Encore du "survivantisme pontifical"...!

 

Encore du "survivantisme pontifical"...!

               

        ... Palsambleu ! Fi diantre ! On se remue, en Italie !!!

        Andrea Cionci, journaliste, est en train d'échafauder sur son blog Libero, et il est loin d'être le seul à le faire, toute une thèse pontificale survivantiste autour de Benoît XVI qui, pour le fond, et cela m'aurait beaucoup amusé si le sujet le permettait, ressemble comme deux gouttes d'eau à la thèse survivantiste prenant comme sujet pontifical un Paul VI toujours en vie.

        En clair et pour faire court : François n'est pas du tout pape, c'est Paul VI en survie physique//Benoît XVI en survie théologique, qui l'est (biffez la mention inutile, à votre choix).

        C'est en tous cas ce que nous apprend la rédactrice anonyme du blog "Benoît & moi", dans son dernier article intitulé 11 février 2013 : la vraie fausse démission (http://www.benoit-et-moi.fr/2020/2021/05/07/11-fevrier-2013-la-vraie-fausse-demission/), avouant cependant, quant à elle, qu'elle ne sait pas trop sur quel pied danser face à cette thèse. J'avais déjà noté il y a juste deux ans, vous en souvîntes-vous amis lecteurs, dans mon article Pot pourri dans un pourrissoir ecclésial daté du 19 mai 2019 (http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/pot-pourri-dans-un-pourrissoir-ecclesial?Itemid=483), la reprise, la resucée, de la thèse survivantiste pontificale en la transposant de Paul VI à Benoît XVI (... quand je vous disais, dans mon dernier post du 19 mars, que j'ai déjà tout dit !) : seul le sujet pontifical change, mais le même schème doctrinal de fond, exactement le même, est retenu.

        Quel est-il, ce schème de fond ? Le survivantisme pontifical, doctrinalement, est un sédévacantisme inavoué et peut-être inconscient chez certains de ses adeptes, il consiste à vouloir faire toujours vivre un pape qui était pape lorsque l'Église était en ordre, prêchant la bonne doctrine et les bonnes mœurs, aux fins de prétendre par-là s'abstraire de la réalité crucifiante du moment ecclésial présent et actuel, qui voit un pape légitime rejetant magistériellement en Église ce bon ordre de la Foi, de l'Espérance et de la Charité (le rejetant seulement matériellement, mais pas formellement, sinon il serait déjà l'Antéchrist-personne...).

        C'est en fait vouloir rejeter l'épreuve apocalyptique que le Bon Dieu envoie à son Église à la fin des temps, et dire, devant la croix affreuse et terrifiante d'une Église et d'une papauté "faites péché pour notre salut" (II Cor V, 21), par le Concordat, le Ralliement, Vatican II, etc., au rebours complet du Christ lors de sa Passion où Lui aussi, Lui le tout premier, fut "fait péché pour notre salut" : "Père, que ce calice s'éloigne de moi ! Et pour qu'il en soit bien ainsi, que Ta volonté, ô Père, ne soit pas faite, mais la mienne !" Le postulat de base, la motivation anti-spirituelle de fond du survivantiste est en effet la suivante : Je rejette le mystère de la co-Rédemption vécu par l'Église actuelle, l'Église de mon temps que la Providence de Dieu ordonne à être "faite péché pour notre salut", singulièrement par sa tête visible et légitime, le pape.

        Car la vérité ecclésiale-pontificale vraie en vérité, est que tous les papes modernes depuis la fin de la Révolution française, qui manifeste le début de la fin des temps dans le monde et dans l'Église, sont "faits péché pour le salut", pour que l'Église épouse la matière sans coulpe du péché du monde, à l'instar du Christ vivant sa Passion : quant aux Mœurs ecclésiales seulement, il en est ainsi depuis Pie VII et le Concordat napoléonien (1801), et quant aux Mœurs et à la Foi, c'est chose faite depuis Paul VI et le Concile Vatican II (1961-1965). Celui qui fuit cette situation réelle, qui est cause première de "la crise de l'Église", en voulant vivre sa Foi avec une Église et un pape doctrinalement toujours "tout blancs", non-faits péché pour le salut, fuit la vérité ecclésiale-pontificale actuelle de la fin des temps, et par son attitude rebelle, revolvere, il se condamne, tôt ou tard, à tomber dans les pièges de Satan-Lucifer, le premier révolté, qui ne demande pas mieux que de faire miroiter devant son âme les miroirs aux alouettes de fausses solutions. Et c'est bien précisément ce qui arrive au survivantiste : gober une fausse solution de l'Ange des trompeuses lumières, lui faisant adhérer par les thèses survivantistes à une Église encore et toujours doctrinalement "toute blanche" qui n'existe plus, par le truchement d'un pape d'un temps ecclésial en bon ordre prétendument en survie, soit physiquement (Paul VI) soit théologiquement (Benoît XVI). Alors que Dieu a mis l'Église actuelle dans l'économie de la Passion du Christ, qui consiste essentiellement à être "faite péché pour le salut", et singulièrement par la personne du pape qui la représente. Bossuet avait bien raison : "Le plus grand désordre de l'esprit, disait-il, est de vouloir que les choses soient, non ce qu'elles sont, mais ce qu'on voudrait qu'elles soient".

        Avant de démonter concrètement les raisonnements survivantistes, tant ceux de la première mouture Paul VI que ceux de la seconde mouture actuelle Benoît XVI, qui du reste sont pratiquement identiques pour le fond, il me semble bon de continuer un peu mon avant-propos sur la morale de l'histoire.

        La Rédemption consiste en effet à ce que l'Acteur de la Passion soit "fait péché" pour, précisément, pouvoir l'anéantir, c'est-à-dire "pour le salut", comme nous l'explique lapidairement saint Paul quant au Christ dans son lumineux et puissant oxymore. C'est là l'essence de l'économie de la Passion. C'est là le Plan de Dieu pour l'humanité et pour l'Église, et il n'y a pas de plan "B" (comme voudrait par exemple le croire Andrea Cionci, montant tout un scénario presque drôle autour de Ratzinger et de saint Jean-Paul II pour empêcher que l'Église soit "faite péché pour notre salut" dans notre fin des temps, qui n'a certes absolument rien à envier au scénario abracadabrantesque de la première mouture survivantiste Paul VI). Or, à la fin des temps, et nous la vivons hic et nunc cette affreuse fin des temps, l'Église revit en co-Rédemptrice ce que son Époux divin a vécu il y a 2 000 ans lorsqu'Il a racheté le monde par sa croix : elle aussi, l'Église, est "faite péché" aux fins surnaturelles supérieures de l'anéantir, loin, fort loin, d'être anéanti par lui. Et c'est précisément à cet endroit-là que se situe la grande erreur voire, pour certains d'entre eux, la faute spirituelle des survivantistes, qui peut être fort grave pour leur salut : ne pas vouloir que l'Église soit, à la suite du Christ Rédempteur, "faite péché pour notre salut", très-notamment dans la personne de ses Pontifes romains légitimes qui la représentent. Ils ne réfléchissent pas qu'en rejetant la mise de l'Église et de ses papes dans l'état de péché matériel sans coulpe, qui est l'essence de l'économie de la Passion, ils rejettent le mystère de la co-Rédemption que doit vivre (et mourir) l'Épouse du Christ à la fin des temps.

        Or, et j'en viens à présent au concret du démontage de ce méchant Meccano survivantiste, le Saint-Esprit, qui, quant à l'Église, parle le plus ordinairement par les règles fixées de la théologie fondamentale qui régit le droit divin de l'Église, invalide radicalement ces thèses survivantistes pontificales, que le sujet en soit Paul VI ou Benoît XVI. La Lumière du Saint-Esprit, que révèle le droit divin de l'Église, montre donc aux survivantistes de toute obédience, celle de Paul VI ou celle de Benoît XVI, qu'ils suivent un mauvais chemin, une voie damnable, et c'est ce que je vais exposer maintenant.

        Commençons la démonstration en prenant les raisonnements soutenus par Cionci pour étayer sa thèse survivantiste sur Benoît XVI. Ils sont tous d'ordre canonique. Il nous dit que la démission de Benoît XVI est invalide, et il étale ses raisons ainsi : "Tout ce qui est canoniquement contestable dans la «démission» semble, en effet, présent : les erreurs de latin qui font que la Declaratio écrite n’est pas «rite manifestetur» (dûment) et avec le soupçon de contrainte ; l’inversion entre munus et ministerium, avec la renonciation inutile à ce dernier (cf. Canon 332 § 2) ; la démission génériquement douteuse (Canon 14) et enfin le report de «l’heure X» à partir de laquelle Benoît XVI ne serait plus pontife, avec la non-ratification de la «démission». L’ensemble de l’opération a été reconstitué ICI, en ordonnant faits et documents, avec tous les approfondissements nécessaires. Et personne n’a encore été en mesure de le remettre en question" (fin de citation).

        Personne n'a été en mesure de le remettre en question ? Alors, je vais être le premier à le faire, et sans doute, comme d'habitude, le seul. Et je vais le faire à la racine, in radice. Sans toucher le moins du monde à aucun des arguments qu'évoque Cionci, tous d'ordre canonique. Il suffit en effet, pour démonter radicalement sa thèse, de la mettre en regard du droit divin de l'Église, pour en montrer l'inanité complète, et même grossière. S'il en était en effet ainsi qu'il le dit, c'est-à-dire si la démission de Benoît XVI était invalide, et que donc il serait toujours LE SEUL pape à l'heure actuelle, et que donc encore, François ne le serait PAS DU TOUT, alors, il aurait été rigoureusement impossible de toute impossibilité théologique que l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain légitime ait été dûment acté sur la personne de Jorge-Mario Bergoglio.

        Car cet acte, j'ai dû l'écrire au moins cent fois déjà dans mes écrits, est un fait dogmatique émanant directement et immédiatement du droit divin de l'Église Universelle, c'est la règle prochaine de la Légitimité pontificale qui prédomine sur toute autre (les mandataires uniques et exclusifs de l'Église Universelle pour poser cet acte de droit divin sont ordinairement les cardinaux de la sainte Église romaine dans leur majorité canonique des 2/3 + 1, acte qui est posé dans la cérémonie d'intronisation du nouveau pape). Or, c'est de l'ordre de l'Histoire la plus authentiquée, cet acte a été posé sur la personne de Jorge-Mario Bergoglio lors de la cérémonie très-publique et très-solennelle de son intronisation au Siège de Pierre, en date du 19 mars 2013. À partir de cet acte-là, fondé sur le droit divin de l'Église, nous sommes en présence d'un fait dogmatique acté en Église et il n'est rigoureusement plus possible de soutenir que le bénéficiaire de cet acte n'est pas pape, sans encourir l'excommunication et l'anathème ipso-facto. Car cet acte de droit divin répare sanatio in radice tout vice de forme antérieur dans le processus de l'élection pontificale, notamment ceux d'ordre simplement canonique. Ce n'est pas en effet le droit canon qui fonde le droit divin, mais l'inverse : c'est le droit divin qui fonde le droit canon. À supposer, et c'est ce qui se déduit de la thèse de Cionci, qu'on se trouverait en présence d'une contradiction entre ce que nous dit le droit canon et ce qu'impère le droit divin, chose d'ailleurs impossible, alors c'est évidemment le droit divin qui indique très-sûrement où se trouve la vérité de la question débattue : de par le droit divin, Jorge-Mario Bergoglio est bien pape, et donc la démission canonique de Benoît XVI ne peut qu'être valide. Les raisons canoniques invoquées par Cionci et consorts en faveur de l'invalidité de cette démission de Benoît XVI, ne peuvent donc subséquemment qu'être certainement fausses, et cela ne pourra manquer d'être prouvé tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, j'avoue qu'il ne m'intéresse même pas de m'en occuper.

        Cet acte de droit divin posé sur Jorge-Mario Bergoglio et qui l'a fait vrai pape, verus papa, prouve en effet formellement en amont que la démission de Benoît XVI est... valide. Puisqu'un fait dogmatique, de soi toujours doté de l'infaillibilité, a été posé en Église, alors ce qui l'a induit ne peut qu'être valide : or, ce qui a induit en finale du processus l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Vicaire du Christ sur Jorge-Mario Bergoglio, est... la démission de Benoît XVI. Donc, les cardinaux dans leur majorité canonique ont reconnu la validité de l'acte de démission de Benoît XVI puisqu'ils ont lancé à partir de lui le processus d'une nouvelle élection pontificale qui a abouti au fait dogmatique sur le pape François. Mais il faut bien comprendre que dans cette majorité canonique, les cardinaux sont "membres enseignants" de la Légitimité pontificale et dotés de l'infaillibilité pour tout ce qui a trait à l'élection du Pontife romain : en reconnaissant valide la déclaration de démission de Benoît XVI, sinon ils n'auraient évidemment pas lancé le processus de l'élection d'un nouveau pape, ils l'estampillent rétroactivement par-là même du sceau de l'infaillibilité. Il n'est donc plus possible, à partir de là, de soutenir son invalidité.

        J'exposais déjà ainsi ce raisonnement de vraie théologie, dans Pot pourri, etc. : "Pour que Ratzinger-Benoît XVI soit toujours SEUL vrai et pleinement pape en 2019 [maintenant : en 2021], il aurait fallu premièrement, de toute nécessité sine qua non, que les cardinaux dans leur majorité canonique n'aient pas accepté sa démission du Souverain Pontificat lorsqu'il l'a soumise à l'Église le 28 février 2013. Et ce, publiquement et à la face de toute l'Église, par déclaration cardinalice commune dûment et canoniquement enregistrée dans les annales ecclésiastiques. Or, tout le monde le sait, non seulement la majorité canonique cardinalice a accepté la démission de Benoît XVI pour ce qu'elle signifiait théologiquement, mais on n'enregistre même pas un seul cardinal pour s'y être opposé. (...) Quant à remonter à la survivance théologique de Montini-Paul VI, elle est foudroyée par, excusez du peu, plusieurs actes infaillibles de reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur d'autres personnes, de Luciani à Bergoglio... quatre personnes, quatre papes ayant l'un après l'autre bénéficié de la reconnaissance ecclésiale universelle infaillible de leur qualité certaine de Pontife romain, par le Doigt du Saint-Esprit se manifestant par les cardinaux canoniquement unanimes, digitus Dei est hic. Enfin, il est de Foi, de fide, que c'est chronologiquement la dernière personne en date à avoir bénéficié sur elle de la reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de pape, qui est le vrai Vicaire actuel du Christ : or, cette personne actuelle, nul n'en ignore et ne peut prétendre en ignorer, s'appelle Jorge-Mario Bergoglio sous le nom pontifical de François. Donc celui qui oserait récuser le fait dogmatique de la légitimité certaine du pape François, s'exclurait de lui-même de l'Église, s'anathématiserait lui-même ipso-facto par le péché de schisme formel" (fin de citation).

        Voilà donc le vrai raisonnement d'Église à tenir en matière de Légitimité pontificale quant à nos papes modernes : ils sont tous certainement papes, les uns après les autres, car ils ont tous bénéficié de l'acte de droit divin de la Reconnaissance ecclésiale universelle de leur qualité de Vicaire actuel du Christ, de Pie VII à François. Récuser cela, sur l'un ou l'autre de ces Pontifes romains modernes, c'est tout simplement, pardon, ficher en l'air toute l'Église catholique en ouvrant la porte à tous les examens privés de la Légitimité pontificale, et la soumettre à n'importe quel Bogomil voulant dénier la légitimité au pape qui lui déplait.

        Ce n'est pas la première fois qu'une telle attitude schismatique arrive dans l'histoire tourmentée de l'Église militante.

        Je notais déjà dans L'Impubliable, mon premier ouvrage de fond sur la théologie de "la crise de l'Église" écrit avant l'an 2 000 (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/images/stories/users/43/LImpubliableCompletTERMINUSDEFINITIF7meEdition2015.pdf), que les Spirituels franciscains s'autorisaient également, comme les survivantistes actuels, à faire du "libre-examen" de la Légitimité pontificale par-dessus le fait dogmatique de droit divin de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain posé par les cardinaux canoniquement unanimes sur le Vicaire du Christ actuel choisi par le Saint-Esprit : "Il est fort intéressant de noter que l'obsession sédévacantiste qui consiste à ne jamais être sûr d'avoir un vrai pape sur le Siège de Pierre (puisqu'ils refusent schismatiquement le criterium de l'infaillibilité de l'acte de reconnaissance ecclésiale universelle du pape, qui enlève, et lui seul, tout doute), semble être à l'origine du mythe moyenâgeux de la papesse Jeanne : «L'ordre franciscain avait incorporé dans ses chroniques l'histoire de [la papesse] Jeanne, selon des versions qui mettaient l'accent sur l'aspect diabolique de l'usurpation. Dans les milieux spirituels franciscains du début du XIVe siècle, et notamment chez Guillaume d'Ockham, [la papesse] Jeanne devenait la preuve historique d'une occupation satanique du Siège pontifical et préfigurait l'indignité prétendue de Jean XXII, le grand pourfendeur des Spirituels. Plus fondamentalement, [la papesse] Jeanne apparaissait comme une occurrence du pseudo-pape, qui a tous les aspects extérieurs de la légitimité sans en avoir la réalité. Elle justifiait le tri que faisaient les Spirituels entre les vrais et les faux pontifes [nous sommes là en plein dans la mentalité de nos sédévacantistes-survivantistes qui osent se permettre de choisir eux-mêmes parmi les papes contemporains, ceux qu'ils considèrent comme vrais et ceux qui ne le sont pas, alors que cela est réservé à l'Église Universelle...] ; seuls ces derniers avaient condamné la règle de la pauvreté absolue ; paradoxalement, ce tri construisait l'idée d'infaillibilité pontificale : les dogmes énoncés par les «vrais» papes devaient demeurer intangibles [... là encore, quelle troublante analogie avec la mentalité sédévacantiste qui met la très-fumeuse Bulle de Paul IV par-dessus tout raisonnement théologique, même basé sur la constitution divine de l'Église !]» (Dictionnaire historique de la Papauté, Philippe Levillain, art. "Jeanne", p. 954, 2e col.)" (L'impubliable, p. 179).

        Les hérétiques de tout poil, qu'évidemment gênaient les condamnations des papes à leur encontre, avaient pris aussi cette voie du "libre-examen" hétérodoxe de la Légitimité pontificale, je le rappelai ainsi dans ma réfutation du guérardisme qui, fidèle fille du sédévacantisme, tombe aussi dans cet hérétique "libre-examen" : "Ne pas professer que la règle prochaine de la légitimité pontificale consiste en la désignation et détermination de la personne du pape par l'Église Universelle, est parfaitement hérétique. Ne nous étonnons donc pas que cette doctrine est parfaitement condamnée et anathématisée dans les hérétiques pré-protestants. Jean Huss, par exemple, condamné par le Concile de Constance, professait : «Ce n'est pas parce que les électeurs [du pape], ou une grande partie d'entre eux, ont acclamé telle personne d'après l'observation des hommes, que cette personne est légitimement élue [pape] ; ce n'est pas pour cela qu'il est le vrai et manifeste successeur et vicaire de l'apôtre Pierre, ou dans l'office ecclésiastique d'un autre apôtre. Par conséquent, si les électeurs ont bien choisi ou mal choisi, nous devrions le croire suivant les œuvres de celui qui a été élu : car c'est pour la raison précise que quelqu'un agit selon le bien de l'Église d'une manière pleinement méritoire, qu'il détient cette faculté de Dieu» (26ème ERREUR).

        "Nous sommes là les pieds en plein dans la double hérésie guérardienne qui professe non seulement que c'est la mise en oeuvre du Bien-Fin de l'Église qui est la règle prochaine de la légitimité pontificale mais qui en plus s'arroge le pouvoir de juger si le pape opère ou bien non cedit Bien-Fin de l'Église ; or, on vient de le lire, les Pères de Constance anathématisent cette proposition comme étant... hérétique. Wyclif, dans une proposition hérétique similaire, est lui aussi condamné par ce même Concile de Constance, cette fois-ci sous forme de question : "[Les partisans de Wyclif] croient-ils que le pape canoniquement élu, qui a vécu quelque temps, après avoir exprimé son propre nom, est le successeur du bienheureux Pierre, possédant l'autorité suprême sur l'Église de Dieu ?" (24ème ERREUR). Le Concile de Constance pose cette question aux partisans de Wyclif, précisément parce qu'ils ne croient pas que le pape canoniquement élu est avec certitude le successeur de Pierre, mais que sa légitimité est conditionnée par ses œuvres.

        "Il est clair que le Concile de Constance, dans ces deux hérésies, condamne l'affirmation selon laquelle un pape canoniquement élu n'est pas pape avec certitude. Ce qui signifie a contrario qu'on doit reconnaître comme successeur de Pierre la personne canoniquement élue, et que cette dernière l'est avec certitude. Donc, la doctrine de la reconnaissance ecclésiale universelle du pape actuel comme règle prochaine de la légitimité pontificale, est la Foi de toute l'Église, et, dans nos derniers temps modernes, les cardinaux Billot et Journet [qui professaient cette doctrine et dont je rappelais les textes précis dans L'Impubliable], n'ont rien fait d'autre que d'exprimer cette Foi de l'Église, à croire sous peine d'anathème formel" (pages 74, sq. de ma réfutation du guérardisme, ici : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/RefuteGuerardismeMisEnForme.pdf).

        Les hétérodoxes Spirituels franciscains, Wyclif, Huss, etc. : voilà donc la "tradition" exécrable de l'hérétique "libre-examen" de la Légitimité pontificale qui est suivie par nos survivantistes... "tradition" d'ailleurs sans cesse mise en avant par les sédévacantistes dont les survivantistes sont des clones. On se souvient de leurs élucubrations à propos du conclave ayant élu le pape Paul VI en juin 1963, lorsqu'ils affirmaient que le cardinal Siri avait été élu à sa place mais qu'il avait été forcé dans le sein du conclave par les méchants de dire non à son élection au Siège de Pierre, et donc ce n'était pas Montini-Paul VI qui était pape, mais le cardinal Siri, ou, à tout le moins, ce conclave élisant Paul VI était invalide ! Identiquement, on a de nos jours même un cardinal Burke qui n'a pas été gêné du tout de mettre le doute sur la validité du conclave duquel François est sorti pape, à cause des tractations secrètes et interdites par le droit canon auxquelles se seraient soi-disant livrés certains cardinaux ultra-progressistes, pour mettre au rancart Benoît XVI, trop tradi à leurs yeux, et introniser Bergoglio à sa place. Nonobstant le caractère absolument incertain de cette cabale, dite du "groupe de Saint-Gall", la thèse est de toutes façons caduque par le seul et simple fait dogmatique de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Vicaire du Christ dûment posé lors de la cérémonie d'intronisation sur la personne de Bergoglio. J'ai dû renvoyer le cher cardinal à l'étude de son digne prédécesseur, le cardinal Billot, autrement plus catholique que lui sur le sujet, pour bien apprendre la leçon de ce fait dogmatique dans mon article Un schisme est-il possible dans l'Église actuelle...? (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/un-schisme-est-il-possible-dans-l-eglise-actuelle?Itemid=483) !!

        Corrélativement à cet acte de droit divin de Reconnaissance ecclésiale universelle de leur qualité certaine de vrai Vicaire du Christ actuel, posé sur les successeurs au Siège de Pierre soit de Paul VI (= Jean-Paul 1er, etc.) soit de Benoît XVI (= François), qui invalide l'une et l'autre thèse survivantiste moderne, une autre règle fondée elle aussi sur le droit divin de l'Église confirme et cautionne cette conclusion déjà certaine de l'invalidité de toute thèse survivantiste, à savoir la Note de Visibilité.

        Cette Note de Visibilité s'appuie sur la Parole du Christ dans l'Évangile : "Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée" (Matth V, 14). De là, les premiers Pères de l'Église, suivis par les théologiens scolastiques du Moyen-Âge, ont dégagé la Note de Visibilité, c'est-à-dire : tout ce qui a trait directement et immédiatement à l'Église Universelle est obligatoirement visible ou connaissable par tous les fidèles ou universitas fidelium, simplement et sans initiation. Quant à l'Église catholique, cette note théologique est appelée "négative", car d'autres fausses églises peuvent également s'en prévaloir au même titre qu'elle, mais l'Église catholique ne saurait jamais en être départie à aucun moment de sa vie militance ici-bas (les quatre notes positives de l'Église catholique, dites ainsi car elle seule les possède, sont celles que les fidèles professent dans le Credo : 1/ Une, 2/ Sainte, 3/ Catholique et 4/ Apostolique).

        Or, cette Note de Visibilité intéresse évidemment beaucoup notre sujet. Tout ce qui regarde directement et immédiatement l'Église Universelle est en effet obligatoirement doté de cette Note de Visibilité. Au premier chef, c'est bien le cas de le dire : la Légitimité pontificale. Tout ce qui concerne donc la légitimité ou l'illégitimité d'un Pontife romain doit être immédiatement et directement visible de tout fidèle catholique, connaissable par l'universitas fidelium, de la manière la plus simple et sans aucune initiation nécessaire (ce que, soit dit en passant, ne contredit nullement l'épisode calamiteux du grand-schisme d'Occident : le vrai pape était théologiquement très-certainement connu, c'était le violent Urbain VI, qui allait jusqu'à menacer de soumettre à la torture physique, à la question, les cardinaux qui lui déplaisaient, et ce n'est seulement qu'ad hominem, selon les passions humaines qui se déchaînèrent alors, envenimées par les intérêts politiques, qu'on peut dire qu'il y eût doute sur la personne du pape de l'époque... saint Vincent Ferrier y rajoutant d'ailleurs étrangement son grain de sel fort peu éclairé et éclairant puisqu'il souscrivit à l'obédience d'un anti-pape !)La raison théologique de cette Visibilité quant à la Légitimité pontificale est des plus évidentes : "Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain", rappelait en effet le pape Boniface VIII dans sa célèbre Bulle Unam, Sanctam, et il en est ainsi parce que le pape actuel est règle vivante prochaine de la Foi pour TOUS. Puisque je dois suivre mon pape, le pape actuel, pour être sauvé, il faut donc d'abord qu'il me soit visible, que je sache qui il est de la manière absolument la plus obvie et simple du monde... car je peux très-bien m'appeler GrosJean, l'innocent du village, son bredin, mais concerné lui aussi par cette règle de salut universel intangible.

        On comprend dès lors que cette Note de Visibilité invalide tout le raisonnement survivantiste : par le fait même que la survivance, soit physique de Paul VI soit théologique de Benoît XVI, si on les prend l'une l'autre comme hypothèses vraies, n'est pas directement et immédiatement connue par l'universitas fidelium, sans intermédiaire ou initiation pointue, il est formellement prouvé que la thèse survivantiste est radicalement fausse.

        Supposons en effet que le raisonnement de Cionci soit vrai, à savoir que Benoît XVI aurait volontairement arrangé sa déclaration de démission pour qu'elle soit vraiment invalide. Immédiatement et directement dans l'âme de tout fidèle, le Saint-Esprit se devait d'en faire la révélation claire et simple, d'une manière ou d'une autre (le Saint-Esprit, en effet, n'avait pas plus le bras raccourci le 11 février 2013 qu'en n'importe quelle autre époque de l'Église militante...). Théologiquement, il est tout-à-fait impossible de supposer ce que Cionci suppose, à savoir que l'invalidité de la démission de Benoît XVI soit une chose occulte, invinciblement cachée aux yeux des fidèles quels qu'ils soient, pendant huit longues années, au bout desquelles seulement les spécialistes seuls commenceraient à découvrir laborieusement cette prétendue invalidité goupillée par Benoît XVI dans sa déclaration de démission, en attendant que quelqu'un la... dégoupille comme une grenade ! D'autant plus que, comme nous venons de le voir, un fait dogmatique, celui de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur la personne de Bergoglio, est intervenu entre-temps. Or, tout fait dogmatique doté de soi de l'infaillibilité est la Parole du Saint-Esprit dans son Église, qui donc désigne par lui, comme Pontife romain actuel, Jorge-Mario Bergoglio, et faut-il rappeler que le Saint-Esprit ne peut ni Se tromper ni nous tromper. Puisqu'on a donc la certitude de Foi, de fide, qu'au moins à partir du 19 mars 2013, date de l'intronisation de Jorge-Mario Bergoglio au Siège de Pierre qui a intégré ce fait dogmatique, François était bien le vrai pape actuel de l'Église catholique, il est donc par-là même impossible de supposer que le Saint-Esprit propose infailliblement à la Foi de tous les fidèles de l'orbe catholique la personne de Bergoglio comme Vicaire actuel du Christ si l'acte de démission de Benoît XVI était invalide, c'est-à-dire si Benoît XVI était toujours le seul vrai pape actuel de l'Église : ce serait supposer que le Saint-Esprit se trompe et nous trompe.

        De la même manière, pour les survivantistes première mouture, celle de Paul VI, ils supposent la conversion de Paul VI qui se serait repris des graves erreurs de Vatican II. Et c'est cette (prétendue) conversion qui construit tout leur survivantisme autour de Paul VI : 1/ il est converti ; 2/ les cardinaux franc-maçons qui l'entourent le remplacent par un sosie ; 3/ lorsque le sosie meurt en 1978, le vrai Paul VI survit mystérieusement, anonymisé, dans un lieu inconnu de tous, mais la Providence divine le re-manifestera publiquement pour renverser toute l'iniquité des modernistes occupant après lui toute l'Église, à commencer par le Siège de Pierre, en dénonçant tous les anti-papes qui l'auront supplanté illégitimement à partir de Jean-Paul 1er, etc. Et donc, tous les papes qui sont élus après lui ne sont évidemment que des anti-papes, à commencer par Jean-Paul 1er pour finir bien sûr par François. Le scénario de fond est exactement le même pour Cionci : il suppose dans son texte que la manifestation à toute l'Église de l'invalidité de la démission de Benoît XVI va renverser non moins, et c'est son plan "B", l'iniquité des modernistes cristallisée autour de François, en révélant bien entendu que celui-ci est un anti-pape...

        Mais s'impose à nos survivantistes première mouture le fait indéniable suivant, que d'ailleurs eux-mêmes ne récusent pas : la (prétendue) conversion de Paul VI... est parfaitement inconnue de l'universitas fidelium. Selon la thèse développée par eux, cette (prétendue) conversion doit être un fait accompli dans l'année 1972, et même avant, car toujours selon eux, c'est dès après la parution de la nouvelle messe en 1969 que Paul VI se serait soi-disant rendu compte qu'il avait été floué par le trouble Mgr Bugnini, concepteur de ce nouvel Ordo Missae, et qu'il commence à revenir à la vraie Foi ; donc, en 1972, selon la thèse, cette conversion est largement un fait accompli. Le problème, même si l'on accepte l'hypothèse de cette (prétendue) conversion, c'est qu'elle a lieu dans le privé, dans l'occulte le plus total par rapport à l'Église Universelle et à l'universitas fidelium. Or, puisque cette (prétendue) conversion regarde éminemment les destinées de l'Église Universelle, car elle entraîne en effet dans son sillage le sosie, puis la survivance du vrai Paul VI après la mort du sosie, et surtout et enfin des anti-papes sur le Siège de Pierre, ce qui regarde immédiatement et directement l'Église Universelle, elle doit être obligatoirement dotée de la Note de Visibilité. Il est en effet bien facile de comprendre que si cette (prétendue) conversion de Paul VI reste inconnue de l'Église Universelle, alors le Saint-Esprit sera obligé d'apporter sa caution divine infaillible aux élections pontificales qui suivront la mort officielle dudit Paul VI. Se trompant donc, et trompant tout le monde...

        Et c'est là que le bât blesse, car cette (prétendue) conversion de Paul VI n'a jamais été manifestée à l'Église Universelle. Ce simple constat prouve formellement que ladite conversion n'existe pas, qu'elle est une pure affabulation de nos survivantistes première mouture (qui sont d'ailleurs complètement incapables de montrer un acte ou une parole, magistériels ou non, de Paul VI prouvant cette soi-disant conversion, de juin 1963 à mai 1975, date de la première apparition du sosie en public, selon la thèse ; or bien sûr, qui dit sosie, dit que Paul VI doit être converti avant !). En effet, le syllogisme est simple : puisque la conversion de Paul VI regarde les destinées de l'Église Universelle (car elle va susciter en finale la survivance occultée de Paul VI et subséquemment la création d'anti-papes sur le Siège de Pierre), elle doit être obligatoirement dotée de la Note de Visibilité pour toute l'universitas fidelium. Afin que tout fidèle puisse ne pas être trompé lorsque les anti-papes occuperont le Siège de Pierre ; afin que les cardinaux, au courant de cette conversion, puis de ce qui s'en est suivi, à savoir le remplacement du vrai Paul VI par un sosie et sa survie mystérieuse après la mort du sosie, puisse s'abstenir de poser l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur un anti-pape. Et le Saint-Esprit ne peut que rendre publique et connue de tous les fidèles cette (prétendue) conversion de Paul VI, sous peine d'être obligé de reconnaître des anti-papes comme papes véritables sur le Siège de Pierre, après la mort du sosie qu'on fera passer pour Paul VI. Or, puisque cette conversion qui doit être obligatoirement manifestée à l'Église Universelle sous peine de voir "les portes de l'enfer prévaloir contre elle", ne l'est pas, c'est donc qu'elle n'existe pas. Il n'y a pas de conversion de Paul VI, pas de sosie subséquent, pas de survivance non plus, et Paul VI meurt bien en 1978. Et c'est pourquoi le Saint-Esprit a pu cautionner de son Autorité divine les successeurs de Paul VI sur le Siège de Pierre comme vrais et authentiques Vicaires du Christ, par l'acte de Reconnaissance ecclésiale universelle.

        On se retrouve donc là, une fois de plus, avec le même cas de figure que dans la survivance seconde mouture : la (prétendue) conversion de Paul VI fonctionne dans l'occulte par rapport à l'Église Universelle, de la même façon que la (prétendue) invalidité de la déclaration de démission de Benoît XVI fonctionne elle aussi dans l'occulte. Cela signifie, et c'en est une preuve formelle, que ni l'une ni l'autre ne peuvent exister.

        Ce que d'ailleurs le fait magistériel prouve, quant à la (prétendue) conversion du pape Paul VI. Et souvenons-nous que contra factum, non argumentum, contre les faits, on n'argumente pas. En effet, la fameuse allocution de Paul VI du 29 juin 1972, date à laquelle selon la thèse il doit être pleinement converti montre... qu'il ne l'est aucunement ! Dans cette Allocution en effet, le pape Paul VI croit même toujours tellement à l'inspiration divine de "son" Vatican II chéri, qu'il va jusqu'à oser soutenir que le concile moderne a permis à l'Église, excusez du peu, de... "reprendre pleinement conscience d'elle-même" ; c'est-à-dire qu'avant Vatican II, l'Église avait perdu la conscience de ce qu'elle était pleinement, et, grâce à Vatican II, elle a salutairement repris conscience de ce qu'elle est pleinement et véritablement !!! Soit dit en passant et puisque je suis sur le sujet, Andrea Cionci se trompe dans son exposé lorsqu'il évoque la "fumée de Satan entrant dans l’Église (Paul VI)" faisant là une évidente allusion à cette allocution du 29 juin 1972 ; or, Paul VI, dans cette Allocution, parlait de "la fumée de Satan dans le peuple de Dieu", et non dans l'Église, et de plus, fort loin d'évoquer par-là une intrusion du mysterium iniquitatis propre à la fin des temps dans l'Église, il disait tout au contraire que cette "fumée de Satan" avait empêché le peuple de Dieu... de bien réceptionner le bon concile Vatican II !! On ne perdra pas son temps en lisant cette Allocution, qui fait bien voir que Paul VI n'est nullement converti en plein milieu de l'année 1972 (http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-16356283.html), époque à laquelle le survivantiste première mouture s'abuse en voulant y voir un Paul VI converti.

        Conclusion générale. Je viens donc de démonter à la racine, in radice, par le droit divin de l'Église, la thèse pontificale survivantiste qui consiste essentiellement à professer que Paul VI//Benoît XVI (rayez la mention inutile) est le SEUL pape actuel de l'Église catholique existant, François, quant à lui, ne l'étant PAS DU TOUT, n'étant qu'un anti-pape. Or, la première vérité pontificale de notre situation enseignée infailliblement par le droit divin de l'Église, que je prends à bonne tâche de bien remettre sur le chandelier dans la Maison de Dieu parce qu'il est complètement subverti par les hétérodoxes thèses survivantistes, est que François est CERTAINEMENT VRAI PAPE, et que le pape antérieur, qu'il soit Paul VI ou Benoît XVI, ne peut absolument pas être, l'un ou l'autre, SEUL VRAI PAPE ACTUEL. Et c'est là le grand schisme de nos survivantistes, que de le professer.

        C'est là en effet que se situe la grande faute du survivantiste, qui se fait illusion, sous prétexte qu'il adhère à un pape du passé, qu'il n'est pas sédévacantiste... alors qu'il l'est formellement ! En effet, est sédévacantiste tout fidèle qui n'adhère pas au pape ACTUEL, celui désigné comme on l'a vu par le droit divin de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur telle personne, qui s'avère être, pour nos jours, le pape François. Donc, celui qui n'adhère pas au pape François sous prétexte qu'il adhère à un pape du passé, tombe formellement dans l'hérésie sédévacantiste. Le survivantiste est en réalité un sédévacantiste.

        Le survivantisme première mouture, autour de Paul VI, s'avère être d'ailleurs une fumisterie complète, une super-supercherie, de la poudre de perlimpinpin sans rien de réel : puisqu'il n'y a pas eu conversion de Paul VI, ce dont on est absolument sûr puisqu'il n'y en a eu aucune révélation faite à l'Église Universelle comme ç'aurait dû être obligatoirement le cas si elle avait existé, et que d'autre part c'est factuellement prouvé par l'Allocution du 29 juin 1972 comme on vient de le voir, il s'en déduit donc qu'il n'y a pas eu de sosie (qui n'a de raison d'être que si Paul VI est converti et mis au rancart par des cardinaux franc-maçons), et encore moins de survivance du vrai Paul VI escamoté, après la mort du sosie. Rien n'est vrai dans cette thèse survivantiste, ce n'est qu'un pur montage pseudo-prophétique sur du vent, de la fumée d'opium.

        Par contre, le survivantisme seconde mouture, autour de Benoît XVI, pourrait avoir une apparence de raison, à cause de la situation réelle du Souverain Pontificat actuel, fonctionnant en bi-double, à épeler au présent composé, ainsi que je l'ai exposé au mieux je pense dans mon article Feedback sur le pape Benoît XVI ou le mystère de la papauté bicéphale actuelle éclairé et résolu par "LA PASSION DE L'ÉGLISE" (http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/feedback-sur-le-pape-benoit-xvi-ou-le-mystere-de-la-papaute-bicephale-actuelle-eclairci-et-resolu-par-la-passion-de-l-eglise?Itemid=483).

        On est déjà sûr d'une chose : là où ce second survivantisme pontifical est complètement faux, lui aussi, c'est lorsqu'il professe, comme le premier survivantisme le fait quant à Paul VI, que Benoît XVI est le SEUL VRAI PAPE ACTUEL DE L'ÉGLISE, François, quant à lui, NE L'ÉTANT PAS DU TOUT. Mais la thèse est infiniment différente, et là ce n'est plus du tout du survivantisme, si l'on dit : LE VRAI PAPE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE ACTUEL EST CERTES FRANÇOIS, MAIS BENOÎT EN ASSUME LUI AUSSI, LUI ENCORE, UNE MYSTÉRIEUSE PORTION, BIEN RÉELLE, À CAUSE DE L'ÉCONOMIE DE LA PASSION QUE VIT ACTUELLEMENT L'ÉGLISE.

        Nous sortons là de l'extrémisme survivantiste hérétique, pour "rentrer dans vos Parvis, Seigneur" comme dit le Psalmiste, c'est-à-dire pour vivre de la vérité vraie de la situation ecclésiale-pontificale actuelle, qui procure le salut.

        Éh bien ! C'est précisément là où j'admire beaucoup le pape Benoît XVI. Il ne cesse de nous dire comme il peut, depuis huit ans maintenant, la vérité de cette seconde thèse, il nous montre à tous, quasi seul comme le fut en son temps Franz Jägerstätter dans son combat contre le nazisme, une fidélité héroïque à la vérité crucifiée de la situation pontificale actuelle, absolument confondante et très-édifiante, que bien peu comprennent. Il a vécu en 2013 une crucifixion absolue de sa fonction pontificale qui l'a absolument obligé à démissionner personnellement, mais contre sa volonté, qui était de toujours tenir la Charge pontificale suprême. Or, lorsqu'on est crucifié, on ne peut pas le dire explicitement, c'est une chose qui ne peut pas se dire parce qu'elle est tellement contraire à la nature humaine, que même si elle était dite crûment elle ne serait pas comprise par l'interlocuteur, ça ne peut que se laisser deviner. Et Benoît XVI, depuis huit ans, ne cesse d'essayer de nous le faire deviner sans jamais faillir...

        Quand on y est soumis, à la crucifixion et à la Passion, on ne peut en effet le dire que négativement, à mots couverts et chuchotés, qu'en insinuant seulement, le plus qu'on peut, cette crucifixion à son interlocuteur qui, dans notre cas, pour Benoît XVI, s'avère être... le monde catholique tout entier. Et c'est exactement l'attitude de Benoît XVI, invariablement, depuis huit ans. Il suggère très-fort à tous sa crucifixion pontificale, mais il ne peut pas faire plus que de le suggérer. On le voit dire invariablement, sans jamais bouger son message : "Il n'y a qu'un seul pape", mais il ne le nomme JAMAIS parce que, d'une manière écartelée, crucifiée, il sait qu'il en assume toujours une mystérieuse fonction, l'unicité théologique de ce pape UN étant à épeler au présent composé de nos jours. D'où tout son comportement très-pontifical depuis huit ans, que j'ai souligné dans mon dernier article, et dont d'ailleurs tout le monde est maintenant parfaitement conscient. C'est lui le pape crucifié, ce n'est pas du tout Paul VI comme l'ont cru à grand'tort les adeptes survivantistes première mouture... Voilà ce qu'a très-bien compris en tous cas Andrea Cionci, qui écrit : "Mettons un frein à notre curiosité afin d’agir comme il se doit. Il arrive parfois qu’une personne demande de l’aide de manière voilée et mystérieuse, comme dans le cas classique de la femme qui appelle la police en commandant une pizza pour ne pas être découverte par son partenaire violent. Dans ces cas, nous devons tout d’abord prendre note du fait que 1) dans les messages, il y a quelque chose d’étrange qui ne colle pas 2) la personne est probablement en difficulté 3) de toute évidence, elle ne peut pas parler clairement 4) elle doit avoir ses raisons de demander de l’aide de manière sibylline". C'est exactement en effet, la situation morale crucifiée où se trouve Benoît XVI depuis 2013.

        "Il n'y a qu'un seul pape" mais Benoît XVI ne dit pas qui il est, et cela laisse entendre qu'il en assume toujours une fonction. Mgr Gänswein, son secrétaire, a fort bien formulé cela dans sa mémorable conférence de 2016, en ces termes : "Par conséquent, depuis le 11 Février 2013, le ministère papal n'est plus celui d'avant. Il est et reste le fondement de l'Église catholique ; et pourtant, c'est un fondement que Benoît XVI a profondément et durablement transformé dans son pontificat d'exception (Ausnahmepontifikat). (...) Comme à l'époque de Pierre, aujourd'hui encore l'Église une, sainte, catholique et apostolique continue d'avoir un unique Pape légitime. Et pourtant, depuis maintenant trois ans, nous vivons avec deux successeurs de Pierre vivant parmi nous, qui ne sont pas dans un rapport de concurrence l'un avec l'autre, et pourtant tous les deux avec une présence extraordinaire ! Beaucoup continuent à percevoir aujourd'hui encore cette nouvelle situation COMME UNE SORTE D'ÉTAT D'EXCEPTION VOULU PAR LE CIEL".

        ... Mais je m'aperçois que si je continue mon propos, je vais marcher sur les brisées de mon article Feedback sur le pape Benoît XVI, etc., je vais donc faire une reprise de la partie la plus forte de cet article, ici :

        "Pourquoi, alors que la théologie catholique a des règles extrêmement claires et précises quant à la Légitimité pontificale, la situation pontificale actuelle ne peut-elle s'encadrer dans aucune de cesdites règles ?!?

        "Éh bien, la réponse est simple, mais elle demande et exige toute la force, le courage et l'énergie de la Foi vive, pour la formuler, et aussi, et surtout, pour... l'accepter. Car s'il en est ainsi, c'est parce que les cadres structurels de l'Église sont explosés, ce qui se constate non pas seulement au niveau de la doctrine ou des mœurs, avec François, mais à tous les autres niveaux ecclésiaux dont celui de la Légitimité pontificale, avec Benoît. Et ils sont tous explosés-implosés, parce que nous vivons «LA PASSION DE L'ÉGLISE». Et que toute crucifixion inhérente à la Passion atteint et écartèle mortellement la substance de l'être qui est crucifié, ici, celui de l'Église.

        "Ce n'est donc pas sur un plan théologico-canonique qu'il faut raisonner l'incroyable situation pontificale actuelle bicéphale, c'est sur un plan mystique, et pas n'importe quelle mystique mais la mystique de la Passion. SEULE L'ÉCONOMIE DE LA PASSION DU CHRIST PERMET DE COMPRENDRE L'ARTICULATION DU BI-PONTIFICAT ACTUEL, UNE ÉCONOMIE DE LA PASSION DU CHRIST QUE VIT DE NOS JOURS SON ÉPOUSE, L'ÉGLISE, ET BIEN SÛR ÉMINEMMENT, LE SIÈGE DE PIERRE. C'est donc «LA PASSION DE L'ÉGLISE», telle que j'en fais l'exposé très-approfondi sur mon site, et elle seule, qui va lever toute obscurité, qui va expliquer en toute clarté surnaturelle la signification profonde de l'inédite situation bi-pontificale actuelle.

        "Voici en effet la raison de la démission du pape Benoît XVI, à la genèse très-profonde du bi-pontificat actuel : à un moment donné de son pontificat, Benoît XVI a soudain ressenti une MISE À MORT RADICALE DE SA FONCTION PONTIFICALE, une sorte de Gethsémani brutal, impossible à éviter, comme présenté par la Main de Dieu, ainsi que l'a vécu Jésus en prenant son agonie de «la Volonté de son Père», lui faisant vivre et mourir à la fois une kénose, un anéantissement complet de sa personne pontificale (l'affaire des VatiLeaks, qui n'a pas du tout été élucidée dans ses raisons profondes, en est probablement un vecteur important, comme aussi cette très, très étrange et soudaine mise en interdit bancaire de tout l'État du Vatican, dans ces mêmes jours, chose JAMAIS arrivée, notons-le avec soin, ni avant ni non plus après jusqu'à présent...). Se sentant radicalement mis à mort en tant que pape, il a raisonné de cette façon : puisque je suis maintenant pontificalement mort, je ne peux plus continuer à assumer la Charge de saint Pierre ; un mort ne peut plus poser des actes de vivants ; je dois donc démissionner. Mais je dois démissionner non pas parce que je ne suis plus pape, mais uniquement parce qu'un pape mystiquement mort ne peut plus remplir la fonction d'un pape vivant. Par conséquent, celui qui me remplacera sur le Siège de Pierre sera lui aussi pape, mais je ne cesserai pas de l'être quant à moi.

        "Le pape Benoît XVI a vraiment vécu LA MORT MYSTIQUE DU CHRIST EN CROIX, soudain, à un moment donné de son pontificat. C'est tout le sens de cette «visite mystique» qu'il a évoquée en des termes pudiques et très-discrets après sa démission, dont il explique ainsi la cause : «'C’est Dieu qui me l’a dit'. C’est ainsi que Benoît XVI aurait répondu à la question d’un hôte qui, lui rendant visite dans sa retraite au cœur du Vatican, l’interrogeait sur sa décision de renoncer à la charge pontificale, en février 2013. Selon le site d’informations catholique Zenit, qui a publié ces propos le 19 août, le pape émérite aurait évoqué une 'expérience mystique' à l’origine de ce choix. (...) Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une apparition ou d’un phénomène analogue, mais bien d’une 'expérience mystique' au cours de laquelle le Seigneur avait fait naître en lui le 'désir absolu de rester seul à seul avec Lui, recueilli dans la prière'. Selon la source citée par Zenit, le pape émérite aurait également affirmé que cette 'expérience mystique' s’était poursuivie au cours des mois suivants, le confortant dans son choix» (La Croix, 21 août 2013).

        "Une crucifixion de sa personne pontificale allant jusqu'à la mort mystique, c'est la seule raison profonde et véridique de sa démission du Siège de Pierre. Elle n'a rien à voir avec la raison dilatoire, en vérité parfaitement fausse, évoquée par lui-même lors de sa démission, à savoir une santé physique déficiente, une «vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié» (sic). Car on a bien la preuve, maintenant, sept longues années après sa démission de février 2013, que son soi-disant mauvais état de santé de l'époque était un faux prétexte : non seulement son physique l'a maintenu en vie jusqu'à 92 ans, ce qui n'est pas banal et montre par le fait même qu'il ne pouvait qu'être en bonne santé générale sept ans auparavant, mais il l'a maintenu dans une vigueur intellectuelle universellement reconnue, puisqu'aussi bien il est encore capable, à passé nonante comme disent les Suisses, de contrebalancer l'énergique pape François (pardon, j'allais écrire : l'énergumaniaque) ! Et, soit dit en passant, la mauvaise santé n'a jamais été, pour les papes, une raison valable pour démissionner, le code de Droit canon ne prévoit rien de ce côté-là, qu'il soit l'ancien ou le moderne ; on a d'ailleurs l'exemple édifiant, dans l'Ancien-Régime, d'un pape devenu aveugle et qui n'en a pas moins continué à assumer intégralement la fonction pontificale jusqu'à sa mort, sans que personne à commencer par lui-même, ne pensât à l'abdication de la Charge pontificale.

        "Ce n'est donc pas la santé physique de Benoît XVI qui était déficiente, mais le modus de crucifixion où il a senti sa personne pontificale être plongée brutalement sans retour, qui l'a mis, de force et contre sa volonté personnelle, dans l'empêchement radical de continuer à être le pape en exercice vivant de la Charge de Pierre. Et c'est précisément à cause de cette raison mystique, qu'il a, présentement, la conscience intime, dans le fond de son âme, d'être toujours pleinement et vrai pape [... mais pas le seul, comme les survivantistes seconde mouture le traduisent hérétiquement, de leur côté ! Admirons, justement, comme Benoît XVI sait fort bien se tenir dans ce juste milieu du Saint-Esprit qui est le chemin des crêtes : après avoir dit "il n'y a qu'un seul pape", non seulement il ne rajoute pas "c'est François", mais pas plus "c'est moi-même", comme Cionci voudrait le lui faire dire !]. Car subir de force contre sa volonté personnelle une crucifixion dans sa fonction pontificale ne saurait pas être une raison de démission. BIEN AU CONTRAIRE. Subir une crucifixion dans sa légitime vocation, qu'on a embrassée avec amour et générosité, et ce fut le cas de Joseph Ratzinger quant à la Charge de saint Pierre, enracine encore plus dans l'être qui la subit contre sa volonté, ladite vocation. L'être moralement et spirituellement digne qu'est éminemment Joseph Ratzinger perçoit la crucifixion de sa Charge pontificale dont il est victime comme un enracinement encore plus fort dans cette dite Charge. C'est pourquoi, après 2013, Benoît XVI se sent plus pape que jamais, il se sent même plus pape qu'avant de subir cette crucifixion forcée de sa fonction pontificale.

        "C'est toute cette situation extra-ordinaire au sens le plus vrai et le plus fort du terme, qu'il a tâché de traduire et d'exprimer tant bien que mal dans une langue juridico-politique, en empruntant à Carl Schmitt, un philosophe allemand, sa thèse sur «l'état d'exception», Ausnahmepontifikat, dont nous a parlé en son nom Mgr Gänswein dans sa très-mémorable conférence de 2016" (fin de citation).

        Je commente maintenant une fausseté de Cionci : "Les thèses du frère Alexis Bugnolo exposaient pour la première fois comment les erreurs latines insérées dans la Declaratio de «démissio» avaient été insérées par le pape non par hasard, mais pour attirer l’attention sur une abdication qui n’a jamais eu lieu". Thèse fausse : il est tout-à-fait possible de dire que Benoît XVI a volontairement mal rédigé son abdication, cela, d'accord, je le croirai volontiers, mais ce n'est pas pour qu'elle soit frappée d'invalidité, c'est juste pour attirer l'attention sur son état pontifical crucifié, sans cependant vouloir toucher à la validité de ladite abdication. Car je rappelle que nous avons théologiquement la preuve, comme je l'ai expliqué plus haut, que la démission ne peut qu'être valide puisqu'est intervenu ultérieurement en Église un fait dogmatique qui la prend pour base, à savoir la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur la personne de Bergoglio. Comme disait lui-même notre journaliste italien : "Il arrive parfois qu’une personne demande de l’aide de manière voilée et mystérieuse. Dans ces cas, nous devons tout d’abord prendre note du fait que 1) dans les messages, il y a quelque chose d’étrange qui ne colle pas 2) la personne est probablement en difficulté 3) de toute évidence, elle ne peut pas parler clairement 4) elle doit avoir ses raisons de demander de l’aide de manière sibylline". C'est précisément ce qu'aura fait Benoît XVI en rédigeant volontairement mal sa déclaration de démission... mais il ne faut pas en tirer plus que cela, plus qu'une bouteille lancée à la mer avec un gros message dedans.

        Dans un nouveau post sur son blog, Cionci et l’imbroglio de la "démission" de Benoît XVI, du 10 mai courant, écrit le lendemain même du premier post 11 février 2013 : la vraie fausse démission exposant le 9 mai la thèse survivantiste de Cionci, qui m'a décidé à écrire cet article (... décidément !, je ne sais pas si je vais arriver à suivre une actualité aussi brûlante !!), la rédactrice anonyme de Benoît & moi renchérit sur les thèses de Cionci. Que nous apprend-elle de nouveau sur le sujet ?

        Que sur son blog Libero, notre journaliste italien se triture sec la cervelle pour tâcher de démontrer que Benoît XVI n'a pas abdiqué son munus. Malheureusement pour lui, tout son raisonnement est faux, à la base. Théologiquement, en effet, il est rigoureusement impossible qu'un nouveau conclave puisse être approuvé par le Saint-Esprit au moyen du fait dogmatique de la Reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de Pontife romain sur un nouveau pape, si le pape précédent a seulement abdiqué son ministerium mais pas son munus, comme il veut le croire. Il ose écrire cette énormité : "Si un pape vivant n’abdique pas son munus en se dépouillant complètement, un autre conclave ne peut être convoqué. Toujours d’un point de vue théologique, l’Esprit Saint ne dirige pas l’élection du pape lors d’un conclave illégitime, ni ne l’assiste". Mais, mais... que fait donc notre Cionci de la Note de Visibilité ?! Il n'en a pas conscience, c'est trop évident. Est-ce que notre journaliste, piètre théologien apparemment, se rend bien compte de ce qu'il dit ?! Cionci suppose que le Saint-Esprit tromperait TOUS les fidèles catholiques en leur proposant un nouveau pape qui ne le serait pas... sans rien leur dire, sans leur dire qu'il n'est pas pape !! Car tout conclave en effet, est systématiquement et obligatoirement finalisé, scellé, par le fait dogmatique de la reconnaissance ecclésiale universelle du nouvel élu au Siège de Pierre, où le Saint-Esprit engage formellement et publiquement son Autorité divine devant toute l'Église... Impossible donc de supposer, si Benoît XVI est toujours en possession du munus pontifical, qu'un nouveau conclave puisse se réunir et aller jusqu'au bout de l'acte conclavique, c'est-à-dire jusqu'au fait dogmatique engageant formellement l'Autorité divine du Saint-Esprit sur une autre personne de nouveau pape...

        Remettons les pieds sur terre. Si Benoît XVI avait en effet conservé le munus pontifical, alors il serait impossible que ce fait dogmatique par lequel le Saint-Esprit engage formellement son Autorité divine, puisse être posé sur la personne de son successeur, pour le réputer vrai pape, verus papa, devant toute l'Église, universitas fidelium. Or, le 19 mars 2013, ce fait dogmatique a été posé sur Jorge-Mario Bergoglio, dont, par-là même, on sait donc de Foi, de fide, qu'il possède le munus qui est le fondement théologico-canonique qui fait le vrai pape. François, et c'est à croire de Foi je le répète, possède le munus, et puisqu'il possède le munus, il possède donc aussi le ministerium, car celui-ci est une émanation du munus qui ne saurait théologiquement être dissocié de lui, ne pouvant être possédé que par la même personne pontificale qui est en possession du munus (théologiquement en effet, on ne saurait supposer le munus aux mains d'une personne de pape, quand le ministerium serait aux mains d'une autre personne de pape...). Ce qui signifie que, sur le strict plan du droit théologique fondamental que je rappelle ici, Benoît XVI n'a plus rien du tout qui fait le vrai pape (j'en suis désolé pour Cionci, mais il a tout faux partout). Et c'est pourquoi j'écrivais dans mon article Feedback sur le pape Benoît XVI, etc., comme je le rappelais ci-dessus : "Ce n'est donc pas sur un plan théologico-canonique qu'il faut raisonner l'incroyable situation pontificale actuelle bicéphale [comme le fait Cionci], c'est sur un plan mystique, et pas n'importe quelle mystique mais la mystique de la Passion. SEULE L'ÉCONOMIE DE LA PASSION DU CHRIST PERMET DE COMPRENDRE L'ARTICULATION DU BI-PONTIFICAT ACTUEL".

        La vérité de notre situation bi-pontificale actuelle, c'est que nous avons un pape crucifié (Benoît XVI) et un pape crucificateur (François), chose extra-ordinaire qui ne peut arriver que lorsque l'Épouse-Église du Christ est écartelée sur la croix de sa Passion, vivant son Vendredi-Saint...

        Mais, après avoir tiré le vin, il faut le boire, vider le calice de Gethsémani jusqu'au fond de la coupe, il faut continuer l'explication, aller jusqu'au bout du mysterium iniquitatis. Pour cela, élevons notre esprit pour prendre une vue panoramique de la situation : dans la période moderne, qui commence à la fin de la Révolution, nous avons donc dans l'Église toute une longue litanie de papes légitimes mais antéchristisés, d'abord sur le seul plan des Mœurs (auxquelles sont inhérentes les choses de la Politique constitutionnelle), puis sur celui des Mœurs et de la Foi, et de plus en plus et de pire en pire plus les temps avancent vers le grand dénouement fatidique. Tous ces papes antéchristisés ne le sont cependant que matériellement, comme je le disais plus haut en commençant ces lignes, c'est-à-dire en toute inadvertance de promouvoir en Église la doctrine de l'Antéchrist, quand bien même ils le font tous, peu ou prou, de Pie VII à François, durant seize pontificats. Pour aboutir en finale à notre situation presque incroyable d'un Pontificat au présent composé avec un pape crucifié et un pape crucificateur.

        Et alors, quelle est la suite ? La suite... ô suprême abomination de la désolation dans le Lieu-Saint !, c'est, en finale de la finale, que le dernier pape légitimement intronisé de l'Église catholique sera l'Antéchrist-personne lui-même, pour transformer ce péché matériel de tous les papes modernes, en un péché formel. Ce qui aura comme conséquence immédiate, négative, de faire mourir l'Épouse du Christ dans son économie de salut actuelle dite du Temps des nations et de Rome son centre, mais encore, conséquence positive, de faire revenir le Christ en Gloire sur les Nuées du Ciel, pour ressusciter l'Église dans la nouvelle économie de salut qu'Il instaurera dans le monde, celle du Millenium.

        Voilà la vérité prophétique concernant les destinées de notre Église. Cela révulse certes les sédévacantistes, et parmi eux les survivantistes... Car pourquoi ont-ils créé leurs thèses hérétiques puis schismatiques quand ils les mettent en œuvre ? Pour refuser que l'Église-Épouse du Christ soit livrée aux mains de l'Impie comme le Christ le fut de son temps lors de sa Passion. Ils ne veulent pas que l'Église souffre la mâlemort sous l'Impie, ils ne veulent pas qu'elle en meurt (comme disait André Frossart : "Ils veulent faire la Volonté de Dieu contre la Volonté de Dieu"). Mais alors, s'il en est ainsi, s'ils ne veulent pas de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" incluant sa mort par et sous l'Antéchrist-personne l'ayant complètement investi, alors, alors, ils ne veulent donc pas non plus qu'elle... ressuscite après sa mort ! Voilà ce qu'ils ne comprennent pas, à l'instar des pharisiens idolâtrant leur économie de salut en cours, celle synagogale-mosaïque. C'est pourquoi, en finale de leur survivantisme hérétique et schismatique, ils se sont bâtis la thèse d'un "dernier pape souffrant à la fin des temps". Comprenons-les bien : il s'agit, pour eux, d'un pape qui n'est pas "fait péché pour le salut", en d'autres termes, qui ne vit nullement la vraie "PASSION DE L'ÉGLISE", mais qui souffrirait une persécution uniquement par des ennemis extra muros, sans être lui-même, à l'instar du Christ, un acteur co-Rédempteur "fait péché pour le salut". Cependant, cette thèse d'un "dernier pape souffrant de l'Église" est un pur mythe obscurantiste, au même titre que la thèse du "règne du saint pape et du grand monarque".

        La vérité, c'est que le dernier pape de l'Église catholique dans son économie de salut actuelle sera... l'Antéchrist-personne lui-même (cf. mon article qui l'explique, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/images/pdf.L/AntechristDernierPapeLEGITIMEMisEnForme.pdf).

        Pour bien comprendre qu'il en sera ainsi, nous avons, pour aider la faiblesse et la timidité de notre Foi, l'exemple magistral qui nous est donné par la Providence divine dans la fin de l'Église synagogale-mosaïque aux temps du Christ. Méditons avec soin cette fin terrible et implacable, qui est une vraie prophétie de ce que va être prochainement la nôtre :

        Pour cela, mettons-nous à la place d'un juif pieux vivant aux temps de Jésus. Ce juif sait que le Messie doit venir en son temps, et, priant, souffrant, il attend ardemment qu'il advienne en ce très-bas monde pour opérer son salut. Lorsque Jean le Baptiste se lève, il comprend qu'il n'y en a plus pour très-longtemps, car Jean se dépeint comme le Précurseur, l'Élie du Messie. Il reçoit donc avec empressement et en grande piété le baptême de Jean, travaillant le plus qu'il peut à sa conversion personnelle, rendant droits dans son âme les sentiers tortueux, y rabotant les orgueilleuses montagnes, y comblant les molles vallées. Quelque court temps après, il voit Jean le Baptiste désigner Jésus comme étant Celui qui doit venir. Se mettant à son écoute, voyant ses miracles, goûtant surtout son enseignement divin et plus encore le charisme tout divino-humain de sa Personne parfaite, il comprend tout-de-suite que c'est Lui, le Messie attendu, et il Lui donne sans retour et complètement toute sa Foi, tout son amour et toute sa vie. Cependant, parallèlement à cela, notre pieux juif ne peut s'empêcher de prendre acte, dans la grande douleur de son âme, de l'inimitié complète des grands-prêtres et des anciens à l'égard de Jésus. Il ne comprend vraiment pas, il en souffre. Il sait que les grands-prêtres sont les légitimes successeurs de Moïse, qu'ils sont donc investis du charisme de l'infaillibilité et de la prophétie attaché à leur haute fonction, il voudrait leur faire entière confiance quant à la voie du salut, mais il ne peut manquer de voir la haine mortelle qu'ils ont pour Jésus le Messie, qu'ils avaient pourtant comme mission d'introduire en ce monde, et qui fait dire à Notre-Seigneur : "Vous cherchez à me donner la mort, moi qui suis un homme qui vous ai dit la vérité" (Jn VIII, 40). Cela écartèle l'âme de notre bon juif... Faut-il rejeter Jésus ? Faut-il rejeter le grand-clergé officiel dont il ne peut douter de sa légitimité ? Faut-il, dans nos jours ecclésiaux, suivre la tradition doctrinale qui fait vivre le Christ dans l'âme, ou bien suivre l'hétérodoxie magistérielle des papes modernes légitimes qui représentent le Christ pour tous les fidèles ?

        Viens l'épreuve terrible et affreuse de la Passion du Christ qui, loin de supprimer cet écartèlement insoluble dans l'âme de notre bon juif, le mène au contraire tout droit à son ultime fin, mortelle. La même que celle que nous vivons et allons vivre en Église à la fin de nos temps modernes. Que voit-il alors, notre juif pieux, humble et fervent ? Dans la douleur mortelle de son âme, il voit cette chose absolument terrible et terrifiante, si incroyable et contre-nature, qui va nous arriver à nous aussi très-certainement : le dernier grand-prêtre légitime (Caïphe était en effet légitime, l'Évangile nous l'enseigne ; cf. mon article http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/caiphe-dernier-grand-pontife-juif-de-l-ancien-testament-etait-il-legitime-ou-bien-non?Itemid=483), va solennellement, au nom de toute l'Église synagogale-mosaïque, EXCOMMUNIER rituellement le Messie, Jésus le Christ, dans la nuit du Jeudi-Saint, en déchirant son Ephod. Celui qui donne la Vie va être mis à mort par l'Église de son temps. Le plus infailliblement et prophétiquement du monde, car n'oublions pas que saint Jean, dans son Évangile, nous dit que Caïphe, le pape d'alors, usa du charisme prophétique attaché à sa fonction de grand-prêtre légitime, lorsqu'il dit : "Il vaut mieux qu'un homme seul meure, plutôt que toute la nation" (Jn XI, 50).

        Mais quel va être l'attitude de notre juif, face à cette crucifixion qu'il endure dans sa belle âme déjà toute donnée à la Foi au Christ ? Va-t-il construire toute une thèse survivantiste pour dire : non, non, Caïphe n'était pas légitime, c'était un anti-pape, pardon, un anti-grand-prêtre !, et c'est pour ça qu'il a excommunié Jésus-Christ ! Mais notre juif, qui est un saint, comprend le Plan de Dieu, un Plan de Rédemption, il ne s'invente pas un plan "B" pour le fuir comme nos survivantistes première ou seconde mouture le font de nos jours, il accepte, à la suite du Christ dans le jardin de Gethsémani, de boire le calice de la crucifixion de son Église synagogale-mosaïque par le dernier grand-prêtre ou pape légitime de son temps...

        Le châtiment de l'Église synagogale-mosaïque, une fois accompli son forfait d'excommunication formelle du Messie Jésus-Christ dans la nuit fatidique du Jeudi-Saint, ne se fit pas attendre : le lendemain même, le Vendredi-Saint, le rideau du Temple qui cachait le Saint des Saints aux regards des profanes, se déchirait brutalement en deux, du haut en bas, comme l'Ephod du grand-Prêtre, radicalement, à la mort de Jésus le Messie sur la croix. Cela signifiait la mort sans retour de l'Église dans son économie de salut synagogale-mosaïque.

        Et quant à nous, l'Antéchrist-personne, intronisé légitimement sur le Siège de Pierre, fera lui aussi mourir l'Église dans son économie de salut actuelle, très-notamment en la réunissant, en l'incorporant, en la symbiosant avec les forces mondialistes les plus ouvertement satanisées, comme commence à le faire ouvertement le pape François, au point anéantissant où l'on ne pourra plus du tout discerner en elle son identité christique. C'est alors que la prophétie de Notre-Dame à La Salette verra toute sa réalisation : "Rome perdra la Foi, et deviendra le siège de l'Antéchrist". Aucune équivoque possible, dans cette extraordinaire prophétie lapidaire. En voici une courte exégèse : la Rome qui perd la Foi ne pouvait donc qu'avoir la Foi avant, puisqu'elle peut la perdre ; la Vierge de La Salette entend donc bien parler là de la Rome catholique, et c'est cette Rome catholique-là dont la Reine des Prophète nous annonce que le siège doit être investi complètement par l'Antéchrist-personne. À votre avis, c'est quoi le siège de la Rome catholique ? Il n'y a qu'une réponse possible : c'est le Siège de Pierre... Et c'est donc ce Siège de Pierre que Notre-Dame à La Salette nous prophétise pudiquement, implicitement, qu'il sera investi totalement par l'Antéchrist-personne.

        CAÏPHE (II) SERA LE NOM ANTONOMASTIQUE DU DERNIER PAPE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

        Le châtiment du l'Antéchrist-personne dont le point culminant de son maudit règne sera la mise à mort de notre Église dans son économie du temps des nations et de Rome son centre, ne se fera pas attendre, lui non plus, comme celui frappant à mort l'Église dans son économie synagogale-mosaïque : à partir de là, ses jours seront strictement et très-rigoureusement comptés par la Justice divine, Mane, Thecel, Pharès... ce sera presque, comme la fois antique, du jour au lendemain.

        Je mets le point final maintenant, en revenant sur le sujet principal de mon article :

        Le survivantisme pontifical a la peau du dos très-dure, comme les crocodiles, ses adeptes sont généralement très-harponnés à leurs thèses. Mais il suffit de le retourner sur le ventre, ce croco, pour voir que ses entrailles sont très-vulnérables... en fait, il n'a tout simplement pas d'entrailles, pas d'assises profondes, c'est juste un rêve, un fantasme, à l'usage des âmes timides qui n'ont qu'une vision devant les yeux de l'âme : fuir "LA PASSION DE L'ÉGLISE", fuir sa réalité pontificale crucifiée à la matière sans coulpe du péché du monde, ce qui est propre à l'économie de toute Passion divine, et divinement Rédemptrice...

 

En cette grande fête de l'Ascension

de Notre-Seigneur Jésus-Christ,

Avec Mémoire à Notre-Dame de Fatima,

Ce jeudi 13 mai 2021,

Vincent Morlier,

Écrivain catholique.

 

       Nota Bene : Ce présent article sera rajouté dans le Cahier III & dernier (cf., pour le descriptif précis des trois Cahiers regroupant sur papier tous les écrits de mon site, et pour les conditions de vente, mon dernier article, http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/une-tres-bonne-nouvelle?Itemid=155).

        Je précise qu'il en sera de même des prochains articles du Blog que j'écrirais, si tant est que Dieu me prête vie et inspiration, qui seront rajoutés au Cahier III & dernier (j'indiquerais éventuellement par la suite, une petite augmentation du prix, si cela s'avère nécessaire).

 

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13 mai 2021, 19:05
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