, le droit des parents formulé par la Déclaration universelle des droits de l'homme, suivi quelques décennies plus tard roue dans la roue par le § 5 du décret conciliaire sur la Liberté religieuse, n'est nullement le vrai droit naturel des familles normé sur le Droit de Dieu, c'est au contraire un droit fondé sur les "droits de l'homme" excluant le Droit de Dieu par principe fondamental, et donc, comme tout "droit de l'homme", il est forcément absolutiste, totalitaire, puisqu'il s'érige en soi et par soi au-dessus de tout et de tous, de l'État bien sûr, ce dont se réjouit imbécilement Puppinck, mais encore... du vrai Dieu, ce que Puppinck ne remarque... même pas. Et là est justement l'hérésie, l'apostasie. Le vrai droit naturel ne peut en effet être conçu que comme étant enté sur le Droit de Dieu, ou sinon, s'il n'y est pas, c'est un faux droit naturel qui est aussi totalitariste et réprouvé que celui... de l'État, qu'on prétend ainsi stupidement combattre. Le droit des familles concocté par les "droits de l'homme" athée, adopté par les Ralliés, appartient évidemment à cette dernière damnée catégorie.

         Donc, la réponse que fait Puppinck au totalitarisme de l'État sur les familles est d'y opposer dialectiquement un autre totalitarisme, celui d'un droit familial droitdel'hommiste sur l'État, lequel droit familial totalitaire et hétérodoxe est du reste dérivé entièrement du prétendu droit de la personne humaine individuelle à l'hérétique Liberté religieuse, ce sont les Pères de Vatican II qui ont fléché eux-mêmes les choses ainsi dans le décret conciliaire. Or, le véritable droit des familles, celui vraiment naturel, respecte le Droit de Dieu, c'est-à-dire qu'il s'arrête là où le Droit de Dieu commence. Et, au niveau des familles, le Droit de Dieu commence dans la Volonté qu'a Dieu de sauver TOUTES les âmes des enfants, en ce compris bien sûr ceux nés en foyer idolâtre, non-chrétien. Ce qui signifie qu'il ne saurait y avoir jamais un vrai droit des parents idolâtres à éduquer leurs enfants dans les principes de leur fausse religion, qui est une voie de damnation pour ces enfants, comme ont osé le formuler hérétiquement les Pères de Vatican II dans le décret sur la Liberté religieuse. Car il est facile de comprendre que cedit prétendu droit serait immédiatement et directement opposé au Droit de Dieu de sauver tout enfant quel qu'il soit, né dans un foyer catholique ou au contraire, idolâtre. À tout le plus, la Foi admet, et encore, dans certaines conditions révisables à discrétion, une simple tolérance pour les parents non-catholiques à éduquer leurs enfants selon leurs convictions religieuses fausses, mais cette dite tolérance ne peut JAMAIS devenir un droit, là étant justement la ligne de démarcation infranchissable entre l'orthodoxie et l'hétérodoxie.

        Il ne faut évidemment pas demander aux rédacteurs athées de la Déclaration universelle des droits de l'homme de comprendre cela, puisque justement, étant athées, ils ne peuvent pas faire autrement que de concevoir pour l'homme des droits totalitaires qui, par une conséquence obligée, ne peuvent que se combattre dialectiquement entre eux, comme les démons dans l'enfer : si l'on conçoit en effet l'homme comme un être, une ontologie, qui subsiste par elle-même métaphysiquement toute seule dans l'absolu, sans Dieu pour la soutenir, alors, les droits de l'homme conçus à partir de ce concept-là ne pourront qu'être des droits totalitaires, absolutistes, et s'opposer mortellement l'un l'autre. Et c'est ainsi qu'on voit Puppinck, dans sa conférence, ne pas pouvoir se sortir du dilemme posé par les deux droits de l'homme qui l'occupent, et qui ne peuvent que se combattre sans fin : celui de l'État, et celui des familles. Puisque, par leur hérésie même, ou plutôt leur apostasie, les droitsdel'hommistes ne peuvent concevoir les droits de l'État et ceux des familles que de manière totalitaire, alors, privilégier un des deux droits par rapport à l'autre va automatiquement porter atteinte aux fondamentaux de l'un ou de l'autre. Pour résoudre le problème, il n'y a pas trente-six solutions il n'y en a qu'une : il faut sortir de l'homme. Seul Dieu a un Droit absolu ; le droit de l'homme est relatif par rapport à celui de Dieu ; étant seulement relatif, tous les droits subséquents inhérents à l'homme sont eux aussi relatifs, et l'opposition insoluble entre par exemple le droit de l'État et celui des familles, conçus totalitairement selon les "droits de l'homme" athée, s'évanouit radicalement, in radice, en trouvant sa solution dans le Droit absolu de Dieu.

        Par contre, la situation d'équilibre qu'on prétend trouver entre deux droits de l'homme conçus totalitairement, ne pourra jamais être autre chose qu'un compromis bancal et hypocrite, qui sacrifie obligatoirement le fond des choses (c'est pourquoi un homme célèbre dont le nom m'échappe a judicieusement défini le compromis comme étant "des concessions faites, que chacune des parties qui les fait n'a pas le droit de faire"), ne pourra jamais être qu'une atteinte fondamentale à l'un des deux droits en présence. Cet "équilibre" bancal ne pourra donc que fluctuer, désespérément flou et indécis, sur la vague du temps, entre les exigences absolutistes des deux droits en présence, dans une phénoménologie mouvante sans fond, elle sera toujours bâtie sur le sable et non sur le roc. Puppinck, dans sa conférence, a l'air de se rendre compte de cette contradiction insoluble, mais sans la chanson, car il n'en sort pas, ne peut en sortir, et d'ailleurs son péché ne veut pas en sortir, car il s'est interdit, par sa perversion ralliériste, de sortir des "droits de l'homme" qu'il veut croire être compatibles avec la Foi, voire même, s'il fait partie des plus pervertis et/ou idiotifiés des Ralliés, comme le summum de l'évolution dogmatique orthodoxe de la Foi. Ce qu'il devrait comprendre, je le répète, c'est que les "droits de l'homme" génèrent automatiquement des droits totalitaires, absolutistes. Qu'ils soient ceux de l'État, ou ceux de la famille. Hélas !, il est trop vrai de dire que sur cela, Puppinck ne fait rien d'autre que suivre les Pères de Vatican II una cum le pape Paul VI, théologiquement un avec lui, qui, eux les premiers, ont prostitué la Foi en adoptant le principe du droit totalitaire des familles tiré de l'hérétique Liberté religieuse accordé à la personne individuelle, un droit qui abolit dans le principe même de la chose, ... ô abomination de la désolation dans le Lieu-Saint !, le Droit de Dieu.

         Or, le totalitarisme mène infailliblement au sectarisme puis au terrorisme. Ce processus sociologique inéluctable est en effet inclus dans la conception révolutionnaire des prétendus "droits de l'homme". J'en montrerai ici un simple exemple : au for public, le droit religieux du musulman, basé sur le coran, va jusqu'à devoir, et c'est pour lui un devoir de religion fondamental et non un abus, tuer celui qui refuse son dieu (ou plutôt démon) Allah. Par conséquent, si, comme les Pères de Vatican II ont osé le formuler dans le décret sur la Liberté religieuse, suivant en cela la conception droitdel'hommiste, il y a un droit formel au for public pour tous les adeptes des fausses religions de manifester concrètement leurs faux dogmes, alors, est inclus le droit pour les musulmans de tuer les hommes qui refusent Allah et leur fausse religion du diable. Nous touchons là du doigt la raison précise pour laquelle nos sociétés modernes post-révolutionnaires basées sur les "droits de l'homme" n'ont aucune réponse à faire face au terrorisme musulman. D'autre part, ce prétendu "droit" du musulman au for public va par exemple s'opposer du tout au tout à celui du bouddhiste pour lequel la non-violence indifférentiste doit être la règle de tous les hommes au for public. Etc., etc. !

        Et c'est absolument en vain qu'on prétend pallier à ces contradictions insolubles entre deux "droits de l'homme" différents d'adeptes de religions différentes, en formulant que le droit à la Liberté religieuse s'arrête là où commencent les exigences de la paix publique, du bien commun, de l'ordre sociétal juste, "conforme à l'ordre moral objectif" (DHP, § 7). Car à partir du moment où l'on retire le Droit de Dieu de la vie publique des hommes, mais sur quels critères va-t-on fonder un "ordre moral objectif" ?! Il est évident, pour en rester à eux, que le musulman et le bouddhiste n'ont pas la même conception de ce qu'est un "ordre moral objectif". Alors, sur quoi va-t-on le fonder pour générer la paix publique indispensable à la cohabitation harmonieuse de tous les croyants ? Sur le critérium musulman ?, celui bouddhiste ? Et pourquoi pas sur celui vaudou !? Ou celui... athée ?! Or, l'ordre moral objectif dans la vie publique des hommes n'existe... que par le Droit de Dieu. Dieu seul en effet est objectif. Et donc est en puissance de générer l'ordre moral objectif recherché. Mais puisque, par principe rebelle, la conception révolutionnaire droitdel'hommiste refuse le Droit de Dieu, conception abominablement "canonisée" par les Pères de Vatican II et les Ralliés, alors, on s'interdit par-là même de tracer les règles d'un ordre sociétal juste, et donc il n'y a plus aucun moyen de faire cohabiter dans la paix publique véritable les adeptes des différentes religions. Sauf à les faire vivre ensemble artificiellement dans l'écorce démocratique et zombie de leur être, dans une pseudo-convivialité qui n'est, pardon, qu'une vivialité entre les cons, aux antipodes même de toute dignité humaine, qu'on a brandi sataniquement très-haut aux seules fins concrètes d'aboutir à... supprimer toute dignité humaine. La conclusion n'est que trop certaine : les "droits de l'homme" athées, bénis scandaleusement par les Pères de Vatican II, font vraiment monter l'enfer sur la terre...

        ... Cependant, après cet exposé théorique qui m'a paru indispensable, j'en reviens à présent à l'objet précis de mon article. Puppinck est tellement entiché de son droit des familles totalitaire, conçu à partir des "droits de l'homme" révolutionnaires, qu'il va chercher saint Thomas d'Aquin pour prétendument le cautionner, ainsi qu'il appert du passage suivant de sa conférence : "... Je termine en rappelant une leçon, tout droit sortie du Moyen-âge occidental, alors même que la société était profondément religieuse. Interrogé sur la possibilité de retirer un enfant à ses parents de confession juive, dans l’intérêt supérieur de l’enfant à être baptisé et intégré dans la société catholique, Saint Thomas d’Aquin y opposa fermement le caractère prioritaire des droits naturels des parents, enseignant ainsi que les libertés publiques consistent essentiellement à garantir les lois naturelles de la société".

        Nous sommes là en plein mensonge, il y en a même plusieurs dans ce passage.

        Mais je commence par citer les deux textes de saint Thomas d'Aquin auxquels fait allusion notre individu. Et l'on va se rendre compte sans difficulté à quel point saint Thomas d'Aquin est contre la Liberté religieuse... comme il fallait s'y attendre. Ces deux textes disent à peu près la même chose, mais il faut les citer tous les deux, car ils ont quelques différences intéressantes qui vont nous permettre de mieux cerner encore la belle pensée catholique de saint Thomas sur notre sujet :

II-II, q.10, a.12

        "Article 12 : Doit-on baptiser les enfants des infidèles malgré leurs parents ?    

        "Objections :

        "1. Il semble que oui. En effet, le lien matrimonial est plus grand que le droit de la puissance paternelle, parce que celui-ci peut être défait par l'homme lorsqu'un fils de famille devient majeur ; tandis que le lien matrimonial ne peut l'être, selon cette parole : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas" (Matth XIX, 6). Mais le lien matrimonial est défait pour cause d'infidélité. L'Apôtre dit en effet : "Si la partie qui n'a pas la foi veut s'en aller, qu'elle s'en aille, car le frère ou la sœur n'est pas enchaîné au joug dans ces cas-là". Et le Canon précise que, si le conjoint incroyant ne veut pas demeurer avec l'autre sans offenser le Créateur, le conjoint ne doit pas cohabiter avec lui. Donc à plus forte raison le droit paternel est-il enlevé pour cause d'infidélité. Les enfants des infidèles peuvent donc être baptisés contre le gré de leurs parents.

        "2. On doit secourir un homme en danger de mort éternelle plus qu'un homme en danger de mort temporelle. Or, si quelqu'un voyait un homme en péril de mort temporelle et ne lui portait pas secours, il ferait un péché. Donc, puisque les enfants des juifs et des autres infidèles sont en péril de mort éternelle s'ils sont laissés à des parents qui les forment dans leur infidélité, il semble qu'il y ait lieu de les leur retirer pour qu'ils soient baptisés et instruits dans la foi.

        "3. Les enfants des esclaves sont esclaves et sous la puissance de leurs maîtres. Mais les Juifs sont les esclaves des rois et des princes. Donc aussi leurs enfants. Par conséquent les rois et les princes ont la puissance de faire ce qu'ils veulent des enfants des Juifs. Il n'y aura donc aucune injustice à baptiser ces enfants malgré leurs parents.

        "4. Tout homme appartient davantage à Dieu dont il tient son âme, qu'à son père charnel dont il tient son corps. Il n'y a donc pas d'injustice à retirer les enfants des Juifs à leurs parents selon la chair, et à les consacrer à Dieu par le baptême.

        "5. Le baptême est plus efficace pour le salut que la prédication, puisque le baptême a pour effet d'enlever sur-le-champ la tache du péché, la dette de peine, et d'ouvrir la porte du ciel. Mais, s'il y a péril par la suite du manque de prédication, c'est imputé à celui qui n'a pas fait cette prédication, comme c'est écrit en Ézéchiel à propos de celui qui " voyant venir le glaive, n'a pas sonné de la trompette " (33, 6-8). Donc, bien davantage, si les enfants des Juifs sont damnés par défaut de baptême, sera-ce imputé comme péché à ceux qui auraient pu les baptiser et qui ne l'ont pas fait.

        "CEPENDANT, il ne faut faire d'injustice à personne. Or ce serait faire une injustice aux Juifs que de baptiser malgré eux leurs enfants ; ils perdraient en effet leur droit de puissance paternelle sur ces enfants devenus des fidèles. On ne doit donc pas baptiser des enfants contre le gré de leurs parents.

        "CONCLUSION :

        "Ce qui possède la plus haute autorité, c'est la pratique de l'Église à laquelle il faut s'attacher jalousement en toutes choses. Car l'enseignement même des docteurs catholiques tient son autorité de l'Église. Il faut donc s'en tenir plus à l'autorité de l'Église qu'à celle d'un Augustin ou d'un Jérôme ou de quelque docteur que ce soit. Or, l'usage de l'Église n'a jamais admis que les enfants des Juifs soient baptisés malgré leurs parents. Il y eut cependant dans les temps reculés beaucoup de princes catholiques qui furent très puissants comme Constantin et Théodose ; de très saints évêques furent familiers avec eux, comme Sylvestre avec Constantin, et Ambroise avec Théodose. Ces évêques n'auraient nullement omis de leur faire porter cette loi si elle était conforme à la raison. C'est pourquoi il semble périlleux d'introduire cette nouveauté : baptiser les enfants des juifs malgré leurs parents en dehors de la coutume jusqu'à présent observée dans l'Église.

        "Il y a à cela deux raisons. La première vient du péril de la foi. Car, si ces enfants recevaient le baptême avant d'avoir l'usage de la raison, dans la suite, en parvenant à l'âge parfait, ils pourraient facilement être entraînés par leurs parents à abandonner ce qu'ils ont reçu sans le connaître. Une autre raison, c'est que cela est contraire au droit naturel. En effet, par nature, le fils est quelque chose du père. Et d'abord il n'est même pas distinct de ses parents corporellement, aussi longtemps qu'il est contenu dans le sein de sa mère. Mais ensuite, alors même qu'il en est sorti, tant qu'il n'a pas l'usage du libre arbitre, il reste enfermé sous la tutelle des parents comme dans un sein spirituel. Car, aussi longtemps que l'enfant n'a pas l'usage de la raison, il ne diffère pas de l'animal sans raison. Aussi, de même qu'un bœuf ou un cheval appartient en droit civil à quelqu'un qui s'en sert quand il veut, de même est-il de droit naturel que le fils avant d'avoir l'usage de la raison demeure sous la tutelle du père. Il serait donc contraire à la justice naturelle que l'enfant, avant d'avoir l'usage de la raison, soit soustrait à la tutelle de ses parents ou qu'une disposition soit prise à son sujet malgré les parents. Mais, après qu'il commence à avoir l'usage du libre arbitre, il commence à être lui-même et il peut, dans ce qui est de droit divin ou naturel, se gouverner. Et alors il faut l'amener à la foi non par contrainte mais par persuasion ; et il peut, même contre le gré de ses parents, adhérer à la foi et être baptisé, mais pas avant d'avoir l'âge de raison. Aussi est-il dit à propos des enfants des anciens pères qu'ils furent sauvés «dans la foi de leurs parents», ce qui donne à comprendre qu'il appartient aux parents de pourvoir au salut de leurs enfants surtout avant que ceux-ci aient l'âge de raison.

        "Solutions :

        "1. Dans le lien matrimonial, chacun des conjoints a l'usage du libre arbitre et chacun peut malgré l'autre adhérer à la foi. Tandis que ceci n'a pas lieu chez l'enfant avant qu'il ait l'usage de la raison. Mais après, la comparaison est valable, s'il veut se convertir.

        "2. Il ne faut pas arracher quelqu'un à la mort naturelle contre l'ordre du droit civil ; par exemple, si quelqu'un est condamné par son juge à la mort temporelle, personne ne doit l'y soustraire par la violence. On ne doit donc pas non plus, pour délivrer un enfant du péril de mort éternelle, violer l'ordre du droit naturel qui met le fils sous la tutelle de son père.

        "3. Les Juifs sont les esclaves des princes par une servitude civile qui n'exclut pas l'ordre du droit naturel ou divin.

        "4. L'homme est ordonné à Dieu par la raison qui lui permet de connaître Dieu. C’est pourquoi, avant que l'enfant ait l'usage de la raison, l'ordre naturel fait qu'il est ordonné à Dieu par la raison de ses parents, dont il subit par nature la tutelle, et c'est selon leurs dispositions qu'il est mis rapport avec les choses divines.

        "5. Le péril qui résulte d'une prédication omise ne menace que ceux à qui a été confié l'office de prêcher. C'est pourquoi on lit avant ce texte, chez Ézéchiel : "Je t'ai donné pour sentinelle aux enfants d'Israël" (III, 17). Mais procurer aux enfants des infidèles les sacrements du salut revient à leurs parents. Il y a donc pour eux péril si, en soustrayant leurs petits enfants aux sacrements, il en résulte pour ceux-ci un détriment en ce qui concerne le salut.

III, q.68, a.10

        "ARTICLE 10 : Faut-il baptiser les enfants des juifs malgré leurs parents ?

        "Objections :

        "1. On doit sauver un homme du danger de la mort éternelle plus encore que du danger de la mort temporelle. Or si un enfant est en danger de mort temporelle, on doit lui porter secours, même si par méchanceté ses parents s'y opposaient. À plus forte raison faut-il donc, malgré leurs parents, préserver du danger de la mort éternelle les enfants qui sont fils d'infidèles.

        "2. Les fils d'esclaves sont esclaves et au pouvoir de leurs maîtres. Mais les juifs et tous les autres infidèles sont esclaves des rois et des princes. Les princes peuvent donc, sans aucune injustice, faire baptiser les enfants des juifs et ceux de leurs autres esclaves infidèles.

        "3. Un homme appartient à Dieu, de qui il tient son âme, plus qu'à son père de qui il tient son corps. Il n'y a donc pas d'injustice à enlever à leurs parents selon la chair les enfants des infidèles pour les consacrer à Dieu par le baptême.

        "CEPENDANT :on lit dans les décrétales ce canon d'un concile de Tolède : "Quant aux Juifs, le saint concile a décrété que désormais personne ne doit être amené à la foi par violence ; ce n'est pas malgré eux qu'il faut les sauver, mais de leur plein gré, pour que reste entière la forme de la justice".

        "Conclusion :

        "Les enfants qui sont fils d'infidèles ont l'usage de la raison, ou ils ne l'ont pas. S'ils l'ont, ils commencent à pouvoir disposer d'eux-mêmes en ce qui est de droit divin et de droit naturel. Ils peuvent donc, de leur propre volonté et malgré leurs parents, se faire baptiser, tout comme ils peuvent contracter mariage, et c'est pourquoi on peut licitement les exhorter et les inviter à recevoir le baptême.

        "Mais s'ils n'ont pas encore l'usage de la raison, ils sont, de droit naturel, sous la tutelle de leurs parents, aussi longtemps qu'ils ne peuvent pas se gouverner eux-mêmes. Ainsi dit-on que sous la loi ancienne les enfants étaient sauvés par la foi de leurs parents. Ce serait donc contraire à la justice naturelle que de baptiser ces enfants contre le gré de leurs parents, comme de baptiser malgré lui un homme qui a l'usage de la raison. Il serait de plus dangereux de baptiser les enfants des infidèles, car ils retourneraient facilement à l'infidélité, à cause de l'affection naturelle qu'ils ont pour leurs parents. Par conséquent, ce n'est pas l'habitude de l'Église de baptiser les enfants des infidèles malgré leurs parents.

        "Solutions :

        "1. Il n'est pas permis d'arracher quelqu'un à la mort corporelle au mépris du droit civil ; par exemple on n'a pas le droit d'arracher à la mort par violence celui qui a été condamné à mort par le juge. De même, il n'est pas permis, pour préserver un enfant du danger de la mort éternelle, de violer l'ordre du droit naturel qui le met sous la tutelle de son père.

        "2. Les juifs sont les esclaves des princes, mais d'un esclavage purement civil, qui n'exclut pas l'ordre du droit naturel ou du droit divin.

        "3. L'homme est ordonné à Dieu par sa raison, qui lui permet de le connaître. Par conséquent avant d'avoir l'usage de la raison, l'enfant, d'après l'ordre de la nature, est ordonné à Dieu par la raison de ses parents, aux soins desquels la nature l'a soumis. C'est en suivant leurs décisions qu'il faut agir envers lui dans les choses divines".

        (fin de citation)

        Comme le lecteur peut s'en rendre compte sans difficulté, saint Thomas d'Aquin est fort loin de professer un prétendu droit totalitaire et absolutiste des parents à éduquer l'enfant du foyer selon les principes de n'importe quelle religion, vraie ou fausse, tel que se le sont forgés hérétiquement les droitsdel'hommistes athées, hélas suivis honteusement roue dans la roue par les Pères de Vatican II et les Ralliés ! Droit totalitaire et absolutiste qu'ils ont osé baptiser naturel alors qu'il exclut le Droit de Dieu, et qu'un vrai droit naturel est toujours en adéquation formelle et obligatoire avec le Droit de Dieu (un prétendu droit de l'homme qui exclut par principe le Droit de Dieu ne peut jamais, en effet, prétendre être un droit naturel, il n'est, à l'exact et satanique contraire, qu'un droit... anti-naturel) !

        Tout à l'opposé, il ressort des propos fort édifiants de saint Thomas que, pour lui et pour tout catholique véritable dont il ne fait du reste ici que manifester la Foi orthodoxe, le seul vrai droit naturel des parents envers l'enfant du foyer est de le former et de l'éduquer pour qu'il soit sauvé, pour qu'il soit mis dans la voie du salut de son âme. Saint Thomas le dit clairement : "Aussi est-il dit à propos des enfants des anciens pères qu'ils furent sauvés «dans la foi de leurs parents», ce qui donne à comprendre qu'il appartient aux parents de pourvoir au salut de leurs enfants surtout avant que ceux-ci aient l'âge de raison". Or, bien sûr, seule la vraie Religion, celle catholique, satisfait à cette condition de mettre l'enfant dans la voie du salut. Ainsi donc, tirez la chevillette du syllogisme et la bobinette cherra, il n'est pas besoin de beaucoup réfléchir pour comprendre que le seul vrai droit naturel des parents envers l'enfant du foyer admis par saint Thomas d'Aquin est de le former et de l'éduquer dans la Religion catholique, puisque, seule parmi toutes les religions, la Religion catholique sauve, met dans la voie du salut. Selon la Foi catholique, il n'y a donc strictement aucun droit naturel octroyé de par Dieu aux parents pour éduquer l'enfant du foyer selon les principes d'une fausse religion.

        Puppinck se fait fort d'arguer, dans sa conférence, que le droit naturel des parents est antécédent à celui de l'État. Mais il oublie une chose capitale dans son raisonnement, et les Pères de Vatican II l'ont oublié avant lui, chose capitale que bien entendu n'oublie nullement saint Thomas d'Aquin quant à lui : c'est à savoir que si le droit des parents est certes antécédent à celui de l'État, le Droit de Dieu est lui aussi, lui le tout premier, antécédent au droit naturel des parents ! Et donc, très-logiquement, du haut vers le bas, on a, quant à l'éducation de l'enfant : le Droit de Dieu, puis ensuite le droit parental ou familial, puis enfin, le droit de l'État. Or, les Ralliés, pour s'être pervertis l'âme dans les "droits de l'homme", n'ont pu, ainsi que je l'ai dis plus haut, que forger un droit familial qui exclut le Droit de Dieu, un droit familial droitdel'hommiste qui prétend se sustenter métaphysiquement en lui-même et par lui seul, totalitaire, absolutiste. Et c'est pourquoi, dans le cadre de ce droit familial hétérodoxe où le Droit de Dieu est exclu, ils osent professer que les parents ont le "droit" d'éduquer l'enfant du foyer selon n'importe quelle foi religieuse, quelle qu'elle soit, vraie ou fausse.

        Or enfin, notons avec soin que saint Thomas, fort loin de reconnaître un droit des parents idolâtres à former l'âme de l'enfant du foyer selon leurs conceptions religieuses fausses, formule au contraire un droit naturel qui l'annihile complètement, puisque non seulement il nous dit que c'est un droit pour les parents d'éduquer leurs enfants dans la voie du salut, donc selon les seuls principes de la seule Religion véritable, celle catholique, mais en outre, il nous dit que cedit droit est aussi un DEVOIR FORMEL pour les parents, ainsi qu'il résulte de sa formulation très-claire : "... ce qui donne à comprendre qu'il appartient aux parents de pourvoir au salut de leurs enfants". Et le fait que l'enfant n'a pas encore l'âge de raison renforce encore plus, pour saint Thomas, ce devoir des parents, sous peine d'être coupable d'une faute plus grave encore, de le mettre dans la voie du salut, c'est-à-dire de l'éduquer catholiquement, attendu qu'il "appartient aux parents de pourvoir au salut de leurs enfants SURTOUT avant que ceux-ci aient l'âge de raison". Et comprenons bien que pour saint Thomas et la Foi catholique, le devoir de pourvoir au salut des enfants est un devoir qui existe non seulement pour les parents catholiques, mais encore pour TOUS les parents qui ont des enfants, même ceux qui n'ont pas la Foi catholique ! Tant il est vrai que le Droit de Dieu qui consiste en la matière à vouloir sauver TOUTES les âmes des enfants nés dans tout foyer, y compris ceux idolâtres, ne saurait trouver aucune espèce d'empêchement, quel qu'il soit. À partir du moment où les parents prennent la responsabilité de faire naître un enfant, immédiatement ils endossent le devoir de le mettre dans la voie du salut, c'est-à-dire concrètement, depuis le Passage du Christ sur la terre, de le faire rentrer dans l'Église par le baptême catholique, puis de le faire vivre des principes de la Foi catholique.

        Donc, conclusion sur ce point précis : pour saint Thomas d'Aquin, C'EST UN DEVOIR DES PARENTS NORMÉ SUR UN DROIT NATUREL FAMILIAL DÉRIVÉ DU DROIT DE DIEU, DE METTRE L'ÂME DE L'ENFANT DU FOYER DANS LA VOIE DU SALUT, DEVOIR QUE SEULE LA RELIGION CATHOLIQUE PEUT REMPLIR. ET CE DEVOIR S'IMPOSE À TOUS PARENTS, MÊME S'ILS SONT NON-CATHOLIQUES. La conséquence immédiate et directe de ce que saint Thomas d'Aquin dit, impérée par les principes mêmes de la Foi, c'est donc qu'il ne peut exister strictement aucun droit, encore moins devoir, pour les parents non-catholiques, d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions religieuses fausses. Et ceci, parce qu'il n'y a strictement aucun droit naturel familial vrai et authentique qui peut exister en-dehors du Droit de Dieu, voire contre, lequel exige de mettre les enfants de tout foyer, catholique ou bien non, dans la voie du salut, donc sous l'éducation catholique.

        "... Mais, mais, mais, voyons, vous n'avez pu que le lire vous-même dans les textes que vous venez de citer, saint Thomas professe fort clairement que le droit naturel des parents non-catholiques, juifs dans son exemple, quant à l'éducation de l'enfant, est normatif et au-dessus de la Foi, puisqu'il dit qu'on n'a pas le droit de baptiser un enfant juif sans le consentement de ses parents !"

        Mais, mais, mais, pardon, vous avez fort mal lu saint Thomas. Il fait passer le droit naturel des parents par-dessus le Droit de Dieu uniquement et exclusivement pour les enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de raison, soit canoniquement sept ans. Et absolument pas pour les enfants qui ont passé cet âge de raison, c'est-à-dire qui ont l'usage du libre-arbitre pour discerner le bien du mal, le vrai du faux, pour lesquels enfants donc, bien au contraire, saint Thomas prescrit formellement le devoir de les mettre dans la voie du salut, c'est-à-dire de les amener à la Foi catholique, même si cela devait se faire en dépit du gré mauvais et contraire de leurs parents non-catholiques. Relisez-le attentivement : "Les enfants qui sont fils d'infidèles ont l'usage de la raison, ou ils ne l'ont pas [remarquez avec grand soin comme saint Thomas insiste énormément sur ce distinguo capital, qui fonde tout son raisonnement théologique en la matière, jusqu'à faire des répétitions littérairement fautives dans son texte]. S'ils l'ont, ils commencent à pouvoir disposer d'eux-mêmes en ce qui est de droit divin et de droit naturel. Ils peuvent donc, de leur propre volonté et malgré leurs parents, se faire baptiser". C'est uniquement, selon saint Thomas, parce que les enfants n'ont pas encore l'usage de la raison pour discerner le bien du mal, le vrai du faux, que le droit naturel familial et parental prend le pas sur le Droit de Dieu. Nullement lorsque les enfants, à partir de sept ans, prennent possession de leur libre-arbitre. Voici la définition de l'âge de raison : "Moment de la vie auquel le jeune enfant acquiert la conscience morale de soi. L'âge de raison a été évoqué pour la première fois dans le droit canonique défini par le concile de Latran IV en 1215 sous le terme latin annos discretionis, l'âge auquel l'enfant distingue le bien du mal. C'est à cet âge que l'enfant doit commencer à se prêter à la confession et à la communion" (http://www.linternaute.com/expression/langue-francaise/15293/age-de-raison/).

        Saint Thomas professe, en accord parfait avec la Foi et le vrai droit naturel familial, et il exprime très-bien la question, que seuls les enfants qui n'ont pas l'usage de leur raison à cause de leur bas-âge, sont sous la tutelle de leurs parents quant à la question religieuse, et c'est seulement dans ce cas-là que le droit naturel familial ou parental prend le pas sur le Droit de Dieu. Ce qui d'ailleurs, il faut le noter soigneusement, ne revient nullement à dire que saint Thomas considère les parents non-catholiques comme sans faute de ne pas enseigner la Foi catholiques à leurs enfants, c'est-à-dire de les mettre dans la voie du salut, même quand ils n'ont pas encore l'âge de raison ; au contraire, ils les considèrent en faute de ne pas enseigner la Foi à leurs enfants en bas-âge quand bien même, à cause qu'ils sont sans raison, il fait prédominer le droit naturel parental sur le Droit de Dieu qui exige que les enfants en bas-âge soient mis dans la voie du salut.

        Mais dès que les enfants ont atteint l'âge de raison, saint Thomas d'Aquin s'empresse de faire de nouveau prédominer le Droit de Dieu sur le droit naturel des parents, il ne reconnaît aux parents adhérant à une fausse religion strictement aucun droit, comme le professent les droitsdel'hommistes salement accouplés aux Ralliés de tout poil les papes hélas y inclus, à éduquer leurs enfants dans leur fausse religion. Lorsque les enfants juifs, pour suivre l'exemple pris par saint Thomas d'Aquin, ont passé l'âge de raison, alors, le droit et le devoir catholiques est de les amener à conversion, c'est-à-dire de leur présenter la voie du salut à suivre, même contre l'autorité parentale et familiale dévoyée dans une fausse religion, juive en l'occurrence.

        Or, faut-il hélas avoir à le rappeler encore une fois, ce n'est pas du tout cette doctrine bien catholique que nous ont enseigné les Pères à Vatican II, dans le § 5 de Dignitatis Humanae Personae, sur la Liberté religieuse. Ils ont hérétiquement professé, au contraire, que le droit familial et parental des non-catholiques à former leurs enfants dans leurs convictions religieuses fausses, ce qui met leurs âmes dans la voie de la damnation, perdure encore et toujours lorsque les enfants ont passé l'âge de raison. En fait, il serait plus vrai de dire que les Pères vaticandeux n'ont tenu aucun compte du distinguo capital en la matière que pose saint Thomas entre les enfants qui n'ont pas encore l'âge de raison, qui n'ont pas l'usage du libre-arbitre, et pour lesquels donc le droit naturel des parents prédomine sur le Droit de Dieu, et ceux qui ont passé l'âge de raison, et donc qui sont en possession de leur libre-arbitre, et pour lesquels le droit naturel des parents passe derrière le Droit de Dieu. Et c'est pourquoi, indifféremment pour tous les enfants, qu'ils aient passé ou non l'âge de raison, les Pères de Vatican II formulent hérétiquement ainsi les choses, dans ce très-scandaleux DHP § 5 que j'ai cité déjà plus haut : "À chaque famille, en tant que société jouissant d'un droit propre et primordial [notons déjà comme l'adjectif "primordial" est parfaitement hérétique : seul en effet le Droit de Dieu est primordial, le droit de la société familiale n'est que secondaire et dérivé de lui : nous sommes là en plein dans l'affirmation droitdel'hommiste qui veut que le droit de l'homme existe métaphysiquement en lui-même, sans avoir besoin d'être enté sur le Droit de Dieu], appartient le droit d'organiser librement la vie religieuse du foyer sous la direction des parents. À ceux-ci revient le droit de décider, dans la ligne de leur propre conviction religieuse, la formation religieuse à donner à leurs enfants. C'est pourquoi le pouvoir civil doit reconnaître aux parents le droit de choisir en toute réelle liberté, les écoles et autres moyens d'éducation. En outre, les droits des parents se trouvent violés lorsque les enfants sont contraints de fréquenter des cours scolaires ne répondant pas à la conviction religieuse des parents".

        Or, ces affirmations conciliaires ne sont orthodoxes que lorsque l'enfant à éduquer n'a pas dépassé l'âge de raison, soit sept ans. Mais plus du tout après cet âge. Après cet âge, elles sont au contraire profondément hétérodoxes. Saint Thomas d'Aquin, et, je le rappelle, il ne fait là qu'exprimer les principes fondamentaux de la Foi catholique en la matière, dit au contraire que le devoir catholique est d'amener l'enfant qui a passé l'âge de raison vers la Foi, bien entendu non par force mais par persuasion, même si les parents ne sont pas d'accord. Or, dans Dignitatis Humanae Personae, les Pères de Vatican II expriment très-exactement le contraire puisqu'ils parlent pour tous les parents, qu'ils soient catholiques ou bien non, du droit de "choisir les écoles, cours scolaires et autres moyens d'éducation (...) dans la ligne de leur propre conviction religieuse". Mais lorsque l'enfant commence à être scolarisé, c'est qu'il a passé l'âge de raison. Donc, les Pères de Vatican II sont là en plein dans l'hérésie, et les Ralliés dont le sieur Puppinck évidemment... sans parler du pape François !, le sont également derrière eux, lorsqu'ils donnent aux parents non-catholiques un prétendu droit formel d'éduquer leurs enfants ayant passé l'âge de raison dans les mauvais principes de leur fausse foi religieuse...

        En conclusion, je résumerai synthétiquement la fort belle pensée de saint Thomas sur notre sujet, en ces termes : Saint Thomas enseigne que c'est non seulement un droit mais un devoir formel pour TOUT parent de mettre l'enfant du foyer dans la voie du salut, et donc de l'éduquer dans la Foi catholique qui seule met l'âme d'un chacun dans cette dite voie du salut (laquelle n'est rien d'autre que la Personne vivante de Jésus-Christ, "voie, vérité et vie"). C'est la grande règle en la matière. Exception unique qui confirme cette grande règle générale intangible pour toutes les générations d'enfants : la situation de l'enfant qui n'a pas encore l'âge de raison, et qui, pour cela, est sous tutelle spirituelle de ses parents, l'enfant avant sept ans n'ayant effectivement pas de statut juridique propre et personnel. Et c'est dans ce SEUL cas que le droit naturel parental passe au-dessus du Droit de Dieu quant à la formation à donner à cet enfant privé encore de raison (mais quand bien même le Droit de Dieu s'efface dans ce cas devant le droit parental, les parents adeptes de fausses religions qui forment leur enfant en bas-âge dans les principes de leur fausse religion, sont en faute devant Dieu de ne pas mettre cet enfant privé de raison dans la voie du salut). Dès que l'enfant a passé l'âge de raison, sept ans, il devient un être canoniquement existant, le Droit de Dieu de le sauver reprend le pas sur le droit naturel parental ou familial, et, précisément pour respecter sa dignité humaine découlant de sa capacité juridique, il n'y a AUCUN DROIT pour les parents idolâtres à éduquer cet enfant ayant passé sept ans "selon leur propre conviction religieuse" faussée, plus ou moins inféodée à Satan. Amen.

        De la pensée profonde et très-catholique de saint Thomas d'Aquin sur le sujet, fort édifiante, il appert donc que les Pères de Vatican II, les Ralliés et autres Grégor Puppinck... sans parler du pape François, ne sont que des fieffés hérétiques, et, par-dessus le marché, des tricheurs sans conscience, lorsqu'ils osent mettre le Docteur Angélique dans leur camp hérétique ou plutôt carrément apostat.

        Pour finir ce débat, je mettrai quant à moi les majuscules où il faut les mettre, quant au texte de Grégor Puppinck :

        ... Ce Qu'il Fallait Démonter (CQFD) !!

En la fête du Précieux-Sang

de Notre Sauveur à tous,

 catholiques et non-catholiques,

Ce 1er juillet 2017.

Vincent Morlier,

Écrivain catholique.

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01 juillet 2017, 08:21
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